• Procès Brenner de Bonnevoie (L'Indépendance luxembourgeoise, 13 décembre 1934)(eluxemburgensia.lu)

    Procès Brenner de Bonnevoie (L'Indépendance luxembourgeoise, 13 décembre 1934)(eluxemburgensia.lu)Chronique judiciaire

    Procès Brenner de Bonnevoie

        Le Tribunal correctionnel vient de s'occuper d'un cas des plus intéressant.
        Monsieur M. BRENNER de Bonnevoie était accusé d'avoir exercé illégalement l'art de la médecine.
        M. Brenner est le représentant pour le Luxembourg de la Société théosophique, branche Leadbeater.
        Son avocat Me EDOUARD FEYDEN demanda au Tribunal l'acquittement du prévenu.
        En résumé il exposa ce qui suit :
        M. Brenner, Luxembourgeois de naissance, s'expatria à l'âge de 17 ans et revint ensuite à Luxembourg après avoir passé 25 ans aux Indes, en Amérique du Sud, en Espagne et en de nombreux autres pays où il a été le disciple des théosophes les plus éminents. Le devoir primordial du théosophe est d'abolir ou de diminuer la souffrance partout où il la trouve.
        C'est l'idée fondamentale qui a présidé à la création des corps de psychistes guérisseurs, qui sont aujourd'hui répartis sur toute la terre et qui sont prêts à guérir spirituellement leurs semblables quand tous autres moyens ont échoué. (Me FEYDEN cite de la littérature à ce sujet).
        Ensuite Me FEYDEN expose la théorie théosophique sur la maladie.
        La maladie, dans son essence n'est qu'une pensée négative, un déchet de passage évolutif à un état supérieur, qui se trouvant subitement isolé dans l'espace, s'attache à la première organisation vivante qu'elle rencontre pour en vivre en parasite.
        C'est un Germe-Pensée rétrograde, dégradant, qui féconde une partie de l'Inconscient du malade et le détermine, par surprise, à produire son travail en accroissement négatif, jusqu'à ce que l'Ensemble de l'Inconscient se décide à réagir vigoureusement et à chasser l'intrus ; nier par la pensée son existence et affirmer avec une foi intense celle de la santé rétablit l'Harmonie normale en détruisant l'inharmonie étrangère au Divin.
        Le malade guérira ou sera soulagé dans ses souffrances par le pouvoir immense de la pensée, de la foi du Dieu-en-lui, de cette force occulte toute-puissante, qui saura lui rendre la santé. L'intervention du guérisseur tend essentiellement à procurer cette foi au patient. La personnalité du guérisseur disparaît dans le traitement spirituel. Il ne fait qu'invoquer la puissance spirituelle et la dirige sur l'Ego du malade.
        Il suit donc dans chaque cas et sans s'enquérir du mal dont son frère est affligé, la même méthode ; il prononce sur le malade qui doit atteindre un état de profond recueillement, les prières rituelles.
        La guérison est souvent instantanée, mais le plus souvent elle ne se produit que dans un certain temps.
        Tous les témoins entendus ont confirmé ces faits et ont déclaré que jamais M. Brenner ne leur a prescrit un médicament ou un régime et n'a jamais eu recours à un procédé médical.
        Enfin, l'avocat prouve que jamais M. Brenner n'a accepté un centime des malades pauvres ou peu aisés et qu'il employait l'argent que les clients aisés lui adressaient, à la propagande théosophique et aux œuvres de bienfaisance.
        Me Feyden cite de nombreux auteurs et signale au Tribunal le dernier état de la jurisprudence française ; enfin il établit nettement que l'arrêt de la Cour de Cassation de Luxembourg dans l'affaire Wagner ne peut trouver son application. Il termine en disant que l'acquittement du prévenu sera un hommage rendu à la Fraternité Universelle.
        Le Procureur d'Etat s'efforce à prouver que les procédés employés par Brenner constituent la méthode connue sous le nom de « magnétisme » ;
        il veut prouver que la théosophie ne serait pas une religion au nom de laquelle Brenner agirait.
        Le Tribunal vient de prononcer son jugement qui acquitte M. Brenner ;
        les motifs très circonstanciés du Jugement et les arguments juridiques cadrent avec ceux invoqués par la défense.

    L'Indépendance luxembourgeoise, 13 décembre 1934 (source : eluxemburgensia.lu)


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