• Louis-Joseph Antoine

    Mons-Crotteux 7/06/1846, Jemeppe-sur-Meuse 25/06/1912

    Comme nombre d’enfants wallons de sa génération, Louis Joseph Antoine se retrouve à travailler à la mine dès l’âge de 12 ans. Ouvrier métallurgiste (1860), il se marie en 1873, part s’installer en Allemagne, puis à Varsovie avant de rentrer définitivement à Liège (1884), fortune faite. À Jemeppe-sur-Meuse, la famille Antoine fait bâtir une vingtaine de maisons ouvrières qui sont mises sur le marché de la location. C’est à cette époque que L-J. Antoine est attiré par le spiritisme. À la mort de son fils (1893), il contribue à la fondation de la Société Spirite des Vignerons du Seigneur qui édite deux ouvrages : le Petit catéchisme spirite et Le Devoir, et ouvre un local (25 décembre 1900). Convaincu d’avoir une mission de guérisseur, Louis Antoine reçoit des dizaines de malades par jour avec lesquels il pratique le magnétisme et la prière. Ses conseils en matière de médications font l’objet d’un procès pour pratique illégale de la médecine (1901). « Son activité de thérapeute, sa doctrine, vague syncrétisme, fait d’aspirations morales et mystiques, l’accent qu’il met sur la solidarité et la tolérance, lui attirent de nombreux adeptes d’origine populaire ». Délaissant la doctrine spirite, Antoine fonde le Nouveau Spiritualisme (1906) qui lui vaut un nouveau procès (fondé sur la même cause) mais qui débouche sur un non-lieu : Antoine est parvenu à convaincre qu’il soigne l’âme et non le corps. Retiré pendant six mois pour rédiger la première version du Couronnement de l’Œuvre Révélée (1906), il se consacre essentiellement à son pouvoir de guérisseur. Phénomène wallon, l’Antoinisme se poursuit après la mort du Père Antoine. Certains auteurs avancent le chiffre de 100.000 adeptes dans l’Entre-deux-Guerres, alors qu’existent 27 temples à travers le pays wallon. Le premier d’entre eux avait été construit en 1905, à Jemeppe, à l’emplacement de la salle de réunion des Vignerons du Seigneur. En 1936, le professeur Robert Vivier publie Délivrez-nous du mal (1936) où il témoigne d’une fervente sympathie pour le charismatique Louis Antoine, ancien ouvrier devenu le fondateur des Antoinistes.

    LAVACHERY H., Biographie nationale, 1969-1970, t. 34, col. 5-14
    La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. IV
    VIVIER Robert, Délivrez-nous du mal, 1936
    SEIWERATH Richard, Le culte antoiniste entre les deux guerres, ULg, mémoire en histoire, 2004

    Paul Delforge, octobre 2011

    http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/dictionnaire/antoine-louis-joseph#.VPdDAC5wa-c


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  •     La paraphrénie est un état délirant faisant partie des psychoses chroniques non dissociatives et est une condition nettement distincte de la psychose hallucinatoire chronique et de la paranoïa de par la coexistence d'une intense activité délirante limitée à certains domaines de la vie intellectuelle, et une vie par ailleurs normale dans d'autres domaines. Ainsi, le paraphrène agit et pense comme si le délire n'avait pas envahi tous les domaines de sa vie psychique : il existe une bonne adaptation au réel.
        La maladie débute habituellement autour de 40 ans, parfois brutalement, mais le plus souvent insidieusement. Il n'existe pas de trouble de la personnalité prémorbide caractéristique.
        L'article en anglais précise, sans plus de précision, que les cas les plus fréquents seraient enregistrés en Espagne et en Allemagne.
        La paraphrénie fantastique se démarque par la riche production d'idées étranges, décousues, mobiles, extraordinaires. Des idées mégalomaniaques apparaissent. La thématique est particulièrement floride, riche en idées démesurées de grandeurs, de mondes merveilleux, de science-fiction. Malgré le fait que ce délire est entièrement illogique, le comportement est presque normal. Lorsqu'on pose à ces malades des questions éloignées de ses délires, leurs réponses sont claires et logiques.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paraphrénie

        Voyons si les différentes étapes de l'avancée de la maladie peut coïncider avec les événements de la vie de Louis Antoine :
    • une première période dite d’incubation et d’inquiétude quand apparaissent méfiance, interprétation, signification personnelle attribuée aux faits et hallucination de l’ouïe (donc vers 40 ans, dans les années 1880, Louis Antoine est inquiet et ne trouve pas de solution à ses questions, alors qu'il a une famille et un travail valorisé) ;
    • une deuxième période, dite de persécution et de systématisation, caractérisée par des hallucinations, illusions auditives, écho de la pensée, stéréotypie du délire et apparition de néologismes (Louis Antoine est condamné pour coups sur la personne de Denis Collon le 10 octobre 1885).
    • une troisième période dite de grandeur, quand justement les idées de grandeur apparaissent soit par déduction logique ou hallucination, soit spontanément. On note alors une atténuation du délire de persécution tandis que la mégalomanie
    s’accroît (Louis Antoine découvre le spiritisme, veut devenir médium, puis prophète).
    • une quatrième période, dite de démence, quand l’activité intellectuelle s’affaiblit notablement, que le malade devient indifférent alors que son discours, incohérent, est semé de néologismes. Cette quatrième période ne constitue pourtant pas la règle et paraît être fortement corrélée avec la vie asilaire de l’époque (Louis Antoine ne connaîtra pas cette période, n'étant pas interné, cependant on peut corréler ces symptômes, notamment le discours incohérent, semé de néologismes, avec l'apparition de la Révélation, qu'on juge parfois de décousue et vague. La glossolalie est un bon exemple en tout cas de ces symptômes).
    source : F.Hulak - Les paraphrenies (psychologie-m-fouchey.psyblogs.net)

        Ainsi Louis Antoine aurait pu souffrir de paraphrénie fantastique. Pour l'abbé Hubert Bourguet, cela ne fait aucun doute : « une maladie d'estomac [...] a pu avoir certains retentissements fâcheux sur la vie du cerveau » (p.5). Cet auteur conclut dans Antoine de Jemeppe et l'Antoinisme :
        « Les pages qu'il a laissées contiennent un charabia extravagant, à la fois si soutenu et si fortement condensé qu'elles ne laissent aucun doute sur le trouble des facultés mentales de leur auteur. Une conviction douce et sereine les anime. On la retrouve dans toute la vie d'Antoine. C'est elle qui l'a isolé du monde des choses sensibles qui se pèsent et se mesurent et qui l'a muré dans un monde imaginaire, un monde de fictions avec lesquelles il aimait converser. Avec un sérieux imperturbable, il traitait les choses tangibles de vaines apparences, et il prenait le monde fictif qu'il se forgeait pour la réalité même : c'est un signe non équivoque de dérangement cérébral. La maladie opiniâtre d'estomac dont il souffrit toute sa vie, avait affaibli l'organisme et atteint lentement mais profondément le cerveau.
        « La folie chez Antoine n'eut jamais de transports redoutables ; jamais non plus, elle ne fut complète et, en tout cas, elle ne l'empêcha pas d'être un habile homme et un madré directeur d'entreprises. Il multipliait les déclarations de désintéressement et, en même temps, il parvenait à accumuler des ressources qui lui permirent de donner une organisation matérielle assez forte à son oeuvre et d'en assurer le maintien et le développement pour un avenir qui ne sera pas long, mais qui est de l'avenir tout de même. — Il prodiguait les conseils les plus recommandables sur la sincérité et en même temps laissait soigneusement croire qu'il possédait une puissance extraordinaire de guérir toutes les maladies alors qu'il n'en était rien ... il laissait écrire qu'il continuait les enseignements du Christ quand il les contredisait et qu'il ne pensait pas établir une religion nouvelle au moment même où il l'organisait. — Enfin, Antoine vantait l'humilité et l'oubli de soi et, un instant après, il félicitait ses admirateurs des louanges qu'ils lui décernaient, il acceptait tous leurs éloges, toutes leurs vénérations et tous leurs encensements. Il attirait l'attention de la foule et ses sympathies, se laissait décerner des honneurs divins. Cela fait bien un peu penser au père du mensonge, au démon de l'orgueil et cela rappelle la parole du blasphème qu'il proféra contre Dieu, le jour de sa révolte : « Je serai semblable au Très-Haut ». » (p.48).
        Signalons qu'Hubert Bourguet ne dit pas s'il a fréquenté des Antoinistes, au contraire de Pierre Debouxhtay, qui est plus circonspect dans sa conclusion sur l'Antoinisme en 1945 :
        « Mais l'exactitude minutieuse à reconstituer la physionomie des personnages contribue parfois à faire de ceux-ci des énigmes. Plus on fouille les replis et les recoins de leur vie, plus leur figure morale s'enveloppe de brumes, d'incertitudes ; bref, plus on sait, moins on connaît ! Qu'y faire ? Ne vaut-il pas mieux tenir compte de la complexité des âmes et conserver le mystère ?» (p.30).

        Mais alors comme le dit Yvonne Castellan (p.105) : « Si tout est supercherie, nous avons vu de fort grands esprits s'y être laissé prendre », dont Arthur Conan Doyle, Victor Hugo et même Léon Hippolyte Rivail, dit Allan Kardec. La question est donc : est-ce que tous les spirites auraient souffert de paraphrénie ? Cela est-il probable ? Je ne crois pas. Sans nier qu'« il ne faut pas oublier en effet que la faculté médianimique va de pair avec un certain état hystérique » (p.97-98), comme le démontre bien Théodore Flournoy, celui-ci rappelle toujours que cela peut très bien être à l'insu du sujet lui-même, qui restera de bonne foi. Le plupart des spirites avaient plutôt des tendances à vouloir croire. Celà est également bien étudié par Jean-Yves Roy dans Le Syndrome Du Berger - Essai Sur Les Dogmatismes Contemporains. Mais de là à conclure, comme le fait Yvonne Castellan que (p.117-118) : « Le métier de spectateur n'est pas non plus sans risque. Les débiles mentaux adhèrent au spiritisme par crédulité puérile et risquent le délire à caractère démonopathique. Les déséquilibrés, souvent intelligents, mais instables de volonté et faibles de jugement, risquent l'exaltation et le délire d'imagination. Les schizoïdes enfin, dissociés de la vie pratique et repliés sur eux-mêmes, trouvent dans l'occulte l'aliment de leur vie solitaire. En somme, le pratique du spiritisme flatte les prédispositions aux troubles mentaux. Et le Dr Marcel Viollet de décrire excellemment la composition psychiatrique du salon spirite : les débiles, accablés par l'existence, qui s'abandonnent au spiritisme comme à la consolation suprême, sans frein, sans discernement, croyant tout, prêts à toutes les obsessions. Les paranoïaques, susceptibles, orgueilleux, odieux dans la vie sociale, sont attirés comme par un spectacle « dans les salons sombres où les Esprits s'évoquent et où l'on garde, avec l'incognito, intacts son orgueil intimé et sa susceptibilité à laquelle les Esprits n'insultent pas. » Les scrupuleux, les tristes, les timides « viennent dans l'obscurité, silencieux, tranquilles seulement si on ne les regarde pas » : la mélancolie les guette. Les névropathiques enfin, eclins à des crises larvées d'hystérie, de somnambulisme spontané ou aisément provocable, volontiers simulateurs, se sentent au milieu des séances un centre possible d'intérêt. Ils peuvent devenir « sujets », auxiliaires du médium ou médiums eux-mêmes. Quantité de femmes s'agitent ainsi, actives importantes, militantes, brouillant toutes les idées. » Yvonne Castellan ne remet guère dans son contexte historique cette citation, qui date d'un livre édité en 1908, on y lit surtout cette propension du médecin, ayant tout compris, à vouloir tout classer, sûr de lui et de ses jugements, condescendant et misogyne. Les médecins souffraient beaucoup aussi à l'époque du 'vouloir croire' que tout était psychologique.
        L'auteure du Spiritisme continue pourtant (p.119) : « Le spiritisme à ses débuts semble avoir payé un très lourd tribut aux asiles d'aliénés. En 1855, à Zurich, sur deux cents aliénés, un quart étaient spirites. A Gand, on en comptait quatre-vingt-quinze sur deux cent cinquante. Ces chiffres correspondent à l'époque frénétique de sa grande propagation. De nos jours, les aliénés spirites viennent bien après les aliénés alcooliques et syphilitiques, en concours avec les délirants mystiques et démonopathiques de caractère religieux. » Cela ne viendrait-il pas aussi de l'intérêt grandissant à l'époque pour les maladies mentales ? Je le pense. A la lire, tous les spirites étaient des malades mentaux. Mais la théorie actuelle de Manfred Lütz, dans "Irre! - Wir behandeln die Falschen: Unser Problem sind die Normalen" (Erreur ! - Nous soignons les mauvais sujets. Notre problème sont les normaux) est qu'il faut tous nous considérer comme des anormaux. Et le problème est la terreur de la normalité.
        En tous cas, cette présentation des faits contredit ce qu'on peut lire dans la nosographie des paraphrénies : « C’est à propos de ce cas exceptionnel, qui aboutit à une construction délirante achevée, autour d’une érotomanie divine, que Freud [Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa (Dementia paranoides (1911)] forge l’hypothèse du délire comme tentative de guérison, quand « le paranoïaque rebâtit l’univers, non pas à la vérité plus splendide, mais du moins tel qu’il puisse de nouveau y vivre », et qu’il « le rebâtit au moyen de son travail délirant. Ce que nous prenons pour une production morbide, la formation du délire, est en réalité une tentative de guérison, une reconstruction. Le succès, après la catastrophe, est plus ou moins grand, il n’est jamais total ; pour parler comme Schreber, l'univers a subi “une profonde modification interne”» ».
    source : F.Hulak - Les paraphrenies (psychologie-m-fouchey.psyblogs.net)
        Rappelons que Régis Dericquebourg signale dans Les Antoinistes (p.39) : « Cette version de la chute qui met en jeu la matière, le regard de l'autre, le symbole phallique, la jouissance féminine et la promesse de savoir inaugurant les oppositions bien-mal, vérité-erreur pourrait être proposée à la réflexion du psychanalyste. » On peut donc penser que le spiritisme à plutôt sauver ces gens de la folie, même si cela n'a pas réussi pour tous.

       Concernant l'origine du spiritisme, on peut y voir un conflit entre, d'une part,  la science souveraine de la fin du XIXe-début XXe siècle, qui devait amener l'homme à tout savoir, à tout comprendre, associé à une déchristianisation fulgurante lors de la Révolution industrielle (pensons au Positivisme d'Auguste Comte, instaurant la science comme nouvelle religion), et d'autre part, cette volonté de croire, donc le besoin pour l'homme d'une pensée qui le rassure. Devant l'échec de la science, incapable de tout expliquer, reste la pseudo-science (et ses prolongements religieux dont l'ufologie et les sciences occultes sont les plus grandes pourvoyeuses), peut-être moins objective et rationnelle, mais plus réconfortante.

        Cela n'enlève donc rien à la portée de la Révélation : un rapport entre la folie et le prophétisme est encore à établir. En tout cas, si tous les spirites ne sont pas devenue fous, il y a certainement des fous qui sont devenus prophètes de leur cause : Abraham, Moïse, Jérémie, Isaïe, Jésus, Mahomet, Edward Irving, Auguste Comte, Phineas Quimby, H.P.Blavastky, Louis Antoine, Mary Baker Eddy, Joseph Smith, Donato Manduzio, Johannes Greber, Ludwik Lejzer Zamenhof (Doktoro Esperanto), Huỳnh Phú Sổ, Joseph Weissenberg, Jean Jaurès, Morris Lichtenstein, Jules Berthelin, Ron Hubbard, Claude Vorilhon...


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  • EN 1901 DEJA,ANTOINE LE GUERISSEUR

    LALLEMAND,ALAIN

    Jeudi 10 février 1994

    En 1901 déjà, «Antoine le guérisseur»...

    On ne peut manquer de rapprocher les déboires de René Thewissen de ceux d'un certain Louis-Joseph Antoine, né à Mons-Crotteux en juin 1846 et décédé en juin 1912 à Jemeppe: surnommé «Antoine le guérisseur», il donna naissance au culte antoiniste, encore considéré de nos jours comme étant d'«utilité publique» - héritage de l'initiative du ministre de la Justice de l'époque!

    René Thewissen n'a évidemment aucune dimension «religieuse», mais le «père Antoine» n'en avait pas plus lorsqu'il s'installa comme guérisseur dans les dernières années du XIXe siècle, fortune faite dans les pays de l'Est.

    Et le parallèle entre Thewissen version 1994 et le père Antoine, label 1900, est surprenant: lui aussi acceptait les «dons» des patients, via une cagnotte aménagée dans ce cas dans sa salle d'attente. Lui aussi guérissait par imposition des mains. Lui aussi guérissait non plus individuellement mais en masse, «à distance», tant on se pressait à sa porte. Lui aussi croyait à la réincarnation. Lui aussi devait connaître, sur plainte déposée au Parquet de la Cité ardente, les affres du palais de Justice de Liège. Il y sera condamné en 1901 - il avait 55 ans - à 60 F d'amende assortis d'un sursis de deux années: Je me livre journellement à la guérison des malades, dira-t-il au juge. Quand le patient a foi en moi, je ne me trompe jamais. Je répète que je crois fermement que je ne me trompe jamais sur la cause du mal, affirme-t-il encore. En 1907, alors qu'il a abandonné le spiritisme pour l'«antoinisme», un second procès le verra triompher cette fois.

    Signalons, si cela peut rassurer M. Thewissen, que, malgré ces péripéties, il se trouvait encore, en 1910, 160.000 Belges pour signer et déposer au Parlement une pétition réclamant la reconnaissance du culte et que, lors des funérailles du Père, les rues de Jemeppe-sur-Meuse étaient noires de monde. Les tracasseries judiciaires peuvent avoir de ces effets insoupçonnés...

    La carrière d'Antoine se terminera pourtant mal: il affirmait qu'il se réincarnerait trois jours après sa mort... Rien ne se produisit, ce qui valut à la fête anniversaire de son décès le nom de «fête de la désincarnation»: visiblement, le Créateur n'était pas un adepte de l'Antoine...

    A. L.

    source : http://archives.lesoir.be/en-1901-deja-antoine-le-guerisseur_t-19940210-Z07U6N.html

        Le journaliste est également l'auteur de Les sectes en Belgique et au Luxembourg (1994), il est le porte-drapeau des anti-sectes dans la presse. On en reconnaît ici bien le ton... et les erreurs.
        Ainsi citons Pierre Debouxhtay à propos de la résurrection de Louis Antoine trois jours après sa mort :
        " On raconte qu'après la mort du Père ses adeptes s'attendirent à sa résurrection pour le troisième jour, et que voyant qu'il ne revenait pas à la vie, ils lui piquèrent les pieds avec des épingles, allèrent même jusqu'à les lui brûler ! Faut-il voir une allusion à cette espérance dans ce passage de LA GAZETTE DE LIEGE (1-7-1912) : « Le Père n'est plus. Il est bien mort et enterré. C'est en vain que, le veillant avec un soin jaloux, ses acolytes et son conseil d'administration attendirent qu'il se réincarnât. » Que certains adeptes aient nourri cet espoir, c'est possible ; mais il me paraît difficile d'admettre que les chefs du culte l'aient partagé. S'ils avaient espéré cette résurrection, auraient-ils annoncé l'enterrement dès le 25 ? Le bruit de la résurrection d'Antoine le 3e jour puis le jour anniversaire de sa mort a couru à Jemeppe, répandu très probablement par des farceurs. Quant au traitement énergique par le fer et le feu, il semble tout à fait légendaire. M. le Dr A. Delville, qui était bourgmestre en 1912, m'a dit qu'il n'avait pas dû intervenir pour faire enterrer Antoine, il a seulement dû refuser aux antoinistes la permission d'organiser un cortège à travers toute la commune. " (Pierre Debouxhtay, p.198, note 13).

        Régis Dericquebourg le suit en disant succinctement : "On a dit que certains adeptes du 'Père' croyaient qu'il ressusciterait dans les trois jours. Il s'agit probablement d'un rumeur propagée par des gens hostiles à l'antoinisme". (p.22). Par contre, le chercheur revient plus en longueur sur un hypothétique retour du Père (p.52-56), en précisant tout de même qu'il "a existé une attente d'un second retour de Louis Antoine certes marginale dans l'antoinisme, mais néanmoins présente ainsi qu'une identification de celui-ci au Christ comme prophète du salut ultime. [...] Une telle attente a pu germer dans l'esprit de quelques adeptes antoinistes. Nous ignorons si elle existe encore. Tous les adeptes n'ont pas attendu le retour du 'Père'. Mais elle a pu correspondre à une sensibilité de l'antoinisme."

        On le voit : d'une anecdote concernant certaines croyances (le Père n'a jamais lui-même prédit quoi que ce soit), ce "journaliste" fait une vérité. C'est ce qu'on appelle en droit de la diffamation.


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  •     Dans le rapport des années 1899-1900 de la Société Mutualiste Le Devoir, fondée le 6 septembre 1896, et établie Rue du Progrès, 55 à Jemeppe-sur-Meuse, on retrouve plusieurs personnes de la ville qui vécurent en même temps que Louis Antoine :
    - G. Pastor, rentier, rédidant à Jemeppe, est membre d'honneur.
    - Eustache Bougnet, bourgmestre, résidant à Jemeppe, est membre protecteur, il porte l'écharpe mayorale de 1882, après Albert de la Saulx (un F.Kraft de la Saulx, ingénieur en chef à la Société Anonyme John Cockerill est également membre d'honneur) et Arnold de Lexy, et jusqu'en 1912, avant Antonin Delville.
    - Antonin Delville, docteur, résidant à Jemeppe, est membre honoraire.
    - Desart A., avocat, résidant à Jemeppe est membre honoraire. Est-il de la famille avec Marie Desart ?
    - Dor, Nicolas, négociant, résidant à Jemeppe, rue du Pont, est membre honoraire. Il tient un magasin où Louis Antoine achètera une paire de souliers pour 7 francs 50.
    - Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe qui imprimera divers livres, revues, brochures ou cartes postales concernant l'antoinisme.
    - Nizet O., pharmacien, Nizet V., industriel et Nizet S., brasseur sont membres honoraires.
    - Antoine J.-J. et Ernest, habitants Grâce sont membres effectifs. Un frère de Louis Antoine s'appelait Jean-Joseph, né à Flémalle-Grande le 15 octobe 1827. Il travailla comme son père à la mine.
    - Dessart Hubert, habitant Hollogne est membre effectif. Est-il le mari de Marie Scouleur, sans profession, demeurant à Jemeppe que l'on voit apparaître dans la liste des membres du conseil du Culte Antoiniste de 1922 ?
    - Dor Jean, habitant Jemeppe est membre effectif. Est-il de la famille du neveu de Louis Antoine, Pierre Dor ? Un parent de Nicolas Dor ? Les deux ?
    - Gaye Arthur, habitant Jemeppe est membre effectif. Un Gaye, de Tilleur recevra Louis Antoine pour quelques séances spirites chez lui en 1884-86.
    - Goffin Fernand de Grâce-Berleur et Goffin Jean, Sclessin, sont membres effectifs. Soeur Goffin sera la première desservante du temple de Caudry dans le Nord de la France (près de Cambrai). Sont-ils de la même famille ?
    - Jeanfils Joseph habitant Grâce-Berleur et Jeanfils Walthère, habitant Cahottes sont membres effectifs. Sont-ils parentés avec Martin Jeanfils, le guérisseur qui fut en procès avec Louis Antoine en 1907 et que le Père appela à son lit avant sa désincarnation ?
    - Léopold Monet, habitant Jemeppe est-il le Léopold-Joseph Monet, 61 ans, tourneur, habitant rue Alfred Smeets, 18 à Jemeppe, et membre du conseil d'administration du culte antoiniste en 1934 ?
    - Joseph Nihoul, habitant Jemeppe est membre effectif comme ce Léopold Monet. Est-il le même Joseph Nihoul, trésorier, 70 ans, sans profession, habitant rue Alfred Smeets, 2, à Jemeppe (c'était l'adresse du temple) et qui deviendra Représentant du Père en 1940 à la désincarnation de Mère ?
    source : Société Mutualiste Le Devoir, Jemeppe-sur-Meuse, rapport des années 1899-1900 (kbr.be)

        Rappelons également qu'en 1896, les VIGNERONS du SEIGNEUR dont Louis ANTOINE était le président fit paraître deux ouvrages:
    - Le PETIT CATÉCHISME SPIRITE "pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme". Ce petit ouvrage eut un certain succès dans les milieux spirites de l'époque, il y en eu même une édition espagnole (Belgique : Impr. Donnay frères et soeurs, rue de la Casquette, 17, Liège, 1896, 1 vol. (40 p.) ; 17,5 cm).
    - LE DEVOIR ,composé d'extraits du Recueil de Prières Spirites et de l'Évangile selon le Spiritisme, deux ouvrages d'Alan Kardec (Belgique : Impr. à vapeur, Jos. Massillon, 1900 à 1904, 1 vol. (46 p.) ; 17 cm).
         La société spirite se réunissaient en séances publiques, le dimanche matin à 10 h, soit chez M. ANTOINE, soit chez M. Pierre DEBROUX, menuisier à Mons-Crotteux.
    source : http://culteantoiniste.com/historique.htm


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