•     Pour les catholiques, la neutralité de l'État en matière religieuse implique son hostilité à la religion. Si les ministres et si la majorité qui les soutient dans les Chambres protestent de leur respect pour elle, ne voit-on pas poindre au sein même du parti libéral une orientation nettement anti-catholique? A la lutte contre l'Église se substitue évidemment parmi les « avancés » et les « radicaux », la lutte contre les croyances que l'Église a mission de propager. Ses dogmes sont représentés comme incompatibles avec la liberté politique et avec les découvertes de la science. Le progrès est au prix de leur disparition et il faut dès lors les attaquer en face, et à l'intolérance cléricale répondre par l'intolérance laïque.
        Le mouvement, parti des loges maçonniques, se répand, depuis les environs de 1857, avec une rapidité croissante. Dans les grandes villes se forment des sociétés de « solidaires » dont les membres s'engagent à s'abstenir des sacrements. Les enterrements civils se multiplient et donnent lieu à des manifestations de libres-penseurs. La répartition des cimetières en une partie bénite pour les croyants et une partie profane pour les non-croyants, devient un sujet de conflits incessants et de scandales. A Bruxelles s'ouvre une école pour les jeunes filles de la bourgoisie d'où l'enseignement religieux est banni. A l'Université de Gand, le professeur Laurent, dans son cours et dans ses écrits, attaque l'Église avec passion et, au mépris de la constitution, réclame sa subordination à l'État. Emile de Laveleye, constatant l'impossibilité pour les libéraux de professer encore les dogmes catholiques, leur conseille de se convertir au protestantisme. Dans la jeunesse, dans la jeunesse des grandes écoles surtout, ces tendances excitées par l'amour des nouveautés, le besoin d'activité et la hardiesse des tempéraments vont à l'extrême radicalisme. Le congrès des étudiants tenu à Liège au mois d'octobre 1865 a été «effrayant». Des étudiants parisiens y sont venus, un crêpe au chapeau; on y a exalté la république, insulté Napoléon III, pourfendu l'Église et la religion.
        Sans doute ces outrances ne sont, dans le parti libéral, que le fait d'une minorité. Mais il n'importe. Un parti est toujours jugé sur l'attitude de son avant-garde et il était fatal qu'aux yeux des catholiques le radicalisme compromît tous les libéraux, comme aux yeux des libéraux l'ultramontanisme compromettait tous les catholiques.

    Henri Pirenne, Histoire de la Belgique
    7. De la révolution de 1830 à la guerre de 1914
    Progrès de l'anticléricalisme, p.191
    source : archive.org


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  • Exemple d'habitations ouvrières dans la région liégeoise

    Cliquez sur l'image pour agrandir

    Voici un exemple de maisons ouvrières de la région de Liège, particulièrement dans la ville de Seraing par la Société John Cockerill.  
    Groupe de deux maisons pour une famille
    Prix de revient d'une maison              4.800 f.
    Surface de la maison                       45m² 12
    Surface dela cour et des dépendces    33m² 25
    Prix de location d'un maison              180 f. pr an

    Les 20 maisons ont coûté ensemble, tout compris, Chaussées, Palissades, Egouts, Puits, Fours de Boulangers, etc. 112.067 f.

    Émile Muller et Émile Cacheux, Les habitations ouvrières en tous pays
    Seraing, maisons de Cockerill (1879)
    source : Gallica

    Louis Antoine en a fait construire de semblables à côté du temple, dans la rue Rousseau. Elles existent toujours.


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  •     Voila deux liens pour découvrir les textes d'Allan Kardec, qui sont une des sources de la doctrine de Louis Antoine :

    - Union spirite belge - http://www.spirites.be/

    - Radio Kardec - http://radiokardec.lmsf.org/

        "Radio Kardec" a été ouverte le lundi 30 janvier 2006. Cette Radio diffusera des extraits de livres, des cours, des conférences.


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  •     Antoine avait la tête dure des Liégeois, une tête de houille comme on disait. Il décida donc de se rendre au café où se déroulait une séance de spiritisme plutôt que de rentrer. Il marchait de nouveau d’un pas pressé malgré la douleur lancinante. Mille questions encom-braient son esprit. Si le spiritisme Kardéciste influençait et séduisait une forte proportion de gens angoissés par les incertitudes que leur réservait alors la vie, les religieux les contrôlaient agissant même sur le pouvoir politique qu’elle n’hésitait pas à manipuler.

        - Est-ce vraiment impie d’évoquer les morts ? Est-ce vraiment un péché de chercher à comprendre ?… L’Évangile ne parle même pas de ces questions-là… Antoine avait fait un geste de la main comme pour repousser les assauts d’un ennemi invisible.
        - Il n’y a rien à craindre quand on se maintient dans la vérité, s’était-il exclamé d’une voix forte !
        Le curé ne connaissait rien de la vie et encore moins de la mort.
        Arrivés à l’angle de la rue, il remarqua l’enseigne du cabaret. Le bruit confus de la salle enfumée ne leur plaisait pas. Ca ressemblait à une ancienne maison de rapport à part le rez-de-chaussée qui avait été transformé en débit de boisson. Des hommes de tout âge buvaient et discutaient bruyamment avec quelques soldats de la garde civique, d’autres jouaient aux cartes un peu à l’écart.
       Antoine s’adressa discrètement à une dame qui remplissait une série de pintes derrière un comptoir.
        - Nous venons pour la séance.
        Elle leur indiqua du menton une porte vitrée au fond de la salle.
        Il régnait dans cette pièce une atmosphère de paix. Deux chandeliers disposés sur le marbre de la cheminée donnaient aux visages des allures de spectres. Le balancier de la pendule était immobile comme si le temps venait de s’arrêter. De lourdes tentures masquaient les fenêtres et une double porte estompaient complètement la rumeur provenant du café pour mieux se couper du monde. Ils saluèrent le petit comité réuni autour d’une table circulaire, quelques dames sobrement vêtues sans doute accompagnées de leur mari. Tous affichaient un air profondément inspiré.
        - Soyez les bienvenus, dit la médium à voix basse.

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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  •     Martin était allongé, le visage semblait avoir rétrécit. Il entrouvrit les paupières au moment où Catherine se pencha pour déposer les fleurs sur le chevet. Ses yeux avaient perdu leur éclat.
        Il parlait avec difficulté :
        - Je crois que je vais mieux. Je ne sens plus rien…
        Antoine retira une feuille de sa poche et la déplia devant lui. C’était une gravure illustrant une locomotive, un des derniers modèles. Il avait détaché la page d’un ouvrage spécialisé et en avait soigneusement replié le bord écorné. A ce moment, un train siffla au loin. Les yeux de Martin se remplirent de larmes. Antoine se dirigea lentement vers la fenêtre pour cacher son émotion. Son regard se perdit dans la rue où quelques enfants se poursuivaient en criant. Au loin, la locomotive recrachait sa fumée blanche. Quelques instants plus tard, il vint s’asseoir sur le lit. Martin s’était endormi, la gravure dans la main. Alors Antoine quitta la chambre sur la pointe des pieds. Quelques voisins et d’autres membres de la famille s’étaient réunis dans la cuisine. Ils parlaient à voix basse. Une jeune femme servait le café. Catherine retourna au chevet de son fils. La lampe à pétrole posée sur un guéridon éclairait faiblement son visage, un visage immobile à l’expression indéfinissable, le regard désespérément fixé sur Martin. Antoine sentit de nouveau ce courant d’air glacial lui parcourir le dos. Il frissonna et retourna dans la chambre. A ce moment, le garçon ouvrit les yeux. Ils semblaient rouler sur eux même car le regard était désormais trop faible pour se fixer. Il comprit que son fils lui envoyait un dernier message l’avertissant que le moment de se séparer était arrivé et qu’il n’y avait plus rien à espérer.
        Quelques instants plus tard, il rendit son dernier soupir.

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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  •     Grâce à cette énergie sublime qui s’était éveillée en lui et aux merveilleux accomplissements qui l’attendaient, Antoine décida d’aménager un local supplémentaire. Tout le monde s’y était mis et quand tout fut en place, un petit comité fixa une date d’inauguration. On décida que le 25 décembre à 15 heures, le jour présumé de la naissance du Christ convenait parfaitement...
        C’était une salle très bien éclairée et assez sobrement décorée de portraits et de gravures pieuses. Quelques bancs disposés au fond pouvaient accueillir de nombreuses personnes venues assister aux séances. Beaucoup venaient ainsi puiser chaque dimanche les forces nécessaires ou recevoir les bons conseils des guides spirituels. Le phénomène se développa avec une telle ampleur qu’Antoine décida d’imprimer des fascicules résumant en de brefs comptes rendus les différents messages reçus. Ces petits catéchismes serviront à instruire les enfants.
        - Il nous faut un nom et un emblème, pour nous distinguer des autres, reprit un membre. Toute société aussi petite soit-elle doit avoir un nom. Pourquoi ne pas l’appeler les Véritables Chrétiens ? Après tout, nous respectons l’enseignement de Jésus.
        - Restons humbles, mes amis, avait objecté Antoine. N’oublions pas que nous sommes des ouvriers, des artisans, et que nous nous adressons à nos semblables en phrases simples afin d’être compris de tous.
        - D’accord, mais ceci ne répond toujours pas à notre question.
        - Saviez-vous que jadis, les rives de la Meuse étaient couvertes de vignes et ici, à Jemeppe, on en cultivait sur plusieurs hectares. Or, les prolégomènes placés en tête du Livre des Esprits d’Allan Kardec disent : « Tu placeras en tête du livre le cep de vigne parce qu’il est l’emblème du travail du Créateur… ». Je vous propose d’appeler notre nouveau cercle : Les Vignerons du Seigneur, conclut Antoine.
        C’est ainsi que s’érigea la nouvelle petite société sous l’emblème de deux branches de vigne croisées et d’une inscription brodée en fil d’argent sur un drapeau de velours noir : « Nous sommes les ouvriers de la dernière heure ».

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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  •     Ces dénégations n'empêchent point, d'ailleurs, les gens convaincus de continuer à croire à la toute-présence de ce bon génis, et d'apprendre à leurs enfants à le révérer, voire même à lui adresser leurs prières. Il ne faut pas oublier que le spiritisme est une religion. Cela explique également la considération mitigée qui entoure souvent les médiums, comme les prêtres. Il arrive que sans se priver le moins du monde d'en médire dès que l'on croit avoir des griefs contre eux, on leur prodique, d'autre part, les mêmes marques de respect qu'à ce que l'humanité a produit de plus sublime. J'ai connu tel salon où sur le meuble central et bien en vue, à la place d'honneur, deux photographies se fasaient endant dans des cadres de choix : d'un côté une tête de Christ d'un grand maître, de l'autre le portrait... de Mlle Hélène Smith. Chez d'autres croyants d'inspirations moins idéales mais plus pratiques, on ne conclut pas une affaire, on ne prend pas une décision grave, sans avoir consulté Léopold par l'intermédiaire d'Hélène, et les cas ne se comptent plus où il a fourni un renseignement important, évité une grosse perte d'argent, donné une prescription médicale efficace, etc.

    Théodore Flournoy, Des Indes à la planète Mars (1900), p.77
    source : gallica


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  •     La comparaison s'impose à l'historien entre le soulèvement des Iconoclastes en 1566 et les grandes émeutes ouvrières du mois de mars 1886. Des deux côtés, même soudaineté, même violence, même surprise du gouvernement, même absence d'organisation chez les insurgés. L'exaspération sociale longuement accumulée se déchaîne tout à coup, comme s'était déchaîné trois cents ans plus tôt le fanatisme religieux. C'est un sursaut de fureur collective, sans plan préconçu, sans direction, sans but précis, n'obéissant qu'à la contagion de l'exemple sur des masses ulcérées.
        La dépression économique qui se fit sentir dans toute l'Europe à partir de 1884, avait atteint deux ans plus tard son point culminant. Avec la crise agricole provoquée par l'invasion soudaine des céréales d'Amérique avait coïncidé une crise industrielle due à la surproduction et qu'avait aggravée encore la diminution du pouvoir d'achat des classes rurales. Les conséquences en retentirent d'autant plus cruellement sur le pays qu'il était plus industrialisé. L'exportation qui se chiffrait par 1,337 millions en 1883, est tombée à 1,182. Les prix s'avilissent, les salaires diminuent, les fabriques ferment ou restreignent la production et le chômage sévit.
        On comprend sans peine combien une telle situation dut augmenter et aigrir la fermentation qui depuis quelques années
    travaillait sourdement le prolétariat. Il ne semble pas cependant que les pouvoirs publics aient attaché grande importance aux grèves qui éclatèrent dans le Hainaut en février 1885, ou aux manifestations des sans-travail qui parcoururent les rues de Bruxelles et d'Anvers. La constitution du parti ouvrier belge la même année, pour significative qu'elle fût, ne paraît pas avoir alarmé davantage la bourgeoisie absorbée par l'agitation déchaînée autour de la loi scolaire.
        Le 18 mars 1886, un meeting convoqué à Liège sur la place Saint-Lambert, à l'initiative d'un groupe d'anarchistes, pour
    commémorer l'anniversaire de la Commune de Paris, n'avait causé aucune inquiétude aux autorités. C'est à peine si la population y avait pris garde. Mais la réunion n'avait pas tardé à tourner au tapage. Le soir tombant, des bandes envahissaient tout à coup les rues de la ville, brisaient les glaces des magasins, arrachaient les enseignes, éteignaient les réverbères. Le lendemain on apprenait que le travail avait cessé dans la
    banlieue, puis se propageant de proche en proche comme un incendie de prairie, la grève s'étendait le long de la Meuse pour atteindre les bassins industriels du Hainaut. Le 25 mars, un charbonnage de Fleurus donnait le signal. Le mouvement se généralisait aussitôt parmi les houilleurs, se communiquait aux laminoirs, gagnait les verreries. Partout le chômage était imposé de force. Malgré les efforts des piquets de gendarmes, les cours des usines étaient envahies par une foule se surexcitant à mesure qu'elle grossissait, se grisant de bruit, se grisant plus encore de bière et d'alcool, s'enhardissant de ne rencontrer aucune résistance sérieuse et s'abandonnant au vertige du désordre. Comme toujours des vagabonds et des malfaiteurs s'associent au mouvement et en prennent la tête. A Roux, le feu est mis à une verrerie puis au château du propriétaire. La grève tourne en jacquerie. Des troupes de sans-travail parcourent les villages, mendiant la menace à la bouche. Tout le bassin de Charleroi vit dans l'angoisse, et bientôt il n'est plus dans le pays un seul centre industriel, d'Arlon à Ostende, où la classe ouvrière ne frémisse. A Gand, le Vooruit exhorte les soldats à ne pas tirer sur le peuple et traite le roi d'assassin.
        Il fallut presque une campagne militaire pour venir à bout du soulèvement. Pendant quelques jours le Hainaut donna le spectacle de la guerre avec ses communes soumises à l'état de siège, les hôtels de ville occupés par la troupe, les soldats campant dans les cours des usines et sur les carrés des charbonnages, les routes parcourues par des patrouilles de cavalerie. Des fusillades — celles de Roux sont demeurées tristement célèbres — mirent fin à l'émeute par la terreur. Dès le 30 mars, le général van der Smissen en avait raison. Elle retomba sur elle-même, comme une vague contre le rivage. Puis ce fut la répression judiciaire, la condamnation des « meneurs », les perquisitions et les enquêtes en vue de prouver l'organisation d'un complot.
        Mais, on ne trouva ni complot ni mot d'ordre. Quelques anarchistes sans doute avaient attisé les colères, et le Catéchisme du peuple, publié par Alfred Defuisseaux, avait vanté aux ouvriers la république et la révolution. Ce qu'on découvrit, c'était des violences, des efforts sans suite, aucune participation du parti ouvrier dans la révolte, aucune immixtion ni aucun secours de l'étranger. L'émeute avait surgi à l'improviste, simple réflexe d'une colère trop longtemps amassée et d'autant plus violente qu'elle avait été plus spontanée.
        Atterrée tout d'abord, la bourgeoisie s'était vite reprise. Partout la garde-civique et l'armée avaient fait leur devoir. L'ordre social avait victorieusement résisté au furieux assaut. Mais n'en triomphant que par la force, n'avait-il pas dévoilé la faiblesse des principes qu'il avait toujours invoqués pour sa défense ou, pour mieux dire, pour sa justification? Le libéralisme économique ne venait-il pas de recevoir des faits une réfutation tragique ? Était-il encore permis de croire que les travailleurs ne se plaignaient pas, que c'était la situation des propriétaires et des capitalistes qui était devenue moins bonne et que la crise industrielle avait eu pour résultat un rapprochement des conditions? Pourrait-on continuer d'affirmer que c'est une « utopie » que de vouloir protéger l'ouvrier contre la loi de l'offre et de la demande, et que la grande industrie « propage le bien-être au sein des classes les moins favorisées de la société » ? Tant d'inventions admirables, tant de progrès techniques, tant de mesures même prises pour développer chez les travailleurs le sentiment de la dignité, le goût de l'épargne et l'instruction, avaient donc manqué leur but puisque ceux-là mêmes qui en devaient profiter se soulevaient contre la société qui les leur avait donnés. Et la charité chrétienne avec ses patronages, ses « hommes d'oeuvres », ses cercles ouvriers ne s'était pas montrée plus efficace. Le mal était donc trop grand pour que l'initiative individuelle pût en venir à bout. Dire, comme le faisait Eudore Pirmez, que la Belgique s'honorait en restant en tous points fidèle à la liberté, n'était-ce pas, après ce qui venait de se passer, faire preuve d'une incompréhension aussi fatale que l'avait été cent ans plus tôt celle des défenseurs de l'Ancien Régime à la veille de la Révolution ? [...]
    Les régions industrielles des contrées wallonnes, le Borinage et le Hainaut surtout, donnent un spectacle analogue à celui de la propagande calviniste au milieu du XVI° siècle. C'est la même fougue de propagande et ce sont presque les mêmes procédés. Les « meetings noirs » font penser aux prêches des pasteurs le soir au fond d'une cour ou dans quelque bois écarté. Les orateurs y parlent cachés par la nuit à leur auditoire invisible, car le renvoi de son usine atteint quiconque aura participé à l'assemblée. Mais bientôt, à mesure que le mouvement se propage, il s'enhardit. Des grèves politiques éclatent tantôt ici, tantôt là, souvent, en vertu d'un mot d'ordre, dans plusieurs localités en même temps. Des démonstrations s'organisent, des cortèges défilent derrière le drapeau rouge dont, par prudence, les autorités tolèrent l'exhibition. Le 15 août 1887, treize mille mineurs parcourent les rues de Bruxelles réclamant le suffrage universel et l'amnistie. Le 26 septembre Liège, le 13 octobre Charleroi assistent à des démonstrations aussi significatives. Une véritable fièvre s'empare des populations, que les républicains et les anarchistes ne manquent pas de mettre à profit. A Liège, au printemps de 1887, c'est une pétarade continuelle de bombes, de fusées, de capsules de dynamite. Dans le Hainaut, sous l'impulsion d'Alfred Defuisseaux, bourgeois demeuré fidèle aux idées de 1848, se fonde le parti républicain socialiste qui, considérant la république comme la panacée universelle, rompt avec le parti ouvrier et prône la révolution. On parle de recourir à la « grève noire », de marcher en masse sur Bruxelles. En 1889, la police croit enfin avoir découvert les fils d'un « grand complot ». Un procès retentissant est entamé en cour d'assises contre quantité d'agitateurs et, pour augmenter encore la confusion, les libéraux accusent Beernaert d'avoir compromis la dignité du gouvernement dans de louches entrevues avec des agents provocateurs.

    Henri Pirenne, Histoire de Belgique,
    volume 7. De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914, p.303
    source : archive.org


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  •     Comment ce canular a-t-il pu connaître un tel retentissement ? La réponse réside dans le fait que le spiritisme était un parfait enfant de son temps - un enfant excentrique, peut-être, mais au XIXe siècle l'excentricité courait les rues. Si l'on peut douter que Leah Fish [une des soeurs Fox, initiatrice du spiritisme en faisant claquer leur articulation pour simuler des bruits dans la maison familiale] ait voulu créer un mouvement social ou une nouvelle religion, il est fort possible, en revanche, que cette femme perspicace ait senti l'heure propice à un tel courant.
        En 1848, quand les soeurs Fox apprirent à faire craquer leurs orteils, le monde occidental était le théâtre de maints remous. L'Europe voyait ses anciens empires menacés. La révolution industrielle plongeait dans une misère croissante, les classes laborieuses, engendrant la montée du socialisme. L'Amérique était déchirée par la honte de l'esclavage. Même la religion était malmenée, compte tenu notamment de son incapacité à suivre l'évolution de la société. En Angleterre, les réformistes prêchaient que le christianisme, historiquement parlant, s'était au mieux montré indifférent à la souffrance humaine et, au pire, l'avait nourrie. Aux Etats-Unis, la rigide hierrachie cléricale représentait une sorte d'affront pour la démocratie jacksonienne. Le fait d'imposer un dogme  et de placer des intermédiaires entre Dieu et l'homme froissait l'esprit individualiste des Américains, après avoir en son temps scandalisé Martin Luther ; or, l'essentiel de l'action déployée au cours de ce siècle par le renouveau religieux visait à démocratiser l'Eglise. En un sens, le spiritisme prolongeait la réforme.

    Les Mystères de l'inconnu, L'invocation des esprits, p.23


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  • source : www.spaarnestadphoto.nl


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  • De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme, tels Théophile Gautier, Victorien Sardou, Camille Flammarion ou Conan Doyle. Ils étaient convaincus que le spiritisme pouvait apporter la preuve scientifique de la vie après la mort.

    À sa mort, son œuvre fut poursuivie par Léon Denis (1846-1926) ou encore Gabriel Delanne (1857-1926).

    Allan Kardec est l'un des auteurs sociologiques français le plus lu au Brésil avec 30 millions d'ouvrages vendus.

    Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec et même souvent plusieurs comme Sao Paulo qui en compte six, ainsi qu'un collège Allan Kardec.

    Depuis 2006, Allan Kardec a donné son nom à une radio de l'Internet consacrée à sa doctrine.

    Aujourd'hui plusieurs centaines de centres spirites et d'associations à travers le monde portent le nom d'Allan Kardec et perpétuent son enseignement.

    L'Antoinisme est actuellement un petit mouvement religieux qui s'inspire grandement de la philosophie spirite de Kardec.

    source : wikipedia


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  • Le médium était concentré
    L'assistance était convulsée
    La table soudain, a remué
    Et l'esprit frappeur a frappé

    [Refrain]
    C'n'est qu'le p'tit bout d'la queue du chat
    Qui vous électrise
    C'n'est qu'le p'tit bout d'la queue du chat
    Qui a fait c'bruit-là
    Non l'esprit n'est pas encore là
    Unissons nos fluides
    Et recommençons nos ébats
    Que le chat gâcha.

    Puis un souffle étrange a passé
    Une ombre au mur s'est profilée
    L'assistance s'est mise à trembler
    Mais le médium a déclaré :

    [Au refrain]

    Alors en rond on se remit
    Et puis on attendit l'esprit
    Quand une dame poussa un cri
    En disant : "Je l'sens c'est lui !"

    C'n'est qu'le p'tit bout d'la queue du chat
    Qui vous électrise
    C'n'est qu'le p'tit bout d'la queue du chat
    Que pensiez-vous là ?
    L'esprit ne vous aurait pas fait ça
    Vous n'avez pas d'fluide
    Le médium alors se fâcha
    Et chassa le chat

    Une voix dit : "Miaou me voilà"
    Quelle drôle de surprise
    Car l'esprit s'était caché là
    Dans la queue du... dans la queue du... dans la queue du chat.


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  •     L'industrialisation de la belgique, qui s'est fortement développée depuis le début du siècle, à provoqué la création de grands bassins industriels fondés sur le charbon et l'industrie métallurgique, principalement dans les régions de Liège et Charleroi, dans le Centre et le Borinage, tandis que le textile se développe à Verviers et à Gand. Comme capitale, Bruxeles a attiré des industries de transformation et de luxe. Le port d'Anvers a également suscité le développement d'une classe ouvrière.
        Les ouvriers, éloignés de l'Eglise à cause de son alliance avec les classes possédantes, créent des organisations inspirées par les différents types de socialisme et souvent marquées par l'anticléricalisme : coopératives, mutuelles, syndicats, et enfin le Parti ouvrier belge, fondé en 1885. Durement réprimées par l'armée, les grèves de 1886 font enfin prendre conscience au monde catholique de l'ampleur du problème social.
      
    André Tihon - Christianisme et société: approches historiques : recueil d'articles, 2000, p.50
    source : Google Books


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  • source : artbrut.ch

    Augustin Lesage, né le 9 août 1876 à Saint-Pierre-lez-Auchel (Pas-de-Calais), décédé le 21 février 1954, était un peintre français inclassable, rattaché au mouvement spirite, encensé par les surréalistes et finalement intégré à la Collection de l'art brut, dont il est une figure majeure.

    Il aura été mineur comme Louis Antoine, et vit sa jeune soeur et sa mère mourir avant d'entendre des voix lui annoncer "qu'il deviendra peintre". Il sera quelques temps guérisseur avant la Première Guerre mondiale. Puis rencontre le directeur de la Revue spirite, qui deveindra son mécène.


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  • "Laissez vingt ans une paroisse sans prêtre, on y adorera les bêtes" avait-il constaté. Sa piété, ses sermons et son zèle de pasteur ramenèrent peu à peu la ferveur religieuse dans sa paroisse. Homme de prières, il dormait très peu, il se levait tous les matins très tôt pour aller prier dans l'église glacée. Il passait des journées entières à confesser, convaincu que son pari de ramener ses paroissiens vers Dieu pouvait être gagné à condition de faire confiance à la miséricorde divine.

    Le saint curé d'Ars était déjà considéré comme un saint de son vivant tant il était dévoué à l'œuvre de Dieu. Il disposait de grâces étonnantes notamment comme confesseur. Sa charité était par ailleurs sans limite : il mangeait peu, passait des heures entières en adoration du Saint-Sacrement ; il dormait peu, surtout à la fin de sa vie, passant jusqu'à seize heures par jour à confesser ; il redistribuait tout ce qu'on lui donnait et n'hésitait pas à se démunir encore pour subvenir aux besoins de plus pauvre que lui.

    source : wikipedia


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  •     Et c'était bien d'amour qu'il était question ici. C'était l'amour qui avait entraîné le coeur d'Antoine, à la suite de son fils que la mort éloignait, dans les régions au-delà de la frontière effrayante. L'amour lui avait enseigné que son fils n'était plus dans ce corps, dans cette dépouille, ni ravi non plus dans on ne sait quelle immortalité à jamais séparée de notre monde, mais qu'il viviat encore vraiment, lui, l'être apparu dans la maison de Hamborn et baptisé du nom de Louis, l'enfant qui, par un soir d'été, en revenant de Mons, s'était plaint de ses souliers neufs. Il viviat encore, parce que rien de ce qui a réçu la vie de l'âme et a été aimé comme tel ne peut mourir. Et vivant, il continuait à aimer ses parents terrestes, il sentait qu'on l'aimait, qu'on ne l'oubliait pas, il éprouvait la tiédeur d'une pensée fidèle ainsi que de mains qui vous touchent les joues et les épaules.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p.220

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  •  source : Base Joconde

       - Surtout, ne pensez pas tant, cher monsieur Antoine. Cela ne fait pas de bien, croyez-moi. Pratiquez, et vivez en paix.
       - Méfiez-vous, mon ami. Il est très dangereux de penser, quand on n'a pas assez d'instruction, pour le faire. laissez penser pour vous ceux qui savent, et n'oubliez pas que Dieu punit les orgueilleux.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p142-43 & p.143-44


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