• Auteur :     Denruit, A. (ps. van Adjutus Drieghe) - 1872-1929
    Titel:     Bij père Antoine
    Reeks:    Voor ons volk ; 3.2
    Publicatiejaar: 1925
    Uitgever :    Eysden : Secretariaat voor goede drukpers,
    Print:     Denis (Maeseyck)
    Fysieke details: 16 p.

        L'auteur est également à l'origine de la brochure Het spiritisme in zijn hoofdlijnen (publié à Anvers chez Geloofsverdediging en 1926).


    votre commentaire
  • A.Denruit (ps. van Adjutus Drieghe) - Ons Geloof (Juni 1922)

      

    Auteur :     Denruit, A. (ps. van Adjutus Drieghe) - 1872-1929
    Titel:     Ons Geloof (1911-1948), bl. 263
    Reeks:    Juni 1922 (Tijdschriften - Periodieken)
    Uitgever :    Antwerpen : ’t Groeit, Algemeen secretariaat van geloofsverdediging

     


        L'auteur est également à l'origine de la brochure Het spiritisme in zijn hoofdlijnen (publié à Anvers chez Geloofsverdediging en 1926). Cet article servit de point de départ au Pastor Verlinden pour son Het antoinisme - zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst (1929), qui le cite :
        We antwoorden met E.P. Adjutus Drieghe in "Ons Geloof" Juni 1922, bl. 263 : Men kan gereedelijk aannemen dat bij den spiritist enkele zenuwzieken en maaglikders genazen. Zenuwziekten kan een hevige ontroering plots genezen en te Lourdes komen dan ook, naar men weet, zulke genezingen niet in tel. 't Kan best gebeuren dat zieken die Antoine gingen opzoeken, in de vaste overtuiging bij hem heul en redding te vinden, geschokt door zijne mysterieuse gebaren, extatischen blik, en uitgemergeld thaumaturg-gelaat, de gezondheid terug bekwamen, waar het slechts een ontreffering gold van hun zenuwgestel. Het is ook goed mogelijk dat hij maagkranken heeft genezen : hij legde immers de patienten die hem kwamen raadplegen strenge matigheid op in spijs en drank. En waar deze den brui zouden hebben gegeven van een door dokters opgelegd dieet, onderhielden zij nauwgezet, zonder een duimbreed af te wijken, het gezondheidsregiem door Père Antoine voorgeschreven.


    votre commentaire
  • Titre :     Seraing autrefois
    Auteurs :    Yannik Delairesse et Michel Elsdorf
    Editions :    Noir Dessin Production, 232 pages, 400 photos, 2010

        Cf. le reportage de RTC Télé-Liège : http://www.rtc.be/content/view/1390656/443/

        Evoque l'antoinisme en carte postale aux pages 166-168 :
    - Louis-Joseph Antoine, né à Mons-lez-Liège, en 1846. Il travailla comme mineur puis comme ouvrier à Cockerill. Il est le fondateur du culte qui porte son nom [photo du Père la main levée comme pour l'Opération] ;
    - La maison qu'Antoine le guérisseur habitait au coin des rues Rousseau et des Tomballes à Jemeppe. Le mouvement Antoiniste fut reconnu comme fondation d'utilité publique en 1922 [carte postale des quatres ruelles, avec le temple] ;
    - Après avoir développé des dons de guérisseur et de médium, il se fait appeler "le Père", fonde une nouvelle religion "l'Antoinisme" et construit un temple à Jemeppe [photo du café au coin et du temple] ;
    - Intérieur du temple Antoiniste de Jemeppe. C'est son épouse, surnommée "la Mère" qui poursuivra la direction du culte. Elle décédera, à son tour, en 1940 [photo de l'intérieur du temple, qui servait encore pour les réunions de moralisation des Vignerons du Seigneur, sans l'Auréole de la Conscience] ;
    - Sortie d'une réunion dans le temple Antoiniste de Jemeppe de la rue des Tomballes. Les membres de ce nouveau culte faisaient partie de toutes les classes de la société [photo du café du coin et du premier local construit par Louis Antoine pour les réunions des Vignerons du Seigneur].

        En page 55, une faute s'est glissé dans le texte, car on dit qu'un temple antoiniste fut construit en 1870 dans la rue Fransisco Ferrer à Seraing. Il s'agit bien sûr du temple protestant (comme nous le dit la page suivante).
        En page 82, on voit une carte postale présentant la Belle Pierre de Seraing, avec le Temple antoiniste derrière. La description n'évoque que l'histoire de la Belle Pierre.

    source : http://portfolio.sudpresse.be/main.php?g2_itemId=619035


    votre commentaire
  • Henri Desmettre - Un Chrétien devant l'Antoinisme (1949)

    Auteur :     Abbé Henri Desmettre
    Titre :     Un chrétien devant l'Antoinisme
    Editeurs :    Nos Quartiers, Lille, 1949

        Maurice Colinon nous dit que "l'abbé Henri Desmettre, qui a eu le rare mérite d'analyser la « foi » antoiniste dans une feuille à très large diffusion résume le phénomène en uns formule parfaitement juste : « L'Antoinisme croit au Père Antoine parce que le Père Antoine guérit. Mais le Père Antoine guérit parce qu'on croit en lui... » Et, poursuivant son raisonnement, il conclut : « Antoine a fait Dieu à son image. Voilà pourquoi le dieu des antoinistes, c'est le Père Antoine. » Syllogisme ? Rapprochement ironique ? Certes, non. C'est le raisonnement même des antoinistes qui prend ce haut relief, dès qu'on le résume à l'usage courant" (Faux prophètes et sectes d'aujourd'hui, p.116).
        Maurice Colinon rapporte encore que "l'abbé Desmettre note avec raison que « puisqu'il célèbrent, conformément à leur doctrine, la désincarnation du Père Antoine au lieu de célébrer l'Incarnation et la Résurrection du Christ, les antoinistes ne peuvent pas avoir de sacrements » (p.119-120).

        Le Père H.-Ch. Chéry s'est servi de ce tract pour écrire son Offensive des sectes en 1954. L'abbé Henri Desmettre est également l'auteur dans le même journal Nos Quartiers, de Lille (1949), de Un Chrétien devant les Témoins de Jéhovah et d'une volumineuse thèse de doctorat (non imprimée) sur Towianski et le messianisme polonais (Facultés Catholiques de Lille, 1947).

    Henri Desmettre - Un Chrétien devant l'Antoinisme (1949)

     


    Auteur :    P.H. Desmettre
    Titre :     L'Antoinisme
    Editeurs :    Chronique Sociale de France Cahiers 5 et 6, n°60, Novembre-Décembre 1952, pp.522-524

        Cette deuxième référence, du même auteur, est citée en bibliographie par A.G. Vicente. Il m'est impossible de dire si c'est le même texte qui a été réédité quelques années plus tard sous un autre titre.


    votre commentaire
  • Henri Constant - Le Christ, le christianisme et la religion de l'avenir - étude philosophique (1905)

    Auteur :     Henri Constant
    Titre :     Le Christ, le christianisme et la religion de l'avenir : étude philosophique
    Editeurs :    Schneider frères et Mary (Levallois-Perret), 1905, 685 pages (gallica)

     

    Recension :

    Henri Constant - Le Christ, le christianisme et la religion de l'avenir - étude philosophique (1905)

        Le Christ, le Christianisme et la Religion de l’Avenir est dû à la plume d’une haute personnalité militaire qui signe Henri Constant. C’est un excellent ouvrage, original par endroits, intéressant toujours. 
        M. Constant fait deux parts dans l’enseignement du Christ : l’une permanente, philosophique et morale, l’autre accidentelle, inspirée par les passions et les besoins du moment. Ces deux enseignements montrent que Jésus fut premièrement un rédempteur pacifique, secondement un conspirateur, un, réformateur agressif. Il réussit, par ce dernier moyen, à entraîner à sa suite une grande multitude d’hommes, de femmes et d’enfants. Mais comme il tenta alors de se faire passer pour le fils de Dieu, la plupart de ses disciples l’abandonnèrent. Il ne put reculer. C’était trop tard. Il fut pris. Les Juifs le condamnèrent comme blasphémateur, et Pilate, comme insurgé. 
        Dans la seconde partie de l’ouvrage M. Constant oppose les divers évangiles, pour en faire ressortir les contradictions, résume rapidement l’histoire du christianisme, en insistant plus particulièrement sur l’une de ses formes, le catholicisme, et cherche à démontrer qu’il n’y a rien de commun entre 
    celui-ci et les enseignements du Christ et des apôtres. 
        Dans la troisième, il dit ce que sera – à son point de vue qui est également celui de la plupart des spirites – la Religion de l’avenir et en définit les divers objets Dieu, l’âme, le périsprit, l’évolution, les vies progressives et la prière. 
        Un nombre considérable de notes historiques et critiques doublent son ouvrage. Elles Étayent puissamment ses affirmations et ses déductions, les éclairent et les commentent. Ce sont des blocs de faits dont il accable le catholicisme. 
        Sur bon nombre de points, nous ne sommes pas de son avis. Nous ne les énumérerons pas, mais nous nous permettrons de recommander à M. Constant, la lecture de la Loi de l’Histoire, de la Religion de la Science et de l’esprit pur et de Jésus et l’Ere de la Science par Strada. Ces ouvrages lui fourniront de nouveaux arguments pour la défense de ses idées et modifieront sans nul doute, sa manière de voir sur bien des questions.
        Cette remarque n’enlève rien à la valeur du livre de M. Constant. C’est une œuvre substantielle et d’assainissement moral et religieux. 

    Mercure de France, janvier 1900 (T33, N121)

     

    Henri Constant - Le Christ, le christianisme et la religion de l'avenir - étude philosophique (1905)

    Le Réformiste 1906 (A10,N141)-(A10,N148),
    rédigé dans une orthographe réformée proposée par son directeur, M. Jean-S. Barès


        Evoque Louis Antoine à la page 400 :

        Jemeppe-sur-Meuse, un grand village aux environs de Liège (Belgique), possède actuellement (nous sommes au milieu de 1902) un médium guérisseur stupéfiant, M. Antoine. Rien n'est comparable au succès qu'il obtient ; il reçoit chez lui douze cents malades chaque semaine. Le chemin de fer du Nord, les vicinaux, les bateaux à vapeur, les voitures de luxe et autres transportent vers Jemeppe une quantité de gens de toute classe, venant de l'étranger même réclamer ses soins entièrement gratuits... N'en soulagerait-il, n'en guérirait-il que la dixième partie, que sa renommée se justifierait absolument !
        Ah ! qu'une plume autorisée, qu'un écrivain humoristique surtout nous décrive un jour la physionomie de cinq messieurs du parquet liégeois qui, en septembre 1901, se sont assis dans le cabinet où ont passé, à ce jour, plus de cent vingt mille personnes pour assister, pendant deux heures, aux magnétisations (considérées comme illicites) du médium guérisseur Antoine, et qui sont retournés chez eux emportant la conviction qu'il existe des choses que l'on n'enseigne ni dans les académies, ni dans les universités ! C'est bien là la réflexion que ces Messieurs ont dû se faire qu'Antoine était réellement doué d'une faculté que des lois qui se respectent ne peuvent atteindre dans son exercice humanitaire.


    votre commentaire
  • Promenade n°4
    Du jardin Brassaï au temple antoiniste
    Les coteaux de la Butte
    [...]
    Reprendre la rue Daviel et la descendre, puis prendre à gauche la rue Vergniaud.

    Rue Vergniaud
    Un vrai remède
    Au n°34, une petite église, construire en 1913, appartient au culte antoiniste. Au temple, les hommes sont habillés de longues redingotes et les femmes, elle aussi vêtues de noir, portent un voile. La lutte contre la souffrance est le fondement de l'antoinisme. Pour en savoir plus, il est possible d'acheter le livre de référence du fondateur, Délivrez-nous du mal. (1)

    Culte antoiniste
    La lecture de l'enseignement du Père se fait chaque dimanche à 10 h, les autres jours à 19 h escepté le samedi. L'Opération au nom du père a lieu du domanche au jeudi à 10 h.

    Antoinisme ou culte antoiniste
    Ce mouvement a été créé en Belgique le 15 août 1910 par Louis Antoine (1846-1912). Pendant vingt-deux ans, il assista des malades auxquels il consacra sa fortune. Onfluencé par les écrits d'Allan Kardec, il constitua d'abord une association nommé "Les Vignerons du Seigneur" dans laquelle il utilisa ses talents de médium. Il examinait quotidiennement près de 60 malades qu'il se proposait de guérir gratuitement. Mais il est condamné, à Liège, pour pratique illégale de la médecine. Puis les années passent et Louis Antoine s'éloigne progressivement du magnétisme pour ne plus s'appuyer que sur la foi et aider, par la seule prière, les personnes souffrantes. Le culte antoiniste n'a pas d'objectif de conversion : le fidèle peut fréquenter un autre culte. Les adeptes du mouvement appellent le fondateur Louis Antoine, le Père, et son épouse, qui avait pris sa succession, la Mère. En Belgique, ce culte est reconnu d'utilité publique. En France, il se développe parallèlement aux autres mouvements religieux sous la forme d'une association cultuelle régie par la loi de 1905.

    Take away
    Juste à côté du temple, au 2 rue Wurtz, laissez-vous tenter par la pâtisserie de Laurent Duchêne, meilleur ouvrier de France (01 45 65 00 77).

    Poursuivre la rue Vergniaud dans l'autre sens jusqu'au boulevard Auguste-Blanqui et tourner à gauche pour arriver au métro Glacière.

    Hélène Hatte,Valérie Rialland-Addach, Promenades dans le quartier des Gobelins et la Butte-aux-Cailles, p.105-106
    source : Google Books

    note : (1) Délivrez-nous du mal est la biographie de Louis Antoine écrite par l'écrivain belge Robert Vivier. Les écrits de Louis Antoine sont aussi en vente dans les temples.


    votre commentaire
  • Auteur :    Edouard Daanson, pseud. pour César Danneels
    TItre :     Mythes et Légendes, Etude sur l'origine & l'évolution des croyances religieuses par la comparaison des textes originaux
    Editions :    Bruxelles : Chez les principaux libraires. [Bruges, l'Imprimerie Sainte Catherine], 1913, 412 pages (source : archive.org)

    Recension :

    César Danneels - Mythes & légendes (1913)(Revue archéologique 01 1914)

        Edouard Daanson. Mythes et légendes. Etude sur l’origine et l’évolution des croyances religieuses par la comparaison des textes originaux. Bruxelles, chez l’auteur et les principaux libraires, 1913. Gr. in-8, 417p., avec nombreuses gravure(1). « Ce livre d’histoire et de critique religieuse n’est pas, comme on pourrait le croire, l’œuvre d’un sectaire : c’est l’anthologie… d’une foule de textes éparpillés en un grand nombre d’autres. » II n’est pas donné à tout le monde de bien compiler. L’auteur a raison de faire cas de Saintyves (pseudonyme d’un savant libraire), mais il a tort de ne pas s’inspirer de sa méthode prudente. M. Daanson prend de toutes mains et, comme il arrive en pareil cas, chez les mauvais auteurs plus que chez les bons. Nous assistons là à une sarabande effrénée de fiches qui ne sont pas toujours exactement copiées. P. 171 : « Voici, d’après M. Bouché-Leclerc (sic), une partie du texte qu’on peut encore lire sur les inscriptions de Priène, d’Apamée, d’Eumeneia, d’Harlicarnasse » (sic). M. Bouché-Leclercq n’a jamais rien dit de pareil. Cà et là, il est question de saint Victor évèque de Tumonès (p. 220), d’Apollonius de Rhodès (p. 43), de l’indianiste Holdenberg (p. 46), du dieu Athys (p. 41). P. 159 « On a beaucoup discuté, on discute encore, on fait des phrases et des phrases et l’on entreprend régulièrement des polémiques avec des théologiens de tous degrés et de toutes sortes. » — P. 279 : « De la comparaison des différents textes entre eux, il n’est pas impossible qu’on ne trouve, un certain jour, un rayon de lumière ». Forme et fond, tout cela laisse à désirer.

                                                                                           X.

    (1) 1. Comment se forment les légendes. — Il. Comment évoluent les mythes. — III. Jésus de Nazareth. IV. Le paradis des légendes. V. Origines et évolution de la légende de Jésus.

     

    Revue archéologique, janvier 1914


        Evoque Antoine le Guérisseur aux pages 304-306 :
       Notre esprit moderne n'admet pas facilement pourtant que des légendes aussi bien échafaudées que celle du Christ aient pu être acceptées comme historiques par tout un peuple et plusieurs nations civilisées. C'est une erreur pourtant, car il naît encore tous les jours de nouvelles religions. La Russie, l'Angleterre et l'Amérique en foisonnent. Je citerai celle d'Antoine le Guérisseur, en Belgique, à peine née de quelques années, et qui dans le pays de Liège compte déjà plusieurs milliers d'adeptes. Il y en a même déjà à Paris où l'on vient d'ériger un temple antoiniste, rue Vergniaud. Antoine le Guérisseur était un thaumaturge comme le Christ. Il alla chercher sa doctrine en Russie. C'était un parfait ignorant qui, de même que Jacob Boehme en Allemagne, se crut, un jour, inspiré et se mit tout à coup à donner son opinion sur des questions théologiques. (Le vulgaire qui ne comprend rien à ce que raconte le théomane, est impressionné par la profondeur — c'est-à-dire l'incohérence — de sa parole — ou de son charabia, et croit facilement qu'il a affaire à un être supérieur, c'est-à-dire à un inspiré par Dieu). Il se trouve même des intellectuels pour gober les paroles d'Antoine. Ils croient et cela suffit pour déraisonner. Des gens atteints d'hystérose se présentèrent, et par auto-suggestion, purent comme à Lourdes, comme à Bénarès, et comme, jadis, à l'Asklépion d'Athènes, être guéris des maladies suivantes :
    TROUBLES DE LA PEAU :     Anesthésie et hiperesthésie.
                Analgésie et hiperalgie.
                Autres troubles de la peau,
    TROUBLES DES TISSUS PROFONDS : Fausse arthrite, Fausse tumeur blanche, Fausse coxalgie, Fausse arthralgie du genou, Sacrodynie.
    TROUBLES DES ORGANES INTERNES : Anorexie, Gastralgie, Vomissement incoercible. Hématémèse, Fausse péritonite, Ovarie ou ovaralgie, Angine de poitrine, Fausse phtisie, Hémophtisie, Sein irritable, Mammite, Testicules douloureux. Fausse orchite, Priapisme et Frigidité.
    TROUBLES DE LA VUE : Amaurose. Trouble de la perception des couleurs.
    Modification du champ visuel.
    TROUBLES DE L'OUIE : La surdité.
    TROUBLES dE L'ODORAT : Anesthésie et analgésie olfactives.
    TROUBLES DU GOÛT : Perte de la sensibilité gustative.
    TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX :
        DU CERVEAU : Fausse méningite ; attaque convulsive. Folie hystérique ; attaque de délire, attaque de sommeil.
        DE LA MOELLE ÉPINIÈRE : Paralysie monoplégique. Paralysie hémiplégique. Paralysie paraplégique. Paralysie avec atrophie musculaire.
    Bégaiement.
    Aphasie.
    Mutisme.
    Dr. Rouby, "La Vérité sur Lourdes".


    votre commentaire
  • Auteur :    Jacques Michel ou Jacques "Michel"
    Titre :     Antoine, l'Antoinisme, les Antoinistes
    Editions :     Librairie Saint-Paul, Evreux, 1949, 26 pages

    Sommaire :
        Historique
            Origine et caractère
            Le spirite
            Le guérisseur sous l'oeil de deux médecins
            Au-delà du spiritisme
            Le culte antoiniste
        Doctrine
            Dieu
            La matière
            Rédemption sans rédempteur par l'épreuve, dans l'amour
            Morale antoiniste
            La foi
            L'action antoiniste
            Les charlatans
            Antoinisme et Christian Science
            Les secrets du succès
            La guérion par la grâce

        Autant la biographie de Robert Vivier est valorisante, autant celle de Jacques Michel est dépréciative : rejeton nerveux, instable de santé et d'humeur, parfois violent, ambitieux, attrait des hautes payes de guerre, il épouse le 15 avril 1873 Catherine Collon et né un fils cinq mois plus tard (donc entre les lignes : conçu hors mariage), fils qui restera unique (donc entre les lignes : fait fi de l'injonction "croissez et multipliez" de la Bible), sens des affaires, foi assez inculte, épelle avec acharnement les livres d'Allan Kardec, flaire un moyen de profit ou une voie d'idéalisme ?, raisons peu avouables surtout d'ordre commercial, prosélytisme (les Chrétiens évangélisent, c'est tout à fait différent), hantise d'une religion universelle, campe un nouveau personnage, la multitude qu'appelle le guérisseur et que les colporteurs de la brochure s'efforcent de rabattre vers le cabinet de leur patron, avidité de la puissance spirituelle et du prestige moral...
        L'auteur se réclame, comme souvent de Lourdes, en comparant les méthodes : pour Louis Antoine et les guérisseurs ce n'est que de la suggestion. Mais il ne nous dit pas vraiment ce qui se passe à Lourdes (cf. cependant le livre de Zola sur la ville), sauf qu'à Lourdes il y a des contrôles des guérisons.
        L'auteur critique tout à partir de la pratique de Louis Antoine, très bien décrite par Pierre Debouxhtay, en 1900. Ce qui lui valut deux procès et un changement de pratique. L'auteur est donc hors sujet.
        On apprendrait que l'antoinisme eut une influence théosophique, mais aussi maçonnique (p.10), rappelant également l'appui de deux chefs de la franc-maçonnerie belge, les sénateurs Magnette et Goblet d'Aviella (p.12).
        Jacques Michel explique l'avènement de l'antoinisme par le fait que Louis Antoine, pour garder la tête de son mouvement, doit se détacher du spiritisme, faire chemin seul et donc expliquer et affiner sa doctrine. L'auteur remarque lui-même, comme Moïse et Jésus (p.11). Mais Louis Antoine n'est pas un prophète, puisque aux yeux des Chrétiens, le seul est Jésus.
        Pour critiquer la doctrine antoiniste, l'auteur prend et cite la brochure de propagande Fragments de L'enseignement, or, ces fragments sont interprétés par l'auteur de la brochure de 40 pages. D'un côté l'auteur critique le fait qu'aucune interprétation de l'Enseignement puisse avoir lieu ("jamais le moindre commentaire ni la plus timide exégèse", p.14, il n'a donc pas lu les Unitifs), mais de l'autre, pour connaître une doctrine, il se tourne vers un résumé qui interprète l'Enseignement, sans s'en rendre compte, puis qu'il n'a manifestement pas lu l'Enseignement. 
        Pour critiquer la morale antoiniste, une fois, il cite l'Enseignement, en retirant le passage où le Père nous enjoint à agir naturellement, ne pouvant faire plus de mal qu'il n'est présent en nous (Dévelopement, p.168). Cette morale est "élastique, voire cynique, elle ne préconise pas la perfection, n'a aucune formule de prière, aucune méthode" (p.19).
        Cependant l'auteur admet que Louis Antoine "gagne à tous les coups" (p.18). N'est-ce pas la la preuve de l'origine divine de l'Enseignement et que le Père soit un prophète ? Non, car sa foi n'est que du "toupet ou du culot" (p.21) et la foi chez les clients ou les disciples, la confiance dans le Père Antoine, une confiance absolue, une confiance exclusive qui interdit recours au médecin, neuvaine, prière, médaille, pèlerinage, etc. (p.23) Puis il admet que "bien sûr, depuis certains procès, ils n'osent plus interdire à leurs clients, comme Antoine le fit d'abord à ses intimes, le recours au médecin et au pharmacien" (p.23). C'est ignorer que Louis Antoine appela le médecin pour son fils (comme le raconte Robert Vivier), et qu'on dit venir le même médecin pour Louis Antoine lors de sa désincarnation (Robert Vivier encore qui est pourtant une source pour Jacques Michel). Il critique, comme Françoise d'Eaubonne en 1982, qu'il y ait de antoinistes "qui ont pour la plupart tenté diverses aventures, et sans devenir édifiants, exploitent effrontément un "filon avantageux!" (p.23). Et comme Françoise d'Eaubonne, il est clair que les personnes qui enfreignent la loi soient punis par la justice, c'est d'ailleurs ce qui a été fait pour Louis Antoine ! Mais l'auteur se contredit car, il admet aussi que "les guérisseurs antoinistes ne sont pas tous ni toujours des charlatans" (p.24).
        Mais cela n'empêche pas de critiquer l'Antoinisme, sans voir qu'il se fourvoie lui-même : "Le culte qu'Antoine a désigné lui-même de son propre nom est bien son culte ; il vient d'Antoine, comme créateur, et il s'adresse à Antoine, comme objet" (p.11), bref comme le christianisme (qui vient de Christ) ; "l'antoiniste ne croit qu'en Dieu et en son prophète, comme l'Islam" (p.21), comme dans le christianisme, avec le Saint-Esprit en plus, qu'aucun chrétien n'a jamais compris l'origine et l'essence, et pour lequel tous les catholiques ne sont pas d'accord. Mais attention, il y a aussi un chapitre qui annonce : "Rédemption sans rédempteur". Nous sommes en pleine contradiction ! Ce qui chagrine Jacques Michel, c'est que Louis Antoine s'interpose : c'est lui, le Père qui opère et qui opérera toujours les guérisons" (p.18).
        En fait on comprend finalement que ce qui dérange l'auteur, c'est le fait que Louis Antoine ait pris la place du Christ et donc que le christianisme perde des ouailles. "Quand les effets vraiment extraordinaire s'accompagnent d'une fascination systématique néfaste à la foi catholique, il est vraisemblable que nous nous trouvons dans les parages de Satan" (p.24). "Et même si il n'y a pas de magie [encore une contradiction] dans l'antoinisme, il est interdit aux catholiques de participer à des cultes et de fréquenter des adversaires de leur foi. Il y a là, comme dans la théosophie et la franc-maçonnerie, sous un habillage humanitaire, une entreprise de destruction de la foi d'un caractère démoniaque. C'est une église, - une contre-église, - une ramification de la puissance des ténèbres" (p25). Voilà : la boucle est bouclé, l'auteur a cru justifié le mal : l'antoinisme vient du spiritisme, de la théosophie et de la franc-maçonnerie > le spiritisme, la théosophie et la franc-maçonnerie sont le mal > l'antoinisme est donc le mal. Hors le Christ point de Salut dans le Christianisme ! C'est un principe sectaire (lire le Syndrome du Berger de Jean-Yves Roy).
        Donc qu'est-ce qu'on apprend dans cette critique de l'antoinisme : que finalement, le Père Antoine n'est pas considéré par tous comme le seul rédempteur, que les antoinistes ne sont pas tous des charlatans, qu'ils permettent le recours à la médecine et aux pharmaciens, et qu'ils sont tolérants envers la pratique des autres cultes.
        Mais ce n'est pas tout. L'auteur croit apprendre du culte antoiniste que l'église catholique devrait revenir à l'exercice de guérison, et rappeler que l'extrême-onction est à proprement parler une onction de guérison, dans le rituel, relever les magnifiques bénédictions (c'est donc l'équivalent de l'Opération générale), avec imposition des mains, défense au démon de nuire et appel pressant à Notre-Seigneur, pour les malades adultes et les enfants (ce qui est l'équivalent de la consultation imposition des mains en moins cependant)(p.25). L'auteur conclut en vantant l'ouvrage de l'abbé Gouin, curé de Soizé, le Manuel des Pèlerinages où la table alphabétique des Saints précède celle des maladies ! (p.26). Bref on lit dans ce livre une bataille de clocher, et on préconise pour l'Eglise à en venir à des dérives sectaires.
        Donc de deux choses l'une : soit l'antoinisme et le christianisme sont tous les deux des sectes guérisseuses, soit aucun des deux ne l'est !
        Rappelons que le site Info-Sectes est animé par un responsable de l'association chrétienne évangélique Vigi-Sectes. L'autre site anti-secte, Prévensectes est tenu par Mathieu Cossu. Celui-ci a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 19 janvier 2007 au siège de l'UNADFI, à Paris. Le 5 mars 2009, le webmaster du site prévensectes a été reconnu coupable de diffamation pour un article issu de la revue Bulles de l'ADFI publié sur son site.


    votre commentaire
  •     - Pendant ce temps, continua Loustau, Mme Loustau s'était mise à la religion, mais là pour de vrai, comme on se met à la boisson. Je la reconnaissais plus ma femme. Elle me cousait des reliques dans la doublure de mon gilet, un genre d'osselets, et elle voulait que je mange plus que des légumes, mais là j'me suis pas laissé faire ! Elle était devenue antoiniste.
        - Antoiniste ? interrogea Seznec.
        - C'est l'église du père Antoine, répondit vivement M. Jules, dans le quartier de la Glacière. C'est une religion à part, mais il y en a beaucoup qui y croit, surtout dans le treizième. Il paraît qu'ils ont fait beaucoup pour le quartier, les antoinistes.
        - Je disais donc, reprit Loustau, que la bourgeoise était devenue antoiniste et elle croyait dur comme fer que c'étaient ss prières qui m'avaient guéri. "Mon homme est un miraculé", qu'elle disait à tout le monde dans le quartier et quand on se promenait ensemble, on me regardait comme un phénomène. Moi, je continuais à aller à Laribo [Lariboisière] pour mes piqûre, à la consulte externe, et tous les trois mois je revenais me faire voir chez les oculistes. Les infirmières me reconnaissaient : "Bonjour, m'sieu Loustau." Toutes m'appelaient par mon nom et Papa-la-brioche rigolait en me voyant : "Sacré Loustau, qu'il disait toujours, ça se maintient ? - Mais oui, chef, ça se maintient." Il me montrait aux petits jeune qui me regardaient avec des yeux ronds. Et puis j'en ai eu marre d'être piqué, j'ai laché la consulte... Mme Loustau me répétait : "Je n'y crois pas à leurs piqûres" ; elle me conseillait l'eau antoiniste et des onguents de curé. (1) "Fiche-moi la paix, que je lui ai dit un jour, tu m'emmerdes avec tes antoinistes..." Et on s'est plus parlé pendant un mois jusqu'à ce qu'un soir...
    [...]
        - Ils m'ont injecté dans le sang le paludisme... la fièvre de Sibérie, qu'ils appellent ça là-bas. (2) Ça vous donne très froid d'abord, tu claques des dents, puis très chaud, tu sues sang et eau et tu montes à quarante et même quarante-deux... Maintenant, c'est tassé. J'deviens chronique, qu'ils disent. C'est pour ça qu'ils m'ont envoyé à Pépète [la Salpêtrière]. Le mal a perdu de sa force. Je n'y vois pas encore bien et, tien, en ce moment, Lalouette, il me semble que t'as deux têtes.
        - Quoi ?
        - Je dis que quand je ferme un peu les yeux, il me semble que d'as deux têtes.
        Lalouette porta la main à son long cou et la remonta jusqu'à son visage comme pour s'assurer qu'il restait unique.
        - Enfin, je les ai quand même un peu mes yeux, je marche mal, c'est entendu, je lance mes guibolles en avant, mais je marche. C'est supportable maintenant. Et ils ne me piquent plus. C'est tassé dans l'ensemble. Mais quand je pense que tout ça c'est la suite d'un quart d'heure avec une grande morue que j'avais rencontrée près des Halles, la jupe au-dessus de genou, et qui m'avait emmené à l'hôtel, l'hôtel Rhamsès, tiens, rue Coquillière, à côté du marchand de fromages, j'me dis qu'y a pas de bon Dieu et que les catholiques et les antoinistes c'est du pareil au même. A cause de cette putain de putain, de cette garce de garce, de cette traînée, de cette roulure, je n'ai plus de cheveux, je n'ai plus d'yeux, je n'ai plus de jambes. C'est pas justes.

    Jean Delay, L'écarté de la grille (3), p.169-170 et p.174
    in Hommes sans nom, nouvelles, Gallimard, Paris, 1948


    (1) Invention de l'auteur ou pratique courante à l'époque ? Impossible de le savoir. Ce qui est sûr, c'est que le Père lui-même réprouvé ces méthodes, puisqu'il fit préciser que la fontaine qu'on trouve à l'intérieur du temple ne sert qu'à désaltérer les adeptes venant parfois de très loin (cf. l'article consacré à la fontaine du temple dans le thème Dévotions au Père).
    (2) Au début du XXe siècle, avant les antibiotiques, les patients atteints de syphilis étaient volontairement « traités » en les infectant avec le paludisme, pour leur donner de la fièvre. Dans les années 1920, Julius Wagner-Jauregg commence à traiter les neurosyphilitiques avec le paludisme induit par P. vivax. Trois ou quatre accès de fièvre se révèlent assez pour tuer les bactéries de syphilis, tandis que l'infection de paludisme est arrêtée avec la quinine. En contrôlant précisément la fièvre avec la quinine, les effets des deux maladies peuvent alors être maitrisés. Bien que certains patients soient morts de la malaria, le traitement valait mieux qu'une mort certaine de la syphilis. Le traitement thérapeutique par le paludisme ouvrit la voie aux recherches en chimiothérapie et resta pratiqué jusque vers 1950. (article paludisme de Wikipedia)
    (3) L'écarté est le nom d'un jeu joué à l'aide de carte. Le groupe qui discute et joue à ce jeu se trouve toujours près de la grille de la Salpêtrière, d'où le nom de cette nouvelle.


    votre commentaire
  • Titre :     Le Syndrome du berger
    Auteur :     Jean-Yves Roy
    Édition :     Boréal, 1998
    Format :     276 pages

    Résumé :
        Notre fin de millénaire comporte son lot de convictions extravagantes. Suicides et homicides reliés aux activités des sectes inquiètent l'opinion publique. On est souvent tenté d'attribuer ces phénomènes à des techniques abusives de lavage de cerveau ou à la manipulation mentale. Le gourou, le « berger », est un prédateur, un criminel, qui enchaîne ses victimes à ses perversions ou à ses délires.
        Aussi séduisantes, voire aussi justes qu'elles puissent être, les théories du berger prédateur ont toutefois en commun une même lacune. Une secte ne peut exister sans la contribution d'un personnage singulier : l'adepte. La vraie question n'est-elle pas en effet de savoir pourquoi des gens adhèrent à de pareilles propositions ? Qu'est-ce qui les attire, les fascine et que toutes les dénonciations de toutes les séductions charismatiques du monde omettent de décrire ? C'est cette part de l'adepte que Jean-Yves Roy tente ici de cerner, en développant le concept de « dépendance dogmatique ».
        Comment certains individus, atteints de délire d'élection, passent une partie importante de leur vie à recruter de nouveaux adeptes ? Comment certaines personnes en viennent à consacrer leur vie à la quête obsédante d'un berger susceptible de leur apprendre la vérité absolue ? Comment ces deux univers se rencontrent et interagissent ? C'est cette interaction, souvent complexe, que l'auteur nomme le « syndrome du berger ».

    A propos de l'auteur :
        Jean-Yves Roy est psychiatre et psychanalyste. Adjoint à l'Université de Montréal, il est également attaché à l'hôpital Louis-H.-La Fontaine et au Centre Dollard Cormier.

    Extraits :
    Chapitre 4 : Contextes culturels
    Rose compassion (p.98-99)
        Après la Seconde Guerre mondiale, l'Etat semblait vouloir se substituer aux organismes charitables dans la prise en charge de l'indigence ou de la souffrance. Cette volonté témoignait d'une définition généreuse de la santé, qui englobait le développement social de l'individu, et indiquait aussi clairement le caractère nécessaire - et non aléatoire - qu'on reconnaissait à ce bien-être. Progressivement, toutefois, cette idéologie de l'opulence a fait place à une idéologie néolibérale plus restrictive. Différents analystes font coïncider ce retournement avec la crise du pétrole du début des années 70. Constatant les limites d'un socialisme parfois naïf, l'Etat démocratique moderne a voulu limiter son rôle. Un vide relatif s'est ainsi créé, ouvrant un espace indécis à la compassion.
        La famille s'est aussi effondrée, amplifiant ce désarroi, cependant qu'on réclame du citoyen de plus en plus d'efficacité, lui tenant le discours sur la qualité totale. Le sujet de nos sociétés se trouve coincé entre une exigence qui n cesse de s'accroître et une infrastructure de soutien de plus en plus ténue. Cette situation a donné naissance à une sociologie de la sécularisation ou de la laïcisation, que Dawson et ses collaborateurs associent volontiers à la montée récente du dogmatisme.
        Qui donc, dans un pareil contexte, va prendre en charge la compassion ?
        De nombreuses entreprises dogmatiques ou charismatiques ont saisi cette lacune de nos cultures et profitent de la souffrance pour attirer et endoctriner les paumés du productivisme. Au moment où le sujet en a grand besoin, elles lui proposent un accueil inconditionnel. Alors que chacun méprise le raté ou le malade, elles lui offrent un pardon. Sincère dans un grand nombre de cas. Une compassion réelle. Ce geste, en soi, n'a rien de fanatique, loin de là. C'est dans un tel esprit que se sont développées les oeuvres de mère Teresa. Et de nombreux rapports font état de groupes dogmatiques qui ont procuré à leurs commettants un soulagement authentique, sinon une guérison psychologique.
        Il est pourtant des circonstances où la compassion elle-même peut se fanatiser. Il est des sectes, en effet, qui, bien que dépourvues de toute compétence réelle en matière de soins autant que du sens des responsabilités, ont discerné la détresse de certaines personnes et y ont répondu, saisissant le pouvoir qu'elles pouvaient en tirer. C'est le désir d'emprise du berger ou le délire d'élection au coeur de son action qui permettent d'identifier de tels groupements. L'humilité réclamée des sujets devient humiliation ; l'acquiescement à certaines réalités difficiles, résignations déshumanisante.

    Chapitre 5 : Le chemin le plus fréquenté (p.121)
        Depuis Jonstown, Charles Manson, Waco, l'OTS, l'affaire du gaz sarin et la secte Aum de Tokyo, Marshall Applewhite et la comète de Hale-Bopp, l'Oklahoma de Timothy McVeigh, l'intérêt des media pour les sectes et le phénomène dogmatique en général n'a cessé de croître. Le problème de la presse, cependant, c'est qu'elle se doit de rejoindre un vaste public. Il arrive donc qu'elle simplifie certains exposés dans le but de maintenir l'intérêt de ses lecteurs. Question de conserver à l'événement qu'elle rapporte son caractère sensationnel. Cette démarche, par ailleurs nécessaire, est propice à la diffusion des préjugés réducteurs mais populaires, qu'elle amplifie et cristallise dans des jugements à l'emporte-pièce. Dès que l'on veut dépasser le niveau de la sensation, il nous faut débusquer ces préjugés, dénoncer ces simplifications qui nous convainquent mais n'ont rien de commun avec la vérité. Il nous faut, en un sens, quitter la secte de nos convictions médiatiques, faire le deuil de nos croyances rassurantes, abandonner le berger journaliste pour entreprendre une démarche de connaissance mieux assortie à la réalité.

    Chapitre 6 : Le jeu de la certitude
    Accueil et recrutement : la première illumination
    Une vérité rudimentaire (p.147)
        Parce que, tout simplement, fascinés par le dogme qui les porte, ils [le berger ou gourou et ses adeptes] oublient que la vérité n'existe pas et qu'on est sans cesse en train d'en recréer une version précaire, seul comptant le processus qui nous amène à du plus vrai.

        L'auteur nous rappelle que nous sommes des homo interpretens, nous interprétons toujours le monde, la plupart du temps par du prêt-à-penser (la culture environnante dans laquelle nous avons baigner au fil des ans), et rarement, en cherchant par nous même hors des sentiers battus.

    Chapitre 10 : Retracer la question
    Apprendre et créer (p.225)
        La science voudrait remplacer la composante conviction par l'esthétique d'une démonstration, la rigueur d'un raisonnement, l'exactitude d'une évidence. L'épidémie de convictions dogmatiques que l'on traverse démontre que cet espoir n'est pas réaliste. Les philosophes soutiennent que la science ne répond par aux questions existentielles sur le sens de la vie et de la souffrance. C'est vrai. Cette lacune justifie assurément une partie des démarches dogmatiques. Mais il y a plus : la démarche scientifiques, en tant que telle, est neutre et a peu à voir avec les composantes affectives. Or, si notre connaissance est bimodale, particulaire et ondulatoire, elle est surtout affective. Nous avons besoin d'espoir, d'enthousiasme ou de cohérence, tout autant que d'exactitude.
        Il est intéressant de voir comment, dans un tel contexte, le maître se comporte avec son disciple.
        Nous avons dit antérieurement que le disciple se met en quête d'un maître au moment où la culture ne répond plus à ses attentes. Il constate alors que sa question coïncide avec un non-encore-pensé. Conscient de sa vulnérabilité, ayant perdu ses certitudes, il s'en ouvre à son maître.
        Alors que le berger imposteur saisit cette occasion pour imposer sa réponse, le maître est attentif à la demande du disciple. Il sait que sa question est à la clé d'un processus vital. Il sait surtout qu'en interrompant cette quête avec une réponse toute faite il bloquerait la machine à penser.
        Il invitera plutôt le disciple à consulter les cultures qui se rapprochent de sa question. Il lui transmettra comment, dans le monde actuel, on pense ce genre de chose. Mais il prendra bien soin de ne pas lui laisser croire qu'il s'agit d'une réponse définitive. Au contraire, il lui indiquera les vides de cette connaissance : des vides à l'intérieur desquels le disciple pourra poursuivre sa démarche personnelle.
        Sachant aussi que, pour poursuivre, le disciple a besoin de motivation, le maître en appellera, à la curiosité du disciple, l'incitera à fouiller, à dépasser les premiers énoncés. Ici, encore, sa démarche diffère de celle du berger imposteur. Ce dernier vend de la conviction. Le maître offre une denrée affective tout aussi efficace : la curiosité. Au moment de recevoir le prix Kalinga pour ses talents exceptionnels de vulgarisateur, Fernand Seguin déclarait qu'il s'était toujours fait un devoir de transmettre non pas de la connaissance, mais du désir de connaître.
        A la différence de la conviction, cette curiosité permet de tolérer l'incertitude inévitable tout au long du parcours de représentation.
        Le sens n'est jamais évident a priori. Il est la conséquence de l'oeuvre, de la démarche ou du processus. Parvenir au sens suppose que l'on s'arme de patience, que l'on fasse confiance. Le maître sait que, dans cette aventure, le désir, la curiosité, l'espoir sont bien plus prometteurs qu'une certitude. Il instille le désir.
        On peut tenir le même raisonnement au sujet de la création. A la différence que la création aborde de façon plus directe le non-encore-pensé, non seulement par soi, mais par la culture.
        Les experts affirment que le volume de nos connaissances double tous les sept ans. Pourtant, malgré ce rythme rapide, notre besoin de métaphores nouvelles n'est jamais étanché.
        En explorant ses questions propres, il arrive que le sujet rejoigne une questio qui préoccupe d'autres personnes. Les métaphores qu'il invente pour supporter sa propre incertitude seront assurément utiles au moins à quelques autres. Que ce soit un roman ou un nouvelle théorie de l'atome importe peu. Pour se maintenir, la vide de la pensée à besoin de métaphores qui lui permettent d'aborder d'autres champs d'incertitude, de non-encore-pensé.
        Le berger n'envisage pas ainsi sa créativité. Il a tellement besoin d'être reconnu, tellement besoin de recruter des adeptes qu'il oublie que toute métaphore est aussi un service à la collectivité. Ce qu'il tente de faire croire, c'est qu'il détient, du fait de son élection, une vérité absolue et incontestable. Il n'imagine guère cette vérité comme une phase relative d'un processus. Il ne peut l'entrevoir que comme la consécration d'une apothéose, la sienne.
        Au moment du retour, l'enfant prodigue [prodigue par rapport au berger et à son retour d'un dogme sectaire] devra désapprendre cette certitude. Il devra découvrir la curiosité, l'enthousiasme, le désir et accepter que ce désir n'engendre pas la certitude mais simplement l'élan nécessaire pour poursuivre une marche incertaine.

    Chapitre 12 : Autonomie de pensée (p.245-246)
        La France, particulièrement touchée par cette extravagance de pensée, a publié en mars 1997 un volumineux rapport sur les sectes. A sa suite, on a mis sur pied un observatoire interministériel permanent, dont la fonction est "d'étudier le phénomène, de rassembler toute l'information disponible dans un centre de documentation accessible au grand public et de la diffuser, d'assurer l'accueil et l'information du public [...] formuler des propositions au gouvernement [...] et de faire rapport au premier ministre."
        En annexe au rapport, on trouve une liste de 189 groupes déclarés sectaires. Le YMCA y figure, au même titre que l'OTS. A l'évidence, la volonté de vigilance l'emporte sur le sens commun. Dans la foulée de cette méfiance ainsi légimitée, les groupes antisectes européens, français ou belges entre autres, ont adopté des attitudes qui frôlent parfois la paranoïa pure et simple. Pareille inflexibilité ne peut guère promouvoir une compréhension adéquate du phénomène. Cet état de fait est en partie relié à une méconnaissance encore répandue de la réalité culturelle ou clinique du dogmatisme en général.

    Chapitre 12 : Autonomie de pensée
    Le lieu de la dépendance (p.252-253)
        Il est une autre prétention de nos cultures démocratiques qui nous devons nuancer. Officiellement, en effet, nos cultures préconisent l'autonomie des concitoyens. Les statistiques démontrent pourtant que nous avons encore, à ce sujet, une longue route à parcourir.
    [...]
        En tant que moyen d'altérer la conscience, le groupe dogmatique présente plusieurs avantages. Contrairement à la plupart des drogues qui produisent un effet spécifique, sédation, excitation ou modification de la perception, le groupe dogmatique varie ses effets en fonction des circonstances. Contrairement à la drogue qui tire son pouvoir de la substance, la consommation de vérité est associée à la fréquentation d'un groupe à haute densité relationnelle. Pour plusieurs, elle apparaît donc comme une solution immédiate au besoin de cohérence et de conviction. Un besoin que ne comble pas la culture pluraliste et démocratique dans laquelle nous vivons.

    _____________

        Pour finir ses extraits, je peux vous conseiller, pour avoir un bon aperçu de ce que peut être une vie selon un principe dogmatique sectaire, de lire Un bonheur insoutenable de Ira Levin (ce livre à l'avantage de présenter cette vie de façon neutre, voire presque méliorative). Ainsi que le célèbre 1984 de Georges Orwell.
        Pour la problématique de la liste des sectes, lire : Les rapports Etat-Eglises à l’épreuve des nouvelles minorités, La controverse sur les sectes dans les pays francophones [http://www.willyfautre.org/conferences/1999/19990515GeneveFr.pdf]


    votre commentaire
  • Richard SEIWERATH, Le culte Antoiniste entre les deux guerres (Organisations et évolution)

    2004 - 4
    Mémoires

    ULG

    Richard SEIWERATH, Le culte Antoiniste entre les deux guerres (Organisations et évolution),
    Liège, lic., ULG, 2004 (Francis Balace).


    votre commentaire
  •     Les Aventuriers de Dieu, le titre est bien choisi. En effet, pas d'hagiographie, pas d'Evangiles, on est ici dans le registre biographique simplement, "loin de tout esprit polémique" comme le souligne la 4e de couverture.
        Et on suit donc les aventures de ces héros : aventure prestigieuse, saga familiale, histoire célèbre, mais toujours évènement spirituel.

        Le biographe est un professionnel (spécialiste des familles royales et journaliste à Point de Vue, il est l'auteur d'une vingtaine de livres traitant des grands destins et des « têtes couronnées ») : c'est intéressant à chaque chapitre, on se passionne pour ces vies hors du commun, pourtant l'auteur sait aussi parfois nous faire redescendre sur terre par un mot ou un phrase qui remet en contextes historique et actuel (il faut s'en remettre à la bonne foi de Joseph Smith concernant ses révélations, un chapitre de Science et Santé de Mary Baker-Eddy censuré depuis lors pour raisons doctrinales, Ramakrishna qui chemine aux périlleux confins de la folie...). Bref une sorte de suite de l'ouvrage de Paul Lesourd sur les Solutions religieuses, sans prosélytisme, mais juste pour découvrir l'origine de la croyance des autres.
        Sans prosélytisme, car l'auteur met en garde dans sa bibliographie : "Avec toutes les réserves, mises en garde d'usage, et l'ardent conseil au lecteur d'exercer son discernement à l'encontre de certains groupes dont le fonctionnement sectaire voire dangereux a pu être dénoncé ici ou là...".
        En effet, outre de présenter les portraits de sept fondateurs de religion, aux XIXe et XXe siècles, comme l'annonce le site de l'auteur (http://phidelorme.free.fr/phid/), le livre se termine par quelques autres Aventuriers de Dieu, dont Gilbert Bourdin qui dirigea la communauté du Mandarom à Castellane, Lafayette Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, Alexandre Freytag, fondateur des Témoins de Jéhovah, Sun Myung Moon, fondateur de la célèbre secte Moon (en janvier 1975, Ouest France est le premier organe de presse du monde à utiliser l'expression « la secte Moon »), Claude Vorilhon, alias Raël, et Gabriele Wittek, fondatrice de Universelles Leben, la Vie Universelle.
        Mais aussi Sri Aurobindo, Auguste Comte, Jiddu Krishnamurti, Ngo Minh Chieu, Maharishi Mahesh Yogi, Mirza Ghulam Ahmad, Yoshikazu "Kotama" Okada, Sathya Sai Baba, Rajneesh Chandra Mohar (Bhagwan Shree Rajnesh ou Osho), ou Menahem Mendel Schneersohn, qui sont des personnages plus difficiles d'accès et qui, jusqu'à maintenant du moins, n'ont pas donnés lieu à des 'dérives sectaires".
        Si les baha'is croient que les prophéties se sont arrêtés avec le Bab et Baha'u'llah, d'autres croient que de nouvelles révélations ont et auront lieu, comme les Mormons, Gabriele Witteck, qui est quant à elle en communication transcendantale avec Jésus-Christ. Profitons alors de ces liens entre les dieux et nous pour en apprendre plus sur nous-mêmes, mais sachons aussi qu'un lien entre la divinité et l'homme est possible sans intercesseur, comme nous l'apprend le Père et le Védanta, selon lequel, "chaque école spirituelle indique un itinéraire vers l'Absolu, une chance supplémentaire donnée aux hommes de s'immerger dans l'Atman, l'Âme universelle (p.144).

        L'auteur nous présente donc un point de vue neutre, et sans erreur (un détail, ça ne sera pas à la frontière néerlandaise que Louis sera cantonné, ça sera la seule erreur notée pour Louis Antoine), aussi les élans de poésies que l'on peut trouver dans ces textes fondateurs de nouvelles religions.
        Ainsi chez Joseph Smith pour l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours : "Notre religion est entre notre Dieu et nous. Leur religion est entre leur Dieu et eux".
        Pour Mary Baker-Eddy, pour la Science chrétienne : "La prière, la vigilance et le travail, unis à l'immolation de soi, sont les moyens accordés par la grâce de Dieu pour l'accomplissement de tout ce qui a été fait avec succès pour la christianisation et la santé du genre humain".
        Pour le baha'isme, "O fils de poussière ! Rends-toi aveugle, afin que tu puisses contempler ma beauté ; bouche-toi les oreilles, afin que tu puisses entendre la douce mélodie de ma voix ; vide-toi de toute science pour que tu puisses partager mon savoir, et purifie-toi des richesses, afin que tu puisses obtenir une part durable de l'océan de ma richesse éternelle".
        Pour Ramakrishna, "La connaissance conduit à l'unité, comme l'ignorance à la diversité, se plaira-t-il à répéter. En fait, jnana et bhakti ressemblent à deux droites parallèles qui convergeraient à l'infini. Si l'une plonge dans la matérialité - Maya -, alors que l'autre lui nie tout degré d'existence, elles sont toutes deux en quête du Divin, quelque forme - ou non-forme - qu'on lui assigne : Maya est à Brahman ce que le serpent en mouvement est au serpent en repos. Maya est la force active, Brahman la force potentielle. Brahman et Maya sont comme l'eau de l'océan, parfois calme et parfois soulevée par les vagues. L'océan calme est Brahman, et l'océan tumultueux Maya".
        Pour Simon Kimbangu, "Ils [les protestants] me dirent que je devais être catéchiste ; mais chez moi on me dit que je n'avais pas d'esprit. Je me cachai dans ma maison. Je me jetai la face contre terre et je priai. Alors j'eus un songe et Dieu me dit : 'J'ai entendu votre prière : les gens pensent qu'il faut de l'esprit pour faire mon oeuvre, mais je vous donnerai ce qui surpasse'."
        Pour Michel Potay : "Dieu a fondu Jésus en Lui, en a fait un Dieu, au sens du retour de l'homme à 'l'image et ressemblance' divine, à quoi tout croyant est appelé".

        On est donc loin des livres sur, ou plutôt contre les "sectes" qui sont en ventes partout encore actuellement. Comparons les méthodes de Philippe Delorme avec Paul Ariès, "spécialiste des sectes, de la pédophilie et de la mal-bouffe", auteur de Les sectes à l'assaut de la santé, 2000. Le premier commence chaque récit de "prophète" par un passage de l'Apocalypse (pour Louis Antoine, chapitre 10-1 : "Puis je vis descendre du ciel un autre ange plein de force, enveloppé d'une nuée. Au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel"). Le second commence chaque chapitre par un bout des écrits, hors-contexte, contexte qu'il ne cherche pas à comprendre, qu'il ne remet absolument pas dans l'époque, et qui ne veut donc plus rien dire. On reviendra à ce livre. La bibliographie de Philippe Delorme montre que les sources pour son livre ont été premièrement les textes des "prophètes" même, ce qui est un point important quand on veut comprendre une spiritualité.

        Chaque chapitre des Aventuriers de Dieux évoque également la communauté actuellement : pour l'antoinisme, p.224 : "Sous l'impulsion de Catherine Antoine - la "Mère" - la nouvelle religion connaîtra un essor considérable durant l'Entre-deux-guerres. Si depuis lors, un certain reflux s'est fait sentir, cent cinquante mille fidèles vénèrent encore l'ancien mineur de Jemeppe, et lui demande la guérison physique ou spirituelle. Les plus convaincus arborent un costume noir, à l'image du Père et de la Mère Antoine : lévite pour les "frères", robe plissée, bonnet et voile pour les "soeurs". Ainsi, selon la belle expression de Robert Vivier, biographe du prophète wallon : "les antoinistes passent dans un monde frivole ainsi qu'une procession sévère". On compte aujourd'hui une soixantaine de temples, essentiellement en Belgique et en France. Et dans chacun de ses lieux de culte, chaque matin à dis heures sauf le vendredi et le samedi, le "desservant" procède silencieusement à l'"opération", au nom du Père...".


    1 commentaire
  • Titre :        Dictionnaire des monothéismes (Broché)
    Auteurs :    de Collectif (Auteur), Jacques Potin et Valentine Zuber (Sous la direction de)
    Broché :     400 pages
    Editeur :     Bayard (16 octobre 2003)
    Collection :     Religions en dialogue


        On lit dans l'article "Guérison" dans la partie Christianisme, et c'est assez rare pour le signaler :

        Le culte antoiniste, fondé en 1906 par Louis Antoine (1846-1912), sans s'opposer à la médecine, considère la maladie physique comme une transposition dans le corps d'une maladie de l'âme.

    Dictionnaire des monothéismes, Jacques Potin et Valentine Zuber (Sous la direction de), p.277

        Les auteurs: Jacques Potin : Spécialiste d'histoire biblique et ancien rédacteur en chef de la revue Le Monde de la Bible. Bibliographie : Jésus en son pays, Bayard, 1996. Cette année à Jérusalem, Bayard, nouvelle édition 2000.
        Il est entouré de 3 spécialistes : Valentine Zuber, pour la partie consacrée au christianisme : professeur de sociologie des religions à l'École pratique des hautes-études, spécialiste de l'histoire de la laïcité, chercheur au CNRS. José Costa, pour le judaïsme : spécialiste d'hébreu rabbinique et du midrach, professeur d'hébreu biblique. Khashayar Azmoudeh, pour l'islam : spécialiste de l'islam chiite.

    source : amazon.fr


    votre commentaire
  • Titre : Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l'anglais par S. W.
    Auteur :
    Vivekānanda (Swami ; 1863-1902)
    Éditeur :
    Publications théosophiques (Paris)
    Date d'édition :
    1910

    Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l
    Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure), conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. Traduit de l'anglais par S. W.
    Source: Bibliothèque nationale de France


    votre commentaire
  • Titre        C'était hier - le XIIIème arrondissement: La Salpêtrière, la Gare, Maison-Blanche, Croulebarbe
    Auteur        Gérard Conte
    Éditeur        Editions L.M.-Le Point, 1992
    ISBN        2904463046, 9782904463044
    Longueur    191 pages

        Evoque le quartier Glacière et le temple antoiniste à la page 94.

    source : Google Books


    votre commentaire
  • Titre        Les Oeuvres libres, Volume 70
    Publié        1964

        Evoque l'antoinisme aux pages 279 à 285. Le texte est repris d'Eugène Gascoin dans Les religions inconnues.

    source : Google Books


    votre commentaire
  • Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

    Titre        Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2
    Auteur        Jean Deharveng
    Éditeur        A. Dewit, 1930

        Evoque l'antoinisme à la page 581. Peut-être le seul livre d'histoire de la Belgique qui en parle. L'auteur a également participé à Circonscriptions ecclésiastiques, Chapitres, abbayes, couvents en Belgique avant 1559, Cartes des diocèses, archidiaconés et paroisses par J. DEHARVENG, des chapitres, abbayes, prieurés et couvent par Edouard de MOREAU, Bruxelles (Edition universelle), 1948.

    source : Google Books


    votre commentaire
  • Titre        L'homme est-il maître ou victime de son destin ?
            Illustrations hors texte
    Auteurs        P. Thivollier (M. Pignal, R. Duval-Bresson)
    Éditeur        Editions de l'Oasis, 1959
    Longueur    224 pages

     

        Livre traitant de l'occultisme : La divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, la magie et la sorcellerie (sorts et envoutements), les guérisseurs (hypnotisme, radiesthésie), le spiritisme, les revenants et les maisons hantées, enfin, la possession diabolique.
    Source : GoogleBooks

     

        P. THIVOLLIER (d'après les travaux de R. DUVAL-BRESSON). — L'homme est-il maître ou victime de son destin ? Missions ouvrières paroissiales. Issy-les-Moulineaux (Seine), impasse Cloquet. 1954. 18 x 14 cm.  220 pages.
        Sous un titre qui annonce mal le sujet traité mais que précise heureusement la frise entourant la couverture, le P. Thivollier, dont on sait le remarquable effort de vulgarisation religieuse, nous présente, avec l'aide de la documentation fournie par M. Duval-Bresson, une somme, accessible à tous, des fausses sciences, dont le renouveau inquiétant est paradoxal au siècle de la science et de la technique.  Tour à tour sont présentés et jugés la divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, les rêves, les sorts, les envoûtements ; l'hypnotisme, la radiesthésie, les revenants et les maisons hantées, la possession diabolique, le spiritisme. Ce dernier sujet fait l'objet des développements les plus complets. L'orientation générale de ce livre nous paraît assez heureuse. Fraude, abus de confiance et supercherie qui accompagnent si souvent ces pratiques sont dénoncées avec énergie ; la possibilité de phénomènes « parapsychiques » est réservée avec prudence. Sur ce point, le P. Thivollier à raison d'être moins radical que Noël Bayon (le spécialiste des guérisseurs, dont nous nous étonnons de ne pas voir cités les ouvrages sérieux, vivants et accessibles) ; on aurait cependant souhaité plus d'explications. L'unique page consacrée à la radiesthésie est trop sommaire : elle risque de laisser croire à des possibilités d'investigation en un domaine qui, jusqu'ici, ne semble pas en avoir apporté quelque fondement.
        Étude judicieuse, riche de faits, et d'une lecture facile, qui rendra service.
                                                        François Russo.
    Source : Études (revue fondée en 1856 par des Pères de la Compagnie de Jésus, avril 1955 (Gallica)

     

        On peut en lire des extraits sur gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3337917p).

     

        Dans le chapitre sur les Guérisseurs, on lit plusieurs références, généralement fausses, sur le père Antoine, par exemple que "le malade consultant est souvent invité à réciter la formule avec son guérisseur... et même à en porter sur lui le texte écrit comme une talisman. La récitation de la « prière qui guérit » est accompagnée de gestes variés. Ainsi procédait le fameux « Père Antoine ». [...] Partant des images saintes et vénérables places sur le mur, le Père Antoine faisait des gestes très spectaculaires d'apporter les « fluides » jusqu'au malade. Il procédait aussi par imposition d'images, de tuniques, de linges ayant appartenu à de puissants personnages... (p.149-50)

        Encore plus loin : "De la foi au pouvoir du guérisseur à la foi en la guérison, il n'y a qu’un pas.

        "Un exemple fort éclairant, à ce sujet, est, semble-t-il, celui du célèbre Père Antoine, le fameux guérisseur de Jemeppes, en Belgique... et dont la secte compte encore aujourd'hui quelque 500.000 adeptes. Il exigeait de ses malades une foi absolue excluant tout acte d'intelligence, tout raisonnement. A l'entendre, le mal n'existait pas..., mais la croyance au mal, était précisément l'origine de la maladie... Celui qui mettait sa foi dans le Père Antoine et qui donc pensait comme lui, à savoir que le mal n'existait pas, celui-là était sur le chemin de la guérison. L'emblème du Père Antoine – et aujourd'hui encore de ses disciples – c'était un arbre noir : l'Arbre de la Science de la Vue du Mal... Avoir cette science que le mal n'existait pas, voir que le mal n'existait pas, c'était le secret de guérir... Les passes « magnétiques » du Père Antoine, qui prétendait capter les fluides transmis par les Esprits répandus dans l'Univers, faisaient le reste... On ne peut donner meilleur exemple de suggestion… C’était vraiment « la foi qui sauve ». Comme l'a dit quelqu'un : « On croyait au Père Antoine parce qu'il guérissait et le Père Antoine guérissait parce qu'on croyait en lui. »"

        Evoque l'antoinisme encore à la page 187 dans le chapitre sur le Spiritisme. Le passage est court citons-le in extenso :

        Un dérivé du Spiritisme, c'est l'Antoinisme, religion fondée par le Père Antoine, de son nom Antoine Louis, né en 1846 d'une famille de mineurs à Mons-Crotteux, en Belgique. A Jemeppes-sur-Meuse, où il était concierge d'une usine de tôlerie, il s'initia au Spiritisme. Doué pour faire tourner les tables il se découvrit soudainement médium… et chargé de la mission de faire connaître au monde les vérités que les Esprits lui révélaient par les tables… Déjà, il avait de nombreux admirateurs, quand son fils unique mourut… Accablé de douleur, il se sentit appelé à soulager les maux de l'Humanité… Des « esprits guérisseurs » lui donnèrent la science voulue et « l'esprit » de son fils, réincarné en un pharmacien de Paris, lui révéla des remèdes… Il devint bientôt un guérisseur de renom et les foules se pressaient vers lui pour qu'il leur imposât les mains… Le Père Antoine, vieillard à grande barbe blanche, déclarait, en imposant les mains selon un rite spécial, qu'un fluide guérisseur émanait de lui et de ses paroles… Il distribuait aussi des étoffes dites « magnétisées »… Et il prêchait une religion inspirée du Spiritisme d'Allan Kardec… Passant pour un saint, il se fit un nombre d'adeptes considérables, principalement parmi les gens du peuple… On éleva de son vivant un temple à Jemeppes… et il en existe une cinquantaine ailleurs… Encore aujourd'hui, 500.000 personnes se recommandent de lui. A sa mort (disons sa « désincarnation », puisque nous sommes en religion spirite), en 1912, sa femme devint pontife de la nouvelle religion : c'était la « Mère Antoine », vénérée presque à l'égal de son mari jusqu'à sa mort, en 1941…

        "Le gros succès du « Père Antoine » est dû aux guérisons qu'on lui attribue (voir à ce sujet le chapitre des guérisseurs, page 153), car les dix principes de la religion antoinisme sont très imprécis et très obscurs… Il s'agissait selon lui — et c'est encore aujourd'hui le cas pour ceux qui prient et guérissent en son nom — de capter « les fluides magnétiques » épars dans l'Univers et que les Esprits peuvent transmettre aux hommes qui entrent en communication avec eux… On le voit, l'Antoinisme s'apparente au Spiritisme."

     

        À lire cette partie, on comprend, par le nombre des …, qu'il s'agit d'un résumé… malheureusement « très imprécis et très obscurs ». Je vous laisse vous-mêmes chercher les erreurs, elles sont nombreuses, vous n'aurez pas de mal à en trouver. Bien sûr, l'Antoinisme, très proche du Spiritisme, est condamné au même titre que la « religion » d'Allan Kardec : « Si la pratique du Spiritisme est pernicieuse au point de vue spirituel, ajoutons qu'elle est également désastreuse sur le plan purement humain. » (p.188).

     

        Il est sûr qu'avec comme étude ce raccourci, on ne peut que pas comprendre ce qu'est l'Antoinisme. Pourtant en lisant certains autres passages, on aurait attendu plus d'indulgence du P. Thivollier pour ce mouvement. Par exemple, dans le chapitre sur la voyance (les conclusions de chaque chapitre sont presque identiques), évoque une solution rationnelle à l'origine de la croyance : L'important, c'est donc « d'avoir du flair ». Nul doute que l'habitude de recevoir des confidences ne donne une grande expérience du « métier » !… Mais on voit qu'il n'est pas nécessaire pour cela de s'afficher « mage », « fakir », « voyante extra-lucide »… Le chef du personnel d'une grande usine qui voit défiler des centaines d'ouvriers à son bureau d'embauche… l'avocat, le notaire, le médecin… le prêtre qui a un peu l'habitude du confessionnal et de la direction des âmes, sont bien placés pour « lire », pour « voir » dans la vie passée, présente et même future de ceux qui s'adressent à eux… Ils pourraient aussi prédire à celui-ci ou à celui-là ce qui lui arrivera s'il continue à marcher dans la ligne qu'il s'est tracée jusque-là. Et la mère de famille, éveillée à son rôle d'éducatrice et douée de psychologie, peut souvent, mieux que personne, lire dans l'attitude de son enfant, dans son regard et ses manières, l'idée qu'il poursuit et la fredaine qu'il vient de commettre. Combien de parents ont prédit à tel ou tel de leur fils ce qui n'a pas manqué de leur arriver à leurs vingt ans !… (p.70)

     

        Un autre passage fait apercevoir les rapprochements qu'aurait pu tracer l'auteur avec la vraie voie du Christ, la seule à ses yeux qui vaille (cf. p.67 : Il n'est pas question ici du cas des Saints, de ces « Voyants de Dieu » qui reçoivent un don de clairvoyance extraordinaire, par une grâce toute spéciale.), s'il avait étudié réellement l'Antoinisme : Il n'est pas question d'engager ici un débat sur le problème de la liberté. Disons simplement ceci sur le sujet qui nous occupe. L'homme est maître de son destin. Bien sûr, il subit de grosses influences : tempérament, hérédité, éducation, milieu social... événements de la vie : maladies, épreuves, guerres, etc. Tout travaille à le façonner, à le modeler. Quand on connaît les circonstances dans lesquelles s'est déroulée une existence, on s'explique bien des choses. (p.69)

     

        Mais, non ! encore une fois, l'on doit se contenter d'un Professeur catholique d'une étude bâclée et étroite d'esprit. Dommage, mais tellement courant de la part de la religion du pardon... Pourtant, chose incroyable, il affirme p.71 : La célèbre Eusapia Palladino, qui fut soumise à de nombreux contrôles et dont le don de voyance fut reconnu, s'efforçait d'être loyale devant ceux qui l'observaient ; elle s'écria un jour : « Tenez-moi bien, je sens que je vais tricher ! ». Que le Père Antoine procédait de la même façon pour ses guérisons et ses révélations, le Professeur n'en a cure.

     

        L'auteur écrit encore : Il reste bien vrai que le Démon se trouve là même où nous sommes assis, dans ces tréfonds de notre âme où vivent la lâcheté, la paresse, l'appétit de vengeance, la sensualité, la passion du gain et du pouvoir, etc. Le Mal, il est dans le cœur humain. (139) Le Père ne dit pas autre chose, mais de manière différente... Dans le même chapitre sur les sorts et envoûtements, il écrit en conclusion que "celui qui nourrit des pensées de haine, même justifiées, contre son ennemi, celui qui entretient en lui des désirs de représailles alimente, qu'il le veuille ou non, les flammes de l'enfer" et que "les prières les plus communes et les plus ordinaires sont les plus efficaces, quand elles s'accompagnent d'un véritable amour de Dieu et du prochain et d'une résolution sérieuse de mener une meilleure vie" (p.141), ce qui, outre ce prêchi-prêcha classique, est très proche de ce que dit le Père.


    votre commentaire
  • La Belgique et ses dieux (1985)La Belgique et ses dieux (1985)

    Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
    Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)

    in

    Titre        La Belgique et ses dieux: églises, mouvements religieux et laïques (with English introduction and summaries)
    Auteur        Liliane Voyé, Karel Dobbelaere, Jean Rémy, Jaak Billier
    Éditeur        Cabay, 1985 - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf
    ISBN        2870773196, 9782870773192
    Longueur    430 pages


        Cet ensemble de dix huit exposés, introduit et conclu par les quatre éditeurs, se présente comme la contribution belge à la 18e Conférence internationale de sociologie religieuse (C.I.S.R., Leuven-Louvain-la-Neuve, août 1985) et sous le patronage de la revue Recherches sociologiques : "bilan de la recherche en sociologie des religions" telle qu'elle est conduite en Belgique et sur la Belgique. Quatre parties : religion et modernité, catholicisme et politique, évolutions récentes du catholicisme, religions non catholiques et sectes. Flandres et Wallonie sont équitablement représentées (ont eût aimé au moins une étude sur Bruxelles et son agglomération), même si l'auditoire international semble parfois un peu oublié : on y donne des chiffres et des pourcentages sans indication (sauf erreur) de la population totale : on y emploie des mots néerlandais non traduits (vrijzinningheid, etc.), ou traduits mais non commentés (verzuiling : pilarisation). Tout ne va pas de soi pour tous les lecteurs, même si les plus anciens habitués des Archives savent pouvoir se reporter au N°8 (Actes du Ier Colloque européen de sociologie du protestantisme, mai 1959) pour y trouver chez J.P. Kruijt l'explication de cet important phénomène, le Zuil (p.106).
        L'ouvrage comble un vide. Tout n'y est pas d'égale qualité. J.Rémy et L?Voyé, aidés par A.Tihon, ouvrent le feu avec un chapitre rapide, anecdotique, parfois approximatif, sur "L'Eglise catholique de Belgique et la transaction avec la modernité", mais se rattrapent avec une excellente analyse, "Perdurance des clivages traditionnels et différences d'enjeux prioritaires". Le catholicisme s't taille la part du lion, avec son originalité, sa vitalité, ses difficultés : c'était inévitable en ce "pays de monolithisme religieux". Deux chapitres sont consacrés à la religion des jeunes, un aux pèlerinages en Wallonie. P.Delooz fait le point démographique des prêtres diocésains, séminaristes, religieux et religieuses. Une attention particulière est donnée aux minorités religieuses, véritablement minoritaires : protestantisme (entre 50 et 100 000), judaïsme (35 000, essentiellement Anvers et Bruxelles), islam (reconnu depuis 1974, environ 200 000), antoinisme (seul mouvement d'origine belge, fondé en 1970, 150 000 au début du siècle, en déclin sans chiffres connus à ce jour), Témoins de Jéhovah (20 000 proclamateurs), Eglise de scientologie (6 à 7 000), entre une et quelques centaines pour les "sectes de type nouveau" ; minorité spécifique, la franc-maçonnerie (14 000) et ses liens avec la pensée laïque.
        Les deux chapitres consacrés à cette pensée laïque auraient pu être la grande nouveauté du volume. Celui d'Hubert Dethier (Flandres) est d'un acteur impliqué plus que d'un sociologue ; celui de Claude Javeau (Wallonie), qui semble lui donner la réplique (n'est-ce qu'une apparence ou le signe du débat en cours ?), est d'un sociologue impliqué et distancié, mais trop cursif. On apprend beaucoup à lire H.Dethier et d'abord sur le "contentieux laïque" dont il est le témoin : mais comment s'étonner qu'entre une libre pensée militante et une Eglise confessante, le heurt soit frontal ? En revanche, apparaissent deux problèmes qui auraient mérité plus de développement. H.Dethier revendique de l'Etat belge une "reconnaissance légale de la philosophie laïque" et que "l'absence de pratique de tout culte" soit subventionnée au même titre que les cultes reconnus. A quoi Cl.Javeau objecte : "Ne va-t-on pas, à côté des Eglises avec Dieu, vers la constitution d'une Eglise sans Dieu" et à donner des allures ecclésiales à une laïcité institutionnalisée qui engendrera "ses propres effets d'orthodoxie" au détriment du principe de libre-examen individuel dont elle se réclame ?
        Le second problème tient à la réalité même de ce "pilier laïque" face au "pilier catholique", c'est-à-dire à l'unité postulée de cette laïcité qui s'évanouit dès qu'on cherche à la cerner, mais dont l'affirmation masque la véritable réalité : le conflit de classes entre bourgeoisie libérale et travailleurs socialistes. H.Dethier doit bien le reconnaître. Les efforts pour jeter une passerelle entre ces deux p$oles ont échoué : "Il faut croire que les clivages sociaux empêchèrent toute entente" (p.37). La libre pensée libérale "se trouvait à des lieux des idéologies prolétariennes" (p.40). Les maçons socialistes un court moment réunis aux maçons libéraux, vers 1870, étaient "issus de la bourgeoisie libérale" (p.42). En vérité, le grand absent de cet ensemble, c'est le socialisme dont l'idéologie et les adhérents méritaient d'être étudiés par une sociologie religieuse.
          Emile Poulat

    Archives des sciences sociales des religions, 1986, Volume 62, pp. 336-337
    source : persee.fr

     

    Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
    Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)
    in La Belgique et ses dieux
    CABAY - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf

     

        Dans ce papier les auteurs étudient huit mouvements religieux en Belgique, dont l'Antoinisme est le seul d'origine belge. La foi mondiale Baha'ie, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah ont émergé au siècle dernier ; l'Eglise de l'Unification, la Scientologie, le Rasjneeshisme et l'Association Internationale pour la Conscience de Krishna sont de nouveaux mouvements religieux. Ces groupes, les Témoins de Jéhovah excepté, ont un succès très relatif en Belgique. Il semble aussi que les particularités belges n'ont presqu'aucune incidence sur le recrutement et la structuration de ces mouvements. Les nouveaux mouvements religieux et les Baha'ie recrutent surtout auprès des cadres moyens du secteur des services, les autres auprès des ouvriers et employés du secteur productif. L'article analyse entre autres les différentes fonctions sociales qu'ont ces groupes religieux pour ces diverses catégories sociales.

     

    Introduction

        On ne trouvera pas ici une information exhaustive sur les sectes et les mouvements religieux en Belgique, pas davantage qu'une typologie de ces mouvements, dont la littérature rapporte un grand nombre d'essais. Notre sélection est volontairement arbitraire : elle a été dictée par les informations déjà disponibles. Seules quelques investigations complémentaires ont été effectuées, pour actualiser nos données. Nous avons cependant veillé à ce que les nouvelles sectes n'éclipsent pas complètement les anciennes. C'est délibérément que nous avons ignoré le problème de l'appellation exacte qu'il convient de donner à ces différents mouvements, réservant cette discussion pour un autre moment. Le fil conducteur de notre analyse a été de voir ce que l'existence même de ces mouvements pouvait nous apprendre sur la société belge et son évolution.

        Les huit mouvements religieux que nous allons présenter ici sont apparus à différentes époques sur des fonds culturels divers. Nous parlerons tout d'abord de l'Antoinisme, fondé en Belgique au début du XXème siècle. Nous poursuivrons en évoquant trois sectes datant du siècle passé : le Baha'ie, originaire de Perse, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah, deux sectes chrétiennes d'origine américaine. Les quatre autres mouvements dont nous parlerons sont apparus après la Deuxième Guerre Mondiale, et s'apparentent, à des degrés divers, à la religiosité asiatique.

     

    I. Le culte Antoiniste

        L'Antoinisme, ou culte antoiniste, est sans doute la seule secte d'origine belge dont la notoriété et le succès ont largement débordé nos frontières, tout particulièrement en France. Son fondateur est Antoine Louis (1846-1912), ouvrier métallurgique d'origine liégeoise, qui abandonne le catholicisme à l'âge de 42 ans pour s'intéresser aux associations spirites, alors florissantes. S'étant découvert des dons de guérisseur, qu'il exploite sans se faire payer, il transforme sa maison en cabinet de consultation où il reçoit journellement 50 à 60 personnes en 1900, de 500 à 1200 en 1910. Les moyens utilisés sont d'abord la prière, l'imposition des mains, la liqueur Koene, le papier et le linge magnétisés, etc. A la suite d'un procès pour exercice illégal de la médecine, il abandonne ces pratiques pour ne conserver que la prière et l'imposition des mains. En 1906, il se sépare du mouvement spirite dont il désapprouvait, sans doute sous l'influence de la théosophie, "l'expérimentation scientifique", c'est-à-dire les séances d'entretien avec les disparus. Son groupe, d'abord appelé les Vignerons du Seigneur, devient alors le Nouveau Spiritualisme. Antoine développe son œuvre de Révélateur pendant trois ans. Son enseignement est recueilli par des adeptes dont les notes, revues par le Père, constitueront bientôt les livres sacrés : La Révélation par le Père Antoine (en deux parties : L'Enseignement et Le Couronnement) et Le Développement de l'Enseignement du Père. Sera également révélée la robe caractéristique des antoinistes que portent les adeptes qui le souhaitent : lévite noire et chapeau haut-de-forme pour les hommes ; jupe plissée, corsage, châle et bonnet noirs pour les femmes.

        Le culte est officiellement constitué en 1910 avec la consécration du premier temple à Jemeppe-sur-Meuse. Lors de la "désincarnation" du Père, le culte fut dirigé par Mère, son épouse, jusqu'à son propre décès en 1940. Cette date marque le déclin de l'Antoinisme, accentué par une guerre de succession entre le neveu d'Antoine, le Père Dor, et son concurrent. Le succès de l'Antoinisme fut grand au début du siècle : environ 150.000 adeptes, dont 50.000 en France selon Woodrow (1977:53). Il s'est particulièrement bien implanté dans les milieux ouvriers du bassin liégeois et dans un certain nombre de villes françaises (cf. liste in Debouxhtay, 1945:25-26). Le dernier temple belge fut consacré en 1968, à Retinne (ancienne cité charbonnière comptant une forte population immigrée) et un nouveau temple doit être prochainement ouvert dans la région parisienne. Ces dernières créations ne doivent cependant pas faire illusion ; le culte est en forte régression, ses adeptes sont âgés. Selon son desservant, le temple de Retinne accueille environ 50 personnes chaque semaine mais il ne précise pas si ces "adeptes" participent au culte (avec ou sans la robe) ou viennent seulement "consulter" (les guérisons par la Foi se pratiquent dans un petit bureau annexé à la salle du culte). Il y aurait aujourd'hui 31 temples en Belgique, 28 en France et environ 150 Salles de Lecture (souvent des habitations particulières) où l'on procède seulement à la lecture de l'Enseignement. En dépit d'un déclin qui est sans doute lié à celui de l'activité charbonnière, les brochures (jaunies) parlent de progrès constant et signalent des implantations au Brésil, aux Etats-Unis et dans divers pays d'Europe. Aujourd'hui, l'activité principale des desservants est de prodiguer des conseils spirituels pour résoudre des problèmes de toute nature.

        La doctrine, le culte et les temples où ils se pratiquent sont d'une grande simplicité. Faisant face à la tribune, l'emblème (portant l'inscription : Culte antoiniste. L'Arbre de la Science de la vue du Mal") et aux portraits géants de Père et Mère, les fidèles peuvent se réunir les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, pour "l'opération générale". C'est une brève cérémonie durant laquelle le desservant reproduit les gestes des fondateurs : élévation spirituelle, distribution des "fluides" et imposition des mains. En soirée, on procède également à la lecture de l'Enseignement.

        Tout en se défendant de pratiquer des "sacrements", les Antoinistes ont des rites de baptême, de mariage et, les plus connus, d'enterrement. La bière est recouverte d'un drapeau vert, couleur de la secte, et est portée, si possible, par des adeptes revêtus de la robe. On procède à la lecture des "Dix Principes" à la maison mortuaire et à celle de la "Réincarnation" sur la tombe.

        Les ministres du culte sont bénévoles. Des panneaux indiquent que tous ces services sont rendus gratuitement. L'Antoinisme refuse toute aide extérieure : ses ressources ne proviennent que des dons anonymes des membres. On ne vend rien, sinon les livres sacrés, et on ne fait pas de prosélytisme.

        L'enseignement d'Antoine, plus moral que religieux, bien que révélé, est basé sur la croyance en la réincarnation, le mépris de l'intelligence (opposée à la "conscience") et du monde matériel, l'inexistence du mal, la divinité de tout être, l'amour du prochain, etc. L'ascèse doit consister à briser la domination de l'intelligence, qui "nous a détournés du vrai chemin", à nous dégager de la matière, pour suivre les inspirations de la conscience qui "ne peut nous tromper". L'enseignement ne s'accompagne d'aucune obligation explicite mais recommande à tous égards l'humilité, la réduction des besoins factices, l'éloignement des plaisirs qui écartent de Dieu – message qui ne devait logiquement trouver un écho qu'auprès des plus démunis.


    votre commentaire
  • Titre        Coins et recoins de Paris
        Nombreuses illustrations ; couverture illustrée.
        Les filles du Topol. Les maisons de rendez-vous à Montmartre. Phénomènes de Montparnasse. Adieux à la place Maubert. Chronique de la Villette. Monjol.
    Auteur        Marius Boisson
    Éditeur        Éditions Bossard, 1927
    Longueur    362 pages

        Evoque à la page 314 l'antoinisme.

    source : Google Books


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique