• Le Temple - Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal 26 juin 1924)


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  • La Tournée - Autour de la Butte-aux-Cailles (Paris-soir, 1 avril 1930)

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  • A tous crins (Le Cri de Liége 1er novembre 1913)

    A tous Crins

        Paris, la grand' ville, que chantait l'homme aux rubans verts, vient de démontrer une fois de plus la stupidité dont l'homme, d'aujourd'hui comme d'hier, peut se montrer susceptible en élevant un temple dédié au culte Antoiniste.
        Les quotidiens ont rendu compte de l'inauguration par la mère Antoine et narré l'« éloquence silencieuse » de la brave femme qui, si elle se sent imprégnée d'esprit saint, me semble manquer totalement d'esprit tout court.
        Et voilà bien encore une preuve de l'éternelle superstition humaine. Nous n'avons pas fait un pas depuis l'âge de pierre, où notre ancêtre, vêtu de peaux de bêtes, s'inclinait devant les idoles de bois brut et les menhirs de la plaine celtique. Il y a, en nous, un inépuisable besoin de foi et nous devons seulement déplorer que ce ne soit pas vers de plus hautes aspirations qu'elle se tourne.
        Car il faut bien se dire que les fantoches antoinistes ne sont que ridicules dans leurs singeries. Leur culte peut trouver […] et alors, à quoi bon l'Antoinisme, puisqu'on connait la suggestion ?
        Leur costume, leurs prêches et le reste de leurs manifestations extérieures sont de la pale comédie.
        Nulle philosophie n'étaie leur croyance, nul charme, nulle poésie ne pare leur dogme. Les Antoinistes font sourire au même titre que les adeptes de ce Zouave Jacob (autre guérisseur), qui vient le mourir à Paris et qui connut, à la fin du Second Empire, une réelle curiosité. Lisez par curiosité, les inepties que contiennent les brochures Antoinistes. C'est d'un enseignement profond.
        Pour prendre la Foule, il suffit d'une grosse caisse vibrante et d'un charlatan clamant d'incompréhensibles paroles.
        Avec cela on édifie des temples et des parlements ; la Sottise de l'homme fait le reste.
        Ne nous étonnons donc pas trop du succès de l'Antoinisme, malgré l'aspect de crétins du Père et de la Mère, malgré les railleries dont nous les enveloppons et dont nous devons les envelopper, malgré l'air de croquemorts des fervents et le creux de leurs textes. Ils sont la perpétuation de l'Adam primitif, notre aïeul lourd et bestial qu'une pierre brillante effraie, que le soleil affole, que le feu tue parce qu'il les méconnait. Ils sont la Nature inconsciente, obstinée, instinctive. Ils sont l'Ignorance et en dépit de tous les cartels, de toutes les lois scolaires, de toutes les assemblées législatives nous vivons encore dans des Cavernes.

    Louis JIHEL.


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  • Inauguration de l'Église Antoiniste (Le Radical 27 octobre 1913)

    Encore un Messie

    INAUGURATION
                 de
    l’Église Antoiniste

        Il y a toujours des messies. A peine le fabuleux zouave Jacob est-il mort que s’inaugure à Paris le temple du culte antoiniste.
        L’antoinisme est moins une religion mystique qu’une suite de pratiques thérapeutiques et médicinales.
        Son fondateur mourut, l’an dernier, à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique.
        Mais sa femme, la « mère » Antoine, est venue hier à Paris, escortée de six cents disciples tout de noir vêtus propager le culte d’Antoine.
        Non point l’Antoine de Padoue monopolisé par la « bonne presse », mais bien Antoine le Guérisseur, messie des gueux et des « simples en esprit ».

                 La nouvelle église
        Les antoinistes ont inauguré hier, à Paris, à l’angle des rues Vergniaud et Wurtz, quartier de la Maison-Blanche, leur nouvelle église. Il n’y a ni croix, ni statues, ni tableaux, ni symboles religieux d’aucune sorte. A l’extérieur comme à l’intérieur, les murs sont nus. On y lit des inscriptions comme celles-ci. Sur la façade : « 1913. Culte antoiniste. » Dans le temple, à l’entrée, et mise là comme une enseigne, cette autre : « Le père Antoine, le grand guérisseur de l’humanité, pour celui qui a la foi. »
        Dans le fond, cette maxime : « Un seul remède peut guérir l’humanité : la foi. C’est de la foi que nait l’amour. L’amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c’est ne pas aimer Dieu, car c’est l’amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c’est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu’il est pur et de vérité. »
        Il n’y a point d’autels dans ce temple. Au fond, s’élève une chaire en bois très simple. Cloué au panneau de face, un cadre renferme sous vitrine, peint en blanc, un petit arbre. Une inscription en lettres blanches avertit que c’est « l’arbre de la science de la vue du mal », unique symbole du culte antoiniste.

                 L’inauguration
        De nombreux curieux assistèrent, hier matin, à l’inauguration.
        Elle fut très simple, décente dans l’ensemble, et moins échevelée, certes que les terribles et dolentes processions de malades qui s’en vont vers la grotte de Lourdes solliciter des miracles.
        Là aussi, de pauvres loques humaines s’en vinrent, en quête de la guérison miraculeuse.
        Il ne se passe rien que de très ordinaire. Les miracles modernes, on le sait, n’ont plus lieu dans les églises, mais bien plutôt dans les laboratoires.
        Et chacun s’en retourna content, car chez les antoinistes, comme ailleurs, il n’y a que la foi qui sauve.

    Le Radical, 27 octobre 1913


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