•     Ce fut le 25 juin 1912 qu'eut lieu l'enterrement du Père (Antoine), le fondateur de cette religion nouvelle qui comte déjà plus de 150 000 adeptes, qui a ses temples et ses rites. Quinze mille personnes recueillies assistaient à ses obsèques. Jemeppe est devenue la ville sainte de l'antoinisme.

    source : Sciences et Voyages n°9 (30 octobre 1919)

        Comme le fait remarquer en commentaire frère Robert, "En réalité le PERE ANTOINE s'est désincarné le mardi 25 juin 1912 et son enterrement eut lieu le dimanche 30 juin à 15h., contrairement à ce qui est paru dans ce journal." Merci à lui pour cette correction.


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  •  Superstitions - La Calotte, comique illustrée de Paris, le 02 août 1912       SUPERSTITIONS

                _____
        De la Lanterne :
        - Ah ! la bonne Sainte Vierge, il est donc mort, notre pauvre Antoine !
        - Mort ! Mort ! Que dites-vous là, mâme Pluchot ! Mort ! Apprenez à parler : Antoine n'est point mort, il s'est désincarné.
        - Tout ce que vous voudrez, mâme Béchu, n'empêche qu'il ne sera plus là pour nous guérir.
        - Pourquoi donc, mâme Pluchot ?
        - Alors Antoine pourrait à la fois être mort et continuer ses miracles ! Ah ! j'avais toujours bien pensé que c'était un grand saint !
        - Pour sûr que c'était un grand saint, mâme Béchu, mais tenez, lisez donc l'avis qui vient dêtre affiché au temple antoiniste.
        Les deux bonnes femmes s'approchèrent de la porte du temple antoiniste - les antoinistes sont une des innombrables sectes qui pullulent sur le corps de la religion agonisante - et lurent :
            « Frères,
        « Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner... Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous ; Mère mintera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. »
        Admirable, n'est-il pas vrai, cette religion si accomodante ! Antoine est mort d'une attaque d'apoplexie, sa veuve continue le commerce. Antoine guérissait, en vertu d'une grâce particulière, les malades. A peine mort, c'est sa femme qui hérite de cette grâce particulière. Et quand Mme Antoine sera morte ?
        Sera-ce le petit animal favori du maître qui héritera de la grâve particulière ?
        Peu importe à Mme Béchu et à Mme Pluchot. L'essentiel, c'est d'être roulé au nom de la religion, du miracle, du mystère, etc.
        La couleur des billets que l'on prend à la loterie truquée n'ôte rien au plaisir des joueurs : on ne garde pas les mêmes, mais on recommence toujours.

    La Calotte, comique illustrée de Paris, 02 août 1912
    source : Gallica


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  • Figaro en Belgique

            ----

    UN FONDATEUR DE RELIGION
                           Bruxelles, 25 juin.

        Louis Antoine, un ancien ouvrier d'usine, devenu guérisseur, est mort à Jemeppe, près de Liège, où il avait édifié un temple, fondé une véritable religion. Le Parlement belge reçut, l'an dernier, une immense pétition demandant la reconnaissance officielle du culte nouveau, qui compte de nombreux adeptes en France.
        Originaire du pays de Liège, Antoine avait soixante-six ans. On dit que sa femme continuera son oeuvre. - HARRY.

    Le Figaro - 26-06-1912 (Numéro 178)
    source : gallica


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  • Antoine le Guérisseur est mort (Le Progrès spirite)

    Antoine « le guérisseur » est mort

    Avec lui disparaît une curieuse figure

    De l'Eclaireur de l'Est (Reims)

        Bruxelles, 26 juin. — Un homme de
    Wallonie, un petit bourgeois, presque du
    peuple, est mort hier, qui avait acquis non
    seulement en Belgique même, mais un peu
    partout où il y avait des malades et des
    désespérés une célébrité et un crédit
    exceptionnels ; c'est celui qu'on appelait
    Antoine le Guérisseur. Il n'avait fait rien
    de moins que de fonder une religion, une
    espèce de variété de christianisme mélangé
    de théosophie. Il guérissait par la prière
    et l'imposition des mains, à la manière
    des Christian scientists d'Angleterre et
    d'Amérique.
        Peu à peu les malades de l'âme comme
    du corps, les incurables, les déséquilibrés,
    les névropathes, tous ceux que les méde-
    cins avaient abandonnés, avaient appris
    le chemin du petit pays de Jemmapes où
    Antoine avait son temple et tenait ses
    assises de médecine religieuse. Depuis
    plusieurs années, il y avait les foules de
    Jemmapes comme les foules de Lourdes
    et les « antoinistes » recrutés parmi les
    inquiets d'un culte nouveau et augmentés
    des guéris reconnaissants formaient une
    communauté éparse en divers lieux, mais
    fort nombreuse.
        Depuis hier, le prophète et guérisseur
    belge n'est plus.
        Il y a quelques jours, la santé d'Antoine
    était devenue précaire et lundi matin un
    incident inattendu a encore accru les crain-
    tes de son entourage.
        Vers dix heures trente, comme il se
    trouvait, dans son temple, il s'affaissa subi-
    tement, frappé d'apoplexie.
        On dut le transporter chez lui où il
    reprit peu à peu ses sens.
        Sur ces entrefaites, un grand nombre
    de ses disciples, vêtus de soutanelles
    d'une coupe spéciale et coiffés d'immen-
    ses chapeaux, étaient accourus auprès du
    lit de leur maître.
        Antoine, alors proféra : « Demain quel-
    que chose de sérieux se produira. » Puis, il
    ajouta d'une voix sourde : << Je désire que
    ma femme me succède dans mon ensei-
    gnement religieux. »
        Antoine avait tardé beaucoup avant de
    faire sa révélation et de se déclarer l'homme
    de Dieu.
        Pendant nombre d'années, il était un
    homme comme un autre, un simple em-
    ployé à la division des forges et marte-
    lage de la Société Cockerill. Il fut ensuite
    encaisseur à la Société anonyme des tôle-
    ries liégeoises. Puis il s'occupa d'assuran-
    ces.
        Enfin vinrent la grâce, l'action publique,
    les prédications publiques. Antoine était
    alors déjà dans l'âge mûr.
        On le dit propriétaire des maisons
    ouvrières qui entourent son temple. D'au-
    cuns estiment sa fortune à 80.000 francs.
    Quoiqu'il en soit, Antoine le Guérisseur
    a toujours vécu modestement.
        Au temple où il prêchait, Antoine avait
    adjoint une imprimerie et publiait chaque
    semaine un journal populaire qui tirait à
    plus de 20.000 exemplaires et répandait
    les doctrines de l'apôtre.
        Il y a quelques mois, « les antoinistes »
    de Belgique avait adressé aux Chambres
    une pétition demandant que la religion
    nouvelle fût reconnue par l'Etat.
        La pétition des fidèles du culte antoi-
    niste portait cent mille signatures.
        L'oeuvre d'Antoine ne sera pas arrêtée
    par sa mort. Au temple, où son corps
    est exposé, l'affiche suivante a été apposée:

    CULTE ANTOINISTE
                   Frère,
         Le Conseil d'administration du culte
    antoiniste porte à votre connaissance. que
    le Père vient de se désincarner aujourd'hui
    mardi matin 25 Juin. Avant de quitter son
    corps, il a tenu à revoir une dernière fois
    ses adeptes pour leur dire que Mère le
    remplacera dans sa mission, qu'elle suivra
    toujours son exemple. Il n'y a donc rien
    de changé, le Père sera toujours avec
    nous, Mère montera à la tribune pour les
    opérations générales les quatre premiers
    jours de la semaine à dix heures.
        L'enterrement du Père aura lieu diman-
    che prochain 30 juin à trois heures.
                Le Conseil d'administration.


    Le Progrès spirite. Organe de la Fédération spirite universelle
    Juillet 1912, p.109
    source : gallica


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  • ANTOINE LE GUÉRISSEUR
        VIENT DE MOURIR EN BELGIQUE

        BRUXELLES, 25 juin. - Du correspondant particulier du « Matin » (par téléphone). - Antoine le guérisseur, qui avait fondé en Belgique un religion nouvelle, est décédé ce matin à Jemeppe.
        Né dans ce pays en 1846, il y avait instauré son culte il y a une vingtaine d'années. Sa religion que l'on appelait l'« antoinisme », promettait la guérison des maladies par la prière et par la foi. Il réussit ainsi à obtenur quelques cures sur certains malades du système nerveux.
        Il avait en France, en Allemagne, aux Etats-Unis de nombreux adeptes, et il en comptait évidemment beaucoup en Belgique. Plusieurs temples et salles de réunion existent en effet en Wallonie, et il y a quelque temps, 130.000 « antoinistes » avaient adressé aux Chambres belges une pétition tendant à ce que leur culte fût reconnu officiellment.

    Le Matin 26 juin 1912

    source : gallica


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