•     La trépidation de la grue couvrit un instant mille bruits de la ville qui chantait ou s'amusait, la benne bascula et apparut comme la gueule rouge du monstre mécanique au-dessus du terril. Les scories en fusion dévalèrent, illuminèrent le versant, le ciel, les maisons et le fleuve, puis s'étirèrent comme un insecte de feu. Et, dans le nuage de fumée qui montait, Pierre Lardinois bourra sa pipe et ranima l'appareil : les chaînes, le moteur et la charpente métallique vibrèrent, la bac se releva et glissa docilement vers l'usine.
        Il vivait là-haut depuis longtemps Pierre Lardinois, et depuis longtemps il ignorait tout des hauts-fourneaux, de leurs flammes colorées, de leurs gaz qui pressaient le cerveau amollissaient les jambes, du tintamarre des bâtisses métalliques et bizarres, des feux sournois qui pelaient les torses nus et des gouttes de métal qui vrillaient de temps en temps un main, une joue ou un oeil. Il connaissait l'usine par le dessus, c'est-à-dire par ses cheminées géantes qui marquaient le temps aux gens du bassin noir et rouge, par les langues pourpres que tiraient les gueulards vivant dans la nuit, et, par les images de tous les pays, de toutes les saisons et de toutes les heures, par les météores fugitifs nés des mains suantes des hommes et jaillis des fours. Elle n'était plus pour lui qu'un fragment du paysage quotidien, comme un filet de lune s'accrochant à un arbre, un orage qu'il voyait venir de très loin, les petites maisons qui prennent, la nuit, des visages humains et familiers et les clochers décapités, coupés en deux par les fumées vagabondes et joueuses. [...]
        Et les hommes l'aimaient bien parce que, grâce à lui, les nuits lourdes d'été et le nuits froides d'hiver s'illuminaient à deux lieues à la ronde et que la gueule rouge de la benne basculée éclairait les amours des époux enlacés dans leur lit, la fièvre des malades éveillés et l'angoisse des femmes qui attendaient leurs maris ivrognes. [...]
        Parce que Pierre Lardinois guérissait les maux de ventre, les plaies et les brûlures, quil prédisait le temps qu'il ferit pendant la journée - puisqu'il l'avait vu venir par-delà la cité fumeuse - et qu'il disait en passant une de ces histoires que Christ racontait autrefois aux hommes qui le clouèrent sur une croix.

    Jean Tousseul - L'homme de la grue, in La Cellule 158
    Ed. Labor - Espace Nord, 1924 (p.51-53)


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  • Devant la fosse humide

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  •     L'argent est son amour, l'argent est son idole. Tous les blancs y pensent, même quand ils dorment. Il y en a beaucoup dont les mains sont devenues crochues et ressemblent dans leur position aux pattes de la grande fourmi des bois, à force d'agripper le papier et le métal. Il y en a beaucoup dont les yeux sont devenus aveugle à force de compter leur argent. Il y en a beaucoup qui ont donné leur joie pour l'argent, leur rire, leur honneur, leur conscience, leur bonheur et même femme et enfants.
        Presque tous donnent leur santé pour le métal rond et les papiers lourds. Ils l'emportent dans leurs pagnes à l'intérieur de peaux dures et pliées. Ils le posent la nuit sous leur rouleau de repos, pour que personne ne le leur prenne. Ils y pensent tous les jours, à chaque heure, à chaque instant. Tous y pensent. Même les enfants doivent y penser. Cela leur est enseigné par leur mère, et ils voient le comportement de leur père.

    Erich Scheurmann - Le Papalagui, Les étonnants propos de Touiavii, chef de tribu, sur les hommes blancs
    Pocket, 1920 (p.43-44)


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  •     Prosper hésite encore. Mais peu à peu, il se sent gagné par le secret désir des autres et leur accoutumance au danger. Ah ! la mine tient bien ceux qu'elle tient depuis quarante ans. Car il y a quarante ans que Prosper y descend chaque jour !
        [...]
        Enfin, l'équipe arrive au chantier où l'air brûlant s'épaissit de la poussière que l'aérage ne chasse plus.
        Qu'est-ce donc, ce spectacle d'enfer ?
        Des corps nus, que le travail fait gémir, s'allongent dans la taille, écrasés dans les soixante centimètres de vide qui séparent le toit du mur. Les haveurs dégagent avec leur marteau-pic les layes de charbon aux arêtes scintillantes. La pointe du pic va et vient en tressauts secs, hors du cylindre où la meut l'air comprimé. Les hommes reçoivent les contrecoups dans les poignets.
        - Han !
        - Cré nom !
        - Quelle chaleur !
        Les houilleurs abattent la couche dégagée, et le charbon que pousse des pieds rugeux dévale le long de la taille, dans une conduite de tôle, vers un plan incliné qui accède à la voie de niveau. Trente-huit hommes s'échelonnent sur le front de la veine, grattant, frappant, ahanant, s'essoufflant à la lumière mesquine des lampes accroches aux cadres de bois.
        Les bidons de café sont déjà vides à demi, tant les gorges sont sèches.
        - Nom de Dieu !
        - Han !
         On devine les corps plus qu'on ne les voit. On les devine aux soupirs qu'ils poussent, aux plaintes qu'il exhalent. Une lumière plus forte troue la nuit poussiéreuse, vers le bas, là où une machine perce une nouvelle galerie, ébranlant le chantier de ses saccades et couvrant par intermittences les jurons des hommes.

    Pierre Hubermont - Treize hommes dans la mine
    Ed. Labor - Espace Nord, 1930 (p.43)


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    On s'imaginerait Louis, sont frère Eloi et leur père Martin, mineurs avant la descente.


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  •     La seigneurie de Mons, aux pays de Liège, appartenait dès avant le XIIIe siècle au chapitre de Saint-Lambert et relevait de la cour féodale de la Hesbaye.
        La Seigneurie avait une cour de justice.
        La commune de Mons-lez-Liège regroupa les seigneuries de Mons, Souxhon, Ruy, Crotteux-Saint-Martin et Crotteux-Saint-Pierre.
        Cette ensemble faisait partie de la paroisse de Hollogne-aux-Pierres.
        A Mons, un oratoire, dédié à la Vierge, fut ensuite reconstruit sous le patronage de Saint-Lambert. Il possédait un chapelain, sans doute dès le XVIe siècle.
        La chapelle de Souxhon, était dédié à Saint-Nicolas. Mons devient une paroisse en 1842.
        En 1345, on comptait à Mons une vingtaine de feux, 40 en 1474 et 115 en 1755.

    Le patrimoine monumental de la Belgique (Jean Remiche-1975)(Google Books)


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  •  On voit que la place de l'Eglise était importante, elle dépassait même parfois son champ d'action pour s'occuper de politique.


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  • FLÉMALLE / La Sorasi boucle l'assainissement du site de 8,5 hectares

    PHILIPPE BODEUX

    jeudi 20 mars 2008, 09:11 (LeSoir.be)


    Douze ans, douze millions d'euros et pas moins de mètres carrés à assainir. Le site de New Tubemeuse est presque prêt pour accueillir de nouvelles entreprises sur 8,5 hectares. La SPI+ doit à présent équiper la zone pour en faire un parc d'activités économiques alors que la Sorasi (Société de rénovation et d'assainissement des sites industriels) vient de boucler les derniers travaux d'assainissement. Ils auront vu le dégagement d'imposants blocs de béton, de terres polluées et le démontage des immenses halls industriels de la fabrique de tubes en acier qui employait encore 700 personnes au début des années 90. Seuls quelques halls sont restés debout et abritent actuellement des entreprises industrielles telles qu'Inox Steel ou Prefer (lire ci-contre).

    Après la fermeture de l'usine en 1993, le démontage de l'outil sidérurgique et les premières négociations en 1997 pour le rachat du site, la Sorasi acquiert en 1999 les 14,5 hectares flémallois pour deux millions d'euros. Une partie des infrastructures est louée à des entreprises ; les 8,5 hectares restants doivent être nettoyés. Commence une longue et coûteuse procédure d'assainissement.

    « Un chemin de croix »

    « Ce fut un long chemin de croix », témoigne le gouverneur Michel Foret, ancien ministre wallon de l'aménagement du territoire. Les différentes phases se suivent... lentement. « La difficulté fut de dégager les importants moyens financiers et également de simplifier les procédures administratives, déclare Julien Pelis, directeur de la Sorasi. C'est notamment grâce au plan Marschall que nous y sommes parvenus. »

    L'assainissement terminé, c'est la SPI+ qui va réaliser les infrastructures de ce nouveau parc d'activités économiques. « Nous espérons 1.000 emplois sur le site, déclare le bourgmestre de Flémalle, Isabelle Simonis, qui veut faire de ce site un nouveau quartier. À côté des entreprises, il y aura des arbres, des bancs publics, le site sera desservi par les transports en commun. »

    Actuellement, ArcelorMittal occupe les anciens bâtiments administratifs de Tubemeuse (le château) où 200 employés sont installés. La multinationale est en train de construire un nouveau bâtiment (le Steel Center) qui sera la vitrine du froid. Plus de 250 personnes y seront transférées du bâtiment voisin devenu vétuste. À cela, s'ajoutent les 110 emplois des entreprises existantes comme Prefer, Inox Steel, Industrie et Maintenance ou les ateliers Mercy. Enfin, la Sorasi évalue à un peu plus de 300 le nombre d'emplois qui pourraient être créés sur le site assaini de 8,5 hectares. Des parcelles qui, avant même d'être équipées, sont déjà réservées par des entreprises. Une preuve de plus de la pénurie de terrains économiques dans la région liégeoise.


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  •  soource : Google Maps


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