•     Les sectes? Et puis après...

        Quand je constate, dans le monde, que des femmes et des enfants sont égorgés froidement par des intégristes : que des millions de réfugiés se déplacent de pays en pays pour trouver où vivre : que des enfants sont exploités par un système économique mondial afin de répondre aux besoins des pays riches... Bref, quand je constate la situation où nous sommes – dont nous sortirons peut-être grandis!, comme on dit parfois. Si nous en sortons. Alors, moi, pour tout vous dire : les sectes, je m'en contrefous.

    Tout le monde a le choix de se tirer une balle, ou de mettre fin à ses jours comme il l'entend. Cela dit, je ferai tout en mon pouvoir pour dissuader les gens de le faire, estimant quant à moi que ce n'est pas la chose à faire. Mais sans m'immiscer sur le terrain de la responsabilité personnelle. Car chacun est responsable de ses choix. Quand on a le choix, bien sûr. Sans la responsabilité personnelle et le sentiment de cette responsabilité, la conscience demeure stagnante. Pour moi, il ne peut donc être question de limiter la liberté par des lois anti-sectes, comme il y a déjà la loi anti-gang, ou d'autres règlements – qui n'auraient pour effet que d'exciter la paranoïa collective.

    La liberté est difficile à vivre. Ce serait même, à ce qu'on dit, une source d'angoisse. La plupart des gens souhaitent être encadrés, se sentir en sécurité : protégés des événements, des circonstances, des conditions et des autres, parfois aussi d'eux-mêmes. Ce serait cette recherche de sécurité qui, bien souvent, fait l'attrait des sectes. De se retrouver ensemble, entre gens qui partagent une même vision, les mêmes valeurs, les mêmes croyances. Pourtant, en ce qui me concerne, dans la mesure où tel regroupement ne nuit pas à ceux qui n'en sont pas ou à la société en général, je ne crois pas qu'il faille intervenir. Tout le monde a le droit de se tromper. Même vous et moi...

    Et nous savons, vous et moi, à quoi nous en tenir là-dessus. Qui sommes-nous, en effet, pour parler d'individus conditionnés? Le système dans lequel nous vivons, vous et moi, est une vaste machine à conditionner : publicité, marketing, consommation... Bien que, dans la mesure où la majorité d'entre nous sommes conditionnés en fonction des mêmes convictions, nous nous retrouvons donc tous ensemble dans le même aquarium, sans même nous douter que nous sommes dans un aquarium. C'est le confort d'avoir été bien conditionnés.

    Quant à la vision apocalyptique que véhiculent certaines sectes, elle n'est pas nouvelle. De tout temps, on a annoncé la fin du monde. Cette perspective est peut-être distrayante. Sans compter que si la fin du monde finissait par se produire, on se trouverait comme vengés de bien des frustrations! Mais il se trouve qu'à notre époque la vision apocalyptique n'est peut-être pas sans fondement. De nombreux scientifiques sont convaincus que nous assistons présentement sinon à la fin du monde, du moins à la fin d'un monde : il s'en trouve même pour soutenir que " La 6ème extinction est en marche ". Et dans une récente interview, à propos du défi de l'An 2000 Hubert Reeves déclarait : " Le principal défi à relever pour l'humanité c'est d'être encore là pour le troisième millénaire. "

    Les membres de sectes sont, en fait, pour la plupart victimes d'eux-mêmes. La vanité est un des facteurs d'attraction des sectes. Les membres se perçoivent comme différents de la masse. Il y a aussi la hiérarchie, qui entretient la volonté de grimper les échelons. Mais les sectes ne sont pas le seul lieu où existe une hiérarchie. Non?

    Bref, je me fous des sectes, de leurs pompes et de leurs œuvres comme de ma première paire de culotte!

    La plupart des victimes des sectes sont en fait victimes d'elles-mêmes : bien qu'il s'en trouve aussi, c'est vrai, qui soient victimes des autres... Mais la vie n'est pas sans risque. Et les sectes ne sont pas non plus le seul lieu où on peut être victimes des autres, de la machination d'un système qui vend de l'espoir.

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    Richard Leakey (Roger Lewin), La 6ème extinction – évolution et catastrophes (éd. Flammarion).

    Leakey est paléo-anthropologue de renommée mondiale et Lewin, spécialiste de la biologie et de l'écologie de l'évolution. Un maître-livre qui n'est pas sans inquiéter.


    Retour au début© Jacques Languirand
    Chronique parue dans le Guide Ressources,
    Vol. 12, N° 10, juillet-août 1997

    source : http://www.radio-canada.ca/par4/gr/gr1210.htm#sectes_apres


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  • Bruxelles - Couvent de Berlaimont, rue de la Régence (source : delcampe.net)
    L'abbé Mouls agé d'una quarantaine d'années (source : gallican.org)

        Peu après la guerre franco-allemande de 1870, l'Abbé Xavier Mouls, ordonné prêtre en 1846 à l'âge de 24 ans à La Teste, Cazaux près d'Arcachon, puis Montigaud près de Bordeaux pour finir à Arcachon en 1854 (dont il est considéré comme un des fondateur), à qui Rome refusait l'évêché, et l'avait même destitué chanoine à Bordeaux en 1869 par le cardinal Ferdinand Donnet, archevêque de Bordeaux, rompt avec l'église catholique, avec le soutien des abbés Pierre Des Pilliers, Jean-Hippolyte Michon, et Pierre-François Junqua (habitant Bordeaux), tous déçus de l'ultramontanisme.
        Il étali alors en Belgique, avec des Pilliers, l'Eglise vieille catholique par la consécration de la Chapelle des Dames de Berlaimont le 28 avril 1872 (la chapelle a aujourd'hui disparu avec la rue du Manège, près de la rue de la Régence). Cette chapelle ia jusqu'à accueillir 1500 auditeurs.
        L'abbé Mouls stoppe les relations avec des Pilliers et publie à partir du 1er juin, La Rénovation religieuse. Junqua se fait arrêté, pour un ouvrage et pour port illégale de la soutane. Il sera accueilli en héro par Mouls et sa congrégation en 1875. Mais étant marié, l'abbé Mouls l'évinça également, préférant une prêtrise sans aucune vie privée. le Père Chéry, dans son Offensive des sectes (1972), remarquera que cela sera des raisons semblables (mariages, divorces et remariages) qui amèneront certaines sectes à se faire des adeptes. François Junqua deviendra par la suite panthéiste et socialiste. On retrouve alors les idées de l'époque et le passage de l'une à l'autre.
        Entre 1872 et 1874, l'abbé Mouls se sépare de l'Eglise vieille catholique et proclame l'Eglise chrétienne des vrais catholiques. Il attaqua alors plusieurs fois les prélats vieux catholiques comme "sentinelles utiles, mais un peu arriérées de la religion de l'avenir". On y retrouvera dans ses rangs Pierre des Pilliers qui fit une tournée de propagande dans la région de Verviers en 1875.
        Mouls garde alors du christianisme que la morale de l'évangile. Il en était arrivé ainsi à une religion, selon lui "naturelle" car il la prétendait innée, et qui résumait dans le théisme et la croyance à l'immortalité de l'âme. S'il maintenant un culte etérieur, c'était uniquement pour répondre aux besoins qu'éprouvent les hommes à s'unir à leurs frères dans l'adoration divine et à marquer par des rites les étapes importantes de leur vie.
        Il décide plutôt de se rappocher des unitariens anglais et prêcha aussi dans les milieux protestants libéraux de Hollande. Finalement il s'allia avec Charles Fauvety qui avait fondait à Paris l'"église laïque rationnelle" qui ne gardait Dieu que dans un sens panthéiste et l'immortalité de l'âme que "comme une probabilité".
        Peu à peu la feuille La Rénovation religieuse devient La Rénovation Universelle et porte en manchette : Liberté de conscience, Liberté religieuse, Fusion des cultes, Fraternité universelle. Elle comprend des articles avant-gardistes, en faveur de la crémation ou de l'émancipation des femmes.
        Pour l'office l'abbé Mouls revêt un manteau blanc oriental aux parements bleu de ciel se rapprochant de la toge des juges.
        L'abbé voyage ensuite dans toute la Belgique pour prêcher, visitant plusieurs fois Chênée ou Seraing, mais le Hainaut reste sa terre de prédilection : il se rendit 80 fois à Jumet. A Mouscron, beaucoup de Français viennent l'écouter.
        Une assemblée générale des fidèles avait désigné Mouls comme chef et avait élu un comité de 32 membres. Autour se greffe la rédaction du journal, mais aussi une société de secours mutuel, un bureau de charité, un cercle scientifique, une chorale et une bibliothèque. Des comités locaux se crée petit à petit à Anvers (un prêtre de Bruges, Léon Opsomer, et un pasteur, Bekking avait déjà depuis longtemps commençaient les prêches en flamand, avant de quitter le mouvement de Mouls), puis Jumet, Charleroi, Jemappes, Liège, Chênée, Seraing et Mouscron. Celui d'Anvers s'arrête vite, mais les autres continus au moins jusqu'en 1875. Seul Charleroi essaya de créer une église succursale avec ministère, un notable fut prêt à donner 2000 francs pour ériger un tempte. En 1875, il n'y a plus qu'une vingtaine de personnes qui assiste à l'office, dont encore beaucoup de curieux. La chapelle de Berlaimont est abandonnée pour une salle plus petite dans la rue de la Régence. Il abandonne alors les offices dominicales. A Jumet et Mouscron (où les catholiques feront un autodafé de ses écrits et où la Sûreté suivra ses faits et gestes), une vingtaine de personne assiste également à ses discours. Mouls compte alors en 1876 plus que 1245 membres pour toute la Belgique. Parfois on fait encore appel à lui, quand un prêtre catholique refuse de venir, pour un baptême, un mariage ou une cérémonie funéraire. En 1877, le journal, dont Mouls était devenu le seul rédacteur, s'arrête. Dans sa nécrologie pour Eugène Vintras (1807-1875), il écrit : "Ses nombreux sectateurs, belges, français, russes etc., etc. se nourrissent de la lecture de ses écrits, vénèrent le prophète comme un précurseur du nouveau Messie. Il est mort, mais doit bientôt se réincarner pour être le Jean-Baptiste du Christ qui doit renaître pour régénérer la face de la terre. Attendons les événements."
        Pierre Dor aurait été au courant, lui qui avait aussi été en contact avec des Russes, et aurait essayé de faire passer son oncle Louis Antoine comme la réincarnation de Vintras, pour se prétendre le Messie ? D'autant plus que l'abbé Mouls avait suffisemment frappé les esprits pour faire toujours des apparitions dans les séances spirites à Jumet encore à la fin du siècle.
        Mouls aurait rencontré Vintras, réincarnation du prophète Élie, à Bruxelles. Mais il noua plus de contact avec les spirites de la capitale. Leur influence se marque dans le Journal dès octobre 1874. Mouls y défend plusieurs fois le spiritisme ainsi que dans ses conférences. D'abord réticents par rapport au magnétisme et mesmérisme, il s'en fait l'apôtre dans la Rénovation, et devient le Docteur Conrad exerçant ses talents dans des bourgades du Hainaut, notamment à Roux et Jumet.
        Ayant stoppé la rédaction de son journal, il se consacre entièrement au magnétisme à Chapelle-les-Herlaimont, chez son médium, la femme Cambier dite "la grande Térau". Il exerça cet art de guérir jusqu'à sa mort le 5 juillet 1878, ce qui ne lui laissa pas assez de temps pour reformer un culte à partir des fidèles de Mouls thaumaturge. Il fut le premier enterré civilement à Chapelle-les-Herlaimont. L'Eglise Gallicane de Bordeaux "pour qui le souvenir de l'abbé Mouls ne s'est pas effacé", fut fondé par le Révérend Père Hyacinthe Loyson en 1883, qui tenta vainement d'établir un culte en Belgique malgrè la propagande de des Pilliers (l'abbé Mouls attaqua vertement le père Hyacinthe dans son journal après son mariage). L'Eglise gallicane eut le soutien de l'Eglise vieille-catholique, et existe maintenant en Belgique, dirigé par l'évêque Monseigneur Pierre-Henri Dubois depuis 1982 (par ailleurs prêtre de l’Eglise Catholique Gallicane depuis 1970). Il subsiste aujourd'hui plusieurs autres églises gallicanes ne s'interférant pas les unes les autres comme : l'Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet, proche de l'Église Catholique Gallicane de France, et la paroisse Sainte Rita à Paris XVème. Leurs principales activités sont l'exorcisme et le désenvoutement et la bénédiction en tout genre. L'antoinisme s'est peu à peu séparé de ces exercices, mais pratique la même tolérance que cette église.

    source : http://www.gallican.org/mouls.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gallicanisme
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_gallicane,_tradition_apostolique_de_Gazinet
    http://leonc.free.fr/histoire/mouls/index.htm
    John Bartier, Les ''vrais'' catholiques en Belgique : 1872-1878, in Jean PRÉAUX, Problèmes d'histoire du Christianisme (digistore.bib.ulb.ac.be)


        John Bartier termine son article par : "Trente ans plus tard, un autre guérisseur, sorti de ce prolétariat wallon qui avait cru au Docteur Conrad, et était passé par ces milieux spirites qu’il avait fréquentés, réussissait là où Mouls avait échoué. Aussi, bien qu’il n’y ait pas eu contact direct entre les deux hommes, on peut voir en Mouls le précurseur de Louis-Joseph Antoine, le fondateur de l’Antoinisme."
        En effet, pas de contact direct entre les deux hommes, mais bien une même aspiration de la population qui, l'abbé Mouls disparu, se tourna vers Louis Antoine.


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  • Au hit-parade de la richesse
    Par L'Express, publié le 19/09/1996


    1. Témoins de Jéhovah: 345 millions de francs
    2. Soka Gakkaï: 122 millions
    3. Association Lucien J. Engelmajer, dit «le Patriarche»: 41 millions
    4. Association de l'esprit saint pour l'unification du christianisme mondial (Moon): 39 millions
    5. Fraternité blanche universelle (FBU): 33 millions
    6. Anthroposophie (méthodes d'enseignement Steiner): 29 millions
    7. Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix (Amorc): 20 millions
    8. Eglise évangélique la Mission: 11,4 millions
    9. Centre zen du Taillé: 10,5 millions
    10. Les Amis de Kerizinen (Finistère): 8,5 millions
    11. Association du vajra triomphant (Mandarom): 8,4 millions
    12. Culte antoiniste: 8,3 millions
    13. Ordre du temple solaire (OTS): 8,1 millions
    14. Krishna: 7,1 millions
    15. Ogyen Kunzang Choling: 7 millions
    16. Rose-Croix d'or: 6,9 millions
    17. Les Cordées: 5,5 millions
    18. Ecole des trois ponts (Roanne): 5,4 millions
    19. Mission chrétienne évangélique (Reims): 5 millions
    20. Société internationale de trilogie analytique: 4,7 millions
    21. Fédération internationale pour le développement de l'alimentation instinctive: 4,2 millions
    22. Association Nouvelle Acropole France: 4 millions

    source : www.lexpress.fr


    Bilan exercice 2002 du culte antoiniste en Belgique
    Actif :
    Immobilisations financières : 197 829, 12
    Actifs circulants : 222 741, 50
    Total : 420 741, 62

    Passif :
    Patrimoine : 18 625, 36
    Rés. Ind. Réal. immo : 197 829, 12
    Bénéfice reporté : 202 832, 93
    Dettes (fournisseurs) : 1 283, 21
    Total : 420 570, 62

    Compte de résultat :
    Dons et autres produits : + 531 235, 31
    Produits financiers : + 429, 27
    Total : + 531 664, 58
    Frais généraux : - 296 590, 09
    Reduc. val. s/créance
    taxes et précomptes : - 11 193, 48
    Charges financières : - 316, 78
    Total : - 308 100, 35
    Totaux : + 223 564, 23

    source : Moniteur belge



        En comparaison, citons les fonds du gouvernement pour l'ADFI puis MIVILUDS :
        "Entre 1996 et 2006, 95,75 % des ressources de l’association  proviennent de fonds publics. En 2006, l ‘UNADFI est subventionnée à 97,14 % . Moins de 3 % de ses ressources proviennent des cotisations et donations : 11 078 euros  pour  398 019 euros de subventions  ! Et on ne voit pas pourquoi cela aurait changé en 2009…
        "En 2006, les organismes subventionnaires qui ont généreusement nourri l’UNADFI à la sébile du contribuable sont :
        "Les ministères de la Jeunesse et des sports (33 000 euros), des Affaires sociales (125 000 euros), de la Défense nationale (7 000 euros), de l’Éducation nationale ( 55 800 euros), de la Justice (110 000 euros) et « le Premier ministre / Droits de l’homme » (110 000 euros).
        "Auxquels il convient d’ajouter le FONJEP (Fonds de coopération de la Jeunesse et l’Éducation Populaire), 21 783 euros, le CNASEA (Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles), 30 436 euros."
    source : http://www.lepost.fr/article/2009/06/27/1596144_voila-encore-une-derive-du-gouvernement-et-on-veut-faire-sauter-la-securite-sociale.html

    voir également : http://www.come4news.com/lunadfi-pleure-largent-des-sectes-766921


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  • FONSNY,MARIE-PIERRE

    Mardi 26 octobre 1993

    ANTOINISME: UN PRODUIT WALLON
    BASÉ SUR UNE FOI EXCLUSIVE

    L'antoinisme représente un des très rares mouvements purement belges, ne partageant cette particularité qu'avec les «Trois Saint Coeurs» (p. 23). Quelques repères historiques: le «Père», Louis-Joseph Antoine, voit le jour en 1846 dans le hameau de Mons-Crotteux, près de Flémalle. Cadet d'une famille de onze enfants, il débute dans la mine à l'âge de 12 ans et épouse en 1873 celle qui deviendra «La Mère», Jeanne Catherine Collon. Autodidacte, il est successivement ouvrier métallurgiste et marteleur (en Pologne, notamment). Fortune faite à Varsovie, il rentre à Jemeppe pour devenir portier-encaisseur jusqu'en 1900, date à laquelle il se voue totalement au spiritisme. Alors que ses consultations de magnétiseur attirent une foule de plus en plus nombreuse, il est poursuivi en 1901 pour exercice illégal de la médecine. Il délaisse alors la prescription de remèdes et d'eau magnétisée pour la seule imposition des mains et l'utilisation de «fluides» spirites. Tour à tour guérisseur et prophète, le père Antoine enfièvre l'âme de houilleurs et ouvriers du pays de Liège dont il est originaire.

    En 1906, année charnière: le guérisseur prend ses distances par rapport au spiritisme et fonde une religion, le Nouveau Spiritualisme. Il décède en 1912.

    Un seul remède peut guérir l'humanité: la foi; c'est de la foi que naît l'amour: l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu; car c'est de l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. Ce texte, inscrit sur tous les temples antoinistes, est la base de l'enseignement d'Antoine.

    Réminiscence de son passé de guérisseur, Antoine affirme que la foi exclut toute autre forme de remède. Ceux qui ont foi en la médecine ne peuvent avoir foi dans le Père. Et vice versa.... (1)

    L'antoinisme proclame la souveraineté du libre arbitre et de la conscience (pas de prise de position sur le divorce, l'avortement, etc.) et croit fermement en la réincarnation.

    La pensée d'Antoine tient dans une trilogie sacrée: La Révélation par le Père, Le Couronnement et Le Développement de l'enseignement du Père. Lors des cultes, le desservant (ministre du temple) procède à l'Opération du haut de la tribune en répandant de la main droite sur la foule, le fluide éthéré du Père. Après l'imposition des mains, il rappelle à voix haute les dix principes révélés (sorte de dix commandements). C'est ensuite au tour d'un lecteur de transmettre la pensée du Père extraite de la trilogie sacrée. (2) Le rite du culte (de 15 à 30 minutes) est dispensé tous les dimanches et les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, invariablement.

    La liturgie de l'antoinisme comporte deux grandes fêtes. Le 25 juin, anniversaire de la désincarnation du père Antoine, les fidèles se rendent en pèlerinage au temple de Nandrin, là où eut lieu son dernier voyage. Le 15 août, les fidèles fêtent La Mère. Ils célèbrent également la Toussaint, le lundi de Pâques, le jeudi de l'Ascension et le lundi de Pentecôte. (3)

    Dans son édition du 26 juin 1925, «Le Soir» dénombrait près de 300.000 adeptes en Belgique et en France. Mais l'enseignement du culte s'essouffle dès les années trente pour devenir aujourd'hui confidentiel.

    Le temple de la rue Hors-Château à Liège, qui est pourtant le plus actif, accueille environ trois cents personnes par semaine. On compte trente temples en Belgique dont 20 pour la seule province de Liège, quatre dans le Hainaut, deux à Bruxelles (Schaerbeek et Forest), deux dans le Luxembourg, un en province de Namur et un en Flandre. Le culte de Stembert est pour l'instant fermé, faute de fonds, tout comme celui de Schoten-Deuzeld (faute de fidèles, cette fois).

    La croyance est restée semble-t-il plus vivace en France (une trentaine de temples). Il y a également des salles de lecture au Zaïre, en Allemagne, en Italie et au Canada.

    Pour toute la Belgique, il y aurait 500 adeptes «costumés» (les plus assidus), dont une majorité de femmes. Les Frères sont vêtus d'une sorte de lévite noire descendant jusqu'aux mollets ou aux genoux. Les Soeurs portent une robe noire et un bonnet surmonté d'un diadème composé en son centre de deux ruchettes simples en tulle de soie. (4)

    MARIE-PIERRE FONSNY

    source : http://archives.lesoir.be/antoinisme-un-produit-wallon-base-sur-une-foi-exclusive_t-19931026-Z07DU9.html

     

    On pourrait croire les médias belges mieux renseignés, mais non, alors voilà encore les petites notes :
    (1) Cela est vrai pour tous les guérisseurs à cette époque. Le culte antoiniste n'est plus aussi catégorique.
    (2) On voit que les sources proviennent de France, puisque la Lecture des Dix principes n'est plus faite en Belgique après l'Opération. Et on peut certainement dire que la source est un des nombreux livres qui traitent des sectes, puisque l'imposition des mains n'est pas faite par le desservant : ils croisent les mains à hauteur de la poitrine.
    (3) La encore, le journaliste est très mal renseigné, puisque la seule fête antoiniste officielle en Belgique est le jour de la consécration du du temple et du culte, le 15 août.
    (4) Encore une fois, le journaliste ne s'est pas donné la peine d'aller dans un temple pour constater, il s'est contenté de lire des livres ; ce n'est pas ce qu'on appèle du journalisme d'investigation. En Belgique, en 1993, le voile n'est plus porté par les soeurs.


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  •     La méthode d'autorité consiste à utiliser tous les moyens y compris la contrainte pour établir dans une société, un groupe, l'uniformité des croyances. En effet, dans l'histoire, on peut constater la force de cet instinct social. Lorsqu'un État contrôle les institutions, les écoles, les Églises et les médias, il est en mesure d'imposer un point de vue unique, une doctrine, et d'obliger la masse du peuple à vivre dans un « esclavage intellectuel ». Le catholicisme a longtemps été une religion d'État. Il en est de même de l'Islam dans certains pays. Ce fut la même chose en Union soviétique avec le communisme et en Allemagne avec le nazisme. Il s'agit alors d'imposer et de maintenir une orthodoxie idéologique sans faille en opprimant les opposants. Mais cette méthode est imparfaite, car elle évolue peu et nulle doctrine ne peut couvrir tous les sujets et contrôler tous les esprits. Un jour ou l'autre, certains individus se questionnent, par exemple en comparant leurs croyances à celles qui ont cours dans d'autres pays, et avec la conscience de ces différences le doute s'installe enfin. Éventuellement, ils verront le caractère arbitraire de ces deux premières méthodes et chercheront une meilleure manière pour établir leurs croyances.

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fixation_de_la_croyance_selon_Peirce


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