•     Heureux tous ceux qui, nés avant la Science, avaient le privilège de mourir dès leur première maladie !

        Avoir introduit le soupir dans l'économie de l'intellect.

         Mes fatigues, mes troubles, mon intérêt forcé pour la physiologie m'ont amené très tôt au mépris de toute spéculation comme telle. Et si, durant tant d'années, je n'ai fait aucun progrès en rien, du moins aurai-je appris à fond ce que c'est qu'un corps.

    E.M. Cioran, Ebauches de vertige
    Folio - 2E, p.13


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  •     Réflexion sur la connaissance :
        Connais-toi !

    Camille Goemans, Ecrits, Aphorismes
    Editions Labor - Espace Nord, p.135


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  • Les mots comme monnaie pour l'espace et le temps,
    Les mots passeurs au ras des eaux,
    Dites l'indigence des mots !

    Mais dires aussi le luxe et la fécondité
    Des mots tous feux éteints
    Plongeant aux gouffres du silence
    Et qui affleurent à l'aube sur nos lèvres
    Tout gorgés d'âme.

    Claire Lejeune, Mémoire de Rien, La gange et le feu,
    Editions Labor - Espace Nord, p.12


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  • Seigneur, ayez pitié des hommes d'aujourd'hui.
    Ils ont déplacé les frontières de l'esprit
    Il y a beaucoup de poètes, en ce moment, à Paris
    Leur esprit est orné comme un arbre de Noël.
    L'âme de l'homme flotte comme du liège
    l'âme de l'homme brille comme du sel.
    Seigneur, ayez pitié des hommes d'aujourd'hui.
    Le bruit des voix a remplacé le sens des mots.
    Le samovar bout dans l'isba du moujik.
    Les jeunes ne vivront plus selon les vieilles lois
    Ils peignent des formes neuves avec des couleurs fraîches
    Ils étaient las d'attendre et si las d'espérer,
    et de regarder la vie à travers un vitrail décoloré.

    Paul Neuhuys, On a beau dire
    Seigneur, Editions Labor - Espace Nord, p.20


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  •     "Comment surtout se rendre compte de la marche de la Grâce dans une âme si l'on supprime les traces de son passages, si l'on effaces les premières empreintes qu'elle a laissées ?" (p.XIV)

        K.J. Huysmans se tourna de plus en plus vers le catholicisme après être passé par le spiritisme. Il évoque ici les critiques des catholiques voulant lui faire détruire son oeuvre majeure A Rebours.

        "Je me détachais seulement, peu à peu, de ma coque d'impureté ; je commençais à me dégoûter de moi-même, mais je rebiffais quand même sur les articles de Foi. Les objections que je me posais me semblaient être irrésistible ; et un beau matin, en me réveillant, elle furent, sans que j'ai jamais su comment, résolues. Je priai pour la première fois et l'explosion se fit. (p.XVIII)

    source : gallica2


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