• Culte Antoiniste (Dimanche illustré n°787-27 mars 1938)

     

    Ce que c'est que le culte « antoiniste » ?
    L'ANTOINISME est une étrange religion, qui compte des adeptes en France et, davantage encore, en Belgique. Il naquit en 1906, au cours d'une expérience spirite, au cours de laquelle la révélation fut faite à un ouvrier mineur, le « père Antoine » de la « réincarnation de son fils ». Le centre de cette religion est à Jemappe-sur-Meuse, près de Liége. C'est là, en quelque sorte, la petite Rome du culte antoiniste. Il y a une dizaine de d'années, celui-ci groupait 300.000 adeptes, mais depuis quelque temps, il a beaucoup perdu. Quant à Antoine, il est décédé il y a peu d'années, après avoir professé que le mal ni la matière ne sont réels et qu'il suffit de s'en persuader pour être guéri de tous les maux physiques ou spirituels...

    Dimanche illustré n°787, 27 mars 1938


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  • Nos échos   -   A travers la vie
                   Dieux en marge
        Un modeste religieux vient de mourir aux environs de Montréal. Un million de personnes, venues de toutes les régions du Canada et de plusieurs provinces des Etats-Unis, assistèrent, nous dit-on, à ses funérailles. Il s'appelait Frère André et opéra - dit-on également - de milliers de guérison. Les Canadiens ont demandé sa canonisation. Je ne m'aventurerai aucunement sur la parcelle du terrain miraculeux détenue désormais par le prêtre canadien. Je préfère déambuler sur une autre parcelle du-dit terrain, celle qui est occupée par le Père Antoine, dont plus de sept cent mille zélateurs et vingt-deux temples dans le monde (en France : à Paris, à Lyon, à Tours, à Vichy, à Caudry...) attestent la « divinité ». A proprement parler, Antoine, ancien ouvrier mineur, surnommé Antoine le Généreux, après avoir, lui aussi, accompli des milliers de guérisons, devint après sa mort, de par l'effusion de ses adorateurs, non point exactement dieu, mais « Successeur du Christ, second Révélateur, deuxième incarnation de l'Esprit Consolateur ». Le don de guérison et les prodigieuses conséquences de ce don poussèrent l'ex-mineur à rédiger un évangile, dont je possède un exemplaire primitif. J'en extrais ceci :
    DIX PRINCIPES REVELES
    EN PROSE
    par
    ANTOINE LE GENEREUX
    DIEU PARLE :
    PREMIER PRINCIPE
    Si vous m'aimez,
    Vous ne l'enseignerez à personne.
    Puisque vous savez que je ne réside
    Qu'au sein de l'homme.
    Vous ne pouvez témoigner qu'il n'existe
    Une suprême bonté
    Alors que du prochain vous m'isolez

    SIXIEME PRINCIPE
    Quand vous voudrez connaître la cause
    De vos souffrances
    Que vous endurez toujours avec raison,
    Vous la trouverez en l'incompatibilité
    De l'intelligence avec la conscience.

        Il y a, vous dis-je, vingt-deux temples antoinistes...
        Quand le Père mourut, l'avis suivant fut affiché aur les murs de ses temples :
             « Frères,
        « Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner... Avant de quitter son corps, Il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission... Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à dix heures... »
        J'assistai à l'inauguration du temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud, dans le XIIIe. Une foule énorme était là. Il y avait des malades et des gens qui marchaient avec des béquilles, comme à Lourdes. La Mère était venue. Elle monta dans une chaire, joignit les mains et pria en silence. Tandis qu'elle priait, je voyais la foule des fidèles ; les yeux étaient tendus vers elle avec une expression d'amour et de ferveur indicibles. Quand elle eut fini de prier, elle s'en alla. Elle n'avait pas dit un mot. La foule s'écoula. Des malades affirmèrent qu'ils étaient guéris. Un porteur de béquilles se redressa et envoya promener ses béquilles.
                    André Arnyvelde

    Le Petit Parisien 22 fév. 1937 (Numéro 21909)
    source : gallica


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  • Sans doute toute spiritualité s'organise-t-elle en fonction du vécu personnel. Louis Antoine, lourdement confronté à l'épreuve, souhaite soulager celles qu'il croise sur sa route; Et c'est bien ce qui qu'il fait, avec une grande générosité. Sa doctrine découle de ses expériences. Conjurer la souffrance en dissociant la matière et l'esprit, c'est aussi, mutatis mutandis, la démarche de Platon pour supporter l'insoutenable désillusion de la condamnation à mort de Socrate. Et c'est bien sûr hautement discutable. Nous avons demandé à Jacques Cecius de nous présenter l'Antoinisme et, dans la foulée, le Dorisme. La Rédaction

    Une religion née en Wallonie
    Louis Antoine, fondateur d'une religion présente en Belgique, en France, au Brésil, En République démocratique du Congo et d'autres régions encore, est né non loin du bassin industriel liégeois, à Mons-Crotteux, en 1846. Il était catholique.

    L'épreuve
    Lors de la mobilisation en 1870, à l'occasion de la guerre franco-prussienne, il tua accidentellement un de ses camarades de troupe. Il se posa alors la question que tant d'autres se sont posée : pourquoi cette épreuve ? Épreuve pour le copain, épreuve pour les parents de celui-ci, épreuve pour lui-même. Démobilisé il s'en va travailler en Allemagne. Il se marie quelque temps après avec Catherine Collon. De cette union naîtra un fils, lui aussi prénommé Louis. Ensuite le ménage part pour la Pologne russe. Antoine travaille comme métallo, Catherine tient une cantine. Lorsqu'ils rentrent au pays, les Antoine sont en possession d'une somme assez rondelette. Ils font construire plusieurs "maisons ouvrières" qu'ils louent.

    Antoine se convertit au spiritisme au sein de l'église catholique. Leur garçon, alors qu'il a vingt ans, fait une chute et meurt quelques mois plus tard. "Pourquoi cette épreuve ?" se demandent les deux époux. C'est la rupture avec le catholicisme. Ils finissent par retrouver courage dans la foi kardeciste - spiritisme latin codifié par Allan Kardec (pseudonyme de Léon Rivail). Antoine crée alors une société spirite officielle "Les Vignerons du Seigneur". Au sein de celle-ci il devient le médium-guérisseur. Il est condamné pour exercice illégal de la médecine. Il abandonne alors les prescriptions de tisanes mais continue à magnétiser les malades. En 1906, il annonce qu'il abandonne le spiritisme et qu'il va enseigner le "Nouveau Spiritualisme". Chaque dimanche, il donne ses enseignements dans une grande salle qu'il a fiat construire de ses deniers.

    Les principaux points de sa doctrine :
    -       1. Dieu n'existe qu'en nous.
    -       2. La matière est une illusion.
    -       3. Notre véritable moi se développe au fur et à mesure des épreuves subies.
    -       4. Le mal n'existe pas : si je fais souffrir mon prochain, c'est qu'il s'est attiré cette épreuve en ayant fait, lui-même, souffrir un autre. Un peu de son "côté matériel" va s'éliminer au profit de son "côté spirituel". Et moi-même je m'attire une épreuve… et je progresse à mon tour. Par la destruction de notre "moi matériel" nous finissons par rompre la chaîne des renaissances.
    -       5. Nous devons agir suivant notre conscience.
    -       6. Il faut aimer ses ennemis car ils sont la cause des épreuves purificatrices.
    -       7. Toutes les croyances sont bonnes, l'athéisme aussi. Il nous faut d'ailleurs passer ces phases (de l'athéisme à l'antoinisme, via d'autres religions au cours des incarnations) pour arriver, un jour, naturellement, à la doctrine révélée du Père.
    -       8.Le prosélytisme est interdit.

    Combien sont-ils ?
    L'antoinisme est actuellement en déclin en Belgique. Il progresserait lentement en France, rapidement au Brésil et au Congo. Il n'est pas possible de déterminer exactement le nombre des adeptes. Selon les auteurs, on évalue le nombre des antoinismes entre 10.000 et 150.000. Cette dernière estimation me paraît nettement exagérée.

    Le culte
    En Belgique, le Culte a "réformé" la liturgie qu'avait la Mère Antoine. Elle est réduite à sa plus simple expression : le desservant du temple préside, les quatre premiers jours de la semaine à 10h, l'«Opération générale du Père», suivie d'une brève lecture tirée de son enseignement. Le soir a lieu une lecture suivie d'un court moment de recueillement pour les âmes souffrantes. Le dimanche, à 10h aussi, l'«Opération» est suivie d'une lecture plus longue.

    En France et ailleurs les adeptes observent toujours la liturgie "primitive" : un(e) adepte revêtu de la "robe révélée" (soutanelle pour les hommes, habit ressemblant à celui des ursulines pour les femmes) annonce que le Père va opérer ; trois coups de sonnette; le desservant monte à la grande tribune et se recueille durant trois ou quatre minutes; un(e) autre adepte en robe se trouve à la petite tribune. L'«Opération» terminée, il/elle fait la lecture. Après quoi retentissent à nouveau trois coups de sonnette et les deux officiant(e)s se retirent. Les malades peuvent alors être reçus individuellement. En Belgique, la lecture a été supprimée après l'«Opération», laquelle n'a pas lieu le dimanche qui est réservé à la lecture seulement.

    L'emblème est un arbre en métal dont les ramures aux branches symétriques portent la mention "Culte Antoiniste". Le tout est superposé à un écusson portant "l'Arbre de la Science de la Vue du Mal", cette vue qui occasionne le "piétinement spirituel" des hommes.

    Aux dires de vieux liégeois, les guérisons obtenues à la "foi du Père" furent nombreuses.

    L'Auréole de la conscience :

    Un seul remède peu guérir l'humanité : la foi.
    C'est de la foi que naît l'amour;
    l'amour qui nous montre, dans nos ennemis, Dieu lui-même
    car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis
    qui nous rend digne de Le servir.
    C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer
    parce qu'il est pur et de vérité.

    Jacques Cecius, Spa, le 12 avril 2003 complété le 2 juillet 2007

    source : http://prolib.net/pierre_bailleux/libresens/208.014.antoinisme.htm


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  •     La question 861 de l'ouvrage "Testez votre culture belge" est la suivante :
        Une seule religion a trouvé ses racines en Belgique. Comment s'appelle-t-elle ?
        La réponse est, vous le savez : L'antoinisme, culte fondé par Louis Antoine à la fin du XIXe siècle.

        C'est aussi la façon de définir l'antoinisme dans la brochure verviétoise Temps Jadis, Notre région au temps des Cartes Postales : La seule religion Belge : l'Antoinisme.

        La quatrième de couverture de Délivrez-nous du mal par les Editions Labor dit : "Roman vrai", Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. [...] L'auteur jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.
        Le développement de Robert Vivier précise que la "désincarnation de Louis Antoine, loin de marquer un arrêt dans le développement de la nouvelle religion, semble au contraire avoir rétribué à exalter les adeptes et à étendre le mouvement."
        On parle ensuite de culte et de religion antoiniste.
        Puis le petit ajout signale les livres parlant de l'antoinisme, après la mort de Vivier : Alain Woodrow, Les nouvelles sectes et Régis Dericquebourg, Religions de guérisons.
        Ce dernier auteur, qui est sociologue des religions, pencherait pour dire cult ou groupe métaphysique (selon Stillson Judah), mais il se refuse à en faire une Eglise ou une secte (cf.p.138).

        Comme on peut s'y attendre, Pierre Debouxhtay se garde bien de se prononcer, définir d'un façon aussi brute aurait en effet constitué un point de vue. Il raconte comment les Antoinistes ont voulu "obtenir la reconnaissance de leur culte" (p.270). En effet, Pierre Debouxhtay alla fouiller dans les archives du Ministère de la Justice (section des cultes).
        Bref, à l'époque on parle de culte ou de religion, les spirites seuls parlent de secte. C'est en effet encore le seul sens de ce mot : Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle (http://www.cnrtl.fr/definition/secte).

        On voit cela dans les journaux de l'époque :
    - The New York Times, le 25 décembre 1910 : Another new religion, another faith-healing religion, Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated, The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground (remarquons le flou dans la définition pour ce premier article, notons aussi que le sens de sect en anglais peut être différent, et que les Américains étaient plus accoutumés à ce phénomène que l'Europe).
    - Albert-L. Caillet en 1911 : Guérisseur et de Révélateur d'une doctrine, "Culte Antonin".
    - le Figaro en 1912 : Louis Antoine, un fondateur de religion.
    - Le Matin, en 1912 : religion nouvelle. Louis Antoine y avait instauré son culte il y aune vingtaine d'année. Sa religion, que l'on appelait l'"antoinisme", promettait la guérison des maladies par la prière et la foi. Il réussit ainsi à obtenir quelques cures sur certains malades du système nerveux.
    - Le Progrès spirite en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie.
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1912 : les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé.
    - La Liberté, en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une secte, une espèce de christianisme mélangé de théosophie (c'est le sens premier du terme secte, le journal se défini comme : Journal politique, religieux, social. L'article se termine par : Beaucoup d'incrédules ferment les yeux devant les merveilles de Lourdes, mais une superstitieuse crédulité les remplit de respect pour l'oeuvre de l'illuminé ou du charlatan Antoine).
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1913 : l'Antoinisme... La religion du Père Antoine.
    - La Liberté, en 1913 : De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux.
    - L'Echo du Merveilleux, en 1913 : l'« Antoinisme », cette religion nouvelle dont l'apôtre, Antoine le Guérisseur, qui mourut l'an passé, fut suivi jusqu'à la fosse commune par un cortège de plus de quinze mille fidèles gémissant et pleurant !, Une religion de malades, tel est l'effet assez juste que produit l'Antoinisme à notre confrère.
    - Le Petit Parisien, en 1924 : le culte antoiniste, spiritualisme nouveau
    - Les Potins de Paris en 1930 : Connaissez-vous l'Antoinisme? C'est une nouvelle religion [...], culte mâtiné, de spiritisme et de christianisme.
    - La Croix en 1936 : Certaines sectes religieuses se livrent dans notre diocèse à une active propagande. nous apprenons que l'Armée du Salut et l'Antoinisme spécialement cherchent à recruter des adeptes, distribuent des brochures ou sollicitent des offrandes. (Remarquons ici l'emploi de secte religieuse, dit par un journal catholique, on peut encore penser que le terme secte renvoi à son sens premier).

        Dans les registres de loi :
        En Belgique, l'antoinisme n'a jamais été reconnu comme culte ou religion, on en a donc fait en 1922 une ASBL en tant qu'Etablissement d'Utilité Publique en Belgique. La jurisprudence belge lui fait accéder à la Protection d'une dénomination religieuse le 9 janvier 1947 et le classe, le 21 novembre 1949, comme oeuvre philanthropique, avec confirmation, le 31 mars 1949, de protection de la dénomination religieuse. Le 19 juin 1992, il obtient l'Immunisation fiscale des immeubles destinés au culte antoiniste (Jurisprudence belge relative à la condition juridique du fait religieux, par Louis-Léon Christians et http://www.uclouvain.be/207623.html).

        En France, il est d'abord considéré comme association culturelle loi de 1905. Puis il prend en 1988, la forme d'une association cultuelle, régie par la Loi de 1905 sur les cultes.

        Puis on évoque le mot secte. Cela, concernant l'antoinisme, plus souvent en France et depuis une trentaine d'année, ou pas beaucoup plus (le Quid le classe dans cette section). Le mot est vague, et le rapport 2468 de l'Assemblée Nationale française sur les sectes a été critiqué par des chercheurs, considérant, entre autres reproches, comme fallacieux d'édifier une liste sans plus de détail. Ce rapport classerait l'antoinisme dans le "catégorie des mouvements 'guérisseurs'". C'est ce qu'à fait également  le rapport belge (http://www.vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html), mais de façon plus douce (Intervention de M. L. Nefontaine, collaborateur scientifique à l'ULB qui évoque l'antoinisme parmi d'autres comme "organisation tout à fait honorable").

        Le Bureau de Documentation sur les sectes et les Religions parle de secte d'origine occulte. On parle aussi de secte satanique (comme Jacques Valdour dans sa description des ouvriers parisiens d'après guerre : "Autodidacte et à demi dément, Antoine retrouve dans ses rêves confus les vieilles inspirations familières aux religions sataniques et au Maçonnisme", p.80). Parfois d'un groupe issu de la mouvance catholique, ou de la mouvance spirite.

        Passé la folie immodérée concernant les sectes, on parle maintenant de mouvement religieux ou nouveau mouvement religieux (comme la plupart des sociologues et le site Wikipedia, qui le classe parmi Petit mouvement religieux | Groupement spirituel), mouvement New Age (comme une chercheur sur le sujet), Eglise de guérison (quelques sociologues).

        Voyons maintenant les définitions dictionnairiques :
        Le TLFi donne comme définition : Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades. Ce dictionnaire cite une phrase de Maxence van der Meersch parlant également de religion. (d'après sa partie historique, c'est à partir des années 50 et surtout 60 que le mot secte prend son sens péjoratif presque exclusif).

        Médiadico donne : Courant théosophique qui considère l'individu comme un être divin et prétend que l'on peut guérir les maladies par le pouvoir de l'esprit.

        Reverso dit : (philosophie) doctrine prônant la lutte par l'esprit contre la maladie.

        Le site eculture.cs.vu.nl arrive à : Synthèse de spiritisme et de théosophie créée par Louis Antoine (1846-1912).

        Le Larousse réfère à : Religion théosophique fondée par Louis Antoine, dit « le Père Antoine ». (Le culte antoiniste fait une grande place à l'imposition des mains et à la prière en vue de la guérison des malades.)


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  •     * ANTOINISME, subst. masc.
    Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades :
    Du boudhisme au pythagorisme, du christianisme à l'antoinisme d'aujourd'hui, les religions reconnaissent cette réaction du physique sur le mental et l'allègement de l'esprit qu'apporte l'allègement des humeurs.
    Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 295.
    Rem. 1re attest. 1935 supra; du nom propre Antoine, suff. -isme*.

    DÉRIVÉ.
    Antoiniste, adj. et subst.(Adepte) de l'antoinisme : ,,Elle abandonna une église aussi compliquée. Elle fut au temple réformé deux fois, séduite par le contraste de l'austérité et de la simplicité, s'y ennuya bientôt, rendit visite aux Antoinistes et ne retourna plus les voir ...`` (Van der Meersch, Invasion 14, 1935 p. 201). (1re attest. infra; du rad. de antoinisme*, suff. -iste*).
    STAT. − Fréq. abs. littér. : Antoinisme. 1. Antoiniste. 1.
    BBG. − Foi t. 1 1968. − Masson 1970.
    source : http://www.cnrtl.fr/definition/antoinisme

        Il s'agit ici de la première occurrence dans un texte de la base de données de ce dictionnaire. En effet, en 1934, Pierre Debouxhtay est déjà bien familiarisé avec les mots antoinisme et antoiniste.
        Le titre "Les Vignerons du Seigneur" était encore employé en septembre 1906 (Unitif, I, 5, p.12), en octobre 1907 (Auréole, p.95, 96), en décembre 1907 (p.126). En 1912, on voyait encore au-dessus de l'entrée du temple l'inscription "Les V. du S." (Gazette de Liége, 1er juillet 1912). D'autre part, la société était, déjà à l'époque spirite, appelée "La société spirite Antoine" (Le Messager, 15-3-1902, p.139; 15-5-1905, p.160). C'était marquer l'influence prépondérante d'Antoine.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.123, note 39

        A partir de 1906, dans le temple qui venait d'être construit, les séances prirent un caractère de plus en plus religieux.
        "Lorsqu'il nous faisait l'instruction à la tribune du Temple, sensibilité palpait tous les fluides de l'assemblée et s'il n'y en avait de contraires, Il faisait appel à notre recueillement pour les remplacer par de meilleurs qui nous ramenaient dans l'unité. Le Père s'efforçait toujours de nous faire apprécier la valeur du recueillement" (L'Unitif, III, 2, p.8).
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.137

        En 1909, parut la Révélation, Pierre Debouxhtay précise que le nom Antoine le Guérisseur fut changé en Antoine le Généreux, et cela en 1911, nous précise l'Historique du Culte Antoiniste. Mais on ne sait pas si dès 1909, Culte Antoiniste paraissait sur la couverture.
        En tout cas, en 1910, date inscrite sur le temple, figure également Culte Antoiniste. Un article du New York Times du 14 décembre, nous précise également qu'à cette époque les Antoinists sont connus sous ce nom, pratiquant l'antoinisme. En 1911-1912, tous les journaux relatent les faits concernant cette nouvelle religion, indiquant le nom entre guillemets.

        Antoine le Généreux devenait "le Père", et il n'était plus question des "Vignerons du Seigneur", dont successivement avaient disparu les cotisations, les statuts, les cérémonies, enfin la bannière où l'on eût pu voir un symbole de parti. On commençait à parler un peu partout des "Antoinistes".
            Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
            Ed. Labor - Espace Nord, p.311

        Notons que le terme antoiniste est employé comme dérivé du nom Antoine, ainsi il existe une grande des Antoinistes à Metz, dédié à Saint-Antoine, qui fut également guérisseur.


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