• Chez les Antoinistes

       A l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine le Guérisseur, des fêtes ont été célébrées à Jemeppe en Belgique. Mais « la mère » a vainement essayé d'obtenir des guérisons.
       Voici la correspondance que publie le Matin à ce sujet :

       Des fêtes antoinistes ont été célébrées hier à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
       Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
       Cet homme, à qui son regard fulgurant et sa barbe de fleuve donnaient l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire.
       Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
       De tous cotés, de pauvres gens s'adressaient à lui pour obtenir, par son intervention puissante et mystérieuse, la fin ou l'adoucissement de leurs maux. Et le culte antoiniste compta des adeptes un peu partout...
       Le 25 juin 1912, Antoine le Guérisseur mourait, ou plutôt, pour employer le vocabulaire des antoinistes, il se désincarnait.
       Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les voeux de l'humanité malheureuse.
       C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son oeuvre.
       Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à son fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
       C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou du moins s'y applique.
       Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier à Jemeppe-sur-Meuse : elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
       Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groupes antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent cinquante pèlerins. L'empressement de tous ces pieux voyageurs était tel que plusieurs centaines d'entre eux, tout à leurs religieuses pensées, remirent, en arrivant à la gare de Jemeppe, leur ticket de retour en même temps que leur billet d'aller — ce qui détermina une belle confusion quand il fallut repartir.
       Tous aussi croyants — d'une foi qui leur fait non pas soulever des montagnes, mais passer des frontières, ce qui est déjà bien — les antoinistes ne sont pas tous également fervents.

    L'UNIFORME ANTOINISTE

       Les plus zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'ils s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et la redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, Un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable dé nos arrière-grands-pères.
       Dans cette foule, il ne se trouva qu'un « esprit fort », et il n'avait certes point lu le chapitre de La Bruyère : c'est un joli bambin d'une dizaine d'années ; ses parents l'avaient traîné à Jemeppe pour le faire guérir de je ne sais quelle affection nerveuse ; arrivé devant le temple du guérisseur, le moutard refusa énergiquement d'entrer, et il se mit à pousser des hurlements tels que son antoiniste de père dut renoncer à le soumettre aux « opérations ».
       Les «opérations » sont cependant moins effrayantes au temple antoiniste que dans les salles de nos hôtels-Dieu.
       C'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable de Père.
       Les fidèles se tassèrent dans le temple. Dans le silence qui précède les grands événements, ils attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint — blanc sur fond noir — l'arbre de la vie, symbole de l'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
       Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et reste là, sans mot dire, le regard dans le vide.
       — C'est notre frère Deregnaucourt, me dit-on.

    VOICI LA MÈRE !
       Le frère Deregnaucourt attendit... Il est, dans la famille antoiniste, l'héritier présomptif. Je veux dire que, ainsi que la Mère a remplacé le Père, il remplacera la Mère le jour où celle-ci se désincarnera à son tour.
       Le frère Deregnaucourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
       Mais soudain, on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan ; C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
       C'est là l'opération annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois devant 5 à 600 personnes.
       On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. J'ai vu sortir aussi claudicants les gens que j'avais vus entrer en boitant, et les rhumatisants ne m'ont pas paru plus alertes après l'opération qu'avant.  Ce sera sans doute pour plus tard.
       Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où, tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau.
       Les fêtes antoinistes ont recommencé hier. Les fidèles, en cortège, conduits par la mère et le frère Deregnaucourt, ont fait le parcours que fit, il y a un an, la dépouille funèbre du guérisseur, de la maison au cimetière.

       L'antoinisme, quoi qu'on en dise, régresse...
    J. R.


    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-07-1913
    Source : Gallica


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  •     Pierre Debouxhtay nous renseigne sur les salles de lecture qui existaient dans les environs de Jemeppe, avant qu'elles ne soient fermées par Mère en 1932 : Flémalle-Grande, Grâce-Berleur, Hollogne-aux-Pierres, Mons-Crotteux, Velroux, mais à Jemeppe même...

           De plus, les villes de Grâce-Berleur, Hollogne-aux-Pierres et Velroux votèrent un voeu de sympathie au collège communal en faveur de la reconnaissance légale du culte.


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  • Une classe de l'Ecole du Nouveau spiritualisme (étude des diverses philosophies) est organisée au n°8, rue Rousseau (près du Temple), un samedi sur deux à 19 heures (cf. l'agenda du culte au bas de la page d'accueil de ce site pour les dates).

    Elle est ouverte aux antoinistes et aux adeptes d'autres religions, et enfin aux non croyants.

    Renseignements : tél 04/233.73.78


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  •     Louis Antoine, en août 1876, à son retour d'Allemagne, loue une maison en haut de la rue Bois-du-Mont (actuelle rue Rousseau, car cette portion de la rue Bois-du-Mont, qui est un quartier sur les hauteurs Jemeppe, fut nommé Rue Smeets, mais du être renommé à la fusion des communes en 1976). Cette maison a un jardin qui permet aux Antoine d'y faire pousser des légumes et de les vendre en porte à porte.
        En février 1879, les Antoine partent en Pologne russe, à Praga, la banlieue de Varsovie.
        A leur retour, en 1884, ils achèteront cette fois-ci une maison dans le bas de la rue Bois-du-Mont (rue Rousseau), en haut de la rue des Tomballes. Ils feront construire dans la rue Bois-du-Mont plusieurs maisons dont les loyers leur permettront de vivre plus aisément. C'est le quartier, dépendance de Jemeppe des Quatre-Ruelles. L'ancienne école en face du temple, se nomme Ecole des 4 ruelles, située Rue Rousseau, 5.
        Là auront lieux des séances spirites et sera créée, en 1895, a Société Spirite des Vignerons du Seigneur. Sont alors accroché au mur "Le Christ guérissant les malades", les portrait du curé d'Ars (qui fut béatifié en 1905 puis canonisé en 1925), du Docteur Demeure (un esprit qui rendait visite à Allan Kardec), et d'Allan Kardec lui-même. Il reçoit les malades chez lui, un dimanche sur deux, puis tous les dimanches avant les séances spirites. Puis, à partir de 1900, il reçoit tous les jours, sauf le samedi et dimanche, ce dernier jour étant réservé au séance spirite. Mme Muntz, habitante du coin de la rue Bois-de-Mont et des Tomballes, vend sa maison au neveu de Louis Antoine, Pierre Dor, qui ouvre avec sa femme un café-restaurant. A droite, dans la rue Bois-de-Mont se situe la maison des Antoine.
        A l'automne 1900, les Antoine achète la maison à gauche du café, dans la rue des Tomballes, pour recevoir les malades. Et le 25 décembre, on inaugure la salle du guérisseur. Une gardienne fait entrée les souffrants un à un selon le jeton en zinc qui leur a été remis en entrant.
        "Nous sommes arrivés chez Antoine vers 9 1/2 heures du matin. Un nombre considérable de personnes se trouvait déjà dans l'antichambre. Celle-ci est un caste pièce, récemment construite, dont les murailles sont décorées du portrait du curé d'Ars, du portrait d'un vieux Monsieur [peut-être Allan Kardec pour Pierre Debouxhtay] et d'une peinture de Carolus Leclercq, représentant le Christ imposant les mains à un enfant tenu par sa mère. Par places aussi des recommandations imprimées invitant le public au recueillement, à la compassion et à la propreté, indiquant les heures auxquelles on peut être reçu. Des tableaux de la Ligue contre l'Alcoolisme complètent cette décoration.
        "Le cabinet où se trouve Antoine est séparé de cette antichambre par une porte vitrée. Au moment de notre arrivé, Antoine est en train d'examiner et de traiter un enfant tenu sur les genoux de sa mère". (Pierre Debouxhtay, p.78-79, déposition des médecins G.Corin et Lenger, le 19 décembre 1900).

    Gabriel Corin

     

    Professeur Gabriel Corin (décédé en 1919)

        "Au coin d'une traverse, une maison d'aspect presque officiel rappelant une clinique ou une petite mairie. La porte est ouverte. Foccroule cause en wallon avec quelques hommes attablés à un estaminet adjacent. La gueuze-lambic permet aux nombreux pèlerins d'attendre paisiblement l'heure où chacun à son tour, ils seront reçus. Dans la salle d'attente une multitude de femme.
        "[...] J'ai passé par les coulisses de l'officine magnétique. C'est un corridor étroit où il y a, pour tout ornement, un tonneau à épluchures.
       "Ce corridor conduit à la hutte où habite Louis Antoine, une chambre seulement, bien pauvre et bien nue où sa femme prépare le repas du soir.
       "[...] La vieille [qui consulta Antoine] a jeté quelques sous dans la tirelire sur la cheminée. C'est tout ce qu'accepte ce philanthrope mystique.
        "- Avant de partir, prenez mon journal.
        "Louis Antoine est allé dans la chambre basse et obscure où sa femme prépare le repas du soir. De nouveau, je suis dans le corridor étroit, encombré par le tonneau d'épluchures. Le thaumaturge revient avec un imprimé qui a comme titre : "Connais-toi."
        "[...] Me voici dans les rues fumeuses de Jemeppes, sur les chaussées noires."
    Le Matin - 3 août 1901, L'au-delà et les forces inconnues - Le guérisseur Louis Antoine (Jules Bois)(Gallica)

        "A la porte d'Antoine, comme au seuil des lieux de pèlerinage fréquentés, il y a des mendiants qui psalmodient leur quémandeuse mélopée... On entre sans frapper. Nous sommes dans une vaste salle sans fenêtre et qui prend jour par des lanterneaux. C'est une salle de conférence, de patronage ou de réunion publique. Sur une estrade peu élevée, au milieu de la pièce, il y a une table avec des chaises autour comme pour un conseil des ministres [il s'agit très probablement de la table autour de laquelle se plaçait les médiums au cours des séances d'évocation]; le reste de la salle est occupé par des bancs. Sur les murs blanchis à la chaux, diverses pancartes et inscriptions.
        "...Dans la salle se trouvent sur les bancs quelques personnes, une dame de vêtement cossus, une gentille ouvrière qui a des yeux couleur noisette, les lèvres pâles et un châle rouge dans lequel elle se drape, une vieille femme qui tient un enfant, des ouvriers d'aspect plus que maladif. Ces gens attendent sans parler. Ils attendent leur tour de comparaître devant Antoine. Près de la porte du cabinet de consultation une femme tricote et fait fonctions d'huissier. Elle appelle : "141". Et le 141, c'est la petite ouvrière, se lève et disparaît derrière la porte vitrée.
        "Nous autres, arrivés les derniers, à midi moins cinq minutes, nous avons les numéros 146 et 147. On nous a donné des jetons de zinc où ces chiffres sont gravés. ll est donc venu ce matin-là 147 visiteurs chez Antoine; il n'est pas rare qu'il en vienne 300. [...]
        " "146, 147 !" annonça l'huissier tricoteur, nous nous levâmes un peu émus - dame ! - et nous nous trouvâmes dans le bureau d'Antoine le guérisseur. Rien d'extraordinaire dans ce bureau, une table, quelques livres, un panier à pied, un tronc près de la porte, un tronc tel qu'on ne voit pas ce qu'y met le donateur." (Pierre Debouxhtay, p.102-04, récit d'un journaliste accompagné d'Isi Collin dans le Journal de Liége du 5 décembre 1904).

        En mars 1904, on ouvrit une porte dans la rue des Tomballes.
        En 1905, les Antoine font construire un temple à l'emplacement de la salle de réunions des Vignerons du Seigneur. Il reçoit jusqu'à 400 malades par jour.
        En 1906, on construit un bureau et une salle d'attente, et la grande salle, transformée, devient le temple.
        Commence alors le Nouveau Spiritualisme, et sur le mur du fond du temple est inscrit "Ecole professionnelle de philosophie et de morale", puis l'Auréole de la Conscience. Les questions-réponses ont lieues le dimanche de 10h à 12h, sténographie par Mme Desart, jusqu'en mai 1909, quand il recevait la semaine jusqu'à 1200 souffrants par jour.
        Dans le temple, on construit une grande tribune et une petite.
        Le 1 janvier 1910, Louis Antoine constitue un Conseil d'administration du Temple, réglant les questions d'argent, l'entretien du temple, et la distribution de l'Enseignement.
         Le 28 mars 1910, un lundi de Pâques, Louis Antoine procède à la première Opération Générale avec une lévite de couleur noire, les lecture des livres d'Allan Kardec sont supprimées, puis les séances de spiritismes. On fait l'annonce suivant : Mes frères, le Guérisseur entre au Temple à 10h. Il monte à la tribune mais ne dit rien. Il se recueille puis il tend la main : là commence son opération qui ne dure qu'un instant. Le Guérisseur ne prescrit ni drogues ni médicaments. Soit pour contrariété ou maladie, celui qui aura foi en lui trouvera satisfaction". Mère Antoine se tient sur la petite tribune.
        En 1910, le Conseil d'administration demande la reconnaissance du culte au Ministère pour exonérer les droits de succession pour le temple, ce qui sera reconnu en 1922.
        Le 15 août 1910, Louis Antoine consacre le temple de Jemeppe, et sanctifie le culte antoiniste. Il est alors appelé Antoine le Généreux (nom que l'on retrouve sur les livres de l'Enseignement de l'époque), et d'aucun l'appellent Maître.
        A la fin de cette année, le Père charge Mère et Frère Deregnaucourt de recevoir les souffrants qui le désirés individuellement.
        En 1911, l'Opération générale a déjà lieu les 4 premiers jours de la semaine, à 10h, et un adepte fait la lecture de l'Enseignement d'Antoine le Généreux, le dimanche à 10h et le jeudi à 19h30.
        Le 15 août 1911, c'est le premier anniversaire de la consécration du temple, ce jour sera une des fêtes principales du culte. Louis, fait l'Opération générale, et les adeptes se réunissent dans la salle du grand Trianon à Seraing. Le 10 septembre, Louis consacre le Temple de Stembert. Puis il rédigea le Développement, un peu avant de mourir, le 25 juin 1912, qui deviendra également un jour spécial du vivant de Mère.
        Le 15 août 1912, c'est le deuxième anniversaire du temple de Jemeppe, durant lequel des réunions commémoratives eurent lieu à 11h et 14h, puis les adeptes lurent des exposés.
        Puis les consécrations des temples furent à la charge de Mère.
        En novembre 1912, on inscrit sur le mur du fond : "L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi", inscription que l'on retrouve encore dans les temples avec photos.
        "C'est une maison neuve dont les fumées n'ont pas encore noirci la façade blanche. Aucun signe, aucun emblème
    extérieur ne désignent l'église. Ces mots seulement, en majuscules d'or : CULTE ANTOlNISTE.
        "[...] Nous sommes dans un vestibule carré. Au fond, une porte à deux battants rembourrés. Contre le mur de droite, un grand tableau sur lequel sont inscrits les noms des villes où l'Antoinisme a des églises. Il y en a plusieurs à Paris ; il y en a aussi à Vienne, à Pétersbourg, au Caire, en Amérique, même en Nouvelle-Zélande.
        "[La guérisseuse] se dirige vers la porte aux battants rembourrés ; elle l'ouvre et nous entrons dans le sanctuaire, dont les portes se renferment derrière nous. Les cinq voyageurs gardent le silence; mais la « guérisseuse », les bras croisés et les mains dans ses manches, parlant un peu du nez, fait le cicérone...
        "Nous nous tenons debout dans l'arrière partie de la salle. Devant nous, les chaises en rangs bien alignés. A la place d'autel, au fond, une tribune à laquelle on accède par un double escalier. C'est du haut de cette estrade que le Père enseignait et c'est là que, depuis la mort d'Antoine, la Mère, quittant chaque matin sa retraite, se montre aux fidèles pendant quelques instants.
        "A droite de la porte d'entrée, un évier long au-rdessus duquel trois robinets allongent leurs becs ; à trois clous correspondants, sont accrochés trois gobelets retenus au mur par des cordons."
    Une visite à Jemeppe, in L'Écho du merveilleux, 15-05-1913 (Gallica)

        Le 25 juin 1913, à l'anniversaire de la désincarnation du Père, on fit une opération puis les adeptes défilèrent dans les appartements du Père. Le 29 juin, à 14h, un cortège fit le parcours du temple au cimetière. Cela n'est plus fait depuis longtemps maintenant.

     

    Histoire du temple de Jemeppe-sur-Meuse, Quatre-Ruelles


        Pendant la guerre, Mère instaure les lectures dans les temples, les 4 premiers jours de la semaine à 19h30. Puis en 1920, un recueillement à 10h, puis on y adjoignît la lecture des Dix Principes, est fait. En 1922, les desservants monteront à la grande tribune pour ce recueillement.
        En 1925, Mère décide d'asseoir l'Enseignement du Père en faisant placer dans les Temples, une image de Louis faisant l'Opération sur la tribune, l'Arbre de la science est déplacé sur la gauche. A partir de cette époque, on se recueille debout devant l'image du Père avant de s'asseoir. Actuellement, certaines antoinistes se recueillent toujours avant de s'asseoir.
        En 1929, Mère fit placer sa photographie à la tribune à droite de celle du Père, quelques centimètres plus bas.
        En 1935, on plaça dans les temples, sur la tribune une pancarte : "Le Père est le Christ des Antoinistes, il est le deuxième messie". Puis il fut retiré.
        Lors de la visite de Pierre Debouxhtay, vers 1934, à Jemeppe (pas ailleurs) le portrait de Mère a été enlevé et remplacé par une photographie représentant la foule "opérée" par Antoine.

        "Façade cimentée, percée de fenêtres, rendue grisâtre par la fumée des charbonnages; deux entrées, l'une rue Alfred Smeets (jadis rue Bois de Mont), l'autre rue des Tomballes, y donnent accès. Rue Smeets, sur la porte, à deux battants, peinte en vert, encadrée de deux petites fenêtres ogivales, on lit cette inscription : "Lecture de l'Enseignement du Père [jadis le mot Père était suivi de Antoine] le dimanche à 10 heures et tous les jours à 7 heures du soir, excepté le samedi. opération générale au nom du Père les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. Le Temple est ouvert jour et nuit aux personnes souffrantes. tout le monde est reçu gratuitement." Sur le mur, au dessus- de la porte, en très grands caractères : "Culte Antoiniste 1910" [en 1912, au dessus du portail de la rue des Tomballes se trouvait encore l'inscription : "Les Vignerons du Seigneur" (Gazette de Liége, 1 er juillet 1912). Aujourd'hui, les deux branches de vigne subsistent, encadrant les mots : "Culte antoiniste" et la date : 1905]. A côté de la porte, sur la boîte aux lettres on pouvait lire naguère [nous n'y l'avons plus vue en 1933] cette invitation : "Ne jetez plus de l'argent dans la boîte aux lettres." L'édifice est coiffé d'un clocheton (sans cloche), recouvert de zinc et qui se termine en une sorte de vrille.
        "La porte de la rue A. Smeets franchie, on se trouve dans un porche : à gauche, au mur on voit des photos de temples et l'adresse de ces sanctuaires; à droite des avis annonçant les fêtes du culte, les places de desservant vacantes, etc.; à droite encore, le bureau des services administratifs; à gauche, à l'entrée du vestibule un bureau de consultations. Le vestibule est séparé du temple par une porte capitonnée, où sont apposés des écriteaux rappelant que "sans la foi on ne peut être sauvé", invitant les personnes qui entrent à se confesser au Père : "Mes Enfants, quand vous venez au Temple, faites bien votre confession au Père Antoine [depuis 1931 le mot "Antoine" est supprimé]. Si vous avez la foi au Père, vous obtiendrait selon votre foi." [cette inscription se trouve aussi dans les autres temples]
        "Au moment de pénétrer dans le temple [Une affiche, récente, fait savor que "le Temple et la maison du Père ne sont accessibles que pendant les offices"], on remarque à droite un robinet, un évier et des gobelets retenus par des chaînettes [...].
        "On se trouve dans une pièce assez spacieuse garnie de chaises et de bancs, ayant "l'aspect d'une salle ordinaire de forme carrée et dont les murs devant et derrière sont percés de trois fenêtres ogivales. La lumière du jour y pénètre surtout par la toiture vitrée. Avec les galeries dont elle est dotée, elle peut contenir jusqu'à quinze cents personnes" [Fré. Houbert [R. Louette] dans la Meuse, 26-6-1912].
        "[...] A gauche à l'emplacement destiné au public, se trouvent les portes de la salle du Conseil d'Administration, de l'habitation de Mère Antoine et des cabinets de consultations où reçoivent certains ministres du culte, notamment le second interprète du Père. [Des écriteaux rappellent qu' "on ne doit pas parler dans le temple"]. A droite, au fond, la porte de sortie de la rue des Tomballes.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.208-212

        En 1936, Mère décide de retirer les photos, et de remettre l'emblème à sa place originale.
        En mars 1938, à la demande des adeptes, Mère fit remettre les images.
        En 1940, le Premier Représentant du Père, le frère Nihoul, avec les anciens adeptes du Père, ramène le culte à la simplicité comme c'était du temps de Père. Ainsi, les portraits et écriteaux sont retirés, seul l'emblème reste. Et l'inscription murale "L'Enseignement du Père c'est l'Enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi" est remplacé par "Les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures, OPERATION GENERALE".
        En France, on consacre de nouveau temple en gardant les dernières modifications de Mère.
        En 1970, on remet les images.
        En 1985, on les retire. Mais les dirigeants du culte acceptent que chaque desservant travaille dans son temple suivant sa FOI et sa compréhension. Ainsi certains temples belges ont aussi gardés les photos du Père et de Mère à la tribune.
        En septembre 2000, se crée l'Ecole du Nouveau Spiritualisme, pour l'étude de l'Enseignement dans divers temples. En France, des salles de lecture s'ouvrent périodiquement.

        Actuellement, la façade bien blanche du temple porte la même inscription "Culte Antoiniste 1910". Sur la porte toujours peinte en vert, on lit un panneau disant : "Culte Antoiniste, LECTURE DE L'ENSEIGNEMENT DU PERE tous les dimanches à 10 h. et les quatre premiers jours de la semaine à 19 h. OPERATION GENERALE les quatre premiers jours de la semaine à 10 h." Sur certains panneaux de temple, on lit encore "Tout le monde est reçu gratuitement". La boîte aux lettres porte le nom Louis Antoine et l'annonce de ne plus y jetez de l'argent est retirée. C'est toujours par là qu'on y met les dons.
        Le clocheton n'a plus sa vrille.
        Passé la porte de la rue Rousseau (anciennement rue Smeets), on arrive dans le vestibule, avec une table sur la gauche portant les ouvrages et à droite la porte de l'habitation d'un habitant. Puis plusieurs portes de cabinet. Un tableau portant les annonces des fêtes notamment. Au fond du vestibule, un corridor menant sur des portes capitonnées menant au temple. La porte de la rue des Tomballes ouvre sur l'escalier menant à la tribune et à une porte menant dans l'intérieur du temple.
        Dans le temple même, que des bancs, et plus de panneau. L'inscription à l'intérieur du temple est : "Culte Antoiniste. Tous les dimanches à 10 heures, Lecture de l'Enseignement du Père. Les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, Opération générale". Puis L'Auréole de la Conscience.
        La tribune n'a pas changée, elle porte l'Arbre de la Science de la Vue du Mal. A gauche, la porte menant à l'appartement du desservant du temple, le Représentant du Père, et au Conseil d'Administration, et à l'imprimerie (dont on peut accéder par la porte de garage de la rue Rousseau). A gauche également, le cabinet de consultations d'un guérisseur.
        La porte de garage menant à l'imprimerie ainsi qu'au jardin du Père, est séparée du Temple, dans la rue Rousseau, par plusieurs maisons appartenant au culte. La maison d'un adepte, puis une maison de logement, puis l'école et la bibliothèque ainsi que des lits. Cette maison mène aux combles abritant des chambres.


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  • Adresse : 2, rue Rousseau (coin de la rue Hullos et des Tomballes) - 4101 Jemeppe-sur-Meuse


    Agrandir le plan

    Style : Art Nouveau

    Panneau : LECTURE DE L'ENSEIGNEMENT DU PÈRE
    tous les dimanches à 10 heures
    et les 4 premiers jours de la
    semaine à 19 heures
    OPERATION GENERALE
    les 4 premiers jours de la
    semaine à 10 heures

    Temple sans photo

    Date de consécration (par Père) : 15 août 1910 (en même temps que la sanctification du culte)

    Anecdote :
    Le Temple Antoiniste de JEMEPPE-sur-MEUSE.

    Remarque préliminaire : Pierre DEBOUXHTAY, Docteur en Philosophie es Lettres, Professeur à l'Université de LIEGE a consacré deux ouvrages à l'Antoinisme. Le premier est quasi introuvable. Il s'intitule « ANTOINE  et l'ANTOINISME ? les Faits d'après des documents inédits ». Il semble ne plus en exister que quelques exemplaires. Le second livre, lui, semble définitivement introuvable. J'ai découvert ce livre à la bibliothèque du Grand Séminaire de LIEGE. Il s'agit de l'exemplaire dédicacé par l'auteur à Monseigneur KERKHOFS, Evêque de LIEGE à l'époque. Mais je laisse la parole à l'auteur pour décrire le Temple tel qu'il l'a vu en 1934. Il l'appelle «  Le Temple par excellence ».

     
    LE TEMPLE ANTOINISTE

      D'ordinaire les temples antoinistes sont d'aspect très modeste.
    Le temple, par excellence, celui de JEMEPPE, situé à mi-côte d'une colline assez abrupte, non loin du chemin de fer, est lui-même d'une grande simplicité : façade cimentée, percée de fenêtres, rendue grisâtre par la fumée des charbonnages ; deux entrées, l'une Alfred SMEETS (jadis Rue BOIS de MONT), l'autre rue des TOMBALLES (1), y donnent accès. Rue SMEETS, sur la porte, à deux battants, peinte en vert, encadrée de deux petites fenêtres ogivales, on lit cette inscription : «  Lecture de l'Enseignement du Père le dimanche à 10 heures et tous les jours à 7 heures du soir, excepté le samedi. Opération générale au nom du Père les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. Le Temple est ouvert jour et nuit aux personnes souffrantes. Tout le monde est reçu gratuitement. » (2). Sur le mur, au dessus de la porte, en très grands caractères : « CULTE ANTOINISTE 1910 ». A côté de la porte, sur la boîte aux lettres, on pouvait lire naguère cette invitation : « Ne jetez plus de l'argent dans la boîte aux lettres. » L'édifice est coiffé d'un clocheton (sans cloche) recouvert de zinc et qui se termine par une sorte de vrille.


      La porte de la Rue A. SMEETS (1) franchie, on se trouve dans un porche : à gauche, au mur on voit des photos de temples et l'adresse de ces sanctuaires (2) ; à droite, des avis annonçant les fêtes du Culte, les places de desservants vacantes, etc. ; à droite encore, le bureau des services administratifs ;à gauche, à l'entrée du vestibule un bureau de consultations. Le vestibule est séparé du temple par une porte capitonnée, où sont apposés des écriteaux rappelant que  « sans la foi on ne peut être sauvé » (3), invitant les personnes qui entrent à se confesser au Père : «  Mes enfants, quand vous venez au Temple, faites bien votre confession au Père Antoine. Si vous avez la foi au Père, vous obtiendrez selon votre foi. »


      Au moment de pénétrer dans le temple, on remarque, à droite, un robinet, un évier et des gobelets retenus par des chaînettes (4).


      On se trouve dans une pièce assez spacieuse garnie de chaises et de bancs, ayant « l'aspect d'une salle ordinaire de forme carrée et dont les murs devant et derrière sont percés de trois fenêtres ogivales. La lumière du jour y pénètre surtout par la toiture vitrée. Avec les galeries dont elle est dotée, elle peut contenir jusqu'à 1500 personnes ».....
     

      Contre le mur du fond est adossée la grande tribune, estrade assez large, avec balustrade en fer. On y accède par un escalier de douze marches, situé à droite (par rapport au public) (5)  ; on peut aussi s'y rendre par une porte qui donne accès aux appartements du Père. C'est par cette entrée que celui-ci venait à la tribune ; de même , la Mère ANTOINE. Quant aux autres guérisseurs (6), ils doivent emprunter l'escalier de douze marches (6). Un portrait en pied du Père ANTOINE est appendu à la tribune (7). En dessous de ce portrait se trouve une sorte de pupitre, c'est la petite tribune. A gauche de celle-ci, l'emblème antoiniste (7) «  nous rappelant que nous devons lutter sans cesse contre l'intelligence qui, seule, nous divise et nous afflige ». A droite, le portrait de la Mère ANTOINE (7). Sur le mur peint en noir auquel la grande tribune est adossée, on peut lire, dans la partie supérieure, les mots : « CULTE ANTOINISTE » ; plus bas, encadrant les fenêtres, les inscriptions suivantes : à gauche, « Tous les dimanches à 10 heures, lecture de l'Enseignement du Père » ; puis, à droite, «  L'Enseignement du Père, c'est l'Enseignement du Christ révélé à cette époque par la Foi »(8). En dessous des fenêtres, en très grands caractères : « Un seul remède peut guérir l'humanité : la Foi... » (9).......

     

    Remarques sur le texte :

    (1)    L'adresse du Temple est maintenant « Rue ROUSSEAU, 2 ». Suite à la fusion des communes, il existait une autre rue SMEETS à SERAING.
                Dans le passé, ce tableau figurait dans les porches de tous les Temples.
    (2)    Lors de ma dernière visite à JEMEPPE-sur-MEUSE, je ne me souviens plus d'avoir vu cette pancarte.
    (3)    On a dû afficher un avis signalant que cette eau sert uniquement à désaltérer les visiteurs. Certains lui attribuaient, faussement, des vertus curatives !
    (4)    Dans les autres Temples Antoinistes, cet escalier est habituellement situé à gauche de la tribune.
    (5)    La desservante actuelle de JEMEPPE-sur-MEUSE, Sœur Ghislaine DUMONT, utilise, depuis quelques années le même accès que le Père et la Mère ANTOINE. Ce qui a provoqué un certain émoi chez les Antoinistes, surtout chez les desservants des Temples «  avec photos ».
    (6)    Le Temple Antoiniste de JEMEPPE étant un Temple « sans photos », il n'y a plus, maintenant que, au centre, l'emblème du Culte.
    (7)    Cette mention a été supprimée et remplacée par l'indication des heures des OPERATIONS GENERALES. Bien que la suppression remonte à la période d'après-guerre, elle a subsisté très longtemps dans certains Temples.
    (8)    Il s'agit du texte complet de l'Auréole de la Conscience.

    source : http://antoinisme.20six.fr/antoinisme/art/66095/


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