• Unitif du Culte Antoiniste (Excelsior, 8 juillet 1911)

        Une lettre originale. - Nous recevons le curieux et inquiétant communiqué suivant :

                                  Cher confrère,
        Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir annoncer dans votre journal la prochaine publication de l'Unitif, bulletin mensuel du culte antoiniste. Comme son nom l'indique, il a pour but de réunir les hommes en l'amour pur. Antoine le Généreux, par son abnégation et sa foi, a rassuré nos âmes torturées par le doute. Il nous a révélé dans son temple le mystère de la conscience universelle dont chacun de nous possède une parcelle voilée par la matière.
        En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience, est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. Aussi, nous ne doutons pas qu'il ne rencontre bon accueil et nous le souhaitons ardemment pour la paix sociale.
        Veuillez agréer, cher confrère, l'expression de nos bons sentiments.

                                                    LES ADEPTES D'ANTOINE LE GÉNÉREUX.

    Excelsior, 8 juillet 1911


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  • Homiletic review, an international magazine of... v.61 1911

                         A New Cult in Belgium

        ANTOINISM is the appellation bestowed on a new religion which has been officially "discovered" in Belgium, one of the busiest industrial countries in Europe, but one abounding in superstition. The discovery has been made by the presentation of a petition to Parliament for the granting of a legal status for the so-called new religion. A few years ago a coal-miner, Louis Antoine, inaugurated the system which has brought him a host of disciples, who style him Antoine the Healer. His followers are said to number not fewer than 150,000, of whom 300 are adepts. They adulate their leader and ascribe to him the faculty of boundless knowledge and the power to work miraculous cures. He has built a church in which the daily services are among the simplest ever heard of. At nine in the morning one of the adepts takes his place on the platform and sits perfectly still for an hour, staring silently before him, the congregation waiting passively. At the stroke of ten he rises and remarks that every one whose faith is sufficiently strong must be cured, and the people silently depart. Antoine is a kind of hermit, for he speaks to no one, and there is nothing to pay for cures. Some Americans are among those who declare that they have been cured.

    Homiletic review; an international magazine of religion, theology and philosophy, v.61 (1911)

     

    Traduction :

                         Un nouveau culte en Belgique

        ANTOINISME est l'appellation d'une nouvelle religion qui a été officiellement "découverte" en Belgique, l'un des pays industriels les plus industrieux d'Europe, mais qui regorge de superstitions. On l'a découvert par la présentation d'une pétition au Parlement pour l'octroi d'un statut légal pour la soi-disant nouvelle religion. Il y a quelques années, un mineur de charbon, Louis Antoine, a inauguré le système qui lui a apporté une foule de disciples, qui l'appellent Antoine le Guérisseur. On dit que ses disciples ne sont pas moins de 150 000, dont 300 sont des adeptes. Ils adorent leur chef et lui attribuent la faculté d'une connaissance illimitée et le pouvoir de faire des guérisons miraculeuses. Il a construit une église dans laquelle les services quotidiens sont parmi les plus simples jamais entendus. A neuf heures du matin, l'un des adeptes prend place sur la plate-forme et reste parfaitement immobile pendant une heure, le regard silencieux devant lui, l'assemblée attendant passivement. A dix heures tapantes, il se lève et fait remarquer que tous ceux dont la foi est suffisamment forte doivent être guéris, et la foule s'en va en silence. Antoine est une sorte d'ermite, car il ne parle à personne, et il n'y a rien à payer pour guérir. Certains Américains font partie de ceux qui déclarent avoir été guéris.


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  • L'Unitif (La Liberté, 8 juillet 1911)

        Antoine surnommé « le Généreux », fondateur de l'église antoniste dont les fidèles se comptent en Belgique et dans le nord de la France par dizaine de milliers, Antoine crée un journal qui s'intitulera l'Unitif.
        Voici ce que dit de ce nouveau confrère le communiqué des adeptes d'Antoine :
        « En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher Celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. »
        Ce brave Antoine doit être un naïf... – ou un malin !

    La Liberté, 8 juillet 1911


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  • Le guérisseur (L'Univers, 10 juillet 1912)

                                                           Le « guérisseur »

        C'était une sorte d'illuminé ; il vient de mourir à Jemmapes, près de Liége ; on l'appelait Antoine le guérisseur.
        Sa réputation s'était répandue, dans le monde entier, et nombreux étaient les malades qui venaient le consulter dans sa petite maison wallonne... On assure qu'il obtint quelques résultats dans certaines maladies du système nerveux.
        Antoine, comme le fameux zouave Jacob, ne rédigeait jamais d'ordonnances. Il n'ordonnait ni potions ni remèdes pharmaceutiques. Il se contentait de recourir à l'imposition des mains sur ses clients. A sa profession de guérisseur, Antoine avait joint celle de... prophète. Très sérieusement, il croyait être inspiré, et cette croyance était partagée par une foule de gens qui se déclaraient ses adeptes et qui l'aidèrent à fonder un « temple » où le bonhomme enseignait une doctrine qu'il dénommait pompeusement l'antoinisme.
       
    Que vont devenir les antoinistes ?

                                                              MONVILLE.

    L'Univers, 10 juillet 1912


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  • Fatalisme hermétique (L'Express du Midi, 26 juillet 1912)

                                        SIMPLES NOTES

    « Fatalisme hermétique »

        On n'en finirait plus si l'on voulait relever toutes les sornettes que débitent journellement les feuilles radicales et maçonniques : il en est, cependant, qui dépassent la mesure.
        A propos d'un récent fait-divers – un père et une mère qui, disciples d’un « thaumaturge » (!!!) belge, Antoine le guérisseur, fondateur d'une « religion » (!!!) nouvelle, laissent deux enfants périr sans soins « parce qu'ils ne croient pas à la possibilité des secours terrestres » – la France de Bordeaux, part en guerre contre toutes les superstitions auxquelles elle assimile toules les religions, y compris, bien entendu, la religion catholique.
        Vous voyez d'ici la thèse :
        Sans doute, on ne fonde pas une religion avec autant de facilité qu'une maison de commerce et le « Père Antoine », avec sa « religion nouvelle », paraît au rédacteur de la France un peu prétentieux ; mais qu'est cette « religion » sinon la « vieille religion catholique tout court », un peu simplifié tout au plus ?
        La religion catholique n'enseigne-t-elle pas qu'il est nécessaire, sinon suffisant, « d'invoquer la bonté de Dieu pour obtenir la guérison des malades » ?
        La résignation de ces parents ne fait-elle pas songer à celle de Job « se laissant périr sur le fumier » ?
        Et l'Eglise ne proclame-t-elle pas la sainteté de la foi du charbonnier et de « l'état de grâce qui rend heureux les pauvres d'esprit » ?
        « Dieu la voulut, que sa volonté soit faite !... Notre esprit se rebelle, s'écrit la France contre un fatalisme aussi hermétique.
       Il s'agit bien de fatalisme ! le rédacteur de la France, qui prétend écrire sans arrière-pensée de polémique, confond volontairement la divine acceptation du sacrifice accompli et imposé par la volonté de Dieu, avec le fatalisme destructeur de toute énergie et de toute liberté humaine auquel ont pu obéir les disciples d'Antoine le guérisseur.
        L'Eglise enseigne la nécessite de la prière, mais elle enseigne en même temps l'existence du libre arbitre et l'utilité de l'action qui s'est exprimée en un dicton populaire : « Aide-toi, le ciel t'aidera ».
        Elle proclame bienheureux les pauvres d'esprit, mais elle s'efforce de les instruire.
        Je connais une religion dont la doctrine est basée sur le « fatalisme hermétique », mais celle-là n'est pas la religion catholique : celle-là, notre République en respecte les mosquées, les traditions et les muftis, alors qu'elle réserve ses persécutions pour les disciples du Christ.
        Les feuilles radicales et maçonniques n'ont à la bouche que le mot de progrès ; et tout progresse, en effet, autour d'elle ; seuls, leurs arguments ne progressent pas.
        C'est toujours la faute aux curés.
        C'est saint Alphonse de Liguori – H. Albert Bayet l'a écrit en toutes lettres – qui a instruit Bonnot et Garnier.
        Et ce sont les jésuites qui ont livré à l'Allemagne, le Congo que Caillaux avait conquis. – JEAN

    L'Express du Midi, 26 juillet 1912


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