•     Alors que Louis Antoine estimait que la guérison véritable ne s'obtient que par des moyens spirituels, on se rend compte que le recours à la médecine conventionnelle est, aujourd'hui, une pratique totalement banalisée chez les adeptes. En ce sens, les antoinistes sont dans une démarche complémentaire, c'est-à-dire que la prière du guérisseur sert à renforcer l'efficacité des traitements donnés par le médecin ou à aider ce dernier à établir un diagnostic. Il s'agit là, pour des populations issues des catégories sociales inférieures, d'une forme de réappropriation des soins préconisés par la médecine conventionnelle.

    Anne-Cécile Bégot - La construction sociale de l’efficacité thérapeutique au sein de groupes religieux
    Science Chrétienne et Antoinisme - Numéro 15 - février 2008

    source : http://www.ethnographiques.org/2008/Begot.html#5


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  •     "Dieu est invisible pour tout ce qui est matière" (La Révélation, La Foi sauvegarde contre la mauvaise pensée).

        Louis Antoine vivait à une époque où la médecine se voyait inutile pour une grand nombre de personne, on les appelait les "renoncés", on dirait maintenant les incurables. C'est ceux-là auxquels Louis Antoine proposait son soutien, sa compréhension, sa bonté, bref ses fluides dirait-il.
        De nos jours, la médecine, grâce aux lois de l'homme, a fait de grands progrès, et nous savons si nous pouvons guérir d'une grippe et comment. Alors servons-nous de nos lois sur la matière pour permettre à notre conscience d'être apaisée et pouvoir progresser : "à l'oeuvre donc dans ces moments de répit ! Nous y ferons un progrès, nous y retrouverons à la fois le remède et le bonheur". (La Révélation, Être ou paraître)
        Personne n'a à vous dire comment et si vous devez vous soignez. Mais comme "rien n'est bien s'il n'est solidaire", faites vous aider par les médecins pour la matières, et pourquoi pas de l'Enseignement pour la conscience.

        Du point de vue de la doctrine strict, il serait même orgueilleux de croire qu'on nous sommes arrivé à un avancement moral suffisant nous permettant de ne pas recourir à la médecine pour dépasser l'épreuve : "plus sommes-nous faibles et plus forts nous croyons être : dupes des apparences, nous ne voulons pas pénétrer l'intérieur" (La Révélation, La Charité morale). De plus, pour que l'épreuve réussisse, il faut en sortir, donc guérir, et le plus vite est le mieux, donc peut-être en recourant aux lois de la matière : "N'est-ce pas agir contre la nature que de vouloir souffrir lorsqu'on peut l'éviter, espérant avoir un plus grand mérite, parce qu'il est dit que sans épreuve, il n'est point d'avancement ? [...] Souffrir volontairement, c'est la même chose, car ce n'est plus l'épreuve, c'est en quelque sorte repousser Dieu, refuser son amour. N'est-ce pas dans l'épreuve que nous avons surtout besoin d'autrui ? Le malade qui n'a pas la foi ne se rend-il pas chez le docteur ? Le but de la souffrance est de nous acquérir cette vertu. La patience et la résignation nous donnent le mérite d'être secourus ; notre foi nous inspire qui nous devons consulter afin de réaliser notre progrès. Souffrir volontairement, c'est mortifier son corps croyant se purifier l'âme, prolonger indéfiniment sa souffrance en vain ; c'est nier la solidarité, renoncer à l'oeuvre que nous poursuivons ; c'est dire que nous devons progresser isolément. Mais nous savons qu'il n'en est pas ainsi, qu'en prêtant notre concours à ceux qui nous sont inférieurs nous méritons d'être assistés par d'autres, supérieurs à nous". (La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité).

    C'est peut-être une des choses les plus difficiles à comprendre dans l'Antoinisme. Et selon son degrès d'avancement, on le comprendra facilement et de suite, ou pas du tout. Moi-même, j'étais très réticent à cette idée (parce que je ne l'avais pas compris), alors qu'Andi l'avait compris.  Soeur Sylvia disait que pendant la lecture : "les mots ni les phrases ne sont rien, l'Amour qui en découle est tout" Bien sûr vous "entendrez" mais essayez d'écouter avec le coeur tout simplement.". Mais je n'y arrivais pas tant que j'étais bloqué par cette idée. Mais je sais que cela est normal : car Louis Antoine dit : "tous ceux qui m'écoutent ne me comprennent que d'après leur entendement. S'il en est qui se bornent à la lettre, ce n'est que momentané ; ils arriveront insensiblement à l'esprit en s'assimilant le fluide de la pensée qui pourra y pénétrer" (La Révélation, Le désintéressement & la foi, p.55).
        Je vais essayer maintenant, en puisant dans l'Enseignement, d'expliquer ce que voulait dire Louis Antoine :

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    Comment nous souffrons :

    Chaque fois que nous sommes à l'épreuve nous ressentons par notre manque d'amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. Ce venin que nous dégageons nous revient parce qu'au lieu d'envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons pour un mal. Nous nous attardons parfois dans ces fluides et notre santé s'altère à tel point que nous parvenons bien difficilement à la recouvrer. Elle est au prix du travail que nous devions fournir dans l'épreuve pour obtenir la parcelle de foi que comportait notre acte de dévoûment. (p.148)
    [Car] la matière ne fait qu'égarer celui qui croit devoir passer par elle pour trouver des lois qui n'existent qu'ailleurs. (p.34)
    La cause de tous nos obstacles, c'est nous-même, notre intelligence. (p.71)
    Ce sont les fluides de nos actes accomplis dans les temps les plus reculés qui font nos épreuves. (p.50)
    Le siège de toutes nos sensations est l'intelligence : Le cerveau, nos sens lui servent d'intermédiaire ; c'est par eux qu'elle nous dirige matériellement, qu'elle fait ses découvertes scientifiques. Disons donc que nos cinq sens sont les attributs de l'intelligence, de  notre âme imparfaite, âme de la matière, opposée à la réalité. Cependant le progrès démontre que nous devons surmonter la matière pour nous perfectionner. Lorsque nous sommes arrivés à ce point, celle-ci n'existe plus pour nous, les sens n'ont pas davantage de raison d'être. A quoi pourrait alors servir l'intelligence, puisqu'elle n'est créée que pour nos relations matérielles ? Par conséquent, dire que nous devons surmonter la matière, c'est dire que nous devons surmonter les sens et par suite la faculté par laquelle nous y correspondons, l'intelligence. (p.185)

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    Comment nous pouvons penser guérir sans la médecine du corps :

    Notre peu d'avancement nous empêche de reconnaître la réalité. (p.92)
    En supposant même que nous ayons la foi, sommes-nous bien préparés pour savoir à quel moment l'épreuve va éclater ? Il faut une grande élévation, posséder déjà une partie de l'instinct du bien pour avoir toujours la bonne pensée, à même d'anéantir le fluide de la mauvaise. (p.23)

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    Comment l'intelligence nous trompe et nous fait penser pouvoir guérir sans médecine du corps :

    Tout ce qui provient de l'intelligence n'est que de la malice, s'il n'est basé sur la conscience. L'intelligence croit cependant qu'elle est le guide de l'humanité, que celle-ci ne peut s'améliorer que par elle. Quand elle n'est pas l'instrument de la conscience, l'intelligence se développe dans le vice ; tandis qu'elle devrait être la loi vivante, le reflet de celles qui ont été révélées pour servir d'exemple aux moins avancés ; voilà de quelle façon elle se pénètre plutôt du mal que du bien. (p.156)
    Rendons-nous compte de notre situation et nous reconnaîtrons que les besoins factices nous dirigent dans le sens opposé à notre amélioration, qu'ils nous obligent à marcher vers le malheur plutôt que vers le bonheur ; nous en sommes véritablement l'esclave car ils nous font dépasser en tout la mesure du nécessaire. Voilà où nous voyons que l'intelligence est le siège de notre imperfection. Si elle était ce qu'on la croit généralement, pourrait-elle nous diriger de la sorte ? (p.179)
    L'intelligence est incompatible avec la foi puisqu'elle est le siège de notre imperfection. Cependant elle se déploie de toutes manières, elle s'ingénie à pénétrer partout pour prêcher la morale, pour anéantir le mal dont elle est seule le moteur. Elle recourt à la prudence pour éviter l'épreuve qu'elle suscite et qui doit plutôt nous guérir. Voilà ce qui nous fait dire que la prudence, conséquence du doute, est une vertu au point de vue matériel, mais une faiblesse au point de vue moral. (p.XXXX)

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    Comment et pourquoi nous devons nous soigner :

    Si la matière existe nous n'en sommes que l'effet ; nous ne pouvons nous dispenser de respecter ses lois, nous devons nécessairement y obéir. Surmonter sa nature pour être d'accord avec le loi morale, est une chose impossible, car nous ne pouvons obéir à deux lois opposées l'une à l'autre et toutes deux naturelles, l'une matérielle et l'autre morale ; respecter l'une c'est enfreindre l'autre. Si nous devions surmonter la nature, ce ne serait plus elle qui produirait l'effet, mais celui-ci qui produirait la nature. (p.170)

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    Pourquoi faut-il soigner aussi l'âme :

    Soignant l'effet, elles [les personnes] ne peuvent être soulagées que temporairement, parce que la  matière ne peut s'assimiler qu'à la matière et non à l'âme où réside la cause. (p.78)
    Demandons à l'âme de quoi elle souffre, c'est le seul point que nous devons viser. Elle souffrira aussi longtemps qu'elle imaginera la matière qui l'impose pour autant qu'elle croit en elle et dont elle doit s'affranchir. (p.169)
    Nous disons que la matière n'existe pas parce que nous en avons surmonté l'imagination. Nous en trouvons la preuve dans la guérisons des maladies : un guérisseur quelque peu expérimenté sent la foi du malade et peut lui dire : "Vous êtes guéri." Il coupe littéralement le fluide qui le terrassait, c'est-à-dire son imagination ; il ne va pas directement au mal mais à sa cause. Voici une constatation qui peut-être grandement utile à ceux qui sont au contact de personnes souffrantes : certaines sont accablées de s'imaginer qu'elles ont une maladie grave, qu'il va leur survenir quelque désagrément. Cette pensée les tourmente moralement ; or tout personne qui présume avoir telle ou telle affection, souffre atrocement ; c'est la preuve qu'elle ne l'a pas, car si elle en était réellement atteinte, elle n'en souffrirait pas moralement puisqu'il n'y a que le doute qui puisse nous accabler ; dans la vérité il n'y a pas de souffrance morale. (p.158)

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    Comment la foi nous protège ?

    Elle [la foi] nous protège, nous n'apercevons plus aucun effet de la matière parce que nous n'avons plus d'imperfections. (p.118)
    La foi annule toute loi que nous impose la matière, notre imperfection de laquelle nous sommes l'esclave. (p.157)
    Nous ne souffrons que parce que la foi nous manque. Toutes nos souffrances ne proviennent-elles pas de ce que nous n'avons pas ? (p.10)


    En résumé : si nous tombons malade, c'est que nous ressentons encore la matière qu'est notre corps. Et donc nous n'avons pas suffisamment la foi. Si nous aurions la foi, nous ne ressentirions plus la matière, nous ne ressentirions plus la souffrance dans notre corps.


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  •     L'argent est son amour, l'argent est son idole. Tous les blancs y pensent, même quand ils dorment. Il y en a beaucoup dont les mains sont devenues crochues et ressemblent dans leur position aux pattes de la grande fourmi des bois, à force d'agripper le papier et le métal. Il y en a beaucoup dont les yeux sont devenus aveugle à force de compter leur argent. Il y en a beaucoup qui ont donné leur joie pour l'argent, leur rire, leur honneur, leur conscience, leur bonheur et même femme et enfants.
        Presque tous donnent leur santé pour le métal rond et les papiers lourds. Ils l'emportent dans leurs pagnes à l'intérieur de peaux dures et pliées. Ils le posent la nuit sous leur rouleau de repos, pour que personne ne le leur prenne. Ils y pensent tous les jours, à chaque heure, à chaque instant. Tous y pensent. Même les enfants doivent y penser. Cela leur est enseigné par leur mère, et ils voient le comportement de leur père.

    Erich Scheurmann - Le Papalagui, Les étonnants propos de Touiavii, chef de tribu, sur les hommes blancs
    Pocket, 1920 (p.43-44)


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  •      Souffrir, connaître cette mort ou, cette dure maladie du coeur, plus amère de ce que l'on ne sait si elle vient du dehors vous frapper comme une balle ou si, née en même temps que nous, elle est une blessure intime qui se ferme et s'ouvre, plus amère de ce que l'on ne sait, cette souffrance, mort ou dure maladie du coeur, si elle n'est point une mort ou une dure maladie de l'esprit.

    Louis Scutenaire - Mes Inscriptions
    Ed. Labor - Espace Nord, 1990 (p.316)


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  •      Les experts qui adoptent une attitude conciliante [envers les médecines orientales] insistent sur le fait que les différences culturelles et sémantiques tendent à voiler les principaux points communs qui rapprochent les techniques médicales orientales et occidentales. De toute évidence, il est difficile pour un médecin matérialiste de l'Ouest, habitué à la terminologie grecque et latine, de comprendre les diagnostics chinois de "feu interne, faiblesse du sang" ou "de vent interne, flegme excessif".

    Les Mystères de l'inconnu - Le Don de guérir
    Chapitre 2 - Les médecines orientales (p.54)


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