• Dictionnaire pratique des connaissances religieuses (1927)DICTIONNAIRE PRATIQUE DES CONNAISSANCES RELIGIEUSES

    sous la direction de J. Bricout, 1927

    Tome cinquième : Nazareth - Révolution

    Article Occultisme, III. Appendice : L'Antoinisme

    pp.72-73

     

    I. APPENDICE : L'ANTOINISME. - On peut voir dans l'Antoinisme une application aux masses populaires de la Christian Science et de l'occultisme. 

        Son fondateur, Louis Antoine, naquit a Flemalle-Grande, a quelques kilomètres de Liège, en 1946. A douze ans, il commence a descendre dans la mille. Mais il se lasse vite de ce métier et se fait ouvrier métallurgiste. A vingt-quatre ans, il quitte la Belgique, travaille en Allemagne, puis près de Varsovie, revient, entre temps, épouser au pays Jeanne-Catherine Collon, et s'établit définitivement, avec son petit pécule, à Jemeppe-sur-Meuse. II se convertit au spiritisme et donne des séances ou l'on accourt. Bientôt il joint à ses évocations des consultations médicales, mêlées de recommandations morales. Son autorité personnelle l'amène à penser qu'il peut se passer des esprits: il s'établit guérisseur. Il a recours d'abord a l'eau magnétisée, puis au papier magnétisé qu'on trempait dans l'eau, puis aux passes. Finalement, il abandonne tous ces procédés et demande à la seule foi du malade le secret de toute guérison. Il devient Antoine le Guérisseur. 

        La guérison par la foi a fait le succès de l'Antoinisme. Mais cette foi est d'une nature spéciale. Antoine ne dit pas: « Vous êtes malade par imagination ; écartez cette imagination, vous guérirez. » Il dit : « La matière est mauvaise, la maladie est un fruit de la matière. Mais la matière n'existe pas réellement; elle est un fantôme créé par l'intelligence. Croyez que la matière n'existe pas, et vous tuerez la racine même de la maladie. » Cela est répété à satiété, au milieu de développements incohérents, de logomachies effarantes, de mots qui se suivent sans signification possible, de puérilités et d'incorrections de langage. Le Père Antoine se vantait d'ailleurs de son ignorance. 

        Le Père Antoine prêche la solidarité et l'amour du prochain. Mais Dieu c'est chacun de nous : « Dieu s'efface » en notre faveur. Le mal n'existe pas, donc non plus le bien, puisque le bien est corrélatif du mal. II faut suivre la nature : « nous déformons les enfants en prétendant les discipliner. » 

        Puis dans ses écrits apparaît çà et là un courant trouble qui charrie les rêveries malsaines du Talmud et de l'hermétisme : l'amour d'Adam pour le serpent, Ève être essentiellement mauvais et simple apparence, toute vérité nous venant de « l'Arbre de la science de la vue du mal », Lucifer proposé aux hommages des hommes. Enseignements réservés sans doute aux initiés. 

        Le prophète est mort a Jemeppe en 1912. La Mère a succédé au Père avec toutes ses prérogatives, le droit a la foi absolue, le droit au culte des croyants. 

        On assure qu'en Belgique la religion antoiniste compterait jusqu'à 18000 adeptes fervents. A l'étranger, il y a des salles de culte à Paris, à Vichy, à Nice, à Nantes, à Tours, à Monaco. 

        Le succès, l'existence seule de cette religion grossière n'atteste que trop l'ignorance religieuse des foules. 

       Lucien Roure, Au Pays de l'occultisme, C. I, IV, Paris, 1925 ; La légende des grands initiés, Paris, 1926. 

     

                                                   Lucien ROURE.


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  • L'INDUSTRIE BELGE DANS LA RUSSIE DES TSARSL'INDUSTRIE BELGE DANS LA RUSSIE DES TSARS

    Wim Peeters, Jérôme Wilson

     Collection : Hors collection

    Format : 25 x 30 cm 

    ISBN : 2-87114-167-3 

    Pages : 200

     

    Cet ouvrage collectif, abondamment illustré mais rigoureux au point de vue scientifique, retrace l’histoire générale des investissements belges en Russie. Différents aspects sont appréhendés : marché financier, marché industriel, technologie, formation technique… Il s’agit d’une véritable encyclopédie des Belges en Russie enrichie de nombreux documents d’époque.

     


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  • La preuve par neuf de mon ignorance universelle
    Paul Colinet

    Volume 55, Collection Les Poquettes Volantes.

    Ouvrage imprimé de 28 pages comptant 2 chapitres sous-divisés.

    Date de création : 1976
    Le Daily-Bul. Éditeur


    Paul Colinet (1898-1957) est un membre du groupe surréaliste belge.

    En conclusion de ce texte, l'auteur indique : Les lecteurs qui désirent des preuves supplémentaires peuvent m'en faire la demande par écrit (Raoul Pok, Professeur d'ignorance, 340, Boulevard des Antoinistes, à Lodelinsart) en joignant un tim bre pour la réponse.

    À notre connaissance, il n'y a jamais eu de Boulevard des Antoinistes à Lodelinsart, il s'agit donc d'un clin d'oeil. Lodelinsart est situé à moins de 2 km de Jumet.

    Voici un extrait qui fera preuve du lien avec les Antoinistes :
    Ma troisième preuve
    (à l'intention des esprits pratiques)
    Je ne sais pas ce que c'est qu'une table.
    Je suppose que c'est un morceau de bois avec lequel il est possible de maintenir une bouteille au-dessus du sol.


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  • Religions et Laïcité en Belgique. Rapport 2013

    Des pratiques cultuelles réinventées
    A l’ère de la déterritorialisation du religieux, de son individualisation et de son éloignement des institutions, il semble à nouveau opportun de s’interroger sur la pertinence de nos outils pour penser les pratiques cultuelles. Quant au dynamisme des cultes, le moyen considéré comme le plus objectif est encore généralement de type statistique : combien de baptisés ? Combien d’individus présents dans les lieux de culte les jours de cérémonie ? L’activité religieuse des internautes remet cette perspective en cause. Un exemple concret en est donné par le culte antoiniste.
    Fondé en Wallonie au début du XXème siècle par un ancien ouvrier métallurgiste devenu médium et guérisseur, l’Antoinisme a connu son heure de gloire, spectaculairement manifestée par l’érection d’un grand nombre de temples jusque dans les années cinquante. Aujourd’hui, il fait figure de culte en voie d’extinction, si l’on considère l’état de décrépitude et d’abandon des lieux de culte antoinistes, et l’âge avancé des quelques fidèles qui rendent encore grâce à la figure sacrée du fondateur, le père Antoine. Toutefois, sur Internet, force est de constater que le répertoire symbolique antoiniste continue de faire sens pour un certain nombre d’internautes en recherche spirituelle.
    Ce répertoire a été intégré à la sphère New Age, mouvement typique de la postmodernité que l’Antoinisme, lequel puisait à différentes traditions culturelles et religieuses et n’exigeait pas d’exclusivité d’appartenance de la part de ses membres, semblait préfigurer. Sur le Net, les frontières identitaires de l’Antoinisme semblent toutefois se dissoudre partiellement, tant la confusion du culte avec le spiritisme, mouvement avec lequel le père Antoine avait pourtant rompu, paraît évidente dans le chef de certains internautes. Par ailleurs, le refus de monétarisation des services religieux, règle essentielle pour les Antoinistes, est parfois mis à mal par des personnes qui se présentent à la fois comme fidèles du père Antoine d’une part, et médiums ou guérisseurs d’autre part.
    Comme le soulignent Miller et Slater, deux anthropologues des nouveaux médias, Internet n’est pas le «
    cyberespace virtuel » que l’on a longtemps voulu y voir [The Internet. An ethnographic approach, Oxford, Berg, 2000]. Les individus et les groupes qui y évoluent ont des liens avec la vie « off line ». Leur activité sur Internet a des conséquences concrètes sur leur vie sociale et quotidienne, comme le montre le fait qu’une internaute très fidèle au cercle de Samsara, un forum New Age, ait décidé après concertation avec d’autres internautes, dont plusieurs Antoinistes, de demander à son médecin de ne pas procéder à l’ablation de son sein cancéreux. Voilà donc une conséquence on ne peut plus physique d’une activité religieuse en ligne.
    D’une manière générale, il faut souligner le dynamisme de l’activité religieuse en ligne, même si les pratiques qui la constituent ne répondent plus nécessairement aux anciens critères de définition du religieux. Si les autorités ecclésiastiques, notamment dans le monde catholique, investissent Internet —
    nouvelle « terre de mission religieuse » [C. Vanderpelen-Diagre et J.-Ph. Schreiber : « Internet, terre de mission religieuse ? » analyse sur ORELA, 16.2.2013] et s’emparent des nouveaux outils de communication, et si les forces religieuses les plus conservatrices ont su s’adapter à l’ère des réseaux sociaux, la Toile regorge également d’une multitude d’espaces où des individus construisent des pratiques et représentations dans une liberté relative par rapport aux dogmes et traditions des différents cultes, contribuant dès lors à une certaine innovation religieuse.


    Religions et Laïcité en Belgique. Rapport ORELA (Observatoire des Religions et de la Laïcitéé) 2013, p.53
    Caroline Sägesser, Jean-Philippe Schreiber, Cécile Vanderpelen-Diagre
    CIERL Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité
    source : http://www.egale.eu/uploads/fichiers_PDF/orela_rapport_2013.pdf


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  • Liège impertinente
    de Christian Libens,
    Weyrich Edition   
    illustrations René Cabodi et Martin Georis, Weyrich Editions Neufchâteau, 2011.
    ISBN : 9782874891250 ; EUR 19,00 ; 2011-10-15 ; Reliure inconnue


    La grande et la petite histoire s’entrechoquent dans "Liège impertinente" (1), un petit guide subjectif de la Cité ardente. Les textes sont de Christian Libens, les illustrations de René Cabodi et Martin Georis. L’ouvrage s’ouvre sur un abécédaire où l’auteur passe à la moulinette quelques spécificités liégeoises. Du culte antoiniste à la gréviculture ou encore les liens franco-liégeois, Christian Libens remet quelques pendules à l’heure et exhume au passage des personnages hors du commun tels que Frère Alfred, un orateur illuminé qui se présenta aux élections communales. La seconde partie du livre reprend six nouvelles de Christian Libens, certaines déjà publiées précédemment. Impertinent mais pas toujours, un peu court et finalement pas bien méchant, "Liège impertinent" laisse sur sa faim. Pour 19 euros, on en aurait souhaité davantage.
    Gazette de Liège
    Isabelle Lemaire Publié le jeudi 24 novembre 2011
    http://www.lalibre.be/regions/liege/la-province-revisitee-51b8e031e4b0de6db9c46321


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