• Distribution des brochures par las adeptes

      Pour l'Enseignement en 1905 :
        Les adeptes s'étaient mis en campagne, et dans les milieux les plus divers, colportaient la parole du maître. Le petit livre à couverture jaune était transporté dans tout le bassin industriel, et jusqu'aux villages écartés de la Hesbaye et du Condroz. Plus d'une fois, faut-il le dire, les frères furent accueillis par l'ignorance, le rire grossier, la méfiance avare. Il leur fallait du courage pour fermer leur coeur à l'amertume et à l'irritation, pour rester humbles et doux, ne pas voir le mal dans le mépris et l'insulte. Lorsque deux frères se rencontraient au cours de leur mission, ils se sentaient plus forts d'être ensemble, ils savaient se réconforter d'un regard où passaient la pensée. Et de temps à autre ils revenaient vers le Maître. Comme l'a dit l'un d'entre eux : "A notre vue un éclair de surprise et un sourire de bonheur apparaissaient sur son visage ; ah ! nous n'avions pas de longues explications à donner : nous étions compris d'avance et aidés de ce rayonnement d'amour intérieur qui émanait de lui."
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.287

      Pour la Révélation d'Antoine le Généreux, en 1906
        Le colportage amena tout un cortège d'épreuves. Le maître devait réconforter et encourager les adeptes. Il leur recommandait de ne pas insister outre mesure auprès des gens afin de vendre les volumes :
        - C'est un moyen de vous améliorer, et non un gagne-pain. Vous aurez toujours le nécessaire.
        Il leur fournit des cabans, des casquettes et des mallettes, et à ceux d'entre eux qui étaient trop pauvres il laissait, sur le produit de leur vente, ce qu'il leur fallait pour leur entretien. Le surplus était consacré aux dépenses de l'imprimerie, auxquelles Antoine et les Deregnaucourt contribuaient de leurs deniers pour la part la plus grande. Antoine fut amené, pour subvenir aux frais de cette propagande qui prenait tous les jours plus d'ampleur, à devoir vendre une à une presque toutes les maisons qu'il avait fait construire avec l'argent rapporté de Russie. Si bien qu'après avoir été riche il était en passe de redevenir tout à fait pauvre. Mais que lui importait ? N'avait-il pas, depuis longtemps, fait le sacrifice de toutes choses, et avant tout de son repos ?
        Il dirigeait de loin les adeptes occupés au colportage. Ceux qui étaient près de succomber il les rappelaient auprès de lui, ayant senti à distance leur faiblesse. C'était un dur moment pour Antoine. Il était sous le coup des poursuites du tribunal. En même temps, le nombre des malades augmentait. Il supportait tout, les ennuis et les fatigues. Les retours découragés des colporteurs, leurs abandons, leur mauvaise humeur, et les difficultés du travail de rédaction, et la méditation de l'enseignement, rien de tout cela n'était de trop pour lui, il se sentait les épaules assez solides pour tous ces fardeaux, et dans l'épreuve même il puisait de nouvelles forces. Autour de lui, sa patience ranimait les courages.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.310

        Dans l'Enseignement, en 1910 :
        H. - Autrefois, nous allions un peu partout répandre dans des conférences ce que nous avions compris de votre enseignement. On se demande pourquoi aujourd'hui vous ne préconisez plus cette propagande que l'on croyait si grandement utile. Ne voudriez-vous pas nous dire, Père, quelques mots à ce sujet ?
        Le Père. - Il est vrai que l’on donnait des conférences sur ce que l’on avait compris de la question morale, mais cette manière faire est un peu le système des partis, elle ne s’accorde pas avec le spiritualisme que nous enseignons aujourd’hui. A celui qui croirait que je continue la propagande sous une autre forme, je dois lui dire que je me borne à révéler, pour ceux qui désirent les entendre, l’amour et la loi morale.  N’agirions-nous pas contrairement à notre enseignement si, croyant rendre de bons services à certaines personnes ou à certains peuples, nous voulions leur prêcher la morale ? Ne serait-ce pas encore voir le mal en eux, nous qui enseignons qu’il n’existe pas ? Enseignons toujours dans notre milieu tout ce que nous savons et par notre propre amélioration : l’exemple avant tout ; préparons les faibles en nous montrant faibles nous-mêmes, car la morale ne plaît pas toujours. De cette façon, nos intentions ne seront plus de nous expatrier pour aller éclairer nos semblables ; par notre amour et notre manière d'agir, ce sont eux qui viendront à nous. Nous savons que généralement le monde imagine le mal, même du bien ; n'étant pas développé moralement, il prend l'effet pour la cause.
        La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.121-22


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