•     Les premiers mois de l'année 1943 n'ont apporté aucun changement à la vie de Thérèse et de Lili, toujours réfugiées à Saint-Pierre-des-Bois. Toutes les lettres que Thérèse nous avait adressées à cette période ont été perdues ; c'est donc de mémoire qu'elle dit aujourd'hui e pas avoir gardé un bon souvenir de son séjour chez Madame Renée où elle se fait appeler Marie. [...]
        Vers la fin de l'été 1943, la maman de Thérèse (Marie, Ida), avait fait la connaissance, grâce à une voisine, d'un adepte antoiniste voué à l'amour du prochain qui, apprenant que Thérèse se plaignait, se proposa de la prendre chez lui en attendant de trouver une autre place. C'est ainsi que Thérèse passa quatre mois (jusqu'en février 1944) à Saint-Maurice (Seine) chez Oncle Georges et Tante Lucile.

    Paul Sechter, Deux petites filles juives dans la tourmente nazie, p.72-73
    L'Harmattan, Paris, 2009


    Présentation de l'éditeur
    De 1939 à 1945, les nazis allemands ont embrasé l'Europe tout entière en poursuivant partout les crimes qu'ils avaient expérimentés chez eux. Ils ont atteint le dernier degré de l'horreur et de l'ignominie. Jusqu'à maintenant, personne au monde n'était parvenu à une telle " perfection criminelle ". Onze mille enfants juifs de France ont été exterminés dans les chambres à gaz. D'autres, heureusement plus nombreux, ont échappé à la traque des hitlériens, en " jouant " à un cache-cache mortel. Mais, après avoir été privés des joies de l'enfance, ils ont appris, une fois libres, qu'ils étaient devenus orphelins et que l'amour de leur mère, ou de leur père, ou des deux à la fois, leur avait été enlevé. Thérèse et Lili, elles aussi, ont subi ces épreuves, durant les années noires de l'occupation allemande. Elles sont aujourd'hui les gardiennes de la Mémoire aux côtés des milliers d'autres petites filles et petits garçons juifs qui eurent leur vie ravagée par les nazis.
    Biographie de l'auteur
    Paul Sechter est né en février 1921 à Paris IXe. Il a vécu les années de guerre dans une quasi-clandestinité, sans avoir été pour autant un résistant. En tant que " Juif partiel ", il a aidé des Juifs à se cacher et il a participé avec beaucoup d'autres à la sauvegarde des enfants. Après avoir fait de nombreux métiers, il est à la retraite depuis plus de vingt ans.
    source : amazon.fr


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  •     Le Père Chéry, pour son Offensive des sectes, en 1954, demanda le nombre de fidèles réguliers fréquentant le temple de la rue du Pré-Saint-Gervais, dans le XIXe arrondissement de Paris, s'est vu répondre : environ 1.800 fidèles réguliers et "des milliers" d'autres.

    C.Ch. Chéry o.p., L'Offensive des sectes, 1954, p.261


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  •     Pour voir les Antoinistes en action, nous irons à l'un de leurs trois temples parisiens celui du Pré-Saint-Gervais, un dimanche matin. On ne peut pas dire que ce soit un "culte", puisque cela ne comporte pas de prières. Ils appellent cela une "opération", nous verrons pourquoi.
        La salle est peinte en vert, intégralement, à l'exception d'un immense panneau noir sur le mur du fond. Sur le panneau se détachent des inscriptions en blanc :
        "Tous les dimanches à 10 heures, enseignement du Père, etc."
        "L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ, etc.", et une suite de phrase sur la foi, salut du monde, parce qu'elle engendre l'Amour.
        La salle peut contenir 200 personnes ; à la tribune, nous sommes 75. Tout est plein. Nous sommes accueillis par un "frère", vêtu d'une sorte de lévite noire. Plusieurs sont disséminés dans l'assistance. Il y a également des "soeurs", tout de noir habillées, robe uniforme, petit bonnet tuyauté et courte mantille.
        Au centre de la salle, devant le panneau du fond, un podium sur lequel est disposée une table ; derrière la table une chaire élevée. Dans la chaire un monsieur en costume laïc qui ne dit rien ; à la table (couverte d'un tapis vert) un frère en soutane. Il lit, d'une voix monocorde et enrouée, des pages du "Père Antoine" (1). Les fidèles écoutent méditativement. C'est profondément incohérent et ennuyeux (2). Je regarde le public : environ 20% d'hommes (en pleine force de l'âge pour la plupart), le monde féminin plutôt jeune qu'âgé. A la gauche du lecteur, un arbre dessiné : c'est "l'arbre de la Science et de la vue du Mal" (3). Au-dessus, une photo du Père Antoine, cheveux et barbe de prophète. A droite du lecteur, une photo de la Mère Antoine, qui continua l'oeuvre de son mari après sa mort.
        A 10 h. 25, la lecture est finie. Une bonne moitié de l'assistance se retire. L'autre reste assise, tandis que les deux frères de la chaire s'en vont à la sacristie (4).
        Nous restons un moment pour voir ce qui va se passer.
        Il ne se passe rien. Les gens qui restent là s'apprêtent à se faire "opérer" : l'un après l'autre, quand c'est leur tour, ils vont consulter un des frères ou une des soeurs (5), à la sacristie (6) ou derrière un paravent (il y en a dans plusieurs coins, un à la tribune)(7). Là, ils font leurs confidences et reçoivent de bons conseils. Ce sont des malades qui désirent leur guérison. Celui qui les reçoit les assure de ses "bonnes pensées", leur impose les mains et les renvoie en paix (8).

    H.Ch. Chéry, o.p., L'offensive des sectes, 1954, p.251

    (1) Il est étonnant que quelqu'un se tienne en costume laïc à la grande tribune pendant la lecture. Il doit s'agir d'une erreur dans le déroulement de l'opération.
    (2) Passons sur ce jugement de valeur que n'ont pas l'air de partager les autres membres de l'assistance.
    (3) Encore une erreur dans le nom du symbole antoiniste : c'est l'Arbre de la Science de la Vue du Mal.
    (4) J'ignore ce qu'entend par là le Père Chéry. Certainement le vestibule ou le vestiaire où les frères retirent le costume antoiniste.
    (5) Erreur dans l'appréciation : l'Opération est le recueillement, la consultation est pour recevoir un secour moral.
    (6) Il est encore plus étonnant que le frère non costumé aille dans la sacristie pour recevoir une personne désirant consulter.
    (7) Lors de mon recueillement au temple dernièrement, j'ai vu le paravent à la tribune, mais il ne me semble pas qu'il y en avait encore dans les coins.
    (8) Le Père Chéry n'a pas du consulter, sinon il saurait que le culte de fait pas d'imposition des mains.


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  • source : www.cadastre.gouv.fr


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