• Algemeen Handelsblad (01-07-1911)

     

       ,,Antoine de genezer'' te Jemeppe aan de Maas, van wiens wonderdaden vroeger an eens sprake was, en wiens aanhang van vele tienduizenden uit alle standen een werkelijke secte vormt, die maandelijks wordt gesticht door het blad van den Meester ,,l'Auréole de la Conscience, revue mensuelle de la révélation'', heeft een nieuwe wijze van genezen ingevoerd, waardoor de justitie geen vat meer op hem heeft. Hij geeft nu geen persoonlijke adviezen, meer maar ontvangt de menigte bezoekers gezamenlijk in een groot kerkgebouw, hem geschonken door een Amerikaan. Op eet preekstoel bidt hij en zegent daarop de zieken of hun vertegenwoordigers, want men kan ook een ander sturen.

    Algemeen Handelsblad (01/07/1911)

     

    Traduction :

       "Antoine le guérisseur" à Jemeppe sur Meuse, dont les miracles ont déjà existé, et dont les partisans de plusieurs dizaines de milliers de personnes de tous horizons sont une véritable secte, fondée par la revue mensuelle de la révélation du Maître "l’Auréole de la Conscience", a introduit une nouvelle méthode de guérison, hors du contrôle judiciaire. Il ne donne plus de conseils personnels, mais reçoit la foule des visiteurs ensemble dans une grande église qui lui a été offerte par un Américain. Sur la chaire, il prie et bénit les malades ou leurs représentants, car on peut aussi envoyer quelqu’un à sa place.


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  • Chicago Examiner Vol. 11 no28 (1911)-Buffalo Ny Courier (1911) 

    "Antoinism," Belgium's New Sect of Healers

        A NEW religion has been officially ''discovered" in Belgium by the presentation of a petition to Parliament to obtain legal status for it.
        It la called Antoinism, and was founded a few years ago by a coal miner named Louis Antoine, who is now celebrated far and wide as "Antoine the Healer." His followers claim that they number 160,000. of whom 300, including his wife, are "adepts".
       Mrs. Guillaume, a middle-aged American woman who came specially from New York to be treated by Antoine, says she has been practically cured of the chalky rheumatism which formerly compelled her to walk on crutches. She is herself an adept now, with power to heal by faith, she says.
        Antoinists literally worship their leader. They believe that he knows all the world's happenings, though he never reads a newspaper his home is at Jemeppe-lez-Liege. 
       Antoine is now sixty-five, and confines his healing to ceremonies in the church he has built. They are the simplest services ever invented. They take place at 10 a m. on Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday — there are none on Sunday.
        At 9 a. m. the congregation assembles, and an adept, M. Deregnancourt, who is the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under the raised platform. There is silence till 9:30. Then he announces that "operations" will take place at certain hours on certain days.
        He continues sitting perfectly still, not a muscle moving and his watery blue eyes fixed straight before him in an unblinking stare, until the stroke of 10, when every one rises and the Parent One enters through a side door and slowly walks up the steps to the rostrum, wearing a black cassock.
        Antoine faces the people for a full minute without moving, and then lifts his right hand toward the people and holds it extended for another minute, and that is all. He walks slowly out again. Those two minutes are the service. The adept remarks, "Every one whose faith is strong enough must be cured." The church empties silently.
        The programme is always the same. If cures do not take place, of course, the patients have not had enough faith. Antoine's iron-grey hair falls to his shoulders, and he wears a long beard.
        Antoine cannot sleep much at night. He rests for two hours, and then walks in his garden, which has electric lamps fitted up all round the walls.
        For six months Antoine has not spoken to any one at all. People come at all hours with all sorts of ailments and appeals.
        The Good Mother, as Antoine's wife is called, or the housekeeper, or some other adept, stands in front of the applicant and, turning her eyes upward, slowly waves her hand in the air, which means that she is invoking Antoine the Healer. The patient then goes off smiling, cured by deputy. There is nothing to pay.
        Antoine lives on vegetables only, and prepares them himself. He is a veritable hermit. When it is necessary to speak to him a telephone is used. Subscriptions are made for the maintenance of the church, but it was built partly with $4,000 he had himself saved.
        The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil" represented by a white tree on a black ground.

    Chicago Examiner Vol. 11 no28 (1911)
    Buffalo Ny Courier (1911)

     

    Traduction :

    L'"antoinisme", la nouvelle secte des guérisseurs de Belgique

        Une NOUVELLE religion a été officiellement "découverte" en Belgique par la présentation d'une pétition au Parlement pour obtenir son statut légal.
        Il a été fondé il y a quelques années par un mineur de charbon nommé Louis Antoine, qui est aujourd'hui célèbre sous le nom d'"Antoine le Guérisseur". Ses disciples affirment qu'ils sont au nombre de 160 000, dont 300, y compris sa femme, sont des "adeptes".
       Mme Guillaume, une Américaine d'âge moyen venue spécialement de New York pour être soignée par Antoine, dit qu'elle est pratiquement guérie du rhumatisme calcaire qui l'obligeait autrefois à marcher avec des béquilles. Elle est elle-même une adepte maintenant, avec le pouvoir de guérir par la foi, dit-elle.
        Les Antoinistes vénèrent littéralement leur chef. Ils pensent qu'il connaît tous les événements du monde, bien qu'il ne lise jamais un journal, sa maison est à Jemeppe-lez-Liège.
       Antoine a maintenant soixante-cinq ans et limite sa guérison aux cérémonies dans l'église qu'il a construite. Ce sont les services les plus simples jamais inventés. Ils ont lieu à 10 h le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi - il n'y en a pas le dimanche.
        A 9 heures du matin, la congrégation se réunit et un adepte, M. Deregnancourt, qui est l'éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous la plate-forme élevée. Il y a du silence jusqu'à 9 h 30. Puis il annonce que des "opérations" auront lieu à certaines heures et à certains jours.
        Il continue d'être assis parfaitement immobile, sans bouger un seul muscle et ses yeux bleus larmoyants fixés droit devant lui d'un regard fixe, jusqu'au coup de 10 heures, quand chacun se lève et que le Père entre par une porte latérale et monte lentement les marches de la tribune, portant une soutane noire.
        Antoine fait face à la foule pendant une minute entière sans bouger, puis lève la main droite vers la foule et la tient tendue pendant une autre minute, et c'est tout. Il repart lentement. Ces deux minutes sont le service. L'adepte fait l’annonce : "Tous ceux dont la foi est assez forte doivent être guéris." L'église se vide en silence.
        Le programme est toujours le même. Si les remèdes n'ont pas lieu, bien sûr, les patients n'ont pas eu assez de foi. Les cheveux gris d'Antoine tombent sur ses épaules et il porte une longue barbe.
        Antoine ne dort pas beaucoup la nuit. Il se repose pendant deux heures, puis se promène dans son jardin, où des lampes électriques sont installées tout autour des murs.
        Depuis six mois, Antoine n'a parlé à personne. Les gens viennent à toute heure avec toutes sortes de maux et de demandes.
        La Bonne Mère, comme on appelle la femme d'Antoine, ou la gouvernante, ou un autre adepte, se tient devant le demandeur et, levant les yeux vers le haut, agite lentement la main en l'air, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine le guérisseur. Le patient s'en va alors en souriant, guéri par l'adjoint. Il n'y a rien à payer.
        Antoine ne vit que des légumes et les prépare lui-même. C'est un véritable ermite. Lorsqu'il est nécessaire de lui parler, un téléphone est utilisé. Des souscriptions sont faites pour l'entretien de l'église, mais elle a été construite en partie avec 4 000 $ qu'il avait lui-même économisés.
        L'insigne de la secte est "l'arbre de la connaissance de la vue du mal" représenté par un arbre blanc sur fond noir.


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  • L'Antoinisme (Le Rappel, 16 janvier 1911 (N14920))

    TRIBUNE LIBRE

    L'ANTOINISME

     

        L'antoinisme existe. C'est une religion. Qu'on ne s'y trompe pas, sur la foi d'une homonymie. Je ne viens pas de dire que les Parisiens aient voué un culte à l'éminent directeur de l'Odéon. S'ils lui ont de la reconnaissance, en raison de toutes les tentatives généreuses et heureuses aussi, très souvent, qu'il fait pour les doter d'un second Théâtre-Français qui ne soit pas l'inutile succédané de l'autre, leur enthousiasme ne va pas jusqu'à lui élever des autels.
        C'est d'un autre Antoine qu'il s'agit. Celui-ci vit à Jemeppe-sur-Meuse, petit bourg belge de quelque six mille âmes. Et c'est un messie. On s'attend que j'en vais railler. Prophète belge ! Une contrefaçon, cela va de soi, dira-t-on, et qui droit prêter à rire. Je ne le pense pas. Le lecteur ne le pensera pas non plus, quand il saura que cet homme a suscité 160.000 pétitionnaires qui adressent à la Chambre belge une requête très sérieuse, très digne, pour lui demander la consécration officielle de la nouvelle religion.
        Les adeptes d'Antoine ont, en effet, édifié, à leurs frais, une église. Ils ne réclament de l'Etat nulle subvention. ils veulent seulement l'affectation légale au culte antoiniste de ce temple bâti de leurs deniers.
        Voilà, n'est-il pas vrai ? un phénomène social du plus haut intérêt. Il appelle réflexion, on en conviendra. Mais d'abord, quel est cet Antoine ? un vieillard de soixante-sept ans, ancien mineur, qui se dit inspiré de Dieu pour apporter à nouveau à ceux qui souffrent, à ceux qui peinent, à tous les malheureux de l'âme et du corps, le réconfort d'un évangile d'amour.
        Non plus que le Galiléen, le Messie belge n'est un docteur de la Loi. Il parle selon le cœur et ne s'adresse qu'au cœur. Mais sa voix en trouve le chemin avec une merveilleuse facilité, et sa parole a le don de toucher, d'exalter. Il semble permis de supposer que c'est un génie moral.
        Si Tolstoï l'eût connu, sans doute eût-il incliné devant lui sa magnifique intelligence. Car Tolstoï accordait plus de prix au pouvoir d'enfanter le bien qu'à celui de créer le beau, ou de constituer le savoir.
        Cette vertu, efficace à moraliser le monde, le grand Russe l'avait cru trouver, ou plutôt retrouver, dans le christianisme ramené à la simplicité de l'origine et débarrassé des superféations catholiques. On sait cependant qu'il ne s'était pas tenu à la morale, dans sa restitution du christianisme. Je veux dire que le précepte fondamental : « Aimez-vous les uns les autres, comme des frères », s'il lui avait paru suffisant à régler toutes les relations humaines, ne l'avait pas enpêché de se poser, comme toute l'humanité pensante, la question proprement religieuse du rapport de l'homme avec l'univers. Et force lui avait donc été, faute d'expresse révélation, de faire de la métaphysique. Elle est, cette métaphysique de Tolstoï, singulièrement profonde et témoigne de la plus grande force spéculative. Mais d'abord elle passe la compréhension de la foule, et, près des intellectuels eux-mêmes, elle peut trouver crédit, elle ne saurait emporter la certitude.
        Antoine, pour cause, ne s'embarrasse pas de métaphysique. La question religieuse, il la résout ainsi que fit le Christ, et chez les humbles, avec le même succès : il affirme Dieu et l'âme. Voilà tout. Il affirme, mais prouve-t-il ? demandera-t-on. Oui, il prouve. Comment ? Par le miracle.
        Antoine, comme Jésus-Christ, est thaumaturge. Ses adeptes l'appellent Antoine le Guérisseur. Guérisseur aussi était Jésus. Rien de plus, probablement. Par là s'exlique l'étrange fortune de l'antoinisme : comment douter du caractère surnaturel d'un homme qui, par la simple imposition des mains et l'union en esprit du patient avec lui, délivre les malades de leurs maux ? Et si ce pouvoir miraculaire, il dit le tenir de Dieu, comment nier ce Dieu qui fait se lever pour ses créatures misérables un sauveur, et ainsi se prouve non par les raisons des doctes qu'on peut ne pas comprendre, ou que d'autres raisons contraires peuvent réfuter, mais par les actes de celui qu'il envoie ?
        Enfin, ce n'est point aux corps seulement qu'Antoine le Guérisseur fait du bien, c'est aux âmes aussi. Comprenez-vous, alors, que les âmes obscures des ignorants et des simples sont toutes réconfortées et réjouies de cette ardente lumière de l'amour qui entre en elles, comme le soleil dans un galetas, et les éclaire et les réchauffe ? La douceur de s'oublier soi-même, de se donner tout à tous, elles l'éprouvent, ô joie ! Et cette pureté qu'ils revêtent, le humbles, comme la fraîcheur éclatante d'un linge neuf, ah ! qu'elle les fait enfin heureux, ces malheureux ! Le bonheur, c'est le vœu incoercible, c'est l'espérance éternelle des hommes, et qui le donne est dieu, car c'est le grand miracle.
        Mais je ne crois guère à la durée de l'antoinisme. Les sycophantes s'en mêleront et gâteront tout. ou bien même les pauvres gens perdront foi : Leur naïveté ne sera pas assez forte contre le siècle. Puissent-ils au moins se souvenir du bienfait de leur beau rêve fraternitaire !
                              Eugène HOLLANDE. 

    Le Rappel (et Le XIXe siècle), 16 janvier 1911


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  • Un de plus

        Un nouveau culte vient de s'installer en France. Ce n'est pas, à dire vrai que le besoin s'en fit vivement sentir. Ceux qui ont pris cette initiative ont fait preuve néanmoins d'une psychologie profonde.
        Nous possédons de nombreux cultes. Mais la culture des naïfs offre aux novateurs des éléments inépuisables.
        Voilà pourquoi le culte Antoiniste, placé sous le patronage d'Antoine-le-Généreux, était sur de venir à son heure à quel que heure qu'il vint.
        Au reste, les Antoinistes sont pleins de bonnes intentions. « Ils veulent faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort. »
        Il parait même qu'il suffit d'adhérer à la religion nouvelle pour se sentir, incontinent, « bercé dans l'harmonie divine »
        Nous n'y voyons d'ailleurs aucun inconvénient et n'avons qu'une inquiétude : c'est que « les adeptes d'Antoine-le-Généreux » ne se bercent eux-mêmes de bien douces illusions.

    Le XIXe siècle, 9 juillet 1911


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  •  (Auburn semi-Weekly Journal. Tuesday, March 8, 1911 (page 7))

    source :fultonhistory.com


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