•     - Pendant ce temps, continua Loustau, Mme Loustau s'était mise à la religion, mais là pour de vrai, comme on se met à la boisson. Je la reconnaissais plus ma femme. Elle me cousait des reliques dans la doublure de mon gilet, un genre d'osselets, et elle voulait que je mange plus que des légumes, mais là j'me suis pas laissé faire ! Elle était devenue antoiniste.
        - Antoiniste ? interrogea Seznec.
        - C'est l'église du père Antoine, répondit vivement M. Jules, dans le quartier de la Glacière. C'est une religion à part, mais il y en a beaucoup qui y croit, surtout dans le treizième. Il paraît qu'ils ont fait beaucoup pour le quartier, les antoinistes.
        - Je disais donc, reprit Loustau, que la bourgeoise était devenue antoiniste et elle croyait dur comme fer que c'étaient ss prières qui m'avaient guéri. "Mon homme est un miraculé", qu'elle disait à tout le monde dans le quartier et quand on se promenait ensemble, on me regardait comme un phénomène. Moi, je continuais à aller à Laribo [Lariboisière] pour mes piqûre, à la consulte externe, et tous les trois mois je revenais me faire voir chez les oculistes. Les infirmières me reconnaissaient : "Bonjour, m'sieu Loustau." Toutes m'appelaient par mon nom et Papa-la-brioche rigolait en me voyant : "Sacré Loustau, qu'il disait toujours, ça se maintient ? - Mais oui, chef, ça se maintient." Il me montrait aux petits jeune qui me regardaient avec des yeux ronds. Et puis j'en ai eu marre d'être piqué, j'ai laché la consulte... Mme Loustau me répétait : "Je n'y crois pas à leurs piqûres" ; elle me conseillait l'eau antoiniste et des onguents de curé. (1) "Fiche-moi la paix, que je lui ai dit un jour, tu m'emmerdes avec tes antoinistes..." Et on s'est plus parlé pendant un mois jusqu'à ce qu'un soir...
    [...]
        - Ils m'ont injecté dans le sang le paludisme... la fièvre de Sibérie, qu'ils appellent ça là-bas. (2) Ça vous donne très froid d'abord, tu claques des dents, puis très chaud, tu sues sang et eau et tu montes à quarante et même quarante-deux... Maintenant, c'est tassé. J'deviens chronique, qu'ils disent. C'est pour ça qu'ils m'ont envoyé à Pépète [la Salpêtrière]. Le mal a perdu de sa force. Je n'y vois pas encore bien et, tien, en ce moment, Lalouette, il me semble que t'as deux têtes.
        - Quoi ?
        - Je dis que quand je ferme un peu les yeux, il me semble que d'as deux têtes.
        Lalouette porta la main à son long cou et la remonta jusqu'à son visage comme pour s'assurer qu'il restait unique.
        - Enfin, je les ai quand même un peu mes yeux, je marche mal, c'est entendu, je lance mes guibolles en avant, mais je marche. C'est supportable maintenant. Et ils ne me piquent plus. C'est tassé dans l'ensemble. Mais quand je pense que tout ça c'est la suite d'un quart d'heure avec une grande morue que j'avais rencontrée près des Halles, la jupe au-dessus de genou, et qui m'avait emmené à l'hôtel, l'hôtel Rhamsès, tiens, rue Coquillière, à côté du marchand de fromages, j'me dis qu'y a pas de bon Dieu et que les catholiques et les antoinistes c'est du pareil au même. A cause de cette putain de putain, de cette garce de garce, de cette traînée, de cette roulure, je n'ai plus de cheveux, je n'ai plus d'yeux, je n'ai plus de jambes. C'est pas justes.

    Jean Delay, L'écarté de la grille (3), p.169-170 et p.174
    in Hommes sans nom, nouvelles, Gallimard, Paris, 1948


    (1) Invention de l'auteur ou pratique courante à l'époque ? Impossible de le savoir. Ce qui est sûr, c'est que le Père lui-même réprouvé ces méthodes, puisqu'il fit préciser que la fontaine qu'on trouve à l'intérieur du temple ne sert qu'à désaltérer les adeptes venant parfois de très loin (cf. l'article consacré à la fontaine du temple dans le thème Dévotions au Père).
    (2) Au début du XXe siècle, avant les antibiotiques, les patients atteints de syphilis étaient volontairement « traités » en les infectant avec le paludisme, pour leur donner de la fièvre. Dans les années 1920, Julius Wagner-Jauregg commence à traiter les neurosyphilitiques avec le paludisme induit par P. vivax. Trois ou quatre accès de fièvre se révèlent assez pour tuer les bactéries de syphilis, tandis que l'infection de paludisme est arrêtée avec la quinine. En contrôlant précisément la fièvre avec la quinine, les effets des deux maladies peuvent alors être maitrisés. Bien que certains patients soient morts de la malaria, le traitement valait mieux qu'une mort certaine de la syphilis. Le traitement thérapeutique par le paludisme ouvrit la voie aux recherches en chimiothérapie et resta pratiqué jusque vers 1950. (article paludisme de Wikipedia)
    (3) L'écarté est le nom d'un jeu joué à l'aide de carte. Le groupe qui discute et joue à ce jeu se trouve toujours près de la grille de la Salpêtrière, d'où le nom de cette nouvelle.


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  • Titre :     Le Syndrome du berger
    Auteur :     Jean-Yves Roy
    Édition :     Boréal, 1998
    Format :     276 pages

    Résumé :
        Notre fin de millénaire comporte son lot de convictions extravagantes. Suicides et homicides reliés aux activités des sectes inquiètent l'opinion publique. On est souvent tenté d'attribuer ces phénomènes à des techniques abusives de lavage de cerveau ou à la manipulation mentale. Le gourou, le « berger », est un prédateur, un criminel, qui enchaîne ses victimes à ses perversions ou à ses délires.
        Aussi séduisantes, voire aussi justes qu'elles puissent être, les théories du berger prédateur ont toutefois en commun une même lacune. Une secte ne peut exister sans la contribution d'un personnage singulier : l'adepte. La vraie question n'est-elle pas en effet de savoir pourquoi des gens adhèrent à de pareilles propositions ? Qu'est-ce qui les attire, les fascine et que toutes les dénonciations de toutes les séductions charismatiques du monde omettent de décrire ? C'est cette part de l'adepte que Jean-Yves Roy tente ici de cerner, en développant le concept de « dépendance dogmatique ».
        Comment certains individus, atteints de délire d'élection, passent une partie importante de leur vie à recruter de nouveaux adeptes ? Comment certaines personnes en viennent à consacrer leur vie à la quête obsédante d'un berger susceptible de leur apprendre la vérité absolue ? Comment ces deux univers se rencontrent et interagissent ? C'est cette interaction, souvent complexe, que l'auteur nomme le « syndrome du berger ».

    A propos de l'auteur :
        Jean-Yves Roy est psychiatre et psychanalyste. Adjoint à l'Université de Montréal, il est également attaché à l'hôpital Louis-H.-La Fontaine et au Centre Dollard Cormier.

    Extraits :
    Chapitre 4 : Contextes culturels
    Rose compassion (p.98-99)
        Après la Seconde Guerre mondiale, l'Etat semblait vouloir se substituer aux organismes charitables dans la prise en charge de l'indigence ou de la souffrance. Cette volonté témoignait d'une définition généreuse de la santé, qui englobait le développement social de l'individu, et indiquait aussi clairement le caractère nécessaire - et non aléatoire - qu'on reconnaissait à ce bien-être. Progressivement, toutefois, cette idéologie de l'opulence a fait place à une idéologie néolibérale plus restrictive. Différents analystes font coïncider ce retournement avec la crise du pétrole du début des années 70. Constatant les limites d'un socialisme parfois naïf, l'Etat démocratique moderne a voulu limiter son rôle. Un vide relatif s'est ainsi créé, ouvrant un espace indécis à la compassion.
        La famille s'est aussi effondrée, amplifiant ce désarroi, cependant qu'on réclame du citoyen de plus en plus d'efficacité, lui tenant le discours sur la qualité totale. Le sujet de nos sociétés se trouve coincé entre une exigence qui n cesse de s'accroître et une infrastructure de soutien de plus en plus ténue. Cette situation a donné naissance à une sociologie de la sécularisation ou de la laïcisation, que Dawson et ses collaborateurs associent volontiers à la montée récente du dogmatisme.
        Qui donc, dans un pareil contexte, va prendre en charge la compassion ?
        De nombreuses entreprises dogmatiques ou charismatiques ont saisi cette lacune de nos cultures et profitent de la souffrance pour attirer et endoctriner les paumés du productivisme. Au moment où le sujet en a grand besoin, elles lui proposent un accueil inconditionnel. Alors que chacun méprise le raté ou le malade, elles lui offrent un pardon. Sincère dans un grand nombre de cas. Une compassion réelle. Ce geste, en soi, n'a rien de fanatique, loin de là. C'est dans un tel esprit que se sont développées les oeuvres de mère Teresa. Et de nombreux rapports font état de groupes dogmatiques qui ont procuré à leurs commettants un soulagement authentique, sinon une guérison psychologique.
        Il est pourtant des circonstances où la compassion elle-même peut se fanatiser. Il est des sectes, en effet, qui, bien que dépourvues de toute compétence réelle en matière de soins autant que du sens des responsabilités, ont discerné la détresse de certaines personnes et y ont répondu, saisissant le pouvoir qu'elles pouvaient en tirer. C'est le désir d'emprise du berger ou le délire d'élection au coeur de son action qui permettent d'identifier de tels groupements. L'humilité réclamée des sujets devient humiliation ; l'acquiescement à certaines réalités difficiles, résignations déshumanisante.

    Chapitre 5 : Le chemin le plus fréquenté (p.121)
        Depuis Jonstown, Charles Manson, Waco, l'OTS, l'affaire du gaz sarin et la secte Aum de Tokyo, Marshall Applewhite et la comète de Hale-Bopp, l'Oklahoma de Timothy McVeigh, l'intérêt des media pour les sectes et le phénomène dogmatique en général n'a cessé de croître. Le problème de la presse, cependant, c'est qu'elle se doit de rejoindre un vaste public. Il arrive donc qu'elle simplifie certains exposés dans le but de maintenir l'intérêt de ses lecteurs. Question de conserver à l'événement qu'elle rapporte son caractère sensationnel. Cette démarche, par ailleurs nécessaire, est propice à la diffusion des préjugés réducteurs mais populaires, qu'elle amplifie et cristallise dans des jugements à l'emporte-pièce. Dès que l'on veut dépasser le niveau de la sensation, il nous faut débusquer ces préjugés, dénoncer ces simplifications qui nous convainquent mais n'ont rien de commun avec la vérité. Il nous faut, en un sens, quitter la secte de nos convictions médiatiques, faire le deuil de nos croyances rassurantes, abandonner le berger journaliste pour entreprendre une démarche de connaissance mieux assortie à la réalité.

    Chapitre 6 : Le jeu de la certitude
    Accueil et recrutement : la première illumination
    Une vérité rudimentaire (p.147)
        Parce que, tout simplement, fascinés par le dogme qui les porte, ils [le berger ou gourou et ses adeptes] oublient que la vérité n'existe pas et qu'on est sans cesse en train d'en recréer une version précaire, seul comptant le processus qui nous amène à du plus vrai.

        L'auteur nous rappelle que nous sommes des homo interpretens, nous interprétons toujours le monde, la plupart du temps par du prêt-à-penser (la culture environnante dans laquelle nous avons baigner au fil des ans), et rarement, en cherchant par nous même hors des sentiers battus.

    Chapitre 10 : Retracer la question
    Apprendre et créer (p.225)
        La science voudrait remplacer la composante conviction par l'esthétique d'une démonstration, la rigueur d'un raisonnement, l'exactitude d'une évidence. L'épidémie de convictions dogmatiques que l'on traverse démontre que cet espoir n'est pas réaliste. Les philosophes soutiennent que la science ne répond par aux questions existentielles sur le sens de la vie et de la souffrance. C'est vrai. Cette lacune justifie assurément une partie des démarches dogmatiques. Mais il y a plus : la démarche scientifiques, en tant que telle, est neutre et a peu à voir avec les composantes affectives. Or, si notre connaissance est bimodale, particulaire et ondulatoire, elle est surtout affective. Nous avons besoin d'espoir, d'enthousiasme ou de cohérence, tout autant que d'exactitude.
        Il est intéressant de voir comment, dans un tel contexte, le maître se comporte avec son disciple.
        Nous avons dit antérieurement que le disciple se met en quête d'un maître au moment où la culture ne répond plus à ses attentes. Il constate alors que sa question coïncide avec un non-encore-pensé. Conscient de sa vulnérabilité, ayant perdu ses certitudes, il s'en ouvre à son maître.
        Alors que le berger imposteur saisit cette occasion pour imposer sa réponse, le maître est attentif à la demande du disciple. Il sait que sa question est à la clé d'un processus vital. Il sait surtout qu'en interrompant cette quête avec une réponse toute faite il bloquerait la machine à penser.
        Il invitera plutôt le disciple à consulter les cultures qui se rapprochent de sa question. Il lui transmettra comment, dans le monde actuel, on pense ce genre de chose. Mais il prendra bien soin de ne pas lui laisser croire qu'il s'agit d'une réponse définitive. Au contraire, il lui indiquera les vides de cette connaissance : des vides à l'intérieur desquels le disciple pourra poursuivre sa démarche personnelle.
        Sachant aussi que, pour poursuivre, le disciple a besoin de motivation, le maître en appellera, à la curiosité du disciple, l'incitera à fouiller, à dépasser les premiers énoncés. Ici, encore, sa démarche diffère de celle du berger imposteur. Ce dernier vend de la conviction. Le maître offre une denrée affective tout aussi efficace : la curiosité. Au moment de recevoir le prix Kalinga pour ses talents exceptionnels de vulgarisateur, Fernand Seguin déclarait qu'il s'était toujours fait un devoir de transmettre non pas de la connaissance, mais du désir de connaître.
        A la différence de la conviction, cette curiosité permet de tolérer l'incertitude inévitable tout au long du parcours de représentation.
        Le sens n'est jamais évident a priori. Il est la conséquence de l'oeuvre, de la démarche ou du processus. Parvenir au sens suppose que l'on s'arme de patience, que l'on fasse confiance. Le maître sait que, dans cette aventure, le désir, la curiosité, l'espoir sont bien plus prometteurs qu'une certitude. Il instille le désir.
        On peut tenir le même raisonnement au sujet de la création. A la différence que la création aborde de façon plus directe le non-encore-pensé, non seulement par soi, mais par la culture.
        Les experts affirment que le volume de nos connaissances double tous les sept ans. Pourtant, malgré ce rythme rapide, notre besoin de métaphores nouvelles n'est jamais étanché.
        En explorant ses questions propres, il arrive que le sujet rejoigne une questio qui préoccupe d'autres personnes. Les métaphores qu'il invente pour supporter sa propre incertitude seront assurément utiles au moins à quelques autres. Que ce soit un roman ou un nouvelle théorie de l'atome importe peu. Pour se maintenir, la vide de la pensée à besoin de métaphores qui lui permettent d'aborder d'autres champs d'incertitude, de non-encore-pensé.
        Le berger n'envisage pas ainsi sa créativité. Il a tellement besoin d'être reconnu, tellement besoin de recruter des adeptes qu'il oublie que toute métaphore est aussi un service à la collectivité. Ce qu'il tente de faire croire, c'est qu'il détient, du fait de son élection, une vérité absolue et incontestable. Il n'imagine guère cette vérité comme une phase relative d'un processus. Il ne peut l'entrevoir que comme la consécration d'une apothéose, la sienne.
        Au moment du retour, l'enfant prodigue [prodigue par rapport au berger et à son retour d'un dogme sectaire] devra désapprendre cette certitude. Il devra découvrir la curiosité, l'enthousiasme, le désir et accepter que ce désir n'engendre pas la certitude mais simplement l'élan nécessaire pour poursuivre une marche incertaine.

    Chapitre 12 : Autonomie de pensée (p.245-246)
        La France, particulièrement touchée par cette extravagance de pensée, a publié en mars 1997 un volumineux rapport sur les sectes. A sa suite, on a mis sur pied un observatoire interministériel permanent, dont la fonction est "d'étudier le phénomène, de rassembler toute l'information disponible dans un centre de documentation accessible au grand public et de la diffuser, d'assurer l'accueil et l'information du public [...] formuler des propositions au gouvernement [...] et de faire rapport au premier ministre."
        En annexe au rapport, on trouve une liste de 189 groupes déclarés sectaires. Le YMCA y figure, au même titre que l'OTS. A l'évidence, la volonté de vigilance l'emporte sur le sens commun. Dans la foulée de cette méfiance ainsi légimitée, les groupes antisectes européens, français ou belges entre autres, ont adopté des attitudes qui frôlent parfois la paranoïa pure et simple. Pareille inflexibilité ne peut guère promouvoir une compréhension adéquate du phénomène. Cet état de fait est en partie relié à une méconnaissance encore répandue de la réalité culturelle ou clinique du dogmatisme en général.

    Chapitre 12 : Autonomie de pensée
    Le lieu de la dépendance (p.252-253)
        Il est une autre prétention de nos cultures démocratiques qui nous devons nuancer. Officiellement, en effet, nos cultures préconisent l'autonomie des concitoyens. Les statistiques démontrent pourtant que nous avons encore, à ce sujet, une longue route à parcourir.
    [...]
        En tant que moyen d'altérer la conscience, le groupe dogmatique présente plusieurs avantages. Contrairement à la plupart des drogues qui produisent un effet spécifique, sédation, excitation ou modification de la perception, le groupe dogmatique varie ses effets en fonction des circonstances. Contrairement à la drogue qui tire son pouvoir de la substance, la consommation de vérité est associée à la fréquentation d'un groupe à haute densité relationnelle. Pour plusieurs, elle apparaît donc comme une solution immédiate au besoin de cohérence et de conviction. Un besoin que ne comble pas la culture pluraliste et démocratique dans laquelle nous vivons.

    _____________

        Pour finir ses extraits, je peux vous conseiller, pour avoir un bon aperçu de ce que peut être une vie selon un principe dogmatique sectaire, de lire Un bonheur insoutenable de Ira Levin (ce livre à l'avantage de présenter cette vie de façon neutre, voire presque méliorative). Ainsi que le célèbre 1984 de Georges Orwell.
        Pour la problématique de la liste des sectes, lire : Les rapports Etat-Eglises à l’épreuve des nouvelles minorités, La controverse sur les sectes dans les pays francophones [http://www.willyfautre.org/conferences/1999/19990515GeneveFr.pdf]


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  • Richard SEIWERATH, Le culte Antoiniste entre les deux guerres (Organisations et évolution)

    2004 - 4
    Mémoires

    ULG

    Richard SEIWERATH, Le culte Antoiniste entre les deux guerres (Organisations et évolution),
    Liège, lic., ULG, 2004 (Francis Balace).


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  •     Les Aventuriers de Dieu, le titre est bien choisi. En effet, pas d'hagiographie, pas d'Evangiles, on est ici dans le registre biographique simplement, "loin de tout esprit polémique" comme le souligne la 4e de couverture.
        Et on suit donc les aventures de ces héros : aventure prestigieuse, saga familiale, histoire célèbre, mais toujours évènement spirituel.

        Le biographe est un professionnel (spécialiste des familles royales et journaliste à Point de Vue, il est l'auteur d'une vingtaine de livres traitant des grands destins et des « têtes couronnées ») : c'est intéressant à chaque chapitre, on se passionne pour ces vies hors du commun, pourtant l'auteur sait aussi parfois nous faire redescendre sur terre par un mot ou un phrase qui remet en contextes historique et actuel (il faut s'en remettre à la bonne foi de Joseph Smith concernant ses révélations, un chapitre de Science et Santé de Mary Baker-Eddy censuré depuis lors pour raisons doctrinales, Ramakrishna qui chemine aux périlleux confins de la folie...). Bref une sorte de suite de l'ouvrage de Paul Lesourd sur les Solutions religieuses, sans prosélytisme, mais juste pour découvrir l'origine de la croyance des autres.
        Sans prosélytisme, car l'auteur met en garde dans sa bibliographie : "Avec toutes les réserves, mises en garde d'usage, et l'ardent conseil au lecteur d'exercer son discernement à l'encontre de certains groupes dont le fonctionnement sectaire voire dangereux a pu être dénoncé ici ou là...".
        En effet, outre de présenter les portraits de sept fondateurs de religion, aux XIXe et XXe siècles, comme l'annonce le site de l'auteur (http://phidelorme.free.fr/phid/), le livre se termine par quelques autres Aventuriers de Dieu, dont Gilbert Bourdin qui dirigea la communauté du Mandarom à Castellane, Lafayette Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, Alexandre Freytag, fondateur des Témoins de Jéhovah, Sun Myung Moon, fondateur de la célèbre secte Moon (en janvier 1975, Ouest France est le premier organe de presse du monde à utiliser l'expression « la secte Moon »), Claude Vorilhon, alias Raël, et Gabriele Wittek, fondatrice de Universelles Leben, la Vie Universelle.
        Mais aussi Sri Aurobindo, Auguste Comte, Jiddu Krishnamurti, Ngo Minh Chieu, Maharishi Mahesh Yogi, Mirza Ghulam Ahmad, Yoshikazu "Kotama" Okada, Sathya Sai Baba, Rajneesh Chandra Mohar (Bhagwan Shree Rajnesh ou Osho), ou Menahem Mendel Schneersohn, qui sont des personnages plus difficiles d'accès et qui, jusqu'à maintenant du moins, n'ont pas donnés lieu à des 'dérives sectaires".
        Si les baha'is croient que les prophéties se sont arrêtés avec le Bab et Baha'u'llah, d'autres croient que de nouvelles révélations ont et auront lieu, comme les Mormons, Gabriele Witteck, qui est quant à elle en communication transcendantale avec Jésus-Christ. Profitons alors de ces liens entre les dieux et nous pour en apprendre plus sur nous-mêmes, mais sachons aussi qu'un lien entre la divinité et l'homme est possible sans intercesseur, comme nous l'apprend le Père et le Védanta, selon lequel, "chaque école spirituelle indique un itinéraire vers l'Absolu, une chance supplémentaire donnée aux hommes de s'immerger dans l'Atman, l'Âme universelle (p.144).

        L'auteur nous présente donc un point de vue neutre, et sans erreur (un détail, ça ne sera pas à la frontière néerlandaise que Louis sera cantonné, ça sera la seule erreur notée pour Louis Antoine), aussi les élans de poésies que l'on peut trouver dans ces textes fondateurs de nouvelles religions.
        Ainsi chez Joseph Smith pour l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours : "Notre religion est entre notre Dieu et nous. Leur religion est entre leur Dieu et eux".
        Pour Mary Baker-Eddy, pour la Science chrétienne : "La prière, la vigilance et le travail, unis à l'immolation de soi, sont les moyens accordés par la grâce de Dieu pour l'accomplissement de tout ce qui a été fait avec succès pour la christianisation et la santé du genre humain".
        Pour le baha'isme, "O fils de poussière ! Rends-toi aveugle, afin que tu puisses contempler ma beauté ; bouche-toi les oreilles, afin que tu puisses entendre la douce mélodie de ma voix ; vide-toi de toute science pour que tu puisses partager mon savoir, et purifie-toi des richesses, afin que tu puisses obtenir une part durable de l'océan de ma richesse éternelle".
        Pour Ramakrishna, "La connaissance conduit à l'unité, comme l'ignorance à la diversité, se plaira-t-il à répéter. En fait, jnana et bhakti ressemblent à deux droites parallèles qui convergeraient à l'infini. Si l'une plonge dans la matérialité - Maya -, alors que l'autre lui nie tout degré d'existence, elles sont toutes deux en quête du Divin, quelque forme - ou non-forme - qu'on lui assigne : Maya est à Brahman ce que le serpent en mouvement est au serpent en repos. Maya est la force active, Brahman la force potentielle. Brahman et Maya sont comme l'eau de l'océan, parfois calme et parfois soulevée par les vagues. L'océan calme est Brahman, et l'océan tumultueux Maya".
        Pour Simon Kimbangu, "Ils [les protestants] me dirent que je devais être catéchiste ; mais chez moi on me dit que je n'avais pas d'esprit. Je me cachai dans ma maison. Je me jetai la face contre terre et je priai. Alors j'eus un songe et Dieu me dit : 'J'ai entendu votre prière : les gens pensent qu'il faut de l'esprit pour faire mon oeuvre, mais je vous donnerai ce qui surpasse'."
        Pour Michel Potay : "Dieu a fondu Jésus en Lui, en a fait un Dieu, au sens du retour de l'homme à 'l'image et ressemblance' divine, à quoi tout croyant est appelé".

        On est donc loin des livres sur, ou plutôt contre les "sectes" qui sont en ventes partout encore actuellement. Comparons les méthodes de Philippe Delorme avec Paul Ariès, "spécialiste des sectes, de la pédophilie et de la mal-bouffe", auteur de Les sectes à l'assaut de la santé, 2000. Le premier commence chaque récit de "prophète" par un passage de l'Apocalypse (pour Louis Antoine, chapitre 10-1 : "Puis je vis descendre du ciel un autre ange plein de force, enveloppé d'une nuée. Au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel"). Le second commence chaque chapitre par un bout des écrits, hors-contexte, contexte qu'il ne cherche pas à comprendre, qu'il ne remet absolument pas dans l'époque, et qui ne veut donc plus rien dire. On reviendra à ce livre. La bibliographie de Philippe Delorme montre que les sources pour son livre ont été premièrement les textes des "prophètes" même, ce qui est un point important quand on veut comprendre une spiritualité.

        Chaque chapitre des Aventuriers de Dieux évoque également la communauté actuellement : pour l'antoinisme, p.224 : "Sous l'impulsion de Catherine Antoine - la "Mère" - la nouvelle religion connaîtra un essor considérable durant l'Entre-deux-guerres. Si depuis lors, un certain reflux s'est fait sentir, cent cinquante mille fidèles vénèrent encore l'ancien mineur de Jemeppe, et lui demande la guérison physique ou spirituelle. Les plus convaincus arborent un costume noir, à l'image du Père et de la Mère Antoine : lévite pour les "frères", robe plissée, bonnet et voile pour les "soeurs". Ainsi, selon la belle expression de Robert Vivier, biographe du prophète wallon : "les antoinistes passent dans un monde frivole ainsi qu'une procession sévère". On compte aujourd'hui une soixantaine de temples, essentiellement en Belgique et en France. Et dans chacun de ses lieux de culte, chaque matin à dis heures sauf le vendredi et le samedi, le "desservant" procède silencieusement à l'"opération", au nom du Père...".


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  • Titre :        Dictionnaire des monothéismes (Broché)
    Auteurs :    de Collectif (Auteur), Jacques Potin et Valentine Zuber (Sous la direction de)
    Broché :     400 pages
    Editeur :     Bayard (16 octobre 2003)
    Collection :     Religions en dialogue


        On lit dans l'article "Guérison" dans la partie Christianisme, et c'est assez rare pour le signaler :

        Le culte antoiniste, fondé en 1906 par Louis Antoine (1846-1912), sans s'opposer à la médecine, considère la maladie physique comme une transposition dans le corps d'une maladie de l'âme.

    Dictionnaire des monothéismes, Jacques Potin et Valentine Zuber (Sous la direction de), p.277

        Les auteurs: Jacques Potin : Spécialiste d'histoire biblique et ancien rédacteur en chef de la revue Le Monde de la Bible. Bibliographie : Jésus en son pays, Bayard, 1996. Cette année à Jérusalem, Bayard, nouvelle édition 2000.
        Il est entouré de 3 spécialistes : Valentine Zuber, pour la partie consacrée au christianisme : professeur de sociologie des religions à l'École pratique des hautes-études, spécialiste de l'histoire de la laïcité, chercheur au CNRS. José Costa, pour le judaïsme : spécialiste d'hébreu rabbinique et du midrach, professeur d'hébreu biblique. Khashayar Azmoudeh, pour l'islam : spécialiste de l'islam chiite.

    source : amazon.fr


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  • Titre : Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l'anglais par S. W.
    Auteur :
    Vivekānanda (Swami ; 1863-1902)
    Éditeur :
    Publications théosophiques (Paris)
    Date d'édition :
    1910

    Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l
    Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l'anglais par S. W.
    Source: Bibliothèque nationale de France


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  • Titre        C'était hier - le XIIIème arrondissement: La Salpêtrière, la Gare, Maison-Blanche, Croulebarbe
    Auteur        Gérard Conte
    Éditeur        Editions L.M.-Le Point, 1992
    ISBN        2904463046, 9782904463044
    Longueur    191 pages

        Evoque le quartier Glacière et le temple antoiniste à la page 94.

    source : Google Books


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  • Titre        Les Oeuvres libres, Volume 70
    Publié        1964

        Evoque l'antoinisme aux pages 279 à 285, en le comparant à la Science Chrétienne.

    source : Google Books


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  • Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

    Titre        Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2
    Auteur        Jean Deharveng
    Éditeur        A. Dewit, 1930

        Evoque l'antoinisme à la page 581. Peut-être le seul livre d'histoire de la Belgique qui en parle. L'auteur a également participé à Circonscriptions ecclésiastiques, Chapitres, abbayes, couvents en Belgique avant 1559, Cartes des diocèses, archidiaconés et paroisses par J. DEHARVENG, des chapitres, abbayes, prieurés et couvent par Edouard de MOREAU, Bruxelles (Edition universelle), 1948.

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  • Titre        L'homme est-il maître ou victime de son destin ?
            Illustrations hors texte
    Auteurs        P. Thivollier (M. Pignal, R. Duval-Bresson)
    Éditeur        Editions de l'Oasis, 1959
    Longueur    224 pages

     

        Livre traitant de l'occultisme : La divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, la magie et la sorcellerie (sorts et envoutements), les guérisseurs (hypnotisme, radiesthésie), le spiritisme, les revenants et les maisons hantées, enfin, la possession diabolique.
    Source : GoogleBooks

     

        P. THIVOLLIER (d'après les travaux de R. DUVAL-BRESSON). — L'homme est-il maître ou victime de son destin ? Missions ouvrières paroissiales. Issy-les-Moulineaux (Seine), impasse Cloquet. 1954. 18 x 14 cm.  220 pages.
        Sous un titre qui annonce mal le sujet traité mais que précise heureusement la frise entourant la couverture, le P. Thivollier, dont on sait le remarquable effort de vulgarisation religieuse, nous présente, avec l'aide de la documentation fournie par M. Duval-Bresson, une somme, accessible à tous, des fausses sciences, dont le renouveau inquiétant est paradoxal au siècle de la science et de la technique.  Tour à tour sont présentés et jugés la divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, les rêves, les sorts, les envoûtements ; l'hypnotisme, la radiesthésie, les revenants et les maisons hantées, la possession diabolique, le spiritisme. Ce dernier sujet fait l'objet des développements les plus complets. L'orientation générale de ce livre nous paraît assez heureuse. Fraude, abus de confiance et supercherie qui accompagnent si souvent ces pratiques sont dénoncées avec énergie ; la possibilité de phénomènes « parapsychiques » est réservée avec prudence. Sur ce point, le P. Thivollier à raison d'être moins radical que Noël Bayon (le spécialiste des guérisseurs, dont nous nous étonnons de ne pas voir cités les ouvrages sérieux, vivants et accessibles) ; on aurait cependant souhaité plus d'explications. L'unique page consacrée à la radiesthésie est trop sommaire : elle risque de laisser croire à des possibilités d'investigation en un domaine qui, jusqu'ici, ne semble pas en avoir apporté quelque fondement.
        Étude judicieuse, riche de faits, et d'une lecture facile, qui rendra service.
                                                        François Russo.
    Source : Études (revue fondée en 1856 par des Pères de la Compagnie de Jésus, avril 1955 (Gallica)

     

        On peut en lire des extraits sur gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3337917p).

     

        Dans le chapitre sur les Guérisseurs, on lit plusieurs références, généralement fausses, sur le père Antoine, par exemple que "le malade consultant est souvent invité à réciter la formule avec son guérisseur... et même à en porter sur lui le texte écrit comme une talisman. La récitation de la « prière qui guérit » est accompagnée de gestes variés. Ainsi procédait le fameux « Père Antoine ». [...] Partant des images saintes et vénérables places sur le mur, le Père Antoine faisait des gestes très spectaculaires d'apporter les « fluides » jusqu'au malade. Il procédait aussi par imposition d'images, de tuniques, de linges ayant appartenu à de puissants personnages... (p.149-50)

        Encore plus loin : "De la foi au pouvoir du guérisseur à la foi en la guérison, il n'y a qu’un pas.

        "Un exemple fort éclairant, à ce sujet, est, semble-t-il, celui du célèbre Père Antoine, le fameux guérisseur de Jemeppes, en Belgique... et dont la secte compte encore aujourd'hui quelque 500.000 adeptes. Il exigeait de ses malades une foi absolue excluant tout acte d'intelligence, tout raisonnement. A l'entendre, le mal n'existait pas..., mais la croyance au mal, était précisément l'origine de la maladie... Celui qui mettait sa foi dans le Père Antoine et qui donc pensait comme lui, à savoir que le mal n'existait pas, celui-là était sur le chemin de la guérison. L'emblème du Père Antoine – et aujourd'hui encore de ses disciples – c'était un arbre noir : l'Arbre de la Science de la Vue du Mal... Avoir cette science que le mal n'existait pas, voir que le mal n'existait pas, c'était le secret de guérir... Les passes « magnétiques » du Père Antoine, qui prétendait capter les fluides transmis par les Esprits répandus dans l'Univers, faisaient le reste... On ne peut donner meilleur exemple de suggestion… C’était vraiment « la foi qui sauve ». Comme l'a dit quelqu'un : « On croyait au Père Antoine parce qu'il guérissait et le Père Antoine guérissait parce qu'on croyait en lui. »"

        Evoque l'antoinisme encore à la page 187 dans le chapitre sur le Spiritisme. Le passage est court citons-le in extenso :

        Un dérivé du Spiritisme, c'est l'Antoinisme, religion fondée par le Père Antoine, de son nom Antoine Louis, né en 1846 d'une famille de mineurs à Mons-Crotteux, en Belgique. A Jemeppes-sur-Meuse, où il était concierge d'une usine de tôlerie, il s'initia au Spiritisme. Doué pour faire tourner les tables il se découvrit soudainement médium… et chargé de la mission de faire connaître au monde les vérités que les Esprits lui révélaient par les tables… Déjà, il avait de nombreux admirateurs, quand son fils unique mourut… Accablé de douleur, il se sentit appelé à soulager les maux de l'Humanité… Des « esprits guérisseurs » lui donnèrent la science voulue et « l'esprit » de son fils, réincarné en un pharmacien de Paris, lui révéla des remèdes… Il devint bientôt un guérisseur de renom et les foules se pressaient vers lui pour qu'il leur imposât les mains… Le Père Antoine, vieillard à grande barbe blanche, déclarait, en imposant les mains selon un rite spécial, qu'un fluide guérisseur émanait de lui et de ses paroles… Il distribuait aussi des étoffes dites « magnétisées »… Et il prêchait une religion inspirée du Spiritisme d'Allan Kardec… Passant pour un saint, il se fit un nombre d'adeptes considérables, principalement parmi les gens du peuple… On éleva de son vivant un temple à Jemeppes… et il en existe une cinquantaine ailleurs… Encore aujourd'hui, 500.000 personnes se recommandent de lui. A sa mort (disons sa « désincarnation », puisque nous sommes en religion spirite), en 1912, sa femme devint pontife de la nouvelle religion : c'était la « Mère Antoine », vénérée presque à l'égal de son mari jusqu'à sa mort, en 1941…

        "Le gros succès du « Père Antoine » est dû aux guérisons qu'on lui attribue (voir à ce sujet le chapitre des guérisseurs, page 153), car les dix principes de la religion antoinisme sont très imprécis et très obscurs… Il s'agissait selon lui — et c'est encore aujourd'hui le cas pour ceux qui prient et guérissent en son nom — de capter « les fluides magnétiques » épars dans l'Univers et que les Esprits peuvent transmettre aux hommes qui entrent en communication avec eux… On le voit, l'Antoinisme s'apparente au Spiritisme."

     

        À lire cette partie, on comprend, par le nombre des …, qu'il s'agit d'un résumé… malheureusement « très imprécis et très obscurs ». Je vous laisse vous-mêmes chercher les erreurs, elles sont nombreuses, vous n'aurez pas de mal à en trouver. Bien sûr, l'Antoinisme, très proche du Spiritisme, est condamné au même titre que la « religion » d'Allan Kardec : « Si la pratique du Spiritisme est pernicieuse au point de vue spirituel, ajoutons qu'elle est également désastreuse sur le plan purement humain. » (p.188).

     

        Il est sûr qu'avec comme étude ce raccourci, on ne peut que pas comprendre ce qu'est l'Antoinisme. Pourtant en lisant certains autres passages, on aurait attendu plus d'indulgence du P. Thivollier pour ce mouvement. Par exemple, dans le chapitre sur la voyance (les conclusions de chaque chapitre sont presque identiques), évoque une solution rationnelle à l'origine de la croyance : L'important, c'est donc « d'avoir du flair ». Nul doute que l'habitude de recevoir des confidences ne donne une grande expérience du « métier » !… Mais on voit qu'il n'est pas nécessaire pour cela de s'afficher « mage », « fakir », « voyante extra-lucide »… Le chef du personnel d'une grande usine qui voit défiler des centaines d'ouvriers à son bureau d'embauche… l'avocat, le notaire, le médecin… le prêtre qui a un peu l'habitude du confessionnal et de la direction des âmes, sont bien placés pour « lire », pour « voir » dans la vie passée, présente et même future de ceux qui s'adressent à eux… Ils pourraient aussi prédire à celui-ci ou à celui-là ce qui lui arrivera s'il continue à marcher dans la ligne qu'il s'est tracée jusque-là. Et la mère de famille, éveillée à son rôle d'éducatrice et douée de psychologie, peut souvent, mieux que personne, lire dans l'attitude de son enfant, dans son regard et ses manières, l'idée qu'il poursuit et la fredaine qu'il vient de commettre. Combien de parents ont prédit à tel ou tel de leur fils ce qui n'a pas manqué de leur arriver à leurs vingt ans !… (p.70)

     

        Un autre passage fait apercevoir les rapprochements qu'aurait pu tracer l'auteur avec la vraie voie du Christ, la seule à ses yeux qui vaille (cf. p.67 : Il n'est pas question ici du cas des Saints, de ces « Voyants de Dieu » qui reçoivent un don de clairvoyance extraordinaire, par une grâce toute spéciale.), s'il avait étudié réellement l'Antoinisme : Il n'est pas question d'engager ici un débat sur le problème de la liberté. Disons simplement ceci sur le sujet qui nous occupe. L'homme est maître de son destin. Bien sûr, il subit de grosses influences : tempérament, hérédité, éducation, milieu social... événements de la vie : maladies, épreuves, guerres, etc. Tout travaille à le façonner, à le modeler. Quand on connaît les circonstances dans lesquelles s'est déroulée une existence, on s'explique bien des choses. (p.69)

     

        Mais, non ! encore une fois, l'on doit se contenter d'un Professeur catholique d'une étude bâclée et étroite d'esprit. Dommage, mais tellement courant de la part de la religion du pardon... Pourtant, chose incroyable, il affirme p.71 : La célèbre Eusapia Palladino, qui fut soumise à de nombreux contrôles et dont le don de voyance fut reconnu, s'efforçait d'être loyale devant ceux qui l'observaient ; elle s'écria un jour : « Tenez-moi bien, je sens que je vais tricher ! ». Que le Père Antoine procédait de la même façon pour ses guérisons et ses révélations, le Professeur n'en a cure.

     

        L'auteur écrit encore : Il reste bien vrai que le Démon se trouve là même où nous sommes assis, dans ces tréfonds de notre âme où vivent la lâcheté, la paresse, l'appétit de vengeance, la sensualité, la passion du gain et du pouvoir, etc. Le Mal, il est dans le cœur humain. (139) Le Père ne dit pas autre chose, mais de manière différente... Dans le même chapitre sur les sorts et envoûtements, il écrit en conclusion que "celui qui nourrit des pensées de haine, même justifiées, contre son ennemi, celui qui entretient en lui des désirs de représailles alimente, qu'il le veuille ou non, les flammes de l'enfer" et que "les prières les plus communes et les plus ordinaires sont les plus efficaces, quand elles s'accompagnent d'un véritable amour de Dieu et du prochain et d'une résolution sérieuse de mener une meilleure vie" (p.141), ce qui, outre ce prêchi-prêcha classique, est très proche de ce que dit le Père.


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  • La Belgique et ses dieux (1985)La Belgique et ses dieux (1985)

    Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
    Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)

    in

    Titre        La Belgique et ses dieux: églises, mouvements religieux et laïques (with English introduction and summaries)
    Auteur        Liliane Voyé, Karel Dobbelaere, Jean Rémy, Jaak Billier
    Éditeur        Cabay, 1985 - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf
    ISBN        2870773196, 9782870773192
    Longueur    430 pages


        Cet ensemble de dix huit exposés, introduit et conclu par les quatre éditeurs, se présente comme la contribution belge à la 18e Conférence internationale de sociologie religieuse (C.I.S.R., Leuven-Louvain-la-Neuve, août 1985) et sous le patronage de la revue Recherches sociologiques : "bilan de la recherche en sociologie des religions" telle qu'elle est conduite en Belgique et sur la Belgique. Quatre parties : religion et modernité, catholicisme et politique, évolutions récentes du catholicisme, religions non catholiques et sectes. Flandres et Wallonie sont équitablement représentées (ont eût aimé au moins une étude sur Bruxelles et son agglomération), même si l'auditoire international semble parfois un peu oublié : on y donne des chiffres et des pourcentages sans indication (sauf erreur) de la population totale : on y emploie des mots néerlandais non traduits (vrijzinningheid, etc.), ou traduits mais non commentés (verzuiling : pilarisation). Tout ne va pas de soi pour tous les lecteurs, même si les plus anciens habitués des Archives savent pouvoir se reporter au N°8 (Actes du Ier Colloque européen de sociologie du protestantisme, mai 1959) pour y trouver chez J.P. Kruijt l'explication de cet important phénomène, le Zuil (p.106).
        L'ouvrage comble un vide. Tout n'y est pas d'égale qualité. J.Rémy et L?Voyé, aidés par A.Tihon, ouvrent le feu avec un chapitre rapide, anecdotique, parfois approximatif, sur "L'Eglise catholique de Belgique et la transaction avec la modernité", mais se rattrapent avec une excellente analyse, "Perdurance des clivages traditionnels et différences d'enjeux prioritaires". Le catholicisme s't taille la part du lion, avec son originalité, sa vitalité, ses difficultés : c'était inévitable en ce "pays de monolithisme religieux". Deux chapitres sont consacrés à la religion des jeunes, un aux pèlerinages en Wallonie. P.Delooz fait le point démographique des prêtres diocésains, séminaristes, religieux et religieuses. Une attention particulière est donnée aux minorités religieuses, véritablement minoritaires : protestantisme (entre 50 et 100 000), judaïsme (35 000, essentiellement Anvers et Bruxelles), islam (reconnu depuis 1974, environ 200 000), antoinisme (seul mouvement d'origine belge, fondé en 1970, 150 000 au début du siècle, en déclin sans chiffres connus à ce jour), Témoins de Jéhovah (20 000 proclamateurs), Eglise de scientologie (6 à 7 000), entre une et quelques centaines pour les "sectes de type nouveau" ; minorité spécifique, la franc-maçonnerie (14 000) et ses liens avec la pensée laïque.
        Les deux chapitres consacrés à cette pensée laïque auraient pu être la grande nouveauté du volume. Celui d'Hubert Dethier (Flandres) est d'un acteur impliqué plus que d'un sociologue ; celui de Claude Javeau (Wallonie), qui semble lui donner la réplique (n'est-ce qu'une apparence ou le signe du débat en cours ?), est d'un sociologue impliqué et distancié, mais trop cursif. On apprend beaucoup à lire H.Dethier et d'abord sur le "contentieux laïque" dont il est le témoin : mais comment s'étonner qu'entre une libre pensée militante et une Eglise confessante, le heurt soit frontal ? En revanche, apparaissent deux problèmes qui auraient mérité plus de développement. H.Dethier revendique de l'Etat belge une "reconnaissance légale de la philosophie laïque" et que "l'absence de pratique de tout culte" soit subventionnée au même titre que les cultes reconnus. A quoi Cl.Javeau objecte : "Ne va-t-on pas, à côté des Eglises avec Dieu, vers la constitution d'une Eglise sans Dieu" et à donner des allures ecclésiales à une laïcité institutionnalisée qui engendrera "ses propres effets d'orthodoxie" au détriment du principe de libre-examen individuel dont elle se réclame ?
        Le second problème tient à la réalité même de ce "pilier laïque" face au "pilier catholique", c'est-à-dire à l'unité postulée de cette laïcité qui s'évanouit dès qu'on cherche à la cerner, mais dont l'affirmation masque la véritable réalité : le conflit de classes entre bourgeoisie libérale et travailleurs socialistes. H.Dethier doit bien le reconnaître. Les efforts pour jeter une passerelle entre ces deux p$oles ont échoué : "Il faut croire que les clivages sociaux empêchèrent toute entente" (p.37). La libre pensée libérale "se trouvait à des lieux des idéologies prolétariennes" (p.40). Les maçons socialistes un court moment réunis aux maçons libéraux, vers 1870, étaient "issus de la bourgeoisie libérale" (p.42). En vérité, le grand absent de cet ensemble, c'est le socialisme dont l'idéologie et les adhérents méritaient d'être étudiés par une sociologie religieuse.
          Emile Poulat

    Archives des sciences sociales des religions, 1986, Volume 62, pp. 336-337
    source : persee.fr

     

    Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
    Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)
    in La Belgique et ses dieux
    CABAY - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf

     

        Dans ce papier les auteurs étudient huit mouvements religieux en Belgique, dont l'Antoinisme est le seul d'origine belge. La foi mondiale Baha'ie, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah ont émergé au siècle dernier ; l'Eglise de l'Unification, la Scientologie, le Rasjneeshisme et l'Association Internationale pour la Conscience de Krishna sont de nouveaux mouvements religieux. Ces groupes, les Témoins de Jéhovah excepté, ont un succès très relatif en Belgique. Il semble aussi que les particularités belges n'ont presqu'aucune incidence sur le recrutement et la structuration de ces mouvements. Les nouveaux mouvements religieux et les Baha'ie recrutent surtout auprès des cadres moyens du secteur des services, les autres auprès des ouvriers et employés du secteur productif. L'article analyse entre autres les différentes fonctions sociales qu'ont ces groupes religieux pour ces diverses catégories sociales.

     

    Introduction

        On ne trouvera pas ici une information exhaustive sur les sectes et les mouvements religieux en Belgique, pas davantage qu'une typologie de ces mouvements, dont la littérature rapporte un grand nombre d'essais. Notre sélection est volontairement arbitraire : elle a été dictée par les informations déjà disponibles. Seules quelques investigations complémentaires ont été effectuées, pour actualiser nos données. Nous avons cependant veillé à ce que les nouvelles sectes n'éclipsent pas complètement les anciennes. C'est délibérément que nous avons ignoré le problème de l'appellation exacte qu'il convient de donner à ces différents mouvements, réservant cette discussion pour un autre moment. Le fil conducteur de notre analyse a été de voir ce que l'existence même de ces mouvements pouvait nous apprendre sur la société belge et son évolution.

        Les huit mouvements religieux que nous allons présenter ici sont apparus à différentes époques sur des fonds culturels divers. Nous parlerons tout d'abord de l'Antoinisme, fondé en Belgique au début du XXème siècle. Nous poursuivrons en évoquant trois sectes datant du siècle passé : le Baha'ie, originaire de Perse, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah, deux sectes chrétiennes d'origine américaine. Les quatre autres mouvements dont nous parlerons sont apparus après la Deuxième Guerre Mondiale, et s'apparentent, à des degrés divers, à la religiosité asiatique.

     

    I. Le culte Antoiniste

        L'Antoinisme, ou culte antoiniste, est sans doute la seule secte d'origine belge dont la notoriété et le succès ont largement débordé nos frontières, tout particulièrement en France. Son fondateur est Antoine Louis (1846-1912), ouvrier métallurgique d'origine liégeoise, qui abandonne le catholicisme à l'âge de 42 ans pour s'intéresser aux associations spirites, alors florissantes. S'étant découvert des dons de guérisseur, qu'il exploite sans se faire payer, il transforme sa maison en cabinet de consultation où il reçoit journellement 50 à 60 personnes en 1900, de 500 à 1200 en 1910. Les moyens utilisés sont d'abord la prière, l'imposition des mains, la liqueur Koene, le papier et le linge magnétisés, etc. A la suite d'un procès pour exercice illégal de la médecine, il abandonne ces pratiques pour ne conserver que la prière et l'imposition des mains. En 1906, il se sépare du mouvement spirite dont il désapprouvait, sans doute sous l'influence de la théosophie, "l'expérimentation scientifique", c'est-à-dire les séances d'entretien avec les disparus. Son groupe, d'abord appelé les Vignerons du Seigneur, devient alors le Nouveau Spiritualisme. Antoine développe son œuvre de Révélateur pendant trois ans. Son enseignement est recueilli par des adeptes dont les notes, revues par le Père, constitueront bientôt les livres sacrés : La Révélation par le Père Antoine (en deux parties : L'Enseignement et Le Couronnement) et Le Développement de l'Enseignement du Père. Sera également révélée la robe caractéristique des antoinistes que portent les adeptes qui le souhaitent : lévite noire et chapeau haut-de-forme pour les hommes ; jupe plissée, corsage, châle et bonnet noirs pour les femmes.

        Le culte est officiellement constitué en 1910 avec la consécration du premier temple à Jemeppe-sur-Meuse. Lors de la "désincarnation" du Père, le culte fut dirigé par Mère, son épouse, jusqu'à son propre décès en 1940. Cette date marque le déclin de l'Antoinisme, accentué par une guerre de succession entre le neveu d'Antoine, le Père Dor, et son concurrent. Le succès de l'Antoinisme fut grand au début du siècle : environ 150.000 adeptes, dont 50.000 en France selon Woodrow (1977:53). Il s'est particulièrement bien implanté dans les milieux ouvriers du bassin liégeois et dans un certain nombre de villes françaises (cf. liste in Debouxhtay, 1945:25-26). Le dernier temple belge fut consacré en 1968, à Retinne (ancienne cité charbonnière comptant une forte population immigrée) et un nouveau temple doit être prochainement ouvert dans la région parisienne. Ces dernières créations ne doivent cependant pas faire illusion ; le culte est en forte régression, ses adeptes sont âgés. Selon son desservant, le temple de Retinne accueille environ 50 personnes chaque semaine mais il ne précise pas si ces "adeptes" participent au culte (avec ou sans la robe) ou viennent seulement "consulter" (les guérisons par la Foi se pratiquent dans un petit bureau annexé à la salle du culte). Il y aurait aujourd'hui 31 temples en Belgique, 28 en France et environ 150 Salles de Lecture (souvent des habitations particulières) où l'on procède seulement à la lecture de l'Enseignement. En dépit d'un déclin qui est sans doute lié à celui de l'activité charbonnière, les brochures (jaunies) parlent de progrès constant et signalent des implantations au Brésil, aux Etats-Unis et dans divers pays d'Europe. Aujourd'hui, l'activité principale des desservants est de prodiguer des conseils spirituels pour résoudre des problèmes de toute nature.

        La doctrine, le culte et les temples où ils se pratiquent sont d'une grande simplicité. Faisant face à la tribune, l'emblème (portant l'inscription : Culte antoiniste. L'Arbre de la Science de la vue du Mal") et aux portraits géants de Père et Mère, les fidèles peuvent se réunir les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, pour "l'opération générale". C'est une brève cérémonie durant laquelle le desservant reproduit les gestes des fondateurs : élévation spirituelle, distribution des "fluides" et imposition des mains. En soirée, on procède également à la lecture de l'Enseignement.

        Tout en se défendant de pratiquer des "sacrements", les Antoinistes ont des rites de baptême, de mariage et, les plus connus, d'enterrement. La bière est recouverte d'un drapeau vert, couleur de la secte, et est portée, si possible, par des adeptes revêtus de la robe. On procède à la lecture des "Dix Principes" à la maison mortuaire et à celle de la "Réincarnation" sur la tombe.

        Les ministres du culte sont bénévoles. Des panneaux indiquent que tous ces services sont rendus gratuitement. L'Antoinisme refuse toute aide extérieure : ses ressources ne proviennent que des dons anonymes des membres. On ne vend rien, sinon les livres sacrés, et on ne fait pas de prosélytisme.

        L'enseignement d'Antoine, plus moral que religieux, bien que révélé, est basé sur la croyance en la réincarnation, le mépris de l'intelligence (opposée à la "conscience") et du monde matériel, l'inexistence du mal, la divinité de tout être, l'amour du prochain, etc. L'ascèse doit consister à briser la domination de l'intelligence, qui "nous a détournés du vrai chemin", à nous dégager de la matière, pour suivre les inspirations de la conscience qui "ne peut nous tromper". L'enseignement ne s'accompagne d'aucune obligation explicite mais recommande à tous égards l'humilité, la réduction des besoins factices, l'éloignement des plaisirs qui écartent de Dieu – message qui ne devait logiquement trouver un écho qu'auprès des plus démunis.


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  • Titre        Coins et recoins de Paris
        Nombreuses illustrations ; couverture illustrée.
        Les filles du Topol. Les maisons de rendez-vous à Montmartre. Phénomènes de Montparnasse. Adieux à la place Maubert. Chronique de la Villette. Monjol.
    Auteur        Marius Boisson
    Éditeur        Éditions Bossard, 1927
    Longueur    362 pages

        Evoque à la page 314 l'antoinisme.

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  • Paris, 13e (Histoire des arrondissements de Paris), 1978

    Titre    Paris 13e
    Histoire des arrondissements de Paris
    Auteurs        Michel Dansel, Alexandra d' Arnoux, Evelyne Wilhelm
    Rédacteur    Evelyne Wilhelm
    Éditeur        J.-C. Simoën, 1978
    Nombre de pages 238 pages

        Evoque à la page 184, le temple antoiniste de la rue Vergniaud.

    source : Google Books


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  • commentaire de l'auteur : Je ne suis pas moi-même antoiniste, mais j'ai consacré un long chapitre de mon ouvrage "Les Aventuriers de Dieu" (Ed. Picollec 2002) à la vie et au message du Père Antoine. La couverture, une oeuvre de la sculptrice Catherine Cairn, est d'ailleurs librement inspiré du portrait du Père Antoine.

    Présentation de l'éditeur
    Ils étaient persuadés que Dieu leur avait adressé un message. Ils ont consacré et parfois sacrifié leur vie pour convaincre des milliers d'autres. Depuis un peu plus d'un siècle, ces " aventuriers de Dieu " explorent de nouvelles pistes spirituelles en marge des religions établies. Leurs existences, flamboyantes et tragiques subjuguent ou hérissent. Elles nous invitent à réfléchir sur le sens de nos propres vies... Loin de tout esprit polémique, voici les parcours atypiques de quelques-uns de ces nouveaux prophètes, choisis pour la sincérité de leur conviction et le côté palpitant de leurs aventures. Ils sont suivis de notices concernant les autres fondateurs de " religions " aux XIXe et XXe siècles, d'Auguste Comte à Moon, en passant par Krishnamurti ou Gilbert Bourdin du Mandarom.

    Chapitres sur Louis Antoine (p.193-226) :
    - Le havre de toutes les misères
    - "Ton âme est un feu aussi"
    - Dans la mine, le souffle de Dieu
    - Un soldat consciencieux
    - Le mariage du "grand Louis"
    - Quel est le secret de l'univers ?
    - Les messages de l'au-delà
    - Les âmes sur "l'autre rive"
    - Les Vignerons du Seigneur
    - Petit catéchisme spirite
    - Les agissements d' "un nommé Antoine"
    - L'art et le don de guérir
    - La foi en l'opération du Père
    - Un guérisseur de l'âme
    - Un chemin plus direct
    - Le temple du Père Antoine
    - Les démarcheurs de l'Antoinisme
    - Le couronnement de l'Oeuvre
    - "Ne vous préoccupez pas de ma mort"

    Biographie de l'auteur
    Historien et journaliste (Point de Vue, Histoire, etc.) , Philippe Delorme est notamment l'auteur de nombreuses biographies sur les reines de France (éditions Pygmalion). Il est également à l'origine de l'analyse, pratiquée en 2000, sur le cœur de Louis XVII et qui a connu un immense retentissement médiatique, prouvant ainsi que l'enfant du Temple était bien le fils du roi de France.


    source : http://www.amazon.fr/aventuriers-Dieu-Philippe-Delorme/dp/286477190X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1262178880&sr=8-1

    site de l'auteur : http://phidelorme.free.fr/phid/


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  • lumière et vie, n°6 (1952)

    lumière et vie, revue de formation et de réflexion
    théologique et culturelle, revue trimestrielle, éditée à Lyon par les dominicains :

    n° 6 (1952) épuisé- L'Eglise et la Bible ; les sectes (pp.1-128)
    En pages 67-108, Les sectes bibliques par H.-Ch. Chéry, O.P.
    source : http://assoc.pagespro-orange.fr/lumvie/

    On peut lire en ligne et télécharger le numéro sur le site : lumiere-et-vie.fr

     Sommaire :
    Le phénomène de dissidence (p.68)
    Présentation des dissidences modernes  (p.75)
    1. Sectes sans importance en France  (p.76)
    2. La lignée adventiste  (p.78)
    3. Trois autres sectes américaines (p.79)
    4. Quelques autres sectes ou groupements religieux [dont l'Antoinisme](p.81)
    Le visage des sectes en France (p.84)
       Les Adventistes du Septième Jour (p.86)
       Les Témoins de Jéhovah (p.91)
       Les Amis de l'Homme (p.94)
       Les Pentecôtistes (p.98)
       Les Mormons (p.101)
       Les Antoinistes (p.103)
       La Christian Science (p.103)
    Conclusions (p.105)
    Bibliographie (p.108)

     


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  • Hans Seeling : Wallonische Industrie-Pioniere in Deutschland. Historische Reflektionen. Mit 140 Abbildungen

    Klappentext:
    Durch ihre Vergangenheit prädestiniert und eine Reihe von Umständen begünstigt, schwangen sich die Wallonie und Lüttich während der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts nicht nur im Bergbau und im Eisenhüttenwesen zum Vorbild und Lehrmeister des Kontinents auf, wurden mit einem Transfer von Technologie wallonische Unternehmer, Ingenieure und Facharbeiter über Deutschland hin bis zum Ural als Promoter und «Männer der ersten Stunde» tätig.
    Auf dem Wege Deutschlands zu einem Industrieland ersten Ranges breitete sich über ihre Erfindungen, Werke und Taten mit der Zeit ein Schleier des Vergessens.
    In der Literatur finden sie sich meist nur en passant erwähnt, obschon eine ganze Phalanx technisch gebildeter Spezialisten und Gründer aus der Wallonie nicht nur während der Anfangsjahre bei Giganten wie Pygmäen der Industrie in Deutschland Pate stand.
    Der historische Rückblick reiht Name an Namen, die als Schöpfer jener Epoche noch heute beiderseits der Sprachengrenze lebendig dazu verlocken, auf Entdeckungen durch Zeiten und säkulare Wandlungen zu gehen.

    Aus dem Inhalt:
    Belgiens Weg zum Industriestaat - Energie aus Feuer und Wasser: Dampfkessel und Dampfmaschine - Dampf revolutioniert Transporte zu Wasser und zu Lande - Den Bahnlinien folgen Eisenhütten, Schienenfabriken und Walzwerke - Bergbau auf Kohle, Zinkerz, Salz und Glassande


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  • L'évolution du Culte antoiniste en Belgique

    Benoît Narinx, Mémoire en vue de la maîtrise de sociologie. Faculté de droit, science économique et sociale. Université de Liège, 1987.

        Régis Dericquebourg le cite plusieurs fois, notamment dans le chapitre Profil sociologique. L'auteur évoque le fait que ce chercheur pense qu'il y a eut une planification des constructions des temples, le long du sillon industriel Haine-Sambre-Meuse-Vesdre.
       Globalement, dit Régis Dericquebourg, les temples correspondent à la présence d'une population modeste travaillant dans l'industrie. Je signale cependant que les adeptes ne sont pas tous forcément ouvrier, le profil d'origine des antoinistes est plus vaste et semble l'être de plus en plus.
        Régis Dericquebourg précise, qu'actuellement, dans les pays où il progresse, l'antoinisme s'étend par essaimage, à partir d'une salle de lecture.


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  •     Le Père ANTOINE :
    Il est né à Flémalle-Grande en 1846. Issu d'un milieu modeste il fut le dernier fils d'une famille de 11 enfants. Il débute dans la mine et y travailla deux ans.
    Ensuite il devint ouvrier métallurgiste, puis marteleur, encaisseur. Il s'occupera également d'assurances. Il représenta l'Union de Paris.
    Vers l'âge de 42 ans, il pratique le spiritisme. Il guérissait par le fluide et l'imposition des mains. Il fonda le nouveau culte en 1906 et, en 1910, érigea le premier temple antoiniste. La pétition de 150.000 personnes effectuée en 1922 provoqua un arrêté ministériel déclarant les Antoinistes A.S.B.L.
    En plus des innombrables salles de lecture, une trentaine de temples sont répartis en Belgique. Le Père Antoine est décédé en 1912, la mère continua la mission jusqu'à sa propre mort.
    Le Père et la Mère Antoine reposent au cimetière des housseux à Jemeppe. Plus d'un demi siècle après leur disparition, la tombe reste abondamment fleurie.

    Suivent 3 cartes-vues (la rue Hullos, le temple d'Antoine le Guérisseur et l'intérieur du temple) puis une photo du temple en 1986.

    Marcel Peters, Il était une fois Jemeppe-sur-Meuse (p.124)
    Recueil de cartes postales et de photos anciennes
    Imprimé par Société d'édition et de publicité du marché commun s.c., Rue Belvaux, 136 - 4030 Grivegnée-Liège


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  • A.G. VICENTE - L'évolution des sectes (1967)

    Auteur :     Alfonso Geraldo VICENTE
    Titre :     L'Evolution des sectes, analyse sociologique. Le cas de l'antoinisme en Belgique
    Editions :     Louvain, C.R.S.R., 1967, V-219 p. (C.R.S.R. Reprints, n04, varitypé).

        Une certitude préside à cet ouvrage, reflétée dans la dichotomie de la couverture et de la page de garde. Cette dernière porte : L'Évolution des sectes, analyse sociologique, le cas de l'antoinisme en Belgique. Qu'a-t-on voulu nous proposer ? Un travail sur l'évolution de l'antoinisme en Belgique dans le cadre général de la sociologie des sectes, ou une présentation de la diversité des méthodes et des concepts mis en oeuvre par les sociologues qui se sont jusqu'ici occupés des sectes, suivie d'une application pratique sur le cas de l'antoinisme belge ? Nous optons pour cette dernière éventualité, dont la probabilité se trouve corroborée par le nombre de pages consacré aux deux thèmes (131 p. pour le premier, 75 p. pour le second, préface et bibliographie mises à part).
        La première partie rendra quelques services pour une initiation aux diverses théories sociologiques concernant les sectes. Les tableaux synoptiques, nombreux, sont bienvenus. On se méfiera cependant de vérifier l'exactitude des détails. Ainsi l'opinion prêtée au présent recenseur, p.49-50 et p.54, au sujet de Weber et de Troeltsch est inexacte. Sans doute faut-il lire Troeltsch à la place de Weber et se demander ce que Weber a alors dit ou pas dit. On se reportera donc avec plus d'avantage aux textes mêmes de ces classiques.
        La seconde partie est nettement décevante. On y trouve certes d'intéressantes analyses : celle, par exemple, de la divination du fondateur de l'antoinisme. Encore est-elle un peu courte. Tout le reste se révèle, par contre, plutôt aprioristique. On suppose que l'antoinisme est une secte. Peut-être ; encore aurait-il fallu montrer qu'il n'était pas un "cult" ou une religion nouvelle. L'A. aurait dû méditer pour son propre compte sa note de la p.162 : "Nous n'avons été frappé a postériori par le parallèle que M. Colinon dressa entre l'antoinisme et la Science chrétienne... Or selon B.R. Wilson, la Science chrétienne est l'exemple même de la secte gnostique". Une courte réflexion sur ce parallèle aurait permis à A.G.V. de se rendre compte que la Science chrétienne, contrairement à l'opinion de Wilson, ne saurait passer pour une secte, mais qu'elle est une nouvelle religion de type Église. Il manque à cette Évolution des sectes le minimum de connaissance de l'histoire générale des dissidences nécessaire à leur interprétation sociologique.
        Laissons tout cela de côté et revenons au niveau où l'A. s'est placé. Là encore, l'analyse manque de fermeté. Les pages consacrées à démontrer la co-existence de caractères sectaires à côté de caractères de type Église dans l'antoinisme depuis ses débuts sont intéressants. Mais A.G.V. n'a pas su tirer parti de cette constatation quant à la validité du continuum niebuhrien de la secte à l'Église.
        Enfin, il semble douteux que le matériau ayant servi à l'analyse historique comme celui recueilli par interview auprès de quelques dirigeants de groupe soit suffisant. L'A. en a conscience (p.194-95) ; les directeurs de la collection auraient pu en prendre acte. En tout cas ils auraient dû revoir de plus près le texte où les fautes de langue fourmillent.

    Jean Séguy, Archives des sciences sociales des religions - année 1968 - numéro 25 - pp.232-233 (persee.fr)

        On lit d'abord une étude des auteurs de sociologie, dont M. Weber, B. Wilson, H.R. Niebuhr... L'auteur signale qu'il existe peu d'études positives de l'évolution des groupements religieux, voilà la raison de la deuxième partie. Dans la première partie, l'auteur de la dichotomie "Secte-Eglise" arrive à préférer la dichotomie "sectarité-ecclésialité", forme plus pratique se portant sur le caractère des groupements religieux pour étudier leur fonctionnement sociologique (p.102)(la Miviludes parle elle maintenant de caractère sectaire d'un groupement religieux). Son hypothèse est qu'un groupe, d'un maximum de sectarité et d'un minimum d'écclésialité, arrivera, s'il se maintien dans le temps, à un maximum d'ecclésialité et un minimum de sectarité. A cela peut s'ajouter, entre autre, une divination du fondateur. L'auteur veut vérifier cette hypothèse par l'étude d'un cas, l'antoinisme. Pour cela, l'auteur étudie l'antoinisme comparativement avec lui-même selon plusieurs périodes (1912 / actuellement)(p.134-135).
        Mais alors que pour l'historique (le meilleur peut-être de tous les historiques de l'antoinisme), l'auteur s'appuie sur Debouxhtay et les Unitifs, pour l'étude des variables du schéma d'analyses, l'auteur se sert de son historique, mais aussi de textes de Colinon (Le Phénomène des sectes) ou de H.Ch. Chéry (L'Offensive des sectes)(p.155) ou encore de témoignages de personnes n'étant pas antoinistes (p.158). Cela devient donc beaucoup moins convainquant. En effet, dresser un tableau sociologique d'un groupe à sa création, il y a plus de 50 ans, était une gageure. Gageure qui a échoué à mon sens, car l'auteur arrive à la conclusion que l'antoinisme, à la mort d'Antoine, était une Secte thaumaturge évoluant ver le type gnostique (p.162).
        De tout état de fait, cela nous amène à des erreurs (par exemple, "Antoine jugeait l'éducation nuisible et sa doctrine s'opposait à l'intelligence, à la science et à la matière même, comme contraire à la conscience, seule source de connaissance véritable et de moralité" (p.178) ; "l'antoinisme, d'après Antoine devait remplacer le Christianisme" (p.154)) ou à des généralités ("on le confond avec le Christ, on tombe à genoux devant lui" ; "au lendemain de sa mort, il semble qu'ils n'étaient pas rares les adeptes qui croyaient à sa prochaine résurrection" (p.163)).
        De plus au cours du développement, l'auteur utilise parfois l'adectif "sectaire", plutôt que "de caractère de sectarité". Et il s'appuie sur plusieurs auteurs pour construire son schéma d'étude, ce qui ne simplifie pas les concepts.
        Donc en conclusion, l'auteur en arrive à la déduction que l'antoinisme de "secte thaumaturgique" (selon WIlson), il devient "secte gnostique" (selon Wilson). Mais ses preuves son minces et en note, il précise encore qu'il a été "frappé a posteriori par le parallèle que M. Colinon dressa entre l'antoinisme et la Science Chrétienne. Or selon Wilson, la Science Chrétienne est l'exemple même de la Secte gnostique" (p.162). Or comme le dit Jean Séguy, selon Wilson, la Science Chrétienne est une Eglise et non une Secte. L'antoinisme dans tout cela, donc ?
        Bref, on reste sur sa fin, et la deuxième partie déçoit beaucoup.


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  • La seule religion belge, l'Antoinisme

    R.Gaspard, E. Seffer.

     

    Un texte neutre mais les Antoinistes n'y apprendront rien. Les cartes postales sont intéressantes, notamment celle de l'inauguration du temple de Verviers (le 12 juillet 1914) par Mère Antoine, et celle d'une Antoiniste verviétoise en costume.

    A se procurer sur le site de Temps Jadis (www.tempsjadis.be)


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