•     Pour les juifs (on appela un temps les synagogues des temples israélites), comme pour les protestants, le temple n'est pas un lieu sacré. Il ne prend une dimension sacrée qu'à partir du moment où 10 juifs (le minyan) ou une assemblée de fidèles y sont réunis pour prier.

        Mais "Le culte ayant toutefois un caractère communautaire et public, ils [les protestants] tenaient pour requis que pour ce faire il y ait des temples assignés." C'est pour cela également que les antoinistes ont besoins d'un temple.

        De plus, les premiers temples étaient parfois construit avec la chaire au centre, comme on peut encore voir des synagogues traditionaliste avec la bima au centre : ceci pour permettre de mettre le texte au centre de l'assemblée. On peut s'étonner que ce ne fut pas le cas également dans l'antoinisme. Cependant, on pris souvent le temple de Jemeppe comme exemple à suivre, et à Jemeppe, le texte c'était Louis Antoine qui le remettait à l'assemblée de sa tribune, qui date de l'époque où on lisait aussi des textes d'Allan Kardec. De plus, dans l'Antoinisme, le texte de la Révélation, doit aussi participé à trouver le Dieu en soi, ainsi il n'y a pas plus de raison d'être au centre, puisque le centre de la spiritualité antoiniste est au sein de l'homme.

    source : Donner sens aux formes des lieux cultuels


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  •  Image : intérieur l'église protestante Saint-George d'Hattigen (Rhénanie du Nord-Westphalie)

        L'intérieur d'une église protestante est souvent très dépouillée, et il n'y a que la chaire qui reçoivent un décorum, ceci pour mettre en avant le texte de la Bible qu'on veut mettre à porter de tous lors du rassemblement. On est ici proche de la cérémonie de la Lecture dans l'antoinisme.

        Ensuite, les protestants firent disparaître les images et statues (hormis dans le culte luthérien), encore une fois pour centrer la pratique sur le texte. On est proche ici de la conception de la vision du temple à Jemeppe et les temples antoinistes sans image.

        Pendant les périodes de rejet du protestantisme de la part de l'Etat (de 1685, date de la Révocation, à 1787, date de l'Edit de Tolérance), on verra alors des rassemblement dans les granges ou des bâtiments privés. On pense ici au salle de lecture, dont la nature est différence, puisque celle-ci sont les prémices d'un nouveau temple.

        Encore un mot sur le terme de "temple". Les protestants ont préférés ce terme, pour plusieurs raisons : le mot temple a pour sens "Maison de Dieu", église ne prend ce sens dans la langue française qu'en 1050, à l'origine il a pour sens en grec et en latin "Assemblé de croyants". C'est ce sens qu'il a pour les protestants. Le mot temple fait aussi référence au Temple de Jérusalem et "à la signification qui lui est donnée dans le Nouveau Testament où la construction matérielle passe du sens propre au sens symbolique. Voir les épîtres de Paul : Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu .... (I Cor. III,16), Nous sommes le temple du Dieu vivant (II Cor. VI,16) et encore Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit (I Cor. VI,19)". C'est comme cela que nous pouvons également comprendre le mot temple dans l'antoinisme.

    source : http://temples.free.fr/architecture.htm

        Dans un temple protestant, on trouve la chaire, lieu de la prédication, que l'on peut comparer à la grande tribune, lieu de l'Opération. Puis la Table de la communion ou l'autel selon le rite, portant la Bible ouverte (Sola-Scriptura et Tota Scriptura (l'Écriture seule et toute l'Écriture)), que l'on comparera à la petite tribune, portant l'Enseignement (L'enseignement est tout). Puis il y a la croix, symbole de la souffrance, de la mort et de la résurection du Christ, que l'on comparera à l'Arbre de la Science dela Vue du Mal, symbolisant l'imperfection, donc la souffrance de chaque homme.
        Par contre, on ne trouvera pas de baptistère dans un temple antoiniste, l'entrée dans la communauté n'étant pas un acte essentiel dans cette spiritualité.


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  • Image : intérieur de la synagogue de Dortmund, mur est, au-dessus de l'arche sainte (d'autres images sur le site http://synagogo.blogg.org/)

        On le voit ici, il y a des similitudes entre l'intérieur d'une synagogue et d'un temple antoiniste. Voyons juqu'à quel point.

        Dans l'article du glossaire, je comparai l'Auréole de la conscience à la profession de foi juive, le shéma Israël, dont voici le texte :
    Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN.
    Béni soit à jamais le nom de Son règne glorieux.
    Tu aimeras l'Éternel ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens
    Que les commandements que je te prescris aujourd'hui soient gravés dans ton cœur
    tu les inculqueras à tes enfants, tu en parleras (constamment),
    dans ta maison ou en voyage, en te couchant et en te levant.
    Attache les en signe sur ta main,
    et porte les comme un fronteau entre tes yeux
    Écris-les sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.

         La différence se situe au niveau de la conception du Dieu : un Dieu extérieur et supérieur dans le judaïsme, alors qu'il sera intérieur à l'homme dans l'antoinisme.
        De plus, dans la synagogue, le texte prendra une valeur esthétique qui ne doit pas avoir dans le temple antoiniste.
        Mais hormis, ce côté esthétique que l'on donnera au texte dans la synagogue ("en caractère carrés, dorées, en relief parfois, elles deviennent un élément décoratifs primordial", Dominique Jarrassé, Une histoire des synagogues française, entre Occident et Orient, chap.15 : Représentation et iconographie biblique, Inscriptions), quelles sont les similitudes au niveau du sens.

        Le Shéma donc, mais aussi les dix commandements sont fréquents comme décorum édifiant des synagogues. Au-dessus de l'arche sainte (aron ha-kodesh), on trouvera deux règles : "Sache devant qui tu te trouves" (Talmud, Berachot 28b) et "Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur" (Psaumes 16:8). On trouvera aussi le tétragramme, le nom imprononçable de Dieu. On est donc loin ici, de ce qu'on trouve dans le temple antoiniste, mais cela tient toujours du fait de la conception différente de la divinité : extérieure et supérieure  vs. intérieur. Il y aura d'autres citations avec le temple de Jérusalem ou la Maison de Dieu.
        Mais aussi, "tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:8). Avec une fréquence grandissante après la Première Guerre mondiale. On est là proche du message de l'Auréole.

         Ensuite, un courant de l'antoinisme a retiré les images du fondateur et de son épouse, à la fois pour retrouver l'intérieur du Temple comme du temps du Père, mais aussi en se basant sur le Développement de l'oeuvre révélée : "Pour nous élever vers Dieu, nous ne devrions plus revendiquer aucun des révélateurs mais plutôt pratiquer leur révélations qui ne soit qu'une. [...] Au lieu de les glorifier et de proclamer leur nom (La Foi comparé à la Croyance). Et l'on sait que le judaïsme n'admet que difficilement des images de Dieu (on n'a quelques rares exemples contraires dans des synagogues réformées des Etats-Unis). Ainsi pour des raisons différentes, on arrive au même résultat.


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  •     Le Centre du culte antoiniste est l'Enseignement. On pourrait penser alors que les temples auraient adopté un plan carré, avec la tribune au centre, comme c'est le cas pour les synagogues.

         Cependant, il n'en est rien. Si pour les synagogues c'est le Temple de Salomon qui fut une référence pour trouver un style propre à l'architecture des synagogues, ce fut le Temple de Jemeppe qui fut la référence pour les autres temples. Or le Temple de Jemeppe servit d'abord à des séances spirites, puis à l'énoncé de l'Enseignement devant un public. Au début de l'antoinisme, c'était la personne de Louis Antoine qui était au centre, et pas encore son Enseignement. De plus, l'influence de l'architecture chrétienne est sensible, plus protestante que catholique d'ailleurs, par l'épure qui se retrouve à la fois dans les temples protestants et encore plus dans les temples antoinistes.

         Par ailleurs, la similitude avec les synagogues est ailleurs : les Juifs voulaient un monument, à l'époque de l'Emancipation, qui puisse rivaliser de beauté et de grandeur avec les Eglises et Temples, mais sans pour autant leur ressembler dans leur forme. Ainsi, le style romano-byzantin fut prédominant. Puis, les Juifs orthodoxes, voulant marquer leur éloignement du Consistoire, choisirent de s'élever une synagogue de style Art-Nouveau, la synagogue de la rue Pavée, dont l'architecte est Hector Guimard, le maître du style végétale.

         Les Temples antoinistes ont été édifiés à la même époque. Et pour marquer la différence avec le catholicisme, c'est aussi l'Art-Nouveau qui fut choisi à Jemeppe, de façon discrète, mais marqué quand même. De plus, ce style permettait l'utilisation des nouvelles matières comme le béton et le fer pour les piliers des tribunes, plus économes. Mais aussi proche des ouvriers qui se retrouvaient au Temple pour entendre l'enseignement.

        La voix était tracée : les autres temples, dans leur majorité et encore actuellement s'édifient dans un style Art-Nouveau puis Art-Déco (vois Bordeaux), en brique ou en béton, avec un pignon triangulaire pour marquer la fonction de l'édifice.

        Par contre, un fait étonnant est parfois la place du Temple dans le tissu urbain : il est souvent sur un coin, au croisement de plusieurs rues. Fait étonnant pour une religion très minoritaire, quand on sait qu'en France, même aucune synagogue ne put avoir se privilège. Ce fait s'explique par le quartier choisi pour édifier le temple antoiniste : le quartier ouvrier. Or celui-ci est souvent loin du centre de la ville. De plus, on se souvient que le Temple original est aussi au coin des rue Rousseaux et des Tomballes.

        Ainsi le temple put s'édifier au centre des habitations de la population la plus touchée par l'Enseignement : la population ouvrière.


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  •    salle de lecture de Meaux

    Salle de lecture de Meaux

    En France, c'est ce qui précédera l'installation d'un Temple. Un desservant en est chargé, ainsi les lectures de l'Enseignement du Père y sont fait le samedi, jour de fermeture des Temples.

        C'est en général une simple maison, mais l'Auréole de la Conscience est écrite sur un mur, cependant, ce ne sont pas des flèches, mais des traits, qui sépare le titre "L'AUREOLE DE LA CONSCIENCE" du texte proprement dit, car le fluide n'est pas présent de la même manière dans ces dernières. Parfois, c'est un tableau qui tient lieu d'inscription sur le mut du fond (comme on le voit sur une carte postale présentant l'intérieur de la salle de lecture de Villeneuve-sur-Lot, maintenant fermée).

    Salle de lecture de Villeneuve-sur-Lot

    intérieur de la salle de lecture de Villeneuve-sur-Lot


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