• Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis - Le Temple

        Puis il se leva et se dirigea vers une porte qui donnait dans la salle. Il appela Peretz.
        - Regardez, fit-il en ouvrant les deux battants d’un geste ample.
        Peretz découvrit avec ébahissement que la salle ressemblait désormais à une sorte de temple avec des murs peints en vert clair, la couleur de la vie, un défi à une région qui étouffait sous la poussière noire comme le visage d’une veuve dissimulé sous un voile.
        - Il y avait, jadis, un arbre qui portait deux sortes de fruits.
        - L’arbre de la vie et de la mort, fit Peretz, celui de l’amour et celui de la haine, celui de la lumière et celui des ténèbres, du visible et de l’invisible et cet arbre existait avant Adam…     C’était un arbre de division, où le bien luttait sans merci contre le mal et comme la lutte apporte souvent la destruction et que la
    destruction entraîne la mort, la vie ne trouva refuge que dans l’amour vrai. Lorsqu’Adam mangea du fruit de l’arbre, un terrible combat s’engagea au plus profond de lui-même et lui coûta la vie…
        - Aussi, l’arbre sera notre principal emblème, s’exclama Antoine dont la voix résonnait en écho dans la salle.
        Peretz promena un regard admiratif autour de lui, attentif au moindre détail.
        Le plafond vitré et ces hautes fenêtres ogivales transformaient la salle en un véritable puits de lumière.
        Les deux versants de la toiture consistaient en de larges lanterneaux style art nouveau et quand la lune était à son plein comme aujourd’hui, elle projetait des ombres insolites sur le sol.
        - Quelle étrange atmosphère pensa-t-il en regardant les galeries à l’étage. Cette salle pouvait contenir jusqu’à quinze cent personnes...
        - Et là, demanda Peretz en désignant une porte.
        - Le cabinet de consultation. Tout le monde y est reçu gratuitement.
        - Et tous ces bancs, soupira Peretz en effleurant le bois fraîchement peint. Cela a dû vous coûter une fortune…
        - Oui, et c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne possède plus rien, mais désormais jamais plus personne ne restera sans réconfort.

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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