• Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ne nous ressemblent-ils pas ? Ils n'ont jamais vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos.

    Que l'un d'entre eux soit libéré de force de ses chaînes et soit accompagné vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ?.

    source : wikipedia

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    - Ils nous ressemblent, répondis-je; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face?
    - Et comment ? observa-t-il, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?

    - Et pour les objets qui défilent, n'en est-il pas de même ?
    - Sans contredit.
    - Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ?
    - Il y a nécessité.
    - Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux ?
    - Non, par Zeus, dit-il.
    - Assurément, repris-je, de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués.
    - C'est de toute nécessité.
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    - L'éducation est donc l'art qui se propose ce but, la conversion de l'âme, et qui recherche les moyens les plus aisés et les plus efficaces de l'opérer; elle ne consiste pas à donner la vue à l'organe de l'âme, puisqu'il l'a déjà; mais comme il est mal tourné et ne regarde pas où il faudrait, elle s'efforce de l'amener dans la bonne direction.
    - Il le semble, dit-il.
    - Maintenant, les autres vertus, appelées vertus de l'âme, paraissent bien se rapprocher de celles du corps - car, en réalité, quand on ne les a pas tout d'abord, on les peut
    acquérir dans la suite par l'habitude et l'exercice ; mais la vertu de science appartient très probablement à quelque chose de plus divin, qui ne perd jamais sa force, et qui, selon la direction qu'on lui donne, devient utile et avantageux ou inutile et nuisible. N'as-tu pas encore remarqué, au sujet des gens que l'on dit méchants mais habiles, combien perçants sont les yeux de leur misérable petite âme, et avec quelle acuité ils discernent les objets vers lesquels ils se tournent ? Leur âme n'a donc pas une vue faible, mais comme elle est contrainte de servir leur malice, plus sa vue est perçante, plus elle fait de mal.
    - Cette remarque est tout à fait juste, dit-il.

    source : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep7.htm


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  • Enquête parlementaire visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement les mineurs d'âge (1996)

    RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D'ENQUETE (1)
    PAR MM. Duquesne et Willems (Partie I)

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    Deuxième partie: Auditions de temoins
    II. Résumé des auditions publiques
    D. Représentants de services administratifs et d'organismes relevant des autorités fédérales ou communautaires
    E. Représentants des milieux académiques
    6. Audition de M. L. Nefontaine, collaborateur scientifique à l'ULB

    M. Nefontaine précise que la notion de "secte" est difficile à définir.

    Les quatre indices de nuisance mentionnés par le ministre de la Justice (Doc. no 313/5-95/96, p. 6) ne lui paraissent pas bien choisis, parce qu'ils peuvent s'appliquer à d'autres communautés liées à une des religions traditionnelles.

    L'intervenant ne croit pas qu'il faille élaborer une législation spécifique pour les sectes. L'établissement d'un répertoire des mouvements sectaires (cf. le rapport de la commission d'enquête française) lui paraît dangereux, parce que cela donnerait également une mauvaise image d'organisations tout à fait honorables (par exemple l'Ecole de la Rose-Croix d'or, l'antoinisme, les Hommes d'affaires du plein évangile). Par ailleurs, le fait que des gens tout à fait normaux réfléchissent et agissent au sein de groupes minoritaires suscite en effet souvent la réprobation ou pour le moins la méfiance.

    L'établissement d'une telle liste de sectes comporte aussi un risque de confusion entre les vraies sectes et les fausses sectes. Ainsi, il y a, par exemple, toute une série d'associations qui utilisent le terme " Rose-Croix " dans leur dénomination. Le fait que le nom d'une de ces associations figure, à juste titre ou non, sur une liste de sectes peut toutes les rendre suspectes. La même chose pourrait se produire pour "la Grande Loge souveraine internationale magique et théurgique de rite égyptien — Cagliostro", qui peut facilement être confondue par le grand public avec le rite de Memphis Misraïm.

    Enfin, les sectes changent aussi souvent de dénomination, ce qui rend l'établissement d'une telle liste inutile.

    L'intervenant met aussi en doute les propos que M. Gest a tenus devant la commission :

    "Le président Gest attire également l'attention sur le danger des manipulations qui peuvent se manifester. Il relate ainsi que peu avant le débat à l'Assemblée nationale sur le rapport de la commission d'enquête, des articles émanant de chercheurs du CNRS et de scientifiques ont paru dans les plus grands journaux. L'analyse a montré que les auteurs de ces articles avaient des liens assez profonds avec les sectes les plus importantes." (Doc. Chambre n° 315/5-95/96, pp. 23-24).

    Cette affirmation sans aucun fondement (qui jette la suspicion sur toute étude scientifique concernant l'une ou l'autre secte) s'inscrit, selon l'orateur, dans une véritable psychose antisecte. Le rapport Gest-Guyard présente également ce travers.

    Selon lui, l'établissement d'une liste de "sectes" aurait un effet pervers: il isolerait des groupes inoffensifs, ce qui ne ferait que renforcer la tendance sectaire.

    Les médias (et, en particulier, la télévision) devraient, eux aussi, donner une image plus nuancée des sectes qu'elles ne le font actuellement. Les témoignages d'anciens adeptes, si précieux soient-ils, doivent être traités avec circonspection.

    M. Nefontaine estime que si la première partie du rapport Gest-Guyard peut prêter le flanc à la critique, les deuxième et troisième parties dudit rapport (notamment en ce qui concerne les critères permettant de reconnaître les sectes dangereuses) sont toutefois très pertinentes.

    Certains sociologues français estiment que d'importantes associations qui luttent contre les sectes (en particulier l'ADFI et le "Centre Roger Ikor") présentent des tendances sectaires.

    Selon une étude récente de MM. Baffoy, Delestre et Sauzet, il existe également, au sein du catholicisme, des sectes dont certaines sont considérées comme dangereuses.

    [suit une courte description du fonctionnement de l'Opus Dei]

     Au sein du judaïsme, il y a aussi, selon l'intervenant, certaines déviances sectaires.

    De manière plus générale, M. Nefontaine ne croit pas qu'une secte ait déjà infiltré les institutions publiques en Belgique. Ce qui lui parait plus dangereux, c'est, par exemple, que chez les Témoins de Jéhovah, les membres soient isolés de leur famille.

    Il ne partage pas le point de vue d'Anne Morelli selon lequel il n'y aurait aucune différence entre l'Eglise et les sectes. L'Eglise est en effet publiquement présente (bien qu'on ne puisse parler de transparence absolue) dans la société.

    Contrairement à l'Opus Dei, la secte Moon et les Témoins de Jéhovah sont, à ses yeux, des organisations bien plus dangereuses.

    Il ne tient pas à se prononcer sur l'antoinisme, faute de données. Il a cependant entendu personnellement des témoignages positifs sur cette secte, notamment de personnes qui auraient été guéries tout à fait gratuitement. Peut-être la presse se fait-elle trop souvent l'écho des témoignages négatifs concernant cette organisation.

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    Deuxième partie: Auditions de temoins
    II. Résumé des auditions publiques
    G. Représentants d'associations de défense des victimes
    a. En Belgique
    4. Audition de M. Ch. Berliner, docteur en médecine et représentant de l'Association des victimes des pratiques illégales de la médecine

    Le témoin cite plusieurs exemples de pratiques médicales inacceptables:
    [...]
    — les vocations guérisseuses par la prière et l'imposition des mains (cf. la secte antoiniste, le père Tardif dans le cadre du renouveau charismatique et le père Samuel à Gosselies);
    [...]

    source : http://users.skynet.be/wihogora/r-sectes.htm

    note : il n'a plus aucune impositions des mains (il n'y avait que le Père qui faisait cela) et il est bien insisté que c'est une guérison de l'âme qui est proposée au adeptes.


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  •     Mais quel est le contenu du sermon rabbinique ? On peut distinguer, grosso modo, deux grandes orientations qui varient selon les rabbins et les synagogues : la lecture des péricopes bibliques hebdomadaires (tirées du Pentateuque et des prophètes) fait l'objet d'un commentaire, d'un "mise à portée" de l'auditoire, en se limitant à la pensée juive stricto sensu ou alors le rabbin s'en sert comme d'une base pour se livrer à des considérations plus actuelle. C'est ainsi que certains rabbins plus ouverts sur leur temps reprendront à l'occasion de la fête de Pessah des interprétations plus spirituelles de leurs lointains prédécesseurs : tout en insistant sur l'absolu respect des règles qui commandent l'éloignement du haméts (nourriture à base de levain ou d'ingrédients susceptibles de fermenter), ils rappellent qu'il convient de ne point oublier le haméts qui sommeille en nous et qu'il faut brûler : l'orgueil, le repli sur soi, l'arrogance, l'exclusion, etc. Ainsi, la sortie d'Egypte dont l'historicité est rappelée avec force est parfois assimilée à un processus d'alchimie de l'âme : chaque homme est invité à effectuer sa propre "sortie d'Egypte" en quittant le pays obscur des préjugés, de la haine, de l'égoïsme, de l'envie et des frustrations. Il arrive aussi que l'actualité dicte aux rabbins les plus éclairés le thème de leurs interventions, ce qui rend leurs sermons plus vivants et plus attachants. Mais la règle fondamentale n'est pas d'emboîter le pas à une actualité sans cesse changeante, mais d'édifier les orants aux plans religieux et moral.

    Maurice-Ruben Hayoun et Dominique Jarrassé, Les Synagogues
    Que sais-je ? n°3430, pp.116-117


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  •     Il m'est venu une pensée, qui recoupe une phrase de Robert Vivier.

        Lors de ma première lecture, j'ai remarqué assez rapidement qu'on se sentait presque obligé de lever la tête pour lire l'Auréole de la Conscience sur le mur du fond, alors que la posture en général adopté dans le christianisme est de baisser la tête devant le Christ en croix.

         En effet, Louis Antoine avait compris, qu'il ne pourrait faire baisser la tête d'un peu d'humilité des gens de la hautes sociétés, alors, il décida de faire relever la tête haute de gens du bas peuple.

        En d'autres termes, mieux écrits par le bibliographe de Louis Antoine :

        Antoine commençait à découvrir que pour être heureux au lieu d'être malheureux il ne s'agit pas tant de changer les faits, chose bien difficile pour ne pas dire impossible, que de changer de manière de les regarder.

    Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
    Ed. Labor - Espace Nord, p.166-67


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  •     Le travail d'un desservant se rapproche de celui d'un psychothérapeute, l'écoute est au centre de la pratique. Le desservant et l'antoinisme ajoute un côté spirituel qui peut être demandé par certaine personne. Le XXIe siècle, sera spirituel ou ne sera pas.

    Mais là où le desservant est suivi par le représentant du Père dans sa tâche, le psychothérapeute pouvait se déclarer tel juste en ayant lui-même suivi une thérapie. La chose est en train d'être réglementé.

    Voilà  l'article de wikipedia, sur le sujet, concernant la Belgique : 

    "Depuis 5 ans, les ministres de la santé successifs ont décidé de légiférer les professions de santé mentale. Quatre d'entre elles sont tout particulièrement visées : les psychologues cliniciens, les sexologues cliniciens, les ortho-pédagogues et les psychothérapeutes.
    Différents projets ont été élaborés, mais aucun ne faisant l'unanimité n'a débouché sur une législation. En caricaturant un peu les positions en présence, il y a essentiellement deux tendances : l'une considère que ces professions doivent être des professions de la santé (sans différenciation entre santé somatique et psychique) et, à ce titre, faire partie de l'arrêté 78 qui régit les professions médicales et paramédicales, l'autre pas."

    Dans l'article psychiatrie, on lit : "La demande de soin augmente, à l'instar d'une baisse de la démographie médicale. Les grandes villes de France, de Suisse et de Belgique sont actuellement parmi les plus psychiatrisées d'Europe. En France par exemple, on compte 12 000 praticiens, (1 pour 5 000 habitants, soit bien plus que chez nombre de ses voisins européens)."


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