•     La Révolution industrielle a placé à nouveau la Wallonie dans une position de supériorité relative vis-à-vis de ses voisins, hormis l'Angleterre. Très vite, la région est devenue un centre de diffusion des nouvelles techniques de production et de gestion à travers l'Europe continentale, et au premier chef dans les pays limitrophes. Cockerill, à son habitude, a fait oeuvre de pionnier et déployé une activité débordante qui s'est traduite par la création d'une multitude d'entreprises de Paris à Varsovie en passant par Berlin. La plupart n'ont eu qu'une vie éphémère.

        A sa suite, de nombreux ouvriers spécialisés et entrepreneurs wallons, surtout liégeois, ont contribué à diffuser la Révolution industrielle en Allemagne. En 1831-33, Jacques Piedboeuf, originaire de Jupille près de Liège, fonde la première fabrique de chaudières d'Allemagne à Aix-la-Chapelle. Pour s'approvisionner en tôles, il y joint un premier laminoir en 1845, puis un second à Dusseldorf en 1857. En 1841, les usines de puddlage et laminoirs Michiels et Cie sont bâties à Eschweiler pour fournir  les rails nécessaires à la ligne Cologne-Aix à partir d'une fonte importée de Seraing. Piedboeuf comme Michiels vont développer considérablement leurs activités et seront parmi les créateurs de grandes entreprises qui ont occupé une place marquante dan la métallurgie allemande juqu'au XXe siècle.

        Parallèlement, les ressources minérales de la Ruhr suscitent de grandes convoitises. En 1849 à Dusseldorf, la SA belgo-rhénane des Charbonnages de la Ruhr est formée sous l'impulsion de l'ingénieur des mines montois Joseph Chaudron. Entre la fin des années 1840 et 1855, Charles Detilleux acquiert des concessions près de Gelsenkirchen. En 1853, un consortium mené par le recteur de l'Université de Liège, Jean-Louis Trasenter, obtient la concession de gisement près de Duisbourg. La SA belge des Charbonnages de Herne-Bochum réunit des actionnaires belges et français à la fin des années 1850. Etc... partout dans le bassin de la Ruhr, les techniques d'étançonnages et d'extraction wallonnes se diffusent.

    Wallonie, Atouts et référence d'une Région,
    Les Wallons hors de la Wallonie,
    par Michel Oris et Jean-François Potelle
    II. De la révolution au déclin industriel, p.421
    Région wallonne et Ed. Labor, 1995


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  •     L'aspect social de la Belgique a subi de profondes modifications au cours des cent dernières années. Le développement inouï de l'industrie, la prolétarisation concomitante des masses agricoles, la disparition progressive de certaines classes d'artisans et de travailleurs à domicile ont changé la répartition professionnelle d'une partie importante de la population. Les transformations, lentes d'abord, plus rapides ensuite des conditions de vie de la classe ouvrière et agricole accusent de traits nouveaux la physionomie sociale de notre pays.
        Au début de XIXe siècle, la classe ouvrière était surtout agricole et particulièrement miseérable. Ducpétiaux, le statisticien et économiste réputé, dans ses enquêtes sur la situation des classe sociales vers le milieu du siècle dernier, constate qu'alors que, pour 100 hectares de terre mise en culture, on ne compte en Angleterre que 25 cultivateurs, y compris les femmes et les enfants, et 36 en France, il y en a 65 dans le Flandre Orientale ; dans la Flandre Occidentale cette proportion est encore dépassée. Ailleurs, il considère que "loin d'être à même de recevoir un surcroît de population, les communes rurales devraient, au contraire, pouvoir déverser ailleurs une partie de leurs habitants". Le même auteur ajoute que "si cette population se multiplie, sa dégénérescence se révèle à tous les yeux clairvoyants et que l'on essayerait vainement de nier qu'il faut l'attribuer à l'insuffisance de l'alimentation, conséquence de la disproportion des ressources de la classe ouvrière et de ses besoins les plus indispensables".
        Les besoins croissants en main-d'oeuvre de l'industrie attirèrent d'ailleurs vers les villes les populations campagnardes. L'industrie à domicile, très répandue dans les villages, périclitait très fort en raison de la concurrence que lui faisait la grande industrie. Les enfants et les femmes se présentèrent dans les usines au même titre que les hommes. Les conditions de travail y étaient cependant loin d'être brillantes. Elles n'étaient même pas humaines. "Si l'on interroge les relevés du recensement de 1846, - dit Dupectiaux, - on voit que près d'un tiers des ouvriers du pays étaient, à cette époque, inscrits sur les registres des bureau de bienfaisance."
        Dix ans plus tard, la situation avait encore empiré ; le même auteur signale qu'il y aurait sur 5 ouvriers plus de 2 individus inscrits sur les listes des bureaux de bienfaisance. Ce n'est pas lentement, très lentement d'abord, que les conditions de vie s'améliorent, pour progresser ensuite à une rythme plus rapide, qui ira en s'accélérant. L'allure de ce mouvement est corrélatif à la prise de conscience de la force que trouve la classe ouvrière dans une organisation qui, inexistante au début, va aller en se développant.

    Encyclopédie Belge, Notre vie sociale, p.256


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  • Après sa réouverture en janvier 2008, le Haut-Fourneau n°6 de Seraing ferme au bout de même pas un an d'une nouvelle activité qui semblait plein de promesse.

    Des images du métallurgiste Pierre Machiroux sur http://haut-fourneau06.skyrock.com/ et le film sur http://www.far.be/hf6/

    Les articles du Vif.be :

    http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-9550/seraing-va-redemarrer-le-haut-fourneau-6-.html
    http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-24504/fermeture-du-haut-fourneau-6-chez-arcelormittal-.html

     


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  • Belles photographies de Jim Sumkay, photographe belge qui posa son objectif avec tendresse sur la commune d'origine de Louis Antoine : un aperçu de Jemeppe-sur-Meuse maintenant.

    www.museepla.ulg.ac.be


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