• Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis - Les Vignerons du Seigneur

        Grâce à cette énergie sublime qui s’était éveillée en lui et aux merveilleux accomplissements qui l’attendaient, Antoine décida d’aménager un local supplémentaire. Tout le monde s’y était mis et quand tout fut en place, un petit comité fixa une date d’inauguration. On décida que le 25 décembre à 15 heures, le jour présumé de la naissance du Christ convenait parfaitement...
        C’était une salle très bien éclairée et assez sobrement décorée de portraits et de gravures pieuses. Quelques bancs disposés au fond pouvaient accueillir de nombreuses personnes venues assister aux séances. Beaucoup venaient ainsi puiser chaque dimanche les forces nécessaires ou recevoir les bons conseils des guides spirituels. Le phénomène se développa avec une telle ampleur qu’Antoine décida d’imprimer des fascicules résumant en de brefs comptes rendus les différents messages reçus. Ces petits catéchismes serviront à instruire les enfants.
        - Il nous faut un nom et un emblème, pour nous distinguer des autres, reprit un membre. Toute société aussi petite soit-elle doit avoir un nom. Pourquoi ne pas l’appeler les Véritables Chrétiens ? Après tout, nous respectons l’enseignement de Jésus.
        - Restons humbles, mes amis, avait objecté Antoine. N’oublions pas que nous sommes des ouvriers, des artisans, et que nous nous adressons à nos semblables en phrases simples afin d’être compris de tous.
        - D’accord, mais ceci ne répond toujours pas à notre question.
        - Saviez-vous que jadis, les rives de la Meuse étaient couvertes de vignes et ici, à Jemeppe, on en cultivait sur plusieurs hectares. Or, les prolégomènes placés en tête du Livre des Esprits d’Allan Kardec disent : « Tu placeras en tête du livre le cep de vigne parce qu’il est l’emblème du travail du Créateur… ». Je vous propose d’appeler notre nouveau cercle : Les Vignerons du Seigneur, conclut Antoine.
        C’est ainsi que s’érigea la nouvelle petite société sous l’emblème de deux branches de vigne croisées et d’une inscription brodée en fil d’argent sur un drapeau de velours noir : « Nous sommes les ouvriers de la dernière heure ».

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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