• Dessin humoristique (Le Grand écho du Nord de la France 23 août 1912)

    LA VIE CHÈRE

         Les Antoinistes refusent les soins des
    médecins et des pharmaciens. Ils se con-
    tentent d'invoquer le père Antoine, fon-
    dateur de leur secte.

      – Il demande quinze mille francs pour l'opérer...
      – Bigre !... et si on essayait de l'Antoinisme ?...


    votre commentaire
  • Light, A Journal of Psychical, Occult, and Mystical Research ( 14 mars 1914)

        The disciples of the late Antoine, the healer, seem to be spreading rapidly. I had scarcely read of an “Antoine Temple” having been opened at Paris, when I found in “Le Fraterniste” a full account of the opening ceremony at Monaco of a similar temple, erected to satisfy the demands of the numerous “Antoinists” living thereabouts. After the death of Antoine, his wife became the leader of this primitive sect. She is apparently endowed with the same magnetic and mediumistic powers as her late husband, and has already effected many remarkable cures.

                                                                                     F. D.

    Light, A Journal of Psychical, Occult, and Mystical Research, 14 mars 1914

     

    Traduction :

        Les disciples de feu Antoine, le guérisseur, semblent se répandre rapidement. J'avais à peine lu l'existence d'un "Temple d'Antoine" ouvert à Paris que j'ai trouvé dans "Le Fraterniste" le récit complet de la cérémonie d'ouverture à Monaco d'un temple similaire, érigé pour satisfaire les exigences des nombreux "Antoinistes" qui y vivent. Après la mort d'Antoine, sa femme devint le chef de cette secte primitive. Elle est apparemment dotée des mêmes pouvoirs magnétiques et médiumniques que son défunt mari, et elle a déjà réalisé de nombreuses guérisons remarquables.

                                                                                     F. D.


    votre commentaire
  • Le Cri de Liége (5 octobre 1912)

    A tous crins

    Credo quia absurdum.

        Rencontré hier mon ami Z... De sanguin il est devenu pale. Il a les yeux fixes d'une poupée.
        – Quelles nouvelles, donc ?
        – Je suis éclairé par la voie de l'Unitif.
        – Si-ou-plait ?
        – Le Père a dit avant sa désincarnation : Peut-on épurer son atmosphère sans que cette épuration ait son écho dans l'humanité ?
        – (ahuri) Je n'y vois pas d'inconvénient ! (un temps) Dites donc, ça va chauffer en Orient. La Serbie et la Bulgarie viennent de mobiliser et.... Y a du monde aux Balkans !
        – (illuminé) Qu'importe ! Les Antoinistes triomphent. Nous sommes de plus en plus propriétaires. Nous avons dernièrement inauguré un nouveau temple devant des milliers de fidèles.
        – Ça ne valait tout de même pas le centenaire de Jean-Jacques Rousseau.
        – Ce M. Rousseau n'était pas Antoiniste.
        – Heureusement.
        – Le Père a dit : L'expérience, seule, a le droit de raisonner les choses ». (sic)
        – Le Père maniait le syllogisme comme un cheval de fiacre et parlait le français comme un prêtre espagnol.
        – Le Père était Dieu. Nous sommes tous Dieux.
        – N'en jetez plus ; il y en avait déjà tant ! Lisez Anatole France...
        – (bouché) Anatole France ?... Connais pas.
        – (prosélyte) C'est un épicurien de génie.
        – (de plus en plus bouché) Le Génie n'existe pas chez les Antoinistes.
        – Ça se voit. Enfin Quoi Vadis ? Où va-t-on avec tout ça ?
        – (visionnaire, mais explicite) Nous avons révélé que nous baignons dans la vie et dans les fluides comme le poisson dans l'eau ; tous ces fluides renferment une parcelle d'amour que nous traduisons en orgueil par l'esprit qui nous inocule. (sic).
        – Binamé bon Dju ! Quel pathos !
        – Heureux les simples d'esprit ! Nos adeptes se chiffrent par milliers.
        – (ironiquement) Vous êtes bien malade, mon pauvre ami !
        – (se tâtant) Malade ?... de quoi ? (Il pâlit d'effroi).
        – (Se payant sa tête) Hé oui, vous avez la maladie à la mode. Les poires ont la tavelle, et vous la pérantoinite, parbleu. Faut soigner ça, croyez-moi : la douche, bébé... la douche !...

    Le Cri de Liége (journal satirique), 5 octobre 1912


    votre commentaire
  • Décentralisation antoiniste (La Sentinelle, 11 décembre 1913)

                                                                  Décentralisation antoiniste.
        Le 25 octobre, dernier, la Mère Antoine, la veuve du Guérisseur de Jemmeppe-sur-Meuse, venait à Paris pour y inaugurer le temple de la rue Wurtz, élevé par ses adeptes de la Ville Lumière.
        Déjà les antoinistes possédaient une «succursale» française de leur temple belge en Savoie, dans un petit village près d'Aix-les-Bains.
        Mais cela ne leur suffit plus maintenant : ils rêvent de décentralisation, et voilà qu'ils vont s'installer sur la Riviera. Dimanche prochain aura lieu à Monaco l'inauguration d'un autre temple antoiniste.
        Vendredi soir, la «Guérisseuse» traversera Paris et partira avec quelques adeptes pour Monaco, par le rapide de 19 heures.
        Naturellement, elle «opérera» dans son nouveau temple après la cérémonie d'inauguration.
       
    Pauvre humanité!

    La Sentinelle, 11 décembre 1913


    votre commentaire
  • Guérisseurs et charlatans (Courrier de Saône-et-Loire 16 juillet 1912)

             L'ACTUALITÉ

    Guérisseurs et charlatans

        Le 30 juin dernier, avaient lieu, en pays wallon, à Jemmapes-les-Liège, au milieu d'une foule énorme de fidèles que les trains amenaient de tous les points de la Belgique, les obsèques d'un thaumaturge vraiment extraordinaire, Antoine-le-Guérisseur, qui n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, variété de christianisme mélange de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains à la manière des « christian scientists » d'Angleterre et d'Amérique.
        Peu à peu les malades de l'âme comme les malades du corps, les incurables, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmapes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années il y avait les foules de Jemmapes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » formaient une communauté éparse en divers lieux même hors de Belgique, et fort nombreuse.
        Ce n'est que fort tard, déjà un vieillard, qu'Antoine se révéla le « prophète » et « l'homme de Dieu ». Pendant nombre d'années, petit bourgeois, presque du peuple, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances. Enfin vinrent la grâce, l'action et la prédication publiques.
        Bien que les fonds affluassent à son culte, Antoine-le-Guérisseur a toujours vécu modestement et exemplairement. Ses ressources, il les employa à la construction de son temple et des maisons ouvrières qui l'entourent ; il avait aussi organisé une imprimerie où se publiait chaque semaine un journal qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait la doctrine.
        Il y a quelques mois, les « antoinistes » de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition recouverte de cent mille signatures et demandant que la religion nouvelle fut reconnue par l'Etat.
        Le corps du prophète défunt qui avait été exposé plusieurs jours dans le sanctuaire, ainsi qu'il le nommait, où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été porté par douze hommes de la communauté. L'un des plus qualifiés adeptes du maître, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liège, précédait, élevant à bout de bras une tige d'arbuste figurant l'arbre de la science du bien et du mal. Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.
        C'est pendant un prêche que « l'homme de Dieu » – aujourd'hui le « désincarné » – fut terrassé par une attaque d'apoplexie. Il put néanmoins avant de mourir proférer ces paroles : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. Aux colonnes du temple, encore en deuil, l'affiche suivante a été apposée pendant l'exposition du cercueil : « Frère, le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 juin. Ayant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous. Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures ».
        Il semble bien que devant ce personnage singulier qui se révéla sur le tard Antoine-le-Guérisseur, on se trouva plutôt en face d'un illuminé que d'un vulgaire charlatan ; dans tous les cas, ce serait un charlatan d'une jolie force et qui n'aurait plus rien d'un guérisseur ordinaire. La légende du zouave Jacob s'efface elle-même devant celle-ci, car le prestige religieux du mystagogue du pays wallon s'est exercé non seulement sur des foules, mais aussi sur des gens de l'élite sociale, et il est destiné à durer, semble-t-il.
        Au fond, du reste, n'y a-t-il pas une sorte de religion, un acte quasi-religieux dans la visite que le malade, comme il s'en pressait tant au temple de Jemmapes, rend au sorcier, au guérisseur non patenté ? Le premier médecin fut le prêtre, comme l'a dit Spencer et longtemps la médecine a été retardée dans son essor par cette notion que la maladie est un maléfice, une œuvre de mauvais esprit que seul le prêtre peut chasser. Si le populaire ne croit plus la plupart des maladies dues à de mauvais esprits, il a en tout cas retenu la notion du pouvoir magique du prêtre, ou de quiconque doit posséder une influence particulière ; de là le succès persistant des guérisseurs.
        Il y a toujours des charlatans, en médecine, en politique et même en littérature, mais des sorciers de l'envergure d'Antoine le-Guérisseur, l'espèce devient rare. Il est vrai que le moyen-Age en brûla beaucoup... Le Père de l'Antoinisme, s'il eût vécu de ce temps-là, était destiné au bûcher. Il y a, de nos temps, plus d'avenir pour la sorcellerie.

                                                             Robert DELYS.

    Courrier de Saône-et-Loire, 16 juillet 1912


    votre commentaire
  • L'Antoinisme, religion nouvelle (L'Humanité 5 mai 1913)

    L’“ANTOINISME”, RELIGION NOUVELLE

                    Au Pays
     DU CÉLÈBRE GUÉRISSEUR
                  Une Visite
      DU TEMPLE DE JEMEPPE

        Nous avions parcouru, depuis le matin, la région industrielle qui s'étend entre Liége et Flémalle, sur la rive droite de la Meuse, et nous allions revenir sur nos pas, lorsque mon compagnon de route, Louis Piérard, rédacteur au journal de Bruxelles, Le Soir, me dit :
        – Savez-vous que nous sommes ici tout près du pays des « Antoinistes »?... Vous avez bien entendu parler de l'« Antoinisme », cette religion nouvelle dont l'apôtre, Antoine le Guérisseur, qui mourut l'an passé, fut suivi jusqu'à la fosse commune par un cortège de plus de quinze mille fidèles gémissant et pleurant ! Eh bien, tenez, c'est en face, sur l'autre rive du fleuve, à Jemeppe, que ce nouveau messie a bâti son église. Si nous allions la visiter ?
        J'acquiesçai. Trois amis se joignirent à nous et, trente minutes après, l'auto menée par l'un d'entre eux nous déposait devant le temple.
        C'est une maison neuve dont les fumées n'ont pas encore noirci la façade blanche. Aucun signe, aucun emblème extérieur ne désignent l'église. Ces mots seulement, en majuscules d'or : CULTE ANTOINISTE.
        Au bruit que fait l'auto, qui stoppe devant la porte, une petite femme, toute vêtue de noir, apparaît sur le seuil et nous observe. Elle tient les bras croisés, la main droite coulée dans la manche gauche et la main gauche dans la marche droite, à la manière des religieuses. Elle ne porte ni coiffe ni bonnet ; elle a des cheveux grisonnants, rassemblés vaille que vaille, un visage un peu gras à peau plissée et jaune, et deux petits yeux qui ne nous quittent pas.

        Nous nous approchons et lui exprimons notre désir de visiter le temple. Alors, en s'effaçant :
        – Entrez ! dit-elle la maison du Père est ouverte.
        Nous sommes dans un vestibule carré. Au fond, une porte à deux battants rembourrés. Contre le mur de droite, un grand tableau sur lequel sont inscrits les noms des villes ou l'« Antoinisme » à des églises. Il y en a plusieurs à Paris ; il y en a aussi à Vienne, à Pétersbourg, au Caire, en Amérique, même en Nouvelle-Zélande.
        – Vous êtes la Mère Antoine ? demande l'un de nous.
        – Je suis la guérisseuse du temple. La Mère se tient chez elle ; on ne la voit que le matin pour les « opérations » ; moi, je reçois les malades à toute heure.
        La «guérisseuse » ! Les « opérations » ! Loin de marquer des bornes à notre curiosité, elle l'excite.

                Dans le Temple
        Elle se dirige vers la porte aux battants rembourrés ; elle l'ouvre et nous entrons dans le sanctuaire, dont les portes se referment derrière nous. Les cinq voyageurs gardent le silence ; mais la « guérisseuse », les bras croisés et les mains dans ses manches, parlant un peu du nez, fait le cicerone...
        Nous nous tenons debout dans l'arrière-partie de la salle. Devant nous, les chaises en rangs bien alignés. A la place d'autel, au fond, une tribune à laquelle on accède par un double escalier. C'est du haut de cette estrade que le Père enseignait et c'est là que, depuis la mort d'Antoine, la Mère, quittant chaque matin sa retraite, se montre aux fidèles pendant quelques instants.
        A droite de la porte d'entrée, un évier long au-dessus duquel trois robinets allongent leurs becs ; à trois clous correspondant, sont accrochés trois gobelets retenus au mur par des cordons. Et il y a encore cette inscription :

    Cette fontaine n'a d'autre destination que de
                                                                [désaltérer
            Ceux qui viennent dans ce Temple.
    En faire un autre usage est un manque de foi
      Qui porterait plutôt obstacle à la guérison.
    Votre foi en l'opération du Père seule
                            Vous guérira.
                                                        LE CONSEIL.

        Nous entourons la guérisseuse et nous la pressons de questions sur l'art, le secret, les moyens de guérir. Et d'abord, comment le Père Antoine opérait-il ? Bras croisés, d'un bref mouvement de tête, elle montre la tribune :
        – Le Père, il donnait la bénédiction à tous les malades. La Mère fait la même chose.
        – Cela suffit ?
        – Si vous croyez au Père, oui... Il faut croire au Père... Vous pensez au Père : c'est comme un courant électrique que vous sentez... Moi, je ne crois qu'au Père. J'ai eu un dérangement d'estomac et j'ai été longtemps malade ; je suis venue ici et il m'a guérie... Et j'ai mon mari qui a eu une « pumonie » et qui a été guéri lui aussi...
        – Mais vous-même, lui dis-je, vous faites des guérisons ?
        – Tout le monde peut en faire ! répond-elle. Vous le pouvez, vous aussi : c'est un dévouement.
        A l'entendre, guérir se fait ainsi, sans qu'on sache comment. On peut guérir sans l'aide d'un intermédiaire :
        – Si vous avez une peine, murmure-t-elle sur un ton qui veut se faire persuasif, vous venez ici, vous pensez au Père et vous sentez tout de suite quelque chose qui vous dégage.
        – Le « courant électrique » ! murmure l'un de nous.
        – La Mère Antoine fait-elle des guérisons ? demande un autre.
        – La Mère Antoine fait comme faisait le Père ; mais elle ne parle pas. Elle vient le matin ; elle monte à la tribune ; elle étend la main et c'est fini... La Mère ne parle avec personne, sauf pour des questions morales.
        Nous exprimons le désir de voir la Mère. Elle nous fait dire que si nous revenons une autre fois, après avoir lu les enseignements du Père, elle nous parlera peut-être. Toutefois, la petite vieille en noir ramène avec elle une autre « sœur ».
        C'est une dame aux cheveux noirs, aux yeux très noirs, et qui nous livre tout d'un trait, l'histoire de sa vie et de sa conversion. Elle a « couru» le monde, dont elle connaît le fond et le tréfonds. (Ce disant, elle nous lance un regard qui semble dire : « Vous autres, hommes, vous m'entendez ! ») Bref, elle s'était retirée à Monte-Carlo. La maladie, plusieurs maladies l'accablaient. Jeune, elle eut longtemps des accès de somnambulisme. Un jour, « une comtesse » lui parla du Père Antoine, lui conseillant de l'aller voir :
        – Et je suis venue ici ! Et le Père m'a inspirée tout de suite et j'ai été guérie ! Depuis, je me suis vouée à l'Antoinisme !

                Des malades sensibles aux fluides
        Tandis que mes compagnons entretiennent la « sœur » aux yeux noirs, au visage amaigri, qui a « couru le monde » et qui « connaît la vie », je parcours la brochure contenant l'enseignement du Père et les confessions de quelques adeptes notoires, je constate que tous ceux-ci sont venus ici pour y chercher d'abord la guérison de leurs diverses maladies.
        Et c'est la maladie qui semble avoir aidé l'apôtre lui-même à découvrir sa voie :
        – La maladie, a-t-il raconté, m'avait tellement affaibli que, par moments, je ne savais plus si j'avais un corps ; mon esprit était de venu d'une sensibilité incroyable ; alors je palpais tous les fluides dans lesquels je puisais les pensées pour me diriger.
        – Vos convertis, dis-je à la « sœur », sont tous d'anciens malades !
        – Nous ne venons à l' «Antoinisme » que par l'épreuve ! répond-elle. Lorsque le Père nous a conquis, il suffit alors de penser à lui pour sentir qu'il est là, et tout aussitôt le fluide nous pénètre !

        Des malades, sensibles aux « fluides » ! L'histoire des « Antoinistes » ressemble à celle de presque tous les convertis.

                                                                    François CRUCY.

    L'Humanité, 5 mai 1913


    votre commentaire
  • Le Temple Antoiniste (L'Humanité 5 mai 1913)


    votre commentaire
  • Plus près de toi, Seigneur (L'Homme libre, 12 nov 1929)

    NOTE DU JOUR

      Plus près de toi,
          Seigneur ?

        Si le besoin d'une nouvelle religion ne se faisait pas sentir, la revendication mise à la mode dans le commerce par la cherté de la vie devait avoir sa répercussion dans les croyances : c'est, aussi, pour supprimer les intermédiaires que le Père Antoine, mineur à Jemmapes, a fondé une nouvelle Eglise dont la particularité est de n'avoir pas de prêtres et de mettre les fidèles directement en rapport avec la divinité.
        Aussi bien le Père Antoine fut-il, pour cela, inspiré de Dieu lui-même. Il vécut dans la plus noire atmosphère, mais illuminé d' « éclairs » et réconforté de « voix ». Ses mains eurent le pouvoir de guérir. Rebouteux ? Peut-être mais aussi, se prétendit-il, rebouteur des âmes. Et son succès fut tel dans la Belgique d'hier que la secte « Antoiniste » s'est révélée aussi forte, aussi nombreuse qu'une Eglise...
        Mais sans prêtres. Voilà toute la nouveauté. Mort, le Père Antoine a laissé son pouvoir à sa femme, la « Mère » Antoine qui préside si bien aux destins de la secte qu'hier elle a amené cinq cents de ses disciples de Belgique à Nantes pour y inaugurer un nouveau temple. Là, chacun officie à son tour et prie en commun. C'est le retour vrai à la tradition des premiers apôtres et le « bain de simplicité » du christianisme, éloigné de ses sources par ses profiteurs, les intermédiaires prêtres, évêques et papes...

                                        Jacques BARTY.

    L'Homme libre, 12 novembre 1929


    votre commentaire
  • Guérisons miraculeuses - Le culte antoiniste (Le Journal, 4 fév 1938)

    Guérisons miraculeuses - Le culte antoiniste

        Si vous êtes passé rue Vergniaud, vous avez peut-être remarqué une petite chapelle d'allure modeste, qui porte cette inscription assez surprenante : Culte Antoiniste.
        Entrons donc. Le luxe ne nous éblouit guère ; les murs n'étincellent pas sous l'or et les pierres précieuses : ils sont désespérément nus. On y voit une chaire à deux étages ainsi que des bancs de bois pour les fidèles.
        Une chose attire le regard, c'est un grand portrait du Père Antoine, un homme barbu, hirsute, au regard étonné et bon enfant.
        Le jour où je pénétrai dans la chapelle antoiniste, il y avait un service. Le petit local était rempli d'assistants fort pieux. D'où sortaient-ils ces hommes et ces femmes en costume noir, au visage austère et ratatiné, à la démarche gauche des paysans ?
        C'était bien extraordinaire de voir en plein Paris de pareils types d'une humanité qui semble ne devoir habiter qu'à la campagne et dans les petites villes de province.
        Tout ce monde était pieusement recueilli et attendait la célébration de l'office. Il faisait bien froid dans la chapelle. Tout à coup, un petit brouhaha se produisit ; un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une vieille redingote, entre par la porte de la sacristie. Suivi par une espèce de vieille fille revêche, aux cheveux soigneusement tirés, il monte dans la chaire. Tous deux restent un bon moment immobiles. On entendrait voler une mouche. Personne ne bouge, on n'ose ni tousser, ni se moucher. Alors la vieille fille ouvre un livre noir et se met à lire d'un ton monotone, des mots, des mots que je comprends à peine.
        La pendule, sur le mur, marque la demie. Instantanément, la lectrice s'arrête, et le quinquagénaire s'écrie avec conviction :
        – Au nom du Père, merci !

    Le « Père »

        Cela ne fait pas mon affaire. J'avais entendu parler des guérisseurs antoinistes. Où se trouvaient donc les malades et qui opérait ?
        J'allais quitter la chapelle, assez découragé, quand une vieille fille en noir, aux cheveux tirés, ressemblant comme deux gouttes d'eau à celle qui était montée en chaire, me renseigna :
        – C'est le matin, à dix heures, que nous nous réunissons pour prier en commun. Vous savez qu'il existe des temples en Belgique, et en France dans différentes villes comme Saint-Etienne, Tours, Lyon, etc... Eh bien, nous nous arrangeons pour prier à la même heure ; nos volontés tendues en même temps vers le même but produisent ainsi les guérisons demandées.
        C'était ma foi vrai : Des temples antoinistes existent un peu partout. Le Père Antoine fonda sa religion en 1906. C'était un ouvrier belge, un mineur de Jemmapes. Il avait la foi. Souffrant d'une maladie déclarée incurable, il réussit à se guérir lui-même. De là à guérir les autres, il n'y avait qu'un pas. Il le franchit vite. Type complet de l'autodidacte illuminé, il se mit à écrire la nouvelle révélation. C'est un mélange de considérations métaphysiques et religieuses d'un vague et d'un confus surprenants. Et pourtant, ces phrases fuligineuses exercèrent un grand attrait sur les masses populaires.
        Le Père Antoine obtint d'ailleurs plusieurs guérisons. Les fidèles se pressèrent si nombreux autour de lui qu'un temple magnifique s'éleva bientôt à Jemmapes. Lorsque le père mourut, le chef de la religion fut la mère. Dans chaque temple, le desservant prend le nom d'adepte. Il faut lui rendre cette justice qu'il est toujours désintéressé. Les Antoinistes sont de braves gens convaincus et leurs prêtres méprisent l'argent.

    « Priez et Dieu vous guérira... »

        De nombreux consultants se trouvaient dans la chapelle quand j'y arrivai. La demoiselle en noir que j'avais déjà vue la veille se mit à lire les dix principes de Dieu, qu'elle termina en déclarant d'une voix ferme :
        – Mes frères, au nom du Père, merci !
        Puis on se mit à prier, ensuite de quoi les malades passèrent dans ce que l'on peut appeler la sacristie. L'adepte vérifiait le nom de chaque consultant, car ces noms sont transmis à Jemmapes, ainsi que dans les autres centres où il existe des temples antoinistes, afin que les fidèles puissent prier pour tel cas déterminé.
        – Courage, mon frère, conseilla l'adepte à un vieillard perclus de rhumatismes. Vous savez ce que le Père a déclaré : un seul remède peut guérir l'humanité : La Foi ! C'est de la Foi que naît l'amour, qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Par conséquent, aimez vos ennemis plus que tout au monde !
        – Oui, oui, j'essaierai, fit le bon homme.
        – Il ne faut pas essayer, il faut le faire. Rappelez-vous que les plaies du corps ne sont que les conséquences des plaies de l'âme. Priez, priez, mon frère. Et Dieu vous guérira !
        Le rhumatisant s'en alla tout réconforté. Mais il boîtait toujours en marchant.

    JEAN DORSENNE. 

    (A suivre)

    Le Journal, 4 février 1938


    votre commentaire
  • Sectarische propaganda (Limburger koerier 08-02-1926)

    MAASTRICHT.

    SECTARISCHE PROPAGANDA.

    De Waalsche „Antoinisten”-groep.

        Een lezer schrijft ons, dat hier ter stede opstraat door eene vrouw propaganda gemaakt wordt voor kostelooze genezingen van alle ziekten, waarbij zij het adres opgeeft van een instelling te Visé, waar volgelingen van „le père Antoine” beweren allerlei ziekten, niet alleen lendenpijn maar zelfs tering en beenbreuken te kunnen genezen door een „geloofsgeneeswijze.”
        Nu het blijkt, dat de Antoinisten, die sinds jaren in het land van Luik werkzaam zijn, ook hier ter stede propaganda maken, is het wel zaak om de lezers even in te lichten en te waarschuwert.
        „Vader Antoine”, zooals zijn volgelingen hem noemden (de man is reeds veertien jaren dood) was een mijnwerker, zwak van gestel maar overspannen van geest. Na in een ijzerfabriek te Seraing te hebben gewerkt, wat hij ook niet kon volhouden, trok naar Parijs en raakte daar in spiritistische kringen verzeild. Daar hij alle ontwikkeling miste en zelfs niet lezen of schrijven kon, hield hij het daar niet lang vol en kwam naar Visé terug. Het spiritisme had hem zoozeer het hoofd op hol gebracht dat hij aan hallucinaties begon te lijden, zich verbeeldde dat hij openbaringen en visioenen kreeg en een nieuwe sekte stichtte. Voor elke nieuwigheid vindt men altijd wel aanhangers, en zoo kreeg Antoine zelfs een kerkje gebouwd, waarin hij als voorganger optrad en zich den naam van „Vader Antoine” liet welgevallen. Alle ziekten, leerde hij, vloeien voort uit de verdorvenheid der menschen. Een vast geloof geneest; en zooals de Apostelen beweerde hij door handoplegging en gebed te kunnen genezen.
        Verschillende opmerkelijke gevallen bij hysterische en andere voor suggestie ontvankelijke personen deden zich voor en sterkten vele eenvoudige menschen in den waan, dat hij inderdaad een wonderdoener was. Nieuw was overigens deze beweging niet; in Amerika bestaat ze zinds lang bij de zgn. „Christian Scientists.”
        Zijn opvolgers zetten de actie voort en beweren, dat er op voorspraak van den overleden godsdienststichter nog altijd wonderen geschieden.
        Men zou de zaak schouderophalende kunnen beschouwen, ware het niet, dat hier een sectarische kant aan zit, die ze uit godsdienstig oogpunt bedenkelijk maakt.

    Limburger koerier, 08-02-1926

     

    Traduction :

        Un lecteur nous écrit qu'ici, dans la rue, on fait de la propagande féminine pour la guérison gratuite de toutes les maladies, en donnant l'adresse d'une institution à Visé, où les adeptes du père Antoine prétendent pouvoir guérir toutes sortes de maladies, non seulement la douleur lombaire, mais aussi les fractures des jambes par une "méthode de guérison par la foi".
        Maintenant, il s'avère que les Antoinistes, qui travaillent dans le pays liégeois depuis des années, font aussi de la propagande dans cette ville, il est important d'informer les lecteurs et de les prévenir.
        Le " Père Antoine ", comme l'appelaient ses disciples (l'homme est mort depuis quatorze ans) était un mineur, faible dans sa constitution mais surmené dans son esprit. Après avoir travaillé dans une usine sidérurgique à Seraing, qu'il ne pouvait pas non plus entretenir, il s'installe à Paris et entre dans les milieux spirites. Manquant de toute éducation et ne sachant même pas lire ou écrire, il n'y resta pas longtemps et retourna à Visé. Le spiritisme lui avait tellement rempli la tête qu'il a commencé à souffrir d'hallucinations, à s'imaginer qu'il recevait des révélations et des visions et à fonder une nouvelle secte. Pour chaque nouveauté, on trouve toujours des adeptes, et Antoine a même fait construire une petite église, dans laquelle il a agi comme pasteur et le nom du "Père Antoine" a été bien reçu. Toutes les maladies, a-t-il enseigné, découlent de la dépravation des hommes. Une foi ferme guérit ; et comme les Apôtres, il prétendait pouvoir guérir par l'imposition des mains et la prière.
        Plusieurs cas notables de personnes hystériques et d'autres personnes suggestives se sont produits et ont renforcé de nombreuses personnes simples dans l'illusion qu'il était effectivement un faiseur de miracles. D'ailleurs, ce mouvement n'était pas nouveau ; en Amérique, il existe depuis longtemps parmi les dénommés "Chritian Scientists".
        Ses successeurs poursuivirent l'action et affirmèrent que des miracles se produisent encore par l'intercession du défunt fondateur.
        On pourrait envisager la question par-dessous la jambe, si ce n'était du fait qu'il y a un côté sectaire, ce qui la rend discutable d'un point de vue religieux.


    votre commentaire
  • Parijsche Brieven (Tubantia 13-07-1912)

    Parijsche Brieven.

        Een zonderlinge persoon is onlangs te Parijs gestorven.
        Hoe zijn eigenlijke naam luidde, mag Joost weten, en dat komt er trouwens weinig op aan. Bij het groote publiek stond hij bekend als Antoine-le-Guérisseur, ook wel als Antoine-le-Généreux. Anton de Genezer of Anton de Edelmoedige – er is iets Indiaansch in die bijnamen, iets, dat ons de werken van Gustave Aimard en James Fenimore Cooper – 0, zalige jeugd! – in herinnering roept. Zeker is in elk geval, dat de meeste aliassen te Parijs beduidend minder vriendelijk klinken.
        Wie Antoine-le-Guérisseur was en wat hij deed?
        Hij was eerst pletter van beroep en werd later, nadat hij had ervaren, dat hij begiftigd was met een geheimzinnige psychische macht, genezer. Hij genas degenen, die zijn hulp inriepen, van hun lichamelijke, soms zelfs van hun moreele ziekten en kwalen. Telken dage vervoegden zich honderden zieken bij hem. En hij genas ze, dikwijls geheel, voorgoed. Hij was in het bezit van tallooze en tallooze brieven van erkentelijke ex-patienten, uit alle standen, welke epistels melding maakten van zijn wonderbaarlijke geneeskracht. In de meeste gevallen vermochten zijn aanwezigheid en zijn wil alléén reeds genezing aan te brengen, zelfs bij zieken, die door de officieele geneeskunde ongeneeslijk waren verklaard.
        „Het is, ” placht Antoine de Genezer te zeggen, „het geloof, dat dit wonder voortbrengt.” En, een beeld ontleenende aan zijn vroeger beroep, voegde hij er gewoonlijk aan toe: „Het smidsvuur maakt het ijzer smeedbaar, en dan doet de mensch er meê wat hij wil. Onze ziel is ook een vuur.”
        Natuurlijk deden de officiëele wettige, wettelijke geneesheeren dezen „kwakzalver” een proces aan, wegens onwettige uitoefening der geneeskundige praktijk. Natuurlijk deden zij dat niet in het belang der menschheid alleen, doch ook in dat van hun beurs.
        De rechters spraken Antoine evenwel vrij, aangezien deze bewijzen kon afleggen, dat hij voor zijn geneeskundige hulp geen honorarium vroeg.
        Aangemoedigd door deze officieele vrijspraak, stichtte hij een soort van godsdienst, het „Antoinisme”, dat vele belijders over de gansche wereld verkreeg.
        Een hartstochtelijk bewonderaar schonk 100.000 francs om er een Antoinisten-tempel te Jemmèpes voor te bouwen.
        Een verzoekschrift, dat niet minder dan 130.000 handteekeningen telde, vroeg aan de Belgische regeering officiëele erkenning van het Antoinisme.
        Groepen Antoinisten vormden zich te Parijs, te Lyon, te Nice, te Grenoble, te Tours, te Vichy, te Aix-les-Bains, enz.
        Voorts richtte Antoine een tijdschrift, met name „L'Unitif”, op, in welk blad hij propaganda voor zijn ideeën maakte.
        Er zijn priesters en er zijn priesteressen van het Antoinisme.
        Een dier priesteressen, genaamd Mademoiselle Camus, gaf onlangs aan een weet- of nieuwsgierigen journalist, de volgende verklaring van haar geneeskunst à la Antoine:
        – Hoe ik te werk ga? Niets is eenvoudiger. Komt er een ongelukkige, die het een of ander lichaamsgebrek heeft, dan beveel ik hem, sterk aan den vader, vader Antoine, te denken. Ik, van mijn kant, deel Antoine mijn gedachte mede. Ik denk in hem, zooals hij denkt in God. Daarna slaap ik in, en ik lees in de lijdende lichaamsdeelen van den patiënt als in een open boek. Ik lijd zijn lijden zelf mee, ik maak er mij meester van, ik haal het brok voor brok uit zijn lichaam om het aan stukken te slaan, fijn te wrijven en het naar buiten te verspreiden.
        Ik kan me voorstellen, hoe goed die methode te pas komt bij de ondragelijke ziekte, die het graveel of ook wel de steen wordt genoemd.
        Doch „trève de raillerie”, zonder gekheid thans: ik voor mij geloof, dat dergelijke verklaringen veel minder onnoozel zijn dan ze schijnen. Is het niet een feit, een onloochenbare dáádzaak, dat in de laatste vijftig jaar het materialisme gestadiglijk terrein heeft verloren? Is het niet onomstootlijk waar, dat „Kraft und Stoff” van Ludwig Büchner thans algemeen voor een waardeloos, althans verouderd boek wordt gehouden? Zijn de biologie en het magnetisme niet sedert jaren, in den nieuwen vorm van hypnotisme, tot rang van wetenschap verheven ? Richt de gansche menschheid zich niet hoe langer zoo meer naar wat wij , ”het immaterieele” plegen te noemen – het immaterieele, dat, bij een voller en feller geestelijk licht dan wij tot toe daarover vermogen te verspreiden, wellicht blijken zou niets anders te zijn dan een fijner, ijler, dus onnaspeurlijker materie ? Brengt niet schier elke jaarkring een nieuwe reeks van wetenschappelijke ontdekkingen mede, die ons dom geloof aan de uitgebreidheid van het algemeen menschelijk weten meer en meer doet wankelen?
        De prefectuur van politie te Parijs kan u inlichten, dat er in deze wereldstad ruim 10.000 beroeps-occultisten zijn, ruim 10.000 professionals in somnambulisme, helderziendheid, wonderdadige geneeskracht, enz. enz. Ze kan u tevens inlichten, dat hun aantal elk jaar toeneemt, in weerwil van de vervolgingen, die sommigen hunner van rechtswege hebben ondergaan. Elke gilde, beweren zij, heeft zijn „schurftige schapen”, doch daar volgt volstrekt niet uit, dat het gansche gilde uit bedriegers bestaat.
        Dan zijn er ook nog, en zelfs in de wereld der „intellectueels”, amateurs-occultisten. Zij „manifesteeren zich” slechts in den kring van vrienden en kennissen.
        Ik ken er persoonlijk een vijftal.
        Een hunner is de Transvaalsche beeldhouwer Eloff, kleinzoon van Paul Krüger. Deze ontwikkelde jongeman bewerkt genezingen à la Antoine. Dat hij zich „Christian scientist” en geen Antoinist noemt, is slechts bijzaak; zijn verrichtingen en die van Antoine berusten op denzelfden grondslag: de kracht van den menschelijken wil, als uitingsvorm van een sterk, ongeschokt geloof.
        Van een mijner vrienden, een schrijver, die geen tijd en ook geen lust! heeft, om zich geregeld met het occultisme bezig te houden, heb ik persoonlijk manifestaties in de richting der „puissance psychique” gezien, die niet slechts de aanwezigen, doch ook hemzelf ten zeerste verrasten. Een dame had hevige kiespijn – hij streek eenige malen over haar mond en wangen, en de pijn verdween als bij tooverslag. Een andere dame leed sinds twee weken aan een groot gezwel op een harer handen, een gezwel, dat onder dokters behandeling grooter en grooter werd — mijn vriend masseerde de hand in veler bijzijn ongeveer vijf minuten lang, en den volgenden dag! was de bult geheel verdwenen. Hij is – het geval had drie jaar geleden plaats – ook heelemaal niet meer teruggekomen. Ik heb nog wel tien soortgelijke genezingen van zijn hand bijgewoond.
        Met een mengeling van groote belangstelling en arglistige ongeloovigheid vroeg ik hem eens:
        – Hoe doe je dat alles toch? Magnetiseer je, hypnotiseer je, enfin, „iseer” je op de eene of andere manier ?
        Zijn eenigszins teleurstellend antwoord luidde:
        – Ik kan het je niet wetenschappelijk, ik kan het je zelfs niet gewoon uitleggen, want wat ik in dat opzicht doe, doe ik niet met een nauw omlijnd bewustzijn; allerminst op het oogenblik zelf. Maar misschien zit de boel zóó in mekaâr. Je weet, dat ik zeer geloovig ben. Je weet ook, dat! ik een sterken wil heb. Het is je niet onbekend, dat ik van de menschheid in het algemeen houd; ik ben meer optimist en philanthroop dan pessimist en misanthroop, nietwaar? Verder weet je, dat ik mijn gedachten kan concentreeren; je hebt me eenige malen je verwondering te kennen gegeven, dat ik geregeld door kon werken, zelfs wanneer men een helsch kabaal om me heen maakte. Welnu, op het oogenblik, dat ik ... hm ... een genezing beproef, geloof ik, wil ik, houd ik van mijn patiënt en concentreer ik al mijn gedachten op het geval.
        Men ziet het: simple comme toujours ! Maar om aan al die voorwaarden te voldoen......
        Er zijn hier duizenden en nogeens duizenden menschen, die aan het occultisme gelooven. Er zijn er heel veel meer dan er voor uit durven te komen. Niet weinigen toch houden rekening met de zegswijze: „le ridicule tue”, en menigeen maakt zich wijs, dat een vooropgezette ongeloovigheid een bewijs van intelligentie en geestkracht is.
        Toen de keizerin van Rusland ziek was en maar niet beter werd onder lijfartserige behandeling, ontbood de tsaar openlijk uit Parijs den vermaarden Philippe, vakgenoot van Antoine-le-Guérisseur en den eveneens befaamden Zouave Jacob.
        De hooge patiënte genas onder de behandeling van den „charlatan” Philippe, die daarna, beladen met eer en met geschenken, naar de Seine-stad terugkeerde.
        Er zijn ettelijke Phillippes, Antoines en Jacobs te Parijs. Doch er zijn, geloof ik, niet velen, die gelijk de tsaar deed, openlijk heul zouden durven te zoeken bij dergelijke „genezers”. Waarom niet, waarom durven ze niet? Sapristi! zijn er niet, evenals in elk ander vak, zoo onder de wèl- als onder de nièt-gediplomeerde dienaren der aesculapische wetenschap èn serieuze menschen en kwakzalvers ?....

                                                                   OTTO KNAAP.

    Tubantia, 13 juillet 1912

     

    Traduction :

    Lettres de Paris.

        Une personne excentrique est récemment décédée à Paris.
        Joost connaît peut-être son vrai nom, et ça n'a pas beaucoup d'importance. Pour le grand public, il était connu sous le nom d'Antoine-le-Guérisseur, aussi connu sous le nom d'Antoine-le-Généreux. Antoine-le-Guérisseur ou Antoine-le-Généreux – il y a quelque chose d'indien dans ces surnoms, quelque chose, qui fait que les œuvres de Gustave Aimard et James Fenimore Cooper – Oh, jeunesse heureuse ! – me reviennent en mémoire. Quoi qu'il en soit, il est certain que la plupart des pseudonymes parisiens semblent beaucoup moins sympathiques.
        Qui était Antoine-le-Guérisseur et que faisait-il ?
        Au début, il a été harassé par la profession et plus tard, après avoir fait l'expérience qu'il était doté d'un mystérieux pouvoir psychique, celui de guérisseur. Il a guéri ceux qui lui demandaient de l'aide de leurs maladies et affections physiques, parfois même morales. Chaque jour, des centaines de malades le rejoignaient. Et il les guérit, souvent complètement, pour toujours. Il était en possession d'innombrables et innombrables lettres d'ex-patients reconnaissants, de tous horizons, qui rapportaient des épîtres de son pouvoir de guérison miraculeux. Dans la plupart des cas, sa présence et sa volonté seuls pouvaient guérir, même pour les malades qui avaient été déclarés incurables par la médecine officielle.
        "C'est, disait Antoine le Guérisseur, "la foi qui produit ce miracle". Et, empruntant une image à son ancien métier, il ajoutait d'habitude : "Le feu de forge rend le fer malléable, et ensuite l'homme fait ce qu'il veut. Notre âme est aussi un feu."
        Bien sûr, les médecins officiels légaux et légaux ont traduit ces "charlatans" en justice pour exercice illégal de la médecine. Bien sûr, ils l'ont fait non seulement dans l'intérêt de l'humanité, mais aussi dans celui de leur bourse.
        Cependant, les juges ont acquitté Antoine, puisqu'il a pu fournir des preuves, qu'il n'a pas exigé d’honoraires pour son aide médicale.
        Encouragé par cet acquittement officiel, il fonda une sorte de religion, l'"Antoinisme", que de nombreux confesseurs du monde entier soutinrent.
        Un passionné admirateur a fait don de 100 000 francs pour la construction d'un temple antoiniste à Jemeppes.
        Une pétition, qui avait pas moins de 130 000 signatures, demandait au gouvernement belge la reconnaissance officielle de l'Antoinisme.
        Des groupes antoinistes se sont constitués à Paris, Lyon, Nice, Grenoble, Tours, Vichy, Aix-les-Bains, etc.
        Antoine a également fondé une revue, "L'Unitif", dans laquelle il a propagé ses idées.
        Il y a des prêtres et des prêtresses de l'Antoinisme.
        Une prêtresse animale, appelée Mademoiselle Camus, a récemment remis à une journaliste curieuse ou avertie, la déclaration suivante de sa médecine à la Antoine :
        – Comment dois-je procéder ? Rien de plus simple. Si une personne malchanceuse, qui a un défaut quelconque, vient me voir, je lui recommande fortement de penser au père, le père Antoine. Pour ma part, je partage mes réflexions avec Antoine. Je pense en lui, comme il pense en Dieu. Puis je m’endors et je lis dans les parties du corps du patient qui souffrent comme dans un livre ouvert. Je souffre moi-même de sa souffrance, je la maîtrise, je la retire de son corps morceau par morceau pour la mettre en pièces, la broyer finement et la répandre.
        Je peux imaginer à quel point cette méthode est bien utilisée dans la maladie insupportable, qu'on appelle le tombeau ou la pierre.
        Mais "trêve de raillerie", sans folie de nos jours : je crois pour ma part que de telles explications sont beaucoup moins innocentes qu'elles ne le paraissent. N'est-ce pas un fait, un fait indéniable, qu'au cours des cinquante dernières années, le matérialisme a constamment perdu du terrain ? N'est-il pas irréfutable que le livre de Ludwig Büchner "Kraft und Stoff" est aujourd'hui généralement considéré comme un livre sans valeur, du moins périmé ? La biologie et le magnétisme n'ont-ils pas été élevés depuis des années, sous la nouvelle forme de l'hypnose, au rang de science ? Toute l'humanité ne se tourne-t-elle pas de plus en plus vers ce que nous avons tendance à appeler "l'immatériel" – l'immatériel qui, dans une lumière spirituelle plus pleine et plus brillante que celle que nous avons pu lui répandre jusqu'à présent, pourrait n'être qu'une matière plus fine, plus mince, donc plus intraçable ? Une nouvelle série de découvertes scientifiques ne s'accompagne-t-elle pas presque chaque année d'un cycle, ce qui fait vaciller de plus en plus notre croyance stupide en l'immensité des connaissances humaines générales ?
        La Préfecture de Police de Paris peut vous informer qu'il y a plus de 10.000 occultistes professionnels, plus de 10.000 professionnels du somnambulisme, de la clairvoyance, de la médecine miraculeuse, etc. dans cette métropole. Elle peut aussi vous informer que leur nombre augmente chaque année, malgré les persécutions que certains d'entre eux ont subies de plein droit. Chaque guilde, disent-ils, a ses "petits moutons", mais il ne s'ensuit pas du tout que la guilde est composée de fraudeurs.
        Et puis il y a aussi, et même dans le monde des "intellectuels", les occultistes amateurs. Ils ne "se manifestent" que dans le cercle des amis et des connaissances.
        J'en connais personnellement cinq.
        L'un d'eux est le sculpteur du Transvaal Eloff, petit-fils de Paul Krüger. Ce jeune homme développé travaille sur des guérisons à la Antoine. Qu'il se qualifie lui-même de "scientifique chrétien" et non d'antoiniste n'est qu'une question secondaire ; ses réalisations et celles d'Antoine reposent sur le même fondement : le pouvoir de l'être humain veut, comme manifestation d'une foi forte et non inébranlable.
        De la part d'un de mes amis, écrivain, qui n'a ni le temps ni l'envie ! de s'occuper régulièrement de l'occultisme, j'ai personnellement vu des manifestations en direction de la "puissance psychique", qui surprend non seulement les présents, mais aussi lui-même. Une dame avait mal aux dents – il lui caressait la bouche et les joues à quelques reprises, et la douleur a disparu comme par magie. Une autre dame souffrait depuis deux semaines d'une grosse tumeur sur les mains, une tumeur de plus en plus grosse sous traitement médical – mon amie a masqué la main en présence de nombreuses personnes pendant environ cinq minutes, et le jour suivant ! la bosse avait complètement disparu. Elle n'est pas – l'affaire s'est produite il y a trois ans – revenue du tout non plus. J'ai assisté à dix autres guérisons similaires par sa main.
        Avec un mélange de grand intérêt et d'infidélité suspecte, je lui ai demandé une fois :
        – Comment faites-vous tout cela ? Est-ce que vous magnétisez, hypnotisez, et finalement, vous "-tisez" d'une manière ou d'une autre ?
        Sa réponse quelque peu décevante a été :
        – Je ne peux pas vous l'expliquer scientifiquement, ni par moi-même, car ce que je fais à cet égard, je ne le fais pas avec une conscience bien définie ; du moins à ce moment. Mais peut-être que tout ça est tellement simple. Tu sais, que j'y crois beaucoup. Tu le sais aussi, ça ! Je veux avoir une volonté forte. Il ne vous est pas inconnu que j'aime l'humanité en général ; je suis plus optimiste et philanthrope que pessimiste et misanthrope, non ? En outre, vous savez que je peux concentrer mes pensées ; vous m'avez dit plusieurs fois votre étonnement que je pouvais régulièrement travailler, même quand un bruit infernal se faisait autour de moi. Eh bien, en ce moment, que je... hm .... Je crois, je veux, je crois, j'essaie de guérir, j'aime mon patient et je concentre toutes mes pensées sur ce cas.
        On le voit : simple comme bonjour ! Mais pour remplir toutes ces conditions......
        Il y a des milliers et des milliers de personnes ici qui croient en l'occultisme. Il y en a beaucoup plus qu'il n'en faut pour en sortir. Beaucoup de gens tiennent compte du dicton "le ridicule tue", et beaucoup croient qu'une infidélité préconçue est une preuve d'intelligence et de force de l'esprit.
        Lorsque l'impératrice de Russie était malade et ne s'améliorait pas sous traitement corporel, le tsar offrit ouvertement le célèbre Philippe de Paris, un collègue d'Antoine-le-Guérisseur et le tout aussi célèbre Zouave Jacob.
        L’importante patiente fut guérie sous le traitement du "charlatan" Philippe, qui retourna ensuite dans la cité de la Seine, chargé d'honneur et de dons.
        Il y a plusieurs Phillippes, Antoines et Jacobs à Paris. Mais je crois qu'il n'y en a pas beaucoup qui, comme le tsar, oseraient ouvertement demander l'aide de ces "guérisseurs". Pourquoi pas, pourquoi n'osent-ils pas ? Sapristi ! n'y a-t-il pas là, comme dans n'importe quelle autre profession, parmi les serviteurs diplômés ou non de la science esculapienne et des gens sérieux et des charlatans ?


    votre commentaire
  • Une visite au Temple Antoine

    Jemeppe-sur-Meuse est un petit pays où pullulent les usines, situé aux environs immédiats de Liège, en Belgique ; un tramway partant de cette ville vous y conduit en moins d’une heure. C’est là qu’Antoine, le grand Antoine, le guérisseur, le généreux, le Père Antoine, ainsi que l’appelaient ses adeptes, avait établi son quartier général ; ç’est là aussi que s’élève le temple consacré à son culte.

    *
    *     *

    Lorsque l’on va au temple de Jemeppe, on est frappé, non pas par la magnificence architecturale du temple, celui-ci est des plus simples, plus simple même que vous pourriez l’imaginer, mais bien plutôt par l’expansion, chez les habitants, de cette confiance illimitée et inébranlable que ce brave homme qu’était le Père Antoine a su inspirer à ceux qui le connurent et vécurent dans son ambiance.

    *
    *     *

    Antoine, on le sait, fut un grand guérisseur dont les cures ne se comptaient plus. Ce sont des milliers et des milliers de souffrances qu’il a apaisées et fait disparaitre tout simplement par l’exaltation, en ses adeptes et en ceux qui avaient recours à lui, des sentiments d’humanité, de fraternité ; par l’exaltation de la foi en la puissance divine dont lui, Antoine, croyait posséder une parcelle.

    *
    *     *

    Le Père Antoine mourut l’an dernier, le 25 juin, et on lui fit des funérailles solennelles dont toute la presse a parlé. Dans quelques jours donc, du 25 au 29, on célébrera, à Jemeppe, l’anniversaire de la « désincarnation du Père ». C’est à ce titre aussi que nous croyons de toute actualité de retracer, dans ses grandes lignes, l’œuvre de cet homme de bien considéré là-bas comme un autre Dieu fait homme. — Des « Antoinistes » sincères et d’intelligence première nous ont affirmé avec grand sérieux que, pour eux, le Père Antoine était la « réincarnation du Christ ».

    *
    *     *

    Antoine-le-Généreux, disent ses biographes, était un Ouvrier, né à Mons-Crotteux (province de Liège) en 1846, de parents pauvres. Il était le cadet d’une famille de onze enfants. Il débuta à 12 ans dans la mine, accompagnant son père et un frère qui étaient également mineurs. Ne voulant plus descendre dans la fosse, il devint ouvrier métallurgiste. A 24 ans, il quitta la Belgique pour aller travailler en Allemagne où il séjourna 5 ans. Plus tard, il alla à Prague, près Varsovie, où il resta encore 5 années et revint s’installer définitivement en Belgique, à Jemeppe-sur-Meuse.

    Dans l’intervalle de son séjour en Allemagne, il revient au pays, épouser une femme dont II avait fait la connaissance avant son départ. De leur union naquit un enfant, un garçon que la mort leur ravit à l’âge de 20 ans. Mais grâce à leur grande foi, aucun des deux époux n’en fut découragé ; au contraire, ils se dévouèrent davantage. Leur séjour à l’étranger leur avait permis d’amasser une petite fortune, ils la sacrifièrent pour venir en aide aux malheureux, éprouvant plus de bonheur à la dispenser à tous, qu’ils n’en avaient trouvé en l’acquérant par leur labeur. Car ils avaient compris le but de la vie.

    *
    *     *

    Antoine le Généreux vivait très simplement et très sobrement ; il était végétarien dans toute l’acception du terme ; il ne consommait ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait, en un mot, rien qui provint de l’animal.

    Antoine le Généreux professa la religion catholique jusqu’à l’âge de 42 ans, puis il s’appliqua à la pratique du spiritisme, sans S’attarder toutefois dans le domaine expérimental pour lequel il n’avait aucune aptitude et qui ne le tentait nullement. Sachant à peine lire et écrire, il se trouvait incompétent pour résoudre ce problème scientifique ; il lui préféra la morale et s’y adonna de tout cœur. Il continua jusqu’en 1906, date à laquelle il a créé le Nouveau Spiritualisme ; c’est là que commence sa mission du Révélateur.

    *
    *     *

    A la mort du « Père », on pensait, nous dit la très aimable secrétaire qui nous reçut, que l’Antoinisme allait disparaître, mais point. « Mère » remplace maintenant « Père » qui, quoique désincarné, revient dans son temple et agit par l’entremise de « Mère ».

    Une visite au Temple Antoine (La Vie Mystérieuse 25 juin 1913)

    (1) La reproduction de cette gravure est absolument interdite à toute autre publication.

    « L’Opération », — ainsi se nomme l’unique office du culte — se fait une fois le jour, à 10 heures du matin. Tous les adeptes et ceux qui désirent obtenir des guérisons pour eux-mêmes ou pour les leurs, viennent au temple. « Mère », ainsi que le faisait « Père », monte à la tribune, se recueille et tous les assistants font de même. Puis, « Mère » élève la main en manière de bénédiction et, partant du nord, s’arrête successivement sur les quatre points cardinaux. Certains adeptes voient alors comme une nuée fluidique descendre sur l’assistance. « L’Opération » prend fin sans qu'aucune parole ait été prononcée, et les uns s’en vont soulagés, d’autres réconfortés, d’autres guéris, selon le degré et la puissance de leur foi en le pouvoir de « Mère » ou de « Père ».

    *
    *     *

    L’Antoinisme ne borne pas son action à la Belgique ainsi qu’on le pourrait croire ; ce culte bien spécial gagne sur le terrain de l’universalisme ; partout se forment des groupements où l'on se réunit aux mêmes heures pour procéder à « l’opération ». Paris même n’a pas été réfractaire à ce mouvement et il s’y érige, à cette heure, dans le XIIIe arrondissement, un nouveau temple qui sera uniquement consacré au culte antoiniste et dont l’inauguration doit avoir lieu à l’automne prochain. Tous les adeptes de Belgique se font une fête de venir assister à cette manifestation en faveur du nouveau culte.

    *
    *     *

    Les Antoinistes militants se rencontrent un peu partout, en Belgique, où ils sont immédiatement distingués grâce à leur costume spécial, fait d’un drap noir et taillé sur une coupe originale, mais non ridicule, qu’avaient adopté « Père » et « Mère ».

    *
    *     *

     

    A toute entreprise humaine, si dégagée soit-elle des contingences terrestres, il faut des fonds pour vivre. Un culte antoiniste, lui, s'entretient à l’aide de dons qui, pour être acceptés, doivent être rigoureusement anonymes j si un donateur s’avise de décliner ses nom et qualité, il se voit immédiatement rembourser son argent.

    *
    *     *

    Pour sa diffusion, le culte antoiniste possède, en outre de la propagande faite par ses adeptes, un roulement de circulaires et brochures, contenant la « révélation » d’Antoine le Généreux ou sa biographie, et une publication mensuelle l’Unitif, dans laquelle il est répondu à toutes les questions d’intérêt général posées par les adeptes.

    *
    *     *

    A l’imprimerie, aucune main-d’œuvre n’est rétribuée, tout se fait « au petit bonheur ». Quelques dévoués, un peu adroits de leurs mains, viennent là à leurs moments perdus et composent, corrigent, mettent en page, font la mise en train, tirent circulaires, brochures, publications, et tout se fait sans accroc, sans retard sous l’œil du maître Deregnaucourt, l’adepte qui seconde « Mère » dans sa tâche et qui possède les principaux éléments de l’art d’éditer.

    *
    *     *

    Nous devons à l’amabilité de M. Dardennes, photographe, à Jemeppe, l’autorisation de reproduire la scène de « l’opération » qui illustre cet article. A la tribune supérieure est le « Père » faisant son geste de bénédiction ; à la petite tribune du dessous se trouve la « Mère » dans l’attitude du recueillement. Derrière et au-dessus de ce modeste « maître-autel » on peut lire l’inscription suivante, écrite en gros caractères :

    Un seul remède peut guérir l'humanité : LA FOI ; c'est de la foi que naît l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de Le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.

    On le voit, l’Antoinisme est uniquement basé sur la foi, le désintéressement et le grand amour du prochain. A ce titre, s'il ne nous rend pas nous-mêmes meilleurs, il mérite au moins notre considération.

    Fernand Girod.

     

     

    La Vie Mystérieuse, n°108 (25 juin 1913)


    votre commentaire
  • Au jour le jour, l'Antoinisme (Le matin 8 April 1914)

        Au jour-le-jour
    l'Antoinisme 

        De tes enfants, sois fier, ô mon pays! Chantons en chœur! Rejouissons-nous! Il vint un jour où un brave vieil homme du pays de Liège, un nommé Antoine, se vit adjoindre à son nom de famille un sobriquet, un pseudonyme, un titre de gloire et d'honneur. Nous eûmes Antoine le Guérisseur; nous connûmes le culte des disciples d'Antoine; nous assistâmes à l'éclosion d'une nouvelle religion, l'Antoinisme, ayant soudain pris une propension, un développement inouï, et son créateur étant mort, l'Antoinisme continua de se propager, de se répandre. Il avait envahi la Belgique wallonne, et étant du tempérament que la chanson de Nadaud prête à la Garonne, mais ayant en plus, de la volonté, l'Antoinisme fit la, conquête de Paris, y construisit des églises, des temples, mais, hélas! comme tant de religions, tout en se faisant des adeptes, il eut ses victimes. 
       Un Américain, M. Guiseppe, habitant Paris, embrassa l'Antoinisme. Immédiatement il découvrit une incompatibilité entre ses nouvelles croyances et son état d'époux légitime. Il entendit désormais vivre en toute liberté. Aussi parvint-il, par son attitude, à contraindre sa femme à demander le divorce. 
       Nous connaissions des vaudevilles où sont traités des sujets qui peuvent se désigner par les mots éloquents de «surprises du mariage», «surprises du divorce». Nous voici à la «surprise de l'Antoinisme». Nous sommes en progrès. 
       M. Guiseppe avait fait preuve d'une imagination fertile. 
       Il avait, d'abord, refusé de subvenir aux besoins du ménage en fondant son inertie sur les principes de la secte religieuse à laquelle il prétendait appartenir. Ceux-ci, paraît-il, lui font un devoir de négliger les détails matériels. 
       Mais, de plus en plus fort! La dame Guiseppe, courageusement, s'étant mise à la tâche et s'efforçant par ses seuls moyens de subvenir aux besoins de son ménage, son mari, offensé par cette attitude laborieuse dans ses convictions religieuses les plus chères, la blâma et en prit prétexte à s'éloigner d'elle. 
       La liste des griefs, rassurez-vous, n'est point close. Sa femme étant tombé malade, le sieur Guiseppe se drapa dans sa morale religieuse... parce qu'elle s'était fait donner des soins par un médecin. Comment! La compagne d'un «antoiniste» ne s'en remettait pas purement et simplement à la Providence! Hérésie! Sacrilège! Enfer et damnation! 
       Enfin, le mari modèle n'entendait reprendre la vie commune qu'à condition de voir sa femme se conformer en tous points aux préceptes que lui, adepte sincère, suivait à la lettre. La chambre du tribunal, ayant entendu la cause, vient de dissoudre l'union des deux époux, car, dit le jugement, «on ne saurait faire grief à une femme de vouloir mener l'existence naturelle et normale pour laquelle elle est faite» et «si son mari la lui refuse, elle est fondée à se soustraire à des règles de vie qui ne dérivent de la loi ni même de son consentement.»
        Et la victime de l'Antoinisme obtint donc à son profit le divorce. 
       N'en prenons pas prétexte pour blâmer ou railler l'Antoinisme. Toutes les religions ont leurs exacerbés, leurs mystiques, leurs hystériques: cela ne signifie pas que toutes les religions soient ridicules. L'esprit vraiment indépendant laisse aux gens leurs croyances - il ne faut jamais discuter ou combattre la foi d'autrui - et se comporte, entre toutes les sectes religieuses, avec le même respect et la même dignité. 
                     Sivry 

    Le matin, 8 April 1914


    votre commentaire
  • Les os de la duchesse (Tatène  14 juin 1913)

    LES OS DE LA DUCHESSE

        Le comte de la Rochefoucauld, noble fils d’une vénérable douairière, jugeait qu’il était offensant pour la mémoire de celle-ci de laisser enterrer ses vieux et aristocratiques os dans le cimetière communal. Mais son frère le Duc, de goûts plus simples, estimait que la dépouille maternelle serait abritée aussi bien par les gazons verts et les saules pleureurs que par les froides dalles du caveau bâti dans la chapelle du château et où se trouvent réunis 1.s membres de la famille plus pressés qu’elle d’en finir avec cette chienne de vie. Les juges étaient perplexes. Ils cherchèrent en vain dans l’œuvre de l’illustre ancêtre une maxime qui les eût tirés d’embarras. Ils songèrent aussi à demander l’aide d’un spirite, disciple du Père Antoine, cet homme étant capable d’aller rechercher jusque dans l’au-delà l’âme de l’honorable duchesse. Mais, comme elle était morte depuis peu de temps, ils pensèrent avec juste raison que le résultat de ce long et dangereux voyage était très aléatoire, le nonagénaire esprit ayant pu se tromper de voie et ne pas arriver à la gare destinatrice : Paradis, Enfer, Purgatoire, ou s’arrêter en chemin pour faire une ultime confession. Comme en tout autre cas, une sentence était nécessaire pourtant. On ne pouvait décemment laisser les os à mi-chemin du cimetière et de la chapelle. Heureusement on retrouva une lettre dans laquelle la défunte affirmait son horreur de la mort, du triste et du noir. Aussi, pour satisfaire à son suprême désir, on la plaça sous les herbes fleuries, où elle pourra reposer en paix. Et son fils cadet fut furieux !

    Tatène (journal satirique de Liège) n°18, du 14 au 21 juin 1913


    votre commentaire
  • Les Antoinistes vont fêter leur Messie (Le Radical 21 juin 1913)

    LES RELIGIONS EXCENTRIQUES

    Les Antoinistes
               vont fêter
                    leur Messie

        On se souvient du curieux culte antoiniste dont le prophète, le père Antoine, mourut en laissant à la mère Antoine ses admirateurs comme héritage.
        Les cérémonies du culte continuent. Des fêtes auront lieu les 25 et 29 juin à Jemmeppe-sur-Meuse. En voici le programme :
        « En souvenir de Celui qui les sauva du doute en leur révélant la pure lumière de la conscience, les adeptes du nouveau culte ont institué ces deux fêtes dont le caractère sera toute simplicité.
        « Le 25 juin, à dix heures, Mère, que le Père a désignée pour le remplacer, fera en son nom plusieurs opérations générales pour la foule des malades et des affligés qui ont mis toute leur foi en lui. Après il sera lu les dix principes de Dieu révélés par le Père et des travaux d'adeptes inspirés pour cette cérémonie.
        « Le 29 juin, à dix heures. Il y aura lecture générale au temple, et à deux heures, un cortège partira du temple et parcourra le même itinéraire que le jour des obsèques du Père, tous ceux qui conservent pieusement la mémoire de leur Sauveur auront à cœur d'y assister avec le plus grand recueillement et se retrouveront tous ensemble unis dans le même sentiment de foi et d'amour. »
        C'est souvent ainsi que naissent les religions, et le père Antoine aura peut-être la même chance que Mahomet.

    Le Radical, 21 juin 1913


    votre commentaire
  • Temple Antoiniste - carte écrite 1923


    votre commentaire
  • Procession à Jemeppe #3

    La maison Xharde-Stoffels se retrouve sur une autre image d'archive


    votre commentaire
  • Procession à Jemeppe #2

    Nous nous trouvons ici derrière la gare de Jemeppe, on remarque l'aubette d'une carte postale


    votre commentaire
  • Procession à Jemeppe #1


    votre commentaire