• Auteur :    Noël Bäyon
    TItre :    Miracles chez les guérisseurs
    Editeur :     SEGEP, Paris, 1953, In-16, 314 pages

    Sommaire :
    Avant-Propos
    I. - Persistance de l'Empirisme
    II. - Les Sectes Guérisseuses
        Prosper Merland, Congrégation Evangéliste de l'Union Christique Biblique Purificatrice (Georges de Montfavet, Eglise chrétienne universelle ou Monsieur [Jean] Bouy, Eglise évangéliste indépendance de l'Union chrétienne)
        Tremolo Stromboli, Santé par l'Amour, Association philanthropique Internationale (M. Montovani, Amour et Vie)
        Pedro Jonglalez, Cercle Amour et Fraternité (Nicolas Strati, Eglise christique primitive)
    III. - Les Spiritualistes Individualistes
    IV. - Les Magnétiseurs
    V. - Les Radiesthésistes-Magnétiseurs
    VI. - De la Voyance à la Phytothérapie
    VII. - Je m'installe Guérisseur
    VIII. - Les Guérisseurs devant le Micro
    IX. - Le Miracle et le Papier imprimé
    X. - Pour en sortir

    Critique des Etudes de mai 1953 :

    Noël Bäyon - Miracles chez les guérisseurs (1953)

        « Les guérisseurs guérissent-ils ? » Pour répondre à cette question, M. BÄYON s'est livré à une patiente enquête auprès des guérisseurs et de leurs clients, allant jusqu'à ouvrir lui-même un cabinet. Sa conclusion, solidement étayée, est nette : rien ne justifie scientifiquement la prétention des guérisseurs et la confiance que des gens crédules placent en eux.
        On lira avec profit un tel ouvrage qui constitue, en même temps qu'un témoignage de poids, une oeuvre bienfaisante, en démasquant notamment le charlatanisme et le climat d'enfantine crédulité qui enveloppe les guérisseurs.
        Une telle étude laisse pourtant ouverte une question importante : dans quelle mesure des altérations fonctionnelles, d'étiologie principalement psychique, sont-elles susceptibles d'être soulagées, au moins momentanément, par l'influence et la suggestion de certains êtres, aussi irrationnelle et puérile que soit souvent leur thérapeutique ? L'expérience même de M. Bäyon, se faisant lui-même guérisseur, est assez curieuse en ce sens. Le recours au guérisseur ne témoignerait-il pas, au prix d'une régression vers la mentalité archaïque et magique, d'une des tâches actuelles de la médecine : intégrer nettement dans l'art médical la prise en considération des facteurs psychiques de la maladie et l'action sur eux ? Le médecin n'a nullement à se faire guérisseur, mais ne doit-il pas répondre scientifiquement et rationnellement, cette fois, à certains besoins que manifeste le recours aux guérisseurs ? Sinon, ne risque-t-on pas de voir se perpétuer l'état de choses périlleux contre lequel témoigne justement l'ouvrage de M. Bäyon ?
              Louis BEIRNAERT.

        L'auteur précise qu'il a caché les véritables noms, car "le nom, en cette bataille, n'a aucune espèce de valeur, ce qui compte : la vérité, la réalité stricte des faits, des observations, ont été respectées" (p.14). Nous voici donc à lire les exploits de Gougourovski-Popodneff, de Loubiane ben Louloufe, de Gédéon Bouliche, l'un résident à Pontamin-les-Bancal, l'autre à Benezouilles-les-Fraises, ou encore les performances égyptienne de Rodiane Kiftootoo à Bellevilliers-la-Gadoue... Il ne nous reste donc qu'à croire l'auteur sur parole, puisque aucune vérification d'après ses témoignages n'est possible.
        Il prévient qu'il comprennait et comprends encore "l'anxiété qui précipite le malade dans les bras du magnétiseur, du thaumaturge ou du médium scientifique" (p.12). Mais comme compréhension, on lit les témoignages suivants dont quelques extraits suffiront à sentir l'anxiété de ces malades :
        - De temps en temps, à défaut de cancer, Tremolo, pour s'entretenir la main, accepte de se distraire avec des maux sans importance et qui disparaissent avec un peu d'argile et quelques passes car Tremolo, dans son groupe, a aussi des auxiliaires magnétiseurs. Et quels magnétiseurs ! Tuberculose, sclérose en plaques : quatre séances et passez muscade, vous voilà sain entre les sains (p.48) ;
        - (un homme vient pour sa femme) Devant l'assemblée des malades, il gémit, il pleure de douleur, jouant les insomnies et les maux de tête de sa femme tandis qu'elle demeure silencieuse. [...] Admirative, la femme approuve, de temps à autre, le jeu de son époux, d'un léger signe de tête. Pour moi, je cherche dans l'emphase des tirades quelque élément qui puisse m'éclairer sur le mal de la patiente. Dans tout ce chef-d'oeuvre d'art dramatique dont on régale mes yeux et mes oreilles, je ne vois rien qui puisse me permettre la moindre appréciation sérieuse (p.130) ;
        - Entre une accorte Polonaise, mafflue, qui roule de gros yeux égarés sous un front bas et pousse devant elle une fillette de huit ans, manifestement intimidé, gênée d'apporter devant trois étrangers le spectacle pénible de son infirmité. Devant sa tête constamment inclinée à droite, ses mouvements désordonés du bras droit, sa petite main contractée, incapable d'exercer une préhension quelqconque, la détresse qui jaillit de ses yeux doux me remue jusqu'aux entrailles. J'ai envie de crier pitié pour elle. Cette pauvre chair secouée de spasmes, cette âme déchirée, meurtrie d'être captive d'un corps anormal, nul n'a le droit de la jeter dans une pantomime dont elle ne peut retirer que des complexes supplémentaires. Tout cet exhibitionnisme imposé et inutile me répugne, m'horrifie, et, de crainte d'effrayer la fillette, je dois me taire. De peur aussi de voir mon enquête tourner court, je m'impose de sourire à Mme de Saint-Céleste, comme si je lui accordais le droit de s'amuser aussi de cette souffrance-là. D'ailleurs, à quoi bon parler, prévenir la mère que tout ceci est duperie, pitrerie et que la seule certitude qui s'offre à elle de gaspiller son argent ? Elle ne me comprendrait pas, elle m'opposerait les témoignages de milliers de pauvres bougres convaincus de la toute-puissance divine de Mme de Saint-Céleste ! (p.165) ;
        - Pour ma part, je dois de la connaître à la femme d'un médecin bordelais, laquelle trois fois l'an, toute gonflée de je ne sais quels maux imaginaires et de quelles affaires de coeur embrouillées, puise là "le courage de vivre". Comme elle est loin d'être la seule, le jour où Mathilde Barbacasse sera convoquée chez le juge d'instruction, cela fera un certain bruit dans quelques ménages de médecins ! (p.257) ;
        Ce qui gêne est qu'on ne peut rien prendre au sérieux dans ces témoignages : tout est railler, tourné en dérision, sarcastique. Mais l'auteur fait amende honorable : "il ne laissera pas d'y avoir des gens bien intentionnés pour me reprocher cette permanence du burlesque qui domine en ces pages" (p.310).
        Et quand on apprend quel prix font payer les guérisseurs (un déclare qu'on donne ce qu'on veut mais pas moins de 1000 francs ! (p.107), on ne peut que donner très peu de crédit à ces charlatants (cf. également p. 216). Mais cela est la technique du journaliste, car d'emblée, l'auteur dit : "j'ai choisi mes sujets avec un soin extrême, éliminant les modestes sorciers de village, ceux qui traitent les pires maux avec les épluchures de pommes de terre ou l'urine de nouveau-né" (p.13). Pourquoi justement ne pas avoir tout de suite supprimer de son enquête les guérisseurs qui font payer ? Le désintéressement du guérisseur peut déjà êtr une preuve de son honnêteté. Ensuite il prétend qu'un "vrai guérisseur" se doit d'accepter tout les cas (p.269), là encore, il est fréquent qu'un guérisseur prétende ne pas tout guérir. Il aurait aussi fallut enquêter sur eux.

        "Je reviens chez Mathilde Barbacasse pour rencontrer une miraculée "sauvée en pleine hémorragie". [...] Dans les propos emmêlés de la belle-mère, du gendre et de la fille également présente, je finis par retrouver la vérité. Histoire banale, du modèle de celles que l'on rencontre dans n'importe quel salon de guérisseur. A cinquante-deux ans, après une implantation de pellets d'hormone cristallisée destinés à combattre les troubles du retour d'âge, la patiente fait une série de ménorragies, c'est-à-dire des augmentations brutales en quantité et en durée du flux menstruel. Au bout de dix-huit mois, au cours desquels le médecin est intervenu dans la phase aiguë de chaque manifestation sanglante, à coups d'hémostatique, d'hormones synthétiques, d'opothérapiques, les ménorragies s'espacent de plus en plus. Il a le droit de se montrer satisfait. Pas du tout, depuis un an, il opère concurremment et à son insu avec Mathilde Barbacasse dont les chifons fluidifiés ont un bien autre pouvoir que sa seringue et ses ampoules !" (p.260-261).
        L'auteur a-t-il de la compréhension pour la panique qu'a pu ressentir cette femme qui se voyait se vider de son sang ? Non, lui sait et comprend le médecin dans son jargon et ne s'inquiète pas... Mais l'auteur avoue lui-même que "au médecin qui n'a pas le temps de lui faire faire un cours qu'il n'assimilerait pas, parce que la médecine est devenue de nos jours aussi compliquée que les calculs astronomiques, il préfère le brouet pseudo-scientifique du premier charlatan venu (p.271).
        Il est clair donc que l'auteur n'a pas étudié, comme son collègue Maurice Colinon, les tenants et aboutissants de la guérison en dehors de la médecine non conventionnelle. Ainsi il veut vin se prêter aux expériences et faire le cobaye, alors qu'il n'est pas malade, et il est sceptique sur les résultats. Comment veut-il qu'une guérison se produise ? Or, comme l'a montré Maurice Colinon, le guérisseur, c'est la malade lui-même. "Notre création et notre perfectionnement sont donc notre oeuvre" dit le Père (La Révélation, L'origine de la vie). Mais de cela, Noël Bäyon, sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, n'en a cure !
        Par les traitements de Placide Soliveau, on comprend les accusations portées à tous les guérisseurs (puisque "hors Jésus, il n'est point de Salut") dans un commentaire du le site http://christianisme.skynetblogs.be : " Le culte antoiniste est une secte manipulatrice et décadente, composée de gens obsédés par le sexe et l 'argent ils ont même une succursale à Monaco! tout comme l'ordre du temple solaire (voir www.prevensectes.com) " - Écrit par : nicolas | 2010-02-17 à 18.26:25

        Après avoir réglé ses comptes avec ses collègues journalistes pro-guérisseurs (dont il cite pour cette fois les vrais noms), comme conclusion, l'auteur déclare : "tout guérisseur est un mythe née de l'anxiété du malade" (p.267). Nous voilà bien avancé... l'introduction l'avait prédit, la conclusion le détermine... mais quand au explication du phénomène on n'en apprendra pas beaucoup... sauf peut-être à demi-mot dans le chapitre VII. Je m'installe guérisseur. De loin le plus intéressant de tout le livre. Il y explique ainsi le fonctionnement de l'auto-suggestion : "Quels que soient l'herbe, les passes, les prières, le produit, le Professeur M... a en effet remarqué que les recettes de bonne femme les plus anciennes indiquent toujours le même laps de temps pour [la] disparition [des verrues] : quarante-cinq jours pous les verrues ordinaires, trois mois pour les verrues plantaires. L'agent de traitement ne lui parut donc avoir aucune valeur thérapeutique et être plutôt le support passif à la faveur duquel le patient s'auto-suggesionne, déterminant ainsi une réaction de défense de l'organisme contre l'ultra-virus de la verrue" (p.168).
        "L'art de la pirouette, une once de psychologie, voilà tout la science du guérisseur" (p.271). Un art et une once qui manque sensiblement à beaucoup de médecins (cf. le livre tout récent de Martin Winckler, C’est grave docteur ? [http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=401]). On peut donc en conclure comme Maurice Colinon dans Les Guérisseurs, dont nous conseillons la lecture qu'il serait bon que le médecin devienne un peu guérisseur.

        Enfin, disons qu'à aucun moment Noël Bäyon ne cite les Antoinistes dans son livre.

    _________________
    Auteur :    Noël Bäyon
    TItre :    La Légende dorée des guérisseurs
    Editeur :     André Martel, Paris, 1953, In-16, 236 pages

    Sommaire :
    Pélerinage aux sources de la "médecine libre"
    Le guerissage savant ou mesmerisme
    Illuminés et charlatans romantiques
    Philippe, le garçon tripier devenu sorcier du Tsar
    La "Christian science" ou le guerissage "Made in USA"
    Les mires de la belle époque à la notre
    Germaine de Rouen, la voyante insoumise
    La radiesthésie "science nouvelle"
    Bilan actuel de la radiesthésie
    Le statut de la "médecine libre" et les "abandonnés par la médecine"
    L'Eglise catholique devant le problème des guérisseurs
    La réponse des malades

    Critique des Etudes de mai 1954 :

    Noël Bäyon - Miracles chez les guérisseurs & La Légende dorée des guérisseurs (1953)

        Cet ouvrage complète Miracles chez les guérisseurs. II nous présente une histoire des guérisseurs surtout à partir du XVIIe siècle, sommaire sans doute, mais centrée sur quelques figures particulièrement intéressantes : Mesmer, l'inventeur du magnétisme animal, Vriès, Philippe, le garçon tripier devenu sorcier du Tsar, Mrs Mary Eddy Baker, fondatrice de la Christian Science, Germaine de Rouen. Le récit est alerte, incisif, et bien documenté. Le dernier tiers du livre est consacré à la radiesthésie ; excellente mise au point d'où il ressort que, jusqu'ici, la radiesthésie n'offre absolument aucune garantie scientifique.
        OEuvre courageuse, utile, fruit d'un long travail qui constitue une excellente contribution à cette tâche de « démystification » que le renouveau des fausses-sciences rend particulièrement urgente et qui mériterait davantage l'attention des milieux catholiques.
               F. Russo.
    source : Gallica

        En gage de longue "contribution à cette tâche de « démystification »", le lecteur aura droit a une longue liste de fait-divers. Et si l'auteur reproche aux "faux-scientifiques" de cacher leur insuccès, on peut bien croire que cela soit réparer par ce livre, l'auteur ne signalant pas, même pour la forme, une seule expérience qui soit fructueuse du côté des radiesthésistes ou autres expérimentateurs. Encore une l'avant-propos nous signale, comme pour nous en convaincre, que "ces pages ne sont que le fruit d'investigation objectives". Investigation : "Recherche minutieuse, systématiquement poursuivie, sur quelque chose." Objectif : "Qui est fondé sur l'expérience, sur l'observation des réalités extérieures."

        Prenons l'exemple qui nous intéresse et que nous connaissons : Louis Antoine, puisque l'auteur nous fait l'honneur d'en discuter. Citons donc in texto une partie du chapitre Illuminés et charlatans.

        "Quantitativement, Philippe [de Lyon] a moins de fidèles que le brave Antoine, ouvrier mineur, passé de la fosse à la métallurgie et de l'usine au temple, et qui groupe, en une cérémonie, 15.000 personnes autour de lui. Le « Père » qui découvre sa « vocation » en 1893, à la mort de son fils, fait courir toute la Belgique et le nord de la France à Jemmapes-sur-Meuse. Trente chapelles antoinistes naissent dans les deux pays et, en Belgique, une pétition présentée au Roi pour la reconnaissance de la nouvelle religion, recueille 150.000 signatures en quatre mois.

        "Tard venu au spiritisme, Antoine le guérisseur témoigne, tout au début de sa vocation, d'une certaine incertitude quand [sic] au traitement à appliquer aux quelques 1.200 malades qui viennent le consulter quotidiennement ou qui lui télégraphient des quatre points cardinaux. La distribution des potions, jointe aux passes magnétiques, conduit Antoine sur les bancs de la Correctionnelle, où il se voit condamné à deux reprises. Renonçant à guérir par des thérapeutiques terrestres, Antoine proclame aussitôt que la foi des malades est le secret de leur guérison et il s'applique à soigner les âmes, les âmes seules dont les imperfections entraînent tous les maux physiques. Le « Père » est tellement persuadé de cette vérité qu'il n'examine même pas les malades et ne leur demande pas de quoi ils souffrent. La foi guérit tout et ceux qu'elle ne sauve pas méritent sans doute cette épreuve par quelque vice caché. Antoine a réponse à tout, et la mort même ne le laisse point désemparé puisque sa femme « la Mère » continue le culte, après sa « désincarnation », dans le Temple austère, sur l'autel qu'orne une draperie noire sur laquelle brillent les fils d'argent de « L'Arbre de la Science du Mal ». Illettrée, forte de toute sa ruse paysanne, « la Mère » soutient gaillardement, en dépit de ses soixante-dix ans, le rythme des cérémonies antoinistes et rassemble, pour le 20 juin de chaque année, jour anniversaire de la désincarnation du « Père » quelque 20.000 pélerins. Aujourd'hui, le touriste qui traverse Liège s'étonne d'y découvrir un temple d'une architecture compliquée, d'un exotisme pseudo-byzantin, et que coiffe une étrange coupole. Sur la porte, cette inscription : « Le Père Antoine, le grand guérisseur pour celui qui a la foi ».

        "Et ce temple abandonné est tout ce qui demeure de vingt années de miracles et de rédemptions sous la houlette d'Antoine, mais le grand principe de la foi guérisseuse, lui, continue son chemin et la Christian Science avec ses sectes satellites (Faith Cure, Divine Healing, New Thought) perfectionne le système jusqu'à l'absurde."

        Signalons d'abord la faute d'orthographe, qui malgré la très longue liste d'errata de 4 pages, n'a pas était perçu par l’œil avisé et professionnel du "journaliste". J'ignore également les guillemets doublés de l'italique, un journaliste n'est pas censé être typographe. Admettons d'admettre ce livre une investigation, mais j'hésiterai vraiment à préciser celle-ci d'objective. Voici les erreurs : Louis Antoine ne découvrit pas sa vocation à la mort de son fils. Jemmapes-sur-Meuse n'existe pas. L'auteur nous fait le plaisir de citer sa source en bibliographie. Le livre de Maurice Colinon. De là vient la première erreur ("En 1893, il a la douleur de perdre son fils unique ; dès lors, toute son activité se tourne vers le problème de la maladie"), par contre M. Colinon cite bien Jemeppe-sur-Meuse. Déjà à l'époque de Colinon, on en était en tout cas à cinquante temples. Il n'a pas était condamné deux fois. Le fait de "mériter l'épreuve par quelque vice caché" fait plutôt penser à la pensée du Père Dor. "Temple austère, sur l'autel qu'orne une draperie noire sur laquelle brillent les fils d'argent de « L'Arbre de la Science du Mal »" : on ne sait pas de quel draperie parle Bäyon (l'auteur fait écrire son nom de cette façon, par coquetterie orthographie, certainement). Peut-on parler d'un autel ? Et que dire de l'Arbre de la Science du Mal ? (Colinon parle de tribune et dit bien Arbre de la Science de la Vue du mal). Le 20 juin de chaque année, il ne se passe rien de particulier dans les Temples antoinistes, mais en tout cas le 25 juin le Père se désincarne. À ma connaissance aucun temple ne porta l'inscription à sur la porte "Le Père, le grand guérisseur pour celui qui a la foi", mais on sait que le fronton pouvait porter l'inscription "Le Père, le grand guérisseur de l'Humanité pour celui qui a la foi". On apprend donc qu'en 1953 le temple de Liège était abandonné. Cependant en dehors des heures de services, un temple antoiniste paraît toujours déserté, même celui de Jemeppe. Mais remarquons le vocabulaire employé par Bäyon pour évoquer la Mère : Illettrée, forte de toute sa ruse paysanne, soutient gaillardement, en dépit de ses soixante-dix ans, rythme des cérémonies, rassemble... on croirait évoquer quelque gourou. Signalons encore que pour l'auteur c'est la paysannerie de la Mère qui la maintient jusqu'à cet âge avancé et non l'Antoinisme. Et pour le temple : architecture compliquée, exotisme pseudo-byzantin, étrange coupole, abandonné... Ce n'est pas loin d'être du racisme.

        Bref comme auteur averti, j'ai vu mieux.


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  • Jean-Michel Delacomptée - Ambroise Paré, la main savanteLa main savante d'Ambroise Paré
    [lundi 29 octobre 2007 - 18:00]
    Histoire de la médecine

    Titre :     Ambroise Paré. La main savante
    Auteur :     Jean-Michel Delacomptée
    Éditeur :     Gallimard, Paris, 2007, 264 pages

    Résumé : Jean-Michel Delacomptée retrace l'itinéraire du père de la chirurgie moderne, Ambroise Paré, et nous offre une plongée originale et poétique au cœur de l'histoire de la médecine.
    Par Eloïse COHEN-DE TIMARY

        L'Hôtel-Dieu. C'est là que le jeune Ambroise Paré (1510-1590) débute son apprentissage de chirurgien. "L'Hôtel-Dieu a sculpté sa main", dit-on. Le lieu est idéal en effet car "on y mourait beaucoup, mais surtout on y disséquait souvent". Très vite, Ambroise Paré maîtrise l'art des saignées et celui de la composition des médicaments, et pratique de nombreux actes chirurgicaux, le plus souvent "en public, comme au spectacle":  ôter un kyste ou une tumeur, amputer un bras, remettre un oeil sorti de son orbite, scier des dents ébréchées, réduire une fracture du nez, et enfin, "aider la nature dans ce qui lui fait défaut", c'est-à-dire remplacer une main, une jambe, ou une oreille par un organe artificiel.
        Au fil des pages, nous suivons les déambulations d'Ambroise Paré : de "l'air plombé de miasmes et de vapeurs" qui sature l'Hôtel-Dieu jusqu'aux blessés des champs de batailles, nous découvrons la "main savante" du jeune médecin. Non seulement doté d'une remarquable habileté, Ambroise Paré possède également un sens de la médecine hors du commun. On pourrait multiplier les exemples, mais le cas du Marquis d'Havret est particulièrement significatif. Au cours de l'été 1569, une balle d'arquebuse atteint le marquis au genou et lui fracture l'os. Alors que la fièvre le consume et que la mort semble la seule issue, Ambroise Paré met en place une stratégie de guérison. En complément des opérations chirurgicales nécessaires (incisions), il soigne son patient par la douceur des plantes - feuilles de nénuphar et oxycrat (mélange de miel et de vinaigre) -  et des "aliments succulents": Paré prescrit oeufs mollets, raisins de Damas confits, et "viandes rôties et de digestion facile, avec des sauces d'orange, de verjus d'oseille, de grenade aigre". Et pour la nuit, "quelques grains d'opium pour dormir". L'état du marquis s'améliore peu à peu, et viennent alors "violes, violons et amuseurs pour le distraire". En quelques semaines, le marquis condamné est guéri : avec ses attentions généreuses, Paré "rassurait les patients toujours et partout, et semant l'espoir il réussissait où les autres échouaient".
        A travers l'itinéraire d'Ambroise Paré nous découvrons une manière inédite de pratiquer la médecine et d'aborder la maladie et le corps. Il s'agissait de "combattre le feu par l'huile, lénifier, graisser, refroidir la combustion, adoucir les brûlures par la tiédeur des baumes" ; "il s'agissait toujours d'apaiser, de lubrifier, de relâcher, d'humecter les parois de la plaie afin de la disposer à la suppuration, façon la plus sage de soigner. L'humanité, toujours". Ainsi substitue-t-il par exemple l'huile bouillante utilisée pour cautériser les plaies par un mélange (efficace) de jaunes d'oeuf, de térébenthine et d'huile de rosat (huile d'olive où macèrent des pétales de rose). Si Ambroise Paré maîtrise parfaitement l'art de la chirurgie, son rapport à la médecine et aux patients n'est pas uniquement technique : "quand il soignait quiconque, il partageait avec le patient moins sa douleur que sa maladie ou sa blessure, si étroitement que des décennies plus tard il se souvenait avec une précision d'architecte du nom, de l'âge, de la profession, du lieu de résidence, et bien sûr de la maladie ou de la blessure des gens qu'il avait traités, en dépit de leur nombre. Ce n'était pas une affaire de mémoire, encore que la sienne fût hors du commun, mais de douceur". Pour Paré, c'est toujours la vision humaine de la médecine qui prévaut. Jamais ses patients ne sont réduits à des "assemblages d'organes". Il s'agit de "porter à chaque individu une attention particulière et irremplaçable, une attention qui prenne en compte l'irréductible solitude de celle ou celui qu'on soigne". C'est d'ailleurs pourquoi Ambroise Paré s'est particulièrement attaché à la conception de prothèses : "il proposait aux borgnes des yeux artificiels en or émaillé peints selon la couleur d'origine", "les nez, souvent tranchés dans les batailles et les duels, il en refaisait en or, en argent, ou en papier de linge collés". Sans oublier les prothèses de mains, de bras, de jambes, dans lesquelles il excellait. Ainsi, le chirurgien entretient un rapport maîtrisé à la technique, loin de tout asservissement.
        Enfin, le chirurgien est aussi écrivain, et ses découvertes font l'objet de descriptions qu'il soigne particulièrement. Car Ambroise Paré ne conçoit pas la science sans la poésie, sauf à courir le risque du "stérile éclat de techniques dénuées d'âmes". Avec ce portrait intime (publié dans la collection "L'un et l'autre", chez Gallimard), Jean-Michel Delacomptée nous tend un miroir vers son propre univers littéraire - soucieux du corps et de ses manifestations. La main de l'écrivain, porteuse de descriptions minutieuses, semble parfois se confondre avec celle du chirurgien. "C'était tout cela Ambroise Paré, la main qui tranche et la main qui panse. La main qui soustrait et la main qui ajoute. La main qui fabrique, la main qui écrit. La main du vif-argent, de la ligature, de l'huile, et celle de l'encre dispensée par la plume. L'intelligence, la bonté tout entières dans la main".

    source : http://www.nonfiction.fr/article-176-la_main_savante_dambroise_pare.htm

        Ambroise Paré, formé sur le terrain, avant l'arrivée du cartésianisme, pensait :
            « Je le pansay, Dieu le guarist (en moyen français)
            Je le pansai et Dieu le guérit. »
        On cite volontiers cette phrase modeste de Paré pour résumer sa philosophie. Paré écrivit cette phrase, dans un cahier de notes, au sujet des soins qu'il donna au capitaine Le Rat, lors de la campagne de Piémont de 1537-1538. Il utilisera cette formule tout au long de sa carrière (Jean-Pierre Poirier, Ambroise Paré, Paris, 2006, p. 42). En 1552, les soldats français, assiégés à Metz par l'armée de Charles Quint, souffraient d'une grande disette. Le serviteur d'un capitaine voulut réquisitionner des vivres auprès de paysans, qui le percèrent de douze coups d'épée. Il était si mal en point que le capitaine s'apprêtait à le faire jeter dans une fosse. Ambroise Paré, persuadé de pouvoir sauver le blessé, obtint qu'il lui fût confié. « Je lui fis office de médecin, d'apothicaire, de chirurgien et de cuisinier : je le pansai jusqu'à la fin de la cure, et Dieu le guérit. » (Jean-Michel Delacomptée, Ambroise Paré, La main savante, Gallimard, 2007, pp. 166-167). Également cité par Jean-Pierre Poirier, Ambroise Paré, Paris, Pygmalion, 2006, p. 9, qui renvoie à Ambroise Paré, Voyage d'Allemagne, Œuvres, t. III, p. 698. Paré a écrit, dans le même ordre d'idées : « la préservation gît plus en la providence divine qu'au conseil du médecin ou chirurgien ». (Cité par Jean-Pierre Poirier, Ambroise Paré, Paris, 2006, p. 33).

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambroise_Paré


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  • Titre :     Sacrée médecine, histoire et devenir d'un sanctuaire de la Raison
    Auteurs :    Jean Baubérot, Raphaël Liogier
    Editions :    Entrelacs, Paris, 2010, 196 pages

    Résumé :
        Pour expliquer la crise que traverse aujourd'hui la médecine, J. Baubérot et R. Liogier évoquent les mouvements religieux qui pratiquent la guérison des âmes et des corps, le pouvoir quasi sacerdotal du médecin aux XIXe et au XXe siècle, le rapport à la mort au fil des siècles, les espoirs religieux que cachent la technicité et les incantations biomédicales.

    Description :
        La médecine est-elle en danger ? L'hôpital est-il une institution en perdition ? Nous vivons en France une crise de la médecine, plus ambivalente que celle de l'école, mais tout aussi profonde.
        Aux XIXe et XXe siècles, un transfert d'espérance s'est opéré de la religion vers la médecine, devenue un véritable sanctuaire de la Raison. Mais la médecine a progressivement perdu son statut sacré. La distance qui existait naguère entre le médecin et son patient s'est considérablement réduite. On n'hésite plus à demander des comptes au « docteur » qui n'est plus le détenteur intouchable d'une science sacrée, grand prêtre d'un sanctuaire inviolable. On souhaite pouvoir « mourir dans la dignité » : rester jusqu'au bout un sujet autonome et responsable. On demande à l'hôpital et à ses personnels une perfection impossible : soigner, guérir, consoler, apaiser, à tout moment et à moindre coût.
        L'institution hospitalière serait-elle plus qu'un service public ? Elle est en tout cas le reflet du prix que nous accordons à la santé. Aucune réforme de l'hôpital, aucune politique médicale ne peut réussir sans tenir compte des bouleversements des valeurs, des croyances et des modes de vie qui ont secoué nos sociétés depuis la deuxième moitié du XXe siècle.
        Plaidoyer pour une voie républicaine originale qui, sans renier l'aspiration à l'universel, se dégage d'un absolutisme scientiste séculaire, cet ouvrage remarquable tente de décrypter l'histoire, et de penser le devenir d'une médecine au service de l'homme. L'effritement des murs du temple offre peut-être l'opportunité de bâtir une nouvelle médecine à la fois plus scientifique et plus humaine, moins mystérieuse et arrogante, moins froide aussi, et pourtant tout aussi, sinon plus efficace.
    source : http://www.librairiedialogues.fr/livre/1739190-sacree-medecine-histoire-et-devenir-d-un-sanct--jean-bauberot-raphael-liogier-entrelacs

    Recension :
        Dans cet essai original, Jean Baubérot et Raphaël Liogier analysent les processus de sacralisation puis de désacralisation de la médecine. Cette dernière, devenue du XIXe siècle à la fin des années 1960 un "sanctuaire de la raison", fut un des symboles sacrés et laïcs du progrès triomphant. Pendant plus d'un siècle, les médecins ont goûté cette "sécularisation enchantée" avant d'être confrontés à l'émergence de contestations de plus en plus marquées. Petit à petit, les patients se font plus critiques, les exigences en termes de médecines dites alternatives s'amplifient et les certitudes scientifiques s'effritent. Les deux auteurs décryptent habilement cette évolution et ses conséquences en prenant pour objet l'hôpital public, analysé comme un miroir de la société.
        Au-delà de la perspective historique, c'est dans l'analyse des valeurs sur lesquelles se fonde l'institution hospitalière et l'explicitation des risques de voir ressurgir un hôpital pour les pauvres, à la manière de ceux du Moyen Age, que réside l'un des principaux intérêts de cet ouvrage. Dans un contexte d'accroissement des inégalités de santé et de délitement du service public hospitalier, les deux auteurs proposent une lecture riche des évolutions et des enjeux de la médecine moderne.
    David Belliard - Alternatives Economiques n° 299 - février 2011
    source : http://www.alternatives-economiques.fr/sacree-medecine--histoire-et-devenir-d-un-sanctuaire-de-la-raison_fr_art_1073_53151.html

    Sommaire :
    Introduction
        Critique de la Raison médicale
        La médecine, un « sanctuaire républicain »
        La « sécularisation médicale »
        L'hôpital, sanctuaire de la médecine
        L'hôpital, un « service vital »
    Partie 1 : Sacralisation et désacralisation de la médecine, éléments socio-historiques
    1. La sacralisation de la médecine, face cachée de la laïcisation en France
        L'importance politique de la médecine
        Confiance et croyances en la médecine et en l'école
        1803 : la création de l'institution médicale
        ...dans le cadre d'un premier seuil de laïcisation
        ...et de la visée de la médicalisation (1804)
        Rupture anthropologique et conflits des deux France
        Transfert et conflits entre médecine et religion
    2. Médecine triomphante et laïcité établie : ces extraordinaires « hommes en blanc »
        La « mensonge consolateur » du médecin
        Allongement de la vie contre soulagement de la douleur
        Le passage du premier au second seuil de laïcisation
        Pasteur, non-médecin et agent du triomphe de la médecine
        La sécularisation enchantée
        Laïcisation et médecine
        La médecine entre deux forme de pouvoir
        Renouveau de l'influence catholique, mais suprématie médicale
        L'utopie d'une médicalisation globale
    3. 'Le' médecin et 'la' femme Cléricalisme médical ?
        La femme, bénéficiaire de la pratique médicale
        Religieuses et soignantes
        L'action des religieuses : une autre médicalisation
        Religieuses et laïcisation de l'hôpital
        Religieuses soignantes et infirmières
        Les enjeux de l'invocation de la pudeur
        Une femme est-elle capable d'être médecin ?
        Fonction cléricale, phallus paternel
        Les changements des années 1960 et 1970
    4. Du clerc triomphant au clerc incertain
        Balint : une vision théologique de la médecine
        Un cléricalisme médical assumé
        De l'antimédecine
        ...à la demande de séparation de la médecine et de l'Etat
        Les patients entre cléricalisme et anticléricalisme médical
        Pluralisation médicale et nouvelles formes de contestations
        Le tournant de la bioéthique
        Le renouveau de la question anthropologique
        Mourir dans la dignité : nouveau combat pour la liberté de conscience

    Partie 2 : La crise de la raison médicale
    5. La médecine, reflet de la société et de ses contradictions
        La « crise » de l'hôpital comme « crise » sociale
        Les contradictions théoriques et pratiques de l'hôpital moderne
        Le continuum représentations-valeurs-décisions-actions
    6. Santé industrielle, santé postindustrielle
        L'expression matérielle d'une nouvelle économie symbolique de la santé
        Les quatre définitions idéaltypiques de la santé au sein de l'hôpital
        Représentations de l'hôpital et nouvelles valeurs sanitaires de bien-être et d'autonomie
        La logique de l'individuo-globalisme sanitaire
        Superpositions et conjonctions de trois types de valeurs au centre de la crise hospitalière
    7. La médecine, l'hôpital : théâtre d'illusions
        L'industrialisation de l'hôpital
        « Docteur » : un statut à part
        L'illusion industrielle du progrès médical face à la réalité sociale
        Renversement technologique et réisitance symbolique du médecin comme détenteur du « savoir-pouvoir »
        Le risque de régression de l'hôpital industriel pour tous à l'hospice néo-féodal pour pauvres
        La mise aux normes « postindustrielles » de l'hôpital : évolution et résistances
    8. Pour une médecine désillusionnée mais néanmoins républicaine
        L'impact des représentations sur les coalitions de l'organisation hospitalière
        Le fonctionnement idéologique de la « nouvelle gouvernance hospitalière »
        La « nouvelle gouvernance hospitalière » comme champ de luttes symboliques
        Dominants et dominés de la nouvelle religion sanitaire « individuo-globaliste »
        L'individuo-globalisme sanitaire comme ressource de la « politique du sujet »
        Désacraliser la médecine mais sauver l'hôpital

    Conclusion : Vers une médecine de moins en moins sacrée et pourtant de plus en plus vitale

    Bibliographie


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  • L. Martin - Magnétisme humain en face de l'hypnotisme, l'action curative à distance (1907)

    Auteur :     L. Martin (de Genève)
    Titre :     Magnétisme humain en face de l'hypnotisme, l'action curative à distance
    Editeurs :    F. Ducloz (Moûtiers-Tarentaise), 1907, 217 pages (gallica)

        Evoque Louis Antoine à la page 140 :

        Suivant toujours la même marche dans notre raisonnement, de même que nous avons affirmé, démontré, tout à l'heure, l'action directe du magnétiseur s'exerçant dans son entourage, sur des animaux, avec autant de succès que sur l'homme, nous pouvons affirmer aussi que l'action curative à distance s'exerce aussi bien au profit des animaux qu'à celui de l'homme.
        Nous savons que M. Antoine, le réputé magnétiseur belge, de Jemeppe-sur-Meuse, donne journellement des soins à distance à des animaux.
        Pourquoi ceux-ci ne seraient-ils pas susceptibles de recevoir l'action bienfaisante à distance au même titre que l'homme ?


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  • Titre :     Guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui
    Editions :    Musée en Piconrue, 2003, format 21/29,7 - 334 p - ill. NB et couleurs
    Prix :     42 €

        Malgré des progrès incessants, la médecine scientifique est impuissante à prendre en charge tous les maux de l'humanité. A son corps défendant, elle cède le terrain à un autre art de soigner: celui des guérisseurs traditionnels souvent investis d'un don personnel transmis de génération en génération. Cette tradition fait partie intégrante de la la médecine populaire aux multiples aspects: culte des saints guérisseurs, recours aux plantes médicinales, pratiques magico-religieuses, etc...
        Associé au Séminaire des Arts et Traditions Populaires de Wallonie de l'Université de Liège et à divers autres chercheurs, le Musée en Piconrue a mené une enquête en profondeur sur le sujet. L'ouvrage a pour ambition de lever un coin du voile sur le petit monde secret des guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui et sur la vitalité de la médecine populaire dont la résistance intrigue dans notre société moderne et scientifique.

    source : http://194.78.142.104/piconrue/pages_sommaire/pg_publications.htm#Gu%C3%A9risseurs%20d%27hier%20et%20d%27aujourd%27hui



         Au Musée en Piconrue de Bastogne
         Guérisseurs d’hier et d’aujourd’hui : un livre et une exposition
        La médecine scientifique, malgré des progrès incessants et spectaculaires, est impuissante à prendre en charge tous les maux de l'humanité. A son corps défendant, elle doit alors abandonner le terrain à un autre art de soigner: celui des guérisseurs traditionnels qui pratiquent, dans une semi-clandestinité, leur étonnant "charisme de bienfaisance", la plupart du temps fondé sur un don personnel transmis de génération en génération. D'où vient cette tradition? Quels liens entretient-elle avec la médecine savante et les multiples aspects de la médecine populaire dont elle fait partie intégrante (culte des saints guérisseurs, recours aux plantes médicinales, pratiques magico-religieuses, etc.)? Quelle est la place du guérisseur dans la Wallonie d'aujourd'hui?
        Piconrue s’est associé avec le Séminaire des Arts et Traditions Populaires de Wallonie et divers autres chercheurs (folkloristes, ethnologues, anthropologues, historiens, médecins) afin de mener une enquête en profondeur sur le sujet. De ce travail, nous avons tiré un livre de référence abondamment illustré ainsi qu'une exposition: ces deux réalisations ont pour ambition de lever un coin du voile sur le petit monde secret des guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui et plus largement sur la vitalité de la médecine populaire dont la résistance intrigue dans notre société moderne et scientifique.
     
    A. L’exposition
        L'exposition, quant à elle, évoque la figure du guérisseur traditionnel – "rebouteux", magnétiseur, etc. – à travers ses pratiques et ses instruments. Elle en re-situe la figure dans le contexte plus général de la médecine populaire.
        De salle en salle, le visiteur découvre ainsi, maladie par maladie, les multiples remèdes proposés par l'art de guérir traditionnel, comme le recours au surnaturel (culte des saints guérisseurs, pratiques magico-religieuses, etc.) ou les médications naturelles (préparations empiriques à base de plantes médicinales, etc.). Les remèdes fabriqués par l'industrie à partir de recettes traditionnelles et vendus en pharmacie sont également pris en considération.
        L'exposition éclaire particulièrement bien la grande et pittoresque diversité de toutes ces thérapeutiques. Elle met en scène de manière attrayante et vivante tout un arsenal de pièces hétéroclites, à la beauté singulière: de la statue de Notre-Dame aux Larmes invoquée contre les maux d'yeux, à l'arbre à clous sur lequel le patient transférait son mal de dent; du livre de remèdes paysan au flacon d'huile de foie de morue; de l'herbier ou de l'almanach du XVIe siècle à l'affiche moderne vantant les mérites d'un élixir miracle; d'un tableau de Breughel de Velours à une boîtes en fer lithographiées ayant contenu des pastilles anti-toux.
        Ont notamment contribué à cette exposition d'une grande richesse documentaire les Université de Liège et de Louvain, le Musée de la Vie rurale de Peppange, l'abbaye de Maredsous ainsi que plusieurs collectionneurs de renom: Mme Marine Robert (les affiches publicitaires Thérabel), Mme Dardenne de Grand-Hallet (les boîtes en fer blanc lithographiées), M. Georges Vanhalle de Huy (instruments et objets divers provenant d'une ancienne pharmacie), Mme Versailles de Tournai (les objets concernant la confection et la conservation de la thériaque). Plusieurs œuvres d'art et objets relatifs à la médecine populaire ont par ailleurs été prêtés, à l'initiative de la Province de Liège, par le Musée de la Vie wallonne, le Musée de Wanne et le Musée de l'Art wallon.
        Le montage audio-visuel, qui accompagne l’exposition, est consacré à la figure d’Hildegarde de Bingen, mystique allemande, prophétesse et guérisseuse du XIIe siècle. La salle vidéo projettera  par ailleurs des films ethnographiques et des reportages sur les guérisseurs traditionnels d’Ardenne, sur les arbres à clous, les pèlerinages aux sources miraculeuses, etc.

         Ouverture de l’exposition du 1er juillet au 6 novembre 2003, du mardi au dimanche, de 13 h 30 à 18 h, au Musée en Piconrue, place Saint-Pierre, à Bastogne.

    Pour plus d'informations:
    Possibilités d'interview avec:
        * Françoise Lempereur, ethnologue, responsable de l'enquête sur les guérisseurs d'aujourd'hui.
        * André Neuberg ou Olivier Donneau, pour le Musée en Piconrue. Tél.: 061/21 56 14
     

        B. L'album Guérisseurs d'hier et d'ajourd'hui.      
        Il s’agit d’un album de 340 pages , plus de 250 illustrations en quadrichromie. Prix de souscription : 35 euros jusqu’au 30 juillet 2003.  S’adresser au Musée en Piconrue, place Saint-Pierre, 24, 6600 Bastogne.
        Prix de vente après cette échéance : 42 euros, au musée ou en librairie.  

        Table des matières.

        I. Guérisseurs et médecins: des savoirs concurrents?
        Carmélia OPSOMER - Robert HALLEUX, Médecine savante et médecine populaire. Balises pour une histoire parallèle.

        II. Guérisseurs d’autrefois
        Joseph MERSCH, Hildegarde de Bingen.
        Antoinette REUTER, Le prêtre, une figure singulière de guérisseur dans les procès de sorcellerie luxembourgeois (XVIIe siècle).
        Joseph MERSCH, L’abbé Nicolas Neuens, naturopathe et hydrothérapeute.
        Louis CHALON, Quand le spiritisme tourne au culte populaire… (Louis Antoine dit Antoine le Guérisseur (1846-1912), fondateur de l'antoinisme)
        Micheline BARON-VAN EECHOUTE - Mireille LECRENIER, En région liégeoise, cinq tombes de guérisseurs encore fleuries.
        Sébastien ZANUSSI, La source du Père Antoine.
        Philippe ANDRIANNE, Bodet: L’herboriste guérisseur de Malmedy.
        Annette DE MARNEFFE-LAURENT - Esther BAIWIR, Catherine Seret: plus de 150 ans de guérison.
        Olivier SCHMITZ, L’arsenal thérapeutique familial d’autrefois à travers un carnet de recettes (XIXe - XXe siècles).
        Francine DELVAUX, La publicité pour les remèdes.
        Nicole SCHMIT, La médecine populaire à travers la littérature wallonne.

        III. Guérisseurs d’aujourd’hui
        Olivier Schmitz, Usagers et praticiens, quelques aspects sociaux du recours aux guérisseurs: l’exemple de la Wallonie.
        Olivier DONNEAU, Guérisseurs d’Ardenne et du pays de Liège. Quelques données statistiques
        Jacques CHARNEUX, Le vieil Armel et ses guérisseurs d’Ardenne. Souvenances et complaisances d’un fidèle usager toujours bien vivant.
        Yvette BRISMEE-ANTOINE, Le don et le secret.
        Astrid CORBEAU, Les guérisseurs: un don sans contre-don?
        Marie-Claire DESMETTE, Confessions de guérison ou… Que cherchent-ils chez le guérisseur?
        Françoise LEMPEREUR, Guérisseurs bilingues des Fourons.
        Marc LAMBORAY, La pommade de Durbuy, un remède miracle?

        IV. Prévenir le mal et le guérir. Recours à l'Au-delà
        Lucienne STRIVAY, Prévenir le mal.
        Olivier DONNEAU, Médecins et vétérinaires célestes.
        Michèle BARON, Pèlerinages aux saints guérisseurs en Hesbaye liégeoise, hier et aujourd'hui.
        Françoise LEMPEREUR - Michèle BARON, La pratique de la neuvaine.
        Marc LAMBORAY, L'huile Sainte-Catherine.
        Alain-Gérard KRUPA, La religion populaire dans les collections du Musée de la Vie wallonne.
        Paul SANGLAN, L'arbre guérisseur.

        V. L'animal guérisseur
        Georges THEVES, Les animaux utilisés en médecine et en chirurgie, jadis et aujourd'hui.
        Marc LAMBORAY, L'animal guérisseur.
        Michel BRISMEE, Un guérisseur inattendu: le dard de l'abeille.

        VI. La vertu des simples
        Anicet FRASELLE, Les saints, les simples et la santé.
        Philippe ANDRIANNE, L’élément végétal dans la pharmacopée populaire.
        Philippe ANDRIANNE, De la thériaque à l'élixir du Suédois, un remède très ancien redevenu populaire.
        Marie-Claire DESMETTE Pommade aux fleurs de souci - Pommade aux fleurs de camomille
        Ann DEPRETER L’herboristerie de transmission en région spadoise .

        VII. Sources de vie
        Marie-Ode TULLIEZ La Fontaine Sainte-Geneviève de Strée.
        Françoise LEMPEREUR Les eaux qui guérissent.
        Philippe ANDRIANNE, Le sourcier.
        Philippe ANDRIANNE, Les eaux médicinales.

        VIII. Pierres de santé
        Olivier SCHMITZ, Les pierres à usage thérapeutique.
        Postface
        Bibiographie générale et par thèmes


        Le chapitre présentant l'antoinisme est cours, et surtout il est en corrélation avec certains spirites. Le titre en témoigne (Quand le spiritisme tourne au culte populaire...). Iconographiquement, on trouve une photo du Père par I. Mordant, Liège avec l'Arbre de la Science de la Vue du Mal avec les dates et lieux de naissance et de désincarnation ; L'Arbre de la Science de la Vue du Mal en plus grand format, et une photo du temple d'Antoine le Guérisseur (avant la fondation du Culte Antoiniste). On nous parle ensuite du spiritisme et de la piété populaire ave les cas de Gilles Cabolet, Pierre Vilette, Denis Randaxhe, Henri Lacroix, Renée Remacle, et Pierre de Lambert.
        Ensuite vient une description de la Source du Père Antoine (avec une photo de celle-ci, et une photo de la Mère Antoine). La source sera de nouveau évoquée dans le chapitre Les eaux qui guérissent.
        Bref, comme dans La Belgique et ses Dieux, ou dans le Musée de la Vie wallonne, c'est le christianisme qui est le plus étudié et le reste se retrouve en parent pauvre des Universités. Cependant, comme le disait Pierre Debouxhtay, et comme le dit encore Régis Dericquebourg, l'antoinisme mérite d'être étudié...


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