•    J’ai fait la demande d‘une copie couleur de la page du registre des naissances et baptême pour le fils de Père et Mère, né le 28 septembre 1873 à Hamborn-Meiderich (ville maintenant rattachée à Duisbourg).

        J’ai reçu donc ceci :

    Acte de naissance et de décès du Louis Martin Joseph Antoine, le fils

        Accompagné du courriel suivant des archives de Rhénanie du Nord-Westphalie pour la région du Rhin :

    Landesarchiv Nordrhein-Westfalen
    Abteilung Rheinland
    Schifferstraße 30
    47059 Duisburg
    www.lav.nrw.de

    Beurkundung der Geburt bzw. Taufe Louis Martin Joseph Antoine 23.09.1873 in Meiderich (Duisburg) ~ 28.09.1873 in der katholischen Gemeinde Hamborn (Duisburg), St. Johann.

    Abschrift des Amtsgerichtes Duisburg unter PA 1204 AG 026/03, S. 648, Eintrag 327

     

        À l’ouverture du document, il m’est apparu que le document serait écrit en vieille écriture allemande, ce que je croyais être du Suetterlin (Sütterlin), mais étant encore plus ancienne, la Kurrentschrift, et donc voici deux exemples :

    Acte de naissance et de décès du Louis Martin Joseph Antoine, le fils

      Acte de naissance et de décès du Louis Martin Joseph Antoine, le fils

    Deutschland (Allemagne en allemand en écriture Kurrent et en écriture Suetterlin)

       J’ai donc fait appel à une association de découverte, cours et entraînement à la vieille écriture manuscrite allemande complétement tombée en désuétude (abandonné en 1941, mais apprise en plus de la latine jusque dans les années 80) et que plus aucun Allemand n’est capable de lire : https://suetterlinstube.de/kontakt.php

    Sehr geehrte Damen und Herren,

    Ich habe diese Beurkundung bekommen und kann mehrere Wörter nicht entziffern, komm auch dazu, dass ich kein deutscher Muttersprachler bin ! Es scheint mir in Kurrentschrift zu sein.
    Ich bin sicher, dass Sie mir helfen können.
    Auf diese Stelle, ich entschuldige mich für meinen Grammatikfehler,

    mit freundlicher Grüße,

     

        La réponse de l’association a été :

    Sütterlinstube Hamburg e.V.    Auftrag Nr. 357
    Reekamp 49 – 51
    22415 Hamburg
    E-Mail: suetterlinstube@schriftuebertragung.de

    Übertragung eines Geburtseintrags

    Ihr Text wurde übertragen von B.Balkow und B.Sommerschuh,
    ehrenamtlich Tätigen der Sütterlinstube Hamburg e.V.

    Die Bearbeitung Ihres Auftrages erforderte ½ Stunde.

    Hamburg, 02.11.2020

        Voici la ligne concernant le fils de Père et Mère :

    Acte de naissance et de décès du Louis Martin Joseph Antoine, le fils

     

        Voici la transcription de la ligne concernant le fils de Père et Mère :

    Laufende
    No

    Tag der
    Geburt
    u. Taufe

    Namen
    des
    Kindes

    Namen und
    Stand der
    Eltern
    1873

    Wohnort
    und
    Haus=
    No 

    Pathen

    327

    23 Septbr

    28      "

    Louis Mar=
    tin Joseph

    Louis Antonie, Fbbtr.
    Johanna Kollar

    Vorwinkel
    No 6

    Martin Antonie
    Katharina Lastiel

     

         Avec la plus grande attention, on indiqua en note quelques remarques :

    - Pathen, est une ancienne forme orthographique de Pate (au pluriel).
    - Fbbtr. est certainement une abréviation pour Fabrikarbeiter (c’est une abréviation qui revient souvent sur la page).
    - Vorwinkel n’existe pas à Duisbourg, il s’agit éventuellement de Vohwinkel.

         Voici donc la traduction, avec correction des noms indiqués :

    Numéro consécutif

    Jour de la naissance et de baptême

    Nom de l’enfant

    Nom et
    situation des
    parents en 1873

    Domicile et
    N° de maison

    Parrains

    327

    23 sept.
    28    "

    Louis Mar-
    tin Joseph

    Louis Antoine, ouvr.
    Jeanne Collon

    Vorwinkel
    No 6

    Martin Antoine
    Catherine Castille

        Les noms étant transcrits approximativement et parfois germanisés, il est difficile de dire si d’autres enfants nés de Wallons apparaissent sur le registre.

        On peut voir son acte de décès à la page suivante.


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  • Carte d'identidé délivée par la ville de Jemeppe en 1919


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  • Acte de baptême de Martin-Joseph ANTOINE le 25 août 1798 à Flemalle-Grande

    Baptême de 1798

    25 août baptisé Martin Joseph fils d’Eloy Antoine et de Marie Catherine Thibault, suscript Jacques Robinet et Marie Jeanne Hubert.


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  • Acte de baptême de Catherine CASTILLE le 30 janv 1799 à Seraing

    30 januari bápta é Catharina illeg. Magdalena Castille. Suscp: Petro Simone Calvet, Joanna Joseph Castille.


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  • Acte de mariage de Martin ANTOINE et Catherine CASTILLE-15 déc 1825

    Acte de mariage de Martin ANTOINE et Catherine CASTILLE-15 déc 1825

     

    N° 189 Mariage de Martin Antoine et Catherine Castille

    L’an Mil huit cent vingt cinq, le quinzième jour du mois de décembre, à neuf heures du matin, par devant nous Nicolas Closset de Jaer, bourgmestre et officier public de l’état civil de la commune de Seraing, Canton de même, premier arrondissement de la province de Liége sont comparu en notre maison commune et publiquement Martin Joseph Antoine, ouvrier mineur, âgé de vingt-sept ans, domicilié au hameau de Mons, commune de Flémalle Grande, canton de Hollogne aux pierres et lié au susdit hameau, le vingt cinq août mil sept cent quatre vingt dix huit, selon l’extrait de naissance délivré par le même endroit, le vingt neuf mai mil huit cent vingt cinq, fils légitime de Eloy Antoine, en son vivant, ouvrier mineur, domicilié au dit hameau, commune susdite, et décédé en la commune de Saint Nicolas, le cinq juin mil huit cent dix sept, comme il en conste par l’extrait de décès délivré le douze décembre courant par l’officier public délégué à l’état civil de Saint Nicolas et de Marie Catherine Thibault, en son vivant, journalière, domicilié audit hameau de Mons, commune susdite, et décédée le neuf juillet mil huit cent dix neuf comme il en conste par l’extrait de son acte de décès délivré le dix huit juillet de cette année par le mayeur dudit hameau, lequel futur époux a aussi justifié d’avoir satisfait à ses obligations de la milice nationale, conformément au vœu de la loi du huit janvier mil huit cent dix sept, et Catherine Castille, journalière, âgée de vingt six ans, et dix mois, domiciliée en cette commune, et née à Seraing le trente janvier mil sept cent quatre vingt dix neuf, comme il en conste par l’extrait de son acte de baptême de la paroisse dudit Seraing, laquelle n’ayant pu produire l’acte légal de sa naissance, se trouve dans le cas prévu par larticle soixante dix du code civil et pouvant jouir de la faveur accordée par l’arrêté de sa majesté en date du trente octobre mil huit cent quatorze, nous a présenté les pièces voulues par l’article du même arrêté qui demeureront annexées au présent mariage, fille de Madeleine Castille, journalière, âgée de cinquante huit ans, domiciliée dans cette commune, ici présente et consentante, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la principale porte d’entrée de la maison commune, savoir en cette commune, les dimanches vingt quatrième et trente unième jours du mois de juillet de cette année, à l’heure de huit heures du matin, de la commune de ladite Flémalle Grande les dimanches trente et un juillet de cette année et le sept août de cette même année aux deux heures relevés, aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée en la maison commune de ladite Flémalle, selon son attestation en date du dix sept août de cette année, faisant droit à leur requisition, après avoir donné lecture de toutes les pièces ci dessus mentionnées, et du chapitre six du titre du code civil intitulé du mariage, nous avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun des deux ayant répondu séparément et affirmativement, nous déclarons au nom de la loi que Martin Joseph Antoine et Catherine Castille sont unis par le mariage de tout quoi nous avons dressé acte en présence de Martin Moray, cultivateur, âgé de trente deux ans, de François Joseph Micha, ouvrier mineur, âgé de quarante trois ans, de Jacques Joseph Lermite, huissier, âgé de vingt cinq ans et de Joseph Goffin, barbier, âgé de quarante quatre ans, tous domiciliés en cette commune, et après avoir reçu lecture du présent acte, le contractant, la contractante et sa mère, nous ont déclaré ne savoir écrire, les quatre témoins ont signé avec nous.

                     Le bourgmestre et officier de l’état civil

    (suivent les signatures).


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  • Acte de décès de Martin ANTOINE le 10 mai 1893

    DÉCÈS de Antoine Martin, matin du 10 mai

    L’AN MIL HUIT CENT QUATRE VINGT treize, le dixième jour du mois de mai à quatre heures de relevée pardevant nous Pierre Jacquemin, Bourgmestre, officier public de l’état civil de la commune de Flémalle Grande arrondissement de Liége, Province de Liége ont comparu Antoine Eloy, houilleur, âgé de cinquante deux ans domicilié à Mons, et Edouard Lebrun, instituteur, âgé de quarante deux ans, domicilié à Flémalle Grande, le premier fils du défunt ci-après dénommé lesquels nous ont déclaré que aujourd’hui à deux heures du matin est décédé en cette commune Antoine Martin, ancien houilleur, âgé de nonante cinq ans, né et domicilié en cette commune, époux de Marie Catherine Castille, ménagère, âgée de nonante six ans, au même domicile, et après avoir donné lecture du présent acte aux comparants le premier a dit na savoir signé, le second a signé avec nous. (suivent les signatures).


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  • Acte de décès de Catherine CASTILLE le 21 fév 1894

    DÉCÈS de Castille Marie-Catherine, veuve de Antoine Martin du 21 fév.

    L’AN MIL HUIT CENT QUATRE VINGT quatorze le vingt et unième jour du mois de février à onze heures du matin pardevant nous Pierre Jacquemin, Bourgmestre, officier public de l’état civil de la commune de Flémalle Grande, arrondissement judiciaire de Liége, Province de Liége ont comparu Eloy Martin, houilleur, âgé de cinquante trois ans, domicilié à Mons et Edouard Lebrun, instituteur, âgé de quarante trois ans, domicilié à Flémalle Grande, le premier fils de la défunte ci-après dénommée lesquels nous ont déclaré que aujourd’hui à deux heures du matin est décédée en cette commune Marie Catherine Castille, sans profession, âgée de nonante sept ans, née à Seraing, domiciliée à Flémalle Grande, fille de Madeleine Castille, décédée ; veuve de Martin Antoine, et après avoir donné lecture du présent acte aux comparants ils ont signé avec nous. (suivent les signatures, dont celle hésitante d'Eloy Antoine).


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  • signature de Louis Antoine (Acte décès fils Antoine (in Actes naissance 1894)(search.arch.be))

    dans l'Acte de décès de son fils, Louis-Martin-Joseph Antoine
    (in Actes naissance 1894)(search.arch.be))


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  • Signature de Louis Antoine

    Signature d'Antoine (janvier 1907)
    in Signature de Louis Antoine Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme (1934), p.143


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  • BIOGRAPHIE NATIONALE

    PUBLIÉE PAR

    L'ACADÉMIE ROYALE

    DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS

    DE BELGIQUE

    TOME TRENTE-CINQUIÈME

    SUPPLÉMENT

    TOME VII (FASCICULE 1«)

    ADREANTTUS — HUBERT

    BRUXELLES, 1969

     

     

    ANTOINE (Louis-Joseph), dit ANTOINE LE GUÉRISSEUR, fondateur d'un culte, né le 7 juin 1846, au hameau de Mons-lez-Liège, rue des Priesses, au lieu-dit «A la Chapelle» sur la commune de Flémalle-Grande, d'Antoine Martin, houilleur, et de Castille Catherine ; décédé à Jemeppe le 25 juin 1912. Louis Antoine est le cadet de huit (d'aucuns disent onze) enfants. Ses parents étaient, comme on dit, pauvres et honnêtes ; la mère, connue pour sa piété (catholique) et son esprit de charité.

    Antoine suit les cours de l'école primaire de son hameau. Lors de son inscription pour la milice, en 1866, il sera noté comme sachant lire, écrire et calculer. Dès douze ans, il doit gagner sa vie et il descend dans la fosse avec son père et un frère aîné, mais après deux ans de ce régime, une maladie d'estomac l'oblige à changer de métier.

    En 1866, après avoir satisfait au service militaire, il est machiniste ; en 1873, marteleur. Cependant, dans la même année, il opère des encaissements pour le compte d'une compagnie d'assurances, l'Union de Paris. Sa culture dépasse celle d'un ouvrier de l'époque. D'autre part, d'après des souvenirs peut-être légendaires, sa piété d'enfant persiste malgré son âge. Accoutumé très tôt à la prière, il la pratique déjà dans des formes personnelles. Comme il le déclare plus tard, sa prière a été très tôt un véritable « dialogue avec Dieu ».

    En 1870, Antoine est rappelé sous les armes au moment de la guerre franco-allemande. Au cours d'une manœuvre, son fusil chargé part tout seul et sa balle tue un soldat. La douceur d'Antoine est trop notoire pour qu'il soit inquiété mais le souvenir de ce drame va longtemps le hanter.

    En 1873, les Usines Cockerill envoient Antoine à sa filiale de Ruhrort, en Prusse rhénane. Le 15 avril, il épouse Jeanne-Catherine Collon et les jeunes époux se fixent à Meiderich-Hamborn, près de Ruhrort, où leur naît un fils.

    Cependant, Antoine que tourmente un désir d'indépendance, quitte la Prusse en 1876 et tente, à Jemeppe (Liège), de créer un commerce de légumes qui ne réussit pas.

    En 1879, il se fait engager par un ingénieur belge, comme chef-marteleur, aux Aciéries de Pragua, près de Varsovie. Il entre en contact avec des ouvriers plus cultivés que lui et, par eux, prend goût à la lecture d'ouvrages de vulgarisation scientifique. La médecine va l'intéresser spécialement. D'autre part, son sens social, sa bonté native sont profondément émus par le spectacle d'une émeute ouvrière, réprimée férocement par la soldatesque impériale russe.

    Entretemps sa femme a ouvert une modeste pension pour travailleurs, dont les gains appréciables vont s'ajouter au salaire élevé du chef-marteleur. De retour en Belgique vers 1892, les économies, réalisées en Pologne, vont permettre aux Antoine de faire bâtir à Jemeppe une vingtaine de maisons ouvrières « assez confortables », selon un rapport de la police locale. Aux rentes que lui procurent ses maisons, Antoine va apporter un salaire de portier et d'encaisseur aux Laminoirs De Lexhy, à Jemeppe.

    Nous sommes en 1885, Antoine a trente-neuf ans et la vie matérielle de son ménage est assurée. En paix avec un sens pratique qui ne l'abandonnera jamais, il peut s'adonner librement à une vie spirituelle à laquelle sa pieuse enfance le prédispose.

    En Pologne, nous avons vu qu'il avait lu beaucoup, sous l'influence de camarades de travail. N'aurait-il pas rencontré de ces esprits illuminés qui abondent en Russie et aux alentours, et qui l'auraient initié à la doctrine des Doukhobores (Lutteurs de l'Esprit) ? Certains biographes l'ont proposé (Debouxhtay, p. 49). Ceux-là croyaient à une voix intérieure, selon laquelle chaque homme se dirigeait ; ils niaient aussi le péché originel. De telles croyances apparaissent proches de celles qui vont orienter la pensée d'Antoine.

    C'est d'abord vers le spiritisme que celle-ci se dirige, et ce, dès 1879.

    Le spiritisme, depuis le milieu du XIXe siècle rencontre un grand succès dans la région liégeoise. La ville de Liège fut appelée un jour « le boulevard du spiritisme » (Debouxhtay, p. 26). De 1884 à 1887, Antoine fréquente des séances de spiritisme, sans cependant cesser de pratiquer la religion catholique. Il se détache de celle-ci en 1887. Il perd le fils, né en Pologne, et le fait enterrer suivant le rite spirite, en 1893. Cette mort stimule sa foi nouvelle. Ne lui apporte-t-elle pas en effet la perspective de pouvoir s'entretenir avec l'âme du défunt ? Combien de grands esprits n'ont-ils pas été tentés par une technique, qui se prétendait scientifique, et par laquelle on était mis en rapport avec les disparus ? Comme on sait, les spirites affirment que l'âme humaine participe d'un fluide universel dérivant de Dieu. Avant d'atteindre à la perfection, l'âme passe par diverses incarnations, croissances et désincarnations. Après la mort, l'âme encore imparfaite, attendant une réincarnation, est retenue captive dans une zone intermédiaire entre la terre et le ciel. C'est à ce moment que, par une technique appropriée et par le truchement d'humains prédestinés, les médiums, il est possible d'entrer en rapport avec les défunts.

    Converti au spiritisme, Antoine, homme d'action, devient aussitôt agissant. Après des débuts difficiles, dus à son inexpérience comme à celle de ceux qui se groupent autour de lui, Antoine crée la société « Les Vignerons du Seigneur », nom rappelant que jadis, le pays de Liège produisait du vin. Mais celui qu'Antoine et les siens offrent, est purement spirituel. Il publie, en 1896, un Petit Catéchisme spirite et y donne déjà priorité à l'enseignement moral sur la partie expérimentale. Celle-ci du reste lui donne des déboires qui ne seront pas sans influence sur la désaffection future d'Antoine pour le spiritisme.

    Cependant son succès est déjà grand car Antoine a commencé aussi une carrière de guérisseur.

    Le local de Jemeppe où se réunissent les Vignerons est devenu trop petit. Des centaines de personnes s'y retrouvent et Antoine, qui a abandonné toute autre activité, achète, en 1900, un nouvel immeuble, au coin de la rue des Tomballes et du Bois-du-Mont où est le temple antoiniste d'aujourd'hui.

    Mais le local n'est pas encore inauguré que la justice, émue par les activités du guérisseur, a envoyé le Parquet procéder sur place à une information.

    C'est sur la base des rapports établis à cette époque par les experts du Parquet que l'on se rend le mieux compte de la véritable nature des procédés employés par Antoine pour pratiquer la médecine. Les médecins qui les ont rédigés ne sont suspects ni d'enthousiasme, ni d'hostilité. Nous avons là des documents dépourvus de tous préjugés, des documents de valeur historique indéniable.

    Voici un résumé des rapports de MM. Louis Lenger et Gabriel Corin (Debouxhtay, p. 70 à 90) : Antoine ne nie pas pratiquer l'art de guérir. C'est vers 1888 qu'il s'est rendu compte qu'il possédait à la fois le don de diagnostiquer les maladies et le pouvoir de les guérir. Pour opérer, il pose les mains sur le front du malade et une sensation spéciale l'avertit du siège du mal. « Ses mains » quittent le front du patient pour « aller se fixer sur l'endroit malade ». Mais — et Antoine y insiste fortement — si le malade n'est pas en communion d'idées avec lui, s'il n'a pas foi en lui, Antoine sent un « fluide contraire » et n'arrivera pas à formuler son diagnostic.

    Celui-ci sera de toute simplicité : constipation ou le contraire, dépôt de bile dans l'estomac, impureté du sang, névralgie, douleur du ventre ou du bassin... Comme Antoine n'est pas médecin, il se défend de donner aux maladies des noms empruntés à la nomenclature médicale ; il les découvre et les chasse de leur siège par des procédés personnels. Son fluide lui permet de réussir des cures merveilleuses et pourtant il croit nécessaire d'avoir recours encore à des remèdes matériels tels que des thés contre la constipation, des pilules et la liqueur Koene (Debouxhtay, p. 300), remèdes anodins auxquels il ajoute l'eau magnétisée qui s'obtient en y trempant des feuilles de papier blanc manipulées par le guérisseur. Elles peuvent aussi servir d'emplâtre (Debouxhtay, p. 81, 82).

    La foi des malades en les vertus d'Antoine est si grande que lorsqu'il lui est interdit d'ordonner tout remède, l'eau d'un robinet, placé à l'entrée de la salle de consultation, et destinée à désaltérer les visiteurs, se voit attribuer des vertus thérapeutiques 1 Et les gens, d'en recueillir des bouteilles... !

    L'enquête du Parquet est suivie d'un procès en correctionnelle. Antoine, accompagné par un cortège de malades, comparaît le 19 février 1901. Il est condamné à 60 francs d'amende avec un sursis de deux ans et cette condamnation ne sert qu'à multiplier le nombre de ceux qui auront confiance en lui. Le martyre est une auréole.

    L'action de la justice a un autre effet. Acculé à ne plus guérir que par les voies spirituelles, Antoine va développer sa méthode : guérir les plaies du corps au moyen de la guérison des plaies de l'âme. Le jugement de correctionnelle le conduit à formuler une religion.

    Pour le moment, Antoine est toujours spirite. Mais peu à peu, les séances de communications avec l'au-delà changent de caractère et le côté enseignement d'une morale souveraine y prend une telle importance, que des spirites parleront de schisme.

    Sans insister sur la présence, quelquefois, de faux médiums qui ont cherché à nuire à Antoine, par de fausses communications de l'au-delà, il y a lieu de reconnaître que la mediumnité, c'est-à-dire la faculté d'entrer en communication avec les âmes des morts, n'a jamais été le fort d'Antoine. Peut-être devons-nous l'attribuer à un certain bon sens réaliste du guérisseur, ce bon sens qui, à côté de la foi en son propre fluide souverain, lui donnait les moyens de gérer ses petites affaires en bon bourgeois préoccupé de ses intérêts. Ce souci cependant n'entre jamais en conflit avec la générosité de son cœur et son esprit de charité. Le procès de 1901 met en lumière son désintéressement absolu. Combien de fois donnait-il à ses malades le prix des humbles médicaments qu'il leur recommandait d'acheter !

    En 1906, la séparation d'Antoine avec le spiritisme sera un fait accompli. Il crée une nouvelle religion, le Nouveau Spiritualisme. La secte aura ses temples, ses ministres, ses emblèmes religieux, ses exercices rituels et ses livres sacrés. Antoine ne vise à rien moins qu'à remplacer le christianisme et, naïvement, il écrit : « Depuis deux mille ans, l'humanité s'est bien développée intellectuellement et le temps est venu de lui donner une nourriture plus rationnelle ». Il publie une revue, l'Auréole de la Conscience (1907-1909), dont les Livres sacrés de l'Antoinisme ne seront qu'une réédition plus étendue, parfois avec des modifications qui troublent ses adeptes. Mais Antoine leur répond que la pensée peut varier et qu'il y a mérite à changer d'avis quand on croit qu'on s'est trompé. Ses auditeurs semblent avoir été satisfaits par cette casuistique, qui, une fois de plus, témoigne du bon sens d'Antoine coexistant avec son illuminisme.

    Le Nouveau Spiritualisme se proclame par un texte inscrit dans tous les temples antoinistes : « Un seul remède peut guérir l'humanité : La Foi ; c'est de la foi que naît l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité » (Debouxhtay, p. 188, 189).

    Ce texte, vague mais plein de tendresse, prête à des commentaires aussi vagues mais conformes à cet esprit fraternel qui anime Antoine toute sa vie et qui commande le respect.

    Les gens ne s'y trompent pas et le nombre des visiteurs d'Antoine, malades, adhérents, sympathisants, ira en croissant. Ils le suivront après ce qu'ils nommeront, suivant encore un vocabulaire spirite, sa « désincarnation ».

    Cependant, en 1907, une fois encore, Antoine et un de ses disciples, qui s'est découvert des vertus de guérisseur, sont dénoncés et passent en justice. En première instance comme en appel, les prévenus sont acquittés. La pureté des intentions, le vœu profond d'altruisme d'Antoine éclatent aux yeux ; les magistrats et, au premier rang, l'avocat général, se montrent compréhensifs du phénomène qu'ils ont à juger.

    Ce procès, le dernier, se termine en apothéose pour Antoine et ses disciples. La progression du nombre de ses visiteurs est impressionnante : par jour et en moyenne : en 1900, 60 ; en 1901, 115 ; en 1905, 300 ; en 1907, 400 ; en 1910, de 500 à 1.200 sans compter une immense correspondance, écho des misères humaines ; il y répond toujours.

    Mais Antoine est débordé. Le 2 mai 1909, il cesse son enseignement public. Un adepte fera la lecture des préceptes de la nouvelle religion. A partir du 15 août 1910, Antoine se décide à ne plus recevoir ses malades en particulier. Il pratiquera ce que les antoinistes nomment des o opérations générales » les jours fériés, sauf le dimanche, et les 1ers et 15 de chaque mois. Cet horaire bientôt sera insuffisant et l'opération aura lieu quatre fois la semaine.

    Depuis septembre 1911, la secte possède un journal (36 numéros jusqu'en 1914), l'Unitif (qui unit en Dieu). On y lit, à propos de la méthode nouvelle du guérisseur, qu'elle manifeste mieux la grandeur de son pouvoir : « La Foi en lui, seule, suffit pour obtenir satisfaction ». Une personne, animée profondément de cette foi, peut même le remplacer.

    L'ouverture du Temple, à Jemeppe, le 15 août 1910, marque l'affirmation de la religion antoiniste et l'avènement de son culte.

    L'apôtre, cependant, touche aux limites de ses forces et se voit obligé de paraître moins souvent en public ; sa femme commence à le remplacer. Mais lui vit en reclus, se nourrissant de fruits et de légumes. Il faut lire dans Debouxhtay (p. 212 et suiv.) la description de l'une de ses dernières séances. Dans le Temple sont assemblées un bon millier de personnes silencieuses. Le local est une grande salle froide et nue éclairée par trois fenêtres ogivales et la toiture vitrée. La tribune du fond est accessible par un escalier de douze marches et une porte communiquant avec la demeure d'Antoine. C'est par là qu'il apparaît. Une photographie (Debouxhtay, frontispice) le montre revêtu d'un long manteau noir, d'allure ecclésiastique, étendant la main droite, la paume tournée vers le sol. Sa chevelure, sa barbe et sa moustache, très longues et épaisses, font penser à celles qu'on voit aux saints dans les icônes russes. De ses yeux doux et tristes, jaillit un regard pénétrant (même « fulgurant » selon des témoignages). Du milieu de la tribune il dirige ses yeux vers la voûte, les mains jointes, se serrant comme en amitié. Il lève les bras, les mains se séparent mais les bras restent levés (« comme ceux du prêtre à la messe, au moment de la lecture des diptyques »). Bientôt la main droite s'abaisse pour répandre « les fluides » sur la foule. C'est l'acte essentiel de la cérémonie, et Antoine se retire.

    Dans la nuit du 24 au 25 juin 1912, frappé d'apoplexie, le guérisseur rentre « dans le fluide éthéré de l'amour divin» (Unitif).

    Le 30 juin, dix mille personnes assistent à la mise en terre dans la fosse commune après lecture de l'avant-propos de l'Enseignement.

    Plus tard, en dépit de certains adeptes qui voyaient dans l'estime accordée à la dépouille mortelle un geste incompatible avec leur doctrine, les préposés au culte antoiniste ont obtenu la concession de l'endroit où repose le Fondateur.

    L'antoinisme survit à celui-ci. Debouxhtay (p. 316 à 318) dénombre les temples existants en 1934. Ils sont vingt-deux en Belgique dont un seul à Schoten (Anvers), en pays flamand ; quinze en France, dont deux à Paris.

    Nous devons à M. Godaert, desservant du temple de Schoten un aspect de la situation actuelle (1968). « Il y a actuellement 55 temples antoinistes et 150 salles de lecture qui sont les embryons de futurs temples, en Belgique, France, Hollande, Suisse, Italie, Brésil, États-Unis, Angleterre, Luxembourg, etc. » (Feuille de propagande éditée en France, sans date). Cette feuille rappelle encore que le culte antoiniste est seulement une œuvre morale qui se développe parallèlement aux autres mouvements religieux. Culte public, ouvert à tous gratuitement, œuvre de dévouement où personne n'est payé. Celui qui vient au Culte, vient seulement pour trouver le chemin qui l'aidera à sortir de ses épreuves, tout en gardant sa religion, son milieu, ses habitudes, selon sa conscience. Le but du Culte n'est pas de convertir, mais simplement de consoler, de guérir par la Foi.

    Une note souligne encore, comme en réponse à ceux qui pourraient reprocher aux Antoinistes des guérisons, comme du vivant du Père : « Le Culte ne va pas sur le terrain de la Science, notamment n'établit aucun diagnostic, ne conseille ni ne déconseille un médicament ni une opération chirurgicale, ne fait ni passe, ni imposition des mains, ni prédiction d'avenir ».

    Travaux d'Antoine ou attribués à lui :

    Petit Catéchisme Spirite publié par la Société spirite Les Vignerons du Seigneur de Jemeppe-sur-Meuse , Liège, Donnay frères et sœurs, 1896, 40 p. ; Revue mensuelle de l'Enseignement du nouveau Spiritualisme — L'Auréole de la Conscience (mai 1907- avril 1909), Jemeppe-sur-Meuse, Deregnaucourt F. ; Révélation, Jemeppe, Deregnaucourt F., 1910. Cet ouvrage, le premier des Livres sacrés de l'Antoinisme, contient la biographie d'Antoine, les Dix Principes (de l'Antoinisme) et la Révélation, 195 p. ; Couronnement, Jemeppe, Deregnaucourt F., 1911, 80 p. ; Développement de l'Enseignement (ou Fragments de l'Enseignement) révélé par Antoine le Guérisseur, Jemeppe, Deregnaucourt, F., 1911, 40 p. ; L'Unitif, revue mensuelle du culte antoiniste (septembre 1911-août 1914), Jemeppe, Deregnaucourt F.

    Henri Lavachery.

    P. Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, Liège, Gothier, 1934, bibliographie. — R. Vivier, Délivrez-nous du Mal, Paris, Grasset, 1936, Vie romancée, l'œuvre d'un poète.

     

    Il y a lieu de payer ici un juste tribut de reconnaissance au révérend Frère Godaert, desservant du temple antoiniste de Schoten, 18, Frans De Ceusterlei, qui a bien voulu mettre à la disposition de l'auteur plusieurs rares et précieuses publications dues à Antoine et à ses disciples.

     

    http://www.academieroyale.be/Academie/documents/FichierPDFBiographieNationaleTome2094.pdf


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  • signatures de Louis Antoine et de Jeanne Collon-Antoine 

    dans l'Acte de Mariage


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  • Acte de mariage de Louis Antoine et Catherine Collon

    page 1

    Acte de mariage de Louis Antoine et Catherine Collon

    page 2

    cliquez pour agrandir

    L’an Mil huit cent septante trois, le quinze avril, à cinq heures du soir, par devant nous Edmond Goffert, échevin, officier public de l’état civil de la commune de Jemeppe, canton de Hollogne-aux-Pierres, arrondissement et province de Liége sont comparus en notre Hôtel communal et publiquement
    Antoine Louis Joseph, marteleur, domicilié à Flémalle Grande, y né le huit Juin mil huit cent quarante six, comme il conste de son acte de naissance, fils majeur légitime de Antoine Martin, sans profession, et de Castille Catherine, ménagère, conjoints au même domicile, ici présents et consentants ; lequel nous a justifié d’avoir satisfait à ses obligations sur la Milice Nationale, conformément au vœu de la loi du trois juin mil huit cent septante, et
    Collon Jeanne Catherine, journalière, domiciliée à Jemeppe, y née le vingt six Mai mil huit cent cinquante, comme il en conste de son acte de naissance, fille majeure légitime de Collon Denis, sans profession et de Masillon Marie Josèphe, ménagère, conjoints au même domicile, ici présents et consentants ; lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du Mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites en cette commune et en celle de Flémalle Grande, les dimanches trente Mars dernier et six Avril courant, à dix heures du matin, suivant la loi, sans opposition. Obtempérant à leur requisition, après avoir donné lecture des pièces précédemment indiquées, lesquelles resteront annexées au présent acte et du Chapitre VI du Code Civil intitulé Du Mariage, nous avons demandé au futur époux et à la future épouse successivement s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la Loi que Antoine Louis Joseph et Collon Jeanne Catherine sont unis par le mariage. De tout quoi avons dressé acte en présence de Antoine Jean Joseph, houilleur, âgé de quarante six ans, domicilié à Saint-Nicolas (Liége), de Antoine Eloy, houilleur, âgé de trente trois ans, domicilié á Mons (Liége), frères de l’époux, de Bailly Nicolas, houilleur, âgé de trente cinq ans, beau-frère de l’épouse, domicilié à Jemeppe, et de Godelaine Mathieu, houilleur, âgé de trente deux ans, domicilié à Flémalle Grande et non parent des parties contractantes. Lecture faite, les comparants ont signé avec nous, à l’exception des auteurs des époux et du témoin Godelaine qui ont déclaré ne savoir écrire.

    (suivent les signatures).


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  • Louis-Joseph Antoine

    Mons-Crotteux 7/06/1846, Jemeppe-sur-Meuse 25/06/1912

    Comme nombre d’enfants wallons de sa génération, Louis Joseph Antoine se retrouve à travailler à la mine dès l’âge de 12 ans. Ouvrier métallurgiste (1860), il se marie en 1873, part s’installer en Allemagne, puis à Varsovie avant de rentrer définitivement à Liège (1884), fortune faite. À Jemeppe-sur-Meuse, la famille Antoine fait bâtir une vingtaine de maisons ouvrières qui sont mises sur le marché de la location. C’est à cette époque que L-J. Antoine est attiré par le spiritisme. À la mort de son fils (1893), il contribue à la fondation de la Société Spirite des Vignerons du Seigneur qui édite deux ouvrages : le Petit catéchisme spirite et Le Devoir, et ouvre un local (25 décembre 1900). Convaincu d’avoir une mission de guérisseur, Louis Antoine reçoit des dizaines de malades par jour avec lesquels il pratique le magnétisme et la prière. Ses conseils en matière de médications font l’objet d’un procès pour pratique illégale de la médecine (1901). « Son activité de thérapeute, sa doctrine, vague syncrétisme, fait d’aspirations morales et mystiques, l’accent qu’il met sur la solidarité et la tolérance, lui attirent de nombreux adeptes d’origine populaire ». Délaissant la doctrine spirite, Antoine fonde le Nouveau Spiritualisme (1906) qui lui vaut un nouveau procès (fondé sur la même cause) mais qui débouche sur un non-lieu : Antoine est parvenu à convaincre qu’il soigne l’âme et non le corps. Retiré pendant six mois pour rédiger la première version du Couronnement de l’Œuvre Révélée (1906), il se consacre essentiellement à son pouvoir de guérisseur. Phénomène wallon, l’Antoinisme se poursuit après la mort du Père Antoine. Certains auteurs avancent le chiffre de 100.000 adeptes dans l’Entre-deux-Guerres, alors qu’existent 27 temples à travers le pays wallon. Le premier d’entre eux avait été construit en 1905, à Jemeppe, à l’emplacement de la salle de réunion des Vignerons du Seigneur. En 1936, le professeur Robert Vivier publie Délivrez-nous du mal (1936) où il témoigne d’une fervente sympathie pour le charismatique Louis Antoine, ancien ouvrier devenu le fondateur des Antoinistes.

    LAVACHERY H., Biographie nationale, 1969-1970, t. 34, col. 5-14
    La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. IV
    VIVIER Robert, Délivrez-nous du mal, 1936
    SEIWERATH Richard, Le culte antoiniste entre les deux guerres, ULg, mémoire en histoire, 2004

    Paul Delforge, octobre 2011

    http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/dictionnaire/antoine-louis-joseph#.VPdDAC5wa-c


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  •     La paraphrénie est un état délirant faisant partie des psychoses chroniques non dissociatives et est une condition nettement distincte de la psychose hallucinatoire chronique et de la paranoïa de par la coexistence d'une intense activité délirante limitée à certains domaines de la vie intellectuelle, et une vie par ailleurs normale dans d'autres domaines. Ainsi, le paraphrène agit et pense comme si le délire n'avait pas envahi tous les domaines de sa vie psychique : il existe une bonne adaptation au réel.
        La maladie débute habituellement autour de 40 ans, parfois brutalement, mais le plus souvent insidieusement. Il n'existe pas de trouble de la personnalité prémorbide caractéristique.
        L'article en anglais précise, sans plus de précision, que les cas les plus fréquents seraient enregistrés en Espagne et en Allemagne.
        La paraphrénie fantastique se démarque par la riche production d'idées étranges, décousues, mobiles, extraordinaires. Des idées mégalomaniaques apparaissent. La thématique est particulièrement floride, riche en idées démesurées de grandeurs, de mondes merveilleux, de science-fiction. Malgré le fait que ce délire est entièrement illogique, le comportement est presque normal. Lorsqu'on pose à ces malades des questions éloignées de ses délires, leurs réponses sont claires et logiques.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paraphrénie

        Voyons si les différentes étapes de l'avancée de la maladie peut coïncider avec les événements de la vie de Louis Antoine :
    • une première période dite d’incubation et d’inquiétude quand apparaissent méfiance, interprétation, signification personnelle attribuée aux faits et hallucination de l’ouïe (donc vers 40 ans, dans les années 1880, Louis Antoine est inquiet et ne trouve pas de solution à ses questions, alors qu'il a une famille et un travail valorisé) ;
    • une deuxième période, dite de persécution et de systématisation, caractérisée par des hallucinations, illusions auditives, écho de la pensée, stéréotypie du délire et apparition de néologismes (Louis Antoine est condamné pour coups sur la personne de Denis Collon le 10 octobre 1885).
    • une troisième période dite de grandeur, quand justement les idées de grandeur apparaissent soit par déduction logique ou hallucination, soit spontanément. On note alors une atténuation du délire de persécution tandis que la mégalomanie
    s’accroît (Louis Antoine découvre le spiritisme, veut devenir médium, puis prophète).
    • une quatrième période, dite de démence, quand l’activité intellectuelle s’affaiblit notablement, que le malade devient indifférent alors que son discours, incohérent, est semé de néologismes. Cette quatrième période ne constitue pourtant pas la règle et paraît être fortement corrélée avec la vie asilaire de l’époque (Louis Antoine ne connaîtra pas cette période, n'étant pas interné, cependant on peut corréler ces symptômes, notamment le discours incohérent, semé de néologismes, avec l'apparition de la Révélation, qu'on juge parfois de décousue et vague. La glossolalie est un bon exemple en tout cas de ces symptômes).
    source : F.Hulak - Les paraphrenies (psychologie-m-fouchey.psyblogs.net)

        Ainsi Louis Antoine aurait pu souffrir de paraphrénie fantastique. Pour l'abbé Hubert Bourguet, cela ne fait aucun doute : « une maladie d'estomac [...] a pu avoir certains retentissements fâcheux sur la vie du cerveau » (p.5). Cet auteur conclut dans Antoine de Jemeppe et l'Antoinisme :
        « Les pages qu'il a laissées contiennent un charabia extravagant, à la fois si soutenu et si fortement condensé qu'elles ne laissent aucun doute sur le trouble des facultés mentales de leur auteur. Une conviction douce et sereine les anime. On la retrouve dans toute la vie d'Antoine. C'est elle qui l'a isolé du monde des choses sensibles qui se pèsent et se mesurent et qui l'a muré dans un monde imaginaire, un monde de fictions avec lesquelles il aimait converser. Avec un sérieux imperturbable, il traitait les choses tangibles de vaines apparences, et il prenait le monde fictif qu'il se forgeait pour la réalité même : c'est un signe non équivoque de dérangement cérébral. La maladie opiniâtre d'estomac dont il souffrit toute sa vie, avait affaibli l'organisme et atteint lentement mais profondément le cerveau.
        « La folie chez Antoine n'eut jamais de transports redoutables ; jamais non plus, elle ne fut complète et, en tout cas, elle ne l'empêcha pas d'être un habile homme et un madré directeur d'entreprises. Il multipliait les déclarations de désintéressement et, en même temps, il parvenait à accumuler des ressources qui lui permirent de donner une organisation matérielle assez forte à son oeuvre et d'en assurer le maintien et le développement pour un avenir qui ne sera pas long, mais qui est de l'avenir tout de même. — Il prodiguait les conseils les plus recommandables sur la sincérité et en même temps laissait soigneusement croire qu'il possédait une puissance extraordinaire de guérir toutes les maladies alors qu'il n'en était rien ... il laissait écrire qu'il continuait les enseignements du Christ quand il les contredisait et qu'il ne pensait pas établir une religion nouvelle au moment même où il l'organisait. — Enfin, Antoine vantait l'humilité et l'oubli de soi et, un instant après, il félicitait ses admirateurs des louanges qu'ils lui décernaient, il acceptait tous leurs éloges, toutes leurs vénérations et tous leurs encensements. Il attirait l'attention de la foule et ses sympathies, se laissait décerner des honneurs divins. Cela fait bien un peu penser au père du mensonge, au démon de l'orgueil et cela rappelle la parole du blasphème qu'il proféra contre Dieu, le jour de sa révolte : « Je serai semblable au Très-Haut ». » (p.48).
        Signalons qu'Hubert Bourguet ne dit pas s'il a fréquenté des Antoinistes, au contraire de Pierre Debouxhtay, qui est plus circonspect dans sa conclusion sur l'Antoinisme en 1945 :
        « Mais l'exactitude minutieuse à reconstituer la physionomie des personnages contribue parfois à faire de ceux-ci des énigmes. Plus on fouille les replis et les recoins de leur vie, plus leur figure morale s'enveloppe de brumes, d'incertitudes ; bref, plus on sait, moins on connaît ! Qu'y faire ? Ne vaut-il pas mieux tenir compte de la complexité des âmes et conserver le mystère ?» (p.30).

        Mais alors comme le dit Yvonne Castellan (p.105) : « Si tout est supercherie, nous avons vu de fort grands esprits s'y être laissé prendre », dont Arthur Conan Doyle, Victor Hugo et même Léon Hippolyte Rivail, dit Allan Kardec. La question est donc : est-ce que tous les spirites auraient souffert de paraphrénie ? Cela est-il probable ? Je ne crois pas. Sans nier qu'« il ne faut pas oublier en effet que la faculté médianimique va de pair avec un certain état hystérique » (p.97-98), comme le démontre bien Théodore Flournoy, celui-ci rappelle toujours que cela peut très bien être à l'insu du sujet lui-même, qui restera de bonne foi. Le plupart des spirites avaient plutôt des tendances à vouloir croire. Celà est également bien étudié par Jean-Yves Roy dans Le Syndrome Du Berger - Essai Sur Les Dogmatismes Contemporains. Mais de là à conclure, comme le fait Yvonne Castellan que (p.117-118) : « Le métier de spectateur n'est pas non plus sans risque. Les débiles mentaux adhèrent au spiritisme par crédulité puérile et risquent le délire à caractère démonopathique. Les déséquilibrés, souvent intelligents, mais instables de volonté et faibles de jugement, risquent l'exaltation et le délire d'imagination. Les schizoïdes enfin, dissociés de la vie pratique et repliés sur eux-mêmes, trouvent dans l'occulte l'aliment de leur vie solitaire. En somme, le pratique du spiritisme flatte les prédispositions aux troubles mentaux. Et le Dr Marcel Viollet de décrire excellemment la composition psychiatrique du salon spirite : les débiles, accablés par l'existence, qui s'abandonnent au spiritisme comme à la consolation suprême, sans frein, sans discernement, croyant tout, prêts à toutes les obsessions. Les paranoïaques, susceptibles, orgueilleux, odieux dans la vie sociale, sont attirés comme par un spectacle « dans les salons sombres où les Esprits s'évoquent et où l'on garde, avec l'incognito, intacts son orgueil intimé et sa susceptibilité à laquelle les Esprits n'insultent pas. » Les scrupuleux, les tristes, les timides « viennent dans l'obscurité, silencieux, tranquilles seulement si on ne les regarde pas » : la mélancolie les guette. Les névropathiques enfin, eclins à des crises larvées d'hystérie, de somnambulisme spontané ou aisément provocable, volontiers simulateurs, se sentent au milieu des séances un centre possible d'intérêt. Ils peuvent devenir « sujets », auxiliaires du médium ou médiums eux-mêmes. Quantité de femmes s'agitent ainsi, actives importantes, militantes, brouillant toutes les idées. » Yvonne Castellan ne remet guère dans son contexte historique cette citation, qui date d'un livre édité en 1908, on y lit surtout cette propension du médecin, ayant tout compris, à vouloir tout classer, sûr de lui et de ses jugements, condescendant et misogyne. Les médecins souffraient beaucoup aussi à l'époque du 'vouloir croire' que tout était psychologique.
        L'auteure du Spiritisme continue pourtant (p.119) : « Le spiritisme à ses débuts semble avoir payé un très lourd tribut aux asiles d'aliénés. En 1855, à Zurich, sur deux cents aliénés, un quart étaient spirites. A Gand, on en comptait quatre-vingt-quinze sur deux cent cinquante. Ces chiffres correspondent à l'époque frénétique de sa grande propagation. De nos jours, les aliénés spirites viennent bien après les aliénés alcooliques et syphilitiques, en concours avec les délirants mystiques et démonopathiques de caractère religieux. » Cela ne viendrait-il pas aussi de l'intérêt grandissant à l'époque pour les maladies mentales ? Je le pense. A la lire, tous les spirites étaient des malades mentaux. Mais la théorie actuelle de Manfred Lütz, dans "Irre! - Wir behandeln die Falschen: Unser Problem sind die Normalen" (Erreur ! - Nous soignons les mauvais sujets. Notre problème sont les normaux) est qu'il faut tous nous considérer comme des anormaux. Et le problème est la terreur de la normalité.
        En tous cas, cette présentation des faits contredit ce qu'on peut lire dans la nosographie des paraphrénies : « C’est à propos de ce cas exceptionnel, qui aboutit à une construction délirante achevée, autour d’une érotomanie divine, que Freud [Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa (Dementia paranoides (1911)] forge l’hypothèse du délire comme tentative de guérison, quand « le paranoïaque rebâtit l’univers, non pas à la vérité plus splendide, mais du moins tel qu’il puisse de nouveau y vivre », et qu’il « le rebâtit au moyen de son travail délirant. Ce que nous prenons pour une production morbide, la formation du délire, est en réalité une tentative de guérison, une reconstruction. Le succès, après la catastrophe, est plus ou moins grand, il n’est jamais total ; pour parler comme Schreber, l'univers a subi “une profonde modification interne”» ».
    source : F.Hulak - Les paraphrenies (psychologie-m-fouchey.psyblogs.net)
        Rappelons que Régis Dericquebourg signale dans Les Antoinistes (p.39) : « Cette version de la chute qui met en jeu la matière, le regard de l'autre, le symbole phallique, la jouissance féminine et la promesse de savoir inaugurant les oppositions bien-mal, vérité-erreur pourrait être proposée à la réflexion du psychanalyste. » On peut donc penser que le spiritisme à plutôt sauver ces gens de la folie, même si cela n'a pas réussi pour tous.

       Concernant l'origine du spiritisme, on peut y voir un conflit entre, d'une part,  la science souveraine de la fin du XIXe-début XXe siècle, qui devait amener l'homme à tout savoir, à tout comprendre, associé à une déchristianisation fulgurante lors de la Révolution industrielle (pensons au Positivisme d'Auguste Comte, instaurant la science comme nouvelle religion), et d'autre part, cette volonté de croire, donc le besoin pour l'homme d'une pensée qui le rassure. Devant l'échec de la science, incapable de tout expliquer, reste la pseudo-science (et ses prolongements religieux dont l'ufologie et les sciences occultes sont les plus grandes pourvoyeuses), peut-être moins objective et rationnelle, mais plus réconfortante.

        Cela n'enlève donc rien à la portée de la Révélation : un rapport entre la folie et le prophétisme est encore à établir. En tout cas, si tous les spirites ne sont pas devenue fous, il y a certainement des fous qui sont devenus prophètes de leur cause : Abraham, Moïse, Jérémie, Isaïe, Jésus, Mahomet, Edward Irving, Auguste Comte, Phineas Quimby, H.P.Blavastky, Louis Antoine, Mary Baker Eddy, Joseph Smith, Donato Manduzio, Johannes Greber, Ludwik Lejzer Zamenhof (Doktoro Esperanto), Huỳnh Phú Sổ, Joseph Weissenberg, Jean Jaurès, Morris Lichtenstein, Jules Berthelin, Ron Hubbard, Claude Vorilhon...


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  • EN 1901 DEJA,ANTOINE LE GUERISSEUR

    LALLEMAND,ALAIN

    Jeudi 10 février 1994

    En 1901 déjà, «Antoine le guérisseur»...

    On ne peut manquer de rapprocher les déboires de René Thewissen de ceux d'un certain Louis-Joseph Antoine, né à Mons-Crotteux en juin 1846 et décédé en juin 1912 à Jemeppe: surnommé «Antoine le guérisseur», il donna naissance au culte antoiniste, encore considéré de nos jours comme étant d'«utilité publique» - héritage de l'initiative du ministre de la Justice de l'époque!

    René Thewissen n'a évidemment aucune dimension «religieuse», mais le «père Antoine» n'en avait pas plus lorsqu'il s'installa comme guérisseur dans les dernières années du XIXe siècle, fortune faite dans les pays de l'Est.

    Et le parallèle entre Thewissen version 1994 et le père Antoine, label 1900, est surprenant: lui aussi acceptait les «dons» des patients, via une cagnotte aménagée dans ce cas dans sa salle d'attente. Lui aussi guérissait par imposition des mains. Lui aussi guérissait non plus individuellement mais en masse, «à distance», tant on se pressait à sa porte. Lui aussi croyait à la réincarnation. Lui aussi devait connaître, sur plainte déposée au Parquet de la Cité ardente, les affres du palais de Justice de Liège. Il y sera condamné en 1901 - il avait 55 ans - à 60 F d'amende assortis d'un sursis de deux années: Je me livre journellement à la guérison des malades, dira-t-il au juge. Quand le patient a foi en moi, je ne me trompe jamais. Je répète que je crois fermement que je ne me trompe jamais sur la cause du mal, affirme-t-il encore. En 1907, alors qu'il a abandonné le spiritisme pour l'«antoinisme», un second procès le verra triompher cette fois.

    Signalons, si cela peut rassurer M. Thewissen, que, malgré ces péripéties, il se trouvait encore, en 1910, 160.000 Belges pour signer et déposer au Parlement une pétition réclamant la reconnaissance du culte et que, lors des funérailles du Père, les rues de Jemeppe-sur-Meuse étaient noires de monde. Les tracasseries judiciaires peuvent avoir de ces effets insoupçonnés...

    La carrière d'Antoine se terminera pourtant mal: il affirmait qu'il se réincarnerait trois jours après sa mort... Rien ne se produisit, ce qui valut à la fête anniversaire de son décès le nom de «fête de la désincarnation»: visiblement, le Créateur n'était pas un adepte de l'Antoine...

    A. L.

    source : http://archives.lesoir.be/en-1901-deja-antoine-le-guerisseur_t-19940210-Z07U6N.html

        Le journaliste est également l'auteur de Les sectes en Belgique et au Luxembourg (1994), il est le porte-drapeau des anti-sectes dans la presse. On en reconnaît ici bien le ton... et les erreurs.
        Ainsi citons Pierre Debouxhtay à propos de la résurrection de Louis Antoine trois jours après sa mort :
        " On raconte qu'après la mort du Père ses adeptes s'attendirent à sa résurrection pour le troisième jour, et que voyant qu'il ne revenait pas à la vie, ils lui piquèrent les pieds avec des épingles, allèrent même jusqu'à les lui brûler ! Faut-il voir une allusion à cette espérance dans ce passage de LA GAZETTE DE LIEGE (1-7-1912) : « Le Père n'est plus. Il est bien mort et enterré. C'est en vain que, le veillant avec un soin jaloux, ses acolytes et son conseil d'administration attendirent qu'il se réincarnât. » Que certains adeptes aient nourri cet espoir, c'est possible ; mais il me paraît difficile d'admettre que les chefs du culte l'aient partagé. S'ils avaient espéré cette résurrection, auraient-ils annoncé l'enterrement dès le 25 ? Le bruit de la résurrection d'Antoine le 3e jour puis le jour anniversaire de sa mort a couru à Jemeppe, répandu très probablement par des farceurs. Quant au traitement énergique par le fer et le feu, il semble tout à fait légendaire. M. le Dr A. Delville, qui était bourgmestre en 1912, m'a dit qu'il n'avait pas dû intervenir pour faire enterrer Antoine, il a seulement dû refuser aux antoinistes la permission d'organiser un cortège à travers toute la commune. " (Pierre Debouxhtay, p.198, note 13).

        Régis Dericquebourg le suit en disant succinctement : "On a dit que certains adeptes du 'Père' croyaient qu'il ressusciterait dans les trois jours. Il s'agit probablement d'un rumeur propagée par des gens hostiles à l'antoinisme". (p.22). Par contre, le chercheur revient plus en longueur sur un hypothétique retour du Père (p.52-56), en précisant tout de même qu'il "a existé une attente d'un second retour de Louis Antoine certes marginale dans l'antoinisme, mais néanmoins présente ainsi qu'une identification de celui-ci au Christ comme prophète du salut ultime. [...] Une telle attente a pu germer dans l'esprit de quelques adeptes antoinistes. Nous ignorons si elle existe encore. Tous les adeptes n'ont pas attendu le retour du 'Père'. Mais elle a pu correspondre à une sensibilité de l'antoinisme."

        On le voit : d'une anecdote concernant certaines croyances (le Père n'a jamais lui-même prédit quoi que ce soit), ce "journaliste" fait une vérité. C'est ce qu'on appelle en droit de la diffamation.


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  •     Dans le rapport des années 1899-1900 de la Société Mutualiste Le Devoir, fondée le 6 septembre 1896, et établie Rue du Progrès, 55 à Jemeppe-sur-Meuse, on retrouve plusieurs personnes de la ville qui vécurent en même temps que Louis Antoine :
    - G. Pastor, rentier, rédidant à Jemeppe, est membre d'honneur.
    - Eustache Bougnet, bourgmestre, résidant à Jemeppe, est membre protecteur, il porte l'écharpe mayorale de 1882, après Albert de la Saulx (un F.Kraft de la Saulx, ingénieur en chef à la Société Anonyme John Cockerill est également membre d'honneur) et Arnold de Lexy, et jusqu'en 1912, avant Antonin Delville.
    - Antonin Delville, docteur, résidant à Jemeppe, est membre honoraire.
    - Desart A., avocat, résidant à Jemeppe est membre honoraire. Est-il de la famille avec Marie Desart ?
    - Dor, Nicolas, négociant, résidant à Jemeppe, rue du Pont, est membre honoraire. Il tient un magasin où Louis Antoine achètera une paire de souliers pour 7 francs 50.
    - Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe qui imprimera divers livres, revues, brochures ou cartes postales concernant l'antoinisme.
    - Nizet O., pharmacien, Nizet V., industriel et Nizet S., brasseur sont membres honoraires.
    - Antoine J.-J. et Ernest, habitants Grâce sont membres effectifs. Un frère de Louis Antoine s'appelait Jean-Joseph, né à Flémalle-Grande le 15 octobe 1827. Il travailla comme son père à la mine.
    - Dessart Hubert, habitant Hollogne est membre effectif. Est-il le mari de Marie Scouleur, sans profession, demeurant à Jemeppe que l'on voit apparaître dans la liste des membres du conseil du Culte Antoiniste de 1922 ?
    - Dor Jean, habitant Jemeppe est membre effectif. Est-il de la famille du neveu de Louis Antoine, Pierre Dor ? Un parent de Nicolas Dor ? Les deux ?
    - Gaye Arthur, habitant Jemeppe est membre effectif. Un Gaye, de Tilleur recevra Louis Antoine pour quelques séances spirites chez lui en 1884-86.
    - Goffin Fernand de Grâce-Berleur et Goffin Jean, Sclessin, sont membres effectifs. Soeur Goffin sera la première desservante du temple de Caudry dans le Nord de la France (près de Cambrai). Sont-ils de la même famille ?
    - Jeanfils Joseph habitant Grâce-Berleur et Jeanfils Walthère, habitant Cahottes sont membres effectifs. Sont-ils parentés avec Martin Jeanfils, le guérisseur qui fut en procès avec Louis Antoine en 1907 et que le Père appela à son lit avant sa désincarnation ?
    - Léopold Monet, habitant Jemeppe est-il le Léopold-Joseph Monet, 61 ans, tourneur, habitant rue Alfred Smeets, 18 à Jemeppe, et membre du conseil d'administration du culte antoiniste en 1934 ?
    - Joseph Nihoul, habitant Jemeppe est membre effectif comme ce Léopold Monet. Est-il le même Joseph Nihoul, trésorier, 70 ans, sans profession, habitant rue Alfred Smeets, 2, à Jemeppe (c'était l'adresse du temple) et qui deviendra Représentant du Père en 1940 à la désincarnation de Mère ?
    source : Société Mutualiste Le Devoir, Jemeppe-sur-Meuse, rapport des années 1899-1900 (kbr.be)

        Rappelons également qu'en 1896, les VIGNERONS du SEIGNEUR dont Louis ANTOINE était le président fit paraître deux ouvrages:
    - Le PETIT CATÉCHISME SPIRITE "pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme". Ce petit ouvrage eut un certain succès dans les milieux spirites de l'époque, il y en eu même une édition espagnole (Belgique : Impr. Donnay frères et soeurs, rue de la Casquette, 17, Liège, 1896, 1 vol. (40 p.) ; 17,5 cm).
    - LE DEVOIR ,composé d'extraits du Recueil de Prières Spirites et de l'Évangile selon le Spiritisme, deux ouvrages d'Alan Kardec (Belgique : Impr. à vapeur, Jos. Massillon, 1900 à 1904, 1 vol. (46 p.) ; 17 cm).
         La société spirite se réunissaient en séances publiques, le dimanche matin à 10 h, soit chez M. ANTOINE, soit chez M. Pierre DEBROUX, menuisier à Mons-Crotteux.
    source : http://culteantoiniste.com/historique.htm


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  •     Le christianisme n'est pas une fable. Il n'a pas été inventé par des prêtres cupides et rusés, avides de pouvoirs spirituels et temporels. Il n'a pas été inventé par les maîtres pour tenir leurs esclaves dans la soumission en leur faisant miroiter un au-delà où ils trouveraient la compensation de leurs humiliations et de l'acceptation de leur servitude. Les thèses mythistes sur Jésus ne tiennent pas la route.
        Mais le cœur de la prédication chrétienne avec son caractère apocalyptique et eschatologique montre aussi que la vérité éventuelle du message prêché ne peut pas se démontrer sur le terrain de l'histoire. Les disciples du Christ ne peuvent pas se revendiquer d'un fait historique.
        La prédication chrétienne repose en définitive sur un mythe. L'envoyé de Dieu vient bientôt juger le monde et y établir la seigneurie de son créateur. Or qu'est-ce qu'un mythe? «  Muthos représente la parole vraie, non pas au sens de ce qui est judicieusement pensé et qui a force de preuve, mais du donné factuel, de ce qui s’est révélé, de ce qui est vénéré, et par là cette parole se distingue de toute autre énonciation. » Le mythe est la parole la plus vraie, parce qu'elle est donnée. Le christianisme est né du jour où on a substitué au mythe chrétien, une théologie chrétienne, c'est-à-dire un discours sur Dieu conçu comme une catégorie intellectuelle soumise au raisonnement et à la démonstration. Il s'est fourvoyé le jour où, pour exister, il s'est livré à la philosophie comme le paganisme antique avait péri le jour où la critique philosophique s'était emparé des mythes d'Homère et d'Hésiode soit-disant pour les sauvegarder en en restituant le sens symbolique.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Origines_du_christianisme#Mythe.2C_histoire.2C_fable


        Qu'en est-il de l'antoinisme et du Père Antoine ? Jésus-Christ a-t-il existé ? Le Père Antoine a-t-il existé ? Le spiritisme existe-t-il encore comme il en était à l'époque de Louis Antoine.
        Pour les chrétiens, Jésus-Christ est le fils de Dieu, le Messie envoyé aux hommes pour les sauver. Dans l’islam, Jésus est appelé Îsâ et est un prophète majeur. Rabbin hérétique pour les juifs.
        Quant au Père, il disait lui-même :
        "Toute révélation émane de Dieu, sa base est donc toujours la même ; les mots ni les phrases n'y sont rien ; seule la morale qui en découle, qui est amour divin, est tout.
        C'est ainsi qu'il faut apprécier mon enseignement. Je ne dirai pas que je suis venu en mission, je dis plutôt à l'épreuve, car il est de mon devoir de respecter cette révélation autant que j'ai voulu l'enseigner." (La Révélation, L'arbre de la Science de la vue du bien, p.193).

        Pierre Debouxhtay finit son petit opuscule, en 1945, par ce passage :
        "Mais l'exactitude minutieuse à reconstituer la physionomie des personnages contribue parfois à faire de ceux-ci des énigmes. Plus on fouille les replis et les recoins de leur vie, plus leur figure morale s'enveloppe de brumes, d'incertitudes ; bref, plus on sait, moins on connaît ! Qu'y faire ? Ne vaut-il pas mieux tenir compte de la complexité des âmes et conserver le mystère ?" (Pierre Debouxhtay, l'Antoinisme, 1945, p.30). Notons ici que Pierre Debouxtay adopte lui-même l'Enseignement (même s'il n'est pas propre uniquement à l'Antoinime) : "Le travail donne les connaissances et l'épreuve le savoir" (Phrase sur la couverture des Unitifs)
        Mais il le commence aussi par cette phrase :
        "Culte à visée universalistes, l'Antoinisme est, croyons-nous, un phénomène social unique en Wallonie ; que dans la suite il s'étiole ou continue à provigner peu importe : il mérite d'être étudié impartialement." (Pierre Debouxhtay, l'Antoinisme, 1945, p.1-2).

        C'est l'objet de ce site : qui présente la vie du Père mais aussi des gens qui l'ont entourés et qui se sont nourris de sa Révélation. Mais qui présente aussi l'histoire de l'Antoinisme des origines (avec ses sources) à aujourd'hui.
        Mais il ne s'agira que de ma propre compréhension et conception du Père et de l'Antoinisme. C'est la raison pour laquelle la page d'accueil précise que ce n'est pas la personnalité du Père présenté ici qui pourrait aider, mais bien la compréhension que vous en avez vous-même qui pourra vous guider vers la Lumière.
        Ainsi on peut bien se demander si le Père Antoine a existé comme on le présente : il n'a abordé que très peu sa vie dans son Enseignement : plus dans les premiers Enseignements qu'il a détruit car "on consruit maintenant pour détruire demain"., mais très peu dans la Révélation, un peu plus dans le Développement. Si le Père a existé, lui-seul avait conscience de lui comme il était vraiment, nous ne pouvons que nous en faire une conception fausse et indirecte. Et comme le Père le dit : "nous ne devons pas ignorer que le temps et la distance n'existent que matériellement, tout ce qui est réel, est éternel, c'est-à-dire que le passé et l'avenir sont le présent." (Le Développement de l'OEuvre Révélée, Nous sommes tous des Dieux, p.93).


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  • les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine

    Illustrations issues du journal Le Temps (supplément illustré) du 23 septembre 1920
    (sauf K.G.Pastor, issue de wikipedia allemand) 

     

    les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine    John Cockerill est né en Grande Bretagne, à Heslingden, en 1790. Il est venu en Wallonie à l’âge de 12 ans et a vécu au contact des ateliers de son père à Verviers et à Liège. La population de Seraing est alors de 1980 habitant. L'arrivée de John Cockerill, stimulé par Guillaume Ier des Pays-Bas qui lui a vendu le château de Seraing pour un prix symbolique, l'ancienne résidence d'été des princes-évêques pour y installer ses usines métallurgiques (il comprend l'habitation du Directeur-général, la bibliothèque, les archives, la salle réservée aux Assemblées générales des actionnaires, les différents ateliers de fabrication) va faire de Seraing la ville de l'acier. Il a fait édifier le 1er haut-fourneau au coke en 1823. A partir de 1817, on met à son actif, à Seraing, une fabrique de mécaniques à usage industriel, la fourniture de locomotives, un centre de formation et, surtout la création d’une Entreprise Sidérurgique Intégrée, la première en Europe. On le trouve administrateur ou commissaire des Hauts fourneaux de Seraing, de Châtelineau, d’Ougrée, de la Fabrique de Fer d’Ougrée, de la Banque de l’industrie du Hoyoux. Et, encore, d’entreprises textiles à Verviers, Tournai, Andenne, des Houillères de Herve, des charbonnages du Val Benoît. Il fonde des entreprises en France, Allemagne, Pologne.

        Konrad Gustav Pastor né le 2 juin 1796 à Burtschied (près d'Aix-la-Chapelle). Faisant partie de la communauté protestante de la région de Liège, il est enterré selon le rite évangélique.
        La communauté protestante de Seraing-Lize (quartier où se construira également le temple antoiniste) voit le jour en 1840. En 1852, l'église protestante, ainsi qu'une école, est construite, Amand Cacheux, envoyé par le comité de Bruxelles, en est le premier pasteur, jusqu'en 1885.

        Après une formation en Allemagne, Konrad Gustav Pastor entre en contact très tôt (1813) avec la famille Cockerill. La famille Cockerill-Pastor est particulièrement bien implantée à Aix-la-Chapelle. En 1813, Charles-James et John Cockerill épousent deux Aixoises, Caroline et Frédérique Pastor, filles du riche fabricant de Borcette. En 1825, Charles-James s’établit à Aix-la-Chapelle (au château de Behrensberg dans lequel son père meurt en 1832).
        En collaboration avec l'entreprise de ce dernier depuis 1817, il est envoyé en Angleterre en 1822 afin de connaître les détails de la fabrication de la première machine à vapeur de Gußstahl. Revenu à Seraing, il construira les hauts-fourneaux au coke et les fourneaux à puddler à charbon qui deviendra une usine de transformation du fer.
        Mais quel est le principe du haut fourneau ? Il résulte d’un long processus qui a débuté à l’âge de fer. C’est au 15e siècle qu’il prendra la forme représentée par le monument. À une température de plus de 1 537 °, on enlève l’oxygène, contenu dans le minerai de fer, en le brûlant avec du carbone (issu d’abord du charbon de bois et ensuite du coke – produit par le chauffage à 1000 ° de la poussière de charbon). Mais la fonte ainsi obtenue est trop cassante pour être travaillée. C’est pourquoi elle doit passer par l’affinage où on élimine les impuretés par oxygénation. On obtient ainsi de l’acier. Les deux premières étapes du processus se font à Seraing, mais l’aciérie est située à 20 Km en aval, à Chertal. La fonte en fusion y est transportée dans de gigantesques wagons thermos. Ces convois rougeoyant de jour comme de nuit sont bien connus des habitants de la région.

        Konrad Gustav Pastor est directeur de la métallurgie, puis en 1829, il devient, jusqu'en 1866, direles Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoinecteur général des usines de Seraing.
        Avec la crise de 1839, en vue d’éviter la faillite, les hommes politiques liégeois poussent les autorités nationales à intervenir. En cas de fermeture des Etablissements Cockerill (30.000 ouvriers), la région liégeoise serait confrontée à une véritable catastrophe économique et sociale. L’idée de créer une société anonyme avancée en août 1839 est refusée par John Cockerill, qui se met en quête de débouchés et de crédits supplémentaires à l’étranger. Le 19 juin 1840, celui-ci meurt de la fièvre typhoïde à Varsovie, en laissant un passif très lourd. Embaumé, il est d’abord inhumé dans cette ville. En 1867 la dépouille est ramenée à Seraing et placée dans un caveau du cimetière de la rue de la Glacière. Ses héritiers, qui sont en même temps ses créanciers, acceptent de vendre certaines parties des avoirs. Ne trouvant aucun acheteur, les installations de Liège et de Seraing représentent l’apport majeur lors de la constitution de la S.A. pour l’Exploitation des Etablissements John Cockerill, créée le 20 mars 1842 et dirigée par l’Aixois Gustave Pastor, neveu et collaborateur de John Cockerill.
        En 1840, les usines sérésiennes comprenaient trois divisions principales : les houillères ; la fabrique de fer et les hauts fourneaux ; les ateliers de construction. Vingt-quatre and plus tard, elles constituent un exemple accompli d'un ensemble industriel intégré. Outre un vaste département administratif, elles rassemblent un important département de production regroupant six divisions spécialisées : depuis l'extraction des matières premières (houille, minerai de fer des gisements de Belgique, de Lorraine, du Grand-Duché de Luxembourg et d'Espagne) jusqu'à la construction des appareils les plus élaborés (locomotive, machines à vapeur, pièces d'artillerie. A cet ensemble, s'ajoutent le chantier naval d'Hoboken, une briqueterie et une cimenterie).
        De mai 1842 à avril 1843, les Etablissements Cockerill participent à la construction en fer du pont suspendu de Seraing, qui va demeurer en usage jusqu'en 1905. Concession privée, le passage du pont restera à péage jusqu’en 1898.
        De 1842 à 1869, il devient président du conseil d'administration des Entreprises.
        En 1849, à l'apogée de sa carrières, il construit un hôpital-orphelinat près de la gare de Seraing et du charbonnage Colard. EN 1857, à la suite d'une épidémie cholérique qui avait fait de nombreuses victimes à Seraing, l'administration de la Soéciété Cockeirll décida de fonder l'hôpital destiné à recevoir, non seulement les malades et blessés appartenant à ses propres usines, mais aussi ceux des usines avoisinantes. Cet établissement peut contenir 300 lits, le service en est confié aux Soeurs de St-Vincent-de-Paul, sous le contrôle du directeur-général de la Société.
        Dès 1863, la Société Cockerill se dote d’un convertisseur Bessemer. Dix ans plus tard, la création de l’Aciérie d’Angleur (Rossius et Pastor) rompt ce monopole et, la même année, la Société de Sclessin inaugure son convertisseur Siemens-Martin.
        En 1861, on décerne à Konrad Gustav Pastor le titre de citoyen d'honneur de la Belgique. Le 30 juin 1866, après 37 années vouées à l'extension de ces usines, auxquelles M. Pastor, âgé de 70 ans, avait consacré ses vastes connaissances, sa grande prudence et son expérience consommée.
        La population de Seraing fut derechef décimée par le choléra en 1866, de nombreux ouvriers, de nombreuses mères succombèrent à l'hôpital et y laissèrent un grand nombre d'orphelins. Ceux qui appartenaient au personel de la Société Cockerill y restèrent après que la maladie eut disparu. Le Conseil d'administration de la Société décida alors que ces enfants formeraient le noyau des pupilles d'un orphelinat, où seraient admis tous les enfants en bas-âge, d'ouvriers qui viendraient à mourir au service de la Société, ou qui, devenus veufs, seraient surchargés de jeunes enfants. La Société prit en même temps à sa charge le salaire du médecin attaché à ses usines et créa une pharmacie, qui délivre gratuitement les médicaments, non-seulement aux ouvriers, mais encore à leurs ascendants et descendants.
        En 1871, la Société fait construire des groupes de maisons ouvrières, le long de la Meuse, dans une position abondamment pourvue d'air, d'eau et de lumière, pour les ouvriers spéciaux de la fabrique de fer.
        EN 1873, la société érige de puissants élévateurs à vapeur sur la crête du mur d'eau du fleuve, permettant le débarquement rapide des minerais algériens et espagnols amenés d'Anvers par les canaux. C'est la petite portion, le reste, de beaucoup plus considérables, arrive par chemin de fer, d'Anvers et de Terneuzen, de Namur et du Luxembourg.
        De 1866 à 1887, pendant que Louis Antoine y travaille soit à Seraing, à Meiderich ou à Varsovie (en 1888, c'est M. d'Ignatius qui est agent de l'entreprise pour Saint-Pétersbourg), pour la partie mécanique, la construction des ponts, les objets de chaudronnerie indépendants des moteurs livrés, les navires et bateaux à vapeur, la Société Cockerill a exécuté dans ses divisions des forges, des ateliers de constructions mécanique, des chaudronneries et du chantier des constructions navales, une série de commandes portant le chiffre total de celles-ci, depuis la fondation des usines de Seraing, à 64.650 machines et installations diverses, plus 420 navires et bateaux de toutes formes et puissances.
        De 1866 à fin octobre 1886, les établissements de Seraing ont été dirigés par M. le baron Eugène Sadoine (1820-1904), administrateur-directeur général, qui, continuant l'oeuvre de son prédécesseur, les a amenés au degré de développement actuel. Agent de Cockerill à Saint Pétersbourg, il tisse des liens avec la Russie, fournissant des équipements de navires à vapeur construits dans les chantiers navals de Cockerill. Devenu directeur général des Ets Cockerill, il investit largement en Russie, y fonde d’importantes sociétés, chargeant les usines de Seraing de l’installation d’entreprises. En 1886, la Compagnie Cockerill fonde ses Aciéries de Varsovie et dans le midi de la Russie, la Société dniéprovienne. Puis, ce sont les charbonnages du Donetz. Sadoine fonde une agence anglo-belge en Chine.
        L'usine à fers de Seraing est alors l'une des plus considérables de la contrée. Elle produit par année 25 à 30.000 tonnes de fer et de tôles de la meilleure qualité pour les établissements Cockerill mêmes et pour sa clientèle extérieure. La population de Seraing est en 1888 de 30.000 personnes. La population des usines est d'environ 8.000 personnes, dont 360 employés.

        La catastrophe survenue le 8 décembre 1881 à la houillère Marie du charbonnage Colard dans le chantier de la couche “Déliée-veine” entre les étages 308 et 348 mètres est commémoré par la Belle Pierre, qui se trouve devant le temple Antoiniste de Serain-Lize. Le charbon Colard est destiné à l'approvisionnement des fours à coke de ce charbonnage, et à l'alimentation des aciéries et de la fabrique de fer. 69 mineurs y trouvèrent la mort. L’événement marqua fortement les esprits de la population à tel point qu’une souscription populaire permit l’érection d’un monument commémoratif. Celui-ci est un monolithe de calcaire de dimension exceptionnelle. Deux pics croisés, symbole du métier de mineur sont sculptés sur l’obélisque. Sur les quatre faces du socle de la stèle on peut lire les inscriptions qui expriment bien les sentiments de ceux qui voulurent le monument : Coup de feu grisou, 8 décembre 1881 / Travaille est le cri des heureux Travaille est bien facile à dire / Par souscription populaire Aux martyrs du travail / La Société qui a le travail pour base doit nourrir le travailleur et non pas le tuer.

        Konrad Gustav Pastor meurt à Liège le 20 janvier 1890, à 94 ans.
    les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine
        Après Eugène Sadoine, suivra Adolphe Greiner (né en 1842) à la tête de la Société, il mourra en prison le 20 novembre 1915, refusant que la Société travaille pour les Allemands. Son fils Léon Greiner (1877-1963), à son retour de déportation en novembre 1918, reprend les rênes.

        Les fils de Konrad Gustav Pastor, Georg Octave et surtout Gustav Leon Pastor (1832 - 1922), tous deux ingénieurs des hauts-fourneaux, jouèrent un rôle important dans l'histoire des débuts de l'acierie dans la région du Rhin.
        En 1871, il fonde une usine à Meiderich. En 1877, Gustav Leon Pastor est directeur des aciéries du Rhin, à Ruhrort.
        En 1905, Gustav Leon Pastor, de Jemeppe-sur-Meuse, est membre de la Liste des Adhérents au Congrès international des habitations à bon marché de 1905.

        Il existe maintenant une rue Pastor à Seraing, derrière le Quai Sadoine, perpendiculaire à la rue Cockerill, ainsi qu'une avenue Adolphe Greiner.

        En 1955, la société Cockerill fusionne avec Ougrée-Marihaye (datant de 1808). Cockerill-Ougrée devient Cockerill-Ougrée-Providence en 1966 avec l'arrivée de Espérance-Longdoz (fondé en 1836). En 1979, est fondé Cockerill et Thy-Marcinelle et Providence. EN 1980, elle devient Hainaut-Sambre, puis Cockerill-Sambre en 1981. En 1999, la société fait partie du Groupe français Usinor et en 2002 est créé le Groupe Arcelor, regroupant Aceralia, Arbed et Usinor. En 2006, elle est acquise par Mittal Steel. ArcelorMittal est créé. Aujourd'hui, les usines sidérurgiques wallonnes du secteur des Aceirs Plats au Carbone Europe sont des centres de performances rattachés au premier groupe sidérurgique mondial. ArcelorMittal confirme, début 2008, l'abandon du projet de fermeture de la ligne à chaud de Liège.

    sources : www.digitalis.uni-koeln.de/Matschossm/matschossm197-201.pdf
    Suzanne Pasleau, «Caractéristiques des bassins industriels dans l’Eurégio Meuse-Rhin», Fédéralisme Régionalisme, Volume 3 : 2002-2003 - Mobilité et identités dans l'Eurégio Meuse-Rhin
    http://popups.ulg.ac.be/federalisme/document.php?id=298
    http://www.tschoepe.de/auktion49/auktion49.htm
    http://www.seraing.be/IMG/pdf/patrimoine_brochure-2.pdf
    http://users.swing.be/vivwal/walletr.htm
    http://www.protestantisme.be/default.asp?menu=histoire&page=communaute
    http://www.epubserainghaut.be/historique.html
    Industries et populations: l'enchaînement des deux croissances à Seraing au XIXe siècle (Google Books)
    Actes du VIIme Congrès international des habitations à bon marché tenu à Liege, du 7 au 10 août 1905 (1906)(archive.org)
    Notice sur les établissements de la Société Cockerill (1888)(archive.org)
    Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Volume 7 - De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914 (archive.org)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Seraing
    http://www.cockerill-sambre.com/fr/historique/historique.htm


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  • Illustration : Tombe de de Lexhy (vieux cimetière de Jemeppe, rue Aripette)

        Il devient mineur à 12 ans, en 1858. Il travaille certainement au charbonnage de la Concorde (ou des Makets) au Bois-de-Mont, ou de Baldaz à Flémalle-Grande (Robert Vivier, p.20). Louis fut d'abord un "gamin", qui aidait son père et son frère Eloi, emmenant les pierres du déblai, apportant les bois d'étayage, puis un "hiercheur" poussant la benne pleine et ramenant en sifflant la benne vide (Robert Vivier, p.29).

        En 1860, Louis Antoine est employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill à 14 ans. "Tout change. Les fils de sont pas les pères. Et si même son frère Eloi allait à la mine, ainsi que son parrain Louis Thiry, est-ce que Jean-Joseph y allait, lui ? Louis n'était pas pire que Jean-Joseph" (Robert Vivier, p.32). Il sortira au grade machiniste.

        Il fait son service militaire à 19 ans, en 1866.

        Il travaille un temps au chantier de cordage de M. Arnold de Lexhy. Les de Lexhy sont une famille riche de Liège et Jemeppe où les tantes de Lexhy possèdent le château Courtejoie. Un Lambert de Lexhy est maire de Jemeppe de 1802 à 1808, puis un Arnold de Lexhy de 1867 à 1882 (Marcel Peters, p.8). La rue de Jemeppe où se trouve ce château Courtejoie (près de la rue de la Station) porte le nom rue A. de Lexhy. C'est durant cette période que Rolland A E Collignon fait intervenir la mort d'un ami, socialo-anarchiste, que Louis Antoine ne pourra sauver car son patron , M. Pasteur, où travaille également Catherine comme "boniche", ne voudra pas appeler de docteur.

        Il est appelé sous les drapeaux pendant la guerre franco-allemande de 1870 (nous reviendrons sur cette période dans un autre billet). C'est durant cet appel qu'il tue par accident un camarade.

        En 1871, un ouvrier, Jean Leplat, lui parle d'usines qui manque d'ouvriers en Prusse, une fabrique de Cockerill les embauche dans le "pays de fer et de feu" (Robert Vivier, p.97). "- Vous travaillez ? - A l’usine Cockerill, s’empressa de répondre Catherine. - Aux presses, corrigea-t-il. - On y gagne bien sa vie, admit la mère. - Moins bien qu’à l’étranger, Madame. - Alors, vous allez partir ?" (Roland A E Collignon). A son retour au bout de 19 mois, il "hantait" toujours Catherine Collon, qui tombe enceinte. Ils se marient donc le 15 avril 1873. Louis Antoine est alors marteleur.

        Repart comme ouvrier métallurgique à l'usine Cockerill, il habite avec Catherine à Meiderich-Hamborn, 6, Vorwinkelstrasse. Leur fils naît le 23 septembre septembre 1873, la même année de leur arrivée.

        En 1876, ils rentrent et louent une maison à  Jemeppe, en haut de la rue Bois-de-Mont. "Il y a un petit terrain autour de leur maisonnette. Ils y plantèrent des légumes" (p.114). Louis Antoine retrouve une place de machiniste au charbonnage des Kessales à Jemeppe (il existe toujours l'entrée des Kessales, c'est la division du froid de Cockerill, vers Flémalle. Elle cessa toutes activités en 1966). Puis il vend des légumes de son jardin sur une charrette à travers "les rues et les corons" (Robert Vivier, p.121).

        En 1879, ils repartent comme ouvrier de Monsieur Pastor, de l'usine Cockerill de Seraing. Celui-ci l'envoie en Pologne russe, comme chef-marteleur, à Praga (près de Varsovie), où Catherine tiendra une pension pour ouvriers étrangers. Roland A E Collignon fait appeler le premier patron d'Antoine Monsieur Pasteur. Celui-ci l'aurait déjà embauché dès son premier emploi à Cockerill en 1860. Rolland A E Collignon raconte : Le vieux Martin avait observé Antoine pendant qu’il leur parlait de l’Allemagne et de la Pologne. Ses mains calleuses, durcies, meurtries, déformées par le travail trahissaient des journées exténuantes dans les immenses hangars. Il devina aussi les difficultés de trouver un logement sitôt arrivés, et les fumées sales qui asphyxiaient les ouvriers. On n’en sortait pas in-demne. Le vieux savait qu’on ne distribuait pas de bons salaires aux ouvriers sans raison… Non seulement, ils risquaient leur vie, mais ils y laissaient la santé à coup sûr. [...] - Il fallait voir Catherine s’activer dans l’estaminet, reprit gaiement Antoine, il y avait parmi les hôtes un grand gaillard qui s’appelait Dimitri, une espèce de cosaque… il nous aimait bien et parlait sans cesse des choses de la religion. Il disait à qui voulait l’entendre que nous sommes tous une parcelle de Dieu mais tant qu’ils n’en prendraient pas conscience, ils ne seraient jamais libres… Il disait aussi que c’était faire offense à Dieu de ne pas respecter ses commandements et qu’il fallait avoir beaucoup souffert pour consoler… Il parlait aux gens simples afin de les instruire de ces choses sublimes auxquelles il croyait tant, il tentait de les éveiller et cela provoqua des manifestations puis des émeutes et le sang coula… Un soir, des soldats firent irruption et l’emmenèrent de force. Le lendemain, des corps gelés pendaient au bout d’une corde sur la place publique. On les voyait osciller faiblement. Dimitri. Je n’oublierai jamais son visage si doux, livide, et son cou distendu… Avec lui disparaissait cette parcelle de Dieu dont il parlait si souvent. Le dernier cathare venait de rendre son dernier soupir…

        En 1884, achète une maison et en fait construire une vingtaine, en bas de la rue Bois-de-Mont, où sera édifié le temple, il est portier et encaisseur à la fabrique d'Arnold de Lexhy, les tôleries liégeoises (ce sont les premières installations des laminoirs à tôles en fer qui deviendront ensuite la Société des Laminoirs à tôles et fonderies liégeoises, transférée de Jemeppe, près de la station, à Jupille vers 1896 (Debouxhtay, p.50). Catherine Antoine y travaillera aussi comme concierge (Robert Vivier, p.178 et 194). Il rencontre son fils sur le retour à la maison, à la fin du travail. Il lui arrive de se rendre à La Neuville, sur le plateau du Condroz. Il doit donc traverser les prairies des Biens-Communaux, là où se trouve maintenant le temple de Seraing, et le bois de la Neuville, où se trouve la source du Père Antoine (et d'autres sources)(Robert Vivier, p.186). Il restera encaisseur jusqu'en 1900, année où il décidera de se vouer exclusivement au spiritisme (Debouxhtay, p.50). Il s'occupe aussi un temps d'assurance, il représente l'Union de Paris, mais les source ne disent pas quand exactement (Marcel Peters, p.124 & Debouxhtay, p.43). Roland A E Collignon lui fait voir le maire, nommé Debleyer dans le roman, pour son dispensaire qui ne verra pas le jour. Or d'après la liste constituée par Marcel Peters, il n'y eut pas de maire de ce nom à Jemeppe (p.8).


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  • LA VIE DU PERE ANTOINE
    La vie de dévouement du PERE ANTOINE, ce mineur belge qui pendant plus de 22 ans, s'est consacré à l'humanité souffrante, guérissant par la FOI les malades, consolant les affligés, prodiguant à des milliers de malheureux le soulagement et la force morale nécessaire à leur âme, mérite d'être connue.


    Né en BELGIQUE, en 1846, cadet d'une famille de 11 enfants, il débute dans la mine à 12 ans, accompagnant son père et un frère également mineurs.


    A 14 ans, il éprouve déjà un grand plaisir à prier, non pas comme on le fait ordinairement à cet âge: il aime se recueillir profondément, à élever son coeur vers DIEU. Que de fois, ne quitta-t-il pas furtivement son travail, s'isolant dans quelque coin pour mieux faire sa prière!


    A 24 ans, pour améliorer sa situation, il part à l'étranger, en ALLEMAGNE, puis en RUSSIE. Marié, il économise, avec sa femme, une petite fortune, qui lui permet de vivre sans travailler.


    Il comprit qu'il se devait à ses semblables. C'est alors qu'il ressentit la FOI qui, malgré une maladie d'estomac dont il est affligé, lui inspira le devoir de se dévouer toujours davantage envers ceux qui souffrent moralement et physiquement. Sa longue expérience lui fit reconnaître que: LES PLAIES DU CORPS NE SONT QUE LA CONSEQUENCE DES PLAIES DE L'ÂME. C'est donc à l'âme qu'il applique le remède.


    Le souvenir de l'amour qu'il donna inlassablement à ses malades (il en reçut jusqu'à 1200 par jour depuis 5 Heures du matin jusqu'à 15 Heures, sans discontinuer) du mot juste qu'il savait dire pour couper une peine pendant les courts instants qu'il consacrait individuellement à chacun de ses consultants, des guérisons spectaculaires qu'il opéra par sa prière, sont toujours gravés dans la mémoire collective à JEMEPPE et dans les environs!


    De 1906 à 1909, le dimanche, de 10 Heures à midi, le PERE ANTOINE reçut et transmit la REVELATION qui fut précieusement recueillies par les adeptes.


    Son pouvoir, qui s'était agrandi, lui permit d'opérer sur un plus grand nombre de personnes, aussi bien qu'auparavant sur une seule à la fois. Il reçut les fidèles tous réunis dans le TEMPLE les quatre premiers jours de la semaine à 14 Heures.


    Le CULTE ANTOINISTE a été sanctifié le 15 août 1910. Cette date est aussi celle de la consécration du premier TEMPLE du CULTE ANTOINISTE, celui de JEMEPPE-SUR-MEUSE.


    Le PERE ANTOINE s'est désincarné le 25 juin 1912. Il avait 66 ans et était entouré de la vénération et de l'amour d'une foule innombrable d'adeptes venus de BELGIQUE et de l'étranger, spécialement de FRANCE.

    source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/


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