•     En France, depuis la loi de séparation des Eglises d’avec l’Etat, nous ne devons plus laïquement connaître que des Français, qu’ils soient ce qu’il leur plaira d’être, catholiques, protestants, juifs ou musulmans, voire sans aucune étiquette religieuse. 
        Cependant il ne faut pas oublier que la France d’aujourd’hui est une grande puissance musulmane, et s’il plaisait à quelques richissimes mahométans de venir à Paris affirmer leur foi, en élevant une mosquée sur la rive gauche de la Seine, en face du Sacré-Cœur de Montmartre, on ne saurait y trouver à redire, puisque tous les cultes qui n’offensent pas la moralité publique, peuvent être pratiqués librement chez nous, en se conformant aux lois. 
        Les Antonins, de Belgique (adeptes d’Antoine le Généreux), ont bien un temple à Jemmapes-sur-Meuse et, après les Vieux catholiques de 1870, les Nouveaux chrétiens élèvent la voix à leur tour. 
    Ces modificateurs religieux sont des spirites-chrétiens qui rêvent la tâche extraordinairement difficile de relier plus étroitement (?) le spiritisme avec le christianisme. Les consciences sont libres, il ne faut pas rebuter les audacieux. Les spirites sont déjà divisés en un nombre respectable de sectes ne s’accordant guère entre elles que sur quelques points principaux. 
        Si l’on faisait, en France, un recensement consciencieux des groupements religieux portant un nom distinct, peut-être arriverait-on à un résultat approchant de bien près celui obtenu en 1906, aux Etats-Unis d’Amérique, où l’on a constaté le nombre, de 186 groupements. 
        O ! sainte Inquisition, où est-tu ? Toi, qui par une intuition de génie que nous, nous abstenons de qualifier, fut si effroyablement fortifiée par la confession auriculaire rendue obligatoire par acte du quatrième concile de Latran tenu en 1215. Par ce fait, ô sainte Inquisition ! tu devenais omnisciente, tu acquérais l’ubiquité, tu pénétrais ainsi dans toutes les affaires domestiques, aucun être ne se trouvait plus en sûreté, même à son propre foyer !...
        Nous n’osons espérer que l’apaisement, tel qu’il y en a qui le conçoivent à l’heure présente, nous ramène ces temps bénis. L’Inquisition a aujourd’hui disparu presque complètement de nos mœurs, bien que le cadre principal existe toujours ; mais la confession auriculaire subsiste et la perpétue, sous une forme évidemment moins sauvage mais non cependant sans danger pour la dignité morale humaine, sinon pour la sécurité de l’être. 

    Une Flamine, Conflits religieux et laïques, p.196 (La Nouvelle revue, mai 1911) pp.195-202


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  • Antoine le Guérisseur (L'Univers 1 avril 1912)

    Antoine le Guérisseur

        Puisque la presse parisienne commence à parler d'un soi-disant nouveau Messie, Louis Antoine, dit le Guérisseur, il faut bien se résoudre à parler de l'individu qui se donne pour tel. Ce ne sera point d'ailleurs le faire bénéficier d'une réclame, tant est déjà considérable la propagande de sa doctrine, surtout dans nos campagnes ; mais on pourra peut-être, ainsi prémunir des gens trop crédules contre le travestissement religieux dont s'affuble le personnage.
       Nous avons sous les yeux la minuscule brochure qui contient, outre sa bibliographie, la préface de sa prétendue religion, dite « l'Auréole de la conscience ». M. F. Deregnaucourt, éditeur de son enseignement, et Mme Desart, qui l'a sténographié, certifient en avoir reçu de lui-même la révélation dans son temple de Jemeppe-sur-Meuse, de 1906 à 1909.
        Selon ces deux adeptes autorisés, des milliers de cures, tant physiques que morales, ont été obtenues et s'obtiennent encore journellement au contact du guérisseur qu'ils appellent le « Régénérateur de l'humanité ». Ce contact aurait quelque chose de magnétique. En effet, si Antoine « nous révèle le but de la vie, la loi morale, les moyens d'arriver au bonheur suprême », il démontre, en particulier, « l'intelligence et les fluides qui nous donnent la pensée ». Dès la première page se trahit une sorte de spiritisme qui s'affirmera plus loin, au milieu de vagues notions du christianisme ; car il prétend aussi nous instruire « sur l'histoire d'Adam et sa défaillance, sur la façon dont on peut apprécier le rôle de Dieu, sa bonté, son amour ».

    *
    *    *

        Louis Antoine naquit en 1846, dans la province de Liége. Ouvrier mineur, puis métallurgiste, il quitta la Belgique à vingt-quatre ans, travailla en Allemagne et en Pologne russe et, après avoir acquis une petite fortune, revint, au bout de dix ans, s'installer près de Liége, à Jemeppe-sur-Meuse. Dans l'intervalle de son séjour en Allemagne, il était retourné au pays pour se marier. Les deux époux ayant perdu leur fils âgé de vingt ans, purent supporter ce malheur « grâce à leur grande foi », et se dévouèrent désormais au soulagement des malheureux.
        Le mari est végétarien, au point de ne rien prendre qui provienne de l'animal. Son travail du jour et de la nuit pour ceux qui font appel à son concours, exige un recueillement constant ; c'est pourquoi il vit absolument seul. » La femme habite avec deux enfants qu'ils ont élevés ; « elle partage en tout sa mission ; elle remplace son époux et opère en son nom quand il doit s'abstenir ».
        Antoine « professa la religion catholique jusqu'à l'âge de 42 ans, puis il s'appliqua à la pratique du spiritisme, sans s'attarder toutefois dans le domaine expérimental ; ...il lui préféra la morale et s'y adonna de tout cœur » ; enfin, en 1906, il créa « le nouveau spiritualisme ; c'est là que commence sa mission de révélateur ».
        D'abord, catholique quelconque, il fit une chute dans le spiritisme ; mais, comme il ne peut s'y distinguer, il essaie de se relever en accommodant à sa façon ce qui lui reste de la morale chrétienne, et il s'imagine créer ainsi un nouveau spiritualisme ; en somme, il est devenu une sorte d'illuminé.

    *
    *    *

        Depuis vingt et un ans qu'il est « en contact incessant » avec une « quantité innombrable de malades, son être moral n'a fait que grandir et développer en lui une puissance ignorée jusqu'à ce jour »; en se sacrifiant à l'humanité souffrante, « il s'est acquis des vertus, la foi, l'amour, le désintéressement », qui lui ont permis de fonder le nouveau spiritualisme sur la base inébranlable de la foi pure ». C'est de cette foi que naît l'amour pur qui se puise au sein de Dieu ; car il existe « un Dieu bon et miséricordieux ». La vraie religion n'est autre que cela. Mais voici que, pour M. Deregnaucourt et Mme Desart, il n'y a pas grande différence entre Dieu et leur guérisseur, comme si celui-ci était une incarnation de celui-là. Ils l'appellent « notre bon Père » et ils disent de lui : « Il possède le baume par excellence, l'amour vrai, qui guérit toute plaie et il le prodigue à toute l'humanité, car il est le médecin de l'âme plutôt que du corps... Nous faisons de lui notre sauveur ; disons qu'il est notre Dieu, parce qu'il est notre serviteur. »
        Mais c'est un dieu fort accommodant, assez semblable au dieu des bonnes gens de Béranger : « Ne croyez pas qu'Antoine le Guérisseur demande l'établissement d'une religion qui restreigne ses adeptes dans un cercle, les obligeant à pratiquer sa doctrine, à observer certain rite, à suivre une opinion quelconque, à quitter leur religion pour venir à lui. Non, il n'en est pas ainsi. » Quand nous serons pénétrés de son enseignement, « nous aurons les mêmes égards pour toutes les religions et même pour l'incroyance. »
        Cette dernière citation permet de juger de ce que vaut la doctrine.
        Néanmoins, nombre de nos campagnards se laissent séduire par les grands mots d'amour pur, de foi pure, de spiritualisme, mais plus encore, c'est probable, par le caractère mystérieux du spiritisme, et ils vont consulter les représentants du soi-disant guérisseur. Ne croyant plus guère en Dieu, ils croient toujours aux sorciers.

    J. MESSIRE.


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  • Culte antonin (Le Progrès. Journal de l'arrondissement d'Orléansville 16 fév 1911)

    Une nouvelle religion, le culte antonin.

        Nous voici avec une nouvelle religion. Elle nous vient de Belgique, agréable pays des Gascons du Nord.
        En ces lieux vit Antoine le Généreux, vagabond de sa nature, guérisseur de son état, saint de par la reconnaissance de ses clients. Ceux-ci ont demandé au Gouvernement belge de reconnaître le « culte antonin », qui recrute des adeptes dans toutes les classes.
        Depuis Jérémie, en passant par Mlle Couesdon, le métier de prophète et de sauveur, fait donner gloire, pain et beurre par dessus le marché ?

    Le Progrès. Journal de l'arrondissement d'Orléansville, 16 février 1911


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  • Chronique - Au Balcon - Le besoin religieux (La Revue du mois 1911)

    CHRONIQUE

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    AU BALCON

                                                                                                                   Le besoin religieux

        Le Matin du 6 décembre dernier annonce que la Belgique possède une nouvelle religion, dont un certain Antoine le Généreux, ou le Guérisseur, est le chef, le souverain pontife, – qui sait ? – peut-être le dieu incarné. L’antoninisme existait déjà depuis de longues années en 1907, s’il faut en croire le n° 1 de l’Auréole de la conscience (revue mensuelle de l’enseignement du Nouveau Spiritualisme fondé par Antoine le Guérisseur – chez Antoine le Guérisseur à Jemeppe-sur-Meuse, Belgique), petite brochure que le hasard m’a fait retrouver parmi de vieux papiers. Ce qui donne de l’actualité à cette église récente, c’est qu’elle vient de déposer sur le bureau de la Chambre des Représentants à Bruxelles une pétition revêtue, paraît-il, de 160.000 signatures : elle réclame la reconnaissance officielle de son culte afin que ses immeubles soient exemptés des droits de mutation.
        Il n’y a rien de nouveau sous le soleil : on annonçait, en ce même mois de décembre 1910, la mort de Mme Eddy qui avait fondé aux États-Unis l’Église de la science chrétienne et avait réuni près d’un million d’adeptes. Mme Eddy niait la maladie, Antoine le Généreux nie le mal. Y a-t-il entre leurs deux doctrines un lien de filiation ou une simple coïncidence ? peu nous importe ici. L’intéressant est de constater le besoin religieux sous une de ses formes particulières.
        Mais pourquoi, dira-t-on, ne pas se contenter d’observer la persistance des vieilles religions constituées ? Elles aussi témoignent de la réalité du besoin religieux elles sont là pour le satisfaire. Sans doute. Le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme, le mahométisme, le bouddhisme, servent à des âmes nombreuses leur ration d’au-delà. Mais s’ils rassasient quelques grands affamés, ils ont aussi affaire à de très médiocres appétits qui se manifestent surtout sous l’impulsion d’habitudes acquises par tradition. Tandis que le fait d’embrasser une foi nouvelle suppose toujours une forte tension de l’esprit vers le divin.
         Les libres penseurs ont quelquefois le tort de s’exagérer leurs succès et de croire que la religion ne relève plus que de l’archéologie elle est au contraire un phénomène sociologique encore très moderne et beaucoup plus général que son contraire, même dans notre monde civilisé actuel. Ils ne devraient pas perdre de vue que les fondations de sectes ou de doctrines mystiques ne cessent de se produire de temps en temps ; et je ne parle pas de celles qui, telle l’Église gnostique restaurée, séduisent quelques dizaines de personnes, mais de celles dont les adhérents se comptent par milliers.
        Nous en rappellerons quelques-unes, qui toutes datent de moins de cent ans.
        Et d’abord le Mormonisme fondé vers 1830 par Joseph Smith. On sait que ce prophète retrouva une Bible, la Bible des tribus disparues du peuple israélite. Il acheta chez un brocanteur un vieux papyrus égyptien, papyrus d’ailleurs connu de nos égyptologues qui l’ont déchiffré ; mais lui, qui ignorait tout des caractères hiéroglyphiques, y compris leur origine, trouva un moyen bien simple pour les lire couramment. Un ange lui apparut et lui donna deux pierres merveilleuses, l’urim et le thurim, avec la manière de s’en servir. Il n’eut qu’à regarder à travers elles son grimoire, comme les myopes lisent à travers les deux verres de leur lorgnon, pour le voir transcrit en caractères latins et en bon anglais d’Amérique. Il n’eut plus qu’à copier ; cela fit le Livre saint des Mormons. Joseph Smith eut de nombreux disciples, et il mourut lui-même pour sa foi, qu’arrosa encore le sang d’autres martyrs. Pour avoir la liberté de leur culte, les Mormons s’imposèrent de rudes épreuves ils traversèrent un long désert, et fondèrent une nouvelle Jérusalem, sur les bords du grand lac Salé. Leur Société religieuse, évoluée en une sorte de grande coopérative, prospère encore aujourd’hui. Intéressante démonstration que leur histoire : elle prouve qu’une crédulité invraisemblable peut s’allier à un esprit très positif de commerçant, et que le miracle le plus antipathique à la raison trouve des croyants tout prêts à l’authentiquer par le sacrifice de leur repos et même de leur
    vie.
        Après les exemples récents du babisme en Perse et du mormonisme aux États-Unis, il semble que les historiens des religions se donnent parfois un mal superflu pour « expliquer » le surnaturel, le surnaturel étant, dans les origines d’une foi, aussi naturel que possible. C’est en Amérique aussi qu’a pris naissance le spiritisme, peu de temps après la prédication de Joseph Smith.
        Nous n’insisterons pas sur lui on le connaît assez. Il répond, lui aussi, à un besoin religieux qui est de croire à la survie on y croit d’abord et l’on s’inquiète ensuite du pourquoi. En l’espèce, on cherche une base à sa foi dans la science expérimentale. C’est du vieux neuf ; ce n’est autre chose qu’une résurrection et une continuation de l’occultisme. Celui-ci, à son tour, n’est, dans sa théorie, qu’une systématisation de la mentalité primitive. M. Lévy Bruni, dont nous avons déjà eu l’occasion de mentionner l’ouvrage1, nous montre qu’un des traits de cette mentalité consiste à créer, entre les choses, des relations mystiques qui font que, pour le sauvage, telle plante sera telle pierre, tel animal et les membres de tel clan : c’est ce que M. Lévy Brühl appelle des « participations » ; en vertu de ces participations, on agira sur tel animal et sur les membres de tel clan en agissant sur tel caillou. Si elle veut adopter ces participations, la mentalité logique – assez étrangère aux primitifs dans leurs
    croyances, mais qui s’est développée chez les civilisés – la mentalité logique dispose d’un procédé bien simple : elle admet l’existence d’une substance invisible, capable de se transformer en matière pondérable ou d’agir sur elle et de servir de support à un esprit ou à tous les actes de cet esprit. II est facile de voir que c’est une substance à tout faire. C’est la lumière astrale, le constituant des larves,
    coques, élémentals, de l’occultisme ; du périsprit ou corps astral des spirites. Les périsprits, qui supportent les âmes des décédés, sont capables de pomper, en quelque sorte, la substance charnelle des médiums et de s’en servir pour agiter les guéridons, soulever des tables, jouer du violon, apporter des fleurs, et même se matérialiser : ainsi l’au-delà pénètre-t-il dans le domaine expérimental. On n’a pas oublié que l’illustre savant anglais Crookes s’est fait photographier en compagnie de Katie King, une morte qui s’était fait un corps vivant emprunté au protoplasma du médium, Miss Cook. Ceci se passait à la fin du XIXe siècle.
        Autre manifestation, celle-ci plus récente encore, du besoin religieux : l’Armée du Salut. Les salutistes paraissent une exception à la règle suivant laquelle toute nouveauté religieuse prétend se rattacher à une origine antique. Eux, ils accomplissent leurs rites avec une modernité qui n’a rien à envier aux music-halls : grosse caisse, trombones, airs populaires à la mode, langage familier. Mais ils ont un costume, une discipline, une hiérarchie ; ils sont constitués, comme leur nom l’indique, en milice. On reconnaît là la persistance de l’attrait qu’exerce sur plusieurs âmes l’organisation collective en vue de fins religieuses, attrait qui a recruté les ordres monastiques.
        Revenons à Antoine le Généreux et aux successeurs de Mme Eddy. Qu’est-ce qui a fait ou fait encore leur succès ? Ils guérissent. S’ils nient la maladie, gardez-vous de conclure, comme la logique semblerait y inviter, qu’ils nous engagent à ne pas nous en occuper du tout. Pensons-y, au contraire, conseillent-ils, appliquons-lui des remèdes, mais les leurs : prenez mon ours. Ils ont une cure infaillible, seulement elle est psychique. C’est le’ traitement par la foi, pour les Eddystes comme pour les Antonistes. Quelles en sont cependant les modalités ? Je n’en sais trop rien. Ce qu’il y a de certain, c’est que la personnalité du fondateur de la clinique y entre pour quelque chose. Antoine le Guérisseur tient un cabinet de consultations et ceux des malades qui en sortent avec une santé améliorée lui attribuent leur soulagement, lui vouent leur reconnaissance : à lui, expressément. Il ne se distingue donc en rien d’un médecin qui appliquerait exclusivement les procédés psychiques. La gratuité ? Mais, outre qu’on paye Antoine indirectement par des dons à son Église, les médecins seraient encore appelés médecins, même s’ils ne recevaient jamais d’honoraires. L’intervention de Dieu ? Mais le croyant doit la faire participer à toutes les thérapeutiques. Et cependant, Antoine n’est pas un médecin, c’est un thaumaturge. Toute la différence vient de la cause à laquelle le médecin ou le thaumaturge attribuent les guérisons qu’ils opèrent. Pour le premier, même s’il ne fait appel qu’à la suggestion, son succès dépend d’agents, trop nombreux sans doute et trop complexes pour être parfaitement connus, mais aveugles et entièrement déterminés dans leur activité. Pour le second, ces agents sont plus ou moins semblables à des hommes. Antoine, en particulier, met en œuvre l’amour divin. L’amour suppose de la préférence, de la partialité, un certain arbitraire. Et c’est ce qui en fait le charme. L’âme a peur de la solitude. Or en quoi consiste la solitude morale ? A être traité, par tout et par tous, de la même manière que n’importe qui. C’est de ce désert que l’amour nous tire. De là la vogue que peut acquérir un thaumaturge.
        Antoine le Guérisseur satisfait le besoin religieux en un de ses éléments les plus tenaces, élément peut-être impérissable.
                                                                                                        JULES SAGERET.

    La Revue du mois, 6e année, Tome XI, janvier-juin 1911 (T11,N61)-(T11,N66).


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