• Le Mal n'existe pas (Le Biéniste, 1er mai 1922)Le Mal n'existe pas

         J'ai étudié le magnétisme, l'hypnotisme, la suggestion, l'auto-suggestion, la télépathie, la sympathie, l'antipathie : Mes méditations, mes longues et patientes recherches et expériences m'ont convaincu de la Télépensée.
        La science nous démontre que tout ce qui existe dans l'Univers est relié et conduit par une force déterminante tout ce qui est matériel à nos yeux est utile à la bonne marche de la vie.
        Si j'aborde le côté spirituel, on remarque souvent dans les réunions que si quelqu'un émet une idée ; il arrive aussi très souvent que si l'on parle d'une personne absente on la voit arriver peu après ; c'est que cette personne par ses pensées, avait à son insu influencé l'assemblée.
        Par des expériences on est parvenu à photographier la pensée. Certains de nos confrères ont baptisé le mot pensée par mot Psychose = Psychose de l'esprit ; Psychose de l'espace ; Psychose des désincarnés surtout.
        Là, je crois qu'il y a erreur, c'est surtout la Psychose des vivants en chair et en os, qui nous influencent le plus souvent. Une preuve entre mille = les guérisons à distance.
        Le mal n'existe pas = c'est notre imperfection qui le produit : jusqu'à ce jour l'humanité a été trop faible pour surmonter et lutter contre le vice.
        A cause de notre imperfection, la première enveloppe fluidique entourant la terre est toujours rouge car les péchés capitaux règnent en maître.
        Un penseur a dit : Que l'homme était une borne pour recevoir et capter les influences de l'espace, je dis que l'esprit de l'homme est semblable à une tour pour recevoir et transmettre à son insu, toutes les idées émises par toute la terre. Voilà comment nous sommes déterminés et déterminateurs... J'ai longtemps cru à la liberté au libre arbitre ; je suis pécheur... demain je serai sage... après demain je serai Saint, je suis armé du désir d'être bon de gagner la perfection.
        Mais comme l'enfant que l'on a habillé de neuf qui est bien propre et sortant de chez lui va tomber dans la boue. Après demain, je ne serai pas Saint, je ne serai pas sage, mais encore pécheur, ainsi le veut mon Déterminisme, je suis ce que Dieu veut.
        Un grand philosophe a prêché la non résistance au mal = action passive.
        A présent l'Amour et la Bonté, doivent terrasser le mal = réaction active.
        Puisse le Grand Déterminateur des forces bonnes inspirer aux penseurs, philosophes, religieux et spiritualistes de tous les pays d'émettre un grand désir pour que le monde devienne meilleur d'émettre des pensées d'altruisme, d'amour et surtout de Bonté. Alors certainement surgira des foules, des esprits purs qui viendront nous dicter la nouvelle loi, la véritable loi. Le Mal n'existe pas !

                                                                                A. J. PIERRE.
                                                                « Stella-Blanca ».

     Le Biéniste, 1er mai 1922


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  • Le temps est une illusion (Le Fraterniste, 12 septembre 1912)

    Fraternelle N° 4 de Denain

        M. Geiter, censeur de la Fraternelle numéro 4 de Denain (Nord), nous transmet les réflexions suivantes qui ont donné lieu à une discussion philosophique intéressante entre les différents membres de la Fraternelle.

     LE TEMPS EST UNE ILLUSION

        Il est impossible à tout homme de s'imaginer ce qu'est l'Infini. Je crois que personne ne peut, nier cela. Si, par exemple, pour le temps, l'on compare l'homme avec un animal minuscule comme la fourmi, une journée, c'est-à-dire vingt-quatre heures pour nous, sera, pour la fourmi, un certain nombre de fois plus longue, la valeur de cette journée serait au contraire plus courte pour un être de la taille de quelques milliers d'hommes. Voici quelques exemples qui faciliteront, la compréhension.
        Comme, dans la nature, tout va relativement et en proportion, logiquement, l'être minuscule doit sentir les battements de son cœur comme nous sentons les nôtres. Si, sur la Terre, l'unité de temps conventionnelle est la seconde, en supposant qu'il y ait une seconde entre deux battements du cœur humain et un centième de seconde entre les battements d'un cœur de fourmi il ne faudrait pas croire que ce centième de seconde paraisse réellement un centième de seconde à la fourmi. Il lui semblera tout aussi long que nous semble long, à nous, le temps d'une seconde. La fourmi constatera entre chaque battement un intervalle qui aura pour elle la valeur de notre seconde, alors qu'il sera pour nous infiniment plus court.
        Il résulte qu'une journée pour nous sera infiniment plus longue pour la fourmi. Je pense donc que le temps est une illusion.
                                                                            A. GEITER,
                                                                  78 bis, cité Cail, Denain.

        Evidemment que le temps est une illusion, cher correspondant...
        Lisez plutôt le passage ci-dessous de notre distingué collaborateur Léon Combes :
        Les heures passent, le temps s'écoule, rapide, sans mesure appréciable pour les penseurs, les hommes habitués à la méditation.
        Leur contemplation leur semble à peine commencée lorsque des heures se sont pourtant écoulées...
        Par contre, l'inactif, l'homme au cerveau vide croit vivre une éternité dans chaque instant et cette éternité est réelle, car qu'est-ce, en somme, que le temps ?
        L'expression d'une illusion humaine, mesure arbitraire d'une révolution plus ou moins longue des astres habités. Or, supprimez ces astres, supposez l'espace sans sphère, vide et vous supprimez du même coup tout mouvement visible, la succession du mouvement et la mesure de cette succession : le temps.
        Notre système métrique est, comme toute la science physique, établi sur des hypothèses, sur des apparences : l'apparence matérielle ; sur une base enfin qui n'est pas réelle en soi et que nous admettons tous pour y échafauder nos calculs de pygmées, résoudre nos problèmes de nains.... illusions d'une illusion radicale, de Maya, la nature-protée, voile de l'Incognoscible. Dans le domaine des forces invisibles, le seul réel, le temps ni l'espace n'ont aucune valeur, puisque l'éternité et l'infini seuls existent.
                                                                     COMBES LÉON.

        M. Geiter et ses amis s'exercent à la méditation. Voilà qui est très bien, C'est en tous cas beaucoup plus sain et infiniment plus intéressant que d'aller boire des chopes de cabaret en cabaret, comme le font la plupart des jeunes gens de leur âge.
        C'est, pour le moment, ce que nous voulons surtout retenir.

                                                                                LA REDACTION.

    Le Fraterniste, 12 septembre 1912


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  •     L'âme humaine, parcelle de la grande âme, est immortelle. Elle progresse et remonte vers son auteur à travers des existences nombreuses, alternativement terrestres et spirituelles, et par un perfectionnement continu. Dans ses incarnations corporelles, elle constitue l'homme, dont la nature ternaire, corps, périsprit et âme, devient un microcosme ou petit monde, image réduite du macrocosme ou Grand Tout. C'est pourquoi nous pouvons retrouver Dieu au plus profond de notre être, en nous interrogeant dans la solitude, en étudiant et en développant nos facultés latentes, notre raison et notre conscience.

    Léon Denis, Après la mort (p. 45)
    Dervy-Livres, Paris, 1977


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  • Albert Jacquard - L'insupportable éternité     L'idée d'une éternité qui serait la dilatation sans fin de la durée peut être abandonnée ; elle est d'ailleurs bien peu satisfaisante. Kafka le redoutait : « Comme cela doit sembler long, surtout vers la fin. » Se réfugier dans cette éternité-là, ce serait capituler, nous rendre définitivement à l'ennemi, nous laisser enfermer dans sa prison. Il faut au contraire le tromper, lui échapper.
        C'est peut-être possible en le privant du cadre sans lequel il n'a même plus de définition. Il ne peut servir que dans un espace occupé d'objets ; il n'a plus de prise sur une absence d'objets. Or « Moi, je » n'est pas qu'un objet. La conscience que j'ai d'être et de devenir est certes supportée par une agglomération hétéroclite d'éléments que l'on dit matériels ; mais elle n'est pas incluse en eux. Elle est autre chose qu'eux, elle est autre qu'une chose. Elle est donc par définition éternelle, puisqu'elle échappe à l'étreinte mortelle de la duré. Mourir, c'est pour mon corps se dissoudre. Les atomes qui le constituent poursuivront leur aventure commencé il y a 15 milliards d'années ; cette aventure a comporté un épisode pour eux sans importance, participer à la constitution de mon organisme ; elle continuera, aveugle, sans projet, sans signification, jusqu'à la disparition de toute matière dans un espace étiré à l'infini ou ramené à une dimension nulle.
        Mais, pour ce qui en moi est autre « chose » que ces atomes, mourir c'est échapper au temps. Souvenons-nous de saint Augustin : « Ce qui nous autorise à affirmer que le temps est, c'est qu'il tend à n'être plus. » Plutôt que de demander à la mort où est sa victoire, il nous faut l'accueillir comme l'alliée qui nous permet de remporter a victoire sur le temps. Événement décisif qui peut être salué comme l'équivalent d'un big bang personnel. 

    Albert Jacquard (Professeur de génétique mathématique à l'université de Genève), L'insupportable éternité 
    in La mort à vivre, approches du silence et de la souffrance
    Autrement, série Mutations N°87 - Février 1987


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  •     Le corps fait ce qu'il peut : de moins en moins, mais l'esprit ne fait pas ce qu'il pourrait. L'esprit de l'homme s'est séparé des folies enfouies. Il n'est plus qu'apparence de bontés, de violences. Il semble condamné à nourrir la seule démesure à laquelle l'autorise ce monde fini : celle de l'avoir, et ses gigantisme factices. Il est perdu pour la démesure de l'être, et ses chefs-d'oeuvre incorruptibles. Rationalité et science ont coupé court à l'unique démesure qui vaille. Nous sommes faits comme des rats. Nous sommes des rats et devons être traités comme tels, par raticides.  

    Marcel Moreau, Monstre (1986), p.229 
    Luneau Ascot Editeurs, Paris


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