• Gustave Gony, spirite et socialiste d'abord

        Un Gony est spirite et socialiste. Il habite selon Robert Vivier (p.157) à Seraing. En tant qu'ami de Louis Antoine, il l'initia, avec son ami Célestin Macot, aux idées d'Allan Kardec, en l'invitant notamment chez Mr. Ghaye, à Tilleur.
        Il fut à l'origine de la première tentative en 1884-86 de la société spirite avec Debroux et Antoine (p.168) et de la nouvelle tentative (p.173) qui se trouvera fructueuse en 1893-95.
       Le Flambeau, ayant comme rédacteur en chef un militant socialiste, G. Gony, qui avait fondé avec Antoine le groupe des "Vignerons", répandait les enseignements spirites dans la région de Seraing.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.65

        L'enterrement de Mme veuve Gony est le deuxième selon le rite spirite dans la région, le 13 janvier 1892 (Pierre Debouxhtay, p.28).
        On ne sait pas quelle société fut en charge de cette enterrement (certainement l'Union spiritualiste de Liège ou déjà l'Union spirite de Seraing), mais Debouxhtay nous renseigne (p.66) que les Vignerons du Seigneur possédaient un drapeau en velours noir sur lequel étaient brodés en fils d'argent deux branches de vigne et l'inscription : "Les Vignerons du Seigneur. Nous sommes les ouvriers de la dernière heure."

        Un Alfred Gony, menuisier âgé de 34 ans en 1893 et domicilié à Jemeppe, est témoin sur l'acte de décès du fils des Antoine.

    les Gony, spirite(s), socialiste(s)

    signature d'Alfred Gony
    (Acte de décès du fils Antoine(search.arch.be))
     

        Jacques Cécius, dans son opuscule (non publié, disponible chez l'auteur) dit : "Gustave Gony, militant socialiste, fondateur d'un journal prônant le suffrage universel. Un ancien directeur d'école nous dit un jour que les vieux de Seraing racontaient que Gony et son frère étaient à ce point pauvres que, lorsqu'il y avait l'une ou l'autre réunion politique, l'un des deux devait rester à la maison, car ils ne possédaient qu'un seul pantalon en bon état !
        "Gony, pratiquant convaincu du spiritisme, réussit à entraîner un dimanche son ami Louis à une séance à Tilleur, commune voisine. Ces séances d'évocation se déroulent dans l'arrière-salle du café Ghaye. Les filles du tavernier sont les médiums attitrés."

    les Gony, spirite(s), socialiste(s)

    signature de Gustave Gony
    sur son acte de mariage (12 septembre 1900)(search.arch.be))

        Un petite rue de Seraing porte le nom de Gustave Gony (ainsi qu'une Résidence et une École maternelle), vers le Bois de la Marchandise d'Arras.

        On trouve une fiche généalogique au nom de Gustave Jean Joseph Gony, naissance le 5 Juin 1870 à Jemeppe-sur-Meuse, décès le 19 août 1913 à Seraing. Chef de bureau, Secrétaire communal. Marriage avec Marie Catherine Guillemine PLUMIER à Seraing, le 12 septembre 1900. Le Fraterniste écrit une petite nécrologie pour Gustave Gony.

        Reste à découvrir le lien, s'il y en a un, entre cet Alfred et ce Gustave. Jacques Cécius semble indiquait qu'ils sont frères. Mais la fiche généalogique n'indique d'un frère (sans date de décès), un certain Alphonse qui réside à Huy en 1900 et qui sera témoin du mariage de Gustave (acte de mariage avec Marie Plumier).

    Gustave Gony, spirite d'abord

    Signature de Alphonse Gony sur l'acte de mariage de Gustave Gony (12 septembre 1900)

  • Mort de Gustave Gony (Le Peuple, 20 août 1913)(Belgicapress)

    Mort de Gustave Gony

        Une bien triste nouvelle nous est téléphonée de Seraing : notre ami Gustave Gony, secrétaire communal de la cité rouge, n'est plus !
        Notre pauvre camarade succombe en pleine jeunesse, en pleine ardeur de travail.
        Il tombe à 43 ans, au moment où il se consacrait tout entier à la chose publique et aux progrès du mouvement coopératif.
        Le parti ouvrier sérésien perd en Gony un des plus vaillants et des plus sincères de ses soldats.
        Né à la Neuville, en Condroz, il vint à Jemeppe, à l'âge de 14 ans.
        Des que sa jeune intelligence se fut éveillée, il s'intéressa au mouvement philosophique et social de son époque.
        Jeune ouvrier menuisier, assoiffé de connaissances, il suivit, durant trois années, les cours de l'école industrielle de Seraing et y puisa le goût des lectures sérieuses.
        Il entra alors dans le mouvement spirite et fonda le journal le « Flambeau » dans lequel il fit, tout au moins, autant de propagande socialiste que de prosélytisme spiritualiste.
        Mais bientôt, la lutte politique et économique le réclame. Devenu l'alter ego de notre regretté Alfred Smets, il bataille, avec lui, chaque jour, contre toutes les forces sociales acharnées, en ces temps héroïques, à réduire par la faim les champions du socialisme.
        Gony possédait un petit pécule, toute sa richesse.
        Sans hésiter, avec l'impétuosité et l'enthousiasme de la jeunesse, il le place dans une imprimerie destinée à servir la cause du Parti ouvrier. Il perdit tout.
        Ce fut, alors, pour le jeune propagandiste, la période d'extrême dénuement.

    Mort de Gustave Gony (Le Peuple, 20 août 1913)(Belgicapress)

        Sans travail, lui et son ami Alfred Smeets, les deux militants unirent leur misère. Non seulement, ces hommes, résolus jusqu'à l'héroïsme, vécurent ensemble, mais ils en furent réduits à mettre en commun leur maigre garde-robe, afin de pouvoir, tour à tour, paraître décemment dans les assemblées.
        En 1890, Gony est à Seraing et aux côtés de Smeets il mène avec la bonne humeur et la confiance qui ne le quittaient jamais, la grande grève des mineurs si féconde en incidents.
        Mais le vote de la revision, la transformation du régime électoral ouvre des voies nouvelles aux propagandistes.
        L'inoubliable campagne électorale de 1894 se déroule au pays de Liége.
        Le jeune parti ouvrier poursuit la guerre : contre les vieux partis avec une ardeur et un enthousiasme sans précédent dans l'histoire du pays. C'est, partout, l'assaut le plus emballé, le plus audacieux.
        Gustave Gony est au premier rang des orateurs de meeting. Dans les réunions publiques, convoquées par les libéraux qui se croyaient les maîtres encore des communes ou leur prestige avait été souverain jusque là, le jeune socialiste paraissait à la tribune, tenant tête, avec une vigueur, une science, une éloquence surprenantes à des politiciens de l'envergure d'un Dupont et d'un Greiner.
        Elu conseiller communal en 1893, il est porté à l'échevinat de l'instruction publique et se consacre, tout entier, à ses nouvelles fonctions.
        Un jour, le bourgmestre doctrinaire, furieux contre son échevin dont la vigilance ne se démentait pas un seul instant, le fit expulser d'une école « manu militari ».
        Gustave Gony ne répondit qu'en riant à ce geste de violence, et fit voter un nouveau barème au profit du personnel enseignant, barème dans lequel se trouvait consacrée, pour la première fois en Belgique peut-être, l'égalité des sexes devant le traitement.
        Un incident de cette partie de la trop courte vie de notre regretté camarade, caractérise bien les généreuses tendances de son caractère. Ayant été condamné, après une polémique de presse, à 3,000 francs d'amende ou deux mois de prison subsidiaire, Gustave Gony préféra aller en prison, bien qu'une souscription importante eut été ouverte. Gony versa le produit de la souscription dans une caisse de propagande.
        Mais ses ennemis ne lâchaient point prise et le pauvre échevin socialiste, n'ayant pas d'autres ressources pour subsister, vit saisir le cinquième de son traitement annuel de 800 francs !
        Les camarades de Saint-Georges, commune socialiste, mû par un sentiment de vive sympathie, offrirent à Gony l'emploi de secrétaire communal. Ils exigèrent seulement du nouveau fonctionnaire qu'il établisse sa résidence à Saint-Georges.
        Gustave Gony, sachant que la majorité socialiste sérésienne n'était que d'une voix, n'hésita pas ; il refusa l'emploi et maintint la majorité au parti.
        Enfin, le terme de l'ère des privations et des souffrances physiques approchait.
        Nos camarades du collège de Seraing, ayant à lutter contre le mauvais vouloir, systématique des bureaux, composés de créatures doctrinaires, désignèrent Gony au poste de directeur des services administratifs.
        Elu conseiller provincial, on lui confie, en 1900, la vice-présidence de cette assemblée, et il s'acquitta de cette fonction avec un zèle et un tact, auquel tous ses collègues rendirent hommage.
        Entre-temps, au sein de la coopérative socialiste locale, il accepte de guider le navire dans les eaux dangereuses dans lesquelles il naviguait. Malgré cela, Gustave Gony préconise l'abonnement obligatoire au « Peuple » et grâce à la diffusion de la presse socialiste, rend la force et la stabilité à la coopérative ouvrière.
        Gustave Gony fut un cœur généreux, une âme hantée d'idéalité, le type de l'homme franc, loyal et honnête, d'un commerce agréable dans le public et dans le privé.
        S'il eut des démêlés avec Alfred Smets, ces discussions n'eurent que des motifs d'ordre administratif. Et si des camarades eurent des préventions envers l'un ou l'autre de ces deux hommes, si bien faits pour s'entendre et pour s'estimer, il ne reste, aujourd'hui, que le souvenir pâli de ces déchirements passagers. Tous, en apprenant le terrible malheur qui frappe le parti sérésien, baisseront le front avec respect devant la mort impitoyable et uniront, dans un même et douloureux regret, les noms respectés d'Alfred Smets et Gustave Gony.
        Le « Peuple », douloureusement ému, salue avec respect la mémoire du vaillant lutteur qui vient de disparaitre.

    *
    *      *

        Les funérailles civiles auront lieu jeudi, dans la plus stricte intimité.

    Le Peuple, 20 août 1913 (source : Belgicapress)


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  • Le Flambeau avec Gust. Gony en 1895 (Die Übersinnliche Welt, v3-4, 1895-1896)(iapsop.com)

    "Le Flambeau". Organe de la "Fédération spirite de la Région de Liége" et du "Comité de Propagande de Paris". Rédacteurs : Monsieur Félix Paulsen à Angleur-lez-Liège et Monsieur Gust.[ave] Gony à Jemeppe s. M., N° 1, Quai de la Saulx. Collaborateurs : J. C. Chaigneau, A. Laurent de Faget, Léon Denis, Victor Marchand, A. Dufilholl, Stanislas Dismièr, J. Fievet, Louis Pierard. Abonnement à l'année pour la Belgique 3 Frcs. Par union postale 6 Frcs. Numéro individuel 5 ct. Tirage 3 500 exemplaires.

    Source : Die Übersinnliche Welt, v3-4, 1895-1896 (iapsop.com)


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  • Groupe spirite de Seraing avec G.Gony en 1895

    Union Spirite de Seraing, secrétaire Monsieur G.[ustave] Gony, 1, Quai de la Saulx, à Jemeppe s. M.
    Réunion le premier Dimanche de chaque mois à Serainf, N° 1, rue Vecquée. (300 membres).

    Source : Die Übersinnliche Welt, v3-4, 1895-1896 (iapsop.com)


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  • Acte de mariage Gustave Gony et Marie Plumier (12 septembre 1900)

       L'an mil neuf cent, le Mercredi Douze Septembre devant Nous sieur Garnier, le Conseiller Communal faisant fonction d'Échevin, Officier de l'état Civil de Seraing ont comparu publiquement en notre maison commune Gustave Jean Joseph Gony, chef de bureau, âgé de trente ans, domicilié à Seraing, né à Jemeppe, le cinq Juin Mil huit cent septante, fils majeur et légitime de François Édouard Joseph Gony et de Marie Élisabeth Looz, décédés sort extraits ci-annexés & Marie Catherine Guillemine Plumier, institutrice, âgée de trente un ans, domiciliée à Seraing, y née le Vingt quatre Octobre Mil huit cent Soixante huit, fille majeure et légitime de Pierre joseph Plumier, décédé sort extrait ci-annexé et de Florence Louise Joseph Leloup, sans profession, aussi domiciliée à Seraing, ici présente et consentante.

    Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et donc l a publication a été faite à Seraing, le Dimanche deux Septembre dernier, sans opposition.
    Attendu que le futur étant âgé de plus de trente huit ans, n'a plus à fournir la preuve qu'il a satisfait en Belgique aux obligations de la milice.
    Faisant droit à la réquisition des parties après leur avoir donné lecture des pièces ci-annexées relatives à leur état civil et aux formalités du mariage, comme aussi du chapitre VI du titre V du code civil, intitulé du Mariage, avons demandé au futur et à la future s'ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun d'eux ayant répondu séparément et affirmativement prononçons au Nom de la loi, qu'ils sont unis par le Mariage et aussitôt les époux nous ont déclaré n'avoir arrêté aucune convention matrimoniale, cises avoir été leur Convention matrimoniale, faisant acte devant maître Hamal, notaire à Seraing, le Vingt Cinq Août dernier.
                                      Donc acte dressé en présente de Alphonse Gony, âgé de trente huit ans, adjudant de matériel d'Artillerie, de Édouard Heptin, âgé de trente huit ans, de Charles Mothy, âgé de cinquante un ans, de Félix Prudhomme, âgé de vingt six ans, instituteur, le premier frère de l'époux, domicilié à Huy, les autres non parents domiciliés à Seraing.
                                      Lecture faite, toutes les parties ont signées devant nous le présent acte.

    (suivent les signatures).


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  • Gustave Gony, spirite et socialiste     Un G. Gony est échevin de l'instruction publique de Seraing en 1898.
        Dans le Volksbelang du samedi 15 avril 1911, on apprend qu'il proposa, lors du travail du groupe socialiste de la Fédération liégeoise, que le flamand soit la langue d'enseignement en Frandre, alors que le français le resterait uniquement pour la Wallonie. Des cours de français et de flamand seront assurés cependant dans les deux côtés du pays. De ce fait, l'Université française de Gand devrait être transférée à Mons.

    Voici l'article en entier :
        Een Waalsch socialist, gezel Gustave Gony, van Luik, zal over de Vlaamsche hoogeschool aan de Luiksche federatie van de socialistische werkliedenpartij eene oplossing voorstellen, die wij hier samenvatten.
        Na overwogen te hebben de « diepe beweging die in het Vlaamsche land bestaat voor de verdediging en bewaring van de moedertaal, alsmede het recht van elk volk zich in zijn eigen taat te ontwikkelen », wenscht de heer Gony dat alle scholen in het Walenland Fransch en in het Vlaamsche land Vlaamsch zouden zijn.
    Een verplichtende leergang van Fransch en een leergang van Vlaamsch zouden in alle lagere en middelbare scholen der twee graden hetzij in het Vlaamsche land, hetzij in het Walenland, ingericht worden.
        De Fransche Universiteit van Gent zou naar Bergen overgebracht worden.
        Te Gent zou eene Vlaamsche hoogeschool ingericht worden.

    source : ftp://digitaal.liberaalarchief.be/Periodieken/Volksbelang/1910-1914/1911/19110415/Volksbelang%20-%2019110415.pdf


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  • Gustave Gony, Nécrologie (Le Fraterniste, 3 octobre 1913)NECROLOGIE

        Deux grands amis de l'Humanité et de notre doctrine d'Amour viennent de disparaitre à nos yeux de chair, mais nous en conserverons le souvenir vivace en nos cœurs.

    Ce sont CARLO BOURLET, décédé le 13 août à Annecy (Haute Savoie), et
    GUSTAVE GONY, décédé en Belgique.

        Gustave Gony était un vieil ami pour moi.
        Avec son ami Félix Paulsen, actuellement rédacteur au « Peuple » de Bruxelles, il avait fondé, voici une vingtaine d'années, à Jemmepes sur Meuse, près Liège, un journal spirite hebdomadaire, à tendance socialiste, qui fut d'une belle tenue et qui représenta un vaillant effort vers l'élargissement de la portée du spiritisme.
        « Le Flambeau » (tel était son titre), fut, je crois, le premier journal spirite hebdomadaire. J'eus le plaisir et l'honneur d'y collaborer. Et voilà que ce brave Gony, si ardent et si dévoué, est enlevé lui aussi en pleine force. Le « Fraterniste » qui représente un idéal si semblable au sien, lui enverra, j'en suis sûr, à tous égards, une chaleureuse pensée de sympathie

                                           J.-C. CHAIGNEAU.

    Le Fraterniste, 3 octobre 1913


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  • Acte de décès de Veuve Gony (Looze) le 11 janv 1892, 1ere enterrenent spirite de Jemeppe

    DÉCÈS de Looze Marie-Elisabeth-Virginie

    L’AN MIL HUIT CENT Quatre Vingt Douze, le onzième jour du mois de janvier, à deux heures de relevée, par devant nous Eustache Bougnet, Bourgmestre, Officier public de l’état civil de la commune de Jemeppe, arrondissement judiciaire et province de Liége sont comparus Alfred Gony, menuisier, âgé de trente-trois ans, fils de la défunte, et Gilles-François Schouleur, employé, âgé de vingt-quatre ans, connaissance, tous deux domiciliés à Jemeppe, lesquels nous ont déclaré que cejourd’hui, onze Janvier, à deux heures du matin, Marie-Elisabeth-Virginie Looze, couturière, âgée de soixante-et-un ans, domiciliée à Jemeppe, veuve de François-Joseph-Edouard Gony, née à Nandrin le trente Novembre Mil huit cent trente, fille de feu Mathieu-Joseph Looze et de feue Marie-Joseph Petit, est décédée rue de la Station, à Jemeppe, et après avoir donné lecture du présent acte aux comparants, ils ont signé avec nous. (suivent les signatures).

     

    Pierre Debouxhtay indique que cela fut le premier enterrement spirite de Jemeppe. On voit ainsi la signature d’Alfred Gony qui fut membre des Vignerons du Seigneur.

    Une Marie Schouleur, épouse Dessart, est inscrite dans les statuts du culte antoiniste de 1922. S’agit-il d’une soeur du témoin Gilles-François Schouleur ?


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  • Introduction :
    Une idéologie socialiste
    «Nul doute que tout spirite devrait avoir une mentalité socialiste, en considérant les graves problèmes économiques et sociaux qui affligent le monde contemporain. Le spiritualisme spirite est la conception idéologique la plus sûre pour développer une interprétation idéaliste exacte de l’homme et de l’histoire. Car tout ce qui est dit pour rendre compte des processus économiques de l’histoire, demeurera insuffisant si cela ne repose sur des faits spirituels évidents.»
    Tiré de «Parapsychologie et matérialisme historique», Humberto Mariotti, Buenos Aires
    source : http://www.allankardecparis.com/cercle_spirite_allan_kardec_les_pionniers_suite.htm


        Robert Vivier semble distancier son héros du socialisme. Cf. p.172 (Ah ! fit Antoine avec malice, on voit bien que vous êtes socialiste, Gony. Le suffrage universel, voyez-vous, c'est bon pour la politique mais ça n'a rien à faire avec le spiritisme) et cité par Claudine Gothot-Mersch, p.366 : "Aucun souci politique chez le guérisseur : la rencontre d'un socialiste se déroule dans l'ignorance (qu'est-ce que c'est socialiste ?) et dans la réticence (Est-ce que les hommes ont à décider de la justice ? Dieu seul est juste) ; d'ailleurs, les socialistes sont violents, cela suffit à les rendre suspects.
        Il y avait d'ailleurs une défiance des deux côtés, car Jules Bois, dans le Miracle Moderne, finit son chapitre par "la spirituelle parole du socialiste belge, M. Demblon, "Le mysticisme naît la plupart du temps dans les villes où il y a trop de fumée." (Pierre Debouxthay, p.69),
        Cependant certaines idées, certes dans l'air du temps, son proche entre cette doctrine politique et cette autre spirituelle.

        L'approche du concept de justice de Platon chercha a montrer que celle-ci était au profit des plus faibles, se rapprochant ainsi d'utopies sociales, de certains mouvements religieux ou laïcs antérieurs à 1789. D'autres le dateront à l'apparition de manifestations concrètes d'un mouvement identifié comme socialiste.
         Du point de vue idéologique, l’analyse matérialiste situe le socialisme dans une perspective historique de volonté de la suppression du rapport « dominé / exploiteur », et se place dans la lignée de la plupart des luttes d'émancipation depuis l'Antiquité.
        Du point de vue historique, ce mouvement nouveau a ainsi fait son apparition à l'époque des Révolutions industrielles du XIXe siècle et a trouvé un terrain de lutte intimement lié à la société moderne de classes (par opposition à la société des ordres), et notamment à la classe ouvrière. Le penseur principal de cette seconde phase est Karl Marx.
        Le socialisme est né aussi dans les années 1820-1830 avec des penseurs – les précurseurs – comme Saint-Simon qui s'inscrivit dans la lignée de l'école des idéologues. L'héritage de Saint-Simon sera multiple. Ses écrits ont été repris après sa mort en 1825 par Barthélemy Prosper Enfantin (polytechnicien), pour engendrer le courant du saint-simonisme (qu'on a évoqué ici dans la partie Les Utopies).
        Maintenant, de la pensée la plus proche à la plus éloigné de l'antoinisme :
    - Le socialisme utopique, à l'image du Saint-Simonisme, a décliné après 1870 lorsque le marxisme s'est imposé comme la pensée majeure du socialisme. Il s'est cependant poursuivi à travers le mouvement coopératif et de nombreuses expériences communautaires auxquelles on doit rattacher les "milieux libres" libertaires, plus ou moins durables, plus ou moins organisées autour du travail, de l'épanouissement personnel (Les Rencontres du Contadour de Jean Giono), de valeurs morales (Les Communautés de l'Arche, etc. Et j'ajouterai ici l'Antoinisme.
    - Le socialisme utopique prône la transformation sociale et l'édification d'une société idéale, fondée sur l'abondance et l'égalité. Le socialisme utopique repose sur une vision très optimiste de l'homme : l'homme est bon par nature, ce qui implique qu'on peut faire confiance en sa raison pour faire évoluer la société et aboutir à une civilisation de la Raison et du bien-être. Le socialisme utopique diffère d'autres socialisme par sa méthode. Il ne prône généralement pas de révolution, et ne fait pas confiance en l'action de l'État.
    - Le socialisme chrétien tire sa source du message de Jésus Christ dans les évangiles, en particulier le sermon sur la montagne. Il se base sur l’idée d’égalité entre hommes (égalité des âmes), la fraternité entre hommes (tous frères car « fils de Dieu ») et la dignité humaine (les hommes sont faits « à l’image de Dieu »). Il prône en particulier un certain détachement personnel des richesses et plaisirs matériels (accusés de détourner l’homme du Bien) et l’aide aux plus pauvres et persécutés.
    - Le socialisme marxiste est une théorie politique basée sur la conception matérialiste de l’Histoire, et caractérisée par l’objectif de la mise en commun des moyens de production et d'échanges ainsi que par la répartition des biens équitablement à tous. Ce courant a été principalement marqué par la pensée de Karl Marx, d'où le terme « marxisme ». Il lutte pour un monde sans classes sociales et sans oppression.

    Quelques citations de Jean Jaurès :
    Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
          Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903, à Albi, dans Anthologie de Jean Jaurès, Louis Lévy, Calmann-Lévy, paru en 1983, ISBN 2826605771, p. 273.

    Mais dans l’ordre prochain, dans l’ordre socialiste, c’est bien la liberté qui sera souveraine. Le socialisme est l’affirmation suprême du droit individuel. Rien n’est au-dessus de l’individu.
          « Socialisme et liberté » (1898), dans Œuvres, Jean Jaurès, éd. Rieder, 1931, vol. 6, p. 87

    «Quel que soit l'être de chair et de sang qui vient à la vie, s'il a figure d'homme, il porte en lui le droit humain.»

    «La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous.»

    «La République c'est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté.»

    «Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience.»

    «Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir.»

    «L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.»

    «Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.»


        Dans l'ouvrage de Louis-Auguste Blanqui, L'Éternité par les astres (1872), élaboré il est vrai sur la fin de sa vie alors qu’il subit une fois de plus la prison, il expose que la combinaison d'atomes dont nous résultons se reproduit un nombre infini de fois (dans l'infinité de l'espace et du temps) de sorte que chacun de nous a une infinité de sosies.


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