• Roux-Hainaut (Belgique) - Le Père dans son jardin avec la Mère

    Roux-Hainaut (Belgique) - Le Père dans son jardin avec la Mère

        Cette carte postale est intéressante à plus d'un titre. D'abord elle représente le Père Dor avec sa seconde femme. Mais aussi parce qu'elle est écrite et émouvante.

       Elle est adressée à une certaine Edith, fille d'un soldat anglais. On se souvient que le Père Dor était célèbre durant la Première Guerre mondiale. La carte porte un tampon qui semble être de 1918. L'adresse est 3 Pond Hill Cottages, Malden Road, Cheam, Surrey.

    Dear Edith,
      I hope you are quite a good girl now. I am glad you are now going to Sunday school & shall expect to are quite a big girl when I got home again.
      I will now say goodnight & remain your loving daddy.

    Traduction : 

    Chère Edith,
      J'espère que tu es une gentille fille maintenant. Je suis content que tu ailles maintenant à l'école du dimanche et je m'attends à ce que tu sois une grande fille quand je rentrerai à la maison.
      Je vais maintenant te dire bonne nuit et je reste ton papa bien-aimé.


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  • Roux, Père Dor (De Werkman, 5 januari 1917)

    - Te ROUX is wederom aangehouden in zijnen « Tempel der Deugd, » de vermaarde PÈRE DOR; 800 zieken waren hem daar afwachtende; korts te voren had hij te Charleroi 15 maand gevang gekregen... 't Volk uit die Walenstreek is betooverd voor Père Dor.

    De Werkman, 5 januari 1917

    source : aalst.courant.nu

     

    Traduction :

    - À ROUX, le célèbre PÈRE DOR a de nouveau été arrêté dans son "Temple de la Vertu" ; 800 malades l'attendaient ; peu de temps auparavant, il avait été emprisonné à Charleroi pendant quinze mois... Les gens de la région wallonne ont été envoûtés par le Père Dor.


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  • Freie Presse für Texas, April 04, 1917, Page 3

    Das Ende vom Lied.

    Ruhmloser Abschluß des ,,Antoinismus“ in Belgien.

        Vor dem Brüsseler Strafgerichtshofe wurde soeben ein Prozeß beendet, der wegen der Persönlichkeit des Angeklagten großes Aufsehen erregte. Dieser ist nämlich ein gewisser Pierre Dor, der mit seinem Genossen Antoine vor ungefähr einem Jahrzehnt in der belgischen Provinz Hennegau eine neue christliche Religionsgenossenschaft, den sogenannten Kultus des „Antoinismus“ gegründet hat. Der eigentliche Schöpfer des neuen Kultus war Antoine, ein Bauersohn aus der Umgebung von Charleroi. Er behauptete, von Christus aus Erden gesandt worden zu sein, um seine Religion von den „Schlacken“ zu reinigen. Bald bildete sich um den neuen Messias eine kleine Gemeinde, die allmählich trotz der Maßnahmen, die das belgische Episkopat gegen die Bewegung ergriff, wuchs und sich schließlich zu einer ordentlichen Religionsgemeinschaft mit einigen hunderttausend Anhängern entwickelte. Der Stifter Antoine zeichnete sich besonders durch seine Wundertätigkeit aus, und seine Verehrer behaupteten, mit eigenen Augen eine Menge Wunder gesehen zu haben, die er angeblich wirkte, insbesondere Wunderheilungen an kranken Menschen und Tieren. Die Gerichte konnten gegen das seltsame Treiben des neuen Wunderheiligen nicht einschreiten, da er für seine Wunder kein Geld nahm, sodaß niemand eine Klage gegen ihn erhob. Gerade diese unentgeltliche Wundertätigkeit brachte dem Religionsstifter, der sich schließlich öffentlich als Sohn Gottes bezeichnete, zahlreiche Bekenner zu. In vielen hennegauischen Gemeinden erhoben sich bald antoinistische Tempel und etliche Jahre vor dem Ausbruch des Weltkrieges wandte sich Antoine an die belgische Regierung um offizielle Anerkennung der von ihm gestifteten neuen Religion. Der Kriegsausbruch verhinderte den weiteren Verlauf der interessanten Angelegenheit, die wohl mit der Anerkennung und finanziellen Unterstützung des neuen Kults geendet hätte, weil der Wortlaut der belgischen Verfassung keinen Ausweg übrig ließe.
        Im Jahre 1914, einige Wochen nach dem Beginn des Weltkrieges, segnete Antoine das Zeitliche, nachdem er seinen bisherigen Adlatus, Pierre Dor, einen Mann von niederer Herkunft, als seinen Nachfolger bezeichnet hatte. Auch das neue Religionsoberhaupt bezeichnete sich als Sohn Gottes —und tat Wunder. Aber zum Unterschiede von Antoine ließ er sich für seine Wundertätigkeit bezahlen und gebrauchte zur Herauslockung von Geldern aus den Taschen seiner Gläubigen Mittel, die schließlich das Einschreiten der Staatsanwaltschaft veranlaßten. Es liefen verschiedene Klagen Geprellter ein. Pierre Dor wurde zu Beginn des gegenwärtigen Jahres verhaftet und die Antoinistentempel wurden geschlossen. Pierre Dor hatt mit den erschwindelten Summen ein recht vergnügtes, keineswegs gottgefälliges Leben geführt und das Geld vielfach in der Gesellschaft liederlicher Weiber verpraßt. Das Brüsseler Strafgericht verurteilte den Gauner zu mehrjähriger Gefängnisstrafe, stellte ihn jedoch, da eine Fluchtgefahr gegenwärtig nicht vorhanden ist, vorläufig auf freien Fuß. Die antoinistische Religion in Belgien, die dem Episkopat Bereits manche Sorge zu machen begann, dürfte damit wohl beseitigt sein.

    Freie Presse für Texas, April 04, 1917, Page 3

     

    Traduction :

    Les jeux sont faits.

    Conclusion sans gloire de "l'Antoinisme" en Belgique.

        Un procès, qui a fait sensation en raison de la personnalité de l'accusé, vient de s'achever au Tribunal correctionnel de Bruxelles. C'est un certain Pierre Dor qui, avec son camarade Antoine, a fondé il y a une dizaine d'années une nouvelle communauté religieuse chrétienne dans la province belge du Hainaut, le culte dit de "l'antoinisme". Le véritable créateur du nouveau culte est Antoine, fils d'un fermier de la région de Charleroi. Il prétendait avoir été envoyé sur terre par le Christ pour purifier sa religion des "scories". Bientôt, une petite communauté s'est formée autour du nouveau Messie, qui s'est progressivement développée malgré les mesures prises par l'épiscopat belge contre le mouvement, pour finalement devenir une véritable communauté religieuse avec plusieurs centaines de milliers de fidèles. Le fondateur Antoine s'est particulièrement distingué par son œuvre miraculeuse, et ses admirateurs ont affirmé avoir vu de leurs propres yeux beaucoup de miracles qu'il aurait fait, en particulier des guérisons miraculeuses sur les malades et les animaux. Les tribunaux ne pouvaient pas intervenir contre les activités étranges du nouveau saint guérisseur, puisqu'il n'a pas pris d'argent pour ses miracles, de sorte que personne n'a porté plainte contre lui. C'est précisément cette activité miraculeuse gratuite qui a amené de nombreux confesseurs au fondateur de la religion, qui s'est finalement publiquement appelé lui-même le Fils de Dieu. De nombreuses communautés du Hainaut se sont bientôt dotées d'un temple antoiniste et, quelques années avant le début de la guerre mondiale, Antoine s'est tourné vers le gouvernement belge pour obtenir la reconnaissance officielle de la nouvelle religion qu'il avait fondée. Le déclenchement de la guerre a empêché la suite de l'intéressante affaire, qui se serait probablement terminée avec la reconnaissance et le soutien financier de la nouvelle secte, parce que le libellé de la Constitution belge ne laissait aucune issue.
            En 1914, quelques semaines après le début de la guerre mondiale, Antoine bénit son adjoint, après avoir appelé précédemment son assistant, Pierre Dor, un homme d'origine inférieure, son successeur. Le nouveau chef religieux s'est aussi appelé lui-même le Fils de Dieu – et a fait des miracles. Mais contrairement à Antoine, il se laisse payer pour son travail miraculeux et utilise des moyens pour faire sortir de l'argent des poches de ses fidèles, ce qui finit par provoquer l'intervention du ministère public. Diverses plaintes ont été reçues de la part des pigeons. Pierre Dor a été arrêté au début de cette année et les temples antoinistes ont été fermés. Pierre Dor avait mené une vie assez joyeuse, en aucun cas pieuse avec les sommes frauduleuses et gaspillait souvent l'argent en compagnie de femmes de bordel. Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné l'escroc à plusieurs années d'emprisonnement, mais, comme il n'y a actuellement aucun danger qu'il s'échappe, l'a libéré pour l'instant. La religion antoiniste en Belgique, qui avait déjà commencé à inquiéter l'épiscopat, devrait donc être éliminée.


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  • Le Père Dor et le Spiritisme (Le Bruxellois, 4 juin 1916)

    TRIBUNE LIBRE

    LE PERE DOR ET LE SPIRITISME

        Un de nos lecteurs et un spirite nous écrit :

    « Sous le titre : Le Père Dor ovationné à l'instar du Père Antoine de Jemeppe-sur-Meuse, n. 602 B, du 30 mai 1916, je lis le récit d'un de vos correspondants anonymes, qui juge bon de rompre une lance en faveur du bon sens outragé. Le Père Dor, dit-il, se permet de soigner et ose même guérir de pauvres gens que la Science officielle n'a pu soulager.
        Vraiment, pour agir de la sorte, il faut que cet être soit bien vil et bien méprisable, pour que le Parquet s'occupe de lui plutôt, que des accaparateurs. Ouvrier, comme Jésus, fils du charpentier, il fait une concurrence déloyale et honteuse à tous les médecins du pays, osant même refuser tout salaire, toute rétribution ; il se borne simplement à vendre ses deux modestes brochures où sont résumés ses principaux enseignements. Que contiennent donc cos infâmes brochures ! La Fraternité universelle. Comme Christ, il dit qu'on doit aimer ses ennemis et ne jamais juger son semblable. Votre correspondant, ferait chose sage en méditant ce dernier enseignement, cela lui éviterait de porter un jugement sur des choses qu'il ne connaît pas, puisqu'il confond le Dorisme avec le Spiritisme.
        Le Spiritisme est une science expérimentale, faite donc d'observations. Or, le spiritisme expérimental est destiné à acheminer les êtres de bonne foi, vers une philosophie admirable qui n'est, après tout, que le Christianisme primitif, après que l'expérimentation leur a démontré, en faisant appel à la logique et à la raison, que le principe spiritual survit à la destruction de l'enveloppe matérielle.
        Il est évidemment des cerveaux qui craignent la lumière et la folie latente qui fait partout des victimes, s'infiltre même chez des correspondants de journaux. A ces intelligences chancelantes, ou inaverties, nous disons : non, ni le Dorisme, ni le Spiritisme ne vous conviennent pas. Mais de grâce, ne pérorez pas sur des sujets qui vous inspirent personnellement tant de crainte.
        Un de nos grands savants belges, M. le Dr Marcel Monier, écrivait dernièrement dans votre honorable journal que le matérialisme est anti-scientifique. Il a raison. Le matérialisme est en effet anti-scientifique, car il transplante chez lui le dogme qu'il combat à juste titre dans les religions.
        Rien ne doit rebuter le chercheur sinon il borne sa mentalité. N'oublions pas que la folie se révèle dans tous les domaines, qu'elle peut éclore autant dans les systèmes religieux que scientifiques. N'est-elle pas, après tout, la résultante d'une tare organique ? Ce qui peut nous consoler c'est que le génie n'est, dit-on, qu'une des formes de cette folie que nous redoutons tant.
                                                                           A.-A. Lummen. »

        D'autre part le Père Dor, lui-même, nous écrit.

        Voici la lettre du directeur de l'Ecole morale de Roux :

                                                    Roux, 1 juin 1916.
        « Quelle folie que de prendre des leçons de sagesse, de morale, afin de ne plus souffrir, ni physiquement, ni moralement ! Voyez le Père Dor, professeur de l'Ecole Morale, en le consultant bien sincèrement, c.-à-d. avec le désir de surmonter vos vices, vos passions, l'égoïsme, l'hypocrisie et le mensonge, vous êtes amené naturellement à pratiquer l'Amour de bien faire et ainsi vous devenez adepte du Culte de la Liberté, de la Solidarité et de la Fraternité universelle. N'est-ce pas scandaleux ! Et dire qu'au XXe siècle, il existe encore un homme pareil, malgré la leçon que l'on a infligée à Jésus il y a 2,000 ans !!
        Voilà ce que veulent dire les soi-disant intelligents, c.-à-d. ceux qui vivent au détriment des gens malhonnêtes et qui s'irritent comme des possédés contre les hommes qui enseignent le Bien, la Vérité, la Justice et qui donnent à leurs frères l'exemple de la droiture, du désintéressement.
        J'ajoute qu'il n'existe pas de « Doristes », ni par conséquent le « Dorisme », car à l'Ecole Morale il n'y a ni religion, ni secte, ni société, ni rien qui puisse porter un nom, J'ai pour temple l'Univers et pour Autel ma conscience. J'ai donc pour devoir de ne pratiquer aucune religion, de n'avoir aucun parti, afin de bien avoir le respect à tous les goûts qui sont dans la nature de l'homme, que, seuls les temps et la souffrance, effet de sa mauvaise nature, peuvent changer. C'est ainsi Moise a dit : « œil pour œil, dent pour dent ». Jésus a dit : « Aimez vos ennemis ». Le temps est venu où moi je dis : « N'ayez pas d'ennemis ». Je donne à comprendre par là, qu'un seul remède peut sauver l'homme : l'Amour de soi-même c.-à-d. l'Amour de la perfection.
        Je dois dire que l’accès de cette morale n'est réservé qu'aux travailleurs sincères, car beaucoup cherchent, mais ils cherchent mal, pour la seule raison qu'ils n'ont pas pour base le désintéressement. Tout le monde admire la morale, chacun en proclame la sublimité et la nécessité. Mais peu d'hommes la comprennent, moins encore la connaissent à fond et savent en déduire les conséquences, c'est pourquoi, l'homme vertueux est haï, presque, de tous les autres hommes, au point que, si on ne le fait pas mourir, des complots, par jalousie se forment contre lui et emploient le mensonge pour le diffamer, pour le dénigrer. »
        Agréez, mes salutations bien distinguées.
                                                                         Le Père Dor.

    Le Bruxellois, 4 juin 1916


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  • Le Père Dor, successeur (L'Égalité de Roubaix-Tourcoing, 11 janv 1913)

    UN NOUVEAU FAISEUR DE MIRACLE

     Le " Père Dor "
             successeur
           d'Antoine-le- Guérisseur

        Bruxelles, 10 janvier. — Antoine-le-Guérisseur, le thaumaturge de Jemeppe-sur- Meuse, mort l'an dernier, a fait un émule qui opère actuellement avec grand succès à Roux, village du pays minier, des environs de Charleroi. Le nouveau prophète est connu sous le nom de « Père Dor ». Il édite sa doctrine dans une publication mensuelle, le « Messager de l’Amour-DIEU », directeur de la fraternité universelle. Agé d'environ 40 ans et originaire de Mons-Crotteux, près de Liège, le Père Dor se dit le neveu d’Antoine-le-Guérisseur ; il a exercé plusieurs métiers, dont celui de terrassier, et a séjourné à trois reprises en Russie.

        L’ECOLE MORALE

        Il y a quatre ans déjà, il bâtit à Roux un « temple » simple salle adossée à un cabaret. Les « fidèles » sont venus nombreux et tout récemment, le 1er novembre dernier, on inaugurait un nouveau temple, celui-ci très vaste, situé à côté de l'ancien. C'est une construction en briques, de 30 mètres de long, sur près de 90 de large, couverte d'un toit au milieu duquel s'ouvre un large lanterneau et que domine une inscription en lettres blanches : « L'Ecole morale ». Toute la semaine, les pèlerins affluent, pour consulter le Père Dor, qui leur prodigue de bonnes paroles et, par son « fluide », guérit tous leurs maux.
        Le dimanche après-midi, le Père Dor procède à une opération générale, fais agir le fluide sur l’assistance qui remplit le temple, puis répond à toutes les questions qu'on lui pose. Le confrère qui a assisté à la consultation dimanche dernier raconte en ces termes ce qu'il a vu et entendu :
        Une large salle blanchie à la chaux, éclairée par un lanterneau sous lequel on remarque l'armature de fer de la toiture, chauffée à l'excès par deux énormes calorifères. Sur les vastes murs nus quelques inscriptions soulignées de bleu, encadrées de chêne clair, dans ce goût-ci : « Le Père Dor donne à ses enfants de bon, de beau soulagements. » Il y a là, assises sur les bancs jaunes, plus de 600 personnes. L'atmosphère est étouffante. Il monte de cette foule une odeur de corps malades et en sueur, de vêtements mouillés.

            LE « PERE DOR » OFFICIE

        A un bout de la salle, à trois mètres au-dessus du sol, une vaste caisse peinte en blanc et bordée de noir et qui surplombe un abat-son, tient lieu de chaire. Le Père Dor y discourt, le torse serré dans une veste boutonnée jusqu'au cou et qui rappelle celle du « général » Gustave Hervé. Ses longs cheveux bouclés encadrent un visage au teint de cire où l’on voit des yeux tantôt pleins de recueillement, tantôt pétillants de finesse. Au pied de la chaire un pupitre où une jeune fille qui disparaît derrière un vaste chapeau, sténographie les propos du Père Dor.
        Après que celui-ci a terminé son opération générale, les fidèles lui posent des questions le plus souvent saugrenues, sur les sujets les plus inattendus, les plus extraordinaires. Les réponses sont à l'avenant. Le Père, qui connait à peine le français, se recueille longuement après chaque question, baisse les yeux, se frotte la bouche avec un grand mouchoir à carreaux blancs et bleus, puis répond lentement, très lentement. Il a quelques clichés qu'il sert constamment : « Le mal est en nous, il faut s'améliorer, L'amour total ». Dès qu'il sort de là, ses propos deviennent plutôt incohérents. Quand il a fini sa réponse, un lourd silence froid que trouble parfois le vagissement d'un enfant.

         QUAND ON A DES PUNAISES...

        Tout à coup, au fond de la salle, se lève un jeune homme à mine souffreteuse :
        – Père, quand on a des punaises, faut-il les détruire ?
        Le Père Dor répète, comme toujours, la question : « Ce fils me demande si quand on a des punaises, il faut les détruire ? Ce n'est pas un mal chez certaines personnes. Il en est de même des escargots, des limaçons et autres bêtes de jardin... »
        Puis une paysanne se lève à son tour et d'une voix mal assurée demande : « N'est-ce pas encore un doute que de tenir chez soi des chats, puisque les chats mangent les souris ? »
        Réponse : « Si ! Il en est de même pour les chiens. Ces animaux dégagent trop de mauvaises odeurs.
        Pratiquant la loi morale, un homme, jeune, demande si je puis encore exercer mon devoir d'électeur ? »
        – « Cela est contraire à la loi morale, à la loi d’amour, répond le Père Dor, parce que donner son suffrage à un candidat, c'est désapprouver l’autre. »
        La sortie s'opère lentement. Le Père Dor y assiste avec, semble-t-il, un petit air finaud. A la sortie, sa femme, derrière un grand comptoir, vend des brochures, des journaux, des photographies.
        Dès à présent, il existe des succursales de l’Ecole morale de Roux à Gilly, à Chapelle-lez-Herlaimont, à Marchiennes, à Souvret, à Lavaqueresse, dans l’Aisne, à Bruxelles et jusqu'à Porto-Félice, au Brésil... Tous les dimanches, en gare de Roux, les trains déversent de nombreux pèlerins.
        Le Père Dor, travaille même par correspondance et iI se vante de guérir non seulement les gens, mais aussi les bêtes...

    L'Égalité de Roubaix-Tourcoing, 11 janvier 1913

    Source : http://roubaix-bnr.cd-script.fr/fr/presse-ancienne.php


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