•     Et c'était bien d'amour qu'il était question ici. C'était l'amour qui avait entraîné le coeur d'Antoine, à la suite de son fils que la mort éloignait, dans les régions au-delà de la frontière effrayante. L'amour lui avait enseigné que son fils n'était plus dans ce corps, dans cette dépouille, ni ravi non plus dans on ne sait quelle immortalité à jamais séparée de notre monde, mais qu'il viviat encore vraiment, lui, l'être apparu dans la maison de Hamborn et baptisé du nom de Louis, l'enfant qui, par un soir d'été, en revenant de Mons, s'était plaint de ses souliers neufs. Il viviat encore, parce que rien de ce qui a réçu la vie de l'âme et a été aimé comme tel ne peut mourir. Et vivant, il continuait à aimer ses parents terrestes, il sentait qu'on l'aimait, qu'on ne l'oubliait pas, il éprouvait la tiédeur d'une pensée fidèle ainsi que de mains qui vous touchent les joues et les épaules.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p.220

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  •  source : Base Joconde

       - Surtout, ne pensez pas tant, cher monsieur Antoine. Cela ne fait pas de bien, croyez-moi. Pratiquez, et vivez en paix.
       - Méfiez-vous, mon ami. Il est très dangereux de penser, quand on n'a pas assez d'instruction, pour le faire. laissez penser pour vous ceux qui savent, et n'oubliez pas que Dieu punit les orgueilleux.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p142-43 & p.143-44


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  • Dans la Revue spirite de novembre 1882, on peut lire :

    Coup d'oeil sur le spiritisme en Belgique
    A propos de l'Assemblée du 24 septembre.

    ---
    Pour la première fois, nous avons eu une assemblée générale des Spirites belges. C'est avec une satisfaction unanimement partagée que nous avons constaté le nombre imposant d'adeptes des deux sexes qui s'étaient donné rendez-vous en cette occasion. Les organisateurs n'avaient pas compté sur 300 adhésions... et nous nous sommes rencontrés au nombre de 1000 !
        Quand, nous reportant seulement trois ans en arrière, nous nous rappelons, que nous ne pûmes, à cette époque, réunir seulement 50 Spirites à Bruxelles, nous avons bien sujet d'être fiers du progrès de nos idées et du courage de ceux qui sont venus affirmer leur croyance, quasi publiquement, au sein de notre capitale railleuse !
        C'est la région de Charleroi qui a fourni le plus fort contingent dans cette grande réunion de famille.
        Dans ce pays industriel par excellence, où nos frères et nos soeurs n'ont, pour la plupart, d'autre moyen d'existence que les périlleux et ingrats travaux des mines, notre doctrine se propage à pas de géant. On dirait que la nature même de leurs occupations porte ces braves travailleurs à méditer sur les vérités supérieures que dédaignent le bourgeois insouciant ou ignorant, le rentier égoïste et le commerçant affairé. [...]
        Le pays de Liège était aussi largement représenté à l'Assemblée, grâce à l'influence et à l'activité croissante de l'importante Société l'Union spiritualiste, et du groupe la Paix, qui on pour organes le Phare et le Messager ; des groupes, pour la plupart, affiliés à la Fédération verviétoise, se sont organisés à Poulseur, Verviers, Hersthal, Seraing, etc, etc. Ces groupes sont des centre en rapports constants avec de plus petites réunions de familles, ou avec des Spirites isolés qui, pour différents motifs, ne peuvent s'affilier.
        Les Spirites du Brabant wallon étaient représentés par les groupes de Mont-St-Guibert, Baisy-Thy, Houtain-le-Val, Céroux, et Court-St-Etienne. [...]
        Sauf les deux groupes principaux d'Ostende, - dont le De Rots est l'organe, - le pays flamand n'a pas de groupes connus. Cependant, à Anvers, à Gand et à Bruges, nous possédons des frères en croyances éclairés et pleins de dévouement. Mais le cléricalisme est encore si puissant dans toute ces région qu'ils n'ont pu arriver, jusqu'ici, à réunir les Spirites isolés qu'on rencontre un peu partout. [...]
        En résumé, le Spiritisme s'est considérablement développé dans nos campagnes wallonnes depuis quelques années. Cet heureux résultat est dû surtout aux efforts intelligents de nos chers et regrettés amis MM. Mouls et Dupuis. D'autres non moins zélés, sinon aussi capables, ont repris courageusement l'oeuvre de la propagande. Puisse leur persévérance être bientôt couronnée de succès !
              Alfred Crigniez.
         Mont-St-Guibert, le 15 octobre 1882

    source : spiritisme.net
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        Dans la même année, Pierre-Gaëtan Leymarie, fera une conférence à Seraing.
        Après la après la mort du fondateur du spiritisme, il fut nommé administrateur de la Société Spirite et devint le rédacteur en chef et le directeur de la « Revue Spirite ». En 1878, il organisa la « Société scientifique d'études psychologiques ». C'est lui qui diffuse les traductions des œuvres d'Allan Kardec à travers le monde.

        En 1893-95, se créa l'Union Spirite des Vignerons du Seigneur, autour de Louis Antoine, M. Gony et M. Debroux. après une première tentative infructueuse en 1884-86.


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  •     A lire et découvrir ses livres de spirites, on pourrait penser que Louis Antoine n'ai rien inventé, ou pire, qu'il aurait tout plagiait. On le voit, autant les livres d'Allan Kardec que ceux de Léon Denis ont simplement servi à Antoine pour construire lui-même sa vision du monde, aidé aussi en cela par ses expériences d'autres peuples aux autres religions, lors de ses voyages en tant qu'ouvrier métallurgique. Mais en y ajoutant quelque chose d'important : la Foi et la part de Dieu en l'homme.

        N'oublions pas que le spiritisme était à l'époque quelque chose de réserver à une population aisée, Louis Antoine l'a ramener à la hauteur des gens simples qu'il voulait aider, en impliquant la douleur pour les atteindre. De plus, la référence au christianisme disparait à la fois pour libérer la population de l'emprise de l'Eglise, et pour effacer les différence faite par la religion.

       Il y a quelque chose de complémentaire dans les deux approches : il est de notoriété que beaucoup d'antoinistes sont aussi spirites. Dans l'antoinisme, il y a une sphère spirituelle en plus. Rappelons-nous qu'au début, le mouvement s'appelait le Nouveau Spiritualisme. D'une doctrine, il a fait une philosophie, ces adpetes et Mère en ont fait une religion, en demandant par exemple s'ils pouvaient porter une lévite comme la sienne et en réfléchissant à l'avenir de son Enseignement.


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  •     Soudain il dut s'arrêter et se plia en deux, les traits crispés. De nouveau, cette douleur à l'estomac... Depuis des années il le connaissait, ce mal. Peu à peu la souffrance avait terni son teint, fait grisonner ses cheveux avant l'âge. A quarante-deux ans un homme devrait être dans son plus fort, surtout si, comme Antoine, il a eu la chance de pouvoir se soustraire aux durs travaux. Mais on a bien raison de le dire : la fortune n'est rien sans la santé. [...]
        Oh ! Ce n'était pas la première fois qu'il était pris de la sorte. L'autre jour encore, en traversant la cour des Tôleries Liégeoises, sa sacoche d'encaisseur au côté, il avait entendu en lui, comme si quelqu'un lui avait parlé à voix haute : "Ainsi, c'est fini, Antoine ?" Et sa vie à venir lui avait paru monotone et usée comme les pavés de la cour.
        Il allait à la poste toucher des mandats pour monsieur De Lexhy, et tandis qu'il marchait dans la rue, la sacoche au flanc, il lui semblait tout le temps qu'il y aurait eu autre chose à faire, qu'il perdait son temps. La sacoche, qui pendait tout d'un seul côté, lui paraissait si lourde, si encombrante. [...]
        Depuis sont retour de Russie, il ne pouvait plus rien supporter. Même un jour il avait battu quelqu'un, il avait dû s'expliquer devant le juge. Tout cela provenait sans doute de son état de santé. C'est ce que les gens ne comprennent pas. Un homme, sans être méchant, peut se conduire méchamment, par pure impatience, parce qu'il souffre. Pour être justes, c'est la cause que nous devrions voir, et non pas l'effet.
    [...]
        Le samedi soir, Gony lui raconta des choses qu'il avait lues à propos d'Allan Kardec, cet homme savant qu'il avait écrit le Livre sous la dictée des esprits eux-mêmes. [...]
        Soudain un doute le traversa. Ces spirites, chez qui il se disposait à aller l'après-midi même, étaient-ce des gens vraiment sérieux ? Il n'aurait pas voulu perdre son temps pour des farceurs.
        Il rentra, exprès pour en parler à Catherine.
        - Qu'allez-vous penser là ? répondit-elle. Votre ami Gony n'est pas un farceur, n'est-ce pas ?
        Elle ajouta :
        - Vous n'êtes pas bien depuis quelque temps, Antoine. Il faut tout essayer, il faut aller partout.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p.129-130 & p.148-149


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