•     Il m’est arrivé, dans certains temples, de voir des antoinistes âgés procéder ainsi à leur arrivée dans le temple : rester debout, parfois au milieu de l’allée centrale, mains ouvertes. C’est une attitude qui signifie que l’adepte se montre disponible pour recevoir les fluides du Père. Depuis des années ( +/- 15 ans ! ), je n’ai plus jamais observé cette attitude. Je n’ai vu cela que dans les Temples dits « avec photos ».
        On a pu aussi dire que c’était une dévotion excessive à l’égard du Père ANTOINE. Certains ont même parlé d’une « quasi-divinisation ». Cette attitude était découragée par les desservants.
    source : http://antoinisme.20six.fr/antoinisme/cat/12645/0/Rites

        Signalons que l'on voit Mère procéder de cette façon pendant une Opération vers les années 1920. On peut penser que certains adeptes ont simplement pris exemples sur elle.


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  •     Le Dimanche 28 juin 1914, deuxième anniversaire de l'enterrement du Père Antoine. A 10 h on fit la Lecture de l'Enseignement, puis de travaux d'adeptes. Ensuite on visita à nouveau les appartements du Père. A 14 h on fit un cortège du Temple au cimetière.
    source : Frère Jean-Marc Boffy, Historique du culte antoiniste

        Voici comment fut célébrée cette solennité en 1930 [organisation semblable les années suivantes]. A 9 1/2 h., Mère fit l'opération générale, suivie de la lecture des Dix Principes. Les membres du Conseil général se tenaient près de la tribune. La foule entrait par la rue A. Smeets et sortait du temple par le jardin du Père. A 10 h., à cause de l'affluence très grande, Mère fut une seconde opération générale sur le seuil du temple. Après ces opérations, un cortège se forma ; en tête, venait l'emblème [jadis l'emblème de Jemeppe était accompagné des emblèmes d'autres temples], porté par un vieil adeptes, entouré de deux frères et suivi par trois autres antoinistes, tous en robe ; ensuite, une pancarte avec les mots : "Fête du Père Antoine, 25 juin", porté par deux soeurs ; après cette pancarte, le portrait du Père et "l'Esprit consolateur" portés l'un et l'autre par deux adeptes. Mère suivait ; derrière elle, marchaient le frère Nihoul, la soeur Deregnaucourt, le conseil général, les desservants de temple, les adeptes en robe, tête nue (c'est seulement depuis 1914 que les hommes marchent tête nue), puis, la foule. Le trajet est très court (voici le parcours : rue Hullos, Avenue G. Lambert, devant le cimetière, retour par le rue A. Smeets) ; on passe devant le cimetière où repose Antoine, mais le cortège n'y pénètre pas. Rentrés au temple, les assistants défilent un à un dans la maison et le jardin d'Antoine ; et cela pendant environ deux heures.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.219

        A Paris, le 26 juin 1924, le Petit Parisien raconte la Fête du Père, dans le temple de la rue Vergniaud :
    Les antoinistes célèbrent pour la première fois à Paris l'anniversaire de la mort du ''Père''
        Le 25 juin 1912, le Père Antoine "se désincarnait" ; entendez qu'il exhalait son âme simple et généreuse. Mais une religion nouvelle était née. A vrai dire, le culte antoiniste, spiritualisme nouveau, basé sur la foi pure, avait déjà six ans. Son fondateur, alors âgé de soixante ans, l'avait institué en 1906 à Jemeppe-sur-Meuse, qui est restée la Rome de cette Eglise. Depuis le 25 juin 1913, les anniversaires de la "désincarnation" ont toujours été célébrés, à Jemeppe, par des foules comparables à celle - 30 ou 40.000 personnes - qui avait suivi le cercueil du Père. Hier, pour la première fois, cette commémoration solennelle avait lieu à Paris.
        La chapelle antoiniste se trouve au fond du treizième arrondissement, à l'angle de la rue Vergniaud et de la rue Wurtz. Elle a les dimensions d'une église de village, et les voisins dominent nettement, du balcon de leur cinquième, le coq embroché en paratonnerre du clocher [à ma connaissance et d'après les vieilles photos, il n'y a jamais de coq en haut du clocher]. Un petit jardin précède le porche, où est peinte cette légende : "Le Père Antoine, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi".
        Tous les jours, matin et soir, la desservante, Mme Vitard, à qui, certes, on refuserait les soixante-dix ans qu'elle avoue, récite les dix principes révélés par le Père. Avant, pendant et après cette lecture, l'assistance médite profondément, les yeux fermés et les mains jointes, les quatre doigts de la main droite fortement étreints entre le pouce et l'index de la main gauche, et les poings à la hauteur des yeux.
        Hier matin, la foule des croyants débordait sur la rue et encombrait le carrefour.
        Le Frère Musin était venu de Jemeppe, avec la soeur Deregnaucourt, grâce aux libéralités de laquelle trente temple antoinistes ont déjà pu être élevés en Belgique.
        Aucun costume n'est imposé aux adeptes ; mais les "frères" et les "soeurs" portent la robe "révélée". Pour les hommes, c'est une soutane étroitement boutonnée et tombant aux genoux ; la coiffure est un "tromblon" assez bas, comme on en portait il y a trois quarts de siècle. Pour les femmes, la jupe noire se complète d'un corsage à manches pagode ; un ruban noir, noué sous le menton, retient une capote bordée de tulle plissé et agrémentée d'un long voile retombant dans le dos.
        C'est le frère Musin qui présidait : pendant qu'il dardait sur la foule muette son regard magnétique, des mains jointes se mirent à trembler et beaucoup de regards se mouillèrent.
        - C'est que, voyez-vous, me dit un "frère", nous sommes tous des gens renoncés par la science (sic).
        Il voulait dire que, presque tous malades, abandonnés par les médecins, les fidèles du culte antoiniste ne mettaient plus que dans la foi leur dernière espérance : la leur soulèverait des montagnes.
        Il y eut, après la méditation, une procession derrière l'emblème de la religion antoiniste : un arbre d'argent avec cette inscription : "L'arbre de la science de la vue du mal".
        L'année prochain, on inaugurera un nouveau temple, à la porte Pouchet ; cette année, en septembre, un autre doit s'ouvrir à Aix-les-Bains, puis un encore à Orange...
        Sommes-nous à une ère de scepticisme ? - R.N.
    Le Petit Parisien du 26-06-1924 (Numéro 17285)
    source : Gallica

        Au début du XXe siècle, au carrefour des Quatre Bras, se tenait un rassemblement important des Antoinistes.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Villers-le-Temple

        Dans les archives de la ville d'Aix-les-Bains, on apprend que le culte demanda une autorisation de processions de 1926 à 1955.
    Inventaires des archives modernes 1793-1983 - Série P - CULTES
    souce : www.mairie-aixlesbains.com

        L’organisation de la fête du Père, le 25 juin, date de son décès, elle est l’occasion de rappeler sa présence au sein de chaque Temple, présence symbolisée par la manifestation de « fluides ». (l'Arbre de la science de la vue du mal est le porte fluide).
    Les Mutations de la représentation du divin au sein d’un groupe à vocation thérapeutique - Le cas de l’antoinisme
    Anne-Cécile Bégot
    source : http://assr.revues.org/index20222.html

        En son souvenir, tous les temples de Belgique étaient fermés ce jour-là. Les adeptes belges se rendaient à Jemeppe. Cette pratique semble abandonnée, Benoît Narinx a constaté qu'en Belgique les temples se sont mis à recevoir le public le 25 juin et qu'actuellement, seules un millier de personnes font le pèlerinage aux sources. Les Tomes disent qu'à partir de 1929, les adeptes distribuaient deux par deux, de porte en porte, "sans se parler" un feuillet annonçant la commémoration. De nos jours, l'annonce est faite de manière permanente sur des petits rectangles de papier laissés dans le porche à la disposition des visiteurs. La procession a été supprimée en 1937. Dans les temples français, on célèbre la mémoire du Père comme à Jemeppe. Jusqu'en 1935, un cortège parcourait quelques rues avoisinnant le temple.
    Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.100

        Un cortège est aussi organisé lors des funérailles d'un adepte ayant demandé le rite antoiniste.

        L'origine des processions vient à la fois des processions spirites ou socialistes et des processions de fanfares. Rappelons que Louis Antoine appris un temps de la trompette. La tradition des fanfares est encore vivace dans le Nord de la France et en Belgique.


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  •     La volonté affichée par Mère de diviniser le Père conduit à un rapport plus immédiat au divin. Ainsi, l’introduction de la photo de Père, au sein des Temples, va servir à visualiser la figure divine qu’est censée incarner Louis Antoine. Ces changements n’ont pas toujours été bien compris par les fidèles car, comme le souligne B. Narinx, « bon nombre d’antoinistes ne savent pas très bien s’ils doivent prier Dieu, appelé le Père, dont Antoine est le prophète ou bien si Antoine est Dieu lui-même, comme le Christ était Dieu ». L’instauration de rituels tels que le baptême, la communion et le mariage, rituels où le desservant transmet le « bon fluide du Père », vise à inscrire le parcours des antoinistes dans un rapport au sacré. Quant à l’organisation de la fête du Père, le 25 juin, date de son décès, elle est l’occasion de rappeler sa présence au sein de chaque Temple, présence symbolisée par la manifestation de « fluides ». Par ailleurs, il faut indiquer que l’œuvre de Mère se caractérise par la multiplication de pratiques magiques (cf. déposer la robe antoiniste sur le lit d’un malade pour le couper de mauvais fluides) où la réforme du comportement importe moins que la recherche de bénéfices immédiats.
        Les différentes modifications apportées par Mère avaient pour objectif de contrôler toute appropriation illégitime du charisme du Père Antoine par les desservants ou les guérisseurs en place. Elles ont ainsi permis d’éviter une crise de succession suite au décès de Louis Antoine sans toutefois être complètement légitimées de part et d’autre de la frontière franco-belge. Ainsi, au lendemain de la mort de Mère, en novembre 1940, la cultuelle antoiniste belge décide d’en revenir à un culte plus dépouillé, celui mis en place par Louis Antoine avant sa mort. Les Temples belges vont être débarrassés des tableaux où figurent Père et Mère pour ne conserver que l’emblème antoiniste, « L’arbre de la Science de la vue du mal ». Quant à la principale cérémonie religieuse, l’Opération, elle n’est donnée que les quatre premiers jours de la semaine, et non du dimanche au vendredi comme cela se pratique en France.
        La cultuelle antoiniste française s’inscrit dans la lignée de Mère. Il existe cependant une distinction majeure entre les écrits de L. Antoine et les « pensées » de Mère. Analphabète, Mère n’a pas pu rédiger les modifications qu’elle a apportées au culte antoiniste. Des fidèles s’en sont chargés. L’ensemble de ces modifications ainsi que diverses indications et prescriptions sont consignées dans les Tomes. Ces ouvrages sont présents dans chaque Temple mais inaccessibles aux fidèles ne portant pas le costume antoiniste. Circonscrite à un cercle d’initiés, l’œuvre de Mère ne peut prétendre à la même légitimité que celle de son mari (les livres du Père sont en vente dans le porche de chaque Temple). Alors que les écrits de Louis Antoine sont connus et reconnus par tous, ceux de Mère sont accessibles seulement à quelques-uns, les costumés. Dès lors, deux types de questions se posent. D’une part, quelle place occupe l’œuvre de Mère au sein de l’antoinisme français ? D’autre part, dans quelle mesure cette œuvre n’escamote-t-elle pas la dimension éthique préconisée par Louis Antoine ?

    Anne-Cécile Bégot, « Les Mutations de la représentation du divin au sein d’un groupe à vocation thérapeutique », Archives de sciences sociales des religions, 111 (2000) - Varia, [En ligne], mis en ligne le 19 août 2009. URL : http://assr.revues.org/index20222.html. Consulté le 11 janvier 2010.


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  •     Une autre marque de dévotion peut être le nombre de biographie pour une seule vie d'homme.
        Nom seulement chaque livre sur l'antoinisme se fait un devoir de rappeler les faits marquants de sa vie (ainsi Jacques Cécius et parfois en la rapprochant de la vie de Mary Baker, qui fonda la Science Chrétienne, ainsi Régis Dericquebourg ou Anne-Cécile Bégot). Mais en plus, on lui compte pas moins de 5 biographies :
    - la biographie officielle (publié d'abord dans l'Unitif, puis reprise en introduction de la Révélation, en 1910) ;
    - la biographie de Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme. Les Faits, d'après des Documents inédits (1934) ;
    - la biographie (proche de l'hagiographie) de Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, Antoine le guérisseur (1936) ;
    - Louis Antoine et l’antoinisme. Données historiques rassemblées par le frère J. M. Boffy, document interne à l’antoinisme (1997-2003), et également d'autres moins plus anciennes et moins facile d'accès ;
    - Roland A E Collignon, La vie tourmentée de Louis Antoine (2009).
    - On peut aussi y inclure ce site qui évoque en détail tous les événements de la vie de Louis Antoine, illustré abondamment.

        Encore une fois, rappelons ce passage de la Révélation, La foi comparée à la croyance :
      "Aussi longtemps que nous nous attachons au prophète plutôt qu'à ce qu'il nous a révélé, notre amour ne pourrait être réel, nous aimerons ceux qui partagent nos idées et nous n'aimerons pas les autres, nous sèmerons la division. Cependant aucun n’a le droit de blâmer personne puisque si arriérés que nous soyons, nous croyons tous être dans la vérité."

        C'est la raison pour laquelle l'antoinisme français conserve les photos dans les temples, pour permettre au personne qui le désire encore, d'avoir une figure pour progresser. Viendra le temps où ils pourront s'en passer. En Belgique, revenu au culte comme au temps du Père, l'Enseignement est pris à la lettre, et on considère que les photos de doivent pas être nécessaire aux antoinistes.


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  •     Père. C'est la peut-être la seule marque de dévotion que Louis Antoine ait accepté pour sa personne. Cependant il aura aussi rappelé ce fait :
      "Aussi longtemps que nous nous attachons au prophète plutôt qu'à ce qu'il nous a révélé, notre amour ne pourrait être réel, nous aimerons ceux qui partagent nos idées et nous n'aimerons pas les autres, nous sèmerons la division. Cependant aucun n’a le droit de blâmer personne puisque si arriérés que nous soyons, nous croyons tous être dans la vérité."
    La Révélation, La foi comparée à la croyance

        On a déjà évoqué l'origine de cette marque de respect (Comment on nomma le Père | 21 juin 2009 et Père, mère, frère, soeur | 21 juin 2009). C'est vers 1910 que l'on pris l'habitude de le nommé Père.

        "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'un rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
        - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
        C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. on allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.329

        Une tradition peut expliquer ce fait. On a déjà parlé de la perte de la figure paternelle du fait de l'industrialisation de la société. Cela peut expliquer la facilité avec laquelle on nomma Louis Antoine, le Père. Rappelons à ce propos qu'on surnomma Staline "le petit Père des peuples". L'image du père de famille disparaissant, il en fallait une autre.
        Dans les extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET, on lit l'anecdote suivante :
      Un jour le Père dit à sa fille adoptive Louise : "Il ne faudrait plus m'appeler Papa".
    - Et comment alors ?
    - Père
    - Tout le monde va vous appeler Père ?
    - Non, celui qui en aura la pensée.
        Mais aussi celle-ci :
      Recevant l'inspiration au sujet de l'enseignement, Il lui arrivait de demander Mme Desart au milieu de la nuit. Son travail fait, Il la raccompagnait chez elle. Un soir, répondant aux remerciements de Madame Desart pour les grâces et l'Amour qu'elle recevait auprès de Lui, il lui dit : "Je suis plus près de vous encore que si j'étais votre père." C'est à partir de ce jour que les adeptes l'appelèrent "Le Père".
        Puis très vite, il devint normal de nommé Catherine Antoine, la Mère.

        Plusieurs sources nous montre donc que ce serait bien Louis Antoine qui aurait "choisi" de se faire (ou de se laisser) appeler Père.


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