• A Charleroi (L'écho belge, 8 novembre 1917)

                   A Charleroi 

        Les Carolorégiens n'ont pas oublié le procès du père Dor, plus connu sous le surnom de Christ. Or, après des tribulations sans nombre, pour répondre à toutes les accusations dont il prétend être la patiente victime, le père Dor vient de restituer sa maison à la personne qui l'avait accusé avec le plus de violence. En outre, il a vendu pour 16.800 francs la petite propriété qu'il possédait à Roux, en versant l'excédent – soit 800 francs – à l'Ecole des Estropiés de Charleroi.
        Le Christ est généreux. Ce n'est pas pour moi, dit-il, que j'ai fait cette donation pour qu'on ne me traite plus de fripouille et d'escroc, mais pour mes adeptes qui souffraient de me voir ainsi malmené.

    L'écho belge, 8 novembre 1917


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  • Père Dor - Cours d'appel (L'écho belge, 27 mai 1917)

        La Cour d'appel de Bruxelles a prononcé son jugement dans l'affaire du Christ. Le fameux père Dor était accusé d'avoir exercé illégalement la médecine. Il a été reconnu qu'il avait le droit de prêcher ses doctrines, mais non pas de passer de la théorie à la pratique dans l'art de vouloir guérir.
        La mauvaise foi n'est pas suffisamment démontrée en ce qui concerne les manœuvres frauduleuses qu'on lui reprochait. Les escroqueries articulées par les époux A. ne sont pas suffisamment démontrées, ni la plainte de Mme D. en captation d'héritage. La Cour condamne cependant le Christ à 100 florins d'amende pour exercice illégal de l'art de guérir ; met le premier jugement à néant en ce qui concerne les escroqueries ; confirme le premier jugement quant aux attentats à la pudeur de Mme D... ; met également à néant le premier jugement quant à la somme allouée à Mme D... (17,000 francs) ; et, finalement, confirme la condamnation à 500 francs de dommages intérêts envers la Société de médecine de l'arrondissement de Charleroi. Les frais des deux instances incombent à Mme D..., à l'Etat et au „Christ”.
        C'est un triomphe. Les adeptes du „Christ” lui font une ovation ainsi qu'à ses brillants avocats, Mes Morichar et Lebeau.

    L'écho belge, 27 mai 1917


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  • Père Dor en appel (La métropole d'Anvers, 16 mai 1917)

        Le Père Dor, plus connu sous le nom du “ Christ ”, plaide en appel contre les seize mois de prison et les huit cents francs d'amende que le tribunal correctionnel de Charleroi lui a généreusement octroyés ! La condamnation ne se bornait pas à cela. Le Père Dor était condamné aussi à payer 17.000 francs à Mme D., partie civile au procès et 500 francs à la Société de Médecine de Charleroi pour exercice illégal de la profession de médecin.
        La 8e Chambre devant laquelle le “Christ” a interjeté appel était présidée par M. Eeckman, assisté des conseillers Smits et Dassesse. M. Raphaël Simons occupait le siège du ministère public. Mes Morichar et Lucien Lebeau assistent encore le “ Père ”; Me Bonehill représente Mme D... et Me Gerard les médecins de l'arrondissement de Charleroi.

    La métropole d'Anvers, 16 mai 1917


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  • Een slachtoffer van Père Dor (Het Vlaamsche nieuws, 16 mai 1917)

     

    Een slachtoffer van Père Dor? – Het Parket van Charleroi komt een nieuw onderzoek te beginnen ten laste van « Père Dor », naar aanleiding van den dod van een meisje uit Chapelle-lez-Herbaincourt, die de «doristische » metode volgde. De lijkschouwing zal de juiste doodsoorzaak vaststellen.

    Het Vlaamsche nieuws, 16 mai 1917

     

    Traduction :

    Une victime du Père Dor ? – Le Parquet de Charleroi est chargé sur le "Père Dor" d'ouvrir une nouvelle enquête sur le décès d'une fille de Chapelle-lez-Herbaincourt (sic), qui a suivi la méthode "doriste". L'autopsie déterminera la vraie cause du décès.

     

    Nota : doit-on lire Chapelle-lez-Herlaimont au lieu de Chapelle-lez-Herbaincourt.


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  • Nouvelles de province (L'écho de la presse intern., 31 déc 1916)

           Nouvelles de province

          La rentrée du Père Dor à Roux.

        On sait – ou on ne sait pas – que le Père Dor a repris ses « opérations » à son Ecole morale de Roux. Le Père Dor revient deux jours la semaine « arroser » de son fluide ceux et celles – celles surtout – qui ont besoin d'un « rafraichissement » moral.
        Le premier jour de nombreux curieux se trouvaient à l'arrivée du train de Bruxelles amenant le Père. Celui-ci descendit accompagné d'un groupe d'adeptes de la capitale. En route vers le Temple de la Vertu !!! Et voilà le Père escorté de la foule gouailleuse et souriant sous des quolibets.
        Pendant que la force armée refoule des antidoristes, à quelques centaines de mètres au-delà, le Père et ses apôtres pénètrent dans le temple où se trouvent massées 12 à 1500 personnes.
        Sans perdre une seconde, il escalade la chaire, d'où, autrefois, il procédait aux « opérations générales » et harangue l'assistance.
        Nous arrivons juste au moment où il dit :
       « Soyez sans crainte, le Père dort bien, le Père mange bien, le Père bois bien, le Père a la conscience nette, et s'il a été condamné à 16 mois de prison et au remboursement que vous savez, c'est pour avoir été trop honnête, c'est pour n'avoir pas satisfait certaines femmes dans des désirs que je n'ose pas dire.
        Un « gloussement » d'approbation se perçoit.
        Le Père annonce ensuite qu'il va recevoir « ses » malades un à un. Il les engage à être brefs, à ne pas entrer dans les détails de leurs souffrances, « vous devez, leur dit-il, savoir que je travaille jour et nuit à votre intention et que d'avance vous êtes exaucée dans ce que vous demandez ».
        Les dix premiers numéros – il y en a 800 distribués – sont appelés et leurs porteurs s'apprêtent à aller recueillir leur part de fluide, lorsque la police apparaît, son chef notifiant à la dame du petit comptoir l'interdiction de tenir une réunion publique.
        Protestation de la dame : « Ce n'est pas une réunion, c'est jour de consultation et ces personnes attendent leur tour d'être reçues ». – « Oui, oui, voici nos tickets », et 800 bras se lèvent brandissant le ticket sauveur... d'une situation équivoque.
        Le Père apparait et explique à son tour aux agents de l'autorité que la réunion de ce jour n'en est pas une. Le « fluide calmant » agit et pendant dix minutes les policiers se tiennent cois.
        A la fin, impatients et désireux d'en finir, ils prennent la décision de mettre tout le monde dehors, y compris le Père lui-même qui est prié d'aller s'expliquer au bureau, ce qu'il fait de la meilleure grâce en affirmant une dernière fois que « tout ce qui est arrivé est pour un bien ».

    L'écho de la presse internationale, 31 décembre 1916


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