• la ville de Waremme vers 1830

    WAREMME, ancienne ville, commune, chef-lieu du district et du canton de ce nom ; bornée au N. par Roclenge (prov. de Limbourg), N.E. par Oleye et Lantremange, S.E. par Bleret et Bovenistier, S. par Celles, S.O. par Grandaxhe, O. par Berloz, N.O. par Bettincourt.

    A 1/2 lieue d'Oleye, Bleret et Bettincourt, 3/4 de Bovenistier, Grandaxhe, Berloz et Celles, et 6 O.N.O. de Liège.

    Le territoire présente une surface unie. Le terrain est argileux et en partie marécageux. Le Geer arrose la commune. Il y a une quantité de fontaines dans les marais. Le docteur Gérinx, de St.-Trond, qui vivait en 1578, cite un médecin, appelé Léonard Turnesserus, qui examina la fontaine de la ville de Waremme, et en consigna les qualités minérales dans un écrit.

    La ville de Waremme est située dans une vallée et fertile plaine. C'était autrefois une place forte, munie d'un bon château, qui n'offre plus que de tristes ruines. La commune contient 275 maisons, réparties comme suit : la ville de Waremme, 177 ; Froidbise, 1, à 1/2 l. ; Hartenge, 13, à 1/4 de l. ; Longchamps, 50, idem ; Mouhin, 12, idem ; Petitaxhe, 20, à 1/2 l. ; St.-Eloi, 1, à 1/4 de l., et Wakin, 1, à 1/2 l. Elles sont construites partie en pierres et briques, partie en bois et argile ; couvertes les unes en ardoises et les autres en tuiles ou paille ; agglomérées dans la ville. On y remarque le beau château de Longchamps, appartenant à M. le baron de Selys. — 1 église primaire, dédiée à St.-Pierre, dont on y conserve les reliques ; très-ancienne et reconstruite en 1801. Il y avait autrefois un couvent de Récollets, qui formait une communauté de 30 religieux, et un autre de Sépulcrines : le premier a été aliéné par le gouvernement français, et le second sert de casernement à la gendarmerie et de salle d'école. — L'intérieur de la ville est pavé.

    Les habitans se livrent principalement à l'agriculture. On cultive le froment, le seigle, l'orge, l'épeautre, l'avoine, les pois et féveroles ; fourrages, lègumes et fruits. — 250 chevaux, 300 bêtes à cornes, 400 moutons. — Il y a 4 moulins à farine, dont trois sont mus par eau et le 4e par le vent ; 1 distillerie ; 3 brasseries. — Foires : le 3 mai, le lundi de la Trinité, le 22 juillet et le 6 septembre. — La chaussée des Romains traverse le territoire de cette commune.

    Population : 1451 habitans.

    Superficie : 1315 h. 76 a. 19 c.

    Ci-devant : pays de Liège , baillage de Hesbaye.

    Histoire : La ville de Waremme, dont on ne voit plus aujourd'hui que de faibles et misérables restes, vint, en 1078, au pouvoir de l'évêque de Liège, par la donation de la comtesse Ermingarde, qui la possédait alors. L'an 1213, Henri, duc de Brabant, faisant la guerre à l'évêque de Liège, ravagea toute la Hesbaye ; Waremme fut la victime des armes du vainqueur; et malgré la belle résistance de son château, dont le duc ne pût se rendre maître, la ville fut réduite en cendres, ses biens pillés, et ses habitans dispersés. Ils ne furent pas plus heureux en 1255, sous le règne de l'évêque Henri de Gueldre, qui y avait mis garnison pendant les différends qu'il eut avec les Liègeois : cette garnison ayant fait prisonnier un bourgeois de Huy, ses compatriotes coururent aussitôt le délivrer, mirent le feu au château et commirent les plus affreuses violences. Les malheureux habitans de Waremme eurent encore beaucoup à Souffrir d'une autre guerre, qui divisa la noblesse du pays en deux parties, et immortalisa les noms d'Awans et de Waroux ; le châtelain de Waremme, chef du parti d'Awans, résista quelque temps ; mais enfin, se voyant obligé de céder au nombre, il abandonna la ville.
    Waremme fut encore extrêmement maltraitée en 1578 ; l'armée espagnole, commandée par Alexandre Farnèse, ayant pris ses quartiers d'hiver dans la Hesbaye, y vécut avec tant de licence, que les habitans n'auraient pas eu à essuyer un traitement plus rude de leurs ennemis.
    Les Lorrains s'emparèrent de la ville de Waremme en 1651 ; elle fut pillée et le bourgmestre emmené prisonnier. En conséquence du traité de Tirlemont, du 17 mars 1654, les Lorrains quittèrent le pays.
    Ce fut aussi à Waremme, où Henri, duc de Brabant, accompagné de son fils et d'une grande partie de la noblesse de ses états, se rendit en 1225, renonça en présence de l'évêque et du comte de Looz, à toutes prétentions sur le comté de Moha, et jura une paix inviolable avec eux.

    Le couvent des Récollets était anciennement un hôpital, et n'avait cessé de l'être qu'en 1630, temps auquel le P. Markantius, provincial de Flandre, obtint du prince de Liège des ordres, en vertu desquels ce couvent fut établi à Waremme. Le couvent de Sépulcrines devait sa fondation à deux religieuses de Huy, du même ordre, qui vinrent s'y établir en 1640.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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