• La mort de la petite Leclercq (Le Grand écho du Nord de la France 21 août 1912)

     

    La mort de la petite Leclerc

    LES PARENTS, DEUX FERVENTS ANTOINIS-
    TES, BENEFICIENT D'UN NON-LIEU. – ILS
    SONT RECONNUS IRRESPONSABLES

        Paris, 19. – M. Kastler, juge d'instruction, vient de rendre une ordonnance de non-lieu en faveur de Leclercq et de sa femme, Marguerite Sautet, qui, rue de la Parcheminerie, laissèrent mourir, faute de soins, leur fillette, espérant que l'intervention du «Père Antoine» la sauverait.
        Le docteur Claude, médecin aliéniste, chargé d'examiner l'Antoiniste Leclercq, l'a déclaré irresponsable, en raison de son mysticisme.

    Le Grand écho du Nord de la France, 21 août 1912


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  • Informations judiciaires - Les Antoinistes (Paris-midi, 20 août 1912)

               INFORMATIONS JUDICIAIRES

                            Les « Antoinistes »

        M. Kastler, juge d'instruction, vient de rendre une ordonnance de non-lieu en faveur de Leclercq, l'«Antoiniste » de la rue le de la Parcheminerie, arrêté pour avoir laissé mourir sa fillette faute de soins. Le docteur Claude qui a examiné son état mental a, en effet, conclu à son irresponsabilité.
        Mlle Sautet, l'amie de Leclercq, qui avait déjà été laissée en liberté provisoire bénéficie également d'un non-lieu.

    Paris-midi, 20 août 1912


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  • Deux martyrs de la foi antoiniste à Paris (Le Grand écho du Nord de la France, 24 juillet 1912)

    Deux martyrs de la foi
                  Antoiniste à Paris

    Une histoire d'enfants martyrs
        les jette sur la paille humide
        des cachots...

                                                                     Paris, 21.

        Deux fervents adeptes de la foi antoiniste, Joseph Leclerc et Mathilde Brossard ont couché cette nuit au Dépôt. Joseph Leclerc, âgé de 42 ans, et Mathilde Brossard, sa compagne, âgée de 32 ans, habitaient une sorte de hangar, rue de la Parcheminerie, 4. La femme cousait des sacs. L'homme allait les vendre. Ils se battaient quelquefois après libations mais s'aimaient tout de même. Dans la baraque, qui n'était pas d'une propreté remarquable, la grâce était représentée par une petite fille de quatre mois, Antoinette, née de leur union. La petite fille tombait malade il y a quelques jours. Mathilde Brossard, inquiète, hasarda :
        – Si j'allais chercher un médecin ?
        – Que peut faire un médecin ? répondit Leclerc. Prions : Si le Père veut, elle sera sauvée. Si le Père veut rappeler à lui notre enfant bien-aimée, que sa sainte volonté soit faite !
        Leclerc et Mathilde Brossard sont, en effet, comme nous le disions plus haut, des adeptes de cette secte belge, dont le fondateur, le père Antoine, vient de mourir récemment, et qui compte des fidèles dans tout le Nord de la France. Le père Antoine promettait aux malades leur guérison par la prière et par la foi : « Croyez et priez ; leur disait-il, et vous serez sauvés. ». Et quelquefois ils l'étaient. Mais l' « antoinisme » ne devait pas réussir à Leclerc et à Mathilde Brossard. La petite Antoinette mourut. Il fallait bien recourir, pour l'acte de décès, au médecin que l'on avait dédaigné pour la guérison. Le médecin avait-il plus de science que de foi antoiniste ? Il constata que la mort était due au manque de soins.
        Le commissaire de police du quartier de la Sorbonne arriva à son tour, et cet homme qui n'a pas le respect de l' « antoinisme », apprenant au surplus que Leclerc et Mathilde Brossard avaient perdu un autre enfant dans les mêmes conditions, quand ils habitaient rue Saint-Julien-le-Pauvre, les mit en Etat d'arrestation.
        Maintenant de méchantes langues prétendent dans le quartier que ces deux fanatiques étaient surtout de mauvais parents.

    Le Grand écho du Nord de la France, 24 juillet 1912

    Mauvais parents ou fanatiques (L'Est Républicain 25-07-1912)  Article pratiquement identique de L'Est Républicain du 25 juillet 1912


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  • Les Antoinistes Leclercq - L'autopsie (Le Journal, 25 juil 1912)

    Les “Antoinistes”

            L'autopsie de la petite Leclercq.
        Sur réquisition de M. Kastler, juge d'instruction, le docteur Charles Paul, médecin légiste, a procédé hier à l'autopsie du cadavre de la petite Augustine Leclercq, décédée dans les circonstances que nous avons relatées, au domicile de ses parents, le couple d' « antoinistes » de la rue de la Parcheminerie.
        Le praticien, qui a conclu à la mort par broncho-pneumonie, n'a relevé aucune trace de violence sur le corps.
        Ce résultat n'a rien qui puisse surprendre. On se rappelle qu'en ce qui concerne tout spécialement le décès de la fillette, on avait tout simplement reproché à Leclercq et à sa maitresse de ne pas avoir fait donner à la malade les soins nécessaires. Ceux-ci n'avaient, au reste, nullement cherché à se défendre contre cette inculpation. Ils s'étaient contentés, pour se justifier, d'invoquer leur entière confiance aux doctrines d'Antoine le Guérisseur.

    Le Journal, 25 juillet 1912


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  • Les deux Antoinistes Leclercq (Le Journal, 22 juil 1912)

         Les deux “Antoinistes”

    Comment mourut le Premier Enfant

        L'arrestation de Jules Leclercq et de sa maitresse, Mathilde Santel, le couple fanatique de la rue de la Parcheminerie, a causé une vive émotion dans le coin si populeux et si animé de la rive gauche, qui s'étend de la place Maubert à la rue Saint-Séverin et où, comme nous l'avons dit, le groupe d’ « antoinistes » était très connu. Non pas que cette mesure ait causé la moindre surprise – elle a été, au contraire, accueillie avec un sentiment de véritable soulagement – mais les faits qui l'ont nécessitée ont mis le comble à l'indignation qu'avaient déjà provoquée, le mois dernier, les circonstances dans lesquelles succomba le premier enfant de l'étrange ménage.
        C'est ce dernier point, du reste, qui va faire maintenant le principal objet de l'information judiciaire, les déclarations mêmes du marchand de sacs et de sa compagne ne laissant aucun doute sur les causes du décès de la petite Augustine. Et il semble bien, ainsi que les premières investigations de M. Mélin, commissaire de police du quartier de la Sorbonne, nous permettaient, hier, de l'indiquer, que là encore la responsabilité des deux adeptes d'Antoine le Guérisseur soit terriblement engagée.
        Le repos dominical a marqué un temps d'arrêt dans l'enquête ; mais nous avons pu, au cours de la journée, recueillir néanmoins certains témoignages qui fortifient singulièrement les soupçons de la veille. Fournis, pour la plupart, par d'anciens voisins des deux fanatiques, ils se rapportent à l'époque toute récente où ces derniers demeuraient 8, rue Saint-Julien-le-Pauvre, et on sait qu'ils n'occupaient la baraque de la rue de la Parcheminerie que depuis la date du petit terme, le 8 juillet.
        Toutes ces déclarations peuvent se résumer dans celle que nous fit une ménagère qui fut, rue Saint-Julien-le-Pauvre, la voisine immédiate du couple :
        – Jules Leclercq, nous dit-elle, est venu habiter ici il y a trois ans environ. Taciturne et fantasque, il eut bientôt au surplus, dans le quartier, la réputation d'un brutal. Après avoir vécu seul pendant quinze mois, il installa une compagne chez lui. C'était Mathilde Santel, une veuve qui avait été concierge rue de l'Hôtel-de-Ville. Elle arrivait avec un garçonnet, malingre et rachitique, âgé de dix-huit mois environ. Une année s'écoula sans incidents extraordinaires. Nous avions bien tous remarqué que l'enfant était odieusement délaissé, mais personne ne voulait faire de remontrances trop sévères à la mère pour ne pas s'exposer à la colère du marchand de sacs.
        » Sur ces entrefaites, au début du mois dernier, le garçonnet, déjà très affaibli, se mit à tousser à fendre l'âme ; comme ses parents n'allaient pas chercher le médecin, je leur en fis personnellement le reproche. Leclercq me répondit :
        « – Nous avons recommandé notre enfant au père Antoine ; il ne nous reste plus qu'à prier Dieu jusqu'à ce que la guérison se fasse. »
        » Deux jours après, l'état du bambin ayant empiré, plusieurs locataires menacèrent le couple de prévenir la police s'ils ne se décidaient pas à lui donner les soins nécessaires. Effrayée, la veuve Santel courut chez un docteur.
        » Nous devions apprendre par la suite que Leclercq avait décommandé la visite en assurant que le garçonnet se portait mieux. Et le soir une scène terrible eut lieu entre les deux amants. Nous entendîmes soudain le bruit d'une gifle, puis la chute d'un corps sur le parquet, des cris douloureux d'enfant et la voix de la femme qui protestait :
        » – Misérable ! tu as tué mon petit !
        » Vers trois heures du matin, la veuve Santel se décida à aller chercher le médecin de nuit. Celui-ci accourut. Il était trop tard. Le garçonnet mourait au petit jour. »
        La veuve Santel avait déjà perdu, rue de l'Hôtel-de-Ville, une fillette âgée de près de trois ans.
        Après le décès du garçonnet, rue Saint-Julien-le-Pauvre, les commérages avaient été bon train. A maintes reprises Leclercq et sa compagne s'étaient vu publiquement accusés déjà d'en être responsables. Mais personne alors n'avait osé informer le commissaire de police du quartier, pour ne pas encourir les représailles de l'antoiniste, chez qui le mysticisme n'excluait ni la violence, ni la brutalité.

    Le Journal, 22 juillet 1912


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