• Jusque vers le milieu des années soixante-dix, les scientifiques pensaient que le système immunitaire était indépendant du cerveau, et probablement des émotions. Mais, en 1974, une étude publiée par Robert Ader, psychologue à l'université de Rochester, qui devait se limiter à une simple expérience sur l'attirance et l'aversion, changea les données du problème. Ader donna à des rats une solution à base de saccharine, tout en leur injectant de la cyclophosphamide, substance qui provoque de fortes douleurs gastriques. Dès la première injection, la plupart des rats associèrent le goût sucré de l'eau additionnée de saccharine aux désagréables crampes et se mirent à repousser la saccharine. Lorsque les rats conditionnés furent forcés d'intégrer de nouvelles doses de saccharine non assorties d'injection de cyclophosphamide, ils présentèrent les mêmes symptômes et certains, curieusement, en moururent.
        En étudiant pus précisément la cyclophosphamide, Ader apprit que, outre les maux d'estomac, elle provoquait un blocage du système immunitaire, ce qui aurait pu expliquer la  mort des rats. Mais quelques doses de cyclophosphamide - parfois, il n'y en avait eu qu'une, avaient-elles suffit à rendre les animaux vulnérables aux maladies ? Il en doutait.
        Alors peut-être l'absorption de la cyclophosphamide avait-elle conditionné les rats, non seulement à ressentir des malaises, mais aussi à voir leurs défenses immunitaires affaiblies. En collaboration avec l'immunologue Nicholas Cohen, de l'université de Rochester, Ader se mit en devoir de tester cette hypothèse : il répéta l'expérience sur trois groupes de rats, en utilisant deux groupes de contrôle et découvrit ainsi qu'il avait deviné juste. Une fois conditionnés à la cyclophosphamide, les rats à qui l'on administrait encore de la saccharine continuaient d'amoindrir leurs défenses immunitaires et devenaient de ce fait plus sensibles à la maladie, même si on cessait de leur donner des immunodépresseurs. En d'autres termes, il apparut que, du moins sur des rats de laboratoire, le mental pouvait avoir une influence sur la vulnérabilité aux maladies.

    Les Mystères de l'inconnu - Le Don de guérir
    Chapitre 2 - Les médecines orientales (p.130)


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  • GOUDRON. C'est un produit de la combustion lente du bois de plusieurs espèces de pins, et particulièrement du pinus maritima et du pinus sylvestris. Quand les troncs de ces arbres ont été épuisés de térébenthine, on dresse leurs fragmens au dessus d'une fosse conique, puis on les couvre de gazon et on y met le feu. Le goudron s'écoule dans la fosse, et de là est conduit par un canal dans un récipient. Cette substance se compose de résine mêlée d'huile essentielle, le tout à moitié, brûlé d'acide pyroligneux et de beaucoup d'impuretés.
        On s'est servi du goudron en fumigations, en frictions, et pour la préparation d'une eau qu'on administre à l'intérieur.
        Les fumigations de goudron ont été préconisées contre la phthisie pulmonaire. Le docteur Madge, médecin anglais, avait, en 1780, attribué les avantages que quelques phthisiques retirent des voyages sur mer à la vapeur de goudron qu'ils respirent à bord du vaisseau. Depuis cette époque, le docteur Alex. Cricoton a publié un Essai sur l'emploi de la vapeur du goudron contre la phthisie pulmonaire, dans lequel il rend compte des essais, quelquefois heureux, tentés par lui avec ce médicament. Il tenait nuit et jour dans la chambre du malade un vase où le goudron, échauffé par une lampe, subissait une lente ébullition. Tous les jours on nettoyait le vase et on renouvelait son contenu. Ayant remarqué que la vapeur de l'acide pyroligneux excitait la toux, le docteur Crichton neutralisait cet acide en ajoutant une once de sous-carbonate de potasse à chaque livre de goudron.
        Un chirurgien anglais nommé Colville, a rapporté en, 1814, dans le Journal d'Edimbourg, qu'une jeune fille avait été délivrée d'une affection rhumatismale par des frictions avec le goudron. Il a aussi publié l'observation d'une névralgie faciale qui avait résisté à des moyens actifs et que quelques frictions faites sur la face avec le goudron ont promptement guérie.
        L'eau de goudron se prépare ordinairement en faisant macérer pendant huit jours une once de goudron dans une pinte d'eau. On agite fréquemment ce mélange puis on le filtre et on conserve le liquide dans des bouteilles bien bouchées. Pendant cette macération, le goudron cède particulièrement à l'eau l'acide qu'il contient. Ainsi préparée, cette eau, dont la saveur est assez désagréable, se donne pure ou édulcorée ou coupée avec du lait. Sa dose est depuis huit onces jusqu'à plusieurs livres par jour.
        L'introduction de l'eau de goudron dans l'appareil digestif aurait pour effet immédiat chez les uns d'exciter l'appétit, chez quelques autres de causer des nausées, des vomissemens et de la diarrhée. Elle provoquerait en outre la sécrétion des urines, la transpiration cutanée et produirait une stimulation des diverses membranes muqueuses.
        Les auteurs ont particulièrement recommandé l'eau de goudron contre le catarrhe chronique de la vessie, la bronchite chronique, l'asthme, la phthisie pulmonaire, certaines affections chroniques de la peau, les syphilis invétérées, le scorbut, le rhumatisme, la dyspepsie, etc.
        C'est au docteur Erich Acharius qu'on doit les essais les plus suivis avec l'eau de goudron. Il la préparait en mêlant deux livres de goudron et quatre livres d'eau. Au bout de douze heures au moins, on décantait et le liquide recueilli était administré à la dose d'une à trois livres par jour. Il l'employa tant intérieurement qu'extérieurement dans l'hôpital de Stockholm, chez cinquante malades tous affectés de syphilides invétérées, comme ulcères rongeans, douleurs ostéocopes, exostoses, périostoses, etc. ; vingt-quatre de ces malades ont été radicalement guéris par ce seul remède; treize autres, à qui on avait administré précédemment le mercure sans aucun effet, furent guéris par l'adjonction de l'eau de goudron à ce médicament. Chez sept autres, qu'on avait traites en vain par l'acide nitrique et la pommade oxigénée, l'emploi combiné de ces agens et de l'eau de goudron atteignit parfaitement le but; onze malades guéris par l'eau de goudron furent ensuite soumis par précaution à un traitement mercuriel. Chez dix-huit malades, cette eau seule n'ayant pas suffi, on dut avoir recours au mercure. Le docteur Acharius conclut de ses expériences que l'eau de goudron mérite la plus grande attention dans le traitement des syphilides invétérées, soit comme moyen principal, soit comme auxiliaire des mercuriaux.
        La nature de l'eau de goudron, et ce que les auteurs ont dit de ses propriétés, indiquent qu'elle a pu réussir et qu'on pourrait encore l'utiliser. L'abandon presque complet de ce médicament montre aussi qu'il a dû souvent échouer. Pour fixer sa valeur, il faudrait de nouvelles expériences qui prendraient leur point de départ dans les travaux antérieurs. Il conviendrait aussi de rechercher si l'addition directe à l'eau, de l'acide contenu dans le goudron, remplacerait avec avantage, comme Cullen et Reid l'ont prétendu, la préparation actuelle de l'eau de goudron. Il n'y a non plus aucune conclusion pratique à tirer, dans l'état actuel de la science, de ce qu'on a écrit sur les fumigations et les frictions faites avec le goudron.           (Léop. DESLANDES.)

     

    Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques Par G. Andral, 1833, p.231 (Google Books)


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  • L'air, déclare Berkeley, a pour qualité spécifique l'élasticité perpétuelle. Le feu ou éther est la cause instrumentale universelle, intermédiaire entre les mondes. "Cet éther ou pur feu invisible, le plus subtil et élastique de tous les corps, semble se répandre à travers tout le monde entier. Si l'air est l'agent ou instrument immédiat dans les choses naturelles, c'est le pur invisible feu qui est le premier moteur, la source naturelle d'où l'air dérive sa puissance."
    [...]
        Le feu est donc l'agent universel. Mais l'esprit animal dans l'homme est la cause instrumentale ou physique de la sensation et du mouvement à la fois. L'intelligence de l'homme agit nécessairement par le moyen d'un instrument. [...] Dans le corps humain, l'intelligence ordonne et meut les membres; mais l'esprit animal (the animal spirit) est supposé la cause physique immédiate, une intelligence préside, mais la cause immédiate, mécanique ou instrumentale, qui meut et anime toutes ses parties, est le feu éternellement pur ou l'esprit du monde (spirit of the world).
    [...]
        "Nous ne pouvons faire un seul pas dans l'explication des phénomènes, sans admettre la présence et l'action immédiates d'un agent incorporel, qui unit, meut, dispose toutes choses, selon les lois et les desseins qui lui conviennent." Rien dans les corps n'est actif.
        Mais précisément, le véhicule de cet esprit est l'eau de goudron (tar-water serving as a vehicle to this spirit); elle transporte et répand partout cette vis vitae. L'éther ou feu, intermédiaire entre le monde intellectuel et le monde sensible, est présent dans le monde phénoménal grâce surtout à l'eau de goudron, qui possède ainsi la propriété de guérir universellement toutes les maladies et d'être le tonique infaillible, absolu. Siris est précisément "une chaîne (σεῖρα) de réflexions et de recherches philosophiques concevant les vertus de l'eau de goudron" : c'est le titre complet de l'ouvrage.

        in Siris
        Jean Didier, Berkeley, IX, La dernière philosophie, Siris


    note : Huile de goudrons de houilles, la créosote du grec kréas : chair, et sôzein : conserver, découverte par Karl von Reichenbach. M. Koene en fera un liqueur qu'utilisera Louis Antoine.


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  • Paris, 26 novembre 2003

    Tromper le cerveau pour alléger la douleur

    A l'Institut des sciences cognitives (CNRS - université de Lyon 1) la chercheuse Angela Sirigu, responsable de l'équipe de neuropsychologie, et le médecin Pascal Giraux, du Centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, sondent les connexions entre les régions du cerveau qui commandent le mouvement et celles de la perception de la douleur. Ce qui les a menés sur cette voie, c'est un phénomène appelé « douleur fantôme », où les patients atteints d'une amputation continuent à souffrir, de façon aiguë, du membre pourtant disparu. Ce même mal existe chez les patients souffrant d'une «avulsion du plexus brachialis» (BPA) où une partie du système nerveux périphérique, au niveau de la clavicule, se trouve comme arrachée (1). Dans leur étude publiée par NeuroImage en novembre 2003, la chercheuse et le clinicien ont cherché à faire disparaître la douleur fantôme de patients atteints de BPA en modifiant l'activité du cerveau par une illusion visuelle.

    La perception de la position de nos membres est construite à partir d'informations visuelles, tactiles, proprioceptives (2) et de la commande motrice du cerveau (dite " efférente "). Le cortex sensorimoteur primaire joue un rôle essentiel parmi les régions impliquées dans ce processus (appelées aussi S1 et M1). S1 et M1 contiennent chacune une carte précise des parties de notre corps et conservent des capacités considérables de plasticité à l'âge adulte, en particulier lors de modifications des afférences périphériques (3). Le phénomène de membre fantôme chez les patients amputés, défini par la persistance de sensations motrices du membre manquant, est un exemple fascinant d'une telle réorganisation.L'étude porte sur trois patients souffrant d'une paralysie de la main ou du bras provoquée par une BPA. Dans le cas de ces patients, le membre est toujours présent mais complètement paralysé et dépourvu de toute sensation (ou " dé-afferenté ") car la transmission nerveuse entre le cerveau et le système nerveux périphérique a été interrompue (4). Les trois patients souffraient de douleurs du membre fantôme. L'activité du cortex moteur (ou M1) est mesurée par Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) avant et après un entraînement visuo-moteur. Durant huit semaines, les patients ont appris à associer des " mouvements volontaires " du membre fantôme (effectués par le bras et la main lésés) à des mouvements préenregistrés de la main saine (obtenus par une inversion droite-gauche à l'aide d'un montage vidéo et d'un logiciel sophistiqué). Avant l'entraînement, les mouvements " fantômes " du côté lésé activaient une région voisine du cortex moteur, le cortex prémoteur contralatéral. Cependant ils n'activaient pas le cortex moteur (M1) alors que celui ci est activé lors des mouvements de la main saine. Après l'entraînement, deux sujets ont montré une activité plus importante dans cette aire motrice primaire contralatérale (M1). Parallèlement à ce changement, la douleur fantôme se réduisait significativement. Le troisième sujet n'a montré aucune augmentation de l'activité cortex motrice et aucune amélioration de la douleur fantôme.

    Dans cette étude, les résultats montrent que l'apprentissage visuel des " mouvements " du membre paralysé a modifié d'une manière remarquable l'activité dans le cortex moteur. Pour les auteurs, l'entraînement visuo-moteur réussi a restauré une image cohérente du corps dans M1, qui à son tour, a affecté directement la sensation de douleur fantôme. La vision du membre paralysé en mouvement pourrait avoir ainsi " trompé " le cerveau et rétabli l'activité neuronale dans la région motrice importante pour la représentation de la main. Ces travaux ouvrent la voie à une rééducation thérapeutique, basée sur cette nouvelle technique visuo-motrice.Une question toutefois reste en suspens : le lien étroit qui existe entre la restauration de l'activité de M1 et la diminution de la douleur fantôme.

    Pourquoi le troisième patient a-t-il réagi différemment ? Parce que son accident est bien plus antérieur et qu'il lui faudrait davantage de séances de rééducation ? Ainsi ce travail, soutenu financièrement par la région Rhône-Alpes, constitue une première étude. Dès ses premiers travaux en 1996, A. Sirigu cherchait à comprendre comment un cerveau lésé empêche d'exécuter ou d'imaginer des mouvements. Dans cette deuxième étape, elle observe comment des membres lésés peuvent influer le fonctionnement du cerveau. Elle avait ainsi mis à jour avec P. Giraux en 2001 l'étonnante plasticité du cerveau, qui retrouvait son organisation motrice originelle chez un patient amputé qui avait bénéficié d'une greffe de deux mains par l'équipe du professeur Dubernard. Cette plasticité peut être obtenue par simple illusion, comme le montre cette nouvelle étude, actuellement poursuivie auprès de patients amputés.

    Notes :
    (1) Souvent à la suite d'accidents de la route.
    (2) Les informations proprioceptives sont plus élaborées que la simple sensation ; elles permettent de situer la position des membres dans l'espace, le sens donné à un mouvement...
    (3) Les informations afférentes sont impulsées du système nerveux périphérique vers le cerveau, par opposition aux informations efférentes.
    (4) Au niveau des racines nerveuses qui partent de la moelle épinière et innervent les muscles du membre supérieur.

    http://www.cnrs.fr/rechercher/


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  • Das eingravierte Schmerzgedächtnis lässt sich nicht durch Medikamente löschen. Wie kann Schmerzpatienten dennoch geholfen werden? Antje Schmidt erzählt in ihrem Film "Dem Schmerz auf der Spur" die Geschichte von drei Schmerzpatienten und berichtet von alternativen Heilmethoden...

    Allein in Deutschland stieg die Zahl der Schmerzpatienten letztes Jahr um 20 Prozent auf 10 Millionen. Neue Forschungsergebnisse zeigen, dass chronischer Schmerz ein erlerntes Verhalten ist, ein in Körper und Geist abgespeichertes Programm.

    Das eingravierte Schmerzgedächtnis lässt sich nicht durch Medikamente löschen. Schmerz bildet sich immer auch im Gehirn ab. Was dort gespeichert ist, bleibt. Neue bildgebende Verfahren geben fantastische Einsichten in diese Hirnprozesse. Hirnforscher gewinnen völlig neue Erkenntnisse und Schmerztherapeuten versuchen, diese in Therapien umzusetzen.

    In ihrem Film "Dem Schmerz auf der Spur" zeigt die Regisseurin Antje Schmidt die Geschichte von drei Schmerzpatienten. Die Dokumentation berichtet über die neuesten Ergebnisse der Schmerzforschung in Deutschland, Frankreich und Dänemark, stellt neue Therapien vor und zeigt, warum alternative Heilmethoden wie Osteopathie und Akupunktur Schmerzen lindern können.

    (Deutschland, 2008, 43mn) - NDR - Regie: Antje Schmidt 

    source : www.hr-online.de


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  •     Le corps possède une grande mémoire. Peurs, angoisses, traumatismes, chocs émotionnels et physiques s'y impriment et y restent gravés, en sommeil. Et quand ils se réveillent, lors d'un événement ou à travers une fragilité, c'est parfois sous une autre forme ou à un autre endroit. Les douleurs font leur chemin. C'est ce mystère du corps humain dans sa globalité (physique et psychique) qui intéresse Jean-Pierre Barral. Il nous explique les rapports qui existent entre nos organes et nos émotions, pour nous permettre de nous libérer des tensions présentes et passées. Car on peut soigner un problème émotionnel en traitant un organe, comme on peut soigner un organe en traitant un problème émotionnel. Vous découvrirez, pour chaque organe, son fonctionnement, les troubles qui peuvent l'affecter, les causes de ces troubles et les moyens de les soigner (sur les plans physique, psychique, alimentaire). Vous pourrez enfin comprendre les messagers que sont le cerveau, les reins, les poumons, le foie, l'estomac, etc. qui participent au grand spectacle des émotions.

    Un véritable pionnier
    Jean-Pierre Barral est ostéopathe. Fort de 35 ans d'expérience, il a déjà publié une dizaine d'ouvrages professionnels traduits dans cinq langues et a participé à des centaines de conférences à travers le monde. Aujourd'hui, grâce à ce nouveau livre, il partage avec le grand public une part de son expérience et de ses connaissances.

    source : www.evene.fr/livres


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  • PHARMACOL. Substance sans principe actif mais qui, en raison de son aspect, peut agir par un mécanisme psychologique sur un sujet croyant prendre une substance thérapeutique. Le placebo ne relève pas du charlatanisme; il permet au médecin de rassurer son malade et, éventuellement, de diminuer les doses d'un médicament habituel sans que l'effet en soit atténué (Psychol. 1969). On emploie les placebos en médecine expérimentale en vue d'obtenir une évaluation comparative de l'action d'un médicament (...) on administre à la moitié des sujets le médicament actif et à l'autre moitié le placebo (Méd. Biol. t.3 1972).

    source : Trésor de la Langue Française Informétisé.

    Pour aller plus loin, un article d'un médecin, sur le site de l'Université de Rennes 1 et l'article de wikipedia Placébo


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  •  La nociception est l'ensemble des réactions psychologiques consécutives à l'activation des nocicepteurs (recepteurs à la douleur) cutanés, musculaires et articulaires. Le transport de l'information sensorielle par les nerfs se fait de la périphérie (lieu du ressenti de la douleur) jusqu'à l'encéphale. Il faut que la douleur dépasse un certain seuil pour qu'il y ait un déclenchement d'une réponse électrique.

    source : wikipedia


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  • Un membre amputé que l'on sent toujours, et qui peut même faire mal ?

    Fantôme chez des individus normaux

    L'image mentale que l'on a de son corps est construite à partir des informations fragmentaires issues des différentes modalités sensorielles et reste relativement stable au cours du temps. On considère généralement que les sensations fantômes sont pathologiques, or il est aisé d'en provoquer, même chez l'individu normal. L'exemple du « nez fantôme » (Ramachandran et Hirstein, 1997), où la personne à l'impression d'avoir le nez déplacé simplement parce qu'il acquiert de façon tactile la position du nez appartenant en fait à un autre individu ainsi que la stimulation de son nez réel par l'expérimentateur; le sujet dispose d'informations complémentaires et en conclut donc au déplacement de son nez. L'expérience a été réalisée avec succès sur 12 des 18 sujets testés. Un autre exemple de « déplacement » de partie du corps est la main factice : le sujet place sa main derrière un obstacle (de façon à ce qu'elle lui soit cachée), et une main factice placée devant. L'expérimentateur stimulera de façon synchrone la main factice et celle du sujet, ce qui aura pour conséquence de lui donner l'impression que la sensation vient non pas de sa main, mais de la main factice (Botvinick et Cohen, 1998). Il est même possible de « projeter » des sensations dans un objet inanimé, n'ayant même aucune ressemblance avec une partie du corps comme une chaussure ou une table (Ramachandran et al., 1998). Il est même arrivé que si le parcours sur l'objet était trop long, le patient ressente son membre s'étirer. La validité de ces résultats a été corrélée par une augmentation de la conductance de la peau lorsque l'on stimule fortement l'objet en question. Ces expérimentations impliquent que le sujet assimile l'objet à l'image mentale de son corps, l'objet serait ainsi intégré au système limbique du sujet (de façon temporaire); cela indique également que l'image du corps est une construction fortement dépendante des inputs et de leur corrélation.

    Nature et renforcement des membres fantômes

    Les membres fantômes semblent émerger d'une interaction entre des facteurs épigénétiques (la réorganisation corticale et les tumeurs du moignon) et la persistance d'une image du corps prédéterminée génétiquement.

    source : wikipedia


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  •     Pour que la pensée positive puisse être efficace, il faut avoir une vision relativement complexe et non simpliste des mécanismes de sa propre évolution. Il faut plus spécialement saisir que l'évolution individuelle est l'effet d'une interaction entre le libre arbitre et le destin. Que le destin ne se trouve pas qu'à l'extérieur dans les événements, les circonstances ou les conditions de la vie, mais aussi à l'intérieur, en particulier dans le tempérament car, dans mon corps et dans ma psyché, je suis l'expression même de mon destin. Ce qui ne se trouve pas ainsi déterminé représente le libre arbitre. Autrement dit, ce qui reste... Je serais bien incapable de préciser la part de l'évolution que le libre arbitre permet de déterminer. C'est même ici la grande question, le mystère de la vie.

    [...]

       On peut se représenter le libre arbitre et le destin comme deux énergies opposées et d'une certaine façon complémentaires, sur lesquelles il est effectivement possible d'intervenir par la pensée positive. Mais on y parvient d'autant plus que l'on a une vision lucide de l'interaction de ces forces qui déterminent l'évolution.

    Jacques Languirand
    Chronique parue dans le magazine Guide Ressources,
    Vol. 07, N° 08, mai 1992

    source : http://www.radio-canada.ca/par4/gr/gr0708.htm


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  • L'hypertension et les ulcères d'estomac sont par exemple des symptômes attribués au stress, donc à une inhibition de l'action. Le stress diminue aussi à la longue nos défenses immunitaires. Ce phénomène maintenant bien reconnu a même donné naissance à un nouveau domaine de recherche: la neuro-psycho-immunologie. En d'autres termes, notre cerveau, et donc nos pensées et nos émotions, influence notre résistance aux maladies.

    On connaît même plusieurs mécanismes par lesquels le cerveau, interagit avec les défenses de notre organisme. On sait par exemple qu'un état d'inhibition de l'action ou de stress soutenu élève le taux de glucocorticoïde de notre organisme. Or ces substances anti-inflammatoires naturelles de la même famille que la cortisone sont reconnues pour affaiblir à la longue notre système immunitaire. On devient alors plus susceptible aux microorganismes pathogènes par exemple. Donc quand quelqu'un dit qu'il a perdu sa job ou vécu une rupture amoureuse et qu'en plus, comme si le sort s'abattait sur lui, il a attrapé une grosse grippe, il confond destin et relation de cause à effet. Et d'ailleurs, ce n'est pas d'hier que des personnes âgées meurent de chagrin quelques mois après la mort de leur conjoint.

    Nous devons donc trouver des façons d'agir sous peine d'en souffrir physiquement à plus ou moins long terme. On peut par exemple détourner notre agressivité refoulé vers une activité sportive. Parfois, juste le fait d'en parler ou de l'écrire va faire du bien simplement parce que chez l'humain, le langage est devenu une forme d'action symbolique.

    source : http://lecerveau.mcgill.ca/


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  •     Nous disons que la matière n'existe pas parce que nous en avons surmonté l'imagination. Nous en trouvons la preuve dans la guérisons des maladies : un guérisseur quelque peu expérimenté sent la foi du malade et peut lui dire : "Vous êtes guéri." Il coupe littéralement le fluide qui le terrassait, c'est-à-dire son imagination ; il ne va pas directement au mal mais à sa cause. Voici une constatation qui peut-être grandement utile à ceux qui sont au contact de personnes souffrantes : certaines sont accablées de s'imaginer qu'elles ont une maladie grave, qu'il va leur survenir quelque désagrément. Cette pensée les tourmente moralement ; or tout personne qui présume avoir telle ou telle affection, souffre atrocement ; c'est la preuve qu'elle ne l'a pas, car si elle en était réellement atteinte, elle n'en souffrirait pas moralement puisqu'il n'y a que le doute qui puisse nous accabler ; dans la vérité il n'y a pas de souffrance morale.

    La Révélation, La Loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.158

        Ainsi, si Louis Antoine sentait que la personne est tourmentée moralement, il coupait le fluide de l'imagination qui pensait être sous le coup d'un mauvais oeil, ou d'un envoûtement. Ainsi la personne ne souffre plus dans son corps, car son âme a été apaisée.


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  • La plupart des guérisseurs philippins appartiennent à l'Union spirite chrétienne, issue de la Société spirite fondée en 1857 par Allan Kardec. Leur formation consiste en la pratique de l'humilité, la prière et l'apprentissage de chapitres de la Bible qui traitent de guérison.

    Le mouvement spiritualiste du 19e siècle a été importé de France au Brésil sous le nom de spiritisme.
    L'engouement pour le spiritisme et les tables tournantes est né aux Etats-Unis vers 1840. Il a rapidement gagné l'Europe. Ce mouvement a connu son apogée en France en 1850 avec la publication du Livre des esprits d'Allan Kardec qui s'appelait en réalité Hippolyte Léon Denizard Rivail. C'était un médecin qui affirmait avoir été dans une vie antérieure un druide nommé Allan Kardec.
    Il fut l'introducteur du spiritisme en France. Ses conférences connurent un immense succès à travers le monde.

    Ses enseignements ont été repris dans les années 1920 aux Philippines puis au Brésil par un catholique, Zelio de Moraes, qui se croyait possédé par les esprits d'indiens décédés.

    Des temples et des centres de soins spirites s'ouvrirent. La chirurgie « psy » est sans nul doute la plus étrange retombée du spiritisme.

    source : http://www.dinosoria.com/guerisseur.htm


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  • Il y a une mois, à cette même place, Mme Vautier rendait un juste hommage à la puissance médianimique de M. Hippolyte et à sa charité vraiment admirable ; à mon tour, aujourd'hui, de lui offrir le tribut de mon éternelle reconnaissance.
        En 1876, après un refroidissement contracté dans de très mauvaises conditions, je fus atteinte d'une bronchite aiguë, qui, malgré les soins assidus d'un médecin, ne tarda pas à devenir chronique. Pendant cinq ans, je souffris, car la maladie me revenait par période à l'état aigu. [...]
        En 1880 [...], je parvins pourtant à me rétablir.
        Au mois de juillet 1881, je fis une grave imprudence ; le mal reparut aussitôt plus intense que jamais.
        Cette fois, la mort ne semblait plus être qu'une question de temps.
        A cette époque, j'eus l'occasion d'aller chez M. Hippolyte. [...]
        Me voyant si souffrante (je ne pouvais presque plus marcher, j'avais à peine la force de parler), il m'offrit ses oins. J'y consentis, mais je dois avouer qu'à cette époque, je conservais peu d'espoir de guérison. Une première impositions des mains produisit un véritable soulagement.
        Pendant six semaines, je me rendis, chaque matin, près de M. Hippolyte. [...]
        Tous mes amis peuvent constater eux-même, par ma mine et mon embonpoint, mon définitif retour à la santé.
        Pour ma part, je suis persuadée de la puissance médianimique de M. Hippolyte, et je crois que tous ceux qui souffrent peuvent trouver soulagement et paix morale auprès de lui. Du fond du coeur, je le remercie, et je me plais à rendre hommage à sa charité, à sa fraternité si admirable, mises chaque jour à la disposition de tous.
                Louis de Lasserre.

        Note de la rédaction : [...] Il est des cas rebelles qui exigent de longues visites au n°36, rue de Flandre, à son domicile, et pour lesquels il doit avoir patience et persistance, sans savoir si les guides spirituels qui le protègent enlèveront toutes souffrances à l'affligé.
        En tout cas, ce médium soulage toujours, même ceux qu'il ne peut guérir ; il obtient de très beaux résultats, très persistants, sur la plupart des visiteurs, parce qu'il est bien assisté.

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    Le Guérisseur M. de Warroquier soignera lui Pierre-Gaëtan Leymarie, l'administrateur de la Société Spirite, pendant un maladie qui a duré deux mois.

    Revue Spirite, 1882.

    Dans la même revue en 1886, on fait la connaissance de M. Debois, qui "refuse toute rémunération, même sous la forme de cadeau".

    source : www.spiritisme.net


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  • Le guérisseur Antoine (L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 10 janvier 1911)

    Le guérisseur Antoine.

        La chambre des représentants de Bruxelles vient de recevoir une pétition demandant la reconnaissance officielle de la religion "Antoiniste". Cette demande est signée par les principaux disciples d'Antoine le guérisseur, dont le temple est érigé à Jemeppes-sur-Meuse. M. Jules Bois raconte, dans une page curieuse que publie le "Figaro" du dimanche, la visite qu'il fit naguère à ce bizarre guérisseur :
        Au coin d'une traverse, une maison d'aspect presque officiel, rappellent une clinique ou une petite mairie. La porte est ouverte. Dans la salle d'attente, une multitude de femmes. Les clientes rassemblent les types les plus différents, depuis l'épouse du contremaître, déjà bourgeoise, en chapeau, et dont le corset, sous la robe, s'accuse comme une armure, jusqu'aux plus humbles ouvrières avec leurs châles à gros pois, leurs sabots, leurs cheveux filasse, dont le manque d'éclat atteste les longues privations.
        ... J'ai passé par les coulisses de l'office magnétique. C'est un corridor étroit où bée, pour tout ornement, un tonneau a épluchures.
        Ce corridor conduit à la hutte qu'habite Louis Antoine. une chambre seulement, bien pauvre et bien nue, où sa femme prépare le repas du soir.
        Description du thaumaturge :
        C'est un microcéphale, les cheveux coupés très ras, une barbe de l'avant-veille, et je ne sais quelle teinte grisâtre sur tout sa personne, provenant sans doute de l'âge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppe, habille les êtres et les choses. Il parle avec une certaine difficulté, soit que le français ne lui serve pas de langage habituel, soit que sa nervosité, toujours en éveil, donne un tremblement à ses paroles.
        - Faites excuse, me dit-il, je ne pourrai vous répondre qu'après L'avoir consulté. Je ne fais rien sans Lui.
        Louis Antoine parle ainsi mystérieusement de ce guide dont il ne sait pas trop bien le nom, qui est tantôt pour lui l'âme du curé d'Ars, tantôt celle du Dr Demeure, dont les portraits au crayon pendant au mur dans la salle d'attente, à côté de placards contre l'alcoolisme.
        - "Il" m'apparaît, me dit-il, comme un nuage lumineux, lorsque je dois réussir ma cure ; mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, mon guide s'en va, je "deviens seul"... je puis si peu de chose par moi-même.
        - Vous n'êtes donc pas magnétiseur ?
        - Si; mais je ne suis devenu Louis Antoine que lorsque je  "m'ai acquis" la foi. C'est la foi qui nous guérit. Si nous croyons que nous allons cesser d'être malade, la maladie s'en va. Nous sommes guéris selon notre foi. Plus j'ai réussi, plus j'ai en confiance  et par conséquent plus j'ai réussi encore.
        ... Une mère et son enfant pénètrent. Le petit a les jambes torses, le corps couvert de taches rouges. Chétif produit d'une existence sans hygiène et d'ancêtres dégénérés.
        Louis Antoine pose sur ses membres déformés sa main rédemptrice : le petit tressaute de temps en temps comme sous une brûlure. Puis le thaumaturge qui ordonne de marcher, de courir même. Il marche, il court en effet avec ses misérables jambes tordues. Réellement il va mieux, il rit, il saute dans les bras d'Antoine, par cette sorte de reconnaissance instinctive qu'ont les enfants pour ce qui leur fait du bien. il n'est pas guéri, certes, mais électrisé. Sa mère pleure de joie.
        Vient une consultation sur la nourriture. Antoine défend le porc, ne permet qu'une pomme de terre avec du beurre, sans graisse. Ces détails culinaires sont écoutés avec religion, comme s'ils sortaient de la bouche d'un dieu.
        Maintenant c'est le tour d'une vieille. Louis Antoine lui touche le front. une des prérogatives dont se targue le thaumaturge, c'est de lire les maladies dans les corps, par intuition. Cette consultante détient la foi totale. Sous la coiffe noire, le visage s'accentue, têtu et docile, crédule. Au bout d'une minute, Louis Antoine profère son diagnostic. Il a découvert avec assez d'exactitude les souffrances de la brave femme et leur emplacement. Celle-ci en est tout émue ; chaque fois que le guérisseur dénonce quelque infirmité, son enthousiasme grandit ; et elle s'écrie avec son accent rude de paysanne :
        "C'est ben comme ça ! c'est ben comme ça !"
        Le prétendu guérisseur n'accepte que quelques sous. Il publie un "journal" intitulé "Connais-toi". M. Jules Bois pense que ce papier rempli des phrases ampoulées, dont les doctrines spirites ont le secret ne peut pas être rédigé par Louis Antoine lui-même.
        Ainsi la crédulité humaine, détourné de la foi, s'attache aux êtres et aux pratiques les plus bizarres, et en ce siècle de scepticisme, nous revoilà comme reportés sans l'idolâtrique Egypte où, selon le mot de Bossuet, tout était Dieu, excepté Dieu lui-même.

    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 10 janvier 1911

    -------------------

    Je vous propose de décortiquer cet "article" : les guillemets sont de rigueur, car le journaliste cite un confrère, Jules Bois, du Figaro. On se demande s'il a même mit les pieds à Jemeppe, donc.

    Il note qu'il n'y a que des femmes : s'il le journaliste du Figaro est allé pendant une journée de la semaine, les hommes étaient à l'usine. 

    Il signale la pauvreté de l'intérieur. Jusque là on est d'accord.

    "je ne sais quelle teinte grisâtre sur tout sa personne, provenant sans doute de l'âge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppe, habille les êtres et les choses", mais cela ne l'aide pas a relativiser, à voir la cause de toute cette population cherchant réconfort auprès de Louis Antoine. Non il ne verra que l'effet.

    Puis il nous dit que le Père évoque le curé d'Ars ou le docteur Demeure. L'article du Figaro ne doit pas daté de 1911. Mais tout au plus de 1910, la demande de reconnaissance légale datant de fin mars de cette année. Les lecture d'Allan Karec furent supprimées à peu près à cette époque.

    Ce qui surprend c'est que le journaliste nous dit que le guérisseur "n'accepte que quelques sous", or normalement ces sous était déposé dans une urne, à discrétion. Louis n'accepte ou ne refusait rien, il n'était presque pas au courant de la somme, si somme il y avait.

    Deuxième surprise : le "journal Connais-toi". Dans aucune source antoiniste on ne cite un nom comme celui-là. Par contre le fait que ce journal "ne peut pas être rédigé par Louis Antoine lui-même", c'était de notoriété : déjà en 1905, dans le journal "La Meuse", M. Delcroix présente la brochure "L'enseignement" comme le fruit du travail collectif des adeptes et de leur chef.

    A la fin, il semble comprendre sans comprendre : "Ainsi la crédulité humaine, détourné de la foi, s'attache aux êtres et aux pratiques les plus bizarres, et en ce siècle de scepticisme, nous revoilà comme reportés sans l'idolâtrique Egypte où, selon le mot de Bossuet, tout était Dieu, excepté Dieu lui-même."
    Selon lui, donc, la foi autre catholique (à la rigueur protestante ou juive) est la seul digne d'exister.
    Ensuite, en effet, il y avait une certaine vénération pour le Père Antoine, mais lui-même nous disait que nous sommes des Dieu, alors oui "tout était Dieu, excepté Dieu lui-même".


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  • Mort d'un guérisseur (L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 17 septembre 1908)Mort d'un guérisseur.

        L'"Echo du Merveilleux" annonce la mort, à Viala (Losère) d'un vieillard nommé Vigner qui s'était acquis une grande réputation comme guérisseur.
        Vigner ne touchait pas le malade ; il ne lui prescrivait aucun remède, ne lui imposait aucune modification à son genre de vie matérielle. Il se bornait à lui demander s'il avait réellement "la foi", s'il était vraiment persuadé que "le bon Dieu" pouvait le guérir. Suivant que la réponse était affirmative ou négative, il le renvoyait en lui recommandant d'être "brave", de mettre "toute sa confiance en Dieu qui lui rendrait certainement la santé", ou en lui faisant reproche d'être venu le déranger inutilement.
        Et ce qu'il y a de plus curieux, c'est qu'un certain nombre de ses visiteurs déclaraient avoir été ainsi guéris, proclamaient le mérite du guérisseur "au secret" et lui valaient une clientèle aussi nombreuse que variée. Il lui venait des malades de tous les pays, mais la Suisse et l'Allemagne fournissaient le plus fort contingent.
        La mort du guérisseur revêt le caractère d'un deuil public pour les habitants de Vialas qui bénéficiaient de ses "secrets". Il n'en retirait aucun profit, refusant rigoureusement jusqu'aux "souvenirs" que lui envoyaient des malades reconnaissants.

    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 17 septembre 1908

     

    On le voit le phénomène n'était pas rare. Et il faut n'être jamais passé par aucune épreuve et être nantis pour écrire un article comme celui-ci.


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  • Nous devons à monsieur Jean Henrard, que nous remercions, la communication de quelques prières magico-religieuses faisant partie d'un petit carnet de guérisseur (ou guérisseuse) de la région spadoise, datant du début du 19eme siècle, destinées à guérir de certaines maladies. Les médecins étaient peu nombreux autrefois et leur assistance pouvait être onéreuse. C'est pourquoi de nombreux malades avaient recours au "savoir" de guérisseurs et guérisseuses utilisant des "secrets", c'est-à-dire des prières ainsi que des remèdes de bonne femme. Comme l'écrit Françoise Lempereur dans son livre "Du doudou au remoudou", les guérisseurs ont généralement reçu leur "don" d'un parent ou d'un ami car divers facteurs les ont prédisposés à guérir sans qu'ils en aient la volonté au départ. Ce sont pour la plupart des personnes modestes exerçant une profession banale, qui ne cherchent pas la publicité et ne se font pas payer pour le service rendu. Les maux le plus fréquemment "guéris" par ces méthodes empiriques ou magico-religieuses sont bénins, verrues, orgelet, éruptions cutanées, maux de dents ou de tête, brûlures ou coupures ; certaines maladies ressortissant à la médecine interne- calculs rénaux - jaunisse ou même maladies infectieuses et virales, comme l'érésipèle (la rose) ou le zona sont traitées parfois avec succès, par des guérisseurs dont la bonne foi ne peut être mise en doute et qui ne s'expliquent pas leur "pouvoir". Cette pratique n'a pas disparu, mais aujourd'hui le recours aux guérisseurs et à toutes les pratiques parallèles religieuses ou non est généralement postérieur à la prise de médicaments et à l'aide médicale.

    Voici maintenant ce qu'on trouve dans un petit carnet spadois. Nous avons conservé l'orthographe de ces prières.

     


    Pour les froids (refroidissements)

    Au nom du Père et du fils et du saint esprit. ainsi soit-il (4 fois)

    Pour la rose

    Bon ton de rose, je ne tai pas fait venire ici au nom du père qui nous a créé au nom du fils qui nous a racheter au nom du saint esprit qui nous a sanctifié, 3 fois.

    Pour les foulures

    Sanctus véribus sanctus véribus 4 fois.

    Pour névralgie

    Sainte efragie (sic) tu retourneras comme tu es venu au nom du Père qui nous a créé, au nom du fils qui nous a racheté, au nom du saint esprit qui nous a sanctifier.

    Pour épine

    On fait 3 fois le signe de la croix en tête.

    Pour le mal de dents

    Mal de dents tu retournera dou tu vient si vert (= si c'est un ver) il grevera (crêvera), si c'est une goute de sang elle tombera, au nom du Père qui nous a créé et du fils qui nous a racheté et du saint esprit qui nous a sanctifier.

    Pour des brulures

    Brulures arrête ton ardeur comme juda a perdu sa couleur en trahissant notre Sauveur au nom du Père qui nous a créé du fils qui nous a racheté et du saint esprit qui nous a sanctifié. ainsi soit-il.

    Pour arrêter le sang

    On fait une croit avec 2 brins d'herbes en disant erbe de tant de vertu fait voir le pouvoir que marie ta donner (t'a donné).

    Pour les coliques (= des chevaux ou des personnes)

    Mal de ventre qui vient et qui va dans le corp jument en disant des couleures on dit 5 patères et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C. Mal de ventre qui vat et qui vient dans le corp de cette personne en disant le nom et le petit nom de cette personne on dit 5 patères et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C.

    Pour des blessures

    Au nom du Père + et du fils et du Saint esprit + ainsi soit il Madame Sainte Anne qui avez enfanter la vierge laquelle enfanta Jésus Chrits nous vous invoquont Dieu+ te bénisse et guérisse (N...) pauvre créature blessée et qu'au nom de Jésus + soit renoncée blessurer rompure entrave et toute sorte de blessure qu'elle soit.

    Pour des brûlûres

    + Quand Saint Laurent sur un brassier ardent tournant et retournant vous n'étier pas souffrant + faîte moi la grâce que cette ardeure se passe + feu de Dieu perd ta chaleur comme Judas perdit sa couleur quand il trahit Jésus au jardin des Oliviers 5 pa et 5 avé.

    Pour les maladies

    " Vous direz 9 pateres et 9 avés en l'honneur de S. Bernard St Eloi, la Ste Vierge pendant 9 jours et après la neuvaine vous direz une dizaine de votre chapelet tant que la maladie dure dans le village et vous direz encore 9 paters et 9 avés en l'honneur de St Antoine, St Dona, Ste Brigitte St Loui, Ste Apolline et faire le signe de la croix sur la tête de chaque bette pendant la neuvaine" On voit qu'il s'agit ici de la maladie du bétail, de même que dans la prière suivante :

    Pour la genisse

    Faite le signe de la croix avec de l'eau bénite sur le dos de la bête et puis dire l'évangile de St Jean en la tenan(t) par les cornes. Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu. Suit alors le texte complet de l'évangile de saint Jean qui se termine par: et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous plein de grace et de vérité et nous avons vu sa gloire qui est la gloire du fils du Père.

    Dans un "secret" pour la fièvre lente, " il faut prendre de la flanelle rouge et faire comme une médaille et mettre du camfre (camphre) et en la cousant on dit 5 pater et 5 ave en l'honneur de St Benoit et St Fièvre lente (sic) et des 5 plaies de N.S.J.C. et la mettre au cou de l'enfant en la retirant repété les mêmes paroles en la mettant regarder l'heure et le lendemain à la même heure il faut la tirer et la jeter au feu".

    Outre les prières contre les maladies de l'homme ou du bétail, on trouve enfin dans ce petit carnet un "secret" pour arrêter un essaim d'abeilles:

    " Il faut qu'il vienne vers vous. Mouche à miel je vous arrête au nom de Dieu et de la Vierge afin que tu cherche la cire et du miel pour honorer l'autel de Dieu et de la Vierge."

    Enfin deux prières sont destinées à empêcher les oiseaux de dévaster les champs.

    Pour les oiseaux qui mangent le grain

    Quand vous aurez fini vos semis, vous allé au 4 coins de votre champs et à chaque coin vous faites le signe de la croix avec le grain en disant voici pour tout les oiseaux qui pourraient entrer dans mon champs, au même moment, vous faites le signe de la croix sur vous même, quand vous avez fini, vous dite 5 pater et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C. 2 signe de croix. Vous commencez par un coin en coupant un épi. Vous vous arrêtez et vous lisez l'évangile St Jean, vous allez au deuxième puis au 3e, puis au 4e mais on ne coupe pas l'épi. Vous lisez l'évangile puis vous jeter vos 2 épis derrière (vous) sans regarder où ils tombent en disant voilà pour tout les oiseaux qui voudront entrer dans mon champs signe de croix.

    Léon Marquet.

     source : http://www.sparealites.com/


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  • Isopathie : théorie affirmant que l'organisme sécrète des anticorps à la maladie lorsqu'il est en présence de cette maladie.

    Voilà comment on proposait de guérir une pneumonie en 1898, in "Isopathie, méthode Pasteur par voie interne : démontrant la certitude et l'unité de la science médicale" / par le dr T.-J.-M. Collet (1898)


    Pneumonies. 1° Pneumonie aiguë. - Le 15 décembre 1874, à Mossoul (Mésopotamie), je fus mandé auprès de Mustapha Assen, jeune homme robuste de 24 ans, qui s'était refroidi étant en sueur, deux jours auparavant. Il avait été pris quelques heures après d'un fort frisson, suivi de fièvre, avec soif vive, perte d'appétit, céphalalgie, douleur dans le côté droit, oppression, toux et expectoration de quelques crachats visqueux et rouillés. A l'auscultation le murmure respiratoire est net, mais renforcé dans le poumon gauche ; à droite, dans la moitié inférieure environ du poumon, râle crépitant fin à l'inspiration, avec matité pectorale correspondante. Nous avons affaire à une pneumonie type du côté droit, au 1er degré. Je prends de la sécrétion pectorale dans les crachats et j'en compose la 4e dilution centésimale. J'en fais donner une cuillerée toutes les demi-heures pendant cinq heures; et pas d'autre alimentation qu'une tisane de figues et de raisins aiguisée d'un peu de jus de citron. Le 16, moins de fièvre, moins d'oppression, transpiration abondante. Le même traitement est continué, mais à la dose d'une cuilleré à soupe toutes les heures, pendant quatre heures. Le 17, le malade se sent mieux la respiration est plus facile ; il y a peu de toux, le point de côté est disparu. A l'auscultation, on entend du râle sous-crépitant de retour à l'expiration. Le traitement est encore continué, mais à la dose d'une seule cuillerée dans la journée. Tisane et lait. Le 18, le malade se trouve bien : la fièvre est disparue, la respiration est libre, le murmure respiratoire s'entend presque partout dans la partie atteinte mêlés à quelques râles muqueux assez rares. Les crachats sont aérés, à peine visqueux. La faim se fait sentir. On donne du lait et un peu d'alimentation légère: toute médication est suspendue. Le 20, le malade peut être considéré comme guéri. Après quelques jours de repos et d'atimentation progressive, il pourra reprendre ses occupations en se ménageant les premiers temps.

    N. B. Voilà un malade atteint d'une maladie grave, une fluxion de poitrine, guéri en quelques jours par une médication aussi simple que possible, répondant à toutes les indications, sans besoin d'autres médicaments adjuvants, comme cela arrive dans les médications habituelles. Quels soucis de moins et quelle sûreté !

     source : gallica2


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  • Livre II, chapitre V, Septième section

    De la nature médicatrice.

    La doctrine de la nature médicatrice, principe intelligent qui lutte contre les maladies, est d'origine hippocratique, et on la voit se continuer au sein de la science médicale, pendant la série des siècles. On la retrouve chez Proxagoras, Celse, Galien, Paul d'Égine, Fernel, Sydenham, Stahl, Baglivi, Sauvage, Boërhaave, Van Swieten, Sloll, Bordeu, Barthez. Avec des principes bien différents, vitalistes, solidistes, humoristes, pénétrés du même respect pour la parole du divin vieillard, ont juré à qui mieux mieux sur le dire du maître. Les uns furent conséquents avec eux-mêmes, les autres en contradiction formelle.
    Asclépiade, grand partisan de l'atomisme, nia les crises, l'autocratisme de la nature et son rôle toujours bienfaisant. Il fut suivi,dans sa tentative révolutionnaire, par les fondateurs du méthodisme : Thémison, Thessalus et Soranus, qui, en ramenant les divers états morbides au strictum, au laxum et au mixtum, matérialisèrent tout dans l'homme. Leur oeuvre, interrompue depuis Caelius Aurelianus, a été reprise de nos jours avec éclat par Baglivi, Hoffmann et Broussais.
    Les Arabes, comme le leur reproche avec juste raison Baglivi, n'ont guère été que de serviles imitateurs de Galien. L'invasion de la chimie dans la médecine fit oublier la nature médicatrice pour le jeu des ferments, de l'alcali et de l'acide. (Paracelse, Sylvius, etc.)
    Gulleu rejette la force médicatrice : le spasme et l'atonie lui suffisent; Haller la remplace par l'irritabilité de la libre contractile; Brown explique toutes les modifications physiologiques ou pathologiques de l'organisme, par l'excitabilité qui en est la force fondamentale (1).
    La réaction (2) est dans les maladies un fait très-fréquent, mais non universel. Son existence ordinaire, mise en rapport avec certains phénomènes appelés critiques, et que jadis on rattachait à l'expulsion de la matière morbifique , a donné lieu à la théorie de la nature médicatrice. Que faut-il en penser ?
    D'après M. Monneret : « On ne saurait méconnaître, dans le cours des maladies aiguës principalement, des efforts sympathiques, conservateurs et réparateurs, qui vont dans une direction déterminée, dont le siège est évidemment le système nerveux, et la cause le principe vital » M. Monneret est loin de MM. Hardy et Béhier, qui ne consacrent dans leur ouvrage de pathologie générale (3) aucun article spécial à la nature médicatrice. Y aurait-il donc réellement dans les maladies des efforts conservateurs et réparateurs ? Analysant le sujet pour mieux répondre à la question posée, on trouvera à côté du fait réaction, un autre élément qui a une grande importance ; je veux parler de la sympathie.

    Notre organisme, abandonnée lui-même, lorsqu'il est sous l'empire d'une affection quelconque, réagit, produit des phénomènes critiques, dus à la sympathie ou à quelque autre cause encore. C'est là une vérité d'expérience. Les anciens y reconnaissant une aptitude curative, cherchèrent à en attribuer l'honneur à une nature douée d'une certaine intelligence. En ceci, précisément, consiste leur erreur. Pour faire ici l'application du principe des causes finales, il serait nécessaire, suivant l'observation de M. Pelletan :
    « Que la force qui, dans l'organisme, produit quelquefois le rétablissement de la santé, ne fût point dans bien des cas la cause de la mort. Cette force est donc indifféremment utile et nuisible, ce qui ne permet point de l'assimiler à un principe intelligent. »
    Les anciens ont rarement omis de placer l'âge d'or à l'origine des choses; c'est dans l'espèce l'application de la méthode à priori. Il existe une force en nous qui a pu nous être utile dans certains cas ; donc elle a pour mission de nous être toujours utile, et c'est un but qu'elle poursuit avec conscience et volonté.



    (1) Pelletan, thèse de concours, 1850.
    (2) Dans toute maladie produite par les causes externes, il y a d'ordinaire impression et réaction. Ce dernier phénomène ayant paru constituer la maladie à beaucoup de vitalistes, rexpectation est devenue pour eux article de lui en thérapeutique, car ils ont cru devoir respecter une opération salutaire et une l'onction momentanée. Si la maladie n'est rien autre que la réaction, on doit en conclure qu'elle est un bien, et que le médecin, ministre fidèle de la nature, doit suivre ponctuellement et à la lettre ses observations.
       L'expectation ne me paraît pas, toutefois, la loi fondamentale de l'art de guérir :
    1° parce que la réaction n'est point constante; 2° parce qu'elle peut dépasser le but qu'elle est appelée à remplir; 3° parce que les phénomènes critiques sont loin d'avoir toujours lieu ; 4° parce que la sympathie peut aussi bien produire de mauvaises que de bonnes crises.
       En dehors du principe de vie, condition sine qua non de toutes les fonctions vitales et organico-vitales, la nature médicatrice est une abstraction réalisée, une conception chimérique. Mais qui admet le principe de vie, n'est point tenu de reconnaître l'existence de la nature médicatrice.
    (3) Je parle de la première édition, la seule que j'aie sous les yeux.

     source : gallica2


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  •     Remettons en contexte Louis Antoine : à cette époque, la médecine moderne commençait à peine, et le temps qu'elle atteigne la masse de la population, Louis Antoine était mort.

        L'article wikipedia sur la Médecine dit : "C'est à cette époque qu'ont été développés de véritables remèdes contre certaines maladies infectieuses endémiques. Cependant, le déclin de la plupart des maladies mortelles est davantage lié à l'amélioration de la santé publique et de la nutrition qu'à la médecine. Ce n'est pas avant le XXe siècle que l'application de la méthode scientifique à la recherche médicale a commencé à provoquer plusieurs innovations importantes dans le domaine médical, avec de grands progrès en pharmacologie et en chirurgie.
        Les traitement médicaux font des progrès spectaculaires avec l'invention de nouvelles classes de médicaments. Felix Hoffmann dépose le brevet de l'aspirine le 6 mars 1899. En 1909, le Nobel de médecine Paul Ehrlich invente la première chimiothérapie en créant un traitement à base d'arsenic contre la syphilis. En 1921 Frederick Banting de l'université de Toronto isole l'insuline et invente un traitement du diabète sucré. Le premier antibiotique date de 1928 avec la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming. En 1952, la découverte des neuroleptiques par Henri Laborit, Jean Delay et Pierre Deniker révolutionne la psychiatrie en permettant d'envisager une resocialisation pour des milliers d'internés. En 1957 Roland Kuhn découvre le premier antidépresseur. En 1982, J. Robin Warren et Barry J. Marshall permettent le traitement médical de l'ulcère de l'estomac en découvrant qu'il est d'origine bactérienne.
        La chirurgie cardiaque est également née pendant le siècle. En 1929 Werner Forssmann introduit un cathéter dans son propre ventricule cardiaque. Le 29 novembre 1944 c'est la première opération à cœur ouvert par Alfred Blalock de Baltimore. Le stimulateur cardiaque est inventé en 1958. En 1960 la valve cardiaque artificielle inventée par Lowell Edwards est implantée pour la première fois par Albert Starr. Christiaan Barnard réalise la première transplantation du cœur en 1967."

        Sur les médicaments, la même source dit : "Au début du XXe siècle, n'étaient considérés comme médicaments qu'une douzaine de molécules de synthèse, et une centaine de produits naturels. Au début du XXIe siècle, nous utilisons des centaines de molécules de synthèse et il ne reste que très peu de remèdes courants d'origine exclusivement naturelle. Le XXe siècle a vu l'essor des médicaments à base de molécules de synthèse produits par des laboratoires pharmaceutiques. Depuis peu les protéines, molécules du vivant sont de plus en plus utilisées comme médicament."

        L'espérance de vie en 1890 était de 43 ans pour les hommes et 46 ans pour les hommes. Ces chiffres sont des moyennes, dans le milieu ouvrier, cela devait être beaucoup moins. La pénicilline, qui est une classe d'antibiotique fut officiellement découverte en 1928. Mais aussi à l'époque, le tabac n'était pas dénigré, et l'alcool ne l'était juste parce qu'elle provoqué des "sautes d'humeur".

        Concernant la sécurité sociale, voilà ce qu'en dit le site www.socialsecurity.be : "Suite à la crise énorme qui engendra les grèves nationales de 1886, il devenait clair qu'une intervention de l'Etat était indispensable. A partir de 1891, l'Etat a accordé des subsides aux mutualités. Sur les plans financier et structurel, cette intervention de l'Etat a produit des effets positifs. Les différentes mutualités locales ont été regroupées et bénéficiaient de la sorte d'une gestion plus efficace. Ainsi se sont créées les "Unions nationales" que nous connaissons toujours. Pourtant, il s'agissait toujours d'une assurance libre et les ouvriers n'étaient pas obligés de participer.
        "La première assurance obligatoire n'a vu le jour qu'en 1903 seulement. Il s'agissait de l'assurance contre les accidents du travail. Puis, l'ensemble des assurances obligatoires s'est fortement développé durant l'entre-deux-guerres."

        On le voit, toute les personnes qui venait voir Louis Antoine pouvait mourir de la grippe, de la fièvre ou d'une bronchite très facilement, et les Antoine le savaient bien, eux qui avaient vu mourir le fils à 20 ans d'une phlébite, certainement. Souvenons-nous de la grippe espagnole, qui provoqua une mortalité plus importante en une temps record que l'avait fait la peste de 1349, et que le fait encore le sida actuellement.

        A cette époque, il fallait accepter de vivre avec la douleur, et voir mourir des proches à un âge où l'on considère que "c'est trop tôt". Les médecins ne savaient pas toujours quoi faire, et leur science, ou plutôt leur art de guérir, n'était qu'encore à ses balbutiements. Il y avait beaucoup de guérisseur à l'époque de Louis Antoine. Autant que des médecins.

        Ainsi à l'époque, qu'on aille voir un médecin ou un guérisseur, notre sort pouvait être le même, la différence est que le guérisseur parlait wallon, alors que le médecin mettait des mots compliqués en latin pour expliquer le mal. Ainsi dans sa Révélation, il peut dire : "Certains malades, en effet, peuvent avoir eu la pensée d'aller chez le médecin avant de me consulter. Si je sens qu'ils ont plus de confiance dans le médecin, il est de mon devoir de les y envoyer. S'il n'y trouvent pas la guérison, c'est que leur pensée de venir chez moi a porté obstacle dans le travail du médecin, comme celle d'aller chez le médecin a pu porter obstacle dans le mien".

        Mais Louis Antoine lui-même recourait à la matière, mais il voulait y ajouter un soutien dans l'acte de guérison. On sait que cela peut-être important dans les cas de cancer. Dans le roman vrai de Robert Vivier, on lit p.348 :
        "- Il faut que nous trouvions du feu quelque part.
        "Ils comprirent que ce qui le poussait ce n'était plus le désir d'un feu matériel. Il voulait, dans ce coin de campagne, trouver une âme humaine en qui serait caché l'amour."

         Dans la Révélation, on lit un peut plus loin : "le médecin ne peut donner que le résultat de ses études et elles ont pour base la matière. Qui recourt à lui ne songe qu'à guérir l'effet et n'a pas l'intention de s'améliorer ; la cause reste donc et le mal reparaîtra, sous cette forme ou sous une autre, parce que tout ce qui est matière ne pourrait guérir que temporairement. La guérison radicale ne s'obtient qu'en enlevant la cause qui est une plaie de l'âme et cela n'est pas de la compétence du médecin. Le malade soucieux d'avancer moralement, s'adresse à quelqu'un qui traite l'âme plutôt que le corps, qui ne s'inquiète que de la cause des maux ; il éprouve une grande satisfaction, non seulement d'être débarrassé de la souffrance mais aussi d'en connaître l'origine et de savoir combien le travail moral est efficace." (Être ou paraître, p.73)

        Mais la médecine a fait tant de progrès maintenant qu'elle est capable de détecter un problème de santé avant ses effets. La médecine va à la cause. Je pense à la mammographie qui permet de détecter un cancer du sein avant son évolution et les souffrances qui en résultent.

        A notre époque, l'effet (la conséquence) de la maladie a changé par rapport à l'époque de Louis Antoine. Mais ce qu'apporte l'Enseignement reste d'actualité, car on sait que la psychiatrie n'est pas toujours à porté de tous, et un soutien quel qu'il soit ne peut qu'être, oserai-je dire "salvateur".

         "Le médecin ne peut donner que le résultat de ses études et elles ont pour base la matière", allons donc chercher où l'on veut la guérison de son âme, auprès de gens qui nous semblent pouvoir nous l'apporter, en prenant garde que ces gens respectent notre libre-arbitre.


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