• L'Antoinisme après Louis Antoine

    L'Antoinisme après Louis Antoine

        Voilà comment Louis Antoine, bien avant sa désincarnation, envisage son "œuvre" après lui :

        Seront apôtres celles [les personnes] qui se dévoueront pour le travail moral, qui prêcheront d'exemple l'amour et le désintéressement, qui feront comprendre, par leur manière d'agir, que l'enseignement n'a d'autre base que la foi.
        Rien ne portera obstacle à leur mission ; elles pourront donc continuer l’œuvre, s'acquérant de plus en plus à la foi qui donne le savoir de toute chose, qui convainc que la mort est la vie, car au point de vue de l'être, on devrait appeler celle d'ici-bas la mort et sa rentrée dans l'autre, la naissance.
                La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.127

        C'est pour cette raison que bien des adeptes que l'on a pu croire très attachés au Père Antoine, deviendront peut-être ses adversaires les plus acharnés. Tout dépend de la manière dont ils vont entreprendre la tâche ; qui a compris l'enseignement et en est satisfait n'a plus le mérite, s'il néglige, d'y participer ; personne n'aura besoin de le lui dire, il se retirera de son plein gré parce qu'il aura trouvé ailleurs des fluides plus assimilables à sa compréhension. Des contradictions pourront surgir entre les personnes qui croiront avoir compris et qui taxeront d'ignorance d'autres qui agissent différemment ; mais n'oublions pas que le mal n'existe pas et que discuter, ce serait prétendre qu'il existe.
                La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.125

        On le voit, Louis Antoine envisageait la suite le plus simplement possible. Des personnes discuterons de leur compréhension (on le voit maintenant avec les deux tendances de l'antoinisme, avec photos ou sans photos), mais on peut aussi comprendre que certaines personnes continuerons l’œuvre sans participer au "culte", mais simplement en faisant bien selon sa conscience.

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    L'Antoinisme après Louis Antoine    Analphabète, la femme d'Antoine, Catherine (Jemeppe-sur-Meuse, 26 mai 1850 – id., 3 novembre 1940), appelée « La Mère » par les adeptes, ne reçoit aucun conseil de la part de son mari sur la façon d'administrer la religion lorsqu'elle est désignée par lui comme son successeur. En décembre 1918 puis en septembre 1919, elle fait envoyer une lettre respectivement au roi des Belges puis au ministre de la Justice afin de faire reconnaître le culte antoiniste ; au cours du mois de mars des deux années suivantes, Ferdinand Delcroix, secrétaire du culte, envoie deux lettres dans le même but, ce qui aboutit en 1922 à une reconnaissance d'utilité publique du culte.
        Afin d'éviter toute tentative d'appropriation du charisme d'Antoine à l'intérieur du mouvement après sa mort, le journal antoiniste L'Unitif publie des articles présentant Catherine comme le successeur légitime et redéfinissant précisément les limites du rôle du guérisseur. Pour éviter une crise de succession et assurer la continuité de la religion, Catherine décide de promouvoir un culte centralisé autour de la personne de son mari et, dans ce but, établit différentes règles entre 1925 et 1930. Elle fait placer, dans le temple, devant la tribune supérieure, le portrait de son mari surmonté de la mention « Le Père fait l'Opération », puis ajoute par la suite sa propre photographie. Elle autorise les desservants à effectuer l'Opération générale depuis la tribune supérieure, mais veut que la cérémonie soit précédée d'une déclaration affirmant que c'est le Père qui pratique l'Opération et que la foi doit être placée en lui afin d'obtenir satisfaction, et insiste pour que le desservant installé à la tribune soit assis durant la lecture des ouvrages d'Antoine. Elle établit le Jour du Père, le 25 juin, et des rituels tels que le baptême, la communion et le mariage, ce qui transforme le groupe en religion institutionnalisée. Elle ordonne que rien ne soit changé dans les écrits de son mari et, en 1932, fait fermer les salles de lecture dans lesquelles des adeptes enseignaient des points de vue personnels. Contrairement aux ouvrages de son mari qui peuvent être achetés par n'importe qui, les changements et les règles ajoutés par Catherine sont consignés dans des tomes accessibles uniquement aux desservants, restant ainsi plus confidentiels. À partir du 17 juin 1930, un fidèle, Narcisse Nihoul, la remplace à la tribune pour effectuer l'Opération générale.

    Contrairement à ce qu'annonçaient plusieurs journaux (plusieurs articles du Peuple2 novembre6 novembre et encore le 13 novembre 1913), le culte survit au Père sous la direction de Mère.

    source : wikipedia

  • La ''Mère'' - Anniversaire de la désincarnation du Père (Gazette de Charleroi, 1er juillet 1913)(Belgicapress)APRES LA « DESINCARNATION »
    D’ANTOINE LE GUERISSEUR
    LA  “MERE„
    qui succède à l’apôtre défunt
    n’a point réussi de miracle

        Des fêtes antoinistes viennent d'être célébrées à Jemeppe-sur-Meuse, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
        Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux, dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
        Cet homme, qui avait l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire.
        Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
        De tous côtés de pauvres gens s'adressaient à lui pour obtenir par son intervention puissante et mystérieuse, la fin ou l'adoucissement de leurs maux. Et le culte antoiniste compta des adeptes un peu partout...
        Le 23 juin 1912, Antoine le Guérisseur mourait, ou plutôt, pour employer le vocabulaire des antoinistes, il se désincarnait.
        Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour, sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les vœux de l'humanité malheureuse.
        C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son œuvre.
        Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à sou fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
        C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou, au moins, s'y applique.
        Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier, à Jemeppe-sur-Meuse : elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
        Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groups antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent-cinquante pèlerins. L'empressement de tous ces pieux voyageurs était tel que plusieurs centaines d'entre eux, tout à leurs religieuses pensées, remirent, en arrivant à la gare de Jemeppe, leur ticket de retour en même temps que leur billet d'aller – ce qui détermina une belle confusion quand il fallut repartir.
        Tous aussi croyants – d'une foi qui leur fait non pas soulever des montagnes, mais passer des frontières, ce qui est déjà bien – les antoinistes ne sont pas tous également fervents.
        Les zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'il s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et le redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable de nos arrière grands-pères.
        Dans cette foule, il ne se trouva qu'un « esprit fort » ; et il n'avait certes point lu le chapitre de La Bruyère : c'est un joli bambin d'une dizaine d'années ; ses parents l'avaient trainé à Jemeppe pour le faire guérir de je ne suis quelle affection nerveuse ; arrivé devant le temple du guérisseur, le moutard refusa énergiquement d'entrer, et il se mit à pousser des hurlements tels que son antoiniste de père dut renoncer à le soumettre aux opérations.
        Les opérations ont cependant moins effrayantes au temple antoiniste que dans les salles de nos hôpitaux.
        C'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable le Père.
        Les fidèles se tassèrent dans le temple.
        Dans le silence qui précède les grands événements, ils attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint – blanc sur fond noir – l'arbre de la vie, symbole de l'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
        Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et reste là, sans mot dire, le regard dans le vide.
        – C'est notre frère Deregnaucourt, dit-on.
        Le frère Deregnancourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
        Mais soudain on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan. C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
        C'est là l'opération annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois, chaque fois devant cinq à six cents personnes.
        On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. J'ai vu sortir aussi claudicants les gens que j'avais vus entrer en boitant, et les rhumatisants ne m'ont pas paru plus alertes après l'opération qu'avant. Ce sera sans doute pour plus tard.
        Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où, tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau...
        Les fêtes antoinistes ont recommencé hier. Les fidèles, en cortège, conduits par la mère et le frère Deregnancourt, ont fait le parcours que fit, il y a un an, la dépouille funèbre du guérisseur, de la maison au cimetière.

    Gazette de Charleroi, 1er juillet 1913 (Belgicapress)

     

    Reprend en partie l'article paru dans Le Matin du 30 juin 1913.


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  • Un diplomate du Brésil au Temple de Jemeppe (L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913)(Belgicapress)    S. Exc. le ministre du Brésil et Mme de Oliveira Lima, en déplacement à Liége, ont été visiter les superbes établissements Cockerill, à Seraing, dont les honneurs leur ont été faits, en l'absence de M. Adolphe Greiner, directeur général, par M. Coulomb, secrétaire général. Comme toujours, notre premier établissement métallurgique a excité l'enthousiasme des visiteurs.
        Puis M. et Mme de Oliveira Lima ont visité Spa, Verviers et Jemeppe-sur-Meuse, où ils ont été assister à une séance de culte du célèbre Antoine le guérisseur.
        En revenant à Liège, avant de rentrer à Bruxelles, S. Exc. le ministre du Brésil et Mme de Oliveira Lima ont assisté à la première leçon du cours de portugais à l'Université, organisé sous les auspices de la Société belge d'expansion vers l'Espagne et l'Amérique latine, donné par le professeur Yvon Nolf Nazario.
        La salle était archicomble. Il y a actuellement 272 élèves et Liége s'est pris d'un véritable enthousiasme pour apprendre le portugais. Il y a parmi les élèves des officiers, des professeurs de l'Université, des dames, des étudiants russes et beaucoup d'étudiants belges.

    L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913 (source : Belgicapress)

     

    Un diplomate du Brésil au Temple de Jemeppe (L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913)(Belgicapress)

     

        Manuel de Oliveira Lima (1867-1928) était un écrivain, critique littéraire, diplomate, historien et journaliste brésilien. Il a représenté le Brésil dans plusieurs pays et a été professeur invité à l'université de Harvard. Membre fondateur de l'Académie brésilienne des lettres.
        Marié en 1891 à Flora Cavalcanti de Albuquerque (1863-1940), ils ont résidé en Belgique de 1908 à 1912.

        Cette visite marque le début des contacts des antoinistes avec le Brésil qui aboutira à une salle de lecture à Rio.


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  • Op uw Hoede - Het Antoinisme (Gazet van Antwerpen, 15 octobre 1927)(Belgicapress)Op uw Hoede

        Drie soorten vreemde apostelen loopen tegenwoordig, te Antwerpen en in den omtrek, de stijlen van de deur: Methodisten, soldaten van 't Leger des Heils en Antoinisten – en voor dezen dient onze bevolking gewaarschuwd.
        De eersten verkoopen tractaatjes, Evangelien, Bijbels, en... bedelen voor de missie;
        De tweeden spelen trompet en bombardon, zingen een vooisje, preeken wat vragen of ge niet zijt ontroerd en, op uw jawoord, juichen ze: «Alleluia, hij is gewonnen en gered!
    » Ze bedelen wat... en gaan voort;
        De derden zijn meestal donker-gesluierde damen, die deur voor deur schriftjes afleveren, vooral tot de lijdende lieden gericht, om hun zoogezegde godsdienstige oefeningen eens te komen bijwonen in de K...straat.
       
    Wat voor apostelen zijn dat?

    [suit la description des Méthodistes et des soldats de l’Armée du Salut].

    Antoinisme

        HET ANTOINISME is de leer van zekeren Antoine, die uit de Walen naar dezen en genen hoek van Vlaanderen komt overgewaaid.
        Père Antoine – geen pater, hoor! – werd geboren te Mont-Crotteux op 8 Juni 1848, daalde eerst in de schachten, werd vervolgens metaalbewerker, vertrok naar Pruisen en Rusland, en kwam ten slotte rentenieren te Jemeppes, bij Luik.
        Een overgevoelig man, maag- en zenuwlijder, die, graatmager, meende da hij geen lichaam had en een soort magnetische vloeistof uit hem op anderen kon doen overgaan.
        Na den dood van zijn eenigen zoon, begon hij te doen aan spiritisme, beweerde de schim te hebben gezien van zijn zoon, die... verhuisd was in de huid van een Parijzer apotheker!
        Hij werd het hoofd der spiritistische vereeniging van Jemeppes, kreeg de faam dat hij in gedurige betrekking stond met de geesten, en wonderen en voorspellingen deed.
        Hij heeft een soort godsdienst aangeleerd, en zijn volgelingen noemen hem: de nieuwe Messias, profeet en... onze god! en bouwen hem tempels.
        Eerst deed hij zijn zoogezeide genezingen met een zekere likeur – een remedie tegen alle ziekten. Maar hij werd veroordeeld. Dan deed hij 't met pompwater, trok zijn magnetische vloeistof op flesschen... en de onnoozele menschen op stoopkens! Later maakte hij eenige grimassen over de zieken, en riep: die gelooven zijn genezen!!
        Een zieke uit Condroz, dien hij volledig herstel beloofde, viel dood voor zijn deur. Antoine maakte alle mogelijke karpersprongen, maar 't mensch bleef liggen.
        In 1917 had zekere Danglis zijn vrouw in de Maas geworpen, en kwam P. Antoine kijks vragen waar zijn wederhelft was. Na drie dagen zal ze u schrijven, zei P. Antoine. 't Lijk werd opgevischt! Danglis vertelde dit voor zijn rechters; ge kunt begrijpen welk misselijk figuur P. Antoine maakte.
        P. Antoine is dood, maar heeft zijn fluidische kracht overgemaakt.. aan zijn vrouw! Deze heeft eenige discipelen voorzien van die kracht en haren opvolger aangeduid!
        De leering van P. Antoine?
        Eenige onsamenhangende zinnen uit den Catechismus, eenige domme gedachten uit de spiritistische schriften van Alban Kardec en anderen.
        Luister maar! hij zegt: «De stof is slecht, de ziekte is de vrucht der stof. Maar de stof bestaat niet! ze is een schim door 't verstand geschapen. En 't verstand moet verdwijnen voor 't geweten. Denk dat de stof niet bestaat, en ge zult den wortel der ziekte dooden! Dat is uit zijn filosofie!
        Luister nog: «De mensch mag handelen naar goedvinden. Goed en kwaad zijn slechts vergelijkstermen, in werkelijkheid bestaat noch 't een, noch 't ander; doet het kwaad, zoo komt ge dichtst bij de waarheid! Dat is uit zijn moraal!
       
    Luister nog: «God is één wezen met den mensch. De eindterm van alle ontwikkeling is dat de mensch God worde. We zijn in meerdere mate de kinderen van den duivel dan de kinderen van God. Zonder de duivel zouden we eeuwig in ons ongeluk blijven. Dat is uit zijn geloofsleer!
       
    Wie zulke stommiteiten schreef veroordeelde zichzelven.
        En de maan zal wel drie toten krijgen, eer de Vlamingen zich door dien Waalschen profeet laten paloeteren!
        En, goede lezers, nu zijt ge voor die rare apostelen gewaarschuwd.
                                                                                      J. V D. SMEDT.

    Gazet van Antwerpen, 15 oktober 1927 (source : Belgicapress)

     

    Traduction :

    Sur vos gardes

        Trois types d'apôtres étrangers sont actuellement en action à Anvers et dans les environs : les Méthodistes, les soldats de l'Armée du Salut et les Antoinistes – et nos concitoyens doivent en être avertis.
        Les premiers vendent des tracts, des évangiles, des bibles, et... en quémandent pour la mission ;
        Les seconds jouent de la trompette et bombardent, chantent une chanson, prêchent quelques questions et, quand vous dites oui, ils applaudissent : « Alléluia, il est gagné et sauvé ! » Ils mendient un peu... et continuent ;
        La troisième est généralement une dame au voile foncé, qui distribue des prospectus en porte-à-porte, notamment aux personnes souffrantes, pour qu'elles viennent assister à leurs soi-disant exercices religieux dans la rue K....
        Quel genre d'apôtres sont-ils ?

    […]

    Antoinisme

        L'ANTOINISME est la doctrine d'un certain Antoine, qui est passé de la Wallonnie à tel ou tel coin de Flandre.
        Père Antoine – pas un prêtre, entendez bien ! – est né à Mont-Crotteux le 8 juin 1848, est d'abord descendu dans les puits, puis est devenu ouvrier métallurgiste, est parti en Prusse et en Russie, et est finalement venu vivre en rente à Jemeppes, près de Liège.
        C'était un homme hypersensible, souffrant de l'estomac et des nerfs. Il était très maigre et pensait qu'il n'avait pas de corps et qu'il pouvait transférer une sorte de liquide magnétique de lui aux autres.
        Après la mort de son fils unique, il a commencé à pratiquer le spiritisme, affirmant avoir vu le fantôme de son fils, qui... s'était déplacé dans la peau d'un pharmacien de Paris !
        Il devient le chef de la société spirite de Jemeppes, acquiert la réputation d'être en contact permanent avec les esprits, et accomplit des miracles et des prédictions.
        Il a enseigné une sorte de religion, et ses adeptes l'appellent : le nouveau Messie, prophète et... notre dieu ! et lui construisent des temples.
        Au début, il effectuait ses soi-disant cures avec une certaine liqueur – un remède pour toutes les maladies. Mais il a été condamné. Puis il l'a fait avec de l'eau d’une pompe, transmet son liquide magnétique dans des flacons... et a berné les ignorants ! Plus tard, il fit quelques grimaces aux malades, et s'écria : ceux qui croient sont guéris !
        Un malade du Condroz, à qui il avait promis une guérison complète, est tombé mort sur le pas de sa porte. Antoine a fait tous les sauts de carpe nécessaires, mais la personne est restée allongée.
        En 1917, un certain Danglis avait jeté sa femme dans la Meuse, et était venu demander au P. Antoine où était sa moitié. Après trois jours, elle vous écrira, dit P. Antoine. Le cadavre a été repêché ! Danglis l'a raconté à ses juges ; on comprend quelle petite mine faisait P. Antoine.
        P. Antoine est mort, mais il a transféré son pouvoir fluidique... à sa femme ! Elle a doté certains de ses disciples de ce pouvoir et a désigné son successeur !
        Les enseignements du P. Antoine ?
        Quelques phrases incohérentes du catéchisme, quelques pensées stupides des écrits spirites d'Alban Kardec et autres.
        Il suffit d'écouter ! il dit : « La matière est mauvaise, la maladie est le fruit de la matière. Mais la matière n'existe pas ; c'est un fantôme créé par la raison. Et la raison doit disparaître devant la conscience. Pensez que la poussière n'existe pas, et vous tuerez la racine de la maladie ! Cela vient de sa philosophie !
        Écoutez à nouveau : « L'homme peut agir selon sa volonté. Le bien et le mal ne sont que des termes de comparaison ; en réalité, il n'y a ni l'un ni l'autre ; si vous faites le mal, vous êtes le plus proche de la vérité ! Cela vient de sa morale !
        Écoutez ceci : « Dieu est un seul être avec l'homme. Le but final de tout développement est que l'homme devienne Dieu. Nous sommes plus les enfants du diable que les enfants de Dieu. Sans le Diable, nous resterions éternellement dans notre malheur. Cela vient de sa doctrine !
        Celui qui a écrit de telles sottises s'est condamné lui-même.
        Et la lune aura trois éperons avant que les Flamands ne se laissent avoir par ce prophète wallon !
        Et, bons lecteurs, vous êtes maintenant mis en garde contre ces étranges apôtres.

                                                                                      J. V D. SMEDT.

    Gazet van Antwerpen, 15 octobre 1927 (source : Belgicapress)

        On voit que la presse flamande a toujours la même et unique source, l'article d'André Kervyn de 1911, en y ajoutant cependant des erreurs dans les dates et dans les noms.


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  • Une conversion (Journal de Bruxelles, 6 août 1912)(Belgicapress)NOTES du JOUR
    Une conversion

        La Revue de Belgique, l'anticléricale Revue de Belgique, ennemie de toute religion révélée, publie en tête de son dernier numéro une étude pompeuse sur la vie, l'œuvre, l'enseignement d'Antoine-le-Généreux, due à la plume d'un théologien éminent – et anonyme – de l'Eglise de Jemeppe-sur-Meuse. L'article est assez ennuyeux – il faut bien prendre le genre de la maison – mais suffisamment ridicule pour nous empêcher de dormir avant la fin de ses longues pages. Cet évangile selon Antoine raconte l'existence de celui-ci depuis sa naissance jusqu'à sa mort et ses funérailles avec force détails sur son honnêteté, ses vertus domestiques, ses bâtisses, sa profession de caissier à la Société des Tôleries liégeoises, ses révélations et ses miracles. « Monsieur Antoine » y apparait comme un des plus remarquables farceurs qui aient exploité l'ânerie populaire, et rien n'est plus amusant que les sottises, les contradictions et les variations de ce que la Revue de Belgique appelle sa doctrine. Notre grave consœur insère cependant l'article en question sans pouffer, et elle laisse comparer imperturbablement son prophète aujourd'hui « désincarné » à Victor Hugo, à Moïse et à Jésus-Christ.
        Antoine le guérisseur – c'est en France (détail palpitant) qu'on l'appelle Antoine-le-Généreux – avait commencé par guérir à l'aide de je ne sais quelle spécialité pharmaceutique spécialement surnaturalisée par lui. Il trouva plus commode un jour de faire simplement des passes magnétiques, puis, inquiété par la justice, qui le condamna pour exercice illégal de la médecine, il se contente « de guérir par la foi en imposant la main ». Mais sa clientèle ayant grandi considérablement, il instaura le lundi de Pâques 1910 à 10 heures – la Revue de Belgique nous apprend gravement ces choses capitales – à faire des « opérations générales ». Il régénéra à la fois des centaines de gens empilés dans son temple... Il fit paraître une revue, l'Auréole de la conscience, il enseigne en chaire, il envoya à Vichy un de ses disciples, nommé Nucci « opérer » en son nom ; il répondit chaque matin de sa vie publique à deux ou trois cents lettres ; un jour il revêtit la robe : en 1910, il fit annoncer à ses adeptes qu'ils étaient libres de faire de même. Est-ce que la bonne revue doctrinaire n'a jamais ri des soutanes ? des sermons de la superstition ? des miracles ? En tout cas, lorsqu'il s'agit de M. Antoine, elle est déférente, respectueuse, presque fervente.
        La grâce aurait-elle agi sur M. Maurice Wilmotte ? et puisque Madame Antoine repris le commerce de son mari, et que le conseil d'administration de la Religion a décidé que l'on continuerait l'affaire, n'allons-nous pas voir un de ces jours les membres du comité de la Revue de Belgique se convertir en masse et devenir cléricaux à leur façon ? Peut-être feront-ils aussi des miracles. Le sommeil qui émane d'ordinaire des pages de leur revue n'est-il pas produit déjà par quelque fluide... cela expliquerait bien des choses…
        En attendant on arrête et jette en prison à Paris une bonne veuve, antoiniste convaincue qui a refusé de soigner son enfant malade et s'est contentée de faire sur lui les gestes coutumiers du prophète de Jemeppe-sur-Meuse. L'enfant est mort, naturellement. Que voulez-vous ? tout le monde ne peut pas réussir... – Janus.

    Journal de Bruxelles, 6 août 1912 (source : Belgicapress)


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  • Antoinisme (Gazet van Antwerpen, 13 juillet 1926)(Belgicapress)Antoinisme

        De mensch is een godsdienstig wezen, hij gelooft in een bovennatuurlijke macht, en knielt hij niet voor den waren God, dan snijdt hij zich een afgod.
        En we moeten niet naar de bosschen van Congo om getuigen te zijn van de treurige aberraties der menschelijke rede : ten onzent vindt men lieden die, misleid door allerhande passie, hebben afgebroken met hun geloof. En... liever dan Gods woord, consulteeren ze een waarzegster of een spiritiste, erkennen geen Voorzienigheid, maar stellen hun vertrouwen op het ivoren varken aan den hals, het hoefijzer in huis, de mascotte tegen de auto-ruit, – ze keeren God en zijn Kerk den rug toe en bewierooken... al is 't maar een Père Antoine.

    *   *   *

        Wat is nu 't Antoinisme, of de leer van P. Antoine, die uit die Waren in dezen en genen hoek van Vlaanderen komt overgewaaid en wil wortel schieten ?
        Père Antoine zelf – geen pater asjeblief – werd geboren te Mont-Crotteux, den 8 juni 1848, daalde eerst in de schachten, werd dan metaalbewerker, vertrok naar Pruisen en Rusland, en kwam ten slotte rentenieren te Jemeppes bij Luik. Een overgevoelig man, maag en zenuwlijder, die graatmager, meende dat hij geen lichaam had, en een soort magnetische vloeistof uit hem op anderen kon doen overgaan.
        Zijn eenige zoon stierf en, in de spiritische vereeniging van Jemeppe, liet hij den afgestorvene oproepen. Hij meende werkelijk de schim te zien van den doode, die beweerde dat hij verhuisd was in de huid van een apotheker te Parijs !
        Gek, zult ge zeggen ? maar Antoine geloofde 't, bleef doen aan spiritisme, werd het hoofd, der vereeniging, en kreeg de faam dat hij in gedurige betrekking met de geesten stond, dat hij wondere genezingen verrichtte, voorspellingen deed, een nieuwen godsdienst aanleerde.
        Zijn volgelingen noemden hem : de nieuwe Messias, profeet en... onzen god ! en bouwden hem tempels.
        En zieken en gezonden kwamen in massa toegeloopen !

    *   *   *

        Hoe hij 't aan boord legde ?
        Eerst was het, maar hij beweerde, de schim van zekeren doctor Carita die hem de recepten dicteerde in koeterwaalsch.
        Maar Antoine stak het zekeren dag in zijn hoofd, dat hij 't zonder dien geest wel kon klaar spinnen, en alle openbaring rechtstreeks uit de andere wereld ontving; en zijn volgelingen noteerden wat hij zeide en leerde, want hijzelf kon niet schrijven.
        Nu, lijk een kind zijn lotske, moeten de meeste zieken een flesch hebben, en Antoine schreef zekere likeur Coune voor, een remedie tegen cholera, kiespijn, bleek zucht en eksteroogen. Maar Antoine werd aangeklaagd en veroordeeld.
        Dan deed hij 't met pompwater, streek er eenige passen of gebaren over, en trok aldus zijn magnetische vloeistof op flesschen, en 't onnoozel volk op stoopkens.
        Maar, flesch na flesch magnetiseeren bleek hem te lastig, en hij liet dan liever zijn fluidische krachten overgaan in stukjes papier, die de patiënten thuis moesten in 't water leggen dat ze dronken.
        Wat later gebruikte hij geen tusschenmiddelen meer, en liet zijn genezende vloeistof overgaan in den zieke zelf, en ten slotte deed hij ’t zoo :
        In zijn tempel te Jemeppe kwam het volk bijeen, liefst op een Zondag, dan bijzonder bezat hij genezende kracht naar hij zeide. Op 't verhoog kwam een zijner discipelen, deed een soort preek, en riep : « onze goede vader gaat komen, verlevendigt uw geloof in hem en ge zult geholpen worden ». Antoine verscheen, bleek mager, een geraamte, deed eenige grimassen, strekte zijn armen uit over de menigte terwijl zijn spelende vingeren 't fluidum over de aanwezigen liet uitstroomen, sloot zijn oogen, en verdween.
        « Die gelooven zijn genezen ! » riep zijn helper, en de menschen konden gaan.
        Voor eenige jaren is Père Antoine gestorven, doch heeft zijn fluidische krachten overgemaakt aan zijn vrouw. Deze heeft al eenige discipelen voorzien van die wonderbare ! kracht, en zal haren opvolger aanduiden.

    *   *   *

        Deed Père Antoine wondere genezingen ?
        Neen ! Eenige maaglijders b.v. bevonden zich beter bij zijn raad die luidde : matig zijn in alles ! Maar iederen weet dat overdaad oorzaak is van menige ziekte. Geen doctors, geen zalf, of pillen, of plaasters, zei Père Antoine, geloof in mij, en ge geneest, Merci !
        Een zieke uit Condros kwam bij hem, en hij beloofde volledig herstel. En op de straat viel 't mensch dood voor zijn deur. Men droeg het lijk binnen, Antoine deed alle mogelijke passen en karpersprongen, maar 't mensch bleef dood.

    *   *   *

        Hij is een profeet, zeggen zijn bewonderaars. Maar ze komen met geen enkele profetie voor de pinnen. Toch wel, één – en op 't gerechtshof te Luik hebben de advocaten er zich bijna een breuk om gelachen. Denkt eens na : In 1917 had zekere Dangis zijn vrouw in de Maas geworpen en, onnoozel weg, kwam hij Père Antoine vragen waar zijn wederhelft was.
        – Na drie dagen zal ze u schrijven, antwooordde de profeet.
        En 't mensch werd opgevischt.
        Dangis vertelde dit voor zijn rechters, en 't is overbodig te zeggen welk misselijk figuur Père Antoine er maakte.

    *   *   *

        Père Antoine is de nieuwe Messias, bazuinen zijn volgelingen, Nou !
        Zijn leering ? Enkele onsamenhangende zinnen uit zijn catechismus, eenige domme gedachten uit de spiritische schriften van Alhan Kardec en uit de Christian Science van Me Baker Eddy, en heel wat uit eigen koker.
        Op wijgeerig gebied brabbelde hij er maar op los. Ik vertaal uit zijn schriften : « De stof is slecht, de ziekte is de vrucht der stof. Maar de stof bestaat niet, ze is een schim door 't verstand geschapen. En 't verstand moet trapsgewijze verdwijnen voor 't geweten. Denk dat de stof niet bestaat, en ge zult den wortel der ziekte dooden ! »
       
    Probeer maar, pachter.
        Zijn zedenleer nog iets van 't pak. Ik vertaal uit zijn Relevaties : « 't Is een groote zonde zich te hechten aan het dier, omdat het dier niet waardig is te leven onder de menschen ».
        Dat is waarschijnlijk voor sommige freules en kinderlooze vrouwen.
        Nog wat uit « Couronnement » : « De mensch mag handelen naar goedvinden. Goed en kwaad zijn slechts vergelijkstermen, in werkelijkheid bestaat noch 't een nach ’t ander ; doet het kwaad zoo komt ge dichtst bij de waarheid ! »
        Snapt ge ’t lezers ? ik niet. Zoo heeft nooit een Hottentotter gesproken.
        Over God en Godsdienst houdt hij er nog al een theorietje op na ! Luister liever ; hij zegt o.a. in « Couronnement » : « God is één wezen met den mensch. De eindterm van alle ontwikkeling is dat de mensch God worde. We zijn in meerdere mate de kinderen van den duivel dan de kinderen van God. Zonder den duivel zouden we eeuwig in ons ongluk blijven. Voor we tot de Godheid komen, moeten we door een heele reeks hervleeschwordingen, verhuizen van 't een in 't ander lichaam, van een oude tot een nieuwe ontgoocheling. »
       
    't Hangt aaneen als droog zand. Wie zulke stommiteiten schreef veroordeelde zichzelven.

    *   *   *

        Conscience in zijn « Gekkenwereld» vertelt dat hij te Gheel eens over straat ging met een meneer, die hem den weg wou wijzen, en heel ernstig bleek te praten. Tot Conscience hem ondervroeg over de gekken, en wou weten of men die makkelijk erkennen kon.
        – Kijk, zei de meneer, daar heb je er een ; hij beweert God de Zoon te zijn, dat kan niet want, meneer, ik ben God de Vader en ken hem niet !
        Conscience liet den sukkelaar in zijn wijsheid, en ging alleen voort.
        Dat kunnen we best met Antoine.
        Maar 't is om te weenen wanneer we zien dat in onze, verlichte eeuw zulke domheden nog kunnen toegang vinden tot den geest van ietwat beschaafde en ontwikkelde lieden.
        't Is waar : elk mensch heeft een hooger houvast van noode, bezit hij geen geloof dan zoekt hij er een, en springt hij, uitzinnig, van 't veilig vaartuig, dan grijpt hij zelfs naar een stroopijl om toch maar kop boven water te houden.
        We houden ons maar liever op het schip van Petrus, dat sedert eeuwen alle klippen voorbijzeilde, en zoovele millioenen gelukkig in goede haven liet landen.
                                                              SILAS.

    Gazet van Antwerpen, 13 juli 1926 (source: Belgicapress)

     

        La source de ce journal est l’article d’André Kervyn de 1911.

     

    Traduction :

    Antoinisme

        L'homme est un être religieux, il croit en une puissance surnaturelle, et s'il ne s'agenouille pas devant le vrai Dieu, il se crée une idole.
        Et il n'est pas nécessaire d'aller dans les forêts du Congo pour être témoin des tristes aberrations de la raison humaine : on y trouve des gens qui, égarés par toutes sortes de passions, ont rompu avec leur foi. Et... plutôt que la parole de Dieu, ils consultent une diseuse de bonne aventure ou un spirite, ils ne reconnaissent pas la Providence, mais mettent leur confiance dans le cochon d'ivoire sur le cou, le fer à cheval dans la maison, la mascotte sur le pare-brise de la voiture, – ils tournent le dos à Dieu et à son Église et adorent... même si ce n'est qu'un Père Antoine.

    *   *   *

        Qu'est-ce que l'Antoinisme, ou la doctrine du Père Antoine, qui vient de ces quartiers dans tel ou tel coin de Flandre et veut prendre racine ?
        Le Père Antoine lui-même – pas de Père catholique s'il vous plaît – est né au Mont-Crotteux le 8 juin 1848, est d'abord descendu dans la mine, puis est devenu ouvrier métallurgiste, est parti en Prusse et en Russie, et enfin est venu vivre de ses rentes à Jemeppes près de Liège. Homme hypersensible, souffrant de l'estomac et des nerfs, il pensait ne pas avoir de corps et qu'une sorte de liquide magnétique pouvait passer de lui aux autres.
        Son fils unique est mort et, dans le monde des esprits de Jemeppe, il a fait convoquer le défunt. Il a même cru voir le fantôme du mort, qui prétendait s'être transporté dans la peau d'un pharmacien de Paris !
        Vous pouvez dire que c'est fou, mais Antoine y a cru, a continué à pratiquer le spiritisme, est devenu le chef de la Société, et a acquis la réputation d'être en contact permanent avec les esprits, de faire des guérisons miraculeuses, de prédire des choses, d'enseigner une nouvelle religion.
        Ses partisans l'ont appelé le nouveau Messie, le prophète et... notre dieu ! et ont construit des temples en son honneur.
        Et les malades et les bien portants sont venus en masse !

    *   *   *

        Comment en est-il venu là ?
        Au début, il s'agissait, selon lui, du fantôme d'un certain Dr Carita qui lui dictait les recettes en charabia.
        Mais un jour, Antoine s'est mis dans la tête qu'il pouvait le faire sans cet esprit, et a reçu toute la révélation directement de l'autre monde ; et ses disciples ont écrit ce qu'il disait et enseignait, car lui-même ne savait pas écrire.
        Or, comme un enfant avec son biberon, la plupart des malades doivent avoir une bouteille, et Antoine prescrivait une certaine liqueur appelée Coune, remède contre le choléra, le mal de dents, l'anémie et les cors aux pieds. Mais Antoine a été accusé et condamné.
        Puis il le fit avec de l'eau de pompe, la caressa de quelques passe ou gestes, et attira ainsi son liquide magnétique sur des flacons, et les pigeons sur ses prédications.
        Mais magnétiser bouteille après bouteille s'avérait trop difficile pour lui, et il préférait transférer ses pouvoirs fluidiques sur des morceaux de papier, que les patients devaient mettre dans l'eau qu'ils buvaient à la maison.
        Un peu plus tard, il a cessé d'utiliser des intermédiaires et a laissé son fluide de guérison passer dans le patient lui-même, et enfin il a procédé de cette façon :
        Dans son temple de Jemeppe, le peuple se réunissait, de préférence le dimanche, où l'on disait qu'il avait des pouvoirs de guérison. Un de ses disciples est monté sur l'estrade, a fait une sorte de sermon et a crié : « Notre bon père arrive, ravivez votre foi en lui et vous serez aidés ». Antoine apparut, maigre et pâle, un squelette, fit quelques grimaces, tendit les bras sur la foule tandis que ses doigts joueurs laissaient couler le fluide sur les personnes présentes, ferma les yeux et disparut.
        « Ceux qui croient sont guéris ! » cria son aide, et le peuple put partir.
        Depuis quelques années, le Père Antoine est mort, mais il a transmis ses pouvoirs fluidiques à sa femme. Elle a déjà fourni à un certain nombre de disciples ce miraculeux ! pouvoir, et nommera son successeur.

    *   *   *

        Le Père Antoine a-t-il effectué des guérisons miraculeuses ?
        Non, il ne l'a pas fait ! Certains maux d'estomac, par exemple, avaient tout intérêt à suivre son conseil : soyez modérés en tout ! Mais chacun sait que l'excès est la cause de nombreuses maladies. Pas de médecins, pas de pommade, pas de pilules, pas de plâtres, dit le Père Antoine, crois en moi et tu seras guéri, merci !
        Un malade de Condroz est venu le voir, et il lui a promis une guérison complète. Et dans la rue, l'homme est tombé mort à sa porte. Le cadavre a été porté à l'intérieur, Antoine a fait toutes les passes et tous les sautillements nécessaires, mais l'homme est resté mort.

    *   *   *

        C'est un prophète, disent ses admirateurs. Mais ils ne peuvent prouver aucune prophétie. Mais il y en a un – et au tribunal de Liège, les avocats étaient presque morts de rire. Pensez-y : en 1917, un certain Dangis avait jeté sa femme dans la Meuse et, s'en allant tout ébahi, il était venu demander au Père Antoine où se trouvait sa moitié.
        – Après trois jours, elle vous écrira, a répondu le prophète.
        Et la femme a été repêché.
        Dangis a raconté cela à ses juges, et il est inutile de dire que le Père Antoine avait une drôle de figure.

    *   *   *

        Le Père Antoine est le nouveau Messie, claironnent ses partisans, Eh bien !
        Ses enseignements ? Quelques phrases incohérentes de son catéchisme, quelques pensées stupides tirées des écrits spirituels d'Allan Kardec et de la Science chrétienne de Mme Baker Eddy, et beaucoup de sa propre plume.
        Sur le sujet de la philosophie, il a bavardé encore et encore. Je traduis de ses écrits : « La matière est le mal, la maladie est le fruit de la matière. Mais la matière n'existe pas, c'est un fantôme créé par la raison. Et la raison doit progressivement disparaître devant la conscience. Pensez que la poussière n'existe pas, et vous tuerez la racine de la maladie ! »
        Essaie, mon vieux.
        Sa moralité est toujours un peu un mystère. Je traduis de ses Révélations : « C'est un grand péché de s'attacher à l'animal, car l'animal n'est pas digne de vivre parmi les hommes ».
        C'est probablement le cas pour certaines demoiselles et femmes sans enfants.
        Quelques mots encore du « Couronnement » : « L'homme est libre d'agir comme il l'entend. Le bien et le mal ne sont que des termes de comparaison, en réalité il n'y a ni l'un ni l'autre ; si vous faites le mal vous êtes le plus proche de la vérité ! »
        Vous comprenez les lecteurs ? Pas moi. Même un Hottentot ne s'exprime comme ça.
        Sur Dieu et la religion, il a de nombreuses théories ! Ecoutez, il dit dans le « Couronnement » : « Dieu est un avec l'homme. Le but final de tout développement est que l'homme devienne Dieu. Nous sommes plus les enfants du diable que les enfants de Dieu. Sans le diable, nous resterions éternellement dans notre misère. Avant d'atteindre la divinité, nous devons passer par toute une série de transformations, passer d'un corps à l'autre, d'une ancienne à une nouvelle désillusion. »
        C’est comme essayer d'accrocher du sable. Celui qui a écrit de telles stupidités s'est condamné lui-même.

    *   *   *

        [Henri] Conscience, dans son "De Gekkenwereld" (Monde fou), raconte qu'il s'est un jour promené dans la rue à Gheel avec un monsieur qui voulait lui montrer le chemin et qui semblait parler très sérieusement. Jusqu'à ce que Conscience l'interroge sur les fous, et veuille savoir si on pouvait les reconnaître facilement.
        – Regardez, dit le monsieur, il y en a un ; il prétend être Dieu le Fils, ce qui est impossible car, monsieur, je suis Dieu le Père et je ne le connais pas !
        Conscience laissa le fou dans sa sagesse, et continua seule.
        C'est ce qu'il y a de mieux à faire avec Antoine.
        Mais il est triste de constater qu'à notre époque éclairée, une telle bêtise peut encore se frayer un chemin dans l'esprit de personnes quelque peu civilisées et éduquées.
        C'est vrai : tout homme a besoin d'une assise plus élevée ; s'il manque de foi, il en cherchera une, et sautera, frénétique, du navire sûr où il se trouve, allant même jusqu'à s'accrocher à une flèche de paille pour garder la tête hors de l'eau.
        Nous préférons nous en tenir au navire de Pierre, qui a navigué pendant des siècles au-delà de tous les rochers et qui a ramené des millions de personnes à bon port.

                                                              SILAS.

    Gazet van Antwerpen, 13 juillet 1926 (source: Belgicapress)


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  • Limburg - Over Antoinisme (Het Laatste Nieuws, 27 septembre 1929)(Belgicapress)

    LIMBURG 

        Over Antoinisme.   Onder groote belangstelling had hier in den namiddag de plechtige teraardebestelling plaats van een volksvrouw die zich sinds eenige jaren reeds to het Antoinisme had bekeerd. Talrijke vreemde geloofsbroeders en -zusters, in eigenaardige kleederdracht, volgden het lijk. Vooropwerd de symbolische levensboom gedragen en op den doodenakker een afscheidstoespraak gehouden.
        Honderden Limburgers bezoeken nog geregeld « Ma Mère », te Jemeppe, die genezing belooft aan al wie vastelijk in 't Antoinisme gelooft. Af en toe komen geheele groepen vrouwelijke en mannelijke propagandisten in Tongeren en in de omgeving vlugschriften verspreiden. Sinds verleden jaar beschikt deze geloofsekte over een plaatselijk inlichtingsbureel.

    Het Laatste Nieuws, 27 september 1929 (source : Belgicapress)

     

    Traduction :

    LIMBOURG

        A propos de l'Antoinisme.  – L'après-midi, l'enterrement solennel d'une femme de la classe ouvrière qui s'était convertie à l'antoinisme quelques années auparavant a eu lieu ici au milieu d'un grand intérêt. De nombreux frères et sœurs étrangers portant des costumes étranges ont suivi le cadavre. L'arbre de vie symbolique a été porté devant le cortège et un discours d'adieu a été prononcé au cimetière.
        Des centaines de Limbourgeois rendent encore régulièrement visite à "Ma Mère" à Jemeppe, qui promet la guérison à tous ceux qui croient fermement à l'antoinisme. De temps en temps, des groupes entiers de propagandistes, hommes et femmes, viennent à Tongres et dans les environs pour distribuer des tracts. Depuis l'année dernière, cette secte religieuse dispose d'un bureau d'information local.

    Het Laatste Nieuws, 27 septembre 1929 (source : Belgicapress)


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  • Waiting for the healer (Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912)

    Waiting for the healer - A crowd at the entrance of the abode of the belgian widow

    de l'article Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912


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  • A Sunday Morning at Jemeppe (Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912)

    A Sunday Morning- muster of the faithful at Jemeppe, Belgium

    de l'article Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912


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  • Après la ''désincarnation'' - Antoine le Guérisseur (La Tribune de Genève, 3 juillet 1913)(e-newspaperarchives.ch)Après la ''désincarnation''
    Antoine le Guérisseur

        Des fêtes antoinistes ont été célébrées l'autre jour à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
        Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux, dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
        Cet homme, à qui son regard fulgurant et sa barbe de fleuve donnaient l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire. Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
        Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour, sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les vœux de l'humanité malheureuse.
        C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son œuvre.
        Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à son fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
        C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou, du moins, s'y applique.
        Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier, à Jemeppe-sur-Meuse ; elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
        Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groupes antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent-cinquante pèlerins.
        Les plus zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'ils s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et la redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable de nos arrière-grands-pères.
        Dans le temple antoiniste, c'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable le Père.
        Dans le silence qui précède les grands événements, les fidèles attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint – blanc sur fond noir – l'arbre de la vie, symbole de s'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
        Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et resta là, sans mot dire, le regard dans le vide.
        C'est, notre frère Deregnaucourt. Ainsi que la Mère a remplacé le Père, il remplacera la Mère le jour où celle-ci se désincarnera à son tour...
        Le frère Deregnancourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
        Mais soudain, on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan. C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
        C'est là « l'opération » annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois, chaque fois devant cinq à six cents personnes.
        On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. Ce sera sans doute pour plus tard !
        Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau...

    La Tribune de Genève, 3 juillet 1913 (source : e-newspaperarchives.ch)

    Reprend en partie l'article paru dans Le Matin du 30 juin 1913.


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  • Belgium's Christian Scientists have woman chief (San Antonio Express, Vol. 47, No. 287, Ed. 1 Sunday, October 13, 1912)(texashistory.unt.edu)

            BELGIUM’S CHRISTIAN SCIENTISTS
                                           HAVE WOMAN CHIEF

    Widow of "Anthony the Healer" Now Rules a Sect That Has Attracted Hundreds of Thousands – Magnetic Healing the Vital Principle of Their Faith – Founder Died Recently, But His Wife, Simple Countrywoman, Is Continuing to "Suggest" the Cure of the Worshippers.

    Amazing Successes With Nervous Sufferers – A World-wide Correspondence Leads to Magnetized Water and Printed Prayers – Curious Service That Attracts Crowds – Conflict With Authority in France.

    Special Cable Service to the Express
    BRUSSELS, Oct 12. – It is curious to note how Christian Science movements tend to bring women into the responsible position of leadership. Mrs. Mary Baker Eddy is, of course, the most notable example, but outside the regular fold of Christian Science as understood in Boston there is at least one other sect in which healing is the central principle and a woman is today the unquestioned chief.
        This is the sect founded by "Antoine le Guerisseur," as he was known, an uncultured but very businesslike mystic who drew to his banner hundreds of thousands of believers both in Belgium and France. Antoine has just died, but now his widow rules the sect, and seems destined, simple countrywoman though she is, to maintain its strength intact.
        The name of "Anthony the Healer," is revered by the Antoinists today with singular fervor. Only a few months ago a petition bearing 130,000 signatures was presented to the Belgian Parliament asking that they should be officially recognized as members of a religious sect. How this extraordinary man rose to religious power and prominence belongs in part to that world of mysticism which Maeterlinck, a still greater Belgian, has explored in his inimitable writings.
        The first incident of any importance in Anthony's life happened just after the Franco-German War, when he was sent with his regiment to the French frontier. In the course of some military maneuvers he accidentally shot dead one of his comrades, and though he was acquitted of all blame the incident made him changed man. He became grave and silent, and when he returned to his vocation as a miner, he won the deep respect of his fellow workers, who came to the conclusion that there was something uncanny about the companion.
        In due course he married, and having worked as a mechanic in Germany for awhile, returned to his native village, Jemeppe, near Liege in Belgium, where he ran small green grocer's store. This did not last very long for he secured sob a mechanic in a large Belgian factory near Warsaw, in Russian Poland. His wife, who accompanied him, and who is now running the strange sect he inaugurated, there demonstrated her enterprise by establishing an apartment house which prospered until he had amassed modest fortune.
        Meanwhile Anthony covered himself while in the congenial Society of circle of local spiritualists, among whom he became marked man by reason of his possession of singular gifts as a medium. Political events in Poland, and particularly the violence of Russian repression, awakened his sympathies for the suffering of mankind, while at the same time he came under the influence of Tolstoy's teaching
                                  RETURNED AFTER EXILE.
        After twelve years' exile Anthony and his wife returned to Belgium, full of the ideas that subsequently developed into the Antoinist movement of the present day. His first achievement with the erection of sort of garden village near Jemeppe, where he soon became established unofficial father confessor and advisor upon the troubles of the troubles of life. But the most potent development came when Anthony discovered he had remarkable powers as a healer, especially in cases of nervous disorders. His fame in this direction spread all over Belgium, and soon he was besieged by all sorts and conditions of patients who had lost their faith in doctors
        Another and still more remarkable development occurred when his only son died. Henceforth be devoted all his time and money to his mission, which was rapidly assuming nation-wide importance. The sick and needy in places far away from his native country began to hear whispers of the wonderful Belgian healer and letters from all parts of the world began to pour in upon him.
        Two devoted disciples, a college professor and a woman of Nice, whom he had cured, became his secretaries, and controlled as strange a mailbag as any in the world. Correspondents hailed Anthony as a redeemer of mankind, and kept up such a battery of extravagant adulation that this almost illiterate peasant came to believe himself to be an inspired prophet, in sign of which he let his hair grow till it curled over his shoulders and cultivated a head of the traditional prophetic cut. Subscriptions poured in from his admirers, and this money, combined with his own private fortune, supplied the wherewithal for the erection of a temple called "The Tree of the Science of the Perception of Evil." At the same time a branch was established in Liege to promulgate the tenets of the new faith.
                                  SOME REMARKABLE SCENES
        The little village of Jemeppe began to present some of the most remarkable scenes to be witnessed anywhere on the continent of Europe, not excepting the famous shrine of Lourdes. Every day crowds of people consulted Anthony the Healer, and the number of applicants grew till special tickets of admission to his presence had to be issued.
        How far it went can be gathered from the fact that his correspondence attained even more swollen dimensions because it became noised abroad that he could heal at a distance "by the inspired word dictated to his shorthand writers." Mystic missives began to speed to America, England, Scandinavia, Italy, Egypt and Austria. Another temple was erected in Brussels, in charge of retired army officer who still looks after the growth of "The Tree of the Science of the Perception of Evil," while other places caught the infection.
        After a time Anthony got tired of such prodigious work and shut down his consultations und audiences. First he circulated bottles of magnetised chemical preparation, varying in size according to the individual case, the contents of which were declared capable of healing those of sufficient faith. But the vigilant medical association prosecuted the healer and he was fined 26 francs. Thereafter he circulated bottles of water, "magnetised" by gestures and murmured prayers, so it was said, and still warranted to cure all maladies. At last he abandoned even this expedient, having grown desperately weary of the credulous crowds. So he had printed prayers to himself distributed among the health seekers, and issued instructions that their perusal by the recipients would impart healing properties to the water and in fact, complete the cure. For Anthony had discovered that there are thousands of people whose maladies are largely existent in imagination and merely need suggestion to effect recovery.
        There's no doubt at all that at this time of his life Anthony the Healer had a fine time. The temple service, which began at 10 o'clock on Sunday morning, was simplicity itself. At the outset an assistant got up and announced, "Our good father in about to appear. He is about to appear. He is engaged in prayer. Respect this solemn moment. Revive your faith, for those who have faith shall alone be cured." Immediately after this announcement a door opened and Anthony appeared and ascended the pulpit. He majestically raised his arms and made gestures as if he were scattering influence upon the congregation, and then retired.
        "The operation is at an end," the assistant then said. "Those who have had faith are cured or relieved."
                                  APPOINTED WIFE HIS SUCCESSOR
        Before his recent death Anthony the Healer appointed his simple wife as his inspired successor. She is now carrying on the business of the temple, and all the healing activities of the sect with magnificent assurance which seems to hypnotise the faithful. The assistant minister announces her coming into the pulpit with the same awe-inspiring tones with which he ushered in her deceased husband, and her gestures in the pulpit are just the same. She tells all inquirers "that the multitude of believers is growing, and the correspondence increased."
        The Antoinists are also to be found in Paris where a girl of the Joan of Arc type has created a good deal of stir by her alleged cures wrought by the invocation of "Our Father Anthony." The sect has many followers among the poor, two of whom got into trouble recently with the Commissary of Police in the Sorbonne quarter for returns permission for the burial of their dead child. Medical investigation showed that the child had died from lack of proper attention, and the parents when questioned candidly admitted that they had not called in a doctor. When further questioned, these humble followers of the Belgian Christian Scientist declared: "We are the faithful followers of Anthony the Healer, and we hold that God alone has the power, if he will, to save and to cure. The most high preferred to call our beloved child to himself. His will be done." As it was proved that another child of whom they had the guard had also died of inattention, the two French believers were sent to jail.
        Opinion in Belgium as to the staying power of the sect is divided, but it is conceded that nothing can be said against the woman of simple habits who now control its destinies. Her motives appear to be strictly honorable, but the question remains – is she not herself one of the most notable examples of the power of auto-suggestion?

    San Antonio Express, Vol. 47, No. 287, Ed. 1 Sunday, October 13, 1912 (source : texashistory.unt.edu)

        Article repris par le San Diego Union and Daily Bee, du 9 novembre 1912 (cdnc.ucr.edu) :

    New Belgian Sect (San Diego Union and Daily Bee, 9 November 1912)(cdnc.ucr.edu)

    Traduction :

          LES SCIENTISTES CHRÉTIENS DE BELGIQUE
         ONT UNE FEMME COMME CHEF

    La veuve d'"Antoine le guérisseur" dirige aujourd'hui une secte qui a attiré des centaines de milliers de personnes – La guérison magnétique est le principe vital de leur foi – Le fondateur est décédé récemment, mais sa femme, simple paysanne, continue de "suggérer" la guérison des adorateurs.

    Succès étonnants auprès des malades nerveux – Une correspondance mondiale conduit à l'eau magnles – Conflit avec l'autorité en France.

    Service de câble spécial pour l'Express  
    BRUXELLES, 12 octobre. – Il est curieux de constater que les mouvements de la Science Chrétienne tendent à amener les femmes à occuper des postes de responsabilité. Mme Mary Baker Eddy en est, bien sûr, l'exemple le plus remarquable, mais en dehors du giron régulier de la Science Chrétienne telle qu'elle est comprise à Boston, il existe au moins une autre secte dans laquelle la guérison est le principe central et où une femme est aujourd'hui le chef incontesté.
        C'est la secte fondée par "Antoine le Guérisseur", comme on l'appelait, un mystique inculte mais très entreprenant qui a attiré sous sa bannière des centaines de milliers de croyants tant en Belgique qu'en France. Antoine vient de mourir, mais c'est sa veuve qui dirige la secte, et semble destinée, toute simple paysanne qu'elle est, à en maintenir la force intacte.
        Le nom d'"Antoine le guérisseur" est aujourd'hui vénéré par les Antoinistes avec une singulière ferveur. Il y a quelques mois seulement, une pétition portant 130 000 signatures a été présentée au Parlement belge pour demander qu'ils soient officiellement reconnus comme membres d'une secte religieuse. La manière dont cet homme extraordinaire a accédé au pouvoir et à la notoriété religieuse appartient en partie à ce monde mystique que Maeterlinck, un Belge encore plus grand, a exploré dans ses écrits inimitables.
        Le premier incident d'importance dans la vie d'Antoine se produit juste après la guerre franco-allemande, lorsqu'il est envoyé avec son régiment à la frontière française. Au cours de manœuvres militaires, il tue accidentellement l'un de ses camarades et, bien qu'il soit acquitté de toute responsabilité, l'incident le transforme. Il devint grave et silencieux, et lorsqu'il retourna à sa vocation de mineur, il gagna le profond respect de ses compagnons de travail, qui arrivèrent à la conclusion qu'il y avait quelque chose d'étrange chez ce compagnon.
        En temps voulu, il se marie et, après avoir travaillé quelque temps comme mécanicien en Allemagne, il retourne dans son village natal, Jemeppe, près de Liège en Belgique, où il tient une petite épicerie de légumes. Cela n'a pas duré très longtemps car il a obtenu un poste de mécanicien dans une grande usine belge près de Varsovie, en Pologne russe. Sa femme, qui l'accompagnait et qui dirige maintenant l'étrange secte qu'il a inaugurée, a démontré son esprit d'entreprise en créant une pension qui a prospéré jusqu'à ce qu'il ait amassé une modeste fortune.
        Pendant ce temps, Antoine se couvrait de la sympathique société du cercle des spirites locaux, parmi lesquels il s'est fait remarquer en raison de la possession de dons singuliers de médium. Les événements politiques en Pologne, et en particulier la violence de la répression russe, éveillèrent ses sympathies pour la souffrance de l'humanité, tandis qu'en même temps il subissait l'influence de l'enseignement de Tolstoï.
                                  RETOUR APRÈS L'EXIL.
        Après douze ans d'exil, Antoine et sa femme reviennent en Belgique, pleins des idées qui se sont développées par la suite pour devenir le mouvement antoiniste d'aujourd'hui. Sa première réalisation fut l'érection d'une sorte de cité ouvrière près de Jemeppe, où il devint rapidement un père confesseur officieux et un conseiller sur les problèmes de la vie. Mais le développement le plus puissant s'est produit lorsqu'Antoine a découvert qu'il avait de remarquables pouvoirs de guérisseur, en particulier dans les cas de troubles nerveux. Sa renommée dans ce domaine se répandit dans toute la Belgique et il fut bientôt assailli par toutes sortes de patients qui avaient perdu leur foi dans les médecins.
        Une autre évolution, encore plus remarquable, se produit à la mort de son fils unique. Désormais, il consacre tout son temps et son argent à sa mission, qui prend rapidement une importance nationale. Les malades et les nécessiteux dans des endroits très éloignés de son pays natal ont commencé à entendre parler du merveilleux guérisseur belge et des lettres de toutes les parties du monde ont commencé à affluer vers lui.
        Deux disciples dévoués, un professeur d'université et une femme de Nice, qu'il avait guéris, devinrent ses secrétaires, et contrôlaient un sac de courrier aussi étrange que n'importe quel autre au monde. Les correspondants saluaient Antoine comme un rédempteur de l'humanité et entretenaient une telle batterie d'adulations extravagantes que ce paysan presque illettré en vint à se prendre pour un prophète inspiré, en signe de quoi il laissa pousser ses cheveux jusqu'à ce qu'ils frisent sur ses épaules et cultiva une tête à la coupe prophétique traditionnelle. Les souscriptions affluent de la part de ses admirateurs, et cet argent, combiné à sa fortune personnelle, fournit les moyens d'ériger un temple appelé "L'Arbre de la Science de la Vue du Mal". En même temps, une branche fut établie à Liège pour promulguer les principes de la nouvelle foi.
                                  DES SCÈNES REMARQUABLES
        Le petit village de Jemeppe commença à présenter certaines des scènes les plus remarquables que l'on puisse observer sur tout le continent européen, à l'exception du célèbre sanctuaire de Lourdes. Chaque jour, des foules de personnes consultaient Antoine le guérisseur, et le nombre de candidats augmentait jusqu'à ce que des tickets spéciaux d'admission à sa présence doivent être émis.
        On peut se faire une idée de l'ampleur de la situation en constatant que sa correspondance prend des proportions encore plus importantes, car on entend dire à l'étranger qu'il peut guérir à distance "par la parole inspirée dictée à ses sténographes". Les missives mystiques commencent à affluer en Amérique, en Angleterre, en Scandinavie, en Italie, en Égypte et en Autriche. Un autre temple est érigé à Bruxelles, sous la responsabilité d'un officier de l'armée à la retraite qui veille toujours à la croissance de "l'arbre de la science de la vue du mal", tandis que d'autres endroits sont gagnés par la secte.
        Au bout d'un certain temps, Antoine se lasse de ce travail prodigieux et arrête ses consultations et ses audiences. Il fait d'abord circuler des flacons de préparation chimique magnétisée, de taille variable selon les cas, dont le contenu est déclaré capable de guérir ceux qui ont suffisamment de foi. Mais l'association médicale vigilante poursuit le guérisseur et il est condamné à une amende de 26 francs. Par la suite, il fit circuler des bouteilles d'eau, "magnétisées" par des gestes et des prières murmurées, disait-on, et toujours garanties pour guérir toutes les maladies. Finalement, il abandonna même cet expédient, s'étant désespérément lassé des foules crédules. Il fit donc distribuer des prières imprimées à son intention parmi les personnes en quête de santé, et donna des instructions pour que leur lecture par les destinataires confère des propriétés curatives à l'eau et, en fait, complète la guérison. Car Antoine avait découvert qu'il y a des milliers de personnes dont les maladies existent en grande partie dans l'imagination et qui ont simplement besoin d'une suggestion pour se rétablir.
        Il ne fait aucun doute qu'à cette époque de sa vie, Antoine le guérisseur n'a pas chômé. Le service au temple, qui commençait à 10 heures le dimanche matin, était la simplicité même. Dès le début, un assistant se lève et annonce : "Notre bon père est sur le point d'apparaître. Il est sur le point d'apparaître. Il est en train de prier. Respectez ce moment solennel. Ravivez votre foi, car seuls ceux qui ont la foi seront guéris." Immédiatement après cette annonce, une porte s'ouvre et Antoine apparaît et monte en chaire. Il leva majestueusement les bras et fit des gestes comme s'il répandait de l'influence sur la congrégation, puis se retira.
        "L'opération est terminée", dit alors l'assistant. "Ceux qui ont eu la foi sont guéris ou soulagés".
                                  A DÉSIGNÉ SA FEMME COMME SON SUCCESSEUR
        Avant sa mort récente, Antoine le Guérisseur a désigné sa simple épouse comme son successeur inspiré. Elle s'occupe maintenant des affaires du temple et de toutes les activités de guérison de la secte avec une magnifique assurance qui semble hypnotiser les fidèles. Le ministre adjoint annonce sa venue en chaire sur le même ton impressionnant que celui avec lequel il a accueilli son défunt mari, et ses gestes en chaire sont exactement les mêmes. Elle dit à tous les demandeurs "que la multitude des croyants augmente, et que la correspondance s'est accrue."
        Les Antoinistes se trouvent aussi à Paris où une jeune fille du type de Jeanne d'Arc a fait beaucoup de bruit par ses prétendues guérisons opérées par l'invocation de "Notre Père Antoine". La secte compte de nombreux adeptes parmi les pauvres, dont deux ont eu récemment des ennuis avec le commissaire de police du quartier de la Sorbonne pour avoir retourné la permission d'enterrer leur enfant mort. L'enquête médicale a montré que l'enfant était mort par manque de soins appropriés, et les parents, interrogés, ont candidement admis qu'ils n'avaient pas fait appel à un médecin. Interrogés plus avant, ces humbles disciples de la Scientiste Chrétienne Belge ont déclaré : "Nous sommes les fidèles disciples d'Antoine le guérisseur, et nous soutenons que Dieu seul a le pouvoir, s'il le veut, de sauver et de guérir. Le Très-Haut a préféré appeler à lui notre enfant bien-aimé. Que sa volonté soit faite". Comme il a été prouvé qu'un autre enfant dont ils avaient la garde était également mort d'inattention, les deux croyants français ont été envoyés en prison.
        En Belgique, les avis sont partagés quant à la pérennité de la secte, mais on admet que rien ne peut être dit contre la femme aux habitudes simples qui en contrôle désormais les destinées. Ses motivations semblent être strictement honorables, mais la question demeure : n'est-elle pas elle-même l'un des exemples les plus remarquables du pouvoir de l'auto-suggestion ?


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  • L'Antoinisme et ses fidèles (L'Indépendance belge, 19 mai 1934)(Belgicapress) L'Antoinisme et ses fidèles

        On a souvent parlé, et de manière inexacte, de la religion fondée en 1906, à Jemeppe-sur-Meuse, par un simple, cadet d'une famille de huit enfants, Antoine. Quand le Père Antoine mourut, 30,000 personnes suivirent ses funérailles ; aujourd'hui le culte est encore dirigé par la Mère Antoine, âgée de 83 ans. Certains historiographes ont évalué à un million d'adeptes, le nombre des antoinistes répandus en France, au Brésil, au Congo, au Canada. Ce chiffre est fort exagéré. Il résulte de l'ouvrage que M. P. Debouxhtay vient de consacrer à la question que l'Antoinisme comptait, en 1933, 170 temples et maisons de lecture par le monde, mais que le nombre des antoinistes pratiquants ne dépasse pas 100,000. Ce n'est déjà pas mal si l'on songe que la secte n'a pas encore trente ans !

    L'Indépendance belge, 19 mai 1934 (source : Belgicapress)


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  •  Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)

    Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)Encore une religion
    qui apparaît
    et qui fait des miracles
    par l’intermédiaire d’une petite modiste

        Mlle Camus, dans le temporel, est modiste. Elle habite, 14, rue Milton, une humble chambrette au fond d'une cour obscure.
        Bourguignonne d'origine, voilà dix ans qu'elle quitta son village natal – Auxou, commune de Saint-Branchet, dans l'Avallonnais – pour venir s'établir à Paris. Elle compte aujourd'hui trente-huit printemps, et il y a seulement deux mois que révélation lui fut faite de ses miraculeux pouvoirs.
        Miraculeux, en effet, si l'on songe que sa présence seule apporte aux malades, fussent-ils incurables, un soulagement immédiat ; qu'au bout de trois, quatre ou cinq séances, au plus, tel, dont le rein était dévoyé, et « l'estomac descendu à dix centimètres au-dessous du nombril », s'en retourne guilleret, estomac et rein remis en place, prêt à entonner comme un chantre et dévorer comme un ogre, tel autre, grabataire depuis un mois, par suite d'un asthme aigu, reconquiert en quatre séances la bienheureuse franchise-respiratoire ; tel encore, aveugle à la suite d'une méningite depuis l’âge de deux ans, voit, à trente-cinq ans, s'épanouir progressivement ses prunelles à l'ineffable printemps de la divine clarté libératrice tel autre... mais il faudrait des colonnes pour dénombrer les stupéfiantes guérisons – plus de quarante en deux mois – accomplies par la petite modiste : des guérisons, des lettres, des témoignages sont là qui les attestent. Et les rescapés que nous interrogeâmes se répandirent en actions de grâces sur le désintéressement et les prestiges – d'aucuns vont jusqu'à dire la sainteté – de leur bienfaitrice.
        – Comment je procède ? Mon Dieu, rien n'est plus simple, nous explique au bon sourire l'assembleuse de fanfreluches. Un malade se présente-t-il ? Je lui demande de penser au Père. De mon côté, je Lui communique ma pensée. Je puise en Lui comme Il puise en Dieu. Puis je m'endors et je lis à livre ouvert dans les parties souffrantes du malade. Je souffre moi-même de sa douleur, je l'accapare, je l'extirpe petit à petit de lui pour la pulvériser, l'égrener, la disperser au dehors. Et quand la guérison approche, je la sens venir. Alors je me réveille. Je ne suis pour rien dans cette guérison. Je ne suis que l'humble servante et inspirée du Père.
        – Du Père Eternel ?
        Pas tout à lait, mais presque : du père Antoine, Antoine le Généreux, le régénérateur de l'humanité, le grand révélateur de la doctrine intégrale du Christ.
        Les lecteurs du Matin n'ont pas oublié, pour l'avoir vu retracer à maintes reprises, l'extraordinaire figure de cet humble artisan liégeois, ancien ouvrier mineur, puis compagnon forgeron, puis prophète et thaumaturge, qui, il y a dix ans, à Jemeppe-sur-Meuse, fonda le nouveau spiritualisme, autrement dit la vraie religion de Jésus, épurée, et telle Fils de l'Homme, prétendit posséder le pouvoir de galvaniser les malades sous la simple imposition de ses mains rédemptrices.
        En vain cent cinquante médecins belges, insurgés contre l'empiétant le trainèrent en justice ; ils ne purent établir l'indignité d'un homme qui ne prescrivait à ses patients ni remèdes, ni le moindre débours.
        L'antoinisme, depuis lors, a fait son chemin. Dans le temple érigé à Jemeppe – Jérusalem de la nouvelle doctrine – et qui coûta 100.000 francs à M. Deregnancourt, le bon Samaritain du jeune bien que septuagénaire Messie, c'est par milliers – huit à neuf cents en moyenne par jour – que les malades affluent. Il en vint douze mille en une fois, à Pâques dernières, et la plupart s'en retournèrent guéris.
        Enfin le 5 décembre 1910, une pétition de posée sur le bureau de la Chambre des représentants, à Bruxelles, et paraphée de 160.000 signatures de citoyens cultivés, de professeurs, voire de médecins, sollicitait des pouvoirs publics la reconnaissance officielle du culte antoiniste.
        Deux de nos départements, le Nord et l'Aisne, comptent actuellement de nombreux adeptes. Des groupes importants de fidèles se sont fondés à Tours, Vichy, Nice, Monte-Carlo, Aix-les-Bains, Grenoble, et Paris même, au siège de la Fraternelle, 183, rue Saint-Denis, où chaque dimanche de cinq à six, les Antoinistes s'assemblent pour lire et méditer en commun le Grand livre de la révélation.
        – C'est là, nous dit Mlle Camus, le 12 décembre dernier, que je reçus en plein cœur l'illumination du Père. Je ne l'ai jamais vu. J'irai lui faire visite au printemps.
       » On dit qu'il est, aujourd'hui, presque totalement dématérialisé et qu'il est la réincarnation parfaite du Christ. Voyez : la ressemblance n'est-elle pas frappante ? »
        Sourie qui voudra ; c'est chose toujours émouvante de se pencher sur le berceau d'une religion.
        Et voici qu'en deux mois de temps, la plus humble des inspirées, une obscure petite ouvrière, a obtenu quarante guérisons.

    Le Matin, 22 février 1912


        Le Bourguignon du 23 février 1912 cite cet article :

    Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)

    Les grands miracles de la petite modiste morvandelle.
        [Notre confrère le Matin consacre l'amusant article qui suit, à une de nos jeunes compatriotes de l'Avallonnais, modiste à Paris].


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  • La religion antoiniste (Gazette de Lausanne, 29 octobre 1913)La religion antoiniste

        Samedi, à la gare du Nord, à Paris, un train de Belgique a déversé sur le quai six cents fidèles de la religion antoiniste.
        Le père Antoine était un obscur ouvrier qui se reconnut un jour la vertu de guérir les malades et les infirmes. A la voix du nouveau Messie, les paralytiques se levèrent, les aveugles virent : ils l'assurent du moins. Car des six cents fidèles qui, un petit sac à la main, vêtus, les hommes d'une lévite noire et coiffés d'un chapeau mat à bords plats, les femmes d'une robe noire et couvertes d'un voile, débarquaient l'autre jour à Paris, il n'en est guère qui ne soient prêts à témoigner du miraculeux pouvoir du père Antoine.
        Le culte antoiniste dédaigne les formes extérieures. Il suffit de posséder la foi pour être guéri des maux du corps et de ceux de l'âme. La mère Antoine, dépositaire du pouvoir spirituel de son défunt mari, étend la main sur la foule recueillie – et chacun s'en retourne guéri ou amélioré selon la ferveur de sa foi ; le mécréant seul s'en va comme il était venu.
        Pour les croyants français, on a édifié rue Vergniaud, un temple que la mère Antoine a inauguré dimanche matin. C'est un petit monument qui possède pour tout mobilier une chaire devant laquelle est un panneau portant l'image sommaire d'un arbre avec cette inscription : « L'arbre de la science de la vue du mal. »
        D'autres inscriptions sont des formules dogmatiques : « L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la Foi... Un seul remède peut guérir l'humanité : la Foi ; c'est de la Foi que naît l'amour, qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. »
        – En effet, expliquait un frère antoiniste à un reporter du Temps, le Christ venant après les prophètes, marquait une étape nouvelle dans l'évolution morale : à la rigoureuse loi du talion, il substituait le pardon des offenses. Le Père (Antoine) a fait mieux : comme nos ennemis sont les meilleurs auxiliaires et les seuls guides de notre progrès en nous révélant à nous-mêmes les défauts qui ternissent la netteté de notre conscience, ils sont les véritables instruments de notre épuration. Il ne suffit plus de leur pardonner ; nous devons reconnaître en eux nos fidèles amis, et les aimer comme tels.
        » Il faut retourner à l'essence même, au principe initial des religions : à la loi de la conscience ; il faut dégager cette loi de toutes les liturgies qui en obscurcissent la notion. Puisque nous vivons entourés d'un fluide fait de tous les actes et de toutes les pensées commis ou conçues pendant nos existences antérieures fluide que le Père maniait à volonté et d'où il tirait ses guérisons – il faut l'exalter au cours de l'existence actuelle en pratiquant le désintéressement les plus absolu. La douleur, les épreuves nous sont envoyées pour nous permettre de nous élever successivement jusqu'à la quasi-perfection morale et à l'amour universel...
        – Mais, interrompit le journaliste, se dogme des réincarnations, n'est-il point hérétique ? Ne sentez-vous pas quelque peu le soufre ?
        – Nullement, cher monsieur, nous respectons toutes les religions : nous remontons seulement à leur principe commun.
        – Mais vous ne les pratiquez pas ?
        – Nous sommes les fidèles du Père. Il est pour nous la réincarnation du prophète qui parut plusieurs fois pour révéler au monde la loi de la conscience...
        – Et votre foi justifie vos miracles ?
        – Assurément.
        – Et vos miracles justifient votre foi ?
        – Sans doute... comme dans toutes les religions, ajouta le frère antoiniste.

    Gazette de Lausanne, 29 octobre 1913


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  • Une secte étrange, celle des antoinistes (La Patrie, Montréal, 23 février 1926)(numerique.banq.qc.ca)UNE SECTE ETRANGE : CELLE DES ANTOINISTES

    La prédication d’Antoine, le guérisseur belge et le rôle de sa femme, dépositaire des rites. – Un temple édifié à Jemeppe. – L’aventure
    d’un ouvrier mineur.
    VINGT MILLE ADEPTES

        PARIS, 19. (De Maurice Wolff, "Le Journal"). Au moment où les regrettables incidents dont fut victime le curé de Bombon attirent de nouveau l'attention sur les petites religions qui vivent, à côté des grandes, peut-être est-il curieux de s'initier à d'autres sectes organisées, en un temps de plus en plus propice au miracle mystique. Parmi les plus suggestives pour le psychologue se trouve la secte antoiniste, d'abord à cause de l'humilité de ses originales : Antoine, ouvrier mineur, n'avait qu'une instruction rudimentaire, et sa femme ne sait ni lire ni écrire ; à cause aussi de son développement insolite et de la prétention d'un certain nombre de ses membres à faire reconnaître l'antoinisme à l'instar d'un culte officiel par le gouvernement belge.
        Aussi, me trouvant à Liége ces jours passés, une naturelle curiosité m'a incité à un court déplacement pour aller à Jemeppe-sur-Meuse, berceau de l'antoinisme retrouver les traces de la prédication d'Antoine le guérisseur, et assister à la cérémonie qu'accomplit en personne, les trois premiers jours de la semaine, la mère, dépositaire des rites et du pouvoir du père, depuis que ce dernier a quitté notre terrestre séjour, tout en conservant d'ailleurs pour ses fidèles la direction spirituelle de son culte. Je ne puis en cet aperçu rapide que noter aussi la progression rapide desdits pouvoirs spirituels : d'Antoine le guérisseur à Antoine le saint, puis le prophète, le messager d'une révélation définitive, l'ascension s'est faite normalement, par l'enthousiasme progressif et organisé des premiers disciples.

                            UN MAGNETISEUR
        Intéressante à étudier serait encore l'évolution intellectuelle, si l'on peut dire, d'Antoine, d'abord féru d'hypnotisme et de spiritisme, dont il exploitera tout d'abord la soi-disant mystérieuse puissance, pour tenter plus tard ces mêmes croyances, le jour où il a découvert et organisé en doctrine sa théorie des fluides, dont l'influence bienfaisante ou malfaisante réside au même titre dans les objets de la nature comme dans nos actes personnels. De ces fluides, Antoine a reconnu la merveilleuse puissance ; il s'est, en outre, reconnu le pouvoir de la capter pour la répandre généreusement et gratuitement sur les infortunés de plus en plus nombreux, qui lui demandaient aide, et que longtemps, affirme-t-il, il reçut et soigna individuellement. Leur nombre s'accroissant chaque jour avec sa propre renommé, il s'avisa que le fluide, étant immatériel et d'ailleurs d'essence divine, ne pouvait épuiser sa force en se prodiguant en même temps à des collectivités. Il suffisait que les croyants s'assemblassent à la même heure, dans un même lieu sacré. De là l'idée du premier temple antoiniste, édifié à Jemeppe, et bientôt suivi de beaucoup d'autres : leur nombre en Belgique et en France atteint, m'a-t-on dit, la trentaine. Dès ce moment aussi naquit la rite qu'Antoine avait fixé, et dont les antoinistes observent scrupuleusement le cérémonial.

                            L'OPERATION
        Pendant que je me hâte moi-même vers le temple antoiniste, car l'opération est à dix heures précises, et le fluide transmis par le père ne peut attendre, je coudoie une foule hétéroclite qui se presse en remontant la grand'rue du petit village minier : ménagères portant leur papier au bras ou traînant après elles leur marmaille ; antoinistes hommes et femmes, reconnaissables au costume bizarre qu'ils arborent et qui, paraît-il, fut adopté par le père : les hommes vêtus d'une lévite noire, le chef recouvert d'un tuyau de poêle étrange fortement évasé par le haut ; les femmes vouées au noir elles aussi, manteau noir, petit bonnet ruches de même couleur, d'où tombe parfois un grand voile qui leur donne l'apparence de religieuse d'un tier-ordre, à moins que ce ne soit d'une troupe éplorée de veuves !
        Dans le temple nu, sur les murs duquel sont places de nombreux rappels au silence, la même symphonie de deuil se perpétue : une longue tenture de cette couleur pend de la tribune où tout à l'heure apparaîtra la mère ; une figure symbolique y est brodée en file d'argent : c'est l'"arbre de la science de la vue du mal" (!) avec de nombreuses ramifications s'échappant du tronc.
        Un silence lourd d'attente, et comme angoissé du miracle qui se prépare, et que, mue comme par un ressort, annonce l'une des "veuves" qui s'est levée au premier banc : "L'opération va se faire : ranimez votre foi ; ceux qui auront la loi seront guéris."

                            LA MERE !
        A peine s'est-elle rassise que, par une porte basse masquée dans la muraille et de plain-pied avec la tribune surélevée, la mère elle-même a fait son apparition : figure osseuse de paysanne matoise et obstinée, le front barré d'une ride volontaire, encore très alerte malgré ses 74 ans bien sonnés ; elle s'est mise en prière les yeux levés vers le ciel, ses mains noueuses repliées l'une sur l'autre massivement. Que marmonne-t-elle entre ses dents ? Seuls les initiés pourraient y reconnaître un appel au père, sous l'invocation duquel toute la cérémonie est pratiquée. Un seul mot m'en parvient à peu près distinctement : "Miséricorde !" Il annonce que le moment est venu de lancer l'influx libérateur, qu'attendent à la même minute, je pourrais dire à la même seconde, car le fluide ne connaît pas les misérables obligations de nos lois physiques, les antoinistes croyants, réunis dans leurs temples. Le visage est maintenant crispé et douloureux, les mains noueuses ramenées vers le corps et rejetées en avant par un mouvement contraire, il semble que l'opératrice veuille, en ce geste symbolique, attirer sur elle toute la misère du monde et insuffler à l'assistance la force primordiale capable d'assurer le triomphe sur le mal physique ou moral, cet éternel ennemi de l'humanité douloureuse. "Ranimez votre foi". Les antoinistes courbent la tête pour mieux recevoir l'influx libérateur. Quand ils la relèvent, la vieille femme a disparu comme par enchantement par la même porte dérobée et l'assistance a déjà commencé sur un ton de mélopée les dix principes du père.
        Le dieu qui parle ici est un dieu familier créé à l'image de celui qui l'interprète et qui lui prête son langage quelque peu obscur, parfois même incorrect. Ce dieu qui s'exprime par la bouche du père prêche à coup sûr une morale utile à tous les hommes, puisqu'il recommande la charité, y compris la gratuité de tous les services divins et humains, qu'il insiste sur la tolérance, blâme tout prosélytisme de paroles, et insinue fort justement qu'il est bon de nous efforcer de le voir dans celui que nous croyons être notre ennemi, car c'est notre propre image que nous renvoie celui à qui nous prêtons nos mauvaises pensées personnelles. La leçon est souvent profitable.
        Mais c'est certainement à Antoine que revient en propre cette défiance de l'intelligence, mise en conflit avec la conscience qu'elle obnubile par son orgueil et sa vision toute matérielle ? D'où nécessite d'abaisser la Superbe et d'accepter sans peu de mots la simple foi du charbonnier.
        Tel était le cours de mes pensé en quittant le temple de Jemeppe, non sans avoir demandé à notre petit frère Musin, lecteur des principes le jour et mineur la nuit, pour accomplir le précepte antoiniste, la pratique de foi et d'espérance que lui-même ou une adepte féminine distribuent généreusement et cordialement à tous ceux qui demandent audience.

                            TOUTE UNE OEUVRE
        A la sortie du temple, dans un café-restaurant d'apparence modeste, mais qu'achalandent les grands jours de l'antoinisme, j'achète les portraits du père et de la mère officiant ; on me presse d'y joindre les reproductions de foules assemblées à Schaerbeek, faubourg de Bruxelles, inauguration d'un temple antoiniste par la mère ; fête annuelle du 25 juin, jour anniversaire de la désincarnation du père, où l'on procède sous la direction de la mène à la visite de la demeure du père, suivie d'un pèlerinage aux deux voisins qui abritèrent sa méditation et le virent se rafraîchir à une petite fontaine consacrée désormais par le zèle des antoinistes. Plus de 20.000 personne sont, parait-il, venues cette année magnifier la gloire du père !
        Ai-je dit que la mère Antoine ou ses représentants consacrent des mariages et des baptêmes et que les obsèques antoinistes se pratiquent très simplement ? On y lit quelques pages du père sur la réincarnation. C'est ainsi, me murmure une vieille antoiniste, que le petit ruisseau est devenu grande rivière ! – Maurice WOLFF.

    La Patrie, Montréal, 23 février 1926 (source : numerique.banq.qc.ca)


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  • Causerie judiciaire, Premiers effets d'une secte (Le Petit sou, 22 avril 1914)Causerie judiciaire

    Premiers effets d'une secte

        De même que les hérésies anciennes, les sectes modernes ne font pas seulement des dupes, mais des victimes. Constatation que les juges de la quatrième chambre ont dû faire, ces jours derniers, à propos d'une affaire banale, mais où l'on a une vision nette des ravages que peuvent causer ces doctrines antisociales qui ne sont qu'une réédition, un mélange ou une édulcoration de vieilles hérésies dont on poursuivait, autrefois, les propagateurs, lorsqu'il existait en état normal, soucieux de l'équilibre moral des citoyens.
        L'antoinisme – c'est de cette secte qu'il s'agit dans cette affaire – implanté chez nous depuis peu, n'a pas encore pu causer de grands maux, ni surtout se répandre bien loin, mais, puisqu'il commence à faire parler de lui dans les prétoires, il n'est pas inutile – ne fût-ce que pour expliquer le cas en question – en dire quelques mots.

    *
    *   *

        Le fondateur de cette secte nouvelle, un certain Antoine, vivait en Belgique dans la plus complète obscurité. C'était un homme pieux, qui resta bon chrétien jusqu'aux environs de quarante-deux ans. C'est à ce moment que son fils, âgé d'une vingtaine années, mourut.
        Le malheureux Antoine, à partir de cette époque, commença à s'égarer. On lui assura que le spiritisme enseignait le moyen de converser avec les morts. Il se laissa entrainer, assista à des réunions spirites, et y apprit, par la voix de son fils lui-même, que le défunt était « devenu pharmacien à Paris » !
        Vivement intéressé par cette doctrine de la réincarnation, il montra un grand zèle. Il dirigea les « Vignerons du Seigneur », association de gens du même acabit, et non pas, comme on pourrait le croire, syndical d'ivrognes. Il fit paraître une sorte de catéchisme spirite. Comme Faust, il conjura les esprits. Léon XIII, lui-même – à ce qu'on assura – condescendit à se faire entendre. Malheureusement, il parlait un français-belge déplorable, avec un fort accent wallon.
        Il ne manquait plus à Antoine qu'un vague vernis pseudo-scientifique. Il se lia avec un certain « docteur » Carita. Quand il jugea que son savoir était suffisant, il lança des circulaires dans les villes d'eaux et un peu partout. Il y assurait qu'il était en mesure de soulager, non pas seulement toutes les maladies physiques, mais encore les afflictions morales.
        Un beau jour, Antoine pensa qu'il n'avait plus besoin du « docteur », puisqu'aussi bien il en savait assez long pour le rôle qu'il voulait jouer. En effet, les ménagères lui amenaient leurs enfants et les gorgeaient de ses remèdes. Il passa bientôt pour un saint, et d'autant plus facilement que souffrant, depuis une vingtaine d'années, d'une maladie d'estomac, il suivait un régime végétarien, et menait une vie très retirée, ce qui lui permettait d'éviter les cas embarrassants.
        Mais son influence grandissait et s'étendait. Son audace aussi. Alors, comme il en avait usé avec son docteur, il congédia les esprits qui l'assistaient, et les remplaça par des fluides. En même temps, il fondait une nouvelle école « spiritualiste », et ordonnait à ses partisans une certaine drogue dont le commerce le fit condamner pour exercice illégal de la médecine.
        Pour éviter pareils ennuis, Antoine se borna à vendre des bouteilles d'eau « magnétisée », dose proportionnée aux besoins du malade. C'était encore trop compliqué. Il se borna à « magnétiser » des bouts de papier qu'il suffisait de tremper dans de l'eau. Le génie est simplificateur.
        Il expliquait les phénomènes de son magnétisme – dont on ne voyait d'ailleurs pas les effets – par une théorie de la foi et des fluides. La maladie, c'est un fluide mauvais qui n'est autre que l'imagination. C'est donc l'imagination qu'il faut guérir.

    *
    *   *

        Ses partisans devenaient de plus en plus nombreux. Il imposait les mains à des quantités de personnes, renouvelant ainsi la pratique manichéenne du « Consolamentum ». Enfin, on mit à sa disposition un temple ou, chaque dimanche, le bon Père, sans un mot, laissait tomber sur la foule des cascades de fluide. Ceux qui avaient la foi devaient être guéris. Quant à ceux qui restaient malades, c'est qu'ils n'avaient pas la foi.
        On se demande comment cette farce a pu durer aussi longtemps, car Antoine ne guérissait évidemment personne. Il remontait un peu le moral de ses auditeurs, et c'est tout. A ce traitement, les malades n'allaient pas loin, et s'ils mouraient, Antoine n'y pouvait rien. Il essaya, une fois, d'en rappeler un à la vie. Mais il ne recommença pas celle comédie qui eût pu ruiner son industrie.
        Se donnant comme envoyé pour la régénération de l'humanité, il prédit sa mort à plusieurs reprises, sans en porter plus mal. Cet événement n'arriva qu'en 1912. Son enterrement montra les progrès énormes de sa secte. Cent vingt mille personnes, assura-t-on, défilèrent à son enterrement, au temple de Jemeppe-sur-Meuse.
        Sa veuve prit la suite de l'affaire, sous le nom de « la Mère », aidée par des sous-ordres répandus dans quelques villes, notamment à Paris, Tours, Vichy, Nice, Monte-Carlo, Aix-les-Bains, Grenoble, etc. Les théosophes, occultistes et spirites ont été pour beaucoup dans la fondation de ces groupes.
        En octobre dernier, à Paris, les antoinistes inaugurèrent leur local, sorte de petite chapelle sans mobilier, en dehors d'une tribune, où, le dimanche, le gérant de l'officine, tenant à la main un arbuste dénommé « arbre de la science, de la vie, du mal », procède à la lecture des instructions. Des femmes, dont le costume tient de celui des nourrices anglaises et de l'uniforme de l'Armée du Salut, l'aident à endoctriner les profanes.
        Leur propagande, habilement faite, tend à faire croire – c'est le système souvent employé par les sectes – que leur doctrine n'est l'ennemie d'aucune religion, et qu'on n'a pas à en changer pour entrer chez eux. La vérité, c'est que leur doctrine est un mélange d'absurdités blasphématoires, et qu'elle présente des côtés nettement sataniques. Leur morale repousse la loi divine. Le mal n'existe pas, pour eux. C'est, disent-ils, un « aspect de l'évolution des êtres, une condition de progrès ». On touche donc, ici, aux plus vieilles hérésies, à la théosophie, comme au manichéisme.

    *
    *   *

        Dans ces conditions, on imagine les ravages que peut causer cette doctrine de non-résistance au mal moral comme au mal physique. On en trouve les effets dans l'affaire à laquelle nous avons fait allusion, et qui se résume en peu de mots.
        Dans un ménage, jusque-là uni, le mari donne dans les théories antoinistes. Aussitôt, la vie commune devient impossible.
        Le mari – lit-on dans le jugement de la quatrième chambre – « se refuse à subvenir aux besoins du ménage, et fondant son inertie sur les principes de la secte religieuse à laquelle il déclare appartenir, et qui lui font un devoir de négliger les détails matériels ». Et plus loin : « lors d'une maladie qu'elle (sa femme) a faite, elle n'a trouvé chez lui que des reproches pour s'être fait soigner ». Le mari, au surplus, « a signifié formellement à sa femme qu'il entendait ne reprendre la vie commune qu'à la condition de la voir se conformer aux préceptes auxquels il obéit lui-même... »
        Et le tribunal a accordé le divorce au profit de la femme, parce que le mari, « en persistant dans cette attitude, marque pour sa femme un éloignement où le tribunal est fondé à voir une injure grave ».
        Conséquences logiques de cette doctrine anarchique, mais que ne faisait pas prévoir, aux yeux des profanes, le prospectus distribué par les initiés au temple de la rue Vergniaud, car on lit, dans ce factum, que les antoinistes auront « les mêmes regards pour l'incroyance » et qu'ils ne veulent que du bien à leurs semblables. Les propagateurs de cette secte peuvent espérer que cette audace leur réussira, puisqu'à l'heure actuelle il se trouve encore des naïfs capables de croire que la franc-maçonnerie, suivant ses propres déclarations, « respecte la foi religieuse de chacun de ses membres »...

    Le Petit sou, 22 avril 1914


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  • La Robe révélée (Le Peuple, 6 novembre 1913)(Belgicapress)La Robe révélée !

        Allons-nous avoir une polémique entre antoinistes ?
        Peut-être bien.
        Nous avons l'autre jour donné écho aux lamentations d'un correspondant occasionnel qui trouvait que ça se gâtait déjà chez les disciples du Père ! En voici un autre qui nous écrit pour contester les dires du premier. Et à preuve, il cite les manifestations triomphales de l'antoinisme ces derniers temps : inauguration d'une salle à Spa, le 7 septembre, route du Tonnelet (est-ce un symbole ?) ; consécration du temple de Souvret, le 21 septembre, avec le concours de la bonne -Mère ; consécration du temple de Paris, le 27 octobre, toujours avec la bonne Mère.
        Notre premier correspondant affirmait que plus le culte antoiniste s'étendrait, plus l'anarchie l'envahirait puisqu'il n'admet ni discipline ni organisation intérieures.
        C'est une erreur à ce qu'il paraît. Le s culte antoiniste est parfaitement organisé. Il un conseil d'administration « qui gère les affaires matérielles ».
        Quant à la question de la robe (entendez par là, l'espèce de redingote qu'endossent les antoinistes), « oui, le Père a dit qu'elle maintenait les frères et sœurs dans le bon fluide, confirme le contradicteur, mais il en est de même pour ceux qui ne la portent pas et qui pratiquent l'enseignement du Père ».
        Et il ajoute : « La barque ne va pas à la dérive, car la robe a été révélée par le Père, uniquement pour consacrer l'unité de l'ensemble. »
        Si la robe a, en effet, été révélée, on aurait tort d'insister sur cette histoire de barque !
        Mais qui donc a bien pu faire connaître au Père Antoine ce singulier vêtement ? Serait-ce un tailleur pour dames ??

    Le Peuple, 6 novembre 1913 (source : Belgicapress)

    Repris par Le Midi socialiste (9 novembre 1913)


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  • Ça se gâte déjà chez les Antoinistes (Le Peuple, 2 novembre 1913)(Belgicapress)Ça se gâte déjà
          chez les Antoinistes

        Depuis que le père Antoine est mort, le culte antoiniste, en dépit des manifestations récentes, a reçu un grand coup.
        Il paraîtrait, en effet, que la zizanie a déjà fait son apparition parmi les frères.
        Un correspondant occasionnel qui paraît en savoir quelque chose nous assure qu'il y a certainement entre eux du grabuge.
        Ils s'envient réciproquement, prétend-il, soit parce que l'un a plus de malades que l'autre, soit sur l'interprétation à donner à tel ou tel passage de « l'enseignement ».
        Cependant en haut lieu, c'est-à-dire à Jemeppe, continue notre correspondant, on ne se gène pas pour déclarer que la robe antoiniste maintient le frère qui la porte dans le bon fluide.
        A défaut du vote plural, la grève générale aurait ébranlé l'antoinisme. On raconte, en effet, que beaucoup de disciples n'auraient pas admis les principes du père tout de résignation et que depuis lors il y aurait dans le temple de la rouspétance, révérence parler.
        Quoi qu'il en soit, cette question mises de côté, il parait bien que les adeptes voulant aller plus loin que le père, conduisent la barque à la dérive.
        Le culte antoiniste n'admettant ni organisation, ni discipline, plus il prendra d'extension plus se développera en son sein l'anarchie.

    Le Peuple, 2 novembre 1913 (source : Belgicapress)

     

    Repris par la Gazette de Charleroi, 2 novembre 1913 (Belgicapress) :

    Ça se gâte déjà chez les Antoinistes (Le Peuple, 2 novembre 1913)(Belgicapress)

     

        Et dans le Journal de Charleroi, 2 novembre 1913 :

     Ça se gâte déjà chez les Antoinistes (Le Peuple, 2 novembre 1913)(Belgicapress)


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  • Le Grabuge chez les Antoinistes (Le Peuple, 13 novembre 1913)(Belgicapress)Le Grabuge
               chez les
            Antoinistes

        Nous l'avions bien dit que nous n'échapperions pas à une polémique entre frères antoinistes. Notre premier correspondant nous a de nouveau écrit, et ce qu'il raconte est exactement le contre-pied de ce qu'affirmait son confrère. Il a toutefois le mérite d'apporter de la précision, autant que faire se peut naturellement, car les prophètes sont généralement obscurs.
        Le chapitre le plus controversé paraît être celui de la robe. Faut-il ou ne faut-il pas être porteur de celle-ci pour être « dans le bon fluide » ?
        Certains font une restriction : Il suffit, disent-ils, de pratiquer les enseignements du Père pour être dans cette sorte d'état de grâce. Donc, conclut notre correspondant : l'habit ne fait pas le moine.
        Mais d'autres que lui soutiennent que l'habit est indispensable. Comment se dépêtrer ?
        Ce qui tendait à faire croire que la robe n'a pas la vertu magique qu'on lui attribue, c'est que des frères qui s'en étaient accoutrés se sont déjà houspillés.
        A propos de quoi ? De l'emblème sans doute ?
        Et ainsi les choses pourraient de nouveau s'expliquer.
        C'est un grand honneur, semble-t-il, chez les antoinistes que le fait de porter dans les manifestations le blason de la communauté, qui représente vaguement un arbre en hiver, car il est sans feuilles. Aussi est-il brigué avec passion. On raconte qu'à ce propos il y a eu maintes scènes orageuses entre frères devant le temple à Jemeppe. Une autre fois, c'était à Paris, à l'occasion de la consécration du temple, un frère haut coté s'agrippa avec une sœur qui l'avait interrompu. L'incident fut noté par le journal « Le Temps ». (1)
        Au reste, point n'est besoin de s'en remettre à des déclarations d'adeptes plus ou moins hasardées pour établir que « ça est en passe de se gâter ».
        L'« Unitif » lui-même, en son n° 12, en laisse percer l'aveu. Voici ce qu'il dit au chapitre 4 :
        Les fêtes antoinistes des 25 et 29 juin ont amené à Jemeppe des frères de différents pays. Nous avons eu le bonheur de converser un peu avec beaucoup d'entre eux et, dans nos petits entretiens, nous avons pu remarquer qu'en certains endroits où il existe plusieurs lectures de l'Enseignement du Père, il y a déjà des malentendus qui pourraient porter obstacle à ceux qui en sont la cause... »
        Les choses iraient même plus loin qu'on le laisse croire, affirme notre correspondant. En effet, ponctue-t-il, l'extérieur des manifestations antoinistes est souvent trompeur. Le vrai, c'est qu'elles sont fertiles en dissentiments et que ceux-ci ne s'arrêtent pas même au seuil des familles. Le cas n'est pas rare de voir se quereller mari et femme, soit à propos de l'Enseignement, soit parce que l'on veut se substituer à l'autre pour recevoir les malades. Rien de cela toutefois ne concerne leu le vieux Père Antoine et sa femme.
        Mais ce ne sont pas là les seuls sujets de brouille. La grève générale, par exemple, n'a pas été sans provoquer des troubles profonds chez les frères.
        Pour être antoiniste, on n'en est pas moins des travailleurs avides de justice sur la terre, et il en est qui ont trouvé tièdes les conseils et les recommandations contenus dans le 10e « Unitif ». Il y a des patrons et des femmes de patrons chez les antoinistes qui étaient contre la grève. Par contre, des ouvriers étaient violemment pour la levée en masse. Alors, le conseil d'administration a trouvé à imprimer ceci : Nous sommes tous désireux de remplir nos devoirs. Mais l'Enseignement est si diversement compris et il existe encore chez la plupart d'entre nous un esprit combatif inséparable de l'orgueil que nous cherchons à déraciner. Nous devrions pourtant nous souvenir que le mal n'existe pas et nous demander si c'est la vue du bien qui engendre la révolte. »
        Comprenne qui pourra.
        Un tas de frères ont vu dans ce pathos une invitation à l'abstention, et ils ne se gênaient pas pour dire que le conseil d'administration serait beaucoup mieux de mettre la paix entre les frères et sœurs qui se disputent pour porter l'emblème, que de s'occuper de la grève générale.
        Comme toutes les Eglises, l'antoinisme prêche la résignation et tend à faire croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
        Le Père n'avait pas ces visées sociales. Ce sont les apôtres qui les placent sous son vieux bonnet. Et ça finira vraisemblablement par devenir une calotte comme l'autre...

    Le Peuple, 13 novembre 1913 (source : Belgicapress)

     

    (1) En lisant l'article du Temps, on verra que d'un mot de journaliste, un autre journaliste en monte tout un scénario.

        On savait l'animosité des autres religions (y compris le spiritisme) pour l'Antoinisme, et on voit ici qu'elle vaut celle des journalistes en manques d'inspiration...


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  • Antoinisme et Dorisme (L'Echo de la Presse, 21 janvier 1917)(Belgicapress)

    Antoinisme et Dorisme

        Puisque ce procès du Père Dor, qui fit tant de bruit à Charleroi, va être plaidé en appel à Bruxelles, il est intéressant de rappeler quelques points du culte d'Antoine, oncle et précurseur du messie de Roux :

        Né à Mons Crotteux en 1846, Antoine devint mineur à l'âge de 12 ans, puis métallurgiste. D'abord catholique, il fut à 42 ans séduit par le spiritisme qu'il professa pendant huit ans. C'est de cette époque que date le commencement de son renom.
        On alla le trouver d'abord pour s'entretenir avec les esprits qui se donnaient rendez-vous chey lui. Les esprits de Léon XIII et de Mgr Doutreloux étaient des visiteurs réguliers. On a même noté, pendant l'une des séances que Léon XIII parlait un français négligé avec un fort accent wallon.
        De là à donner des consultations sur toutes les douleurs physiques et morales, il n'y avait qu'un pas. Il fut vite franchi.
        Vers 1906, Antoine ébaucha son « Nouveau spiritualisme », où les esprits étaient remplacés par les fameux fluides, dont nous avons tant entendu parler dans le procès du Père Dor.
        C'est vers cette époque qu'il commença véritablement son métier de guérisseur par l'ordonnance pour tous les maux humains de la liqueur « Coune », spécialité pharmaceutique à 5 francs la bouteille.
        Un jugement du tribunal mit fin à ces merveilleux traitements...
        Alors vinrent, comme panacées universelles, l'eau magnétisée et le papier magnétisé et enfin les passes individuelles où, comme chez Dor, la foi et les fluides jouent un rôle énorme. Notons aussi, vu l'affluence de visiteurs, les passes collectives qui, à l'Ecole morale, s'appellent « grandes opérations ».
        On le voit, l'Antoinisme ne diffère guère du Dorisme qui est dérivé de lui. Comme lui il a fait des heureux, dit-on, et sûrement des victimes.
        Kervyn, dans la « Tribune Apologétique », disait : « Pour quelques fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. Or, consulter un médecin, c'est manquer de foi ; les médecins étaient donc écartés du lit de certains Antoinistes. Cette folie a peut-être entraîné la mort de beaucoup de gens. On nous affirme qu'à Jemeppe, des permis d'inhumation ont dû être refusés en présence de pratiques similaires. »
        Comme Dor, Antoine était pour ses adeptes « le messie du XIX° siècle, venu en mission pour régénérer l'humanité ! » On l'appelait : « Père, Maître, Sauveur, Dieu ».
        Les livres d'Antoine sont, eux aussi, confus, bourrés de mots dont il devait ignorer la valeur : matière, foi, individualité, spiritualité, intelligence, amour, etc...
        Comme son neveu, il répond à toutes choses : « Vous ne voyez que l'effet, il faut remonter à la cause. »
        Ses théories sont assez difficiles à comprendre, l'on s'en doute un peu. Mais ne vous en plaignez pas devant ses disciples, ils vous répondraient : « Vous interprétez trop intellectuellement, c'est-à-dire trop matériellement, notre manière de voir » !...
        Pour autant que l'on puisse saisir quelques points plus clairs, dans le fatras de dogmes, sa morale semble fort peu gênante.
        « Vous êtes libres, agissez comme bon vous semble ; celui qui fait bien trouvera bien ». –  « Le mal n'existe pas » et encore « Bien et mal ne sont que des termes de comparaison ; ni l'un ni l'autre n'existent réellement ».
        Il y a des choses bien amusantes dans les livres saints de l'Antoinisme. D'après eux, Dieu est notre père et le démon notre père qui nous nourrit de son sein et nous est utile !!! D'ailleurs ils nous affirment que par notre progrès nous retrouverons dans le démon le vrai Dieu. D'autre part, Dieu dit : « Si vous voulez faire le mal, je vous aiderai ».
        Curieuse idée d'une divinité !
        N'importe, des foules énormes se pressaient au temple de Jemeppe et aujourd'hui qu'Antoine est désincarné, ses doctrines conservent un grand nombre d'adeptes, en Belgique, à Paris, à Nice et autres lieux.
        Pauvre humanité !

    L'Echo de la Presse, 21 janvier 1917 (source : Belgicapress)


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  • Au Moniteur - Culte antoiniste (La Libre Belgique, 14 octobre 1922)(Belgicapress)

    Le « culte antoiniste ».

        Le Moniteur de vendredi publie un arrêté royal, contresigné de M. Masson, approuvant les statuts de l'établissement d'utilité publique (!?) dénommé « culte antoiniste ». La demande d'approbation a été introduite par Mme Collon (Jeanne Catherine), veuve de M. Antoine (Louis-Joseph), le fondateur de la secte.
        Le « culte antoiniste » a des temples à Jemeppe-sur-Meuse, la Mecque du nouveau prophète ; à Jupille, à Jumet, à Seraing, à Visé, à Momalle, à Villers-le-Bouillet, à Forest-lez-Bruxelles, à Souvret, à Liége, à Herstal, à Ecaussines d'Enghien, à Montegnée, à Bierset, à Verviers, à Stembert ; en France : à Vichy et à Tours.
        Les temples belges sont évalués à une valeur globale de 508.900 francs, et les biens meubles à 19.900 francs.
        « Infinitus stultorum numerus... »

    La Libre Belgique, 14 octobre 1922 (source : Belgicapress)


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