• La naissance des dieux

        La destinée de l'Homme lui-même était un problème. Avant la naissance, l'homme n'existe pas encore ; après la mort, il n'existe plus. La question que se posait les Anciens concernait la possibilité d'une autre vie ailleurs, après la mort. Mais si le corps ne bouge plus et demeure à l'endroit où il a été enterré, où vivra le défunt ?
        Au cours de cette sorte de mort quotidienne qu'est le sommeil, il nous arrive de rêver. Même si son corps ne quitte pas le lit où il repose, l'homme endormi connaît parfois, en rêve, d'étranges aventures et semble alors vivre une existence différente.
        Peut-être y a-t-il dans chaque homme un "double", un esprit, une âme unie au corps mais qui peut vive indépendamment de lui ? Est-ce cette âme qui subsiste après la mort ? Si la réparation de l'âme et du corps se produit quotidiennement à l'occasion du sommeil, pourquoi ne se produirait-elle pas au moment de la mort ?
        C'est sans doute un raisonnement proche de celui-ci qui est à l'origine de l'une des plus anciennes manifestations de la spiritualité humaine : le culte des morts. C'est parce que l'on croyait à la survie de l'âme que l'on déposait dans les tombes les objets familiers et les armes du défunt, ainsi que des provisions : en fait, tout ce dont il pouvait avoir besoin dans une autre vie. Ainsi prirent corps peu à peu deux idées fondamentales de la pensée religieuse : la présence, dans chaque homme, d'une âme immortelle, et l'existence d'un au-delà.

    Tout l'univers
    , volume 2
    La naissance des dieux, p.297
    Hachette, Paris, 1982


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