• Paul Lesourd : Solutions Religieuses Autres Que Les Grandes Religions Pour Les Âmes À La Recherche De Dieu
            Les religions minoritaires et les mouvements philosophico-spiritualistes.
        Auteur : Lesourd
        Editeur : Presses De La Cité - Coll. Coup d'oeil
        Parution : 1973
        Nombre de pages : 332

        L'Académie des sciences morales et politiques a décerné le prix du baron Stassart à M. Paul Lesourd pour son ouvrage Solutions religieuses autres que les grandes religions pour les âmes à la recherche de Dieu.
    Prix académiques et littéraires, Bibliothèque de l'école des chartes, 1973, Volume 131, pp. 705-706
    source : persee.fr

        Le prix Stassart, que décerne l'Académie des sciences morales et politiques, a été fondé par un écrivain belge, Goswin baron de Stassart, mort en 1854, de son vivant membre correspondant de cette Académie. Par son testament, en date du 19 mai 1854, il a légué une rente de 500 francs pour faire l'objet d'un prix à décerner tous les six ans par l'Académie (section de morale), alternativement au meilleur éloge d'un moraliste désigné par l'Académie, ou au meilleur mémoire sur une question de morale. L'Académie a plusieurs fois proposé pour ce prix des sujets relatifs à la pédagogie, notamment une étude sur Channing (concours de 1871), et la question des devoirs et des droits de l'Etat et de la famille en matière d'enseignement et d'éducation (concours de 1882).
    source : http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3670
    http://www.hiram.be/Goswin,-baron-de-Stassart-1780-1854_a1550.html

    4e de couverture :
        Innombrables sont ce qu'on appelle "les petites religions" que le professeur Lesourd préfère nommer les Religions minoritaires. Mais généralement, si on connaît leur nom ou leur réputation, on ignore tout de leur doctrine, de leur théologie, de leurs rites.
        Le présent livre donne, pour les principales, tous les détails tous les renseignements historiques et liturgiques. Il montre leur importance en rappelant les grands traits de leur histoire, de la vie de leurs fondateurs et de leur évolution. Il indique comment ces religions minoritaires bénéficient ou tentent de bénéficier de la crise que traversent l'Eglise catholique et certaines branches de l'Eglise protestante. De plus, par l'exposé qu'il fait des doctrines de ces religions, il ouvre pour les âmes inquiètes ou désorientées, une fenêtre vers l'au-delà à travers des croyances ou des rites qui leur apporteront le calme, la sérénité et peut-être la foi qu'elles étaient en train de perdre.

        Le professeur Lesourd traîte ces religions minoritires très objectivement, sans parti pris, sans porter de jugeent de valeur, sans discuter leur théologie. C'est une oeuvre d'historien, d'archiviste. Il a joint à ces religions minoritaires quelques-uns des mouvements philocophico-spiritualistes qui ne sont pas des religions proprement dites mais qui parfois en tiennent lieu. Tout cela forme un ensemble de grande valeur historique et psychologique.


        Chapitre III - Les Antoinistes (p.79-88)
        Une page d'illustration représentant le Père, la Mère et l'Arbre de la Science de la Vue du Mal.
        Introduction présentant le Père, et signalant que les dix principes (cités in extenso) sont "la base de ce culte".
        L'auteur est renseigné et cite souvent les Tomes ou les propos des adeptes : "la fortune n'est qu'un dépôt qui nous est confié et dont nous devons rendre compte à notre entrée dans le monde des âmes. Si on nous retire la lutte matérielle, c'est pour nous permettre d'élever notre âme et de servir Dieu".

    Extraits :     
        L'auteur précise que "le culte n'établit aucun diagnostic, ne conseille ni ne déconseille un médicament ni une opération chirurgicale, ne fait ni passe, ni imposition des mains, ni prédiction d'avenir".
        Par rapport aux autres mouvements religieux, le Culte Antoiniste se borne à faire son travail spirituel pour l'humanité souffrante. Il s'efforce de répandre, dans ses temples et salles de lecture, l'amour et la loi morale pour celui qui veut les connaître. Il ne voit en tous les hommes que des frères, en toutes les religions que des individualités travaillant à un idéal commun.
        L'opération est plus importante qu'une bénédiction car "par la bonne préparation de cette prière en commun faite au nom du Père, on coupe les fluides contraires qui valent l'épreuve à ceux qui viennent demander assistance, on les opères de ces fluides. L'opération s'étend sur l'humanité entière. Celui dont la foi est encore incertaine trouve au cabinet de consultation, l'aide spirituelle pour se relier au Père et les conseils nécessaires pour sortir de ses épreuves. Aucun constat médical n'est établi. Chacun se rend compte par lui-même de ce qu'il a obtenu..."
        Le culte est légalement une religion à l'égal de toutes les autres, dont il a les caractéristiques extérieurs essentiels, ses livres sacrés contenant la Révélation du Père, ses temples, ses ministres, son emblème religieux, ses exercices rituels ; ceux-ci sont réduits au minimum, car le Culte étant tout intérieur ne s'harmonise qu'avec la plus grande simplicité de forme. C'est dans le recueillement et le silence que naissent et se développent les plus nobles aspirations de la pensée.
        L'Antoinisme est le pacificateur des esprits, puisqu'il travaille à se dégager de tout ce qui divise les êtres. Nous ne sommes divisés que par l'intérêt, dit le Père. Le culte est étranger à toute préoccupation politique et dénué de toute ambition d'aucune sorte ; il supprime toute distinction honorifique dans son sein (il n'y a que des frères et des soeurs et un desservant dans chaque temple) ; il écarte toute idée de salaire quelconque pour les adeptes, refuse tout testament s'il y a de la famille, toute forme de subside ou de cotisation, il n'accepte que des dons anonymes.
        "Le Père était un prophète. Il s'est tourné vers Dieu pour puiser en Lui la Révélation de notre temps.
        "La mission de la Mère fut de mettre le travail moral à la portée de ces forces humaines. Elle mit le culte au point pour permettre aux enfants du Père de se rapprocher de Lui. Elle s'est tournée vers les masses pour les amener à la pratique de la parole de Dieu et au travail moral.
        "Père et Mère sont les fondateurs du Culte Antoiniste. Ils constituent l'unité. Nous n'étions pas trop de deux, disait la Mère, pour soulever la grosse pierre."
        L'auteur fini par dire que le nombre d'adeptes du Culte Antoiniste est impossible à déterminer étant donné la liberté complète laissée par le culte à chacun, vis-à-vis de la pratique religieuse. Néanmoins on estime à 150 000 le nombre des pratiquants et à plusieurs millions le nombre des sympathisants. Le principal centre à Paris est : 49, rue du Pré-Saint-Gervais, Paris (XIXe).


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  • Auteur      Eaubonne, Françoise d’ (1920-2005)
    Titre         Dossier S comme sectes [Texte imprimé]  / Françoise d’Eaubonne
    Publication     Paris : A. Moreau, 1982
    Description mat.     313 p. ; 22 cm
    Collection     Collection Confrontations
    ISBN         2-85209-002-3 (Br.)  : 79 F
    Note générale     Bibliogr. p. 307-308
        La couv. porte en plus : "voyage chez les marchands d’absolu et d’alternatives, gourous et gouroufiés"
    Mat-Collectivité
        Association internationale pour la conscience de Krishna
        Association pour l’unification du christianisme mondial
        Mission de la Lumière divine
    Mat-Nom commun     Sectes -- 20e siècle
            Antoinisme
            Ecoovie (Mouvement)
            Enfants de Dieu (Mouvement)
            Longo Maï (Mouvement)
            Pentecôtistes
            Rose-croix
            Scientologie
            Sectes
            Témoins de Jéhovah
            Trois Saints Coeurs (Mouvement)

    source : opac.prov-liege.be

        L'auteure semble honnête et elle l'est dans la plupart des cas. Chose rare, elle alla même enquêter sur le terrain pour diverses sectes, comme les Témoins de Jéhovah.
        Cependant elle tombe, pour l'antoinisme, dans le même travers que beaucoup d'autres qui se contente de promesse sur la 4e de couverture. Ainsi, on ne sait pas quelles sont ses sources pour la secte belge, mais les erreurs sont légions.

        4e de couverture : Après le lointain massacre de la Guyana, la cascade de procès intentés à l'Eglise de Scientologie, les scandales Moon, la mort du fils de l'écrivain Roger Ikor, le public s'est passionné et inquiété.
        Le phénomène "secte", en passe de devenir un véritable fléau social, nécessite d'autant plus une enquête approfondie que beaucoup de celles-ci ne disent pas leur nom et se cachent derrière l'apparence de communautés et de coopératives, profitant du légitime besoin d'"alternative" des jeunes pour les mystifier et les exploiter. Quand Dieu ne fait plus recette, on recourt à la vie associative et à l'écologie.
        Que ce soit la prostitution institutionnalisée des "Enfants de Dieu", la mystique de pacotille des "Hare Krishna" au prétendu orientalisme, les captations d'énormes capitaux par Moon, le néo-nazisme de la "Nouvelle Acropole" ou les électromères science-fiction des Scientologues, que ce soit la famine et la danse à la plaine lune d'Ecoovie, l'exploitation sexuelle des femmes et du travail des fugitives du Nicaragua par telle secte "guyanesque" de Provence, chacun de ses groupes est ici étudié dans son histoire, son idéologie, ses avatars, sa finance et souvent ses morts suspectes. Religieux ou non, il range sous le joug les plus divers de la grande déception gauchiste.
        Françoise d'Eaubonne fait preuve dans ce compte rendu des qualités d'analyse et de dénonciation, d'humour et d'érudition qu'on lui connaît depuis "Le féminisme, histoire et actualité" aux mêmes éditions.

        Citations générales (p.162) : Mystifiés par des gourous : voilà leur trait commun. Mais la définition est plus importante que le nom. Continuons donc à placer sous celui, désuet à notre sens, de "secte" ces groupuscules qui se caractérisent par une vie communautaire fermé, rompant les ponts entre l'adepte et tout son passé, prétendant plus ou moins à l'autarcie et se signalant par le fanatisme commun pour une idée centrale, de moins en moins religieuse - en générale un aspiration "à la mode", écologique, alternative, voire parapsychologique, néo-fasciste, ou néo-révolutionnaire émise par un gourou (qui ne dit pas son nom) et régenté par une chefferie (groupée autour de lui et, en général, s'enrichissant du travail et des dons communs.)
        Cette définition a l'avantage de réunir tous les traits qui prédisposent un groupe à devenir mystificateur, dangereux et antisocial. Cependant, nous verrons par la suite que des sectes authentiques n'y correspondent pas dans la mesure où elles se contentent de diffuser un "enseignement" (infaillblement : une idéologie, religieuse ou non, à dormir debout) sans exiger une vie communautaire rompant les liens avec l'extérieur. Ce sont, en général, les plus vieilles sectes, et les moins néfastes car moins susceptibles d'attenter à la liberté individuelle.
        L'auteure précise sa pensée à la page 243 : Les sectes déjà anciennes comme les Antoinistes, les Rose-Croix, etc., ne montrent pas ce type d'avidité. Peut-être parce qu'elles sont en perte de vitesse ?
        Remarque injustifiée car se sentant en perte de vitesse, une vraie secte, comme l'explique Jean-Yves Roy dans Le Syndrome du Berger, s'enferme dans sa croyance de détenir la vérité et va jusqu'au bout de ses moyens, même si c'est la mort qui garantira la solution et de sauver la face.

        A la page 201, l'auteure se demande si le régime giscardien était-il si favorable aux sectes, et pour quelles raisons ? En retour, on se demander si le rapport n'était pas une réponde expéditive au laxisme des gouvernements précédents ? En effet, le rapport ne sort qu'après le double mandant de Mitterand alors qu'un rapport avait déjà été réalisé sur cette question en 1983 par Alain Vivien (qui commence son travail en 1978, donc sous Giscard d'Estaing, travail qui sera interrompu par la dissolution de l’Assemblée Nationale de 1981), à la demande du premier ministre Mauroy durant lequel la France voit l'abolition de la peine de mort, l'autorisation des radios locales privées, la loi d'amnistie, qui inclut les délits homosexuels, la régularisation des immigrés sans papiers qui exercent un travail et peuvent le prouver, la création de l'impôt sur les grandes fortunes, la loi-cadre Defferre sur la décentralisation, le passage de la majorité sexuelle à 15 ans pour tous, homos et hétéros, le durcissement du contrôle des changes, la loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises...
        Alain Vivien reviendra plus tard semble-t-il sur l'idée de légiférer contre les sectes comme en témoigne cet extrait d’interview publiée dans le Figaro le 29 avril 1992 : « Il ne faut pas créer de législation particulière au risque de faire apparaître les sectes pour des martyrs. L'arsenal dont nous disposons est tout à fait suffisant, il suffit de l'appliquer ! ». (source : wikipedia).

        Françoise d'Eaubonne donne, elle, comme moyen d'action contre les sectes, un peu les mêmes que Alain Woodrow à savoir :
    - application des lois existantes (p.282);
    - information (j'ajouterai information des faits avérés allant contre les lois existantes)(p.278), sinon "après avoir voulu protéger l'individu contre les sectes, il serait déplorable de livrer toute association d'individus marginalisés à l'Etat" (p.282)(c'est ce que font actuellement les rapports ministériels);
    - un changement de société proposant une alternative, notamment de la société d'abondance actuelle (pp.283 & 272).
        Bref, on voit que le gouvernement de droite de Chirac n'a pas suivi l'avis de la journaliste, et ne s'est pas donner la peine de consulter des chercheurs sur la question, mais se basent sur des informations fournies par les Renseignements généraux et par des associations spécialisées, telles l'UNADFI. Le premier rapport officiel datant de 1995 a établi une liste de sectes, désormais considérée comme caduque par le rapport de 2003, nous renseigne Wikipedia (cf. http://www.prevensectes.com/mivi3.pdf). Ce dernier parle des dérives sectaires concernant les atteintes à la santé, en remontant aux années précédentes, mais on n'y lit aucune condamnation contre l'antoinisme.
        Le problème est en fait que le rapport avec la liste reste diffusé sur internet. Et on ne lit plus rien dans les précédents et suivants rapports sur l'antoinisme, même par une atténuation du rapport caduque, comme pour les Témoins de Jéhovah, qui refusent la transfusion sanguine, mais dont il est dit qu'ils restent un mouvement qui " ne peut être assimilé à une secte absolue, mais dont certains aspects du comportement sont inacceptables dans la mesure où ils remettent en cause des droits fondamentaux de la personne humaine " (source : http://www.prevensectes.com/rev0202.htm#21a) ou la Science Chrétienne, qui pour la sociologue Anne-Cécile Bégot, est proche de la secte, pointant la « rupture avec le monde environnant (...) [et la] reconnaissance et soumission à une autorité », bien qu'elle considère qu’il faille nuancer ces éléments en France car le mouvement a dû s'accommoder de la laïcité environnante. En définitive, elle estime que le groupe tendrait « vers un type d'organisation religieuse intermédiaire entre la secte et l'Église : la dénomination ». Elle considère également que le mouvement est peu prosélyte en privilégiant « la qualité de ses recrues plutôt que la quantité ». (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Science_chr%C3%A9tienne#Point_de_vue_sociologique)
       Il n'y a que le rapport belge qui dénonce : "L'établissement d'un répertoire des mouvements sectaires (cf. le rapport de la commission d’enquête française) lui [M.Nefontaine] paraît dangereux, parce que cela donnerait également une mauvaise image d’organisations tout à fait honorables (par exemple l’Ecole de la Rose-Croix d’or, l’antoinisme, les Hommes d’affaires du plein évangile)" (source : http://www.ciaosn.be/49K0313007.pdf).

        Maintenant voyons le chapitre que consacre l'auteure au mouvement religieux qui nous intéresse. Il fait partie de la Deuxième partie, sur les Petites déviations ou les Bourgeonnements du délire, avec les Pentecôtistes, les Trois Sains Coeurs (ou Les adeptes de Jason), la Mission de la lumière divine, les Rose-Croix (ou L'ésotérisme séculaire) et les Témoins de Lucifer (ou L'humour noir ?).
        Le chapitre 5 sur l'antoinisme ou la foi du guérisseur comporte pas plus de 3 pages (pp.149-151), et on s'étonne de trouver autant d'erreurs en si peu de pages. Nous consacrerons donc une petite note pour chaque phrase qui appelle un commentaire.

        Trois adresses à Paris ; vingt-cinq en provinces ; trente-deux en Belgique ; n'est-ce pas beaucoup pour une secte de vingt mille membres ? (1)
        Le fondateur, né en 1846, est un pauvre mineur, puis ouvrier métallurgiste qui n'a de remarquable, outre sa beauté physique, qu'un extraordinaire piété. Comme il est de culte catholique, ses parents pensent l'envoyer au séminaire. Mais il préfère se marier (2) ; il épouse Jeanne-Catherine Collon après avoir voyagé en Allemagne et en Pologne où il a peut-être rencontré des initiés. Le spiritisme le passionne après la quarantaine ; il sera l'auteur d'un greffon étrange du spiritisme sur le catholicisme, et fondera ainsi "Le Nouveau Spiritisme" en 1906 (3).
        Sa réputation de guérisseur s'étend si rapidement qu'on fait bientôt de lui "l'égal d'Adam, de Moïse et de Jésus". Il est le Père, et son épouse la Mère. Il mourra en 1912, et Jeanne-Catherine huit ans plus tard (4).
        Une célèbre photo du culte antoiniste le représente, majestueux, impressionnant. Déjà âgé, il rayonne, barbe fleuve et cheveux torrentiels. Leur blancheur contraste avec le noir profond du regard. Le nez est droit comme une colonne grecque. Il élève la main d'un geste emphatique. "Le Régénérateur de l'Humanité" sait tirer parti de son apparence (5).
        Ses fidèles le fêteront le 25 juin, et sa femme aura le 3 novembre. On récite des prières et on chante en leur honneur dans tous les temples antoinistes français et belges (6).
        L'enseignement de cet apôtre de l'imposition des mains (7) est surtout contenu dans une dizaine de petits poèmes libres qui s'intitulent "principes". Ses disciples les diffusent ; ils tiennent des réunions et des conférences auxquelles tous sont conviés par prospectus (8) car le culte est ouvert à tout venant. Là on recommence à prier et on tente de guérir, les mains posées sur le mal. Les guérisseurs sont vêtus de noir (9).
        Les "principes" montrent une tolérance fort estimable ; on ne doit pas prêcher, on doit respecter toutes les croyances, et aussi l'incroyance ; faire la charité n'est jamais que la faire à soi-même ; toute souffrance est due au besoin de posséder ; imposer le respect aux autres est agir selon l'intelligence, mais contre la conscience. Âme profondément charitable, Antoine niait l'existence du mal ; il avait une conception "fluidique" du monde et du fonctionnement de notre mental qui correspondait à cette époque spiritiste où tout l'inconnu était placé sous le nom fourre-tout de "fluide". Et c'est bien un fluide lumineux qui semble émaner de lui, sur la photo du culte antoiniste.
        Sans entrer dans les détails, Didier Deplaige, producteur à Antenne 2 et J.-M. Leduc, journaliste et musicien, qui respectent cet insolite mystique, affirment qu'aujourd'hui "autour des Antoinistes gravitent d'autres groupes certes moins recommandables". On peut en effet supposer qu'une secte si fort axée sur la guérison en dehors de la médecine peut s'ouvrir à toutes sortes de charlatans qui abusent de la crédulité et vivent de la pathologie des naïfs (10).
        Tel est en effet l'écueil réservé à tout ce qui, sous forme de secte, voit le jour ; y compris à celles animées des meilleures intentions. Alors que les Partis et les Eglises ont donné l'exemple d'une telle détérioration de la foi ou de l'idéologie qui leur a donné naissance, en dépit d'un si grand nombre de personnes à surveiller leur évolution et à leur rafraîchir la mémoire, comment voudrait-on que des minorités fragiles et circonscrites par un milieu global indifférent ou hostile puissent maintenir, au-delà de leurs premiers fondateurs, l'excellence de leurs objectifs ? (11)
        De nombreux exemples peuvent être produits à l'appui de cette remarque. L'antoinisme ne fait pas exception. Après l'apostolat d'un illettré qui semble avoir montré toute sa vie une vertu naïve mais solide et sincère, ce serait "miraculeux" (12) si ceux qui se réclament du "nouveau spiritisme" avaient été capables de se montrer aussi honnêtes qui lui, aussi dévoués à "régénérer l'humanité", surtout dans un domaine où abondent les marchands d'élixir et d'orviétan de toute sorte.


    (1) C'est d'autant beaucoup de temples quand on en compte plus qu'il n'y en a : en Belgique il n'y a jamais eu plus de 31 temples. Par contre, en 1982, il y avait 28 temples en France. On ne sait pas quelle est la source de l'auteur pour donner le chiffre de 20.000 membres.
    (2) C'est la première fois que je lis cette histoire de séminaire. En tout les cas, il a 27 ans, c'est déjà un homme quand il se mari, et n'a donc pas à demander l'autorisation de ses parents pour cela. Il se mari d'autant plus que Catherine Collon est alors enceinte.
    (3) En 1906, c'est le Nouveau Spiritualisme qu'il fonde, et non le Nouveau Spiritisme. Il s'en était séparé officiellement en 1905.
    (4) Ce n'est pas 8 ans, mais bien 28 ans plus tard.
    (5) L'auteure insiste sur la beauté de Louis Antoine. C'est une femme. Jules Bois, cependant (certes c'est un homme) en fera un autre portrait : "C'est un microcéphale, les cheveux coupés très ras, une barbe de l'avant-veille, et je ne sais quelle teinte grisâtre sur tout sa personne, provenant sans doute de l'âge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppe, habille les êtres et les choses. Il parle avec une certaine difficulté, soit que le français ne lui serve pas de langage habituel, soit que sa nervosité, toujours en éveil, donne un tremblement à ses paroles."
    (6) On ne récite pas de prières et on ne chante pas dans les temples antoinistes où le silence est de rigueur, sauf pour le lecteur. L'auteure n'a donc pas pris la peine d'aller dans un temple pour vérifier ses sources, alors qu'elle le fit pour d'autres sectes bien plus dangereuses.
    (7) Louis Antoine n'imposera plus les mains à partir de 1901.
    (8) Je n'ai jamais eu connaissance de prospectus. Mais admettons.
    (9) Il n'est pas nécessaire de prier, mais on peut le faire. Ensuite on ne tente pas de guérir dans les salles de lectures, mais uniquement dans les temples où les adeptes assistent à l'Opération Générale pour obtenir selon sa foi. De plus, on ne pose pas les mains sur le mal, ni dans les temples ni dans les cabinets de consultation, ni dans les salles de lecture. Pour finir, il faut porter le costume pour être guérisseur, mais ce n'est pas parce qu'on est guérisseur qu'on porte le costume. C'est donc par un flot d'erreur que l'auteur fini son plaidoyer contre le culte pour ensuite pendre presque la défense de Louis Antoine.
    (10) C'est encore cependant mal connaître le fonctionnement du mouvement : tous dons revient au centre, Paris pour la France, Jemeppe pour la Belgique. Un charlatan ne pourrait donc pas vivre de la pathologie des naïfs, car il ne peut rien en garder pour lui. De plus, en cas de manquement au pratique du culte (qui ne va pas sur le terrain de la science, rappelons-le), l'exclusion est possible.
    (11) Je trouve justement que l'Antoinisme a très bien réussi à se maintenant dans la même foi, le même amour et le même désintéressement. Même si bien sûr, il n'est pas exclu que certains adeptes aient agi contre la loi. Comme le dit le Père, les lois humaines sont alors là pour servir pour punir le contrevenant, mais pas pour autant tout le groupe.
    (12) Pour les adeptes du "nouveau spiritisme", je ne sais pas, mais pour les adeptes du "nouveau spiritualisme", je témoigne encore une fois, de leur bonne foi. C'est d'ailleur la raison pour laquelle le groupe ne va pas sur le terrain de la science, et laisse le libre-arbitre à chacun de se soigner selon leur foi, en ayant recourt au médecin, au culte, ou au deux. Signalons d'ailleurs que pour l'antoinisme, il n'y a pas de miracle, il n'y a que la foi et la conscience qui compte.


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  • Auteur      Mat-Hasquin, Michèle
    Titre         Les sectes contemporaines
    Édition     2e éd. rev. et augm
    Publication     Bruxelles : Ed. de l'Université de Bruxelles, 1983
    Description mat.     119 p. ; 24 cm
    Collection     Laïcité. Série "Documents" ; 1
    ISBN         2-8004-0806-5
    Note générale     Bibliogr. p. 114-115. Indexographique
        Index
    Mat-Collectivité     Association pour l'unification du christianisme mondial
    Mat-Nom commun     Antoinisme
            Sectes -- Belgique -- 20e siècle
            Sectes -- Occident -- 20e siècle

    source : opac.prov-liege.be

        Il s'agit ici d'une thèse, et non d'un ouvrage à sensation d'un journaliste (même si on doit avouer sur les ouvrages d'Alain Woodrow et Françoise d'Eaubonne n'étaient pas si mauvais). Cet ouvrage sur les sectes est édité par les Editions de l'Université de Bruxelles, et fait partie de la collection Laïcité, éditée par le Centre d'Action Laïque qui comprend quatre séries : Recherches, Pédagogie, Documents, Manuels de morale. L'ouvrage est dans la série Documents.
        Nous voilà donc endin devant un ouvrage général sur les sectes (et évoquant l'antoinisme) qui ne soient pas un brûlot anti-secte, mais une étude du phénomène qui prend soin de comparer aussi ces mouvements religieux avec les Eglises établies.
        "Ni historique, ni catalogue exhaustif, cette étude tentera de mettre en évidence des structures dogmatiques et des mécanismes institutionnels, des fonctions et des formes essentielles du phénomène sectaire à partir d'exemples choisis parmi les groupes actifs aujourd'hui en Belgique et en France" (p.15). On peut dit que c'est un pari réussi.
        On comprend donc finalement que l'auteure n'a pas grand chose à dire à propos de l'antoinisme. Relevons les occurences :
    - "Lieu commun dans l'histoire des religions, l'origine divine du message est souvent attesté dans le corpus doctrinal des sectes. Le nouvel Evangile de la secte des Trois Saints Coeurs rassemble les messages dactylographiés par le pape Jean, alias Roger Melchior, sous la dictée de Dieu le Père. Louis Antoine, prophète de l'Antoinisme, et Ellen White, qui a organisé le mouvement des Adventistes du Septième Jour, bénéficièrent de révélations divines" (p.22).
    - "Même discrédit jeté sur la matière dans les textes doctrinaux de l'Antoinisme, assez diffus eux aussi mais tout aussi catégoriques que les écrits de la Christian Science. "La matière n'est que de l'imagination de l'esprit, lit-on dans le Développement de l'Enseignement du Père (s.l.n.d., p.109), l'obstacle qu'on doit surmonter pour arriver au vrai bonheur". Le mal, la souffrance, la mort n'ont donc pas d'existence réelle. Ils sont l'effet de notre appréciation des choses, de l'incompatibilité radicale entre la conscience et l'intelligence qui ne nous rend compte que des effets, sans nous éclairer en rien sur les causes, puisqu'elle perçoit par l'intermédiaire de la matière. Quand aux plaies du corps, "vêtement de l'âme", elles sont toujours la cause des plaies de l'âme, de ses imperfections (voir infra, pp.99-100)" (p.31-32). [les pages 99-100 citent quatre des Dix principes (le 6e, le 7e, 8e, et le 10e) et un extrait du Développement, pp.364-367].
    - "De la canonisation à la divinisation, il n'y a qu'un pas et les marques de respect dont les dévots entourent la personne du leader charismatique ou son souvenir montrent qu'il est souvent franchi. Les Antoinistes et les Amis de l'Homme vénèrent avec dévotion la mémoire de leurs prophètes, Louis Antoine, le "Père", et Lydie Sartre, la "chère maman". Dans le temple de Boston, un sanctuaire, éclairé par l'étoile de Bethléem, est réservé à Mary Baker-Eddy." (p.75).

        Comme nous le disions, l'auteure inclue une critique de phénomène sectaire dans les Eglises établies. On peut lire notamment : "Il procède, comme le remarquait Jacques Ellul à propos de Harvey Cox, un des théologiens de la sécularisation, de cette assimilation entre christianisme et religion que nous avons évoqué, de la 'certitude implicite que le christianisme étant la meilleure religion, tout renouveau religieux doit forcément aboutir à un renouveau chrétien', qu''il vaut mieux un homme religieux qu'irreligieux : sa demande religieuse prépare à la foi au Christ'." (p.73). C'est un phénomène sectaire que ne connaît pas l'antoinisme qui demande de "[respecter] toute croyance & celui qui n'en a pas". La conclusion de l'ouvrage abouti à ce constat : "Légalement, la ligne de démarcation est difficile à tracer entre conversion et lavage de cerveau". Et comprenant qu'il n'est pas aisé à l'homme "d'assumer sa difficile condition dans cette société-ci", Michèle Mat-Hasquin en arrive à la conclusion que "ce n'est point par perversion que l'homme s'est fabriqué de nouveau cette gangue mythique et cette topographie sacrée. Ce n'est point par stupidité mais par l'impossibilité de vivre dans cette tension, dans ces affrontements." Et si l'on veut que cette 'gangue mythique' disparaissent, il faut, citant Jacques Ellul que "l'on apporte une réponse qui soit satisfaisante et qui en même temps éclaire. Réponse et raison de vivre qui doivent être conjugués. (p.94-95). Cela était vu et étudié par Jean-Yves Roy dans le Syndrôme du berger.

        Donc comme je le disais, l'auteure n'a pas grand chose à dire ou à critiquer à propos de l'antoinisme : le terme apparaît ) propos de l'origine divine de la Révélation (ce qui vaut pour la plupart des religions), sur les textes diffus condamnant la matière (ce qui est un point de la doctrine qui est "à prendre ou a laisser", comme le caractère divin de Jésus, Dieu s'étant fait chair ou le caractère tout aussi diffus de la Trinité), et enfin la vénération ou dévotions des adeptes envers le Père (encore une fois ce qui vaut pour le christianisme et Jésus ou l'islam et Mahomet, et le bouddhisme et Bouddha, etc., etc., etc.).

        Cependant quelque chose me gène quand même dans cette étude. On dirait que l'auteure semble prendre comme un fait établi que l'Antoinisme est une secte. En effet, les Textes en fin cite la Révélation comme des textes de l'A.U.C.M., des Enfants de Dieu, de la Mission de la lumière divine, ou des Trois Saints Coeurs. Mais pas d'extraits là de la Bible (même si on en trouve dans le corps de l'ouvrage). Le but de l'auteure, comme le prouve sa conclusion, est de comparer les Eglises établies avec les sectes. Et l'antoinisme, pour l'auteure, fait partie des sectes. Mais on ne sait pas quel moyen l'auteure est arrivé à cette conclusion, hormis le fait de suivre l'avis de H.-Ch. Chéry ou Maurice Colinon dont les compétences en ce domaine ne sont pas des plus fondées. 

        L'auteure semble donc de parti-pris, et l'antoinisme se retrouve étudié à côté de mouvements religieux dont le caractère sectaire ne fait aucun doute. C'est donc de la diffamation. On lit en effet l'expression "les textes doctrinaux de l'Antoinisme", l'expression mal choisie, car connaissant l'antoinisme, on sait que le Père dit qu'il faut en comprendre en en appliquer ce qu'on veut selon son degré de compréhension. Ensuite, parlant de la contestation de la doctrine (p.76) comme étant interdite dans la secte ou l'Eglise, on sait que le cas ne se présente pas dans l'antoinisme, puisque des temples suivent le travail moral de Mère, alors que d'autres l'on contestés et ont décidés de retirer les photos. Finalement, l'auteure ne critique même pas le fait que l'antoinisme pratique la guérison spirituelle, car elle n'a aucun procès sur lequel s'appuyer pour le condamner.
        On peut donc finalement se demander pourquoi l'antoinisme figure dans cette étude, hormis le fait qu'il soit, par parti-pris, considérer comme une secte, sans en avoir les traits caractéristiques. Et il est dommage que cela n'ait pas été spécifié, car c'est ce qu'on aurait pu attendre de ce genre d'ouvrage.


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  • Titre        Guide de la France religieuse et mystique
    Auteur        Maurice Colinon
    Éditeur        Tchou (Centurion), 1969
    Longueur    769 pages

        Evoque l'antoinisme brièvement.

        L'ouvrage pose, d'abord, un certain nombre de problèmes quant à sa description bibliographique. La couverture proclame les éditions du Centurion comme éditeur. A l'intérieur, au dos du faux-titre, la maison Tchou est associée au Centurion. De plus, on nous indique, ici encore, que "ce guide a été réalisé à l'initiative de François Caradec". Qu'est-ce qui distingue un auteur d'un initiateur ? Surtout lorsque l'auteur de la couverture confesse, toujours au dos du faux-titre : "qu'il tient à exprimer sa particulière gratitude à M. l'abbé Paulet, ... qui a bien voulu mettre à sa disposition une irremplaçable documentation, sans laquelle ce livre n'eût pas été possible"? Quelle a donc été la part de M. Colinon ?
        L'ouvrage prend un partie générale et un dictionnaire alphabétique des lieux retenus comme particulièrement intéressants et significatifs. Les pèlerinages reçoivent la part du lion. Leurs légendes sont rapportées abondamment, avec une note bibliographique de ci de là. On a du mal à formuler un jugement sur un ouvrage de cette taille, tant il y faudrait de compétences diverses. Pour nous en tenir à ce que nous connaissons, signalons l'importance donnée aux sectes, confessions et religions non-catholiques ou non-chrétiennes. Mais l'à-peu-près semble avoir présidé à la rédaction de certaines notices. Ainsi celle sur les baptistes (p.82-83), où l'on relève au moins quatre erreurs, dont l'une statistique : il n'y a pas - et de loin - 20.000 baptistes en France ! Les dix-sept lignes consacrées aux mennonites (p.89) contiennent dix erreurs ou approximations, dont l'une statistique : il n'y a pas 10.000 mennonites en France, mais quelques 2.000 baptisés (Arch., 29, n°243) représentant une population ethnique d'au plus 5.000 personnes. Les pentecôtistes, par contre, sont probablement beaucoup plus de 10.000, en dépit de l'affirmation les concernant ici (p.94). On nous assure (p.95) que les quakers ont "supprimé... le culte" ; ce qui contredit ce qui affirmé plus bas concernant leurs réunions.
        On a des surprises du même genre dans la partie alphabétique. Ainsi à l'article Cahors (p.218-220), où Jean XXII, présenté en parallèle avec Jean XXIII, semble n'exister que par ce dernier ("Jean Vingt-Trois-Moins-Un, pape" !). On oublie de nous dire que ce pape du XIVe siècle entretenait des opinions peu orthodoxes sur la vision béatifique. De même on nous signale d'Alain de Solminihac que son "heureuse influence a été comparée à celle de saint Charles Borromée". Sans doute veut-on par là suggérer que le premier avait fait du second son modèle. Enfin on n'a quasi rien dit sur Cahors "religieux et mystique" lorsqu'on a évoqué Jean XXII, Solminihac et une liste d'évêques des premiers siècles sur lesquels on ne sait pas grand-chose. Carcassonne, il est vrai, se trouve encore plus mal traîté, puisque de cette ville même il n'est pratiquement pas question dans l'article sub verbo (p.224). Sans parler du caractère anecdotique pouvant être sujet à caution, comme dans l'article Montbéliard (p.459) où l'on détecte "une colonie mennonite, la plus importante d'Europe occidentale". C'est beaucoup dire pour une Assemblée de 300 membres au maximum. Amsterdam en compte beaucoup plus ! L'A. aurait dû s'en douter, qui fait venir de Hollande les mennonites français, en réalité bernois d'origine. De même aurait-on pu s'éviter de contredire ici ce qui est dit p.89 au sujet des ministères dans les communautés mennonites, sans jamais, d'ailleurs, être exact !
        Dernière caractéristique : l'ouvrage est écrit d'un point de vue catholique. Ceci nous vaut une carte des "apparitions de la Vierge en France" (p.32), qui pourrait être intéressante. Mais en lisant le texte de la page précédente on s'aperçoit qu'il s'agit en fait d'une carte des "vingt-cinq apparitions de la Vierge en France" qui "selon les spécialistes... méritent une attention particulière". Donc même pas une représentation de toutes les apparitions tenues pour orthodoxes par l'Eglise catholique et ayant suscité un culte public ! Enfin, l'historien même catholique ressentira éventuellement une certaine gêne devant des affirmations de ce genre : "Le culte de la Vierge Marie date  des premières années du christianisme. Les Pères de l'Eglise pensent que les apôtres, qui allaient souvent prendre conseil auprès d'elle de son vivant, entourèrent de dévotion son souvenir, à défaut de ses restes charnels (puisqu'on sait qu'il est admis que Marie fut ravie au Ciel, au jour de son Assomption)" (p.68). Admis par qui ? Par les Pères de l'Eglise ? Les historiens ? Les uns et les autres ? Ou ni les uns ni les autres ? Ou encore certains parmi les uns et personne parmi les autres ?
                  J.S.

    Jean Séguy, in Archives des sciences sociales des religions, 1970, Volume 29, pp. 199-200
    source : persee.fr


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  • Titre        Les sociétés secrètes et les sectes
    Auteur        Jean-Pierre Bayard
    Éditeur        Lebaud, 1997
    ISBN        2866452550, 9782866452551
    Longueur    280 pages

        Evoque l'antoinisme aux pages 183 et 184.

    source : Google Books

        Un même ouvrage peut-il rassembler des associations aussi différentes que la Franc-Maçonnerie, l'Eglise de Scientologie ou les Adorateurs de l'Oignon ? Sans aucune doute, si son but - comme dans le cas présent - est d'étudier l'ensemble des sociétés à caractère initiatique en y discernant la part du spirituel et du mercantilisme, de la sagesse et des errements.
        Jean-Pierre Bayard a mené une enquête rigoureuse, mais sans hostilité préconçue ni complaisance, en distinguant les sociétés secrètes de type traditionnel fondée sur la transmission d'une connaissance spirituelle et les sectes qui prennent le sens d'embrigadement et d'intolérance.
        En accordant une large place à des avis opposés, tels ceux émis dans le Rapport sur les sectes de l'Assemblée Nationale ou dans le débat sur le rapport initié par le Centre d'Études  sur les Nouvelles Religions, il présente l'historique des mouvements, leurs buts, leurs recherches, et révèle les rites de passage et d'initiation.
        Plus de 300 sociétés secrètes sont présentées et analysées : les ordres de chevalerie (Malte, Toison d'Or, Prieuré de Sion, ...), les ordres maçonniques, les Roses-Croix, les Cathares, les sociétés mystiques occidentales (Quakers, Mormons, Adventistes, ...) ou orientales (Zen, Krishnamurti, Tantrisme, ...), et des sectes diverses dans leurs origines, leurs buts et leurs activités.
        Jean-Pierre Bayard, docteur ès lettres, spécialiste du monde secret, ésotérique et légendaire, est l'auteur de nombreux ouvrages dont La Symbolique de la Rose-Croix, Le Compagnonnage en France, La Spiritualité de la Franc-Maçonnerie.

    source : http://www.prevensectes.com/bayard.htm


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