•  Excelsior 26 octobre 1913 - page de titre

    Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2

     

    Dimanche 26 octobre 1913

    UN PÈLERINAGE ANTOINISTE

    La “Mère”
    vient opérer
    à Paris

    Avec quatre cents adeptes, la veuve
    d'Antoine le Guérisseur est arrivée
    hier, à Paris, pour inaugurer le
    le temple de la rue Vergniaud.

        Décidément, la concurrence n'épargne personne, même pas les guérisseurs.
        Ceux-ci se multiplient, et pour un qui disparaît, dix nouveaux surgissent. Aussi des « précurseurs » dans la profession sont-ils obligés de faire maintenant de la propagande active, et même de se déplacer pour se créer des ramifications et fonder pour ainsi dire des succursales.
        Antoine le Guérisseur, qui mourut le 25 juin 1912, à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liége, avait su faire de nombreux adeptes, — plus de trente mille – qui croient aveuglément en sa puissance et qui lui attribuent un pouvoir divin.
        Le culte de ce guérisseur s'est propagé très rapidement en France, et c'est ainsi que j'ai rencontré, en pleine dans un simple hameau du nom de Biollay, un temple antoiniste où une centaine de croyants viennent tous les dimanches entendre la lecture du « Grand Livre de la Révélation », et contempler « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
        Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » – c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte – avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
        Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
        L'inauguration de ce temple est un événement d'autant plus considérable, que la veuve du « Désincarné » a voulu venir l'inaugurer en personne.
        Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut des forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs, s'étaient réunis, hier, vers deux heures et demie, à la gare du Nord, pour attendre le train spécial amenant de Belgique la Mère et quatre cents pèlerins.
        A deux heures cinquante, le convoi entra sous l'immense hall. De tous les wagons de troisième se précipitèrent des adeptes vêtus comme ceux qui les attendaient à la sortie. D'un compartiment de seconde, la Mère, qu'aucun signe extérieur ne pouvait faire distinguer du reste des adeptes, descendit, accompagnée de M. Derégnancourt, qui est le grand prêtre du culte antoiniste, ou plutôt le président du Conseil d'administration.
        Sans de moindre apparat, la veuve du « Désincarné » gagna la sortie ; mais lorsqu'elle arriva au bout du quai, des sanglots éclatèrent : certaines adeptes parisiennes n'avaient pu retenir leur émotion en voyant la Mère qui tomba, pendant quelques secondes, dans une sorte d'extase.
        Le cortège des Antoinistes se dirigea alors vers le souterrain du Métropolitain, où un train spécial les attendait pour les conduire jusqu'à la station Corvisart. Dans la salle des Pas-Perdus, un homme à la haute stature, portant un petit bagage à mains, cherchait à s'échapper du flot antoiniste : c'était M. Ribot, le sénateur du Pas-de-Calais, qui s'efforçait de gagner son compartiment, et qui refusait obstinément de prendre les petits billets jaunes ou verts que lui tendaient en passant les Antoinistes.
        Chaque pèlerin était, en effet, muni d'un stock considérable de petits morceaux de papier portant la suscription suivante :

    CULTE ANTOINISTE
        Frères, Mère Antoine consacrera au nom du Père le nouveau temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud (XIIIe).
        La cérémonie aura lieu demain 26 octobre, à 10 heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le Temple comme Elle le fait à Jemeppe-sur-Meuse.
        Recevez, chers frères, toutes nos bonnes pensées.
                                                Le Conseil d'administration du Culte Antoiniste.

        A la station Corvisart, les Antoinistes quittèrent le Métro, et se formant en cortège, ils gagnèrent leur temple par le boulevard Auguste-Blanqui et la rue Vergniaud.
        Lorsque la Mère fut arrivée sur le seuil du temple, un adepte présenta à la foule « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
        L'intérieur de ce nouveau temple est analogue à celui de Jemeppe, mais en plus petit. Une chaire est adossée au mur, sur lequel on lit le précepte fondamental de la croyance antoiniste : « Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi, etc... »
        C'est là que ce matin la Mère « opérera » les malades par sa seule présence. Cela est certainement moins dangereux que de leur prescrire des drogues ou des incantations comme les rebouteux ou les sorciers. Mais au point de vue médical, cela ne vaut peut-être pas mieux. – HENRY COSSIRA.

    Excelsior, 26 octobre 1913


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  • Carta de Paris - Evocação ao Padre Antonio (O Paiz Rio de Janeiro 14 de março de 1912)

        Na rua Milton, proximo do "fauburg" Montmartre, a pouca distancia da "peste", acha-se hoje estabelecida uma concurrente da Virgem de Lourdes. E’ uma pobre costureira de olhos ladinos, sorridente e obsequiosa, que faz milagres, curando toda a custa de males, todas as doenças, todos os agonizantes, pela evocação pura e simples do espirito do "Padre Antonio", – um sento varão miraculoso da Belgica, que creou a seita religiosa do "antonismo", e que se diz ser nova ultima encarnação de Christo Deus todo o Poderoso!
        A costureirita da rua Milton tem no corpo e alma fluido milagroso do padre Antonio. E quando lhe apparece um doente, mesmo no estado o mais grave, basta-lhe fazer evocar a alma milagrosa do santarrão belga, para dar saude aos enfermos, supprimindo em poucos minutos a mais grave doença!
        E’ facto? E’ carapetão? Não sabemos, porque não acreditamos em bruxas e lobishomens. Mas o que sabemos é que ha dezenas e dezenas de pessoas que dizem ter sido completamente curadas pelos effluvios milagrosos da evocadora do padre Antonio belga.
        E nota curiosa: a rapariga curandeira não reclama dinheiro. Se lhe quizerem dar algumas moedas de cobre ou prata, aceita e agradece. Mas não pede nada. Cura pelo prazer de fazer bem.
        O culto do antonismo está cada vez mais florescente. Ha dezenas de capelas antoninas em toda a Belgica, na Hollanda, na França, na Allemanha e até na propria Inglaterra.
        E’ mistér não cofundir o antonismo com o culto de Santo Antonio de Lisboa ou Padua. Nada de mixordias entre os dois concurrentes. E a costureirita milagrosa da rua Milton só trabalha pelá gloria do seu querido Antonio belga, que ainda não ê nem mesmo "bemaventurado"!

    O Paiz, Rio de Janeiro, 14 de março de 1912

     

    Traduction :

        Dans la rue Milton, près du faubourg Montmartre, à courte distance de la "peste", un concurrent de la Vierge de Lourdes est maintenant établi. C'est une pauvre couturière aux yeux chargés, souriante et obséquieuse, qui fait des miracles, guérissant tout au détriment des maux, de toutes les maladies, de tous les mourants, par l'évocation pure et simple de l'esprit du "Père Antoine", un homme miraculeux de Belgique, qui créa la secte religieuse de "l'antoinisme", et qui est dit être la nouvelle dernière incarnation du Christ, le Dieu Tout-puissant !
        La couturière de la rue Milton a dans son corps et dans son âme le fluide miraculeux du Père Antoine. Et quand une personne malade lui apparaît, même dans l'état le plus grave, il lui suffit d'évoquer l'âme miraculeuse du Saint belge, pour donner la santé aux malades, supprimant en quelques minutes la maladie la plus grave !
        Et les faits ? C'est une fadaise ? Nous ne le savons pas, car nous ne croyons pas aux sorcières et aux loups-garous. Mais ce que nous savons, c'est qu'il y a des dizaines et des dizaines de personnes qui disent avoir été complètement guéries par les effets miraculeux de l'évocation du prêtre belge Antoine.
        Et fait curieux : la guérisseuse ne réclame pas d'argent. S'ils veulent lui donner des pièces de cuivre ou d'argent, elle accepte et remercie. Mais elle n'a rien demandé. Il a été guéri pour le plaisir de bien faire.
        Le culte de l'antoinisme est de plus en plus florissant. Il y a des dizaines de chapelles Antoinistes dans toute la Belgique, en Hollande, en France, en Allemagne et même en Angleterre.
        C'est un mystère de ne pas confondre l'antoinisme avec le culte de saint Antoine de Lisbonne ou de Padoue. Pas de confusion entre les deux concurrents. Et la couturière miraculeuse de la rue Milton ne travaille que pour la gloire de son bien-aimé belge Antoine, qui n'est toujours pas "béni" !


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  • Défilé antoiniste à Jemeppe entre guerres issu des archives de Soeur Dumont (Seraing, Ougrée, Jemeppe au passé - n°6-1995-96)

    issu des archives de Soeur Dumont (Seraing, Ougrée, Jemeppe au passé - n°6 1995-96)


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  • Tilburgsche courant (23-03-1929)

    „WIJ GENEZEN ALLE ZIEKTEN”

    Wonderlijke secte en wonderlijke
    propaganda.

        Iemand in Maastricht heeft volgens de Limb. Koerier een merkwaardig bezoek gehad. Toen hij aan de deur geroepen werd, vond hij daar een dame van middelbaren leeftijd van beschaafd uiterlijk en met beschaafde stem, gekleed in een soort zwart uniform als verpleegsters wel plegen te dragen.
        Zij begon direct met te vertellen dat in België een man geleefd had „père Antoine”, die alle ziekten genezen kon en deze eigenschap belangeloos aanwendde tot heil van zijn naaste.
        Toen hij stierf, had hij reeds volgelingen gemaakt, die zich Antoinisten noemen. Zij hebben hun hoofdtempel in Jemeppe en een bijtempel in Visé.
        Op de vraag van onzen zegsman, wat eigenlijk haar bedoeling was, zei de dame, dat haar eenig doel was, mededeeling te doen van het bestaan der Antoinisten, wier leer liefde is, liefde voor den evenmensch. Ook zijzelf kon ziekten genezen, maar alleen in den tempel.
        Bij een andere ondervraging zeide de dame, te gelooven in de zielsverhuizing.
        – Bent u dan theosofe? luidde de vraag.
        – Neen, was het antwoord, alle godsdiensten zijn ons gelijk. U kunt bij ons komen, als u in uw geloof geen hulp vindt. Wij genezen alle ziekten.
        Op de herhaalde vraag, wat haar bedoeling met het bezoek was, luidde het ant woord: – Geen andere, dan u mededeeling te doen van ons bestaan. Ik vraag u niet om steun, noch om feitelijken, noch om geldelijken.
        Onze zegsman deelde haar mede, met belangstelling to hebben kennis genomen van wat zij zeide en voegde daaraan toe, dat hij in zijn Katholiek Geloof alles vond, wat hij noodig had.
        De dame vroeg tenslotte, of zij hem een hand mocht geven, waarna zij met een handdruk afscheid nam.

    Tilburgsche courant, 23-03-1929

     

     Traduction :

    "NOUS GUÉRISSONS TOUTES LES MALADIES"

    À secte merveilleuse et propagande merveilleuse.

        Selon le Limb. Koerier, quelqu'un à Maastricht a eu une visite remarquable. Lorsqu'on l'appela à la porte, il y trouva une dame d'âge moyen, d'apparence polie et à la voix polie, vêtue d'une sorte d'uniforme noir comme les infirmières ont tendance à le porter.
        Elle a tout de suite commencé par nous dire qu'en Belgique un homme avait vécu, le "père Antoine", qui pouvait guérir toutes les maladies et utilisait cette propriété sans compter pour le salut de son prochain.
        A sa mort, il avait déjà fait des adeptes, qui se disent Antoinistes. Ils ont leur temple principal à Jemeppe et un temple annexe à Visé.
        Quand notre porte-parole lui a demandé quelle était son intention, la dame a dit que son seul but était de communiquer l'existence des Antoinistes, dont la doctrine est l'amour, l'amour pour son prochain. Elle pouvait aussi guérir les maladies, mais seulement dans le temple.
        Lors d'un autre interrogatoire, la dame a dit, pour croire en la migration de l'âme.
        – Êtes-vous donc théosophe ? était la question.
        – Non, était la réponse, toutes les religions sont égales pour nous. Vous pouvez venir à nous si vous ne trouvez pas d'aide dans votre foi. Nous guérissons toutes les maladies.
            En réponse à la question répétée de savoir quelle était son intention lors de la visite, la réponse a été : – de vous faire connaître notre existence. Je ne vous demande pas de soutien, ni en action, ni en argent.
        Notre porte-parole lui a dit avec intérêt d'avoir pris note de ce qu'elle a dit et a ajouté que dans sa foi catholique il a trouvé tout ce dont il avait besoin.
        La dame lui a finalement demandé si elle pouvait lui serrer la main, après quoi elle lui a dit au revoir en lui donnant une poignée de main.


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  • Antonismo (Correio da manhã 2 de dezembre de 1913)

     

    UMA RELIGIÃO NOVA

    O «antonismo» nasceu
    na Belgica e já tem
    um templo em Paris

        Mais uma religião que surge!
        Aqui, auda, nao conheciamos os “Antonistas”. Que vem a ser, emsumma, os “Antonistas”?
        Sao os adeptos de um honesto operario belga, que se juiga o representante de Christo, representante sufficientemente qualificado para prodigalizar a palavra divina e distribuir os bens celentes.
        O novo Messias fez-se chamar o “Grande Curador da Humanidade para aqueles que tém Fé”.
        Os crentes appareceram, e formouse a nova religião...
        Caso é que o “pae Antonio” conseguia restituir a saude, a uma infinidade de enfermos, inclusive a algunas paralyticos, segundo affirmam as gazetas...
        O que é incontestavel, é que os adeptos appareceram en massa e que se fundou o “culto antonista”.
        Ao Parlamento belga foi endereçada uma mensagem com mais de duzentas mil assignaturas, pedindo o reconhecimento official da religião recentemente creada. Entretanto, os deputados belgas não levaram em conta a supplica do propheta, que morreu sem ter a satisfação de ver os seus mandamentos ensinados com a approvação official.
        Mas, antes de morrer, o messias encacarregou sua mulher, a “mãe Antonia”, de continuar-lhe a obra – e é de convir que a esposa do propheta executa admiravelmente as instrucções do fallecido, visto que os fieis do “Antonismo” augmentam consideravelmente e os templos em que se póde communicar com o “pae Antonio”, se multiplicam a olhos vistos.
        Existem, com effeito, na Belgica, cinco templos onde se celebra o culto “antonista”, e ainda ha pouco foi edificado um, na rua Vergniaud, em Paris.
        E' uma capella modesta, sem estyl, infinitamente triste.
        Compõe-se de uma nave interna, reservada aos doentes, e de duas galerias. Nada de altares, sem de quadros symbolicos. Sobre um estrado, um pulpito baixo, sem ornatos.
    Nas paredes do sanctuario, lé-se a seguinte inscripção:

    "Só um remedio pôde salvar a Humanidade: a Fé. Da Fé nasce o Amor que, nos nossos propios inimigos nos nostra Deus. Não amar os nossos inimigos, é o mesmo que não amar Deus, porque é o amor que nos dedicatas aos nossos inimigos que nos torna dignos de servil-o. Só o verdadeiro Amor nos ensina a amar, porque é pure, porque é a verdade”.

        O novo templo foi consagrado pela “mãe Antonia” em pessoa, que se dignou vir a Paris, afim de inaugural-o. A “prophetisa” veiu em trem especial, acompanhada de quatrocentos “antonistas” belgas convictos, que se reuniram na rua Vergniaud.
        A viuva do messias é uma mulher dos seus sessenta annos, physionomia insignificante.
        Nunca fala em publico, e sim, apenas, para os adeptos. E', méramente, a “interprete” do “pae Antonio”.
        Este, segundo os crentes, não morreu. Desenca nou-se. A sua viuva não passa de depositaria do seu poder espiritual – é a executora das suas obras.
        E assim se funda mais uma religião!
        Que não se lembrem, no Brasil, de levantar uma capella ao “hermismo” e de crear a religião “hermista”... sob a invocação do marechal.
        Tambem, era só o que faltava!

    Correio da manhã 2 de dezembre de 1913

     

    Traduction :

    UNE NOUVELLE RELIGION

    L'Antoinisme est né
    en Belgique et dispose déjà de
    un temple à Paris

        Une religion de plus à venir !
        Ici, nous ne connaissions pas les "Antoinistes". Qu'est-ce que les "Antoinistes" ?
        Ils sont les adeptes d'un honnête travailleur belge, que se veut le représentant du Christ, un représentant suffisamment qualifié pour prodiguer la parole divine et distribuer les biens célestes.
        Le nouveau Messie a été appelé le "Grand guérisseur de l'humanité pour ceux qui ont la foi".
        Les croyants sont apparus, et la nouvelle religion s'est formée...
        Le fait est que le "père Antoine" parviendrait à redonner la santé à une infinité de malades, même à certains paralytiques, selon les journaux...
        Ce qui est incontestable, c'est que les adeptes sont apparus en masse et que le "culte antoiniste" a été fondé.
        Un message de plus de deux cent mille signatures a été envoyé au Parlement belge, appelant à la reconnaissance officielle de la religion nouvellement créée. Cependant, les députés belges n'ont pas tenu compte de la supposition du prophète, qui est mort sans avoir la satisfaction de voir ses commandements enseignés avec approbation officielle.
        Mais avant sa mort, le messie a chargé sa femme, la "mère Antoine", de continuer son travail – et il convient de dire que la femme du prophète exécute admirablement les instructions du défunt, puisque les fidèles de "l'Antoinisme" augmentent considérablement et les temples dans lesquels il peut communiquer avec le "père Antoine", se multiplient à vue d’œil.
        Il y a en effet cinq temples en Belgique où l'on célèbre le culte "antoiniste", dont un vient d'être construit sur la rue Vergniaud à Paris.
        C'est une chapelle modeste, sans style, infiniment triste.
        Il se compose d'une nef intérieure, réservée aux malades, et de deux galeries. Pas d'autels, pas de peintures symboliques. Sur une plate-forme, une chaire basse, sans ornements.
    Sur les murs du sanctuaire, on peut lire l'inscription suivante :

        "Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi ; c'est de la Foi que naît l'Amour ; l'Amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul Amour qui nous fait vraiment aimer parce qu'il est pur et de vérité".

        Le nouveau temple a été consacré par "Mère Antoine" en personne, qui a daigné venir à Paris pour l'inaugurer. La "prophète" est venue dans un train spécial, accompagnée de quatre cents "antoinistes" belges convaincus, qui se sont rassemblés sur la rue Vergniaud.
        La veuve du messie est une femme de soixante ans, à la physionomie insignifiante.
        Elle ne parle jamais en public, mais seulement aux adeptes. Elle n'est que "l'interprète" du "père Antoine".
        Selon les croyants, il n'est pas mort. Il est désincarné. Sa veuve n'est qu'une dépositaire de son pouvoir spirituel – elle est l'exécuteur testamentaire de ses œuvres.
        Et c'est ainsi qu'une religion de plus est fondée !
        Qui ne se souvient pas, qu’au Brésil, on a élevé une chapelle à "l'hermisme" et qu’on a créé la religion "hermiste"... sous l'invocation du maréchal.
        Et c'est tout ce qui manquait !


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