• Illustration : Tombe de de Lexhy (vieux cimetière de Jemeppe, rue Aripette)

        Il devient mineur à 12 ans, en 1858. Il travaille certainement au charbonnage de la Concorde (ou des Makets) au Bois-de-Mont, ou de Baldaz à Flémalle-Grande (Robert Vivier, p.20). Louis fut d'abord un "gamin", qui aidait son père et son frère Eloi, emmenant les pierres du déblai, apportant les bois d'étayage, puis un "hiercheur" poussant la benne pleine et ramenant en sifflant la benne vide (Robert Vivier, p.29).

        En 1860, Louis Antoine est employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill à 14 ans. "Tout change. Les fils de sont pas les pères. Et si même son frère Eloi allait à la mine, ainsi que son parrain Louis Thiry, est-ce que Jean-Joseph y allait, lui ? Louis n'était pas pire que Jean-Joseph" (Robert Vivier, p.32). Il sortira au grade machiniste.

        Il fait son service militaire à 19 ans, en 1866.

        Il travaille un temps au chantier de cordage de M. Arnold de Lexhy. Les de Lexhy sont une famille riche de Liège et Jemeppe où les tantes de Lexhy possèdent le château Courtejoie. Un Lambert de Lexhy est maire de Jemeppe de 1802 à 1808, puis un Arnold de Lexhy de 1867 à 1882 (Marcel Peters, p.8). La rue de Jemeppe où se trouve ce château Courtejoie (près de la rue de la Station) porte le nom rue A. de Lexhy. C'est durant cette période que Rolland A E Collignon fait intervenir la mort d'un ami, socialo-anarchiste, que Louis Antoine ne pourra sauver car son patron , M. Pasteur, où travaille également Catherine comme "boniche", ne voudra pas appeler de docteur.

        Il est appelé sous les drapeaux pendant la guerre franco-allemande de 1870 (nous reviendrons sur cette période dans un autre billet). C'est durant cet appel qu'il tue par accident un camarade.

        En 1871, un ouvrier, Jean Leplat, lui parle d'usines qui manque d'ouvriers en Prusse, une fabrique de Cockerill les embauche dans le "pays de fer et de feu" (Robert Vivier, p.97). "- Vous travaillez ? - A l’usine Cockerill, s’empressa de répondre Catherine. - Aux presses, corrigea-t-il. - On y gagne bien sa vie, admit la mère. - Moins bien qu’à l’étranger, Madame. - Alors, vous allez partir ?" (Roland A E Collignon). A son retour au bout de 19 mois, il "hantait" toujours Catherine Collon, qui tombe enceinte. Ils se marient donc le 15 avril 1873. Louis Antoine est alors marteleur.

        Repart comme ouvrier métallurgique à l'usine Cockerill, il habite avec Catherine à Meiderich-Hamborn, 6, Vorwinkelstrasse. Leur fils naît le 23 septembre septembre 1873, la même année de leur arrivée.

        En 1876, ils rentrent et louent une maison à  Jemeppe, en haut de la rue Bois-de-Mont. "Il y a un petit terrain autour de leur maisonnette. Ils y plantèrent des légumes" (p.114). Louis Antoine retrouve une place de machiniste au charbonnage des Kessales à Jemeppe (il existe toujours l'entrée des Kessales, c'est la division du froid de Cockerill, vers Flémalle. Elle cessa toutes activités en 1966). Puis il vend des légumes de son jardin sur une charrette à travers "les rues et les corons" (Robert Vivier, p.121).

        En 1879, ils repartent comme ouvrier de Monsieur Pastor, de l'usine Cockerill de Seraing. Celui-ci l'envoie en Pologne russe, comme chef-marteleur, à Praga (près de Varsovie), où Catherine tiendra une pension pour ouvriers étrangers. Roland A E Collignon fait appeler le premier patron d'Antoine Monsieur Pasteur. Celui-ci l'aurait déjà embauché dès son premier emploi à Cockerill en 1860. Rolland A E Collignon raconte : Le vieux Martin avait observé Antoine pendant qu’il leur parlait de l’Allemagne et de la Pologne. Ses mains calleuses, durcies, meurtries, déformées par le travail trahissaient des journées exténuantes dans les immenses hangars. Il devina aussi les difficultés de trouver un logement sitôt arrivés, et les fumées sales qui asphyxiaient les ouvriers. On n’en sortait pas in-demne. Le vieux savait qu’on ne distribuait pas de bons salaires aux ouvriers sans raison… Non seulement, ils risquaient leur vie, mais ils y laissaient la santé à coup sûr. [...] - Il fallait voir Catherine s’activer dans l’estaminet, reprit gaiement Antoine, il y avait parmi les hôtes un grand gaillard qui s’appelait Dimitri, une espèce de cosaque… il nous aimait bien et parlait sans cesse des choses de la religion. Il disait à qui voulait l’entendre que nous sommes tous une parcelle de Dieu mais tant qu’ils n’en prendraient pas conscience, ils ne seraient jamais libres… Il disait aussi que c’était faire offense à Dieu de ne pas respecter ses commandements et qu’il fallait avoir beaucoup souffert pour consoler… Il parlait aux gens simples afin de les instruire de ces choses sublimes auxquelles il croyait tant, il tentait de les éveiller et cela provoqua des manifestations puis des émeutes et le sang coula… Un soir, des soldats firent irruption et l’emmenèrent de force. Le lendemain, des corps gelés pendaient au bout d’une corde sur la place publique. On les voyait osciller faiblement. Dimitri. Je n’oublierai jamais son visage si doux, livide, et son cou distendu… Avec lui disparaissait cette parcelle de Dieu dont il parlait si souvent. Le dernier cathare venait de rendre son dernier soupir…

        En 1884, achète une maison et en fait construire une vingtaine, en bas de la rue Bois-de-Mont, où sera édifié le temple, il est portier et encaisseur à la fabrique d'Arnold de Lexhy, les tôleries liégeoises (ce sont les premières installations des laminoirs à tôles en fer qui deviendront ensuite la Société des Laminoirs à tôles et fonderies liégeoises, transférée de Jemeppe, près de la station, à Jupille vers 1896 (Debouxhtay, p.50). Catherine Antoine y travaillera aussi comme concierge (Robert Vivier, p.178 et 194). Il rencontre son fils sur le retour à la maison, à la fin du travail. Il lui arrive de se rendre à La Neuville, sur le plateau du Condroz. Il doit donc traverser les prairies des Biens-Communaux, là où se trouve maintenant le temple de Seraing, et le bois de la Neuville, où se trouve la source du Père Antoine (et d'autres sources)(Robert Vivier, p.186). Il restera encaisseur jusqu'en 1900, année où il décidera de se vouer exclusivement au spiritisme (Debouxhtay, p.50). Il s'occupe aussi un temps d'assurance, il représente l'Union de Paris, mais les source ne disent pas quand exactement (Marcel Peters, p.124 & Debouxhtay, p.43). Roland A E Collignon lui fait voir le maire, nommé Debleyer dans le roman, pour son dispensaire qui ne verra pas le jour. Or d'après la liste constituée par Marcel Peters, il n'y eut pas de maire de ce nom à Jemeppe (p.8).


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  • Sans doute toute spiritualité s'organise-t-elle en fonction du vécu personnel. Louis Antoine, lourdement confronté à l'épreuve, souhaite soulager celles qu'il croise sur sa route; Et c'est bien ce qui qu'il fait, avec une grande générosité. Sa doctrine découle de ses expériences. Conjurer la souffrance en dissociant la matière et l'esprit, c'est aussi, mutatis mutandis, la démarche de Platon pour supporter l'insoutenable désillusion de la condamnation à mort de Socrate. Et c'est bien sûr hautement discutable. Nous avons demandé à Jacques Cecius de nous présenter l'Antoinisme et, dans la foulée, le Dorisme. La Rédaction

    Une religion née en Wallonie
    Louis Antoine, fondateur d'une religion présente en Belgique, en France, au Brésil, En République démocratique du Congo et d'autres régions encore, est né non loin du bassin industriel liégeois, à Mons-Crotteux, en 1846. Il était catholique.

    L'épreuve
    Lors de la mobilisation en 1870, à l'occasion de la guerre franco-prussienne, il tua accidentellement un de ses camarades de troupe. Il se posa alors la question que tant d'autres se sont posée : pourquoi cette épreuve ? Épreuve pour le copain, épreuve pour les parents de celui-ci, épreuve pour lui-même. Démobilisé il s'en va travailler en Allemagne. Il se marie quelque temps après avec Catherine Collon. De cette union naîtra un fils, lui aussi prénommé Louis. Ensuite le ménage part pour la Pologne russe. Antoine travaille comme métallo, Catherine tient une cantine. Lorsqu'ils rentrent au pays, les Antoine sont en possession d'une somme assez rondelette. Ils font construire plusieurs "maisons ouvrières" qu'ils louent.

    Antoine se convertit au spiritisme au sein de l'église catholique. Leur garçon, alors qu'il a vingt ans, fait une chute et meurt quelques mois plus tard. "Pourquoi cette épreuve ?" se demandent les deux époux. C'est la rupture avec le catholicisme. Ils finissent par retrouver courage dans la foi kardeciste - spiritisme latin codifié par Allan Kardec (pseudonyme de Léon Rivail). Antoine crée alors une société spirite officielle "Les Vignerons du Seigneur". Au sein de celle-ci il devient le médium-guérisseur. Il est condamné pour exercice illégal de la médecine. Il abandonne alors les prescriptions de tisanes mais continue à magnétiser les malades. En 1906, il annonce qu'il abandonne le spiritisme et qu'il va enseigner le "Nouveau Spiritualisme". Chaque dimanche, il donne ses enseignements dans une grande salle qu'il a fiat construire de ses deniers.

    Les principaux points de sa doctrine :
    -       1. Dieu n'existe qu'en nous.
    -       2. La matière est une illusion.
    -       3. Notre véritable moi se développe au fur et à mesure des épreuves subies.
    -       4. Le mal n'existe pas : si je fais souffrir mon prochain, c'est qu'il s'est attiré cette épreuve en ayant fait, lui-même, souffrir un autre. Un peu de son "côté matériel" va s'éliminer au profit de son "côté spirituel". Et moi-même je m'attire une épreuve… et je progresse à mon tour. Par la destruction de notre "moi matériel" nous finissons par rompre la chaîne des renaissances.
    -       5. Nous devons agir suivant notre conscience.
    -       6. Il faut aimer ses ennemis car ils sont la cause des épreuves purificatrices.
    -       7. Toutes les croyances sont bonnes, l'athéisme aussi. Il nous faut d'ailleurs passer ces phases (de l'athéisme à l'antoinisme, via d'autres religions au cours des incarnations) pour arriver, un jour, naturellement, à la doctrine révélée du Père.
    -       8.Le prosélytisme est interdit.

    Combien sont-ils ?
    L'antoinisme est actuellement en déclin en Belgique. Il progresserait lentement en France, rapidement au Brésil et au Congo. Il n'est pas possible de déterminer exactement le nombre des adeptes. Selon les auteurs, on évalue le nombre des antoinismes entre 10.000 et 150.000. Cette dernière estimation me paraît nettement exagérée.

    Le culte
    En Belgique, le Culte a "réformé" la liturgie qu'avait la Mère Antoine. Elle est réduite à sa plus simple expression : le desservant du temple préside, les quatre premiers jours de la semaine à 10h, l'«Opération générale du Père», suivie d'une brève lecture tirée de son enseignement. Le soir a lieu une lecture suivie d'un court moment de recueillement pour les âmes souffrantes. Le dimanche, à 10h aussi, l'«Opération» est suivie d'une lecture plus longue.

    En France et ailleurs les adeptes observent toujours la liturgie "primitive" : un(e) adepte revêtu de la "robe révélée" (soutanelle pour les hommes, habit ressemblant à celui des ursulines pour les femmes) annonce que le Père va opérer ; trois coups de sonnette; le desservant monte à la grande tribune et se recueille durant trois ou quatre minutes; un(e) autre adepte en robe se trouve à la petite tribune. L'«Opération» terminée, il/elle fait la lecture. Après quoi retentissent à nouveau trois coups de sonnette et les deux officiant(e)s se retirent. Les malades peuvent alors être reçus individuellement. En Belgique, la lecture a été supprimée après l'«Opération», laquelle n'a pas lieu le dimanche qui est réservé à la lecture seulement.

    L'emblème est un arbre en métal dont les ramures aux branches symétriques portent la mention "Culte Antoiniste". Le tout est superposé à un écusson portant "l'Arbre de la Science de la Vue du Mal", cette vue qui occasionne le "piétinement spirituel" des hommes.

    Aux dires de vieux liégeois, les guérisons obtenues à la "foi du Père" furent nombreuses.

    L'Auréole de la conscience :

    Un seul remède peu guérir l'humanité : la foi.
    C'est de la foi que naît l'amour;
    l'amour qui nous montre, dans nos ennemis, Dieu lui-même
    car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis
    qui nous rend digne de Le servir.
    C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer
    parce qu'il est pur et de vérité.

    Jacques Cecius, Spa, le 12 avril 2003 complété le 2 juillet 2007

    source : http://prolib.net/pierre_bailleux/libresens/208.014.antoinisme.htm


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  • LA VIE DU PERE ANTOINE
    La vie de dévouement du PERE ANTOINE, ce mineur belge qui pendant plus de 22 ans, s'est consacré à l'humanité souffrante, guérissant par la FOI les malades, consolant les affligés, prodiguant à des milliers de malheureux le soulagement et la force morale nécessaire à leur âme, mérite d'être connue.


    Né en BELGIQUE, en 1846, cadet d'une famille de 11 enfants, il débute dans la mine à 12 ans, accompagnant son père et un frère également mineurs.


    A 14 ans, il éprouve déjà un grand plaisir à prier, non pas comme on le fait ordinairement à cet âge: il aime se recueillir profondément, à élever son coeur vers DIEU. Que de fois, ne quitta-t-il pas furtivement son travail, s'isolant dans quelque coin pour mieux faire sa prière!


    A 24 ans, pour améliorer sa situation, il part à l'étranger, en ALLEMAGNE, puis en RUSSIE. Marié, il économise, avec sa femme, une petite fortune, qui lui permet de vivre sans travailler.


    Il comprit qu'il se devait à ses semblables. C'est alors qu'il ressentit la FOI qui, malgré une maladie d'estomac dont il est affligé, lui inspira le devoir de se dévouer toujours davantage envers ceux qui souffrent moralement et physiquement. Sa longue expérience lui fit reconnaître que: LES PLAIES DU CORPS NE SONT QUE LA CONSEQUENCE DES PLAIES DE L'ÂME. C'est donc à l'âme qu'il applique le remède.


    Le souvenir de l'amour qu'il donna inlassablement à ses malades (il en reçut jusqu'à 1200 par jour depuis 5 Heures du matin jusqu'à 15 Heures, sans discontinuer) du mot juste qu'il savait dire pour couper une peine pendant les courts instants qu'il consacrait individuellement à chacun de ses consultants, des guérisons spectaculaires qu'il opéra par sa prière, sont toujours gravés dans la mémoire collective à JEMEPPE et dans les environs!


    De 1906 à 1909, le dimanche, de 10 Heures à midi, le PERE ANTOINE reçut et transmit la REVELATION qui fut précieusement recueillies par les adeptes.


    Son pouvoir, qui s'était agrandi, lui permit d'opérer sur un plus grand nombre de personnes, aussi bien qu'auparavant sur une seule à la fois. Il reçut les fidèles tous réunis dans le TEMPLE les quatre premiers jours de la semaine à 14 Heures.


    Le CULTE ANTOINISTE a été sanctifié le 15 août 1910. Cette date est aussi celle de la consécration du premier TEMPLE du CULTE ANTOINISTE, celui de JEMEPPE-SUR-MEUSE.


    Le PERE ANTOINE s'est désincarné le 25 juin 1912. Il avait 66 ans et était entouré de la vénération et de l'amour d'une foule innombrable d'adeptes venus de BELGIQUE et de l'étranger, spécialement de FRANCE.

    source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/


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  •     Nous ne sommes divisés que dans l'imperfection et au fur et à mesure que nous la surmontons, nous rentrerons insensiblement dans la même individualité, individualité consciente d'Adam devenue l'unité de l'ensemble.

    Couronnement de l'OEuvre Révélée, Nous n'acquérons la vérité que par notre erreur, p.LVII


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