•     Dans ses dernières volontés, Antoine avait désigné sa femme pour le remplacer ; celle-ci est morte le 4 novembre 1940, agée de nonante ans (erreur de Pierre Debouxhtay, elle s'est désincarnée en fait le 3 novembre). Son successeur, le représentant du Père, est le chef de la religion antoiniste, il en a la direction religieuse et morale ; la gestion des affaires matérielles est confiée à un conseil d'administration. Le frère Nihoul a été choisi comme Représentant du Père ad intérim. Après la guerre, lorsque les communications seront pus faciles, les adeptes éliront, à la simple majorité, le chef du culte.
        Après la mort de la Mère Antoine, j'ai été étonné de voir enlever les images du Père et de la Mère dans les temples en Belgique où il ne reste plus que l'emblème, l'arbre de la science de la vue du mal. Si je suis bien renseigné, les temples français, moins iconophobes, ont maintenu les portraits des fondateurs. Dans mon livre (p.294), j'écrivais que la mort de la Mère pourrait être pour l'antoinisme une épreuve plus dangereuse que la désinarnation du fondateur lui-même. Ces prévisions se réaliseraient-elles ? Verrons-nous un iconoclasme antoinisme ?

    Dissidence du Frère Hanoul à Angleur en 1943


        Ces pages ont été écrites au début de 1943. Jemeppe ayant modifié les règlements pour les temples et pour les desservants, le différend s'aggrava : Le 1er avril 1943, un groupe dissident, se proclamant fidèle à la véritable tradition antoiniste, ouvrait un temple à Angleur, rue de Tilff, 84. Dans ce temple, qui contient cent et dix places assises et où le portrait du Père Antoine surmonte la tribune, les offices sont célébrés en semaine et le dimanche, jour où la salle est d'ordinaire comble. Alors que tous les temples, sauf celui de Jemeppe, sont fermés le 25 juin, le temple d'Angleur est resté ouvert et on y a célébré la fête du Père.
    Pierre Debouxhtay, L'Antoinisme, 1945, p.5 et p.27

        Il ne reste plus de traces actuellement de ce temple.

        Seul le temple de Retinne s'est distingué mais il ne s'agit pas d'une vraie dissidence. La desservante et les adeptes se sont simplement ralliés au rituel français qui est considéré dans l'antoinisme comme une tendance et non comme un schisme. Il en va de même de la fondation du temple d'Angleur par Hanoul qui voulait exposer les portraits des fondateurs. Cette absence de fragmentation du mouvement après la mortdu prophète mérite d'être signalée. Est-ce à cause du type d'organisation que la compagne de Louis Antoine avait mis en place ou le doit-on au fait que type de religion apparut comme dépassé au point que personne ne crut vaiment en l'avenir d'une dissidence ?
    Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, 1993, p.33

        Le desservant du temple situé quai des Ardennes, à Liège, devait ouvrir à Angleur un temple où il se proposait de revenir au 'culte antoiniste primitif'. H., non autrement désigné (le frère Hanoul certainement), sera assigné en 1949 devant le tribunal correctionnel, et le dossier ira en appel : les antoinistes auraient voulu qu'il soit condamné à fermer son temple, ce qui fut refusé en instance et en appel. Par contre, la Cour lui fit désense d'apposer l'enseigne 'culte antoiniste', le souhait d'induire une confusion entre les deux cultes étant évident.
    Alain Lallemand, Les sectes en Belgique et au Luxembourg, 1994, p.58
    source : GoogleBooks

        Dès le 17 juin 1930, Mère se faisait remplacer par le frère Nihoul pour l'Opération Générale. Elle-même allait rendre visite aux groupes ayant besoin d'être soutenus.
        Au lendemain de la désincarnation de Mère, le Conseil d'Administration du Culte Antoiniste, réuni pour envisager la succession de Mère, nomme le frère Nihoul à la fonction de Premier Représentant du Père. Celui-ci, avec l'appui des anciens adeptes du Père, envisage immédiatement certaines dispositions afin de ramener le Culte à la simplicité de formes, laissée par le Père.
    frère Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste, 2003, p.73 et p.77


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  • ANGLEUR, commune du canton de Liège-Est ; bornée au N. par Liège et Grivegnée, E. par Chênée et Embourg, S. par Tilff, O. par Ougrée.

    A l/4 de l. de Grivegnée et Chênée, 1/2 d'Embourg, 1 d'Ougrée et Liège.

    Ce village, étant situé au confluent de la Meuse et l'Ourte, semble tirer son nom de l'angle sur lequel il est bâti. Les parties du territoire qui longent ces deux rivières, et sur lesquelles reposent presque toutes les habitations, figurent sur un plan tout-à-fait uni, et sont annuellement arrosées plusieurs fois par lesdites rivières dans les temps d'inondations. Les autres parties sont des montagnes élevées et d'une grande étendue, couvertes de bois. Le terrain est argileux et sablonneux en certaines localités ; marécageux et rocailleux dans les montagnes et les forêts. On y trouve la chaux carbonatée métastatique transp. , lamellaire ; la baryte sulfatée concretionnée fibreuse ; le quartz hyalin prismé ; le fer oxidé, hydraté ; le plomb carbonaté trihexaèdre, dodécaèdre , bacillaire , terreux ; le fer phosphaté terreux ; le zinc sulfuré octaèdre, et le manganèse oxidé métalloïde. — Outre l'Ourte qui cotoie la commune à sa droite, et la Meuse à sa gauche, il y a plusieurs ruisseaux ; savoir : 1e celui du Vieux-Moulin, qui prend sa source dans les montagnes qui dominent ce moulin, et se rend dans l'Ourte à Colonster ; 2e le Ris d'Sol Dée, qui prend naissance au-dessous de Sartilman, et descend la forêt pour se rendre dans le biez de décharge des usines de Colonster ; 3e le ruisseau du Fond de la Chavée, qui prend sa source dans ledit fond, et se rend partie dans le Biez des Aguesses, partie dans la Meuse ; 4e le ruisseau du Fond de Crasefosse, qui prend son origine dans les forets qui se trouvent au-dessus, arrose les étangs du jardin de Kinkempois, et se jette dans la Meuse au Rivage-en-Pot. Il y a une fontaine, appelée la Reine, dont les eaux sont très-estimées dans la commune. — Le plateau de la montagne, située à 600 mètres environ au N. du château de Colonster, a une élévation de 234 mètres 470 au-dessus de l'Océan.

    La commune comprend 205 habitations, reparties comme suit : 67 au chef-lieu ; 9 aux Grosses-Batte», à 1/8 de l. ; 19 aux Streupas, à 1/4 de l. ; 4 à Colonster, à 1 l. ; 14 à Sartilman, à 3/4 de l. ; 9 aux Huit-Saules, à 1/4 de l.; 62 au Rivage-en-Pot, à 1/4 de l. ; 13 aux Aguesses, à 1/6 de l. ; et 8 à Kinkempois , à 1/8 de l. La plupart sont construites en briques et couvertes eu paille ; quelques-unes construites en pierres et en bois et argile, et couvertes en ardoises et en tuiles. On y remarque les anciens châteaux de Colonster et de Kinkempois. — 1 église à Angleur, dédiée à St.-Remi. L'agriculture et l'exploitation des bois forment les principales branches d'industrie. Les récoltes consistent en seigle, froment, épeautre, orge, avoine. Le houblon y est cultivé en assez grande quantité. Fourrages abondant dans les parties basses. Légumes et fruits. Bois taillis d'essence mêlée de chênes, hêtres, charmes. La futaie est peu commune, et le chêne est l'espèce qui domine dans les forêts. — 24 chevaux, un assez grand nombre de vaches, 200 moutons. On y élève des abeilles, et le ruiss. du Vieux-Moulin nourrit des truites. — Il y a 1 carrière aux pierres brutes et à paver, 2 moulins à farine mus par eau, 2 martinets, 1 distillerie agricole. On y exploite du minerai de fer,et on y a exploité de la houille.

    Population : 925 habitans.

    Superficie : 1062 h. 33 a. 88 c. dont 274 h. 39 a. 53 c. en terres labourables, 141 h. 73 a. 35 c. en prés, pâtures et vergers, 60 h. 91 a. 13 c. en bois.

    Ci-devant : pays de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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