• The New York Times - Another new religion (December 25, 1910)

                    ANOTHER NEW RELIGION 

    Wonderful Cures Sait to be Performed by Antoine, a Belgian. 

        Foreign correspondence THE NEW YORK TIMES

        LONDON, Dec. 14 - Yet another faith-healing religion has appeared, this time in Belgium, and the results that are said to be attained are quite as marvelous as in other cases.
        So remarkable are come of the cures reported to have been made that the Daily Mirror regarded it as worth while to send a special correspondent to the little town of Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated.
        The correspondent has come back with some curious photographs and an even more curious story. He says that the existence of the new religion has become generally known through a petition to the Belgian Parliament to obtain a legal status for it. It is called Antoinisme, and was founded a few years ago by a coal miner named Louis Antoine, who is now celebrated far and wide as "Antoine the Healer". His followers claim that they number 100.000, of whom 300, including his wife, are "adepts".
        Mrs. Guillaume, a middle-aged American lady who came specially from New York to be treated by Antoine, says she bas been practically cured of the chalky rheumatism which formerly compelled her to walk on crutches. She is herself an "adept" now with power to heal by faith, she says.
        Antoinists literally worship the leader. They believe that he knows all the world's happenings, though he never reads a newspaper. 
       Antoine is now 65, and confines his healing to ceremonies in the church he has built. They are the simplest services ever invented. They take place at 10A.M. on Monday, Tuesday, Wednesday, and Thursday - there are none on Sunday.
        At 9 A.M. the congregation assembles and an adept, Mr. Deregnancourt, who is the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under the raised platform. There is silence till 9:30. Then he announces that "operations" will take place at certain hours on certain days.
        He continues sitting perfectly still, not a muscle moving and his watery blue eyes fixed straight before him in an unblinking stare, until the stroke of 10, when every one rises and the Parent One enters through a side door and slowly walks up the steps to the rostrum, wearing a black cassock.
        Antoine faces the people for a full minute without moving, and then lifts his right hand toward the people and holds it extended for another minute, and that is all. He walks slowly out again. Those two minutes are the service. The "adept" remarks: "Every one whose faith is strong enough must be cured." The church empties silently.
        The correspondent was present a couple of days ago and was informed that the programme was always the same. If cures do not take place, of course the patients have not had enough faith.
        Antoine's iron-gray hair falls to his shoulders, and he wears a long beard. His second sight extends to America, said Mrs. Guillaume, for he told her that her husband had hurt his back in New York, and a week later came a letter from her daughter confirming it and adding that he had quickly got better. Mrs. Guillaume was told by Antoine that she need not worry about her husband's accident, as Antoine was in "fluidic communion" with him.
        Antoine cannot sleep much at night. He rests two hours, and the walks in his garden, which has electric lamps fitted up all round the walls. For six months Antoine has not spoken to any one. People come at all hours with all sorts of ailments and appeals.
        The "Good Mother", as Antoine's wife is called, or the housekeeper, or some other "adept", stands in front of the applicant and, turning her eyes upward slowly waves her hand in the air, which means that she is invoking Antoine the Healer. The patient then goes off smiling, cured by deputy. There is nothing to pay.
        It is three years since Antoine walked in the street. His little house is hidden away in the midst of a block of similar houses, and the spire of his church, which adjoins his home, rises high above the roofs. Antoine lives on vegetables only, and prepares them himself. He is a veritable hermit. When it is necessary to speak to him a telephone is used. Subscriptions are made for the maintenance of the church, but it was built partly with £800 Antoine had himself saved.
        The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground.

    The New York Times, December 25, 1910

     

    Traduction :

                    UNE AUTRE NOUVELLE RELIGION

    De merveilleux remèdes seraient réalisés par Antoine, un Belge.

        Correspondance étrangère THE NEW YORK TIMES

        LONDRES, le 14 décembre – Une autre religion qui guérit par la foi est apparue, maintenant en Belgique, et les résultats que l'on dit obtenus sont tout aussi merveilleux que dans d'autres cas.
        Les guérisons rapportées sont si remarquables que le Daily Mirror a jugé bon d'envoyer un correspondant spécial dans la petite ville de Jemeppe-lez-Liège, où se trouve le siège de la secte.
        Le correspondant est revenu avec de curieuses photos et une histoire encore plus curieuse. Il dit que l'existence de la nouvelle religion s’est fait connaître en général par le biais d'une pétition adressée au Parlement belge pour obtenir un statut légal pour elle. Elle s'appelle Antoinisme, et a été fondée il y a quelques années par un mineur de charbon nommé Louis Antoine, qui est aujourd'hui célèbre sous le nom de "Antoine le Guérisseur". Ses disciples affirment qu'ils sont au nombre de 100.000, dont 300, dont sa femme, sont des "adeptes".
        Mme Guillaume, une Américaine d'âge moyen venue spécialement de New York pour être soignée par Antoine, dit qu'elle est pratiquement guérie du rhumatisme calcaire qui l'obligeait autrefois à marcher avec des béquilles. Elle est elle-même une "adepte" qui a maintenant le pouvoir de guérir par la foi, dit-elle.
        Les antoinistes vénèrent littéralement le chef. Ils croient qu'il connaît tous les événements du monde, bien qu'il ne lise jamais un journal.
       Antoine a maintenant 65 ans, et sa méthode de guérison se limite à des cérémonies dans l'église qu'il a construite. Il s'agit des services les plus simples jamais inventés. Elles ont lieu à 10 h le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi – il n'y en a pas le dimanche.
        A 9 heures du matin, la congrégation se réunit et un adepte, M. Deregnancourt, qui est l'éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous la plate-forme élevée. Le silence règne jusqu'à 9 h 30. Puis il annonce que des "opérations" auront lieu à certaines heures et à certains jours.
        Il continue d'être assis parfaitement immobile, sans bouger un seul muscle et ses yeux bleu marine fixés droit devant lui d'un regard fixe, jusqu'à 10 heures, quand chacun se lève et que le Père entre par une porte latérale et monte lentement les marches de la tribune, revêtu d'une soutane noire.
        Antoine fait face à la foule pendant une minute entière sans bouger, puis lève la main droite vers la foule et la tient tendue pendant une autre minute, et c'est tout. Il repart lentement. Ces deux minutes sont le service. L'"adepte" remarque : "Tous ceux dont la foi est assez forte doivent être guéris." L'église se vide en silence.
        Le correspondant était présent il y a quelques jours et a été informé que le programme était toujours le même. Si les remèdes n'ont pas lieu, bien sûr, les patients n'ont pas eu assez de foi.
        Les cheveux gris fer d'Antoine tombent sur ses épaules et il porte une longue barbe. Sa clairvoyance s'étend à l'Amérique, dit Mme Guillaume, car il lui a dit que son mari s'été fait mal au dos à New York, et une semaine plus tard, sa fille lui a envoyé une lettre pour le confirmer, ajoutant qu'il s'était vite remis. Antoine a dit à Mme Guillaume qu'elle n'avait pas à s'inquiéter de l'accident de son mari, car Antoine était en "communion fluidique" avec lui.
        Antoine ne dort pas beaucoup la nuit. Il se repose deux heures, et se promène dans son jardin, qui est équipé de lampes électriques tout autour des murs. Depuis six mois, Antoine n'a parlé à personne. Les gens viennent à toute heure avec toutes sortes de maux et d'appels.
       La "Bonne Mère", comme on appelle la femme d'Antoine, ou la gouvernante, ou quelque autre "adepte", se tient devant le demandeur et, tournant les yeux vers le haut, fait un lent mouvement de la main, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine le guérisseur. Le patient s'en va alors en souriant, guéri par le suppléant. Il n'y a rien à payer.
        Cela fait trois ans qu'Antoine n'est pas sorti dans la rue. Sa petite maison est cachée au milieu d'un bloc de maisons similaires, et la flèche de son église, qui jouxte sa maison, s'élève bien au-dessus des toits. Antoine ne vit que des légumes et les prépare lui-même. C'est un véritable ermite. Lorsqu'il est nécessaire de lui parler, un téléphone est utilisé. Des souscriptions sont faites pour l'entretien de l'église, mais elle a été construite en partie avec £800 qu'Antoine avait lui-même économisé.
        L'insigne de la secte est "l'arbre de la connaissance de la vue du mal", représenté par un arbre blanc sur fond noir.


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  • Le 22 octobre 1907, Louis Antoine est jugé en correctionnelle sur le chef "d'exercice illégal de l'art de guérir". Il sera acquitté, sa défense convainquit les juges. Voici la dernière phrase (cité de Antoine le guérisseur et l'Antoinisme de Pierre Debouxhtay) : "Je ne dis pas que je suis guérisseur du corps. Disons plutôt que je suis guérisseur de l'âme. Je ne traite pas le corps, je traite l'âme". (Historique du Culte antoiniste, p.31)


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