• Cultes nouveaux (Paris-midi, 26 août 1930)

     

    Cultes nouveaux

     

        Léon Bailby (Intransigeant) dénonce une maladie qui fait des ravages parmi I nos contemporains :

     

        On se sent un peu inquiet pour l'équilibre mental de nos contemporains. Partout on voit se fonder de petites chapelles, de petites religions. Parfois, elles ne réunissent qu'une quinzaine de fidèles : parfois, il s'en compte des dizaines de milliers ; je peux même écrire pour deux ou trois (comme le culte du Père Antoine), des centaines de milliers.
        L'Amérique est la terre bénie des « prophètes » ; sans doute parce que la vie y est plus standardisée, plus matérialisée encore qu'ailleurs. Alors, il y a dans les hommes « quelque chose » qui cherche à réagir, qui se débat et qui, dans l'ignorance, se jette sur le premier apôtre qui passe. C'est en Amérique. Oui. Mais, je le répète, chez nous, on pourrait citer cent groupes ou églises analogues, et qui trouvent autant de foi.

     

    Paris-midi, 26 août 1930

     


    votre commentaire
  • Les Succès de l'Antoinisme (La Vie Mystérieuse, n°117, 10 nov. 1913)

     

    L’Inauguration du Temple Antoiniste
    du XIIIe Arrondissement

     

    Par LE PROFESSEUR EU HAKIM

     

        Prié par l’Administration de la Vie Mystérieuse de remplacer son secrétaire général, mon ami F. Girod, à l’inauguration du Temple Antoiniste, je me rendis donc, le dimanche 26 octobre, muni d’un appareil photographique dans le XIIIe arrondissement où, à l’intersection des rues Vergniaud, Wurtz, Barreaut et Daviel, s’élève sur un large emplacement, le nouveau Temple d’Antoine le Généreux.
        Dès 8 heures du matin, l’affluence est considérable et met en rumeur la population du quartier, population gouailleuse, incrédule, moins qu’inconsciente, qui sourit et blague les adeptes (hommes et femmes) du nouveau culte, avec leurs costumes sévères de puritains. Vêtus de drap noir, les hommes portent la longue lévite à revers et à taille, à petits boutons, et le chapeau haut de forme à bords plats avec la calotte en tromblon, fort en faveur sous Louis-Philippe ; les femmes portent la robe à plastron, avec le derrière de la jupe formée de 3 gros plis plats et le bonnet avec voile et ruche de crêpe. Tout cet ensemble d’austérité dans la mise et le maintien leur donne un air de confrérie qui déplaît à cette population de faubourg, qui, demain, recevra néanmoins les dons des sœurs de la Charité. Les Antoinistes sont nombreux, d’aucun viennent de très loin, de Bruxelles, de Jemeppes, de Lille, de Bretagne, de Toul, de Vichy ; les groupes de Paris sont tous représentés. Mais, d’instant en instant, les tramways et les taxis amènent des éléments nouveaux et je reconnais parmi les assistants, des personnalités de l’occultisme, plusieurs membres de S. I. R. P., et je suis moi-même reconnu par plusieurs Sœurs de l’Antoinisme. J’en profite aussitôt pour solliciter l’honneur d'être présenté à la Mère, afin d’obtenir la permission de photographier « l’opération », mais malgré tout l’accueil sympathique et bienveillant qui fut fait à l’envoyé spécial de la V.M., la consigne est formelle, personne ne peut photographier l’intérieur du Temple, je me hâte de prendre un cliché de l’extérieur de l’édifice, et me mêle à la foule qui se presse à l’entrée du Temple pour la première opération. On s’arrache les numéros de la V. M. reproduisant le Temple de Jemeppes, qu’un distributeur donne à la porte ; pour contenter ceux qui n’ont pu s’en procurer, je prends des adresses, et promets l’envoi de ces numéros.
         Un taxi s’arrête non loin de moi, et j’en vois descendre un homme taillé en hercule, portant dans ses bras une femme d’une trentaine d’années, à la figure émaciée par la douleur, on fait place, et elle est bientôt dans l’intérieur du Temple, au premier rang. Je la suis et pendant que l’on attend la Mère je jette un coup d'œil autour de moi. Le Temple est une petite église toute neuve, comme on voit dans les campagnes, sans style, avec sa nef et ses bas côtés, au-dessus desquels courre une galerie, le chœur éclairé par un tryptique en vitrail blanc, et les côtés par quatre fenêtres doubles, vitrées de vert tendre qui répandent une lumière douce et quasi paradisiaque. Ce n’est plus l’irisée des cathédrales gothiques, avec les passions positives et négatives symbolisées par les couleurs rouges et bleues des vitraux d’art, et qui doivent s’harmoniser avec le flamboiement des cierges et les ors du chœur. Non, c’est ici la réalisation, la chose accomplie, la foie réelle, le vert résultant de l’idéalisme, bleu, et de la raison, jaune. C’est bien la lumière astrale dont semblent pénétrés tous ces fidèles et tous ces adeptes. A la place du chœur, une modeste tribune surmontée d’une autre, où tout à l’heure, montera la Mère.
        Au fond peint sur le mur, la parole du Père (voir le croquis.)

    Les Succès de l'Antoinisme (La Vie Mystérieuse, n°117, 10 nov. 1913)

        De chaque côté de la tribune un frère Antoiniste celui de droite tient en guise de croix l’arbre de la vue du Mal. Celui de gauche ganté de blanc est charge d’annoncer les offices à l’aide d’une simple clochette. Cette dernière retentit 3 fois, et la porte de gauche s’ouvre pour laisser passage à la Mère, suivie de son disciple. Ce dernier prend place dans la tribune du bas, la Mère monte à la tribune supérieure, après quelques secondes de recueillement, elle élève les mains, fait une invocation muette, puis étendant la main droite sur la foule des fidèles, elle va lentement de gauche à droite dans un geste solennel de bénédiction. Au milieu du calme impressionnant, un mouvement se fait, on se penche, on s’approche, c’est la malade que l'on portait, qui vient de se mettre sur ses pieds, et qui marche seule et remue les bras pour montrer qu’elle est guérie, on veut l’entourer, mais les frères font écouler lentement la foule par la porte du fond pour laisser la place à celle qui attend son tour à l’entrée.
        Je m’approche et demande des renseignements, une sœur me dit : « C’est une personne qui était paralysée depuis 9 ans... » « Pardon sœur, dit un frère derrière moi, n’exagérons pas, cette personne n’était pas paralysée, elle était atteinte d’une affection nerveuse », j’admire la bonne foi de cet adepte et ne puis m’empêcher d’établir mentalement, un rapprochement avec un prétendu miracle dont j’avais été témoin l’an passé à Lourdes. Je prie ce frère de vouloir bien me donner quelques précisions sur cette malade, très aimablement il me dit : « C’est une personne de Vichy, Mme Thevenoux, âgée de 30 ans environ, qui, depuis 9 ans est en proie à des attaques qui lui durent des heures et la laissent raide et inanimée, et à la suite desquelles elle ne peut mouvoir ni bras ni jambes ; elle a tout essayé, et vous voyez, la foi vient de la guérir. Je remerciai, et suivant le flot, j’arrivai derrière l’Eglise où, dans une grande baraque Collet, se tiennent la Mère et son disciple, et attendant la nouvelle opération car l'affluence était telle que la Mère dut consentir 4 opérations, ce qui, en évaluant à 500 le nombre d’assistants que peut contenir le Temple, porte à 2.000 ceux qui ont consacré par leur présence, le Temple d’Antoine le Guérisseur.
        Maintenant plus de titis gouailleurs dans la foule, on cause entre gens comme il faut, on discute le pour et le contre, dame tout le monde n’est pas converti, mais l’on s’accorde à trouver que cette nouvelle doctrine est belle par sa simplicité même, et que la loi d’amour qu’elle préconise est préférable au manifeste des évêques qui justement aujourd’hui, quêtent et prêchent dans nos églises, pour ameuter les croyants contre les non croyants. J’entends une autre réflexion qui vaut la peine qu’on la relate : « Au moins la Mère ne dit pas de mal, puisqu'elle ne parle pas. C’est pas comme notre curé, il a reproché en chaire à une femme le prix trop élevé de son chapeau, disant qu’elle aurait mieux fait de donner cet argent à la quête.
        Mais je tiens à donner aux lecteurs de la V.M. une idée visuelle de l’intérieur du Temple, et me glissant à nouveau dans l’assistance, je grimpe à la galerie supérieure et, (j’en demande humblement pardon aux frères et sœurs de l’Antoinisme) pendant la cérémonie je croquai en hâte ce que je pus de l’intérieur de l’édifice. Les lecteurs voudront bien excuser ce griffonnage qui a la prétention d’être un croquis, mais ce que je leur conseille, c’est de ne pas s’en rapporter à mon dire, et d’aller se rendre compte par eux-mêmes du solennel de cette simplicité, du calme bienfaisant que répand cette bonté, et ils comprendront, eux, qui ne sont pas étrangers au monde des fluides, qu’une ambiance créée par une communion de pensées sincères d’amour et de loyauté peut très bien, sur certains organismes, produire des réactions favorables car il n’y a pas eu que cette guérison ; un habitant du quartier m’a dit : « Moi je n’y crois pas à leur Antoine, mais il y a tout de même quelque chose, tenez, je connais une vieille marchande de lacets qui marche habituellement avec des béquilles, et bien, tout à l’heure après la messe (sic), elle est sortie avec ses béquilles sous son bras », encore un Antoiniste futur. On m’a cité aussi, le cas d’une enfant de 9 ans qui a été guérie d’une boiterie datant de 4 ans, mais je ne l’ai pas vue.
        En résumé, bonne manifestation pour le spiritualisme et la thaumarturgie, qu’importe aux malades la source du remède pourvu qu’ils guérissent, et de plus l’Antoinisme nous rappelle sous une autre forme, la parole du Maître « Aimez-vous les uns les autres » ; à ce titre seul, il a droit à nos sympathies. Tous nos vœux pour son succès.

     

                                                                    El Hakim.

     

    La Vie Mystérieuse, n°117, nov. 10, 1913

     


    votre commentaire
  • Antoine le Guérisseur (La Croix, 30 janvier 1921)

     

    FEUILLETON DU 30 JANVIER 1921

     

    Revue des revues

     

    Antoine « le Guérisseur »

     

        Sous le titre : « Un prophète contemporain », les Etudes du 20 janvier publient un article de M. Lucien Roure sur Antoine le guérisseur et sa secte. Antoine et les antoinistes ne méritent pas qu'on s'occupe d'eux ; mais il est utile de les signaler aux lecteurs catholiques pour les mettre en garde contre l'erreur.
        L'étude de M. Lucien Roure démontre abondamment qu'Antoine le guérisseur ne diffère pas des spirites, occultistes, théosophes, scientistes qui s'efforcent de mille manières à doter l'humanité d'une religion commode.
        L'antoinisme en particulier se signale par l'incohérence doctrinale la plus fantastique, ce qui n'empêche pas la secte de compter 18000 adeptes en Belgique et une vingtaine de temples en divers lieux.
        Nous citons le passage de l'article relatif à la vie d'Antoine le guérisseur.

     

        Le fondateur de la religion nouvelle, Louis Antoine, naquit à Flémalle-Grande, à quelques kilomètres de Liége. Depuis, le territoire de la maison paternelle a été rattaché à la commune de Mons-Crotteux. Les parents, gens pauvres et simples, eurent onze enfants. Le père était mineur. A douze ans, Louis Antoine commença à descendre dans la mine. Il se lassa vite de ce métier et se fit ouvrier métallurgiste. A vingt-quatre ans, il quitte la Belgique, travaille en Allemagne, puis près de Varsovie. Dans l'intervalle, il revient au pays épouser Jeanne-Catherine Collon. Un fils leur naquit en Prusse. En 1879, on le voit s'établir définitivement à Jemeppe-sur-Meuse. Louis Antoine rapportait un petit pécule. Il s'occupa d'assurances, puis devint concierge aux « Tôleries liégeoises ».
        En ce temps, une famille de Jemeppe s'adonnait au spiritisme. Dès la première séance, Louis Antoine est conquis. Vite, il constate qu'il a en lui l'étoffe d'un spirite. Il organise des réunions. Le public accourt. Sa femme et son fils le secondent avec ferveur. Tantôt assure-t-on, l'esprit du curé d'Ars, tantôt l'esprit du docteur Demeure se font les guides d'Antoine. En 1893, mourait son fils unique qui s'était toujours montré maladif et bizarre, et dont les parents s'étaient peu occupés. Il leur fit savoir après sa désincarnation qu'il était devenu pharmacien à Paris.
        Cependant Antoine commençait à donner des consultations médicales, mêlées de recommandations morales. L'esprit du docteur Carita se chargea d'abord de dicter les ordonnances. La vogue plus grande et la Société des « Vignerons du Seigneur (pourquoi les Vignerons dans un pays qui ne se distingue guère par la culture de la vigne ?) fut fondée.
        L'autorité personnelle d'Antoine s'accrut si. bien qu'il estima pouvoir se passer des esprits et s'établir lui-même guérisseur. Le remède préconisé contre toutes les maladies était une certaine liqueur Coune. Antoine fut poursuivi pour exercice illégal de la médecine, condamné, mais n'en devint que plus populaire. Il eut recours alors à l'eau magnétisée, puis au papier magnétisé qu'on trempait dans l'eau et qui lui communiquait les plus merveilleuses vertus thérapeutiques, puis aux passes, soit en particulier, soit en public. Finalement, il abandonna tous ces procédés, et demanda à la seule foi des malades le secret de toute guérison. Il se laissa proclamer Antoine le Guérisseur.
        Atteint lui-même d'une maladie d'estomac chronique, dont toute sa foi ne pouvait le guérir, il suivait un régime strictement végétarien. Il ne prenait ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait, rien qui provint d'un animal. Il a seulement confessé, avec humilité, en publie, que sa femme l'avait obligé quelquefois à manger de la viande quand elle le trouvait trop affaibli. Sa femme, d'ailleurs, est la Mère comme lui le Père. Elle partage l'autorité et le prestige de son auguste époux.
        Cependant la santé d'Antoine déclinait. Il avait déjà plusieurs fois annoncé sa désincarnation prochaine : on sentait qu'elle ne saurait beaucoup tarder. Est-ce à cette période de sa vie qu'il faut placer son changement de titre ? Au nom d'Antoine le Guérisseur, se substitue le nom d'Antoine le Généreux. Peut-être voulait-on éviter de laisser croire que l'antoinisme était tout entier dans le don de guérir et que ce don allait disparaitre avec Louis Antoine ? Au surplus, à partir de 1906, l'enseignement moral remporte de plus en plus. Antoine prend toujours davantage conscience de sa mission de révélateur. Le prophète mourait à Jemeppe, le 25 juin 1912 : il était âgé de 66 ans.
        La Mère a succédé au Père avec toutes ses prérogatives. En 1913, elle inaugurait le temple de Monaco au milieu d'une foule qui l'acclamait comme une puissance surhumaine. Elle est aidée par un certain nombre de propagandistes, hommes et femmes, qui président les assemblées et sont porter au dehors la bonne nouvelle.

     

    La Croix, 30 janvier 1921

     


    votre commentaire
  •  

    Het Protestantisme in België (De Tijd, 6 Juli 1923)GEMENGDE BERICHTEN.

    Het Protestantisme in België.


        Onze Belgische correspondent schrijft d.d. 4 Juli:
        Zooals de lezers van „De Tijd” uit het hoofdartikel van 3 Juli vernamen, werd te Brussel plechtig de nagedachtenis gehuldigd van de twee Antwerpsche Augustijnermonniken, Hendrik Voes en Jan van Essen, die den 1sten Juli 1523 werden verbrand, wegens ketterij. Natuurlijk galmden daar de gewone dityramben ter eer van de vrijheid van gedachte, van godsdienst... een woord dat steeds zoo scheurend-valsch klinkt in den mond van Belgische liberalen. Wat de heeren Max, burgemeester van Brussel, Devèze, minister van oorlog, Lafontaine, de sociaal-democratische vice-president van den Senaat op dit feest kwamen verrichten, lijkt ons een raadsel. Moet men er een poging in zien, om weer door middel van propaganda voor het Protestantisme het Katholicisme te bestrijden; om Liberalisme met Protestantisme te versmelten?
        Dit zou volkomen strijden met den wezenlijken aard van het Belgisch liberalisme en het
    Belgische socialisme, die uitteraard godsdienstloos zijn: ja inderdaad godsdienst-bestrijders.
        Zal het zangen van liederen als „que Dieu se montre”, of „Dank en aanbidding zij onzen God” bij Minister Devèze de herinnering niet wakker geroepen hebben aan lang vervlogen dagen, toen hij, als naief congreganist in de Collegekapel vroom te bidden zat ter eere van Maria?
        Belangrijker dan de redevoeringen en de plechtigheid te Brussel is het artikel „Deux Martyrs” aan de twee slachtoffers der Inquisitie gewijd en verschenen in „Le Soir” van 26 Juni l.l.
        Dit artikel is in zulk blad zoo weinig op zijne plaats als een portret van Calvijn in een kennistent of de Pensees van Pascal in een keukenhoek. «Mr. Hijmans verhaalt hoe in de jaren 1873–1876 Emile de Laveleye, de welbekende schrijver over politiek, en het Gentsche liberale blad „la Flandre Liberale”, dat toen pas ontstaan was, het liberalisme naar het protestantisme wilden richten. Hun pogingen sloegen niet in bij de massa. Enkele liberalen, bewonderaars van de Geuzen der zestiende eeuw, waren „godsdienstig protestant”, sommigen wel door Nederlandschgezindheid beïnvloed.
        Paul Frederiq b.v. was kerkmeester van de Protestanten. Hij vooral heeft er zijne levenstaak van gemaakt, de Inquisitie te bestudeeren, hare slachtoffers te verheerlijken. Tot dat soort behoort ook de historicus Leonard Willems, de bekende Vlaamschgezinde.
        Het getal Protestanten is in België onbeduidend. Zij behooren tot de Evangelisch Protestantsche Kerk, tot de Vrijzinnig Protestantsche Kerk, of tot den Anglikaanschen Eeredienst.
        De bedienaars genieten de jaarwedden bij artikel 117 van de Grondwet aan de bedienaars der erkende eerediensten verzekerd.
        Vóór den oorlog was hunne propaganda beperkt tot het uitdeden van eenige bijbels of godsdienstige vlugschriften. Na den oorlog is de propaganda scherper geworden.
        In het jongste „Meinummer” van het uitstekend maandblad „Ons Geloof" klaagt een medewerker over het feit, dat de protestanten tot een onzer beste streken doordringen, o.a. in de Kempen, Oost-Vlaanderen en te Turnhout, onlangs verderfelijke geschriften van huis tot huis werden rondgebracht. Eerw. heer Van Tichelen antwoordde met een vraag naar documentatie. Ik ging op inlichtingen uit en vernam, dat tot no.g toe niet veel ingezonden werd. Slechts uit een tiental dorpen waren inlichtingen gekomen.
        De Protestanten verspreiden vooral de Evangeliën, hier en daar een brief van Paulus, naar den tekst van den Statenbijbel dus in een taal, die door onze volksmenschen niet gesmaakt wordt.
        Verder werden uitgedeeld: strooibriefjes over de vergiffenis van de zonden in Jezus bloed, zoo ongenadig-saai en suf dat onze menschen, die zoo wijd staan van de Calvinistische mentaliteit, ze niet lezen kunnen.
        Gevaarlijker zijn sommige strooibiljetten tegen de Heilige Mis.
        In West-Vlaanderen wordt ook gepredikt en op eenige dorpjes hebben zij enkelen, bij wie het Katholicisme maar een flauw pinkelend vlammetje meer was, medegesleept.
        Mijn zegsman – een optimist – vindt tot nog toe de propaganda lang niet gevaarlijk en meent dat zij een spoorslag worden zal om sommige Katholieken en geestelijken wakker te schudden teneinde degelijker onderricht aan 't volk te verschaffen.
        Natuurlijk komt voor het Katholicisme het gevaar niet van het Protestantisme, maar wel van het materialisme of het bijgeloof. Zoo telt het Antoinisme, de vereering van Antoine le Guérisseur, duizenden volgelingen. Reeds werd aan het Parlament erkenning van dien godsdienst gevraagd.
        Pater Adjuties Drieghe, die aan het Antoinisme een artikel wijdde in „Ons Geloof”, stelt vast, dat de leer van Antoine een halve bevrediging geeft aan het hart en dat het verlangen naar de gezondheid, welke den zieken zoo onverstoorbaar wordt beloofd, hen naar de Antoinistische tempels als naar een laatste reddingshaven drijft.
        „Dit verklaart „schrijft hij” waarom het Antoinisme vooral zijn aanhangers vindt onder de Walen. De schrijver van de godsdienstige Kroniek in het maandschrift „La Terre Wallonne” jammerde over den grooten opgang, welke het spiritisme maakt in die gewesten. „Gaat het zoo voort, beweert hij, dan staan we na korten tijd, in godsdienstzaken, op één lijn met den verachterden volksstam der Batokos.” In het Vlaamsche land, waar men, nog vele boeren vindt, die in God gelooven, maakte het Antoinisme tot nog toe weinig of geen adepten. En zoolang ons volk zijn Catechismus blijft kennen en onderhouden, bewaart het een krachtig inëntsel tegen de kinderachtige domheden van dit nieuw spiritualisme en het kennisspektakel zijner zoogezegde genezingen.”
        Antoine werd in 1848 te Mores-Crotteux geboren, was spiritist en één van die wonderdokters, die iedereen genas en dan ook zich zelf verbeelden ging, dat de geestvan God op hem rustte en over godsdienst en wijsbegeerte in den blinde praatte. Typisch is het wel, dat een socialist, geestverwant van J. Destrée, een dilettant-ingodsdienstzaken, Piérard, de verzoekschriften tot erkenning van den nieuwen godsdienst welwillend begroette (27 Mei 1921).
        Voor die heeren, zoowel voor Piérard als voor Hymans, is alleen Rome de vijand. Al wat dienen kan om Rome te ondermijnen, is welkom. Zij zullen wel Boedha begroeten, maar het Kruis van Jezus Christus laten zij uit de scholen wegruimen. Ik kan me Hymans wel verbeelden op een feest ter herdenking van de slachtoffers der Inkwisitie, doch niet op een huldebetoog ter eere van de martelaars van Gorkum. Met een ernst echter, dien wij bij den liberalen leider slechts zelden vinden, bepaalt hij hoe moeilijk het is te leven zonder zich ooit af te vragen waarom en wat de schikking en de reden tot bestaan der dingen is. Hij betreurt, dat de Katholieke Kerk in België de eenige Kerk is en oordeelt, dat het gemis aan godsdienstigen wedijver een oorzaak van zwakheid is.
        Is de liberale leider op weg naar het Protestantisme? Zal hij een deel van zijne partijgenooten medesleepen?
        Hymans als dominee, als predikant! – Och waarom niet? Hij is wel minister van Buitenlandsche zaken geweest.
        Op ieder tooneel kan men fantazeeren.
    *    *
    *
         Niet alleen in België, ook in Belgisch Kongo wordt door dé Protestanten een zekere bedrijvigheid getoond.
        Pater J. van Wing S. J. slaakte reeds in 1921 een noodkreet. Het getal protestantsche posten is in Belgisch Kongo ontzettend vermeerderd. Alhoewel er talrijke sekten zijn, staan zij in Kongo eensgezind tegen den Roomschen zendeling en hebben dit met elkaar gemeen, dat zij door den band ruim voorzien zijn van stoffelijke middelen.
        De meeste residenties zien er als aangename homes uit, vele scholen, dispensary's zijn degelijk ingericht. Sommige beschikken over mooie stoom- en motorbooten. Onder hen treft men zeer flinke, ernstige menschen aan. Zij werken rechtstreeks weinig in op de massa, doch vooral door middel van de school. Daar vormen zij onderwijzers, evangelische hoofden der plaatselijke gemeenten, ook wel bedienden en klerken. In katholiek opzicht oordeelde Pater van Wing het hoognoodig de Protestantsche propaganda te keer te gaan.
        De Katholieke Missies hadden erg te lijden onder sommige bestuursmaatregelen van den liberalen gouverneur Lippens en daar, zooals overal elders, is Rome de vijand voor de vrijmetselarij, voor het liberalisme.
        Toen in 1874 in het Januari-nummer van de „Revue de Belgique” de Laveleye aan ’t verslappend liberalisme den raad gegeven had zich op te monteren in eene verzoening met het Protestantisme of het oud-Katholicisme, antwoordde Schaepman in „Onze Wachter": „Doe maar, Professor, het ultramontanisme breng je toch niet ten onder, maar wel uw eigen liberalisme of protestantisme.”
        Hetzelfde kan men nu nog verklaren.

    De Tijd, 6 Juli 1923


    Traduction:

     

    DES MESSAGES CONTRADICTOIRES. 

     

    Le protestantisme en Belgique.


        Notre correspondant belge nous écrit le 4 juillet :
        Comme l'ont entendu les lecteurs de "De Tijd" de l'article principal du 3 juillet, Bruxelles a solennellement honoré la mémoire des deux moines augustiniens anversois, Hendrik Voes et Jan van Essen, qui ont été brûlés le 1er juillet 1523 pour hérésie. Bien sûr, les dithyrambes communs y sonnaient en l'honneur de la liberté de pensée, de religion... ...un mot qui sonne toujours aussi lacrymal dans la bouche des libéraux belges. Ce que sont venus faire à cette fête Messieurs Max, bourgmestre de Bruxelles, Devèze, ministre de la guerre, Lafontaine, vice-président social-démocrate du Sénat, nous semble un mystère. Devrions-nous assister à une nouvelle tentative de lutte contre le catholicisme par le biais d'une propagande en faveur du protestantisme ; de fusionner le libéralisme avec le protestantisme ?
        Cela serait en totale contradiction avec la nature essentielle du libéralisme belge et du Socialisme belge, qui est sans religion : oui, en effet, des guerriers de la religion.
        Le chant de chansons comme "que Dieu se montre", ou "Merci et adoration soit notre Dieu" avec le ministre Devèze ne va-t-il pas réveiller le souvenir d'un temps révolu, où lui, en congrégation naïve dans la chapelle du Collège, priait pieusement en l'honneur de Marie ?
        Plus important que les discours et la cérémonie à Bruxelles est l'article "Deux Martyrs" consacré aux deux victimes de l'Inquisition et publié dans "Le Soir" le 26 juin.
        Cet article a peu de place dans un magazine comme un portrait de Calvin dans une tente de la connaissance ou les Pensées de Pascal dans un coin de cuisine. "M. Hijmans raconte comment, dans les années 1873-1876, Emile de Laveleye, l'auteur bien connu en matière de politique, et la revue libérale gantoise "la Flandre Libérale", qui à l'époque venait à peine de voir le jour, ont voulu orienter le libéralisme vers le protestantisme. Leurs tentatives n'ont pas atteint les masses. Certains libéraux, admirateurs des mendiants du XVIe siècle, étaient "protestants religieux", certains d'entre eux étant influencés par les Hollandais.
        Paul Frederiq b.v. était le maître d'église des protestants. Il s'est surtout donné pour tâche d'étudier l'Inquisition, de glorifier ses victimes. L'historien Leonard Willems, le célèbre sympathisant flamand, appartient également à ce genre.
        Le nombre de protestants est insignifiant en Belgique. Ils appartiennent à l'Église protestante évangélique, à l'Église protestante libérale ou au service d'honneur anglican.
        L'article 117 de la Constitution assure aux ministres du culte reconnu des paris annuels.
        Avant la guerre, leur propagande se limitait à la publication de quelques bibles ou pamphlets religieux. Après la guerre, la propagande s'est affinée.
        Dans le plus jeune "Meinummer" de l'excellent mensuel "Ons Geloof" (Notre Foi), un employé se plaint du fait que les protestants ont pénétré dans l'une de nos meilleures régions, notamment en Campine, en Flandre orientale et à Turnhout, et que des écrits pernicieux ont récemment été apportés de maison en maison. L'Honorable M. Van Tichelen a répondu par une demande de documentation. Je me suis renseigné et j'ai appris que, jusqu'à présent, on n'avait pas envoyé grand-chose. Seule une dizaine de villages s'étaient renseignés.
        Les protestants diffusent principalement les évangiles, ici et là une lettre de Paul, selon le texte de la Bible des Etats dans une langue qui n'est pas goûtée par notre peuple.
        En outre, ils ont distribué : des tracts sur le pardon des péchés dans le sang de Jésus, si impitoyablement ennuyeux et somnolents que notre peuple, qui est si large de la mentalité calviniste, ne peut pas les lire.
        Plus dangereuses sont les notes éparses contre la Sainte Messe.
        En Flandre occidentale, ils prêchent également et dans quelques villages, ils entraînent quelques personnes, avec lesquelles le catholicisme n'est qu'une faible flamme vacillante.

        Mon porte-parole, un optimiste, ne considère pas que la propagande soit dangereuse et pense qu'elle va devenir un aiguillon pour réveiller certains catholiques et le clergé afin de fournir une instruction plus solide au peuple.
        Bien sûr, pour le catholicisme, le danger ne vient pas du protestantisme, mais du matérialisme ou de la superstition. C'est ainsi que l'antoinisme, le culte d'Antoine le Guérisseur, compte des milliers d'adeptes. Déjà, le Parlement a été invité à reconnaître cette religion.
        Le père Adjuties Drieghe, qui a consacré un article à l'antoinisme dans "Notre Foi", a noté que la doctrine d'Antoine donnait une demi satisfaction au cœur et que le désir de santé, si imperturbablement promis aux malades, les poussait vers les temples antoinistes comme s'ils étaient un dernier port de salut.
        "Cela, écrit-il, explique pourquoi l'antoinisme trouve ses adeptes parmi les Wallons. L'auteur de la chronique religieuse du magazine mensuel "La Terre Wallonne" se plaint de la grande montée du spiritisme dans ces régions. "Si les choses continuent ainsi", a-t-il déclaré, "après peu de temps, en matière de religion, nous serons au même niveau que la tribu arriérée des Batokos". Dans la campagne flamande, où il y a encore de nombreux agriculteurs qui croient en Dieu, l'antoinisme n'a jusqu'à présent fait que peu ou pas d'adeptes. Et tant que notre peuple continuera à connaître et à maintenir son Catéchisme, il gardera une puissante inoculation contre la stupidité enfantine de ce nouveau spiritualisme et le spectacle de ses soi-disant guérisons.
        Antoine est né à Mons-Crotteux en 1848. C'était un spirite et l'un de ces médecins miracles qui guérissaient tout le monde et imaginaient ensuite que l'esprit de Dieu reposait sur lui et parlaient de religion et de philosophie à l'aveugle. Il est typique qu'un esprit socialiste, apparenté à J. Destrée, un dilettante de la religion, Piérard, ait accueilli les pétitions pour la reconnaissance de la nouvelle religion (27 mai 1921).
        Pour ces Seigneurs, tant pour Piérard que pour les Hymans, seule Rome est l'ennemie. Tout ce qui peut servir à miner Rome est le bienvenu. Ils salueront Bouddha, mais ils feront retirer la croix de Jésus-Christ des écoles. Je peux imaginer Hymans lors d'une fête pour commémorer les victimes de l'Inquisition, mais pas lors d'un hommage en l'honneur des martyrs de Gorkum. Mais avec un sérieux que l'on trouve rarement chez le chef libéral, il détermine combien il est difficile de vivre sans jamais se demander pourquoi et quelle est la raison du règlement et de l'existence des choses. Il déplore le fait que l'Église catholique en Belgique soit la seule Église et juge que l'absence de rivalité religieuse est une cause de faiblesse.
        Le leader libéral est-il sur la voie du protestantisme ? Entraînera-t-il certains de ses collègues du parti ?
        Les hymnes comme pasteurs, comme prêcheurs ! - Pourquoi pas ? Il a été ministre des affaires étrangères.
        On peut fantasmer dans n'importe quel ton de voix.


    *    *
    *


         Non seulement en Belgique, mais aussi au Congo belge, les protestants font preuve d'une certaine activité.
        Déjà en 1921, le père J. van Wing S.J. avait lancé un appel au secours. Le nombre de postes protestants a énormément augmenté au Congo belge. Bien que les sectes soient nombreuses, au Congo elles sont unies contre le missionnaire romain et ont en commun d'être amplement dotées de moyens matériels par la bande.
        La plupart des résidences ressemblent à des maisons agréables, de nombreuses écoles et dispensaires sont bien équipés. Certains ont de beaux bateaux à vapeur et à moteur. Parmi eux, on trouve des personnes très grandes et sérieuses. Ils ont peu d'influence directe sur les masses, mais principalement par le biais de l'école. Ils y forment des enseignants, des chefs évangéliques de congrégations locales, mais aussi des serviteurs et des clercs. D'un point de vue catholique, le père van Wing estimait qu'il était hautement nécessaire d'inverser la propagande protestante.
        Les Missions catholiques ont beaucoup souffert de certaines mesures administratives du gouverneur libéral Lippens et là, comme partout ailleurs, Rome était l'ennemi de la franc-maçonnerie, du libéralisme.
        Lorsqu'en 1874, dans le numéro de janvier de la "Revue de Belgique", de Laveleye avait conseillé au libéralisme de s'assimiler à une réconciliation avec le protestantisme ou le vieux catholicisme, Schaepman avait répondu dans "Notre Gardien" : "Allez-y, professeur, ne faites pas tomber l'ultramontanisme, mais faites tomber votre propre libéralisme ou protestantisme".
        La même chose peut être expliquée maintenant.

    De Tijd, 6 juillet 1923


    votre commentaire
  • La lecture ''antoiniste'' (La Liberté, 29 juillet 1934)

    « TOI QUI VAS TES GUETRES TRAINANT »

    La lecture "antoiniste"

        C'est à l'angle des rues des Grands-Augustins et Christine.
        Une pancarte, modeste, apprend aux passants qu'ils peuvent assister, tous les jeudis, à 19 h. 30, gratuitement, à une lecture de l'Enseignement du Père. Tout le monde y est admis. On entre par la rue des Grands-Augustins ; pour les renseignements concernant le culte « antoiniste », c'est à la porte de la rue Christine qu'il faut frapper – porte qui est celle du laboratoire d'un fabricant de produits chimiques.
        La chapelle antoiniste est connue dans le quartier ; tous les gardiens de la paix de l'arrondissement vous l'indiqueront.

    *
    **

        Vous entrez, presque de plain-pied, dans une salle rectangulaire propre ce comme une salle d'opération, aux murs gris jusqu'à mi-hauteur et blancs dans leur partie supérieure, meublée de quatre bancs et d'une chaire, pareille à celle des instituteurs, recouverte d'un sombre tapis vert. Aux murs, un œil de bœuf et quelques inscriptions encadrées, dont une sur fond bleu : « Le Père, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi. » Autres inscriptions : « On ne doit pas parler dans la salle », « Pour comprendre l'enseignement du Père, il faut pratiquer les lectures », « Tout adepte qui fait payer sa prière n'est plus d'accord avec la loi divine », « L'enseignement du Père est basé sur l'amour, la foi et le désintéressement. Nous ne sommes divises que par l'intérêt » ; au-dessus de la chaire : « L'arbre de la science de la vue du mal » et, sur un tableau noir, d'autres principes de l'enseignement du Père.
         – Mais, me demandez-vous, de quel Père s'agit-il ? Je vous réponds : « Patience. »
        Cinq personnes attendent, dans la pénombre et le silence, l'heure de la lecture : quatre femmes qui, pour attendre, ne trouvent pas d'autre attitude que celle que l'on a dans les églises avant la messe ; un homme à longue barbe et longue chevelure – c'est, apprendrons-nous, un musulman de grande culture, qui fréquente régulièrement cette salle dont l'atmosphère lui est agréable.
        Les bruits du soir emplissent la rue. A l'intérieur, le silence.
        Sept heures et demie. Le « servant » gagne la chaire. Il a passé, par-dessus son costume de ville, une façon de redingote noire boutonnée jusque sous le menton, qui lui arrive au-dessus du genou et lui donne l'air d'un quaker. Sa femme garde la porte, dans son costume de « servante » : longue robe noire et sur la tête, un de ces petits chapeaux comme en portent encore les vieilles femmes du Nord et que l'on appelle, je crois, des « capelines ».

    *
    **

        Debout, le menton posé sur ses mains refermées, l'une recouvrant l'autre, le servant se recueille, prie.
        Il lit maintenant, dans la pénombre toujours, et nous notons, mal, au passage, quelques phrases de la lecture du jour : « Je dis que la solidarité est le principe de la création... Nous ne pouvons nous améliorer que par l'épreuve, sans laquelle il n'est pas d'avancement et, pour ce, le contact de nos semblables est indispensable : voilà la solidarité...
        La lecture terminée – elle dure un quart d'heure – tout le monde se retire.

    *
    **

        – Mais qui est le Père ?...
        C'est le « père Antoine », qui naquit à Mons-Crotteux dans la province de Liége, en 1846, de parents pauvres. Cadet de onze enfants, il accompagne tout jeune son père à la mine. Devenu ouvrier métallurgiste, il voyage en Allemagne et en Pologne... Il professe avec ferveur jusqu'en sa quarante-deuxième année, la religion catholique, s'applique à la pratique du spiritisme, puis, ayant enfin trouvé sa voie, crée en 1906 le Nouveau Spiritualisme. Il guérit ; aussi, ses adeptes l'appellent-ils « le guérisseur ». Il meurt en 1912, laissant une religion nouvelle que l'on enseigne, aujourd'hui, dans des temples. Le culte antoiniste compte trente-deux temples en Belgique, quatorze en France, dont deux à Paris : 34, rue Vergniaud et 49, rue du Pré-Saint-Gervais, – on en construit un à Saint-Etienne.
        L'enseignement du Père Antoine est contenu en deux volumes que l'on ne peut vendre qu'aux personnes éloignées des centres de lecture. Il se résume en dix principes, dont ces quelques phrases vous donneront une idée : « Vous ne pouvez faire la morale à personne. Ce serait prouver que vous ne faites pas bien. Parce qu'elle ne s'enseigne pas par la parole, mais par l'exemple », « Ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère. Ce serait faire entendre que je suis un mauvais père. Si vous agissez envers votre semblable comme un véritable frère, vous ne faites la charité qu'à vous-mêmes », « Tâchez de vous pénétrer que la moindre souffrance est due à votre intelligence, qui veut toujours plus posséder ».
        Ajoutons, avant de quitter la rue des Grands-Augustins, où je m'excuse de vous avoir retenu si longtemps, que le père Antoine a admis et développé la doctrine consolante, autant que chimérique, des incarnations successives.

                                                                         Marius RICHARD.

    La Liberté, 29 juillet 1934


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique