•     Expression d’origine anglaise, sa traduction en français littérale serait "pas d’effort, pas de récompenses" que l’on peut alors rapprocher de notre expression figée "qui ne tente rien n’a rien". On la trouve pour la première fois au XIIe siècle puis est réinterprétée au XVIIe avant d’être popularisée au XVIIIe par Benjamin Franklin.

    Source : http://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/13897/no-pain--no-gain/

        Il a pris de l’importance après 1982 lorsque l’actrice Jane Fonda a commencé à produire une série de vidéos d’entraînement aérobic. Dans ces vidéos, Fonda utilisait "No pain, no gain" et "Feel the burn" comme slogans pour le concept de travailler au-delà du point de ressentir des douleurs musculaires. 0L’expression a été adoptée dans une variété d’activités sportives et de remise en forme, du début des années 80 à nos jours.

    Source : https://en.wikipedia.org/wiki/No_pain,_no_gain

     

    Origine :

        Une forme de cette expression se trouve au début du IIe siècle, dans Chapitre des pères 5:21 (connue en hébreu sous le nom de Pirkei Avot) :

    :« 

    לְפוּם צַעֲרָא אַגְרָא   

    »

    בֶּן הֵא הֵא אוֹמֵר  

        Le rabbin Ben Hei Hei dit : "En accord avec le travail, il y a la récompense." [lapom tsara agra]

         - Pirkei Avot 5:23

        Ceci est interprété comme une leçon spirituelle ; sans la douleur de faire ce que Dieu ordonne, il n’y a aucun gain spirituel.

        En anglais, l’une des premières attestations de la phrase vient du poète Robert Herrick dans ses "Hesperides". Dans l’édition de 1650, un poème de deux lignes a été ajouté :

    NO PAINS, NO GAINS.

     

        If little labour, little are our gains:

     

        Man's fate is according to his pains.

    AUCUNE DOULEUR AUCUN GAIN.

         À peu de travail, peu de gains :

         Le destin de l’homme dépend de ses douleurs.

         - Hesperides 752.

        Une version de la phrase a été conçue par Benjamin Franklin, dans son personnage de Poor Richard (1734), pour illustrer l’axiome "God helps those who help themselves" (« Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes ») :
        Industry need not wish, as Poor Richard says, and he that lives upon hope will die fasting. There are no gains, without pains...
        « L’industrie n’a pas besoin de le souhaiter, comme le dit le pauvre Richard, et celui qui vit d’espoir mourra à jeun. Il n’y a pas de gains, sans douleurs... »

         - tel que réimprimé dans The Way to Wealth (1758)

    Source : https://en.wikipedia.org/wiki/No_pain,_no_gain
    & https://he.wikipedia.org/wiki/לפום_צערא_אגרא

     

        L’expression hébreu biblique peut être rapprochée également à l’expression française : « Tout travail mérite récompense » que l’on retrouve dans les Contes nouveaux et nouvelles nouvelles en vers de Henri Pajon (1753) les Éléments raisones de la gramaire françoise de Joseph Roullé (1797).
        Elle semble une adaptation de l’italien Per nulla il prete non canta messa (« Le prêtre ne chante pas la messe pour rien »).

        Mais venons-en à l’expression que l’on trouve dans l’Enseignement : Sans épreuve, point d’avancement ». On la retrouve dans plusieurs chapitres (La Révélation, Lois dites de Dieu, p.47 ; La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.127 ; La Révélation, L'existence de Dieu est la négation de la matière & l'existence de celle-ci la négation de celle de Dieu, p.168, §2 ; La Révélation, L'arbre de la science de la vie du bien, p.176) ainsi que dans le Dixième principe : « Sachez qu'une grande épreuve / Sera votre récompense ».

        Il semble que c’est bien le Père qui y soit à l’origine. On ne la retrouve sous cette forme nulle part ailleurs que dans l’enseignement. Aurait-elle un lien avec l’expression wallonne : i n’a nole avance, souvent rendu en français (jusque dans le Nord de la France) par « il n’y a pas d’avance » et qui signifie « ça ne sert à rien. »

     


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  • Pascal - Pensées, édition de Port-Royal, 1670, p.303

        [§] Dieu a créé l’homme avec deux amours, l’un pour Dieu, l’autre pour soi-même ; mais avec cette loi, que l’amour pour Dieu serait infini, c’est à dire sans aucune autre fin que Dieu même, et que l’amour pour soi-même serait fini et rapportant à Dieu.
        L’homme en cet état non seulement s’aimait sans péché, mais il ne pouvait pas ne point s’aimer sans péché.
        Depuis, le péché originel étant arrivé, l’homme a perdu le premier de ces amours ; et l’amour pour soi-même étant resté seul dans cette grande âme capable d’un amour infini, cet amour propre s’est étendu et débordé dans le vide que l’amour de Dieu a quitté ; et ainsi il s’est aimé seul, et toutes choses pour soi, c’est à dire infiniment.
        Voilà l’origine de l’amour propre. Il était naturel à Adam, et juste en son innocence ; mais il est devenu et criminel et immodéré ensuite de son péché.

    Pascal, Pensées, édition de Port-Royal, 1670, p.303
    source : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Pascal_-_Pens%C3%A9es,_%C3%A9dition_de_Port-Royal,_1670.djvu/383


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  •     Ce qui remplit notre monde mental, ce n’est pas le réel, c’est la représentation du réel par la rêverie et le récit.

     

    Boris Cyrulnik, La nuit, j'écrirai des soleils,
    Odile Jacob, Paris, 2019 - 304 pages


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  •     Une autre caractéristique de notre cerveau, c'est la conscience que nous avons de ce que nous faisons n'a pas été conçue comme un instrument qui nous permette de prendre des décisions. Quand les psychologues sont allés étudier, dans les années 1960, la question de la volonté, ils ont fait la découverte sidérante que les variations électriques correspondant à l'expression de sa volonté par un sujet apparaissent dans le cerveau après qu'a été réalisé l'acte dont nous imaginons qu'elle l'a déterminé. La représentation au niveau de la conscience de la volonté que nous allons poser un acte, ce que nous appelons notre « intention », n'intervient en fait qu'entre une demi-seconde et... dix secondes après que la décision d'agir a été prise au centre décisionnel du système nerveux alors que l'acte lui-même a pu être réalisé par le corps un dixième de seconde seulement après l'événement nerveux qui en a été le véritable déclencheur. Pour le dire d'une manière imagée : la conscience arrive longtemps après la bataille.
        Le psychologue qui a découvert cela est américain et s'appelle Benjamin Libet (1916-2007). La première hypothèse qu'il a émise, quand les faits lui sont apparus dans toute leur clarté, a été d'imaginer qu'il existait un mécanisme dans le cerveau permettant à une information de remonter le temps, ou bien que la volonté agit comme un effet de champ, mais sans que ce champ soit détectable « par un quelconque instrument de mesure objectif, physique » (1997 : 137). Son explication première n'a pas été que « volonté » est un mot dénotant un processus illusoire, une mésinterprétation de notre propre fonctionnement, mais que la volonté devait bien - comme nous l'imaginons spontanément parce que les mots de la langue nous le suggèrent fermement - décider des choses que nous allons accomplir. La seule explication possible était que la volonté remonte dans le temps pour poser les actes que nous supposons qu'elle détermine, seule manière de rendre compte du décalage observé (il avait calculé qu'il était d'une demi-seconde ; les recherches ultérieures ont montré qu'il pouvait aller jusqu'à dix secondes).
        Au début, avant que nous ne fassions intervenir l’inconscient dans le mécanisme décisionnel, la conscience était censée décider de tous nos actes, à l'exception des actes réflexes. Freud a ensuite opposé le conscient à l'inconscient, qui sont deux types de mécanismes causaux de notre comportement : la conscience prend certaines décisions, l'inconscient en prend d'autres ou introduit des distorsions dans nos décisions conscientes. Mais, avec la découverte de Libet, il n'y a plus – du point de vue décisionnel – qu'un seul type d'actes, déterminés par l'inconscient, la seule différence étant que certains apparaissent dans le « regard » de la conscience (avec un délai par rapport à l'acte posé), et d'autres non.
        Dans l'article où je proposais pour la première fois une théorie complète de la conscience tenant compte des découvertes de Libet, j'écrivais : « La conscience est un cul-de-sac auquel des informations parviennent sans doute, mais sans qu'il existe un effet en retour de type décisionnel. C'est au niveau de l'affect, et de lui seul, que l'information affichée dans le regard de la conscience produit une rétroaction, mais de nature “involontaire”, automatique » (Jorion 1999 : 179).
        La conscience est privée du pouvoir décisionnel que nous lui attribuons habituellement et, du coup, nous devons revoir le sens que nous assignons à des expressions communes telles que « avoir l'intention de », « vouloir », « faire attention à », « se concentrer », etc.
        Je suggérais alors de remplacer, pour souligner les implications de la nouvelle représentation, le mot « conscience » par « imagination », et le mot « inconscient » par « corps », pour conclure alors que toutes nos décisions sont en réalité prises par notre corps, mais que certaines d'entre elles (celles que nous avions l’habitude d'attribuer à notre « volonté ») apparaissent à notre imagination : « En réalité, la prise de décision, la volonté, a été confiée au corps et non à l'imagination » (ibid. : 185).
        Les observations de Libet et la nouvelle représentation de nos prises de décision qui en découle ont d'importantes conséquences pour nous, en particulier quand nous cherchons à définir un mode de vie nous permettant de vivre enfin en bonne entente avec notre planète.

    Paul Jorion, Le dernier qui s'en va éteint la lumière, Essai sur l'extinction de l'humanité
    Fayard, Paris, 2016, C'est quoi, notre espèce ?, p.144


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  •     [...] Son humilité se refuse à se laisser décerner le privilège et l'exclusivité de la divinité. Rien ne lui répugne plus que l'orgueil, il n'aime pas qu'on encense sa personnalité, la mission qu'il est venu accomplir n'est point purement personnelle, elle regarde l'universalité des hommes. Lui-même est l'archétype humain.

    Léon Meunier, Le vrai message de Jésus, p.79
    Les Éditions Jean Meyer (B.P.S.), Paris, 1929


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