• La Révélation, L'arbre de la science de la vie du bien (p.179)

        Rendons-nous compte de notre situation et nous reconnaîtrons que les besoins factices nous dirigent dans le sens opposé à notre amélioration, qu'ils nous obligent à marcher vers le malheur  plutôt que vers le bonheur ; nous en sommes véritablement l'esclave car ils nous font dépasser en tout la mesure du nécessaire. Voilà où nous voyons que l'intelligence est le siège de notre imperfection. Si elle était ce qu'on la croit généralement, pourrait-elle nous diriger de la sorte ? Il est donc vrai qu'elle ne peut supporter la réalité, puisqu'elle prend plaisir à la dénaturer, qu'elle cherche jour et nuit les moyens d'y parvenir. Quand nous voudrons examiner consciencieusement les effets de notre intelligence, nous reconnaîtrons que ce sont nos vices et caprices qui nous divisent, proportionnément à son développement. Mais elle se refuse à nous montrer notre esclavage, elle nous porte, au contraire, à nous croire plus heureux que d'autres qui semblent moins intelligents que nous. J'ai dit que cette faculté ne sait supporter ce qui est réel ; elle est toujours tentée à le falsifier. Elle est même son propre ennmi, son poison puisqu'elle s'ingénie à dénaturer jusqu'aux aliments eux-mêmes. C'est bien là qu'elle prépare la majeure partie de ses souffrances car les mets excitants provoquent des excès qui détraquent l'organisme. Nous sommes donc obligés de constater que notre intelligence nous conduit à la gourmandise, à l'avarice, à l'égoïsme.

    La Révélation, L'arbre de la science de la vie du bien, p.179


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