• L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 17 septembre 1912 - Le Progrès de l'Antoinisme (Aix-les-Bains-Chambéry)

        "Excelsior" vient de découvrir à Biollay, entre Aix-les-Bains et Chambéry, un nid d'"antoinistes". Autour d'une grange, qui leur sert de temple, les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé :
        "Par qui Ernest Blanc-Talon fut-il investi de ses fonctions spirituelles ? Personne ne le sait, pas même lui ! Ce brave homme originaire des Bauges, s'est un jour senti illuminé par la foi : il a cru, il croit et il s'efforce de faire croire.
        "Ce n'est pas que sa position sociale le poussait à de hautes destinées, car Ernest Blanc-Talon profite des loisirs que lui laisse la culture de son lopin de terre pour trotter et curer les parquets.
        - Comment je suis devenu un adepte du Père ? me confia le grand prêtre. Mais c'est parce qu'il a guéri ma vieille mère, que tous les médecins avaient abandonnée, déclarant que le cancer qui lui rongeait la face était incurable.
        "Désespéré, j'avais employé vainement toutes les drogues et tous les dépuratifs, lorsque, il y a deux ans, sur les conseils d'une voisine qui était en relation avec une adepte antoiniste, j'écrivis au Père, à Jemeppes, pour implorer sa protection. Et miracle, lorsque je revins chez moi, après avoir été mettre ma lettre à la poste, l'intervention du Père s'était déjà manifestée, car ma mère ne souffrait plus de ses démangeaisons intolérables. Depuis, nous sommes allés à Jemeppes, où nous avons été reçus par la Mère : la guérison n'est pas complète, mais le mal ne ronge plus le visage de ma mère, qui, dès lors qu'elle souffre un peu n'a qu'à penser au Père pour être soulagée ! Moi-même, je souffrais de maux d'oreilles provoqués par une grande peur que m'avait fait un gros rat : je n'avais pas franchi le seuil du temple de Jemeppes que je me sentais guéri !
        "De retour à Biollay, j'étais tout transformé, j'avais la foi, je ne songeai qu'à la faire partager à tous ceux qu'il me serait possible de convertir.
        "Seulement, comme la grange de Marlioz était trop peu pratique, je fis parqueter un local qui étai libre chez moi ; j'y fis disposer des bans et des chaises. C'est là que tous les dimanches à 3 heures, une trentaine de prosélytes ayant sous les yeux "l'arbre de la Science de la Vue du Mal" viennent écouter la lecture que je leur fais."
        Et le grand prêtre lève ses yeux inspirés vers un tableau noir où se lisent ces mots : "l'auréole de la conscience". Tandis que deux enfants s'accrochent en criant aux plis de sa longue lévite noire.
        Pour avoir été longtemps réfractaire à la foi, la femme du grand-prêtre n'en est que plus croyante. Et à peine eut-elle été soulagée "d'un mal de gosier" que, usant de la transmission de la pensée, Mme Marie Blanc-Talon se mit à opérer des guérisons miraculeuses.
        Bien qu'en imposant ses mains et en invoquant le Père Antoine, elle arraché à la mort, prétend-elle, la fillette d'un fermier de Marlioz qu'un méningite allait emporter. N'est-ce pas ainsi que précédèrent, à Paris, les époux Leclercq, qui laissèrent mourir leur enfants de soins !
        Notre confrère fait l'exposé de la propagande acharnée qui donne à ce culte nouveau des adeptes dans toutes les parties du monde.
        "La Savoie et l'Isère seules comptent trois groupes d'adeptes, l'un à Grenoble, le second à Touvet (Isère) et le troisième, - celui que j'ai visité, - à Biollay.
        Il conclut :
        "Et dire que ces mêmes paysans qui écoutent bénévolement la lecture de "principes en prose" auxquels ils ne comprennent rien, regimbent dès qu'on leur parle d'hygiène.

    source : L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 17 septembre 1912 - Le Progrès de l'Antoinisme


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