• On fait écouter à Nathalie Natiembe, «Transpapaye»: La plus belle chanson de son prochain album, «Karma», en compagnie de Bumcello... Se reconnaît-elle?

    Nathalie : (tranquillement et immédiatement) C’est qui ça? C’est une dame qui s’appelle Natiembé et qui joue avec Bumcello. C’est une transe souterraine. «Si le ciel est en l’air...» (chante-t-elle) C’est l’esprit Noir de Natiembé. Noir, dans tous les sens. J’ai créé cette chanson en une après-midi. Nadia, la soeur de mon mari, m’a donné un jour une guitare de son ex, Marco Payet, musicien fort connu ici. Je l’ai prise dans les mains, j’ai chanté. C’était au Maïdo. Et j’ai fait une chanson sur une goutte de rosée...

    source : www.lequotidien.re
    Le Quotidien de la Réunion et de l'Océan Indien


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  •     « Le seul moyen de vaincre définitivement, c'est de faire alliance avec tout ce qu'il y a de meilleur chez votre ennemi. »

    Pierre Ceresole, Carnets de route, p. 94, 1915-1916
    in http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ceresole


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  •     C'est la confession, non le prêtre, qui nous absout.

    Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, p.130
    Stock, Le Livre de Poche, Paris, 1983


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  •     Il s'appelait Nazaire. Pensant à la mort, ce n'est pas son visage de vieux torturé que je revois, ni son ultime secousse que je ressens, mais tous les signes de la vie manquée réunis quelque part, là, sur le lit. Plus que l'après-mort, c'est la pré-mort qui m'obsède, c'est l'immobilité du vivant accordée à celle du gisant. Ce qui me parle du néant, ce n'est pas le cadavre, mais la petite existence close, le pourrissement d'un regard, la lente dérive du corps, le ver dans la pensée, l'incapacité de recréer sans cesse autour de soi autre chose que l'habitude congénitale de servir, de nettoyer la maison, de manger les mêmes mets, d'aller, de venir, de reprendre invariablement sa place sur cette chaise, qui n'a pas bougé et d'où l'on dit les mêmes choses, d'où l'on fait les mêmes gestes, dans une sorte d'horrible fidélité au froid. Plus que dans une grande ville, où le grouillement urbain fait illusion, la mort des vivants est perceptible au village. Lorsque j'y retourne, j'ai parfois l'impression de marcher dans un décor rongé, une espèce de 'saprocosme', où des jeunes se traînent, s'ennuient, où l'on voit les peaux molir, les fanons baller, les yeux s'éteindre, où les alcooliques sont un peu plus violacés encore que la dernière fois et où je ne sais quelles micro-agonies s'ébruitent discrètement jusqu'à moi. Je me dis alors que ceux qui ne se battent pas meurent plus vite et plus mal que ceux qui se battent. Pour moi, vivre, c'est prendre de vitesse la décomposition, la juguler d'éclairs. Ceux de la révolte, ceux de la haine s'il le faut, ceux de l'art, si c'est possible.

    Marcel Moreau, Egobiographie tordue (L'ivre Livre), p.23
    in Incandescences, Editions Labor - Espace Nord, Bruxelles, 1984


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  •     12 mai. – J’ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste.
        D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l’air, l’air invisible est plein d’inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m’éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. – Pourquoi ? – Je descends le long de l’eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m’attendait chez moi. – Pourquoi ? – Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre coeur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables.
        Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau... avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l’air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation muette de la nature... avec notre odorat, plus faible que celui du chien... avec notre goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin !
        Ah ! si nous avions d’autres organes qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !

    Guy de Maupassant, Le Horla
    source : http://www.clpav.fr/maupassant/lecture-maupassant.htm


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