• VERVIERS, jolie ville, commune et chef-lieu d'arrondissement, de district communal et de canton ; bornée au N. par Andrimont, E. et S. par Stembert, S.O. par un point à Ensival, O. par Lambermont, N.O. par Hodimont.

    A 1/2 l. de Dison et Ensival, 3/4 d'Andrimont et Stembert, et 5 E.S.E. de Liège.

    Le vallon étroit, où est située la ville, a la figure d'une demi-lune qui embrasse un rocher, baigné par les eaux de la Vesdre, qui la partage en deux parties et longe les collines du N. au S. Le bassin, composé de terre d'alluvion de nature argileuse mêlée de rocaille, offre une couche végétale de 25 à 45 centim. de profondeur. Partout ailleurs les terres reposent sur un sol pierreux. On y trouve la chaux carbonatée inverse, binaire, dodécaèdre , bi-binaire , fistulaire ; le quartz hyalin noir ; le plomb carbonaté trihexaèdre, aciculaire, lamellaire ; le fer oxidé hydraté géodique, massif, pulvérulent ; le zinc oxidé silicifère cristallisé, aciculaire, lamelliforme, mamelonné ; le zinc carbonaté prismé, rhomboïdal, aciculaire radiè, etc. La Vesdre reçoit à Verviers, par sa rive gauche, le ruisseau de Mangombroux, et par sa rive droite, celui de Dison. La ville est en outre traversée dans toute sa longueur par un canal alimenté par la Vesdre ; ce canal est à l'usage des usines et fabriques. Verviers (porte de Xhavée), en suivant la route de la Vesdre, a une élévation de 158 mètres 459 au-dessus de l'Océan.

    La ville, par sa situation topographique, est exposée à des maladies plus ou moins graves, qu'on attribue à l'influence maligne des brouillards qui s'étendent souvent sur la vallée de la Vesdre, et à la retraite d'une partie des eaux de cette rivière, qui laisse souvent son lit presqu'à découvert. On observe des ulcères atoniques chez les personnes employées à tondre et à lainer dans les manufactures de draps, et des ophtalmies d'un caractère rebelle parmi les tisserands et les fileurs.

    La ville de Verviers, bâtie sur l'une et l'autre rive de la Vesdre, compte 1552 maisons ; construites en briques, en pierres de taille et en charpente, et en général couvertes en ardoises, peu en tuiles ; agglomérées. On y remarque quelques rues larges et garnies de maisons dont la façade est très-régulière. L'intérieur de la ville est pavé.

    Parmi les édifices publies, on remarque l'Hôtel-de-Ville, la Salle de Spectacle et quelques églises.
    L'Hôtel-de-Ville a été bâti en 1774, d'après les dessins et sons la direction de l'architecte Renoz de Liège. Sur la place du marché, en face de cet édifice, on voit une belle fontaine de pierre brute, qui sert de piédestal à un perron de bronze. L'eau en sort par quatre masques et se perd dans quatre coquilles travaillées avec beaucoup d'art. Cet ouvrage a été construit en 1732.
    La Salle de Spectacle, construite en 1820, a son entrée principale sur une belle place, en face d'une des rues les plus animées de la ville. Cette entrée offre un péristyle formé par quatre colonnes d'ordre ionique.
    L'église primaire, dédiée à Saint-Remacle, date de l'an 888. Une tradition universelle attribue sa fondation à Oger le Danois, qui fit bâtir deux chapelles, l'une en ce lieu, et l'autre à Spa. Quoiqu'il en soit, on ne peut contester que cette église ne soit fort ancienne ; mais les restaurations qu'elle a subies à diverses époques n'ont laissé à son architecture aucun caractère prononcé ; elle est moitié gothique, moitié moderne. La tour est surmontée d'une flèche fort haute et plus hardie qu'on ne devait l'attendre des siècles barbares, dont elle est un monument. Le chœur a été bâti vers l'an 1699. Cette église a pour chapelles auxiliaires : L'église de St.-Lambert, ci-devant du monastère des sépulcrines. L'autel est d'ordre corinthien. Le retable est enrichi d'un beau tableau, qui représente la Résurrection de J.-C. L'établissement de l'ordre des sépulcrines à Verviers commença l'an 1637 par quatre religieuses, qui quittèrent leur couvent de Malmedy.
    L'église de St.-Joseph, ci-devant du couvent des carmes chaussés, achevée en 1681. C'est une des plus belles de la ville ; elle est grande, claire, riante par elle-même.
    L'église de Ste.-Anne à l'hospice des malades.
    L'église de St.-Sébastien à l'hospice des vieillards.
    L'église de Notre-Dame, ci-devant du couvent des récollets , appelé le collège de St.-Bonaventure, fut consacrée en 1633. Elle a été élevée au rang des succursales en 1833. Son portail, qui fuit face à une place appelée Place des Recollets, fut au commencement orné d'une image de pierre, représentant la Mère de N. S. Les bourgeois ont enfermé la partie inférieure du portail dans une chapelle très-propre et singulière, en ce que l'autel est placé sur une tribune fort exhaussée où cette image lui sert de retable sans avoir changé de place. Cette église a pour chapelle auxiliaire St.-Antoine de Padoue, construite en 1832.
    La première pierre d'une nouvelle èglise primaire, aussi dédièe à Saint-Remacle, a été posée le 22 septembre 1834. Dans cette pierre fut déposée une boîte en plomb contenant [une] inscription gravée sur une plaque en cuivre.

    Avant le gouvernement français (1795), il y avait à Verviers 3 couvens d'hommes, savoir : les carmes chaussés, les récollets et les capucins ; 2 de filles, les conceptionistes et les sépulcrines, et un autre des récollectines au faubourg. Il y avait aussi 3 hôpitaux.

    Verviers possède un tribunal de première instance, 1 tribunal de commerce, 1 chambre de commerce et de fabriques, 1 collège des règens de la maison d'arrêt, 1 commission des hospices civils, 1 bureau central de bienfaisance, 1 sous-commission urbaine de bienfaisance, 1 commission pour les fabriques de draps, 1 école industrielle et commerciale, 1 société royale de philantropie (instituée le 20 novembre 1830) ; 1 société maternelle, formée en 1800, et approuvée en 1813 par l'impératrice Marie-Louise, qui annonça alors au conseil d'administration breveté par elle, un secours annuel du gouvernement de 1500 fr. ; 1 hôpital ; 1 hospice pour les orphelins et 1 autre pour les vieillards infirmes et les indigens des deux sexes ; 1 bureau de recette des domaines, 1 bureau d'enregistrement, 1 bureau de conservation des hypothêques, 1 direction des postes aux lettres et bureau d'échange avec la Prusse ; 1 commission médicale, 1 mont-de-piété, 1 caisse d'épargnes, 1 compagnie de pompiers, etc.

    Les prés forment la culture dominante aux environs de Verviers. Ceux, situés dans le bassin de la Vesdre, fournissent beaucoup de foin de bonne qualité. Les prairies, situées sur les collines qui entourent la ville, sont en général peu fertiles. Le terroir renferme peu de terres labourables, dont le produit consiste en froment, seigle, avoine.

    Les légumes et les fruits n'y sont cultivés que par des particuliers qui n'en font aucun commerce : ces comestibles arrivent de Liège sur le marché. Quelques bouquets de bois, dont le chêne, le hêtre, le bouleau, forment les principales essences. — 267 chevaux, 244 bêtes à cornes. Verviers est aujourd'hui une ville d'un grand commerce et fort opulente ; elle est renommée par ses belles manufactures de draps, dont la fabrication et le commerce occupent la majeure partie des habitans. La vente du drap donne lieu à un commerce important, ce qui entretient des relations multipliées à l'intérieur et à l'étranger. Plusieurs des fabriques ont acquis une très-grande extension depuis 30 ans. On compte à Verviers 51 fabriques de draps, Casimir, flanelle, etc. 1 fabrique de coton, 8 fouleries, 3 presseries, 2 bâtimens à rames chaudes, 33 teintureries, 6 savonneries, 1 corroierie, 2 fonderies de fer, 1 fonderie de plomb en lames, 1 atelier de construction, 1 moulin à bois de teinture, 2 moulins à farine mus par eau, 3 brasseries, des briqueteries, fours à chaux et carrières. Extraction de la calamine et du minerai de zinc, près de Sommeleville, dans la montagne de Stembert. — Marchés : le mercredi et le samedi de chaque semaine. Foires : du 7 au 10 novembre ; du 2 au 5 juin ; du 19 au 22 août, et le 21 avril. — Le territoire est traversé par la route de la Vesdre et celle de Battice à Theux. Un pont sur la Vesdre, d'une grande utilité, construit en 1833.

    Population : 19,522 habitons.

    Superficie : 455 h. 21 a. 14 c., dont 410 h. 79 a. 59 c. en terrains imposables ; 3 h. 01 a. 72 c. en terrains non imposables ; 28 h. 61 a. 01 c. en chemins et rues ; 12 h. 78 a. 82 c. en rivières et ruisseaux.

    Ci-devant : pays de Liège, marquisat de Franchimont. Il y avait une cour de justice composée d'un mayeur et de 7 échevins, avec 2 bourgmestres et 2 anciens, 7 commissaires et 4 conseillers. Le bourgmestre règent était membre du corps de l'état tiers du pays de Liège.

    Histoire : On rapporte que l'évêque Jean de Bavière étant venu à Hodimont, qui n'était alors qu'un village dont tous les environs étaient inhabités , vers l'an 1395, y trouva un chêne remarquable par sa grosseur et sa beauté, et qu'il en marqua son étonnement par ces mots : verd et viz ; ce qui, dans le langage du pays , veut dire verd et vieux. On ajoute que cela donna occasion de changer le nom du lieu en celui de Verviz dont on a fait fremiers. Cette opinion semble être confirmée par le blason des armes de la ville, qui portent entr'autres pièces une branche de chêne englantée. Le nom de Verviers peut aussi avoir tiré son origine de Verivia, nom du constructeur de la route et d'un pont détruit en 1514.

    Ce fut vers la fin de novembre 1650, que Verviers, qui n'était qu'un bourg, célèbre par la manufacture de draps, fut mis au rang des villes du pays, et on lui accorda le droit d'assister par ses députés, aux assemblées des états, et de jouir des priviléges des autres villes. Cet honneur néanmoins ne l'avait pas délivrée du petit tribut, auquel elle était assujétie du temps de l'évêque Erard de la Marck ; mais elle continuait de le payer avec une cérémonie, dont on ignore l'origine et la cause, et qui était connue sous le nom de Croix de Verviers. Cette procession singulière consistait à venir danser dans l'èglise de la cathédrale à Liège, à y offrir trois pièces de monnaie, une de métal, une d'argent et une d'or, en jurant de revenir, l'année suivante, faire la même cérémonie, à briser, au milieu du Pont-des-Arches, un setier de bois, et à le jeter dans la Meuse, etc.

    Les bourgeois, encouragés par les prérogatives et les priviléges qui venaient de leur être accordés, s'appliquèrent à embellir leur ville, et en moins de dix ans ils l'environnèrent de murailles ; de sorte que malgré les ravages et les fureurs de la guerre et des maladies èpidémiques, qui dans l'espace d'un siècle, l'avaient attaquée tour-à-tour, on vit Verviers fleurir et s'agrandir de jour en jour.

    En 1643, la Vesdre se déborda avec une telle fureur qu'on pouvait aller en bâteau sur le marché de Verviers.

    A l'époque de la réunion du pays de Liège à la France, la ville de Verviers fut comprise dans le département de l'Ourte, et devint le siège d'un des six tribunaux correctionnels, et chef-lieu de canton. Elle faisait dans la suite partie de l'arrondissement de Malmedy, jusqu'en 1815, qu'une partie de cet arrondissement fut cédée à la Prusse par le traité de Vienne. Elle devint en 1830 le siège d'un tribunal de lre instance.

    Verviers est la patrie de :
    Cherin , général des gardes wallonnes, en Espagne, né dans le 18e siècle.
    Courtois (Richard), docteur en médecine et professeur de botanique à l'université de Liège, né en février 1806, et mort à Liège le 15 avril 1835, à l'âge de 29 ans. On lui doit entr'autrès publications, les Recherches sur la statistique physique, agricole et médicale de la province de Liège, sur quel ouvrage M. Massan, de Verviers, a fait plusieurs observations , insérées dans le journal de Verviers du 10 juin 1828. M. Courtois a aussi publiè, conjointement avec M. le docteur Lejeuhe de Verviers, le Compendium florœ Belgicœ.
    Detrooz (Remacle), notaire, sur la fin du 18e siècle. Il a publiè une Histoire du marquisat de Franchimont, in-8e, Liège, 1809, et une Dissertation touchant l'antiquité de Spa et de ses fontaines, in-8e, Liège, 1812.
    Duval-Pyrau (l'abbé), conseiller privé du prince de Hesse-Hombourg.
    Fion (Jean-Joseph), général de brigade au service de la république française.
    Godar (G.H.), docteur en médecine, connu par différentes dissertations qui ont obtenu des palmes académiques.
    Hauzeur (Mathias), savant théologien, commentateur de St.-Augustin, et célèbre par le fameux collaque de Limbourg, du 19 avril 1633.
    Jardon (l'intrépide général), tué le 27 mars 1809, à Barcelos, sur les frontières du Portugal, après 19 années de campagnes.
    Moraikem, général d'infanterie au service d'Autriche.
    Ruth-Dans (Paul-Ernest), hé le 23 février 1653, d'une famille patricienne. Il assista à la mort du célèbre docteur Arnauld d'Andilli en 1694, et apporta son cœur à Port-Royal-des-Champs le 9 novembre de la même année. Il fit le discours français que l'on trouve sous le nom de M. Guelphe, dans VAbrégé de la vie de M. Arnauld, par le père Quesnel. Il fut exilé dans les Pays-Bas par une lettre de cachet en 1704, et accusé d'hérésie par M. de Précipiano, archevêque de Malines ; mais il s'en justifia par une Apologie. Il mourut à Bruxelles le 24 février 1728. Il est auteur du 10e et du 11e volume de l'Année Chrétienne de M. le Tourneux, et de quelques autres ouvrages.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • TOURNAY ou TOURNAI, en flamand Doornik, en latin Tornacum ou Turris Nerviorum, commune, ville et chef-lieu de canton et d'arrondissement, à 9 lieues N.E. de Mons, à 7 lieues 1/2 N.N.0. de Lille, à 7 lieues S.S.E. de Courtray (Flandre-occidentale), et à 15 lieues S.O. de Bruxelles.

    Cette ville, siège d'un évêché suffragant de l'archevêché de Malines , de tribunaux de première instance et de commerce, du ressort de la cour supérieure de Bruxelles est la résidence d'un commissaire de district et d'un commandant de place.

    Le territoire de Tournay est borné au N. par les communes de Froyennes et de Kain, à l'E. par celles de Rumillies et Warchin, au S. par Waulx et Chercq, et à l'O. par Willemeau, Froidmond et Orcq.

    Deux faubourgs, ceux de Saint-Martin et de Lille, sont à l'O. de la ville, sur la rive gauche de l'Escaut. Sur la rive droite de ce fleuve, à l'E. de Tournay, s'étend le faubourg Morel. Du côté du N. est le faubourg de Maire ou des Sept-Fontaines ; enfin, au S. se trouvent les faubourgs d'Allain, de Barge, d'Ere et de Valenciennes.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • STEMBERT, commune du canton de Limbourg ; bornée au N. par Andrimont, E. par Limbourg, S. par Jalhay et Poleur, S.O. par Theux, O. par Ensival et Verviers.

    A 1/2 l. de Verviers, et 1 de Limbourg, Jalhay, Polleur et Ensival.

    Le terrain est très-inègal, de nature argileuse, marécageuse et un peu sablonneuse. On y trouve du zinc carbonaté, sulfuré et silicaté, et dans le schiste et le grès rouge, de la baryte sulfatée, concrétionnée, et cristallisée. La commune de Stembert est séparée de celle d'Andrimont, par la rivière de Vesdre ; de celle de Limbourg, par le ruisseau de Hodjoris, et de celle de Jalhay, par celui de Mariomont. Il y a plusieurs fontaines.

    La commune renferme 348 habitations, dont 101 au hameau de Heusy, à 1/2 l., et 57 à Mangonbroux, à 1/4 de l. Elles sont construites partie en pierres, partie en bois et argile, peu en briques ; couvertes presque toutes en paille, quelques-unes en ardoises. On y remarque l'ancien château de Séroule, reconstruit vers 1826. — l'église à Stembert, dédiée à Saint-Nicolas ; rebâtie en 1806. Il y a 1 chapelle à Heusy, dédièe à Saint-Hubert.

    L'agriculture et le tissage des draps forment les principales branches d'industrie. On récolte le froment, le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine, les vesces, fourrages, légumes et fruits. — 80 chevaux, 340 bêtes à cornes. — Il y a 2 briqueteries, 4 fours à chaux, 7 carrières, 1 moulin à farine mu par eau, 2 fabriques à filer la laine, 2 fouleries de draps, etc. — On exploite de la calamine et du plomb. — La route de la Vesdre longe la commune, et celle de Verviers à Theux traverse le hameau de Heusy.

    Population : 1994 habitans.

    Superficie : 1037 h. 08 a. 94 c.

    Ci-devant: pays de Liège, marquisat de Franchimont.

    Histoire : Le hameau de Mangonbroux a vu naître vers l'an 1570, François Pyrard de la Val, célèbre navigateur, qui fut nommé premier armateur de la compagnie française des Indes, dont le Voyage au Brésil, aux Maldives et aux Moluques, a été rédigé par Jérôme Bignon, et est souvent cité par Buffon.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • SPRIMONT, commune du canton de Louveigné ; bornée au N. par Beaufoys et une enclave d'Esneux, N.E. par Gomzé-Andoumont, E. par Louveigné, S. par Aywaille et une enclave de Louveigné, S.O. par Comblain-au-Pont et Hody-Poulseur, O. par Esneux, N.O. par Tilff.

    A 3/4 de l. d'Aywaille , 1 de Louveigné, 1 1/4 de Beaufuys, 1 1/2 de Comblain-au-Pont et Esneux, 1 3/4 de Fraipont, et 4 S.E. de Liége.

    Cette commune présente une surface très-inégale, entrecoupée de coteaux boisé ou couverts de bruyères. Le terrain offre le calcaire anthracifère, la dolomie et le psammite sablonneux ; il est en petite partie argileux. On y trouve la chaux carbonatée inverse, métastatique, compacte, massive, aciculaire, magnésifère, primitive, convexe, la baryte sulfetée trapézienne, le plomb sulfuré laminaire et le fer hydraté. La rivière d'Amblève baigne Sougné et Amblève, et celle d'Ourte arrose le village de Ghanxhe. Il y existe an petit ruisseau, appelé Ry de la Hâsse, affluent de l'Ourte.

    La commune contient 527 maisons, réparties comme suit : Sprimont (chef-lieu), 63; Damré, 28, à 1/5 de l.; Noidré, 20, à 1/3 de l.; Hornay, 13, idem. Haye-du-Chéne, 5, à 2/3 de l.; Ognê, 46, à 1/3 de l.; Lillè, 7, à 1/5 de l.; Presseux, 17, à 1/3 de l.; Chanxhe, 22, à 1 l.; Romreux, 16, à 1/4 de l'Amblève, 4, à 2/3 de l.; Florzé, 34, à 1/5 de l.; Gippe, 4, à 1/6 de l.; Sougné, 81, à 3/4 de l.; Secheval, 12, à 1 l.; Playe, 5, à 3/4 de l.; Sur la Heid, 23, à 2/3 de l.; Lincé, 84, à 1/3 de l.; Fays, 20, à 3/4 de l.; Dolembreux, 40, à 1 l.; Wachiboux, 3, à 3/4 de l.; Hayes, 10, à 1 1/8 de l.; Hotgné, 13, idem; Betgné, 12, à 1 l.; Hâsse et Flagotier, 21, à 1 l.; Fontin, 20, à 1 1/4 de l.; et Haye-des-Pauvres, 4 à 1 l. La plupart des habitations sont construites en pierres, peu en briques ; couverte en ardoises et en paille. On remarque au village de Sprimont, plusieurs maisons assez bien bâties, et un château à Lincé. - La commune possède 1 église primaire, 3 églises succursales et 1 église ou chapelle auxiliaire. L'église primaire, située à Sprimont, est dédiée à St.-Martin, et a été bâtie avant l'an 1067, et restaurée en 1829. Les trois succursales sont situées une à Dolembreux, l'autre à Lincé, et la 3e à Sougné. La chapelle auxiliaire est à Chanxhe. — L'intérieur du village de Sprimont est pavé.

    On y cultive le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine. Fourrages, lègumes et fruits. Bois taillis. — 250 chevaux, 585 vaches et bœufs, 2230 bêtes à laine. — Il y a des fours à chaux ; 3 belles carrières de pierres de taille, à Ogné, Lillé et Florzé ; 2 moulins à farine, l'un sur l'Amblève, et l'autre sur le ruisseau de la Hâsse ; 1 moulin à chevaux, à la Hâsse ; 1 brasserie. — Foires à Sprimont : les 10 mai et 15 septembre ; établies en 1815. — La route de l'Amblève traverse la commune, du N. au S.

    Population : 2897 habitans.

    Superficie : 4597 h. 22 a. 90 c., dont 2456 h. 26 a. 73 c. en terres labourables ; 1189 h. 62 a. 94 c. en prés, pâtures et vergers ; 389 h. 18 a. 00 c. en bois ; 226 h. 59 a. 73 c. en terrains vagues, rochers et broussailles.

    Ci-devant : duché de Limbourg. Le haut-ban de Sprimont comprenait les communautés de Baugnée, Esneux, Hony, la Rimière, la Chapelle, Sprimont, Tavier et Villers-aux-Tours.

    Histoire : Dans une chartre de Fréderic, duc de Lorraine inférieure, de l'an 1067, il est déjà fait mention de l'église de Sprimont. La considération du ban de Sprimont devait être grande autrefois, vu que ses bourgmestres assistèrent à l'acte d'union, qui se fit le 4 novembre de l'an 1415, par les seigneurs et députés du Brabant, du Limbourg et de plusieurs territoires, pour la défense du duc Jean IV, fils du duc Antoine, qui venait d'être tué dans un combat contre les Anglais.

    La seigneurie de Sprimont fut engagée en 1626, pour 6100 fl., et vendue en 1644, pour 10,900 fl.

    On y voit les débris assez remarquables du château d'Amblève, placé sur un rocher à pic que baigne l'Amblève, ainsi que ceux de l'ancien château de Chanxhe.

    L'ancien couvent des Récollets à Sougné, avait été fondé en 1668 par Paquay de la Tour, mayeur de Louveigné. Il ne contenait que 7 prêtres et 3 frères.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • Les cinq sources principales d'eaux minérales qui se trouvent dans le vallon de Spa, sont : le Pouhon, la Géronstère, la Sauvenière, la Groesbeeck et le Tonnelet.

    Le Pouhon est la fontaine qui jaillit au centre du bourg ; son réservoir a été amené et établi sous le péristyle d'un monument élevé par le prince d'Orange, à la mémoire de Pierre-le-Grand, empereur de Russie, qui vint prendre les eaux à cette fontaine en 1717. Cette source paraît être la plus profonde de toutes celles de la vallée; elle est à 1030 pieds au-dessus du niveau de l'Océan ; on la trouve primitivement dans une espèce d'anse formée au N. du bourg, par la montagne qui, en cet endroit, est frappée par les rayons solaires les plus ardens ; elle traverse un lit de tourbe, épais de 25 centimètres, établi sur une couche plus puissante de glaise bleuâtre pure, sans mélange de gravier. Immédiatement après qu'elle a été puisée, l'eau du Pouhon est claire et limpide ; mais exposée au contact de l'air, elle ne tarde pas à dégager, de tous les points de la masse, une foule de petites bulles gazeuses qui altèrent sa transparence et viennent crever à la surface. Bientôt après, l'eau blanchit et finit par prendre une nuance fauve assez brillante ; il se forme insensiblement, au fond du vase, un dépôt assez considérable. La température de cette eau, au thermomètre centésimal, est de 10° ; sa gravité spécifique est de 1,00098. On y trouve une saveur plus aigrelette, plus piquante que dans aucune des sources environnantes. [...]
    La température de ces eaux était de 7° de l'échelle de Réaumur ; l'acide carbonique libre en poids a été évalué à 21,409 et en volume, le volume d'eau = 1,000 à 1,085,5. L'eau du Pouhon est regardée comme efficace dans le traitement des phlegmasies chroniques, des viscères abdominaux, et généralement dans les longues convalescences ; son usage relève les forces donne une nouvelle vie et du ton à tous les organes. On s'en trouve fort bien dans les maladies chroniques de la vessie.
    On croit que l'étymologie du nom de Pouhon pourrait bien venir du terme Pauhier qui signifie dans le patois de Spa puiser comme qui dirait le lieu où l'on puise. De très habiles médecins pensent que depuis le tremblement de terre, arrivé en 1692, l'eau de cette fontaine est sortie plus abondante, plus nette et plus forte au goût.

    La Géronstère est située dans un bois à 3/4 de lieue S. de Spa ; la source, qui est à 1 500 pieds au dessus du niveau de la mer, occupe le bas d'un coteau fort pittoresques et les eaux qui la forment paraissent provenir d'une transsudation continuelle à travers les schistes bleus et les grauwakes qui constituent la majeure partie des roches environnantes ; elle exhale une odeur fétide hydro-sulfureuse qui se fait sentir à plusieurs pieds de distance. Elle a une saveur fade désagréable et très peu aigrelette. Sa température au thermomètre centésimal atteint 9,44, et sa gravité spécifique est de 1,0008. [...] La température s'élevait à 6°7.
    On recommande l'eau de la Géronstère dans presque toutes les maladies chroniques de l'estomac et des intestins, dans les faiblesses du système nerveux, les cachexies, le scrophule, dans certaines convulsions, dans les leucorrhées, les suppressions des menstrues, dans la paralysie, les tremblemens nerveux, les insomnies et les névroses en général. On prétend que ces eaux sont plus qu'aucune de celles des autres sources des bassins de Spa favorables à la guérison des affections anciennes dépendantes surtout de la répercussion des maladies de la peau.

    La Sauvenière, éloignée d'une petite demi-lieue S.E. de Spa, occupe un site d'un aspect très pittoresque ; on y arrive par un chemin que les soins de l'administration ont rendu très facile. Le niveau de la source a la même élévation que celui de la Géronstère ; elle sourd dans un bassin muraillé, surmonté d'un dôme en pierres de taille. Un escalier très commode y conduit de deux côtés opposés. L'eau de la Sauvenière participe, quant à la saveur, de celles du Pouhon et de la Géronstère, c'est-à-dire qu'elle est tout à la fois aigrelette et sulfureuse. Elle émet des bulles gazeuses, se trouble et laisse déposer de l'oxide de fer. Sa température est de 9,72 au thermomètre centésimal et la gravité spécifique de 1,00075. [...]
    La température s'élevait à 6°5.
    Les eaux de la Sauvenière sont employées dans le traitement de la gravelle, des ulcères et autres vices des voies urinaires. Quelques-uns croient que la Sauvenière (Savenir) tire son nom de Sabinus, tribun des Romains, qui fut défait par les Liégeois, commandés par Ambiorix. D'autres disent avec plus de vraisemblance que ce nom tire son origine du mot Sawerling qu'on peut avoir emprunté des Allemands, qui appellent toutes les fontaines acidules Sawerling. Parmi les différens auteurs qui ont traité des eaux minérales de Spa, il n'en est presque aucun qui ne convienne que la Sauvenière est la fontaine dont Pline donne la description sous le nom de fontaine de Tongres.

    La Groesbeeck est presque contigue à la Sauvenière. Elle est ainsi nommée parce qu'en 1651 le baron de Groesbeeck y trouva la guérison d'une maladie grave dont il était atteint depuis long-temps. Cette eau a une saveur piquante, et moins ferrugineuse que celle des autres sources de Spa. On remarque aussi que les bulles gazeuses qui s'élèvent à sa surface sont beaucoup plus nombreuses. Sa température marque 9,72 au thermomètre centésimal, et sa gravité spécifique est de 1,00075. [...] La température s'élevait à 6°1.

    Enfin le Tonnelet, beaucoup moins élevé que la Géronstère, la Sauvenière et la Groesbeeck, puisqu'il marque seulement 1250 pieds au dessus du niveau de la mer, se trouve aussi à 1/2 lieue E. de Spa. C'est de toutes les fontaines des environs celle qui offre la plus belle décoration. Plus que les eaux de toutes les autres sources, celle du Tonnelet a la saveur aigrelette. Sa couleur est limpide, sa température est de 9°72 au thermomètre centésimal et sa gravité spécifique de 1,00075. [...] La température atteignait 8°.
    Ce n'est que vers 1612, qu'entrèrent en vogue les eaux du Tonnelet; mais comme on leur donna pour vertu essentielle de combattre et détruire les causes de la stérilité, il arriva que, pendant nombre d'années, cette fontaine fut la plus fréquentée du bassin.
    Il y a, très-près du Tonnelet, une autre source dont les eaux ne présentent point de différences sensibles dans les propriétés physiques et chimiques. Cette source se nomme le Watroz ; la fontaine est du style le plus simple ; sa niche arrête à peine les regards du voyageur.

    Les autres sources qui avoisinent Spa, sont le Nivesé, à 1/8 de l. N.E. du Tonnelet ; la Vêque-Terre, à 1/2 l. O. de Spa ; le Desniez, à 3/4 de l. S.O. ; le Barisart, à 1/4 de l. S., entre le Pouhon et la Géronstère ; la Devers, entre le Pouhon et la Sauvenière, etc.

    Il est à remarquer que les pluies, les sécheresses et tous les changemens météorologiques influent à tel point sur les qualités de toutes les eaux de Spa, que suivant les saisons elles varient souvent dans la proportion de leurs principes minéralisateurs.

    L'eau qui sert de boisson ordinaire à Spa, est d'une grande pureté.

    Depuis une époque très-reculée, on a vu un grand nombre de savans de toutes les nations se livrer à la description et l'analyse des eaux de Spa.

    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège
    (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • SOUVRET, commune du canton et à 1 lieue 1/4 N. de Fontaine-l'Evéque, de l'arrondissement et à 1 lieue 3/4 0. de Charleroy, et à 7 lieues 1/4 E. du chef-lieu de la province.

    Elle est bornée an N. par la commune de Courcelles, a l'Е. par celles de Jumetz et Roux, an S. par le territoire de Monceau-sur-Sambre, et à l'O. par celui de Forchies-la-Marche.

    Cette commune ne comprend que son chef-lieu.

    Hydrographie : Un affluent du Piéton prend sa source sur le territoire ; il traverse le village et donne le mouvement à un moulin à farine. Il y a plusieurs petits étangs.

    sol : Elevé et plat, coupé par un grand nombre de coteaux. Le terrain est généralement argilo-sablonneux.

    Agriculture : Année commune on récolte six cent vingt-cinq rasières de froment, quatre cent cinquante de seigle, cinq-cents d'escourgeon, mille-quatre-vingts d'avoine, cinq cents de féveroles, cent quatre-vingts de pois, cent cinq de vesce, trois mille cinq cents de pommes de terre, quarante-cinq mille bottes de trèfle de cinq livres chacune, trois cents rasières de pommes de bonne qualité, moins de poires ; très-peu de fruits à noyau. — Prairies. potagers, houblonnières et vergers en petit nombre. — Point de bois ; il y a seulement une aulnaie d'une faible contenance. La culture des terres ne laisse rien à désirer. On remarque sur quelques point de petites parcelles de marais ou bas-prêt qu'on ne pourrait dessécher avec fruit. Il y a douze fermes. On comptait, eu 1830, quatre-vingts chevaux, quarante-cinq poulains, quatre-vingt-cinq bêles à cornes, quarante veaux, quatre-vingt-dix porcs, cent quatre-vingts moutons. Les basse-cours sont peuplées de poules, de pigeons, de canards. — Lièvres et perdrix en assez grand nombre. — Beurre et freinage.

    Population : Mille douze habitans, dont cinq cent vingt-cinq du sexe masculin et quatre cent quatre-vingt-sept du sexe féminin. En 1829, il y a eu trente-trois naissances, dix-huit garçons et quinze filles ; et trente-trois décès, quinze hommes et dix-huit femmes. Le nombre de mariages s'élève annuellement à sept ou huit.

    Habitations : Cette commune renferme deux cent vingt-deux maisons bâties en pierres et briques, couvertes partie en ardoises, partie en pannes et la plupart en chaume. Il y a une église et une école primaire.

    Commerce et Industrie : L'industrie agricole est une des principales ressource des habitans de cette commune. Un grand nombre d'individus de la classe ouvrière exercent au dehors les professions de cloutiers et briquetiers. Il y a deux moulin mus par vent, une brasserie et neuf distilleries agricoles de pommes de terre. — Quatre maréchaux ferrans, un charron, deux tonneliers, un bourrelier, un cirier.

    Routes et Chemins : Les chemins vicinaux sont praticables en toutes saisons.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • SERAING, commune et chef-lieu du canton de ce nom ; bornée au N. par Jemeppe, N.E.par Tilleur, E. par Ougrée, S.E. par Boncelles, S. par Plainevaux, S.O. par Neuville-en-Condroz, O. par Ramet, N.O. par Flémalle-Haute et Flémalle-Grande.

    A 1/2 l. d'Ougrée, 1 de Ramet-Ivoz, 1 1/4 de Boncelles, et 1 1/2 S.S.O. de Liège.

    Le territoire de cette commune, située à la rive droite de la Meuse, vis-à-vis de Jemeppe, forme une vaste plaine agréablement bornée par des collines en amphithéâtre, dont les cimes chevelues sont couvertes de bois de haute futaie. Le terrain est argileux, sablonneux, et en petites parties marécageux. La commune est arrosée par la Meuse et par trois ruisseaux, dont l'un prend sa source dans la forêt de la Vecquée, en cette commune, et se jette dans la Meuse au lieu dit Elletrock, commune de Tilff ; l'autre prend naissance dans le bois de la Neufville, et se jette dans la Meuse au Val-St.-Lambert, et le 3e prend naissance à Boncelles, et se perd dans la Meuse au hameau du Petit-Mont. Il y a en outre quelques petites fontaines.

    La commune de Seraing renferme 622 habitations, réparties comme suit : 230 à Seraing (chef-lieu) ; 200 à Lize, à 1/4 de 1. ; 65 à la Boverie, à 1/4 de 1. ; 55 à la Chatqueue, à 1/2 1. ; 40 au Many, à 1/8 de 1. ; 5 à Marihaye, à 1/4 de 1. ; 27 au Petit-Mont, à 1/2 1. ; non compris la verrerie du Val-St.-Lambert, comprenant environ 60 quartiers pour loger les verriers, distante de 1/2 1. du chef-lieu, Toutes ces habitations sont construites partie en pierres, partie en briques, partie en bois et argile ; couvertes en ardoises, tuiles et paille. On y remarque l'ancien palais, ou maison de plaisance et résidence d'été du prince-évêque de Liège, et la ci-devant abbaye du Val-St.-Lambert, remarquable par la magnificence de ses bâtimens, et convertie en une verrerie qui est devenue fort importante. On y remarque encore l'ancien château de Bellevider. — 1 église primaire, dédiée à la Ste.- Vierge ; bâtie en 1731, par les soins du prince-évêque Georges-Louis de Berg.

    Les récoltes consistent en seigle, froment, avoine, orge, épeautre, fourrages, lègumes et fruits. Bois taillis, essence de chênes, bouleaux, hêtres, aunes, charmilles. — 100 chevaux, 150 vaches.

    Seraing renferme 2 fabriques de machines à vapeur. Celle de M. Cockerill, établie dans l'ancien palais du prince-évêque, peut, avec raison, passer pour un des plus grands établissemens de l'Europe. On y fabrique des presses d'imprimerie en fer coulé et un grand nombre de machines à vapeur.
    La verrerie du Val-St.-Lambert a été créée en 1826 par une société d'actionnaires. On y fabrique le cristal fin et ordinaire, le demi-cristal ou gobeletterie commune, et accessoirement des fioles, des bouteilles et des verres, façon d'Allemagne, des verres à vitres et des cylindres ou globes pour couvrir les pendules. Les matières premières employées sont pour le cristal : la silice ou sable blanc, qui s'extrait de la province de Namur ; la potasse, qui se tire d'Amérique et de Russie ; l'oxide de plomb ou minium, qui se fabrique dans l'établissement même avec des plombs provenant d'Espagne, d'Angleterre et d'Allemagne. Pour le demi-cristal et gobeletterie commune, on emploie le sable blanc, la soude artificielle qui se fabrique dans l'établissement, l'oxide de plomb ou minium, et de la chaux. La fabrication du cristal, du demi-cristal et autres verres communs, s'élève annuellement à 560,000 fr. environ. La consommation annuelle du charbon de terre, employé à la fusion du cristal et du verre, est de 3,650,000 kilogrammes.
    La fabrique de minium, établie dans les verreries et cristalleries du Val-St.-Lambert, est la plus considérable de la province ; elle peut en fabriquer annuellement 430,000 kilogrammes ; dont plus de la moitié est employée dans l'établissement comme matière première du cristal et du demi-cristal ; le surplus est livré au commerce. La fabrique de soude artificielle, située dans le même établissement, est montée pour pouvoir produire annuellement 500,000 kilogrammes de soude artificielle brute.
    Seraing possède en outre : 5 moulins à farine mus par eau ; 4 pour broyer les cailloux et autres substances nécessaires à la fabrication du verre à l'établissement du Val-St.-Lambert, mus par eau et la vapeur ; des fonderies de fer, de cuivre, des forges, laminoirs, etc. ; 2 brasseries. — On y exploite la mine de houille ; il s'y trouve peu de mines de fer. — La route de Liège à Terwagne traverse la commune.

    Population : 3654 habitans.

    Superficie : 2234 h. 46 a. 81 c.

    Ci-devant : pays de Liège.

    Histoire : Quelques-uns croient que le nom de Seraing dérive des Ceresiens, qui se placèrent pas loin des Condrosiens, sans que l'on sache précisément le lieu.
    L'abbaye du Val-St.-Lambert, de l'ordre de citeaux, fut fondée en 1202, par l'évêque Hugues de Pierrepont, et supprimée par le gouvernement français. Ce lieu était auparavant nommé le Champ des Mores.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • RETINNE, commune du canton de Fléron ; bornée au N.E. par Evegnée, E. par Micheroux, S. par Ayeneux, S.O. par Fléron, O. par la Queue-du-Bois, N.O. par Saive-Parfondvaux.

    A 1/2 l. de Micheroux et Saive, et 3/4 d'Ayeneux.

    Sa superficie est élevée et basse, entrecoupée de collines. Le terrain est argilo-sablonneux sur fond pierreux. Il y a plusieurs fontaines.

    La commune comprend 94 maisons, situées comme suit : 24 à Retinne, 32 à Liery, 13 à Surfossé, et 25 aux Trois-Chênes. Elles sont construites en briques, en pierres, en bois et argile ; couvertes en paille ; disséminées. — 1 chapelle auxiliaire, dépendante de l'église de Fléron.

    On y cultive le seigle, l'orge, l'avoine, l'épeautre. Fourrages, légumes, fruits. — Foire aux cochons : le 2 mai. Un marché au beurre se tient tous les samedis au hameau de Surfossé.

    Population : 515 habitans.

    Superficie : 454 h. 40 a. 89 c.

    Ci-devant : pays de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • NANDRIN, commune et chef lieu du canton de ce nom ; bornée au N. par Clermont, N.E. par Rotheux, E. par Tavier, S.E. par Ellemelle, S. par Fraiture, S.O. par Soheit-Tinlot, O. par Abée et Fraineux, N.O. par St.-Severin.

    A 1/2 l. de Fraineux et St.-Severin, 1 de Clermont, Rotheux, Tavier, Ellemelle, Soheit et Abée, 3 E. de Huy.

    L'aspect du terroir présente beaucoup d'inégalités, et sur divers points des coteaux d'une pente très rapide. Le terrain est argileux, marécageux, schisteux et calcaire. On y trouve de la chaux carbonatée métastatique. Deux petits ruisseaux, dont l'un prend naissance près du hameau de Haye, et l'autre près de celui de Beaumont, se réunissent au centre du chef lieu et se jettent au hameau de la Petite-Vaux dans un ruisseau qui prend sa source à la Grande-Vaux et qui se dirige sur la commune de Rotheux.

    La commune comprend 143 maisons réparties de la manière suivante : Nandrin (chef-lieu), 30; Bouhaie, 11 à 1/4 de l.; Albasse, 8 à 1/5 de l.; Favence, 15 à 1/2 l.; Favetu, 10, id.; Roubenne, 2, id.; Bois de Fraiture, 1, à 1/3 de l.; Sotrez, 1 à 3/4 de l.; Croix-André, 14, id.; Tierdelhez, 5, id.; Petite-Faux, 3, id.; Grande-Vaux, 13, à 1/2 l.; Chaifo, 2, id.; Haleu, 9, id.; Elgotte, 2, id.; la Tolle, 2, à 3/4 de l.; le Fraineux, 3, à 1/3 de l.; Beaumont, 2, à 1/8 de l.; Haye, 6, à 1/4 de l.; Trôcourâ, 1, à 3/4 de l.; Tombeu, 1, à 1/8 de l.; Croix-Claire, 2, à 1/3 de l. La plupart sont bâties en pierres, quelques unes en briques et en bois et argile ; couvertes en paille, peu en ardoises. 1 église primaire, dédiée à St.-Martin ; ancienne.

    On y cultive le seigle, l'épeautre, l'avoine, les pois, vesces, etc. Fourrages, légumes et peu de fruits. Bois taillis. - 70 chevaux, 150 bêtes à cornes, 1 500 bêtes à laine. - Plusieurs fours à chaux pour l'amendement des terres ; 1 carrière ; 1 moulin à farine mu par eau ; 1 brasserie. - La route de Liège à Givet traverse les hameaux de la Toile et du Fraineux.

    Population :  830 habitans.

    Superficie : 1453 h. 96 a. 91 c., dont 1000 h. en terres labourables ; 287 h. en prés, pâtures et vergers, et 130 h. en bois.

    Ci-devant : pays de Liège ; Bas-Condroz.
     

    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • GRACE et MONTEGNÉE, commune du canton de Hollogne-aux-Pierres ; bornée au N. par Loncin, Ans et Glain, E. par St.-Nicolas, S. par Jemeppe, O. par Mons et Hollogne-aux -Pierres.

    Grâce a 3/4 de l. O. de Liège, et Montegnée, 1/2 l.

    Cette commune est composée de trois hameaux principaux ; savoir : Grace, comprenant Chaume de Grâce, Perou, Bois-Mulette et Jale ; Montegnée, comprenant Chaussée de Montegnée, Trixhay, Verdbois, Pansy et Lamay ; Berleur, comprenant le petit hameau de Toutes-Voies.

    La superficie de cette commune est assez inégale, entrecoupée de petites collines ; il s'y trouve aussi des parties plates, principalement vers le N. Le terrain est argileux, et dans quelques endroits sablonneux, marneux et rocailleux. La profondeur de la couche végétale varie de 30 à 60 centim. Un petit ruisseau, qui prend naissance près du château de Hollogne-aux-Pierres, arrose la commune. Il y a deux fontaines à Grâce, et 2 à Montegnée.

    La commune comprend 620 maisons ; la plupart construites en briques, peu en pierres, quelques-unes en bois et argile ; couvertes en paille, à l'exception de quelques-unes en ardoises et en tuiles ; disséminées, sauf celles situées sur la chaussée de Grâce et celle de Montegnée, et près des églises de ces deux endroits. On y remarque l'ancien château de Grâce avec trois tours carrées, qui n'est plus habité depuis l'an 1794. — 2 églises, une à Montegnée, dédiée à St.-Lambert, et l'autre à Grâce, dédiée à St.-Remi ; 1 chapelle à Berleur.

    L'agriculture et l'exploitation de la houille, forment les principales branches d'industrie. On y cultive le froment, le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine, le colza, les féveroles. Fourrages. Beaucoup de légumes et fruits. 3 petits bois taillis. — 110 chevaux, des vaches et moutons. — Il y a 4 grandes houillères, savoir : celle de Pansy, celle de l'Espérance, celle des Sarts et celle du Bonnier. Il y a un petit chemin de fer depuis la houillère du Bonnier jusqu'à un dépôt, établi près de la grande route de Liège à Bierset, à l'aide duquel on y transporte la houille et le charbon : un seul cheval traîne 900 kilogrammes. — 1 moulin à farine, mu par le vent ; 1 idem, mu par eau ; 1 fabrique de chaudières ou de machines à vapeur, à Montegnée ; 2 brasseries. — La route de Liège à Bierset traverse la commune.

    Population : 3664 habitans.

    Superficie : 792 h. 70 a. 29 c.

    Ci-devant: pays de Liège, banlieue Cismosane.

    Histoire : C'est dans une plaine entre les villages de Grâce et de Bolzée, où l'armée des princes était rangée en ordre de bataille, ayant l'évêque Jean de Bavière à leur tète, en 1408 ; on lui demanda grâce, et ensuite les seigneurs de Seraing et de Rochefort lui furent présentés avec 120 autres, qui furent tous décapités sur l'heure, et leurs corps jetés dans les carrières. Cruelle exécution. Ce fut au château de Grâce, où le comte de Marleboroug avait pris son quartier, et que la capitulation fut conclue et signée au camp devant Liège, le 14 octobre 1702, d'un côté par ce général et les députés des états-généraux des Provinces-Unies, et de l'autre par ceux de la ville et principauté de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • CUESMES, commune du canton, de l'arrondissement et à 2/3 de lieue S.0. de Mons.

    Bornée au N. et à l'E. par le territoire de la ville de Mons ; elle louche, au S., aux communes d'Hyon et de Frameries (cette dernière du canton de Pâturages), et à l'O. à celle de Jemmapes.

    Hydrographie : Cette commune est arrosée par la Trouille, rivière qui donne le mouvement à un moulin à farine situé à l'extrémité N. Sur divers points du territoire, on rencontre des étangs et des mares ; ces dernières servent de réservoirs aux usines ou d'abreuvoirs aux bestiaux.

    Sol : Elle forme la limite du terrain houiller dit le Borinage, au pied de la montagne de Flénu, qui abonde en mines de houille. La configuration du sol présente beaucoup d'irrégularités. Toutes les plaines ont une inclinaison plus ou moins sensible. Les pentes les plus rapides se rencontrent à l'extrémité S., vers Hyon, et à l'O. aux confins de la commune de Jemmapes. — Terrain calcaire et houiller, formé de calcaire, de marne, de psaramite micacé, schistoïde et calcaire, de poudingue psammitique, etc.

    Minéraux : Chaux carbonatée laminaire et compacte ; chaux sulfatée aciculaire ( dans les schistes houillers ) ; talc chlorite fissile et terreux ; anthracite feuilletée (gris foncé) et compacte (noir bleuâtre) ; houille feuilletée ; bois bituminisé et pyritisé (dans les houillères du Flénu) ; fer sulfuré lamelliforme et pseudomorphique (dans les schistes houillers) ; schiste luisant (des houillères) ; lignite friable, etc., etc. Plusieurs mines de houille sont en activité sur le territoire ; elles font partie du bassin houiller du Flénu. Le calcaire a été exploité sur divers points.

    Terres labourables divisées en quatre classes : première classe, formée de terres argileuses, friables, de couleur jaunâtre, de dix a douze pouces de couche végétale, très-fertiles et ne reposant jamais; deuxième classe, argile trop compacte ou trop douce, aussi profonde que celle de première classe et très-productive ; troisième classe, sol pierreux et calcaire, brûlant dans les sécheresses, d une couche végétale de huit pouces d'épaisseur, peu favorable à la culture de l'escourgeon; quatrième classe, terrain calcaire ou rocailleux, très-inégal, provenant, en partie, d'anciennes carrières ; les terres de cette classe doivent reposer fréquemment, pour en retirer quelques faibles produits.

    Agriculture : On récolte tontes espèces de céréales, du trèfle, des pommes de terre et autres légumes ; peu de colza, de chanvre et de luzerne. Les prairies arrosées par la Trouille produisent beaucoup de foin. — Jardins entourés de murs ou clos de haies, cultivés avec soin. — Quelques mauvais vergers. Le sol, d'assez bonne qualité, est très-bien cultivé ; les engrais qui proviennent de la ville de Mons contribuent beaucoup à sa fertilité. Il existe cependant de mauvaises terres pierreuse et sablonneuses sur divers points de la commune. On exploite le sol en grande, moyenne et petite tenue. Vingt-quatre fermes. — Le dernier recensement donne à la commune : deux cent-quatre-vingt-treize chevaux, quatre-vingt-cinq poulains, deux cent onze bêtes à cornes, cinquante-sept veaux, cent porcs, cent cinquante moutons. — Laine, beurre, fromage. — Fréquentation du marché de Mons.

    Population : Deux mille deux cent quatre-vingt-treize habitans.

    Habitations : Cette commune se compose de cinq cent dix-sept maisons, en grande partie agglomérées, et parmi lesquelles on distingue plusieurs fermes bien bâties. Il y a une église, une maison communale et une école primaire. — Résidence d'un chirurgien et d'un arpenteur.

    Commerce et Industrie : L'exploitation des houillères occupe la majeure partie des habitans, et donne lieu à un commerce assez actif. On vend au marché de Mons les productions du sol, le bétail, le beurre et le fromage. — Deux fours à chaux, trois moulins à farine, dont deux à vent et un mû par l'eau, trois brasseries, une distillerie qui chôme pendant trois ou quatre mois de l'année ; huit maréchaux ferrans, quatre charrons, deux vanniers, un fabriquant de cordes et un grand nombre d'artisans et de débitans de toute espèce.

    Routes et Chemins : Cette commune située à 1/4 de lieue de la grande route de Mons à Valenciennes, touche à la route de Mons à Maubeuge. Elle est entrecoupée par plusieurs petites chaussées exécuter en pavés, qui vont se joindre aux grandes routes : elles ont l'avantage de faciliter promptement le transport des houilles sur le canal de Mons à Condé. Parmi ces embranchemens, on remarque la route de Cuesmes à Mons, et celle qui, sous le nom de pave de Flenu, conduit de Cuesmes à Jemmapes. Les chemins vicinaux, au nombre de deux, sont d'une exploitation difficile en hiver et dans les temps pluvieux.

    Histoire : La fameuse bataille de Jemmapes, gagnée par le général Dumouriez our les Autrichiens, le 6 novembre 1792, s'est livrée en partie sur le territoire de Cuesmes. C'est près de ce village qu'étaient établies les cinq grosses batteries au feu desquelles se trouva exposé le général Beurnonville, qui, s'étant imprudemment avancé, se vit en outre débordé par six bataillons ennemis. Ce général, s'apercevant trop tard de ce mauvais pas, allait battre en retraite, lorsque le brave Dampierre prit tout à coup la résolution hardie de le sauver, en attaquant la gauche de l'ennemi. A la tête du régiment de Flandres et des bataillons volontaires de Paris, qu'il précéda de cent pas, il se précipita sur les six bataillons ennemis, les culbuta et enleva les deux premières redoutes : après y être entré le premier, il tourna leurs canons contre les Autrichiens, rendit à Beurnonville la liberté d'agir et fit seize cents prisonniers. Frappés d'un dévouement aussi héroïque, les blessés, après la bataille, oublièrent un instant leurs souffrances pour sе demander : « Dampierre a-t-il survécu ? » Les soldats, souvent justes appréciateurs du vrai mérite, le nommèrent le premier dans les acclamations qui suivirent la victoire, et forcèrent Dumouriez de partager avec lui la couronne qui lui fut décernée à son retour dans Mons. Dumouriez considéra sans doute ce partage comme une injustice, car dans le rapport qu'il adressa à la Convention, après la bataille de Jemmapes, il ne fit aucune mention de la conduite de Dampierre.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • "PAYS NOIR" (EXTRAIT DE LA VIE BELGE)

    Un matin, nous montâmes à la terrasse du château, à Mons. Sous un lent et incessant déluge de charbon, l'air s'estompait de teintes fuligineuses qui décoloraient la tiède après-midi. Une suite éternellement projetée des hautes cheminées recouvrait, dans un remous d'incessantes fumées, des campagnes anémiques et dévastées. La sensation fut si forte de nous trouver brusquement devant ces horizons calcinés au bas desquels en tous sens s'étageaient des buttes sombres, que nous demeurâmes longtemps sans parler. C'est que, de l'endroit élevé d'où nous dominions la grande plaine industrielle, s'apercevait le coeur même de la région charbonnière.
    Ce n'était pas la première fois que je la visitais ; mais je n'avais pas été touché encore en mes racines par l'extraordinaire beauté âcre et poignante qui se dégage de ses aspects. On n'aime pas toujours de suite ce qu'on doit aimer pour la vie. Celui qui allait devenir le pensif et sensible introducteur des plèbes dans l'art, à peine lui-même connaissait le pays pathétique qui devait être pour lui la cause d'une expression nouvelle d'humanité.

    Camille Lemonnier, La Vie belge (1905)


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  • MOMALLE, commune du canton de Hollogne-aux-Pierres ; bornée au N. par Fize-le-Marsal, N.E. par Kemexhe, E. par Freloux, Fexhe-le-haut-Clocher et Noville, S. par Jeneffe et Remicourt, O. par Lamine et Hodeige.

    A 1/2 l, de Fize, Freloux, Fexhe, Noville, Jeneffe, Lamine et Hodeige, 3/4 de Kemexhe et Remicourt, 1 de Lens-sur-Geer, et 1 3/4 E. de Waremme.

    Le territoire présente une surface unie. Le terrain est argileux, et la couche végétale a 45 à 60 centim. de profondeur.

    Il y a 192 maisons, réparties comme suit : Momalle (chef-lieu), 159; Momelette, 31; le Moulin-à-vent, 1, et la Chapelle, 1. La plupart sont bâties en briques et couvertes en paille, très-peu en ardoises et en tuiles ; disséminées. Un ancien château à Momalle et un autre à Momelette. — 1 église, dédiée à la Ste.-Vierge ; 1 chapelle.

    On y cultive le froment, le seigle, l'èpeautre, l'orge, l'avoine, les féveroles, vesces, pois, navettes, colza, chanvre, etc. Fourrages assez abondans, lègumes et fruits. — Environ 200 chevaux, 190 vaches, 200 moutons. — Commerce de porcs. — 1 moulin à farine, mu par le vent ; 2 brasseries. — L'ancienne chaussée des Romains longe le territoire de la commune.

    Population : 878 habitans.

    Superficie : 666 h. 00 a. 72 c., la majeure partie en terres labourables.

    Ci-devant : pays de Liège ; baillage de Hesbaye.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • source : kikirpa.be


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  • MOHA, commune du canton de Héron ; bornée au N. par Hucorgne, N.E. par Vinalmont, S.E. par Wanze, S. par Bas-Oha, O. par Couthuin.

    A 1/2 l. de Wanze, 3/4 de Vinalmont et Bas-Oha, et 1 N.O. de Huy.

    L'aspect du territoire est varié, sa surface en partie élevée et en partie basse, entrecoupée de collines. Le terrain est sablonneux, argileux, marécageux, rocailleux. La profondeur de la couche végétale varie de 15 à 35 centim. On trouve en cette localité du plomb sulfuré octaèdre, cubo-octaèdre et laminaire. La Méhaigne traverse la commune et la divise en deux sections. Il y a divers petits ruisseaux, qui ont leurs sources dans la commune, et dont le principal est celui de Fosseroul, qui prend naissance vers Héron. Tous ces ruisseaux se jettent dans la Méhaigne.

    Il y a 183 maisons et chaumières ; la plupart construites en pierres et quelques-unes en briques ; couvertes en chaume, sauf quelques-unes en ardoises. On y remarque les ruines de l'ancien château de Moha, situé sur un roc, à proximité du centre de la commune, vers le N. C'était autrefois la résidence d'un seigneur puissant et illustre, mais ce n'est aujourd'hui qu'un monceau de masures, qui n'ont rien de remarquable que leur situation. — 1 église, dédiée à St.-Sauveur, rebâtie en 1791.

    On y cultive le froment, le seigle, l'orge, etc. Fourrages, lègumes et fruits. Les espèces de bois qui dominent sont le chêne, le hêtre, le saule. — 20 chevaux, 100 bêtes à cornes. On y élève des abeilles. La Méhaigne nourrit des anguilles, brochets, écrevisses. — 1 tuilerie, plusieurs carrières de pierres à paver ; 2 moulins à farine, 2 à battre le chanvre, et 1 à huile, mus par eau ; 1 brasserie, dont la bierre est excellente. On y exploite de la terre houille. On y a exploité du plomb.

    Population : 1100 habitans.

    Superficie : 55O h. 80 a. 49 c.

    Moha était autrefois un baillage du pays de Liège (comté de Moha).

    Histoire : L'an 882, le duc de Lorraine vint assiéger le château de Moha, mais il fut repoussé par le comte de Moha, le comte de Huy et l'évêque de Liège. En 1209, Albert, dernier comte de Moha, dont les deux fils se tuèrent dans la campagne des Croix, où un tilleul fut planté, fit don de son aleu de Moha et de Waleffe à l'église de Liège, à condition qu'il en retiendrait pendant sa vie la jouissance libre et indépendante, et que s'il lui survenait des enfans, ils en auraient aussi la possession, mais à titre de fief, et à la charge d'en faire hommage à l'église de Liège. Gertrude, fille du comte, étant morte sans postérité, en 1225, l'évêque de Liège, Hugues de Pierrepont, occupa aussitôt les châteaux de Moha et de Waleffe, avec leurs dépendances. Cette acquisition fut cause que le duc de Brabant, qui avait des prétentions sur ces fiefs, surprit Liège, le jour de l'Ascension, et s'y empara de tous les trésors des églises. — Les évêques de Liège entretinrent dans la forteresse de Moha, pendant 150 ans, une garnison qui sut s'y maintenir pendant tout ce temps contre toutes les attaques du dehors. — Les Hutois s'emparèrent du château en 1376, et le rasèrent pour se délivrer d'une garnison dont le voisinage les incommodait, lorsqu'ils avaient quelques différends avec les évêques de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • ANGLEUR, commune du canton de Liège-Est ; bornée au N. par Liège et Grivegnée, E. par Chênée et Embourg, S. par Tilff, O. par Ougrée.

    A l/4 de l. de Grivegnée et Chênée, 1/2 d'Embourg, 1 d'Ougrée et Liège.

    Ce village, étant situé au confluent de la Meuse et l'Ourte, semble tirer son nom de l'angle sur lequel il est bâti. Les parties du territoire qui longent ces deux rivières, et sur lesquelles reposent presque toutes les habitations, figurent sur un plan tout-à-fait uni, et sont annuellement arrosées plusieurs fois par lesdites rivières dans les temps d'inondations. Les autres parties sont des montagnes élevées et d'une grande étendue, couvertes de bois. Le terrain est argileux et sablonneux en certaines localités ; marécageux et rocailleux dans les montagnes et les forêts. On y trouve la chaux carbonatée métastatique transp. , lamellaire ; la baryte sulfatée concretionnée fibreuse ; le quartz hyalin prismé ; le fer oxidé, hydraté ; le plomb carbonaté trihexaèdre, dodécaèdre , bacillaire , terreux ; le fer phosphaté terreux ; le zinc sulfuré octaèdre, et le manganèse oxidé métalloïde. — Outre l'Ourte qui cotoie la commune à sa droite, et la Meuse à sa gauche, il y a plusieurs ruisseaux ; savoir : 1e celui du Vieux-Moulin, qui prend sa source dans les montagnes qui dominent ce moulin, et se rend dans l'Ourte à Colonster ; 2e le Ris d'Sol Dée, qui prend naissance au-dessous de Sartilman, et descend la forêt pour se rendre dans le biez de décharge des usines de Colonster ; 3e le ruisseau du Fond de la Chavée, qui prend sa source dans ledit fond, et se rend partie dans le Biez des Aguesses, partie dans la Meuse ; 4e le ruisseau du Fond de Crasefosse, qui prend son origine dans les forets qui se trouvent au-dessus, arrose les étangs du jardin de Kinkempois, et se jette dans la Meuse au Rivage-en-Pot. Il y a une fontaine, appelée la Reine, dont les eaux sont très-estimées dans la commune. — Le plateau de la montagne, située à 600 mètres environ au N. du château de Colonster, a une élévation de 234 mètres 470 au-dessus de l'Océan.

    La commune comprend 205 habitations, reparties comme suit : 67 au chef-lieu ; 9 aux Grosses-Batte», à 1/8 de l. ; 19 aux Streupas, à 1/4 de l. ; 4 à Colonster, à 1 l. ; 14 à Sartilman, à 3/4 de l. ; 9 aux Huit-Saules, à 1/4 de l.; 62 au Rivage-en-Pot, à 1/4 de l. ; 13 aux Aguesses, à 1/6 de l. ; et 8 à Kinkempois , à 1/8 de l. La plupart sont construites en briques et couvertes eu paille ; quelques-unes construites en pierres et en bois et argile, et couvertes en ardoises et en tuiles. On y remarque les anciens châteaux de Colonster et de Kinkempois. — 1 église à Angleur, dédiée à St.-Remi. L'agriculture et l'exploitation des bois forment les principales branches d'industrie. Les récoltes consistent en seigle, froment, épeautre, orge, avoine. Le houblon y est cultivé en assez grande quantité. Fourrages abondant dans les parties basses. Légumes et fruits. Bois taillis d'essence mêlée de chênes, hêtres, charmes. La futaie est peu commune, et le chêne est l'espèce qui domine dans les forêts. — 24 chevaux, un assez grand nombre de vaches, 200 moutons. On y élève des abeilles, et le ruiss. du Vieux-Moulin nourrit des truites. — Il y a 1 carrière aux pierres brutes et à paver, 2 moulins à farine mus par eau, 2 martinets, 1 distillerie agricole. On y exploite du minerai de fer,et on y a exploité de la houille.

    Population : 925 habitans.

    Superficie : 1062 h. 33 a. 88 c. dont 274 h. 39 a. 53 c. en terres labourables, 141 h. 73 a. 35 c. en prés, pâtures et vergers, 60 h. 91 a. 13 c. en bois.

    Ci-devant : pays de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • VAAST (SAINT), commune du canton et à 1 lieue 3/4 S. de Rœulx de l'arrondissement et à 5 lieues 1/2 E. de Mons.

    Elle est bornée au N. par la commune de Bois-d'Haine à l'E. par celle de Haine-Saint-Paul, au S. par le territoire de Péronnes et à l'О par ceux de Trivières et Honding-Gœgnies.
    Cette commune se compose de son chef-lieu des hameaux de Haies-du-Rœux, les Bois, Beaume, Foud-Gaillard, Hocquet et de plusieurs autres fermes et maisons isolées.

    Hydrographie : Le chef-lieu est arrosé par la Haine ; le ruisseau de Tiriau coule de l'E. à l'O. et forme ensuite la limite avec Houdeng-Gœgnies ; il traverse les hameaux des Bois et de Hocquet. La Haine imprime le mouvement à quatre moulins et sert à l'irrigation des prés. Il y a un étang.

    Sol : Le terrain de cette commune présente plusieurs plateaux terminés en pentes abruptes sur divers points, principalement aux environs du chef-lieu ; il se rattache en grande partie au bassin houiller de l'Е. de Mons ; les exploitations désignées sous les noms de la Paix et de la Louvière fournissent au commerce une houille très-estimée et préférable à celle que l'on extrait des fosses de Sars-Longchamps qui se trouvent sur le même territoire. Le sol est très-varié à sa superficie ; la partie méridionale comprend les meilleures terres. Au N., on trouve un terrain froid, humide et peu productif. La couche végétale y atteint une profondeur qui varie de six à neuf pouces.

    Agriculture : On récolte toutes espèces de céréales, du trèfle, du foin, des pommes de terre, des plantes potagères et légumineuses. La culture du colza n'y est guère en usage. Il y a plusieurs houblonnières. Les prairies et les pâturages sont en assez grand nombre. On y trouve d'assez beaux vergers et deux petites parcelles de bois, de la contenance d'un bonnier environ ; elles offrent un taillis de coudriers et d'aunes, surmonté de quelques frênes et chênes sur futaie. Le terrain est exploité en grande, moyenne et petite tenue. — Seize fermes. On comptait, en 1830, cent soixante-six chevaux, quarante poulains, deux cent quatorze bêtes à cornes, cinquante veaux, quatre-vingts porcs, cinq cents moulons et trente ânes.

    Population : Mille neuf cent quatre-vingt-deux habitans.

    Habitations : Elles sont au nombre de deux cent soixante-dix-huit, parmi lesquelles on distingue plusieurs grandes fermes. Il y a une église et une école primaire.

    Commerce et Industrie : L'exploitation de la houille occupe la majeure partie de la classe ouvrière. Les houillères de la Paix et de la Louvière sont renommées pour la bonne qualité du combustible qu'on y exploite : elles offrent six fosses d'extraction, dont trois sont activées par des manèges, et les trois autres par des machines à vapeur. L'établissement de Sars-Long-Champs, se compose de six puits d'extraction : on exploite le combustible à l'aide de chevaux dans cinq bures ; le sixième est muni de mécaniques qui marchent par la vapeur. Deux pompes à feu sont employées à l'épuisement des eaux dans les houillères de la Paix et la Louvière ; on n'en compte qu'une à Sars-Long-Champs. L'exploitation de toutes ces houillères donne lieu à un commerce considérable. La commune renferme en outre deux fours à chaux, deux moulins à blé, dont un est mû par vent et moud de la drêche en même temps, un moulin à aiguiser, un moulin à tan, on pressoir à huile, un moulin à chicorée mû à bras, deux brasseries ; il y a aussi un coutelier, un fabricant de mécaniques, un potier en terre, un vitrier, un charron, quatre tonneliers, un fabricant de vinaigre et cinq maréchaux ferrans.

    Routes et Chemins : La commune est traversée par la roule de Soignies à Marimont ; la route de Nivelle à Binche forme la limite avec Péronnes. Il existe en outre cinq chemins vicinaux pour communiquer avec les environs. Il y a un pont dans le village sur la Haine et deux autres sur le Tiriau, au harneau de Hocquet.

    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


    Sous la poussée vigoureuse des nombreuses industries qui s 'y sont développées en très peu de temps, La Louvière s'est rapidement élevée dans la voie du progrès... On assiste alors à un phénomène curieux: La Louvière, toujours hameau de Saint-Vaast, est devenue de plus en plus florissante et a dépassé en importance et en activités le village dont elle dépendait. Elle était même l'objet d'intérêts municipaux plus importants que ceux prêtés à Saint-Vaast. Le morcellement est donc devenu nécessaire. Le 27 février 1869, une loi spéciale décrétant l'érection de La Louvière comme commune distincte a été votée et sanctionnée par arrêté royal du 10 avril 1869.

    Alors qu'au début du XIXe siècle, La Louvière n'était pas même un hameau mais un simple et obscur « lieu-dit », elle prenait rang, un demi-siècle plus tard, parmi les communes les plus importantes du pays.

    source : Wikipedia


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  •     Après la mort de la Mère le Conseil d'administration belge fait enlever des temples les photos du fondateur du Culte et de son épouse. De même l'inscription "L'Enseignement du Père c'est l'Enseignement du Christ, révélé à cette époque par la Foi", qui avait été écrites sur inspiration de la Mère. 
        Cette décision constitue aux yeux d’un bon nombre d’adeptes une profanation. Un temple dissident (le Frère Hanoul fonda le temple d'Angleur pour exposer les portraits des fondateurs (Régis Dericquebourg, les Antoinistes, p.33)) s'établit trois ans plus tard à Angleur (Liège). Son succès est immédiat. Il disparaît néanmoins quelques années après pour des raisons qui nous sont restées inconnues.
        Dans les années 1975 une salle de lecture de « rite français » s'ouvrira dans la même localité, mais l'expérience ne durera pas.

    Jacques Cécius, Une religion de guérison : l'Antoinisme.

     

        Le frère Émile Hanoul décède en 1949.


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  •     Dans ses dernières volontés, Antoine avait désigné sa femme pour le remplacer ; celle-ci est morte le 4 novembre 1940, agée de nonante ans (erreur de Pierre Debouxhtay, elle s'est désincarnée en fait le 3 novembre). Son successeur, le représentant du Père, est le chef de la religion antoiniste, il en a la direction religieuse et morale ; la gestion des affaires matérielles est confiée à un conseil d'administration. Le frère Nihoul a été choisi comme Représentant du Père ad intérim. Après la guerre, lorsque les communications seront pus faciles, les adeptes éliront, à la simple majorité, le chef du culte.
        Après la mort de la Mère Antoine, j'ai été étonné de voir enlever les images du Père et de la Mère dans les temples en Belgique où il ne reste plus que l'emblème, l'arbre de la science de la vue du mal. Si je suis bien renseigné, les temples français, moins iconophobes, ont maintenu les portraits des fondateurs. Dans mon livre (p.294), j'écrivais que la mort de la Mère pourrait être pour l'antoinisme une épreuve plus dangereuse que la désincarnation du fondateur lui-même. Ces prévisions se réaliseraient-elles ? Verrons-nous un iconoclasme antoinisme ?

    Dissidence du Frère Hanoul à Angleur en 1943


        Ces pages ont été écrites au début de 1943. Jemeppe ayant modifié les règlements pour les temples et pour les desservants, le différend s'aggrava : Le 1er avril 1943, un groupe dissident, se proclamant fidèle à la véritable tradition antoiniste, ouvrait un temple à Angleur, rue de Tilff, 84. Dans ce temple, qui contient cent et dix places assises et où le portrait du Père Antoine surmonte la tribune, les offices sont célébrés en semaine et le dimanche, jour où la salle est d'ordinaire comble. Alors que tous les temples, sauf celui de Jemeppe, sont fermés le 25 juin, le temple d'Angleur est resté ouvert et on y a célébré la fête du Père.
    Pierre Debouxhtay, L'Antoinisme, 1945, p.5 et p.27

        Le Moniteur belge signale qu'Émile Hanoul à Angleur comme désigné pour recevoir la Croix de prisonnier politique 1940-1945.

        Le frère Émile Hanoul décède en 1949. Il ne reste plus de traces actuellement de ce temple.


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  • Dissidence à Angleur par le Fr. Hanoul (Journal des tribunaux 27 avril 1947)

    Dissidence à Angleur par le Fr. Hanoul (Journal des tribunaux 27 avril 1947)

    Liège (1re ch.), 9 janvier 1947.

    Siég. : M. Cloos, vice-prés.
    Min. publ. : M. VAN DEN BOSSCHE.
    Plaid.: MM PENNINCK, GRAULICH et Théo COLLIGNON.

    (Culte Antoiniste c. Hanoul.)

        LIBERTE DES CULTES. - Droit constitutionnel absolu. — Inopérance de l'approbation donnée à des statuts d'un établissement public. Liberté de l'inscription qualifiant un culte religieux. - Absence de droit privatif.

        L'ordre judiciaire de fermer un temple prétendu dissident et le dessaisissement de son desservant serait contraire å l'article 14 de la Constitution qui garantit de la façon la plus large la liberté des cultes.
        L'approbation gouvernementale des statuts d'un culte constitué en établissement d'utilité publique conformément à la loi du 27 juin 1921 ne saurait garantir l'orthodoxie des idées défendues par le dit établissement, ni lui accorder le monopole exclusif de son culte.
        La dénomination statutaire d'un établissement d'utilité publique doit être suffisamment spécifique pour faire l'objet d'un droit privatif. La liberté des cultes appelle le droit à la libre qualification des cultes.
                Dans le droit :
        Vu le jugement du 11 juillet 1946 ;
        Attendu que l'action est recevable telle qu'elle est intentée ;
        Attendu que le défendeur Hanoul est un disciple de la première heure de Louis Joseph Antoine, mieux connu sous le nom de « Père Antoine » comme fondateur de la secte religieuse dite « Antoinisme » ;
        Attendu qu'après la désincarnation du Père Antoine qui se situe le 25 juin 1912, Hanoul fut désigné en qualité de desservant du temple antoiniste du quai des Ardennes à Liège ;
        Qu'en mars 1943, à la suite d'un différend au sujet d'une question de liturgie, Hanoul fut démis de ses fonctions de desservant ; que les demandeurs obtinrent en justice son expulsion du temple du quai des Ardennes et des locaux adjacents affectés à son habitation ;
        Attendu que le défendeur ne voulant pas s'incliner devant les mesures dont il était l'objet, s'installa rue de Tilf, n° 84 à Angleur où il ouvrit un temple et y mit en pratique ce qu'il prétend être la doctrine du père Antoine dans toute sa pureté, primitive ; que sur la porte de ce temple, il apposa un écriteau avec cette mention « Culte Antoiniste » ;
        Attendu que conformément à la loi du 27 juin 1921 la veuve du « père Antoine » créa sous le nom de culte Antoiniste un établissement d'utilité publique dont les statuts furent fixés suivant acte avenu devant Maître Lapierre, notaire à Jemeppe sur Meuse et approuvés par A. R. du 3 octobre 1922 ;
        Attendu que le dit établissement par l'organe de son conseil d'administration fait citer Hanoul aux fins qu'il lui soit interdit d'utiliser la dénomination « Culte Antoiniste » ; qu'il soit condamné à fermer son temple de la rue de Tilf à Angleur et qu'il lui soit fait défense de se présenter et d'agir en qualité de desservant d'un temple antoiniste ;
        Attendu que parmi les avantages précieux que leur apporte la constitution, les belges trouvent la garantie de diverses libertés dont celle des cultes leur est assurée par l'article 14 ;
        Attendu que faire droit à la demande de fermeture du temple et d'interdiction d'agir comme desservant du culte antoiniste serait aller à l'encontre du but de cette disposition et sortir du cadre juridique de la compétence des tribunaux ;
        Attendu que l'article 2 des statuts approuvés par l'A. R. du 3 octobre 1922, répond au prescrit de l'article 30 1° de la loi du 27 juin 1921 en indiquant les objets en vue desquels l'institution a été créée, à savoir la propagation de la religion antoiniste et l'administration des biens temporels présents et à venir de l'établissement ;
        Attendu que l'approbation des statuts d'un établissement d'utilité publique par le gouvernement n'a eu, ni pour but, ni pour effet de violer la Constitution ; qu'elle n'entend ni garantir l'orthodoxie des idées défendues par les dirigeants de cette institution, ni assurer à ceux-ci l'exclusivité de la pratique de la religion antoiniste ;
        Que les articles 40 et 41 de la loi du 27 juin 1921 donnent au Ministère public un droit de surveillance sur la façon dont les administrateurs réalisent l'objet pour lequel l'établissement a été créé ; mais c'est en vue de veiller à ce que les biens de l'institution soient réellement affectés à cette destination et non à ce que la doctrine soit respectée par les adhérents ou par les étrangers ;
        Que rien n'empêche donc le défendeur de pratiquer la religion antoiniste suivant la formule qu'il estime la meilleure, soit parce qu'il la croit conforme à la doctrine intégrale du fondateur, soit qu'il veuille la modifier quitte à l'établissement demandeur à mettre ses adeptes en garde contre le danger que présenterait l'enseignement du défendeur dissident ; qu'il y a lieu d'ailleurs de remarquer que l'établissement d'utilité publique « Culte Antoiniste » n'a pas été créé par le « Père Antoine », mais après sa mort ;
        Attendu quant à l'inscription « Culte Antoiniste » apposée sur la porte du temple d'Angleur, que la dénomination adoptée dans les statuts de l'institution demanderesse n'a rien de spécifique et que rien ne permet de déceler si c'est cette dénomination comme telle qui figure sur cette porte ou simplement les mots : « Culte Antoiniste » qui existent avant la fondation demanderesse et sont en quelque sorte l'équivalent de religion antoiniste ; que dans ces conditions la dite mention ne pourrait faire l'objet d'un droit privatif ;
        Qu'on ne pourrait d'ailleurs voir une intention malveillante ou déloyale dans le choix de cette mention puisque le défendeur aurait tout intérêt à choisir une autre appellation que celle adoptée par les tenants d'une secte qu'il réprouve ;

                Par ces motifs :

                Le Tribunal, Statuant contradictoirement, rejetant toutes autres conclusions plus amples ou contraires ;
        Ouï en son avis conforme donné en langue française, M. Van Den Bossche, Juge suppléant, ff. de Ministère public ;
        Dit l'action recevable, mais non fondée, en déboute l'établissement demandeur et le condamne aux dépens.

        OBSERVATIONS. — Le jugement rapporté a donné au tribunal l'occasion de mettre en lumière un aspect nouveau de la liberté des cultes. La logique de notre droit constitutionnel postule le droit à l'hérésie, le croit au schisme. La séparation de l'Etat et des Cultes, l'indifférence juridique de la cité moderne aux convictions philosophiques et confessionnelles se traduisent dans l'article 14 de notre loi fondamentale, qui affirme le droit de chacun d'avoir, de pratiquer et de manifester telles opinions religieuses qu'il voudra, sous la seule réserve de la répression des atteintes à l'ordre social érigées en infractions par la loi.
        Ce principe s'oppose à ce que l'Etat prête la sanction du Bras Séculier pour faire échec à une dissidence qui se serait déclarée au sein d'un culte. Il est certain qu'en ordonnant à la satisfaction du culte demandeur la fermeture du temple dissident d'Angleur, et en dessaisissant son desservant, le tribunal aurait méconnu le principe constitutionnel de la libre interprétation des dogmes et des disciplines religieux.
        Le jugement rappelle la portée de l'approbation gouvernementale des statuts d'un culte érigé en établissement d'utilité publique. Quand les statuts mentionnent parmi les buts institutionnels la propagation du culte, leur ratification ne saurait emporter à l'établissement approuvé l'attribution d'un monopole dogmatique ou disciplinaire : la constitution s'y oppose.
        D'autre part, la surveillance des établissements d'utilité publique n'a été organisée par les articles 40 et 41 de la loi du 27 juin 1921 que pour sauvegarder le principe de la spécialité de la personne morale : le Ministère public est chargé de contrôler la conformité de l'affectation des biens de la fondation à son objet institutionnel. L'interprétation fidèle des doctrines religieuses échappe constitutionnellement à l'appréciation de l'Etat.
        Le tribunal a également refusé de reconnaître à l'établissement demandeur un droit privatif sur la dénominations culte antoiniste qu'il s'est donnée statutairement. Le jugement ne met pas en doute le principe que la personne morale a un nom et qu'elle peut le défendre contre les usurpations de tiers (Michoud, Théorie de la personnalité morale, 1932, t. II, p. 96). S'il permet au dissident d'utiliser l'appellation « culte antoiniste », c'est que sa généralité empêche de déceler si c'est la dénomination institutionnelle de l'établissement demandeur que le dissident a reprise ou bien l'expression courante, équivalent à « religion antoiniste » et employée par le public pour désigner le fait social de l'Antoinisme.
        Il semble que le tribunal ait ainsi dégagé la condition nécessaire de l'appropriation privative d'une dénomination sociale par l'être juridique qui l'adopte, à savoir son caractère spécifique. Le nom est le signe de la personne, son attribut distinctif ; il individualise à l'égard des tiers l'être physique ou moral qu'il signale. Pour avoir cette vertu discriminatoire et participer de la personnalité de son sujet, la dénomination doit revêtir un caractère spécifique.
        (Sur les litiges relatifs au droit à la dénomination sociale des personnes morales, créées en conformité de la loi du 27 juin 1921, on consultera avec intérêt l'arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles du 15 avril 1931 confirmant le jugement du IO juin 1930, reproduit dans la Revue Pratique des Sociétés, 1931, pp. 258 et s., avec une note d'observation de M. Goedseels.)
        A vrai dire, le tribunal aurait pu trouver dans la liberté des cultes elle-même un fondement suffisant à ce dernier débouté. En condamnant Hanoul à effacer de la porte de son temple l'inscription « culte Antoiniste », sous le prétexte du droit privatif de la fondation demanderesse sur sa dénomination, le tribunal aurait implicitement contesté la liberté de qualification d'un culte religieux, qui est un nouvel aspect de la liberté des cultes.

                                               P. Van Coppenolle.


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