• Mère Antoine (1850-1940)

    NoMère Antoine (1850-1940)vembre 1912 : Dans l’Unitif, deuxième année, n°3, apparut pour la première fois le texte suivant : L’Enseignement du Père, c’est l’Enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi. Cette affirmation sera désormais placée dans les temples, et dans les publications antoinistes. Elle est encore en usage de nos jours dans les temples français. 

    Novembre 1913 : C’est à cette date qu’on décide, à la demande de certains adeptes, de placer dans les Temples et les cabinets de consultation, un panneau portant l’inscription suivante : Le Père Antoine, le grand guérisseur de l’Humanité pour celui qui a la foi.
    C’est durant la guerre que Mère instaure des Lectures dans les Temples, les quatre premiers jours ouvrables, le soir à 19 h 30.

    1920 : Année importante dans la vie du Culte, puisque Mère est inspirée que les desservants des Temples fassent un recueillement à la petite tribune, les quatre premiers jours ouvrables de la semaine, à 10 h, sans annonce ni lecture.
    Un peu plus tard, elle est inspirée que l’on fasse la lecture des Dix Principes après le recueillement.
    Puis elle est inspirée que l’on fasse l’annonce du recueillement en ces termes : Un frère fait le recueillement au nom du Père, suivi de la lecture des Dix Principes. Celui qui a foi au Père obtiendra sa guérison.

    Mère Antoine
    (Les Antoinistes à Paris, in Le Journal, 27 octobre 1913)

    27 août 1922 : Ce jour-là, Mère est inspirée que les desservants montent à la grande tribune pour faire le recueillement de 10 h.

    1925-1926 : Mère, sentant que la pensée des adeptes et des affligés s’appuyait plus sur le guérisseur du Temple que sur le Père, fit placer dans tous les Temples l’image du Père Antoine au milieu de la tribune, à la place de l’emblème qui fut déporté sur la gauche.
    Elle fit placer également cette image dans les cabinets de consultation. Cette image, dessinée par le frère Tinlot, portait la mention suivante : Le Père Antoine, le grand guérisseur de l’Humanité pour celui qui a la foi.
    C’est à cette époque également que l’on commence à se recueillir debout devant l’image du Père, en rentrant dans le Temple, alors qu’auparavant on s’asseyait dès qu’on rentrait dans un Temple.

    1927 : Mère établit une Lecture dans l’Enseignement les vendredi et dimanche soir, à 19h 30.Les soirs où l’on fait la Lecture (tous les jours sauf le samedi), Mère demande que l’on fasse un recueillement pour les âmes souffrantes juste avant la Lecture. 

    1929 : Mère fit placer dans tous les Temples sa photographie à la Tribune, à droite de celle du Père.

    1929-1930 : Mère invite les desservants à faire l’Opération Générale comme on le faisait au Temple de Jemeppe. Elle établit l’annonce suivante : Le Père fait l’Opération suivie de la Lecture des Dix Principes. Celui qui a foi au Père trouvera satisfaction.
    En même temps, elle fit placer  sur l’image du Père se trouvant dans les Temples, l’inscription suivante: Le Père fait l’Opération en remplacement de l’inscription initiale citée plus haut.
    Dans les publications du Culte Antoiniste, on remplaça les mots Père Antoine par Père.
    Mère demanda ensuite aux desservants de rester à la petite tribune pour l’Opération. Un peu plus tard, elle leur demanda de rester devant la petite tribune avec l’auxiliaire.
    La pensée était de montrer que adeptes que c’est le Père seul qui fait l’Opération. Quand le fluide fut atteint, elle invita les desservants et les auxiliaires à reprendre leurs places à la tribune. 

    27 juillet 1931 : Mère eut la pensée que l’on fasse désormais l’Opération le dimanche à 10 h, au lieu de la Lecture traditionnelle.
    Mère demanda aux desservants de rester en haut de la tribune après l’Opération et de s’asseoir, cachés derrière le cadre de l’image du Père, tenant qu’on faisait la Lecture des Dix Principes. La pensée était que la personnalité du desservant s’efface derrière le Père.
    À la suite d’un différent survenu entre deux adeptes du Temple de Jemeppe, Mère fit faire la Lecture du chapitre La Charité morale après l’Opération. Ensuite, on lut alternativement par quinzaine les Dix Principes et La Charité morale après l’Opération dans tous les Temples. 

    1934-1935 : Désormais, pour les cérémonies exceptionnelles (consécrations, fêtes), Mère revêtira un bonnet blanc, pour symboliser qu’elle avait atteint le fluide du Couronnement.

    9 juin 1935 : Soeur Deregnaucourt consacre le temple de Liège (Quai des Ardennes). Pour la cérémonie Soeur Deregnaucourt était coiffée du bonnet blanc de Mère.

    1935 : On plaça dans les Temples, à droite de la tribune une pancarte avec l’inscription : Le Père est le Christ des Antoinistes, Il est le deuxième messie. Cet écriteau fut retiré après un certain temps.

    1936 : Mère est inspirée que l’on enlève les images et les photos de la tribune des Temples, et que l’on remette l’emblème à sa place originelle au centre de la Tribune.

    Mars 1838 : à la demande de certains adeptes, mère fit remettre les images et photos dans les Temples. On déplaça à nouveau l’Emblème sur la gauche de la Tribune.

    1939 : Mère demande aux Temples fançais d’être indépendants des Temples belges pour tout ce qui ressort de l’organisation matérielle, des publications, de l’administration des Temples et du choix des desservants. Il était bien sûr entendu que pour tout ce qui ressort de la morale, les Temples français s’en rapporteraient toujours au Premier Représentant du Père et suivraient l’exemple du Temple de Jemeppe.

    3 Novembre 1940 : Désincarnation de Mère Antoine.

    Historique du Culte Antoiniste

  • La Mère en 1902 (archives Bec-fin Line)


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  • Les cultes nouveaux (Paris-midi, 11 mars 1921)

    LES CULTES NOUVEAUX

        M. André Arnyvelde écrit dans l'Avenir :

        J'assistai à l'inauguration du temple Antoiniste de Paris, rue Vergniaud, dans le XIIIe, il y a quelques années. Une foule énorme était là. Il y avait des malades, et des gens qui marchaient avec des béquilles, comme à Lourdes. La Mère était venue. Elle monta dans une chaire, joignit les mains et pria en silence. Tandis qu'elle priait, je voyais la foule des fidèles, les yeux étaient tendus vers elle avec une expression d'amour et de ferveur indicibles. Quand elle eut fini de prier, elle s'en alla. Elle n'avait pas dit un mot. La foule s'écoula. Des malades affirmèrent qu'ils étaient guéris. Un porteur de béquilles se redressa et envoya promener ses béquilles.
        Ces jours-ci, j'écrivis à un Antoiniste pour lui demander où en était le culte. Cet Antoiniste est un fort brave homme, coiffeur de son état, et dont j'avais fait la connaissance le jour de l'inauguration du temple de la rue Vergniaud. Il me répondit une lettre de quatre pages, m'enseignant que le culte n'avait fait que croitre, qu'un temple nouveau avait été élevé et « consacré » l'automne dernier à Vichy ; qu'un autre se construisait actuellement à Tours. Il terminait sa lettre :
        « Frère – ou monsieur, comme vous préférerez, je me tiens à votre disposition pour vous répondre sur chaque point que vous désirerez, etc... »
        Frère, ou monsieur, je ne désire aucun point. Je reste éperdu, pantelant, éberlué, du nombre des Dieux qu'on adore en 1921, de Swedenborg en qui, dans le XVe, on adore le Second Avènement de Jésus, au Père Antoine du XIIIe, de Martinis de Pasqually, dont le culte se pratique avenue de Suffren, dans le VIIe, du Christ hétérodoxe de Sédir, dans le VIe, au Christ bouddhique de la Société de l'avenue Rapp !

    Paris-midi, 11 mars 1921


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  • Portrait de Mère par Roland AE CollignonPortrait de Mère par Roland AE Collignon

    Portrait de Mère par Roland AE Collignon (couleur et noir/blanc)


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  •     À la fin de la cérémonie, Mère se retire par la porte qui est de plain-pied avec la grande tribune, mais lorsqu'elle est suppléée par un adepte, celui-ci ne pouvant sortir par cette porte, reste à la tribune jusqu'à la fin de la cérémonie ; alors il descend par l'escalier de douze marches. Durant tout ce temps le guérisseur du second degré (1) se tient recueilli à la petite tribune ; l'imposition des mains faite, il se retire et fait place à un autre disciple qui lit d'une voix monotone les dix principes révélés. La lecture achevée après un bref recueillement, le lecteur dit : « Mes frères au nom du Père, merci ». « L'opération est terminée, annonce un disciple. Les personnes qui ont la foi sont guéries ou soulagées » (2). La cérémonie a duré environ un quart d'heure.
        Pendant l'opération, les fidèles restent debout, les mains jointes à la manière antoiniste ; en silence, ils « communient, oublieux de la matière, dans le fluide éthéré du Père » (3), attendant que la foi opère (4). Pendant la lecture ils sont debout ou assis, à leur gré ; beaucoup récitent à mi-voix les dix principes, en même temps que le lecteur.
        Antoine mort, sa femme, qui « est en communication avec Lui » et « reçoit de Lui toutes les inspirations » (5), fit l'opération générale, mais elle n'est qu'un instrument, le Père continuant à présider aux opérations (6). Des adeptes s'étant arrogé le privilège d'organiser une opération générale dans leur temple, L'UNITIF (7) leur fit savoir que l'action cultuelle par excellence était l'apanage exclusif du Premier Représentant du Père, qui est unique (8).
        En ces derniers temps, la situation s'est complètement modifiée à cet égard. Mère délégua ses pouvoirs à un coadjuteur et à partir du 17 juin 1930 le frère Nihoul la remplaça à la grande tribune pour l'opération générale (9). Du moment que, du vivant de Mère, Premier Représentant du Père, un adepte pouvait, à Jemeppe, imposer les mains à la foule, on ne voyait plus ce qui pouvait empêcher les desservants de temple de recevoir les mêmes pouvoirs. C'est ce qui arriva en 1932 : l'opération avec l'imposition des mains se fit dans tous les temples. Cette mesure paraissait contraire aux prescriptions de 1913. Les antoinistes se seraient-ils aperçus de la contradiction ; en tout cas, quelques mois après, le frère Nihoul dut se contenter de rester en face de la tribune ; la cérémonie étant présidée par le portrait du Père. D'ailleurs on n'annonçait plus que l'opération se faisait au nom du Père, mais bien : « Le Père fait l'opération ! » De même, dans les autres temples deux adeptes viennent se placer debout devant tribune à laquelle est attachée le portrait d'Antoine, officiants et public restent debout pendant quelques minutes, puis un lecteur se rend à la petite tribune pour la lecture des dix principes.
        Le 3 décembre 1933, nouvelle modification à Jemeppe : Mère décidait de faire de nouveau elle-même l'opération le dimanche (10), le lundi et le jeudi à 10 heures. Après qu'un adepte a annoncé : « Le Père fait l'opération suivie d'une lecture dans l'Enseignement (11). Ceux qui ont foi au Père trouveront satisfaction », trois coups de sonnette marquent le début de la cérémonie. Le second guérisseur se rend à la petite tribune et préside au recueillement préliminaire. Après quelques minutes, Mère arrive à la grande tribune par la porte qui lui est réservée. Ses bras sont étendus, puis la main droite d'un geste circulaire répand les fluides sur la foule qui est debout depuis le coup de sonnette ; de nouveau Mère reste les bras levés vers le ciel ; puis nouvelle bénédiction ; une troisième fois Mère reprend son attitude d'oraison, marmonnant des paroles que nous ne pouvons comprendre ; pour terminer elle fait des deux mains le geste de lancer à poignées les fluides sur l'assistance, au milieu, à gauche puis à droite. Elle se retire, nouveaux coups de sonnette ; le second guérisseur quitte la petite tribune où vient s'installer le frère chargé de la lecture ; celle-ci se termine, après une dizaine de minutes, par le merci et la foule se retire. Le mardi et le mercredi, le second opérateur fait l'opération de la petite tribune ; au pied de celle-ci deux sœurs sont campées dans le plus profond recueillement.
        Ces modifications fréquentes, qui semblent capricieuses, ont mis à une rude épreuve la foi de certains adeptes qui ont été jusqu'à dire que Mère devenait folle. Le ministre du culte qui me rapporte ces propos irrespectueux, ajoute que Mère n'est pas folle, mais que vivant le plus souvent dans l'au-delà, elle plane au-dessus de nos petites raisons ; ce n'est point par caprice mais pour se conformer aux fluides éthérés qu'elle agit de la sorte.

    (1) L'UNITIF, II, 4, p. 3.
    (2) D'après KERVYN, p. 12. Ces paroles ne sont plus prononcées actuellement, mais on sonne pour marquer la fin de l'opération.
    (3) L'UNITIF, janvier 1914, p. 9.
    (4) « Le malade doit ressentir l'effet de son opération avant de quitter le temple. » L'UNITIF, octobre 1913, p. 15.
    (5) L'UNITIF, janvier 1913, p. 4 ; juin 1913, p. 11.
    (6) « Mère est l'instrument du Père, c'est Lui qui préside aux opérations générales, c'est-à-dire qu'il lui transmet le fluide divin. » L'UNITIF, juin 1913, p. 6.
    (7) L'UNITIF, avril 1913, p. 5 ; novembre 1913, p. 12 ; décembre 1913, p. 13. Voir en sens contraire L'UNITIF janvier 1913, p. 7, où un adepte défend la thèse qui triompha momentanément en 1932.
    (8) L'UNITIF, avril 1913, p. 4 ; juin 1913, p. 5.
    (9) A remarquer toutefois que le coadjuteur n'allait pas à la tribune par le même chemin que Mère ; il partait du fond du temple, précédé d'un huissier, et se rendait à la tribune par l'escalier qui se trouve dans le temple ; il y restait jusqu'à la fin de la cérémonie. Alors l'huissier le reconduisait dans les appartements situés à gauche du temple. Un(e) adepte s'installait à la petite tribune pendant l'opération et cédait sa place à un autre pour la lecture.
    (10) Encore une innovation : jamais du vivant d'Antoine l'opération n'avait eu lieu le dimanche. A Jemeppe, comme ailleurs, il y avait simplement lecture de l'Enseignement.
    (11) Nouvelle innovation : antérieurement, on lisait toujours les dix principes. (On continue à lire les dix principes dans les autres temples.) Bien que Mère ait repris sa place, on annonce que c'est le Père qui opère : d'ailleurs le portrait de Mère, appendu à la tribune de Jemeppe a disparu et est remplacé par une photo représentant le temple pendant une opération du temps d'Antoine.

    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, d'après des documents inédits. (Liége, Fernand Gothier, 1934), p.214-217


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