• Histoire de la robe

        1906, Louis Antoine, revêtu pour la première fois de la robe révélée, informe ses adeptes que grâce à leur dévouement, il a atteint un fluide plus pur, et que s'ils acceptaient cette inspiration, ils pourraient être d'autant plus utiles à leurs semblables. C'est ainsi qu'il fonda le Nouveau Spiritualisme, dont la base est entièrement morale.
    Historique du culte antoiniste, p.23

        Il y a environ six ans que je recevais une inspiration me disant comment je devais le vêtir pour enseigner la Révélation ; j'obéis aussitôt et j'en fus heureux, non pas de porter le costume mais de ressentir l'Amour qui découle de cette Révélation.
        Depuis cette époque, bien des adeptes ont demandé à pouvoir se vêtir de même pour répandre l'Enseignement et démontrer d'autant mieux qu'ils y ont foi. Mais comme je rencontrais encore beaucoup de fluides qui ne me permettaient pas de dire : oui, je faisais toujours patienter, car je croyais que d'autres auraient pu en abuser.
        Dernièrement, Madame Antoine qui opère aussi les malades, me remplaçant quand je dois m'abstenir, me communiqua une inspiration qu'elle avait reçue pour le même sujet. J'en fus plus heureux que pour moi. "C'est une véritable révélation, lui dis-je, vous pouvez agir. Cette robe, telle que vous me l'expliquez, a été révélée, déjà il y a des milliers d'années".
        Voilà comment nous abons été habillés tous deux de la robe spéciale.
        Plusieurs adeptes ayant été inspirés de revêtir la même robe, m'en firent part. C'est alors que me fut donné le complément de cette révélation, me disant qu'avec le temps tout le monde se transformera de la même façon, que cette inspiration est déjà un commencement.
    Pierre Debouxhtay, p.245-249

        C'est durant cette année [1910], que les adeptes se revêtirent également de la Robe Révélée. A ce moment, les frères portaient un chapeau melon, et les soeurs un bonnet de soie sans voile. Ceci est attesté par des photos d'époque.
    Historique du culte antoiniste, p.43

        Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 30 mars 1912 (il y a évidemment une erreur, c'est la désservante du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère).

        Un autre article nous dit que la desservante de Jemeppe "ne porte ni coiffe ni bonnet". Elle précise elle-même : "Je suis la guérisseuse du temple. La Mère se tient chez elle ; on ne là voit que le matin pour les « opérations » ; moi, je reçois les malades à toute heure". Puis "la petite vieille en noir ramène avec elle une autre « soeur ». C'est une dame aux cheveux noirs, aux yeux très noirs, et qui nous livre tout d'un trait, l'histoire de sa vie et de sa conversion."
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-05-1913

        Quand à Mère, la même année est décrite de la façon suivante : "C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs".
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-07-1913
        Dans un autre article, on lit : Une porte s'ouvre et la "Mère" paraît, vieille dame toute vêtue de noir, propre et décente. À son chapeau est épinglé le voile des veuves.
     La Liberté, 27 octobre 1913

        C'étaient des hommes en lévite noire et coiffés d'un chapeau de feutre mat à bords plats, et des femmes vêtues de robes noires et couvertes d'un long voile également noir.
    Le Petit Parisien, 27 oct. 1913

        Un peu plus tard, à Paris, on lit : "Paris fut envahi, le dimanche 26 octobre, par des antoinistes dont le sombre uniforme : les hommes en lévite noire et chapeau, haut de forme de feutre à bords plats, les femmes en robes et coiffes noires, excitait la curiosité".
        Plus loin : "Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation »."
        Et : "Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut de forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs".
        Et encore : "Sous leur habit noir à la protestante ou leur voile de deuil".
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913

        Un article plus tardif renseigne : Pour les hommes, c'est une soutane étroitement boutonnée et tombant aux genoux ; la coiffure est un "tromblon" assez bas, comme on en portait il y a trois quarts de siècle. Pour les femmes, la jupe noire se complète d'un corsage à manches pagodes ; un ruban noir, noué sous le menton, retient une capote bordée de tulle plissé et agrémentée d'un long voile retombant dans le dos.
    Le Petit Parisien du 26-06-1924

        1934-1935. Désormais, pour les cérémonies exceptionnelles (consécrations, fêtes), Mère revêtira un bonnet blanc, pour symboliser qu'elle avait atteint le fluide du Couronnement.
        9 juin 1935, Soeur Deregnaucourt consacre le Temple de Liège (Quai des Ardennes). Pour la cérémonie, Soeur Deregnaucourt était coiffée du bonnet blanc de Mère.
    Historique du culte antoiniste, p.74
        A ce propos, Pierre Debouxhtay, rapporte (p.244) : "Comme j'avais remarqué que Mère ne portait pas le voile, au cortège du 25 juin 1930, une adepte me dit que Mère est couronnée de l'oeuvre et qu'ayant la couronne elle ne peut plus porter le voile. Je cite l'explication telle qu'elle me fut donnée et pour ce qu'elle vaut."
        Un adepte précisé : "Sans rien imposer, je donne simplement des renseignements, je pense qu'en ne respectant pas la pensée du costume antoiniste nous pourrions arriver à ne plus l'aimer, un changement que nous apportons de nous-mêmes vient de l'intelligence, celle-ci ne cesse de créer et le lendemain suggère encore une autre nouveauté et insensiblement nous ferons de nos bonnets des chapeaux et de nos robes amples à plis devant et à manches pagodes, des robes de ville, on le fait déjà, j'ai vu sur des robes antoinistes s'étaler de gros boutons, des chaînes en argent supportant le portrait du Père, etc. Si nous ne cessons cet état de chose nous en souffrirons, nous croyons servir l'oeuvre du Père et nous la dénaturons. Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là."
    L'Unitif, III, 3, p.12-13 (in Pierre Debouxhtay, p.244)

        Le bonnet blanc n'a jamais été plus portée à ma connaissance.

        Concernant le côté belge, on peut lire :
        Nous avons trouvé dans les archives un texte écrit par Mère concernant les robes des soeurs :
        LA ROBE ANTOINISTE
     Pour les soeurs - il faut la porter :
    - sans maquillage, ni bijoux,
    - les souliers et les bas noirs,
    - les cheveux rentrés sous le bonnet,
    - la robe descend à 13cm de terre.
     Pour les frères :
    - avec pantalon et souliers noirs.

    Le Père disait : "Se négliger, c'est se déconsidérer".

    Mère disait : "La Robe révélée est notre plus belle robe, car l'esprit en est revêtu."

    A propos du voile :
    "A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux".
    Le voile portait pas les religieuses, est le symbole des trois voeux : chasteté, pauvreté et obéissance et nous savons que ceci ne nous a jamais été imposé.
    Dans l'Unitif du 1er octobre 1913 (n°2 - p.14), il est donné des explications détaillées sur le mode de confection du bonnet et il est indiqué, d'une part que "les bonnets ne se font pas en pointe, qu'ils sont "ronds", il n'est pas question de voile, puisqu'il est également précisé que "pour terminer le bonnet, on place sur l'élastique une nouvelle ruche double, dont chaque tête a deux centimètres de haut".
    Il faut noter que l'on ne voit pas pourquoi ce voile n'est qu'épinglé si à l'origine il était destiné à faire partie intégrante du bonnet ?
    Si le voile avait été révélé en même temps que la robe et le bonnet, il aurait d'être porté par toutes les soeurs dès le début, conformément à l'inspiration reçue par Mère.
    "Pour ma part, je suis et demeure antoiniste, mais je formule le souhait que s'il veut subsister, le CULTE ne continue pas à s'enfermer dans des conceptions surannées et qu'il revienne au but suivi par les Fondateurs : la pratique et la propagation de l'ENSEIGNEMENT sur la base de la morale et de la foi PURE avec tout la rigueur qu'elle peut comporter et sans s'attacher à des cajoleries qui ne sont que le fruit de l'intelligence".
    Extrait d'une lettre de F. DELETTRE.
    "Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
    Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
    Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
             (Extrait d'une lettre "d'une soeur".)
    Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, p.36-41


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  • Commentaires

    1
    Robert PIERREFEU
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 13:27
    histoire de la Robe (Antoiniste)
    Je me permets d'apporter objectivement et bien fraternellement les précisions suivantes : -Le texte écrit par MERE que vous avez retrouvé dans les archives : LA ROBE ANTOINISTE, est affiché dans les vestiaires de tous les Temples de France et de Monaco; -au sujet du voile,j'ai sous les yeux un exemplaire original de l'UNITIF du 1er novembre 1913 (N°3, troisième année) et l'article de la p.12 intitulé : "Uniforme des dames antoinistes" commence par ces mots :"Le costume des dames antoinistes n'a pas encore été assez défini. Analysons celui de Mère que nous prendrons comme exemple, étant le modèle dicté par la révélation.(suit la description du bonnet et des rubans).Le voile ne doit pas dépasser 1m30 ou 1m40, il est encadré d'un large ourlet sans points à jour, plié vers le milieu, il est épinglé et tombe simplement.(à suivre)
    2
    Robert PIERREFEU
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 13:44
    histoire de la Robe (Antoiniste)
    (suivent la description des manches et les considérations d'un adepte à propos des changements que vous évoquez plus haut dans la fin de l'article, rapporté par Debouxhtay) Les voiles étaient simplement épinglés et non cousus pour trois raisons: -1°Mère et les Desservantes ne portaient pas le voile, mais un simple bonnet le rete de la journée,en dehors des Opérations et des lectures; -2°de même les adeptes travaillant à l'imprimerie, et ce pour des raisons de sécurité; 3° et surtout parce que le tissu d'alors qui se froissait très facilement nécessitait des repassages fréquents. Ces détails m'ont été rapportés de vive voix par Soeur Jeannin. (à suivre)
    3
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 13:52
    Le voile dans le costume antoiniste
    "Analysons celui de Mère que nous prendrons comme exemple, étant le modèle dicté par la révélation". C'est que se poursuit le flou. En effet, Mère puis Soeur Deregnaucourt ont été les seules à porter le bonnet blanc. Cela n'aurait-il pas été suivi car personne d'autres pensait avoir atteint le Couronnement ? Puis peut-être se posait la question de savoir comment les hommes allaient pouvoir peut-être signifier l'atteinte du Couronnement ? (par la longueur de la robe, qui là aussi a donné des divergence) Est-ce à ce moment que Mère a cessée de porter et le bonnet blanc (réservé au évènement) et le voile ? Cela a en tout cas amené une hiérarchie qui ne pouvait avoir court. Bref, en France, on porte encore le voile, en Belgique, pour ainsi dire plus du tout. C'est un détail, tous les costumés ressentent comme le Père, l'amour qui découle de son fluide, c'est l'essentiel, je pense. Merci pour votre apport, Frère Robert.
    4
    Robert PIERREFEU
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 13:57
    histoire de la Robe (Antoiniste)
    (suite et fin) Il est vrai que le voile n'est apparu que quelques mois après le premier costume. J'ai sous les yeux les photos originales de PERE et MERE faisant l'Opération Générale à la Tribune de Jemeppe alors qu'il y avait encore les deux escaliers. MERE a un voile (ce qui me porte à croire que le PERE Lui-même l'a enterriné). Des photos origninales de MERE aux Opérations sur le seuil pour la Fête du PERE et des Consécrations porte aussi le bonnet avec le voile jusqu'à la Consécration de Saint-Etienne (Bonnet blanc sans voile). (à suivre)
    5
    Robert PIERREFEU
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 14:07
    histoire de la Robe (Antoiniste)
    Chapeau des frères. Sur les photos dont je dispose : 15 août 1910, enterrement du PERE, Fêtes du PERE, diverses consécrations, les chapeaux melons se raréfient peu à peu au profit des chapeaux "antoinistes" et ont pratiquement disparu après l'enterrement du PERE, bien que j'en ai vu encore portés par de vieux adeptes lors d'un enterrement antoiniste auquel j'assistait en 1971 à Villers le Bouillet. Avec mes meilleures pensées fraternelles.
    6
    Robert PIERREFEU
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 14:17
    histoire de la Robe (Antoiniste)
    Comme quoi notre interprétation peut différer...des uns aux autres! Mais comme dit le PERE : on peut paraître désunis à l'effet, tout en étant réunis à la cause. Le mal n'existe pas.Efforçons nous de repousser sa vue lorsqu'elle surgit en nous. Toutes mes bonnes pensées d'amour fraternel.
    7
    Vendredi 11 Décembre 2009 à 14:38
    La robe antoiniste et l'Enseignement
    Pour les personnes commençant à peine à s'intéresser à l'antoinisme et concernant cette question, je voudrais les amener à lire dans le Développement "Nous devons toujours respecter notre naturel". On y lit entre autre : "Si pour tout ce qui arrive je vous renvoie à l'Enseignement, c'est que toute explication s'y trouve." Il n'y a que là, à mon sens, où nous nous réunissons tous à la source, antoiniste ou non. Et rappelons qu'il n'est pas besoin de porter le costume pour mettre en pratique l'Enseignement. Fraternellement et mes meilleurs pensées à vous frère Robert. Frère Guillaume.
    8
    Jacques Cécius
    Lundi 28 Décembre 2009 à 11:41
    voile
    Sur d'anciennes photos nous voyons la Mère porter le voile. Assez vite elle l'enleva. Mais n'obligea jamais personne à faire de même. Ce qui fait que les adeptes françaises, qui fréquentent des temples qui ne sont pas désertés comme les temples belges, le portent toujours. Même chose pour les photos et l'Opération du dimanche : la sœur Dumont Représentant du Père pour la Belgique, a voulu, croyant bien faire, en revenir "an bon fluide du Père", et enlever les photos, de même que supprimer l'Opération du dimanche. Sans être cynique nous dirons que nous attendons toujours que le "bon fluide du Père" agisse, et que le nombre des adeptes belges (+- 200) redevienne ce qu'il était il y a encore 50 ans...
    9
    Jeudi 31 Décembre 2009 à 13:03
    Un moment d'histoire concernant le voile
    Je viens de retomber sur un passage du livre de Régis Dericquebourg : "Certains que l'on peut qualifier de conservateur ne tolèrent aucun aménagement personnel dans la coupe ou dans l'ensemble comme en témoigne un conflit qui a opposé une desservante française au 'représentant du Père' en 1973-1974. La 'soeur' Maroger, titulaire du temple de Paris-Ternes a été démise de ses fonctions parce qu'elle refusait de porter le voile et ce, en dépit des qualités qu'on lui reconnaissait et malgré les nombreuses manifestations de soutien qui ont été adressées au 'secrétaire moral' par les fidèles." (p.99-100)
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