• Marcel Moreau, Julie ou la dissolution (p.23)

        La beauté de Julie s'est installée tout de suite aux quatre coins de la pièce, devenue silencieuse et inutile. Son oeil, d'une somptuosité hagarde, s'est placé au centre du groupe. Il prenait naissance au chat, mais sans aboutir à aucune forme connue. Ses lueurs, d'une eau rare, semblaient tourner sur elles-mêmes, en passant du vert au gris, puis au bleu, sous les cils sombres. C'est un fragment révulsé de la nuit. Un oeil d'anti-pietà : il pouvait se river indéfiniment sur je ne sais quel phallus dressé et liturgique, pour ne s'en détacher que crevé. Je dis tout cela, mais je maintiens qu'il est indescriptible.

    Marcel Moreau, Julie ou la dissolution, p.23
    Editions Labor, Espace Nord, Bruxelles, 2003


    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :